jeudi 28 septembre 2017

Actualités du Centre. Bayrou peut-il s’imposer en égal de Macron?

François Bayrou
Depuis sa rentrée politico-médiatique, François Bayrou poursuit un but, s’imposer comme le partenaire incontournable d’Emmanuel Macron.
Lors de son passage sur la chaîne LCP, n’a-t-il pas affirmé qu’il voulait aider le président de la république, ce qui signifie dans son langage d’«essayer de préciser le cap d'une campagne que nous avons faite ensemble, aider dans la défense devant les Français des grandes orientations et aider à faire apparaître des sujets qui n'apparaissent pas encore dans le débat public».
Si l’on comprend bien le président du Mouvement démocrate, c’est bien une campagne commune qu’ils ont menée avec Emmanuel Macron, c’est-à-dire qu’ils sont un binôme à égalité.
On ne sait s’il croit ce qu’il dit ou s’il s’agit d’une stratégie pour se rendre indispensable en passant par la voie des médias, c’est-à-dire en prenant l’opinion publique à témoin et en imposant le récit de sa responsabilité première dans l’élection de Macron aux journalistes.
Et il a la possibilité de le faire car le président de la république se trouve actuellement dans une passe délicate avec cette phase réformatrice qui le confronte à tous les corporatismes et les clientélismes sur fond de sondages plus ou moins favorables sur sa popularité.
Ce qui permet à François Bayrou de donner des «conseils» au chef de l’Etat, notamment en matière social ce qui est politiquement bien joué puisque l’on sait que les principales critiques faites à ses réformes sont justement leur dureté dans ce domaine.
Du coup, le satisfecit du leader du MoDem à propos du discours sur l’Union européenne de Macron à La Sorbonne peut s’accompagner d’une critique de l’asence d’un projet social:
«Il y a des efforts à l'intérieur du budget, mais pour moi cet effort de justice doit être formulé par le président de la République. (…) C'est un souhait que j'exprime. Ça n'est pas formulé comme ça devrait. (…) Je pense que le président de la République doit s'en saisir. Il a fait un discours sur l'Europe remarquable. Il a pris la volonté du pays, l'ambition nationale et il l'a portée. De la même manière, il faut prendre l'ambition sociale du pays et la porter».
Et de préciser ses propos:
«La France a besoin d'un projet social. Son histoire, sa vocation, c'est que le souci de justice soit aussi important qu'un souci d'efficacité».
Une phrase qui aurait pu sortir de la bouche d’un opposant à Macron…
Reste que cette volonté de «conseiller» et d’«aider» le président de la république peut, non seulement, agacer ce dernier et ses proches mais aussi démontrer que Bayrou est prêt à tout moment à jouer sa carte personnelle en jouant sur le fait qu’il a toujours gardé son indépendance et qu’il n’a pas ménagé ses avertissements au pouvoir.
Ça peut payer mais aussi le marginaliser.
Bayrou est coutumier de ce genre de pari qu’il n’a pas toujours gagné, loin de là.
Ses propos montrent en tout cas qu’il ne parvient pas à dépasser sa déception de l’après-présidentielle lorsqu’il s’attendait à être nommé premier ministre.
Et s’il est recalé dans sa nouvelle posture de «sage» qui «co-gouverne» avec le président de la république, notamment par l’entremise des médias, il risque de devenir un allié bien encombrant pour celui-ci.


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