jeudi 6 juin 2019

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La paix ne fait la Une qu’après une guerre!

Soixante-quinze ans que les Alliés ont débarqué en Normandie pour éliminer la bête immonde du totalitarisme nazi responsable de tant d’ignominies avec ses complices fascistes et tous les collaborateurs dans les pays occupés dont la France.
Et, l’année prochaine, nous aurons, espérons-le, le soixante-quinzième anniversaire de la paix en Europe.
Trois quarts de siècle que nous vivons en paix en France, ce n’est pas rien.
C’est même énorme avec cette statistique éculée mais qu’il est toujours bon de rappeler: depuis que l’Humanité existe, il y a eu plus de jours de guerre que de paix.
Ne jamais oublier ce que vaut la paix.
Car, s’il est une réalité terrible c’est bien celle-ci: la paix ne fait la Une qu’après une guerre!
Et puis, petit à petit, les sirènes de l’hubris, de la désunion, de la conquête, de la supériorité et que sais-je encore rendent à nouveau fou les humains qui parent la guerre de toutes les beautés de l’aventure et de l’épopée, du courage et du dépassement de soi, de la preuve de la puissance de tel ou tel pays, etc.
Et l’on oublie ce que l’on doit à la paix, ce qu’elle nous apporte, quelle est sa douceur et sa force existentielle.
Et l’on oublie le soldat pourrissant vivant dans les tranchées de la Grande guerre avant d’aller s’empaler dans les barbelés et d’être fauché par les tirs de mitrailleuses ennemis.
Et l’on oublie le petit enfant mis en joue par des mitraillettes, jeté dans un wagon à bestiaux, asphyxié dans une chambre à gaz puis son corps brûlé dans un four crématoire, lui qui venait de naître à la vie et qui ne demandait qu’à la croquer avec l’aide de ces adultes qui venaient de tuer à jamais ses rêves.
Alors, en ce jour anniversaire souvenons-nous de toutes les horreurs de la guerre pour ne plus jamais les revivre.
Un souvenir qui s’efface lentement de la mémoire des peuples avec des écoliers, des collégiens et des lycéens à travers le monde qui ne savent même pas qu’il y a eu un génocide il y a soixante-quinze ans et dont le nom d’Hitler n’évoque plus rien de mauvais.
Continuons à effacer cette mémoire et soyons sûrs que dans quelques décennies, il sera célébré comme celui qui, c’est vrai, n’a pas été tout à fait correct mais a tout de même relevé son pays et construit les autoroutes allemandes!
Sans doute, qu’entre-temps, avec la montée des extrémismes et des populismes, la paix aura encore fait la Une…
Voire peut-être même pas.

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