dimanche 29 septembre 2019

Actualités du Centre. UDI : l’opportunisme de Lagarde c’était avant ou maintenant ?

Jean-Christophe Lagarde

De par son positionnement au centre-droit, il semblait naturel à nombre d’observateurs de la vie politique que la place de l’UDI était dans la majorité présidentielle dès 2017 après les législatives qui avaient suivi la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle.
Au lieu de cela, son président, Jean-Christophe Lagarde avait choisi de caler son parti dans une «opposition constructive» qui était plus opposition que constructive.
Pour cela, il s’était allié aux LR dissidents, des libéraux de droite, qui ne voulaient pas demeurer dans un parti aux dérives radicales et qui fondèrent ainsi Agir.
Cette alliance avait surtout pris la forme d’un groupe commun à l’Assemblée nationale, UDI, Agir et Indépendants dont le rassemblement était pour le moins paradoxal puisqu’Agir se montrait, lui, plus dans le constructif que l’oppositionnel face au président de la république et au gouvernement dirigé, il est vrai, par un des leurs (non pas encarté mais du même courant de pensée), Edouard Philippe.
Une alliance qui s’est disloquée lorsque l’un des leaders d’Agir, Franck Riester, est entré au gouvernement en tant que ministre de la Culture, puis lorsque la formation libérale s’est alliée avec LaREM et le MoDem pour les européennes.
Du coup, l’UDI s’est retrouvée seule sur une ligne de plus en plus dure contre la majorité en place – comme Agir, le Mouvement radical, à l’origine de la création de l’UDI, se rapprochant de plus en plus de la majorité et faisant alliance avec LaREM pour les européennes – avec un discours où elle se plaignait de ne pas être aimée par Emmanuel Macron alors qu’elle critiquait la plus grande partie de sa présidence.
Faute de trouver des alliés, la formation centriste se lança seule dans les élections européennes (première élection où elle le faisait depuis sa création en 2012…) pour un résultat extrêmement décevant mais pas surprenant pour ceux qui connaissaient depuis longtemps son potentiel électoral national, en ne récoltant qu’aux alentours de 2,5% des voix ce qui ne lui permettait pas d’avoir de députés mais aussi d’être remboursée de ses frais de campagne.
Après un long silence, Lagarde repris la parole… pour dire du bien d’Emmanuel Macron!
Avec cette affirmation que l’UDI pourrait même voter le prochain Budget (action qui qualifie un parti comme étant dans la majorité ou alliée avec elle).
Puis ce fut le soutien du candidat LaREM à la mairie de Paris, Benjamin Griveaux.
Et voilà maintenant, comme nous l’apprend le JDD, que l’UDI n’est plus officiellement (le J.O. en faisant foi) un mouvement d’opposition mais «minoritaire» (avec, concomitamment une nouvelle alliance avec Agir).
Concrètement, cela permet à Jean-Christophe Lagarde de jouer sur tous les tableaux à la fois…
Parce que la grande question concernant l’UDI et son président, c’est à quel moment que le positionnement a été un simple opportunisme ?
Après les élections de 2017 où l’UDI a voulu récupérer les centristes qui ne se sentaient pas compatibles avec Macron mais surtout la droite modérée et libérale qui ne voulait plus être affiliée à LR et à ses dérives radicales, dans une volonté de recréer… l’UMP, alors même que les amis de Lagarde avaient refusé d’y entrer en 2002!
Ou maintenant, où, constatant sa faiblesse intrinsèque et son avenir électoral bien sombre, il lui faut bien entamer un rapprochement avec une majorité présidentielle qui est prête à l’accueillir (mais peut-être pas encore à lui garantir cet avenir électoral même si des maires UDI sortant seront soutenus par LaREM lors des municipales de l’année prochaine).
Cette question simple mérite d’être posée et une réponse simple semble difficile à donner et, sans doute, même par les membres de l’UDI, son président compris !
Car, il est évident que Lagarde avait une autre ambition personnelle (et pour son parti), c’est-à-dire être le rassembleur de tout ce qui était à droite de Macron et à gauche de Wauquiez, l’ancien président de LR.
Mais l’UDI n’a jamais été vue comme un réceptacle légitime à ce mix entre ce centre-droit et à cette droite libérale parce qu’elle n’a jamais réussi à être une organisation politique avec un positionnement clair, à la stabilité nécessaire pour bâtir sur le long terme, dynamique pour amener vers elle les personnalités nécessaire à séduire les électeurs et vue comme ayant un avenir quelconque.
De même pour Jean-Christophe Lagarde qui se voit sans doute trop beau depuis quelques années et dont l’élection à la présidence de l’UDI en remplacement de Jean-Louis Borloo démissionnaire lui avait fait croire qu’il jouait désormais dans la cour des grands.
Aujourd’hui, donc, retour sur terre mais sans savoir si cet atterrissage plus ou moins d’urgence correspond à une nouvelle posture ou à un retour au bercail.
Les semaines et les mois à venir devraient néanmoins donner des clés à ce que veut l’UDI… ou pas.


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