dimanche 25 mars 2018

Actualités du Centre. Etats-Unis – Les centristes ont-ils un avenir dans le Parti républicain de Trump?

Depuis l’élection de Donald Trump beaucoup de membres du Parti républicain ont réalisé, non seulement, qu’ils venaient de faire élire un populiste démagogue très dangereux mais également la dérive de leur formation politique vers la radicalité et l’extrémisme.
D’où des appels et des initiatives à revenir vers le centre de l’échiquier politique.
Pour autant, ceux-ci et celles-ci sont encore minoritaires et ne sont souvent qu’une demande de modération de positions déjà très radicales.
Il convient encore une fois de rappeler, pour bien comprendre le paysage politique américain que, depuis les années 1980, le Parti républicain n’a cessé de se droitiser avec l’émergence de plus en plus forte d’un mouvement populiste en son sein ou à ses côtés (comme le Tea party à partir de l’année 2009).
Dans le même temps, pour créer un nouvel espace central virtuel très à droite, le parti n’a cessé de dénoncer les dérives gauchistes du Parti démocrate dont son aile centriste avec des attaques particulièrement virulentes contre ses principaux représentants Bill et Hillary Clinton ainsi que contre Barack Obama.
Il s’agissait aussi que ces dénonciations amorcent réellement un tournant vers la gauche des démocrates qui n’ont jamais pu occuper le pouvoir quand ils se radicalisaient et qui avaient entamé depuis Bill Clinton un repositionnement gagnant vers le Centre (depuis l’élection de ce dernier en 1992, les démocrates ont remporté le vote populaire à la présidentielle six fois sur sept, George W Bush ayant perdu en nombre de voix en 2000 face à Al Gore et Donald Trump ayant perdu de même en 2016 face à Hillary Clinton).
Cette stratégie pourtant grossière a réussi auprès de nombre de grands médias (et pas seulement la télévision d’extrême-droite Fox news) mais aussi dans une radicalisation de l’aile gauche des démocrates, encore minoritaire aujourd’hui.
Et elle a permis à des personnalités engagés à droite de se présenter comme des centristes et/ou des adeptes de la modération et du compromis, dans une falsification dénoncée par nombre de politistes et pas seulement démocrates.
C’est le cas, par exemple, de John Kasich, l’ancien gouverneur de l’Ohio, un Etat qui a donné une majorité à Trump et qui combat ce dernier depuis le premier jour, tout en rappelant qu’il a été un proche de Ronald Reagan qu’il admire (un président qui eut un discours populiste et qui permit largement la dérive droitière du Parti républicain).
Mais c’est aussi le cas de personnalités plus au centre-droit comme l’ancien gouverneur de Californie et star de l’entertainement, Arnold Schwarzenegger (même s’il admire également Reagan…).
Les deux hommes ont participé la semaine dernière à un meeting pour appeler à la recherche de compromis et de consensus dans la modération afin de pouvoir permettre un travail en commun entre les républicains et les démocrates tout en condamnant les pratiques de Donald Trump.
Ils ont demandé que les deux principales formations américaines s’éloignent des extrêmes, Kasich rappelant même que Reagan avait travaillé sur plusieurs sujets avec les démocrates et qu’il n’avait pas été un «doctrinaire».
Quant à Schwarzenegger, il a fustigé l’utilisation de Twitter par Trump sans le nommer et a déclaré, «nous ne pouvons pas avoir peur de parler de soins de santé, nous ne pouvons pas avoir peur de parler de l'environnement», deux domaines que rejettent les républicains.
Le meeting était organisé par l’organisation «New way California» qui veut recentrer les républicains de Californie qui ont pris des positions très à droite dans un Etat très progressiste ce qui leur coûte de perdre pratiquement toutes les élections alors même que deux présidents issus du parti, Richard Nixon et Ronald Reagan, sont d’anciens élus californiens.
La situation du Parti républicain en Californie illustre bien d’ailleurs son incapacité actuelle à, non seulement, se recentrer mais à avoir une aile modérée, si ce n’est centriste, qui ait du poids.
Cela pourrait changer lors des prochaines élections de mi-mandat en novembre 2018 si le Parti républicain perd la majorité au Congrès, à la fois à la Chambre des représentants et au Sénat comme cela semble être une éventualité de plus en plus forte.
Alors, les opposants internes à la dérive extrémiste et populiste pourraient retrouver de la voix et, surtout, de l’exposition politique et médiatique pour entamer le début d’une reconquête du parti afin de le ramener vers des positions plus modérées et plus consensuelles.
Néanmoins, le temps où le Parti républicain, notamment sur la côte Est, avait en son sein de nombreux centristes semble révolu pour longtemps encore.


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