vendredi 13 septembre 2019

Présidentielle USA 2020. Débat primaire démocrate: Joe Biden renforce sa position de favori pour la présidentielle

Joe Biden
Largement en tête dans les sondages tant pour les primaires démocrates que pour l’élection générale – où il possède selon les dernières enquêtes 15 et 16 points d’avance sur Donald Trump –, l’ancien vice-président Joe Biden est sorti vainqueur du débat organisé à Houston (Texas) hier soir, entre les dix principaux candidats à l’investiture du Parti démocrate (Joe Biden, Cory Booker, Pete Buttigieg, Julián Castro, Kamala Harris, Amy Klobuchar, Beto O'Rourke, Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Andrew Yang).
Le centriste s’est montré selon les observateurs très incisif et défendant avec succès des positions face aux autres candidats les mieux placés dont le socialiste Bernie Sanders et la démocrate de gauche, Elizabeth Warren.
Attaqué de manière assez grossière sur son âge par Julian Castro (qui fut pourtant ministre lors de la présidence Obama), il s’en est sorti sans problème.
De même, il a revendiqué, une fois de plus, l’héritage de la présidence Obama mais avec cette précision importante, lui qui semblait uniquement surfer sur l’image très populaire de l’ancien président, tout cet héritage avec le positif et le négatif, les succès et les échecs.
A noter, d’ailleurs, que tous les débateurs ont parlé positivement de Barack Obama et sa présidence, ce qui n’avait pas été le cas dans les précédents débats de la part des représentants de l’aile gauche du Parti démocrate.
Il faut dire que l’ancien président centriste est actuellement, non seulement, le démocrate le plus populaire mais l’homme politique préféré des Américains, ceci expliquant sans doute cela…

► Voici un florilège des propos de Joe Biden durant ce débat

- Vous savez, quand le Président Kennedy a annoncé la conquête de la lune, il a utilisé une phrase qui m’a suivi toute ma vie. Il a dit, nous le faisons parce que nous refusons d’abandonner. Eh bien, je refuse d’abandonner une minute de plus pour dépenser des milliards de dollars pour trouver des remèdes et guérir le cancer, la maladie d'Alzheimer et d'autres maladies. Je refuse le fait d’abandonner un seul enfant en Amérique, quel que soit son code postal, du jardin d’enfant jusqu'au lycée et au-delà. Je refuse d’abandonner la prise de décisions sur le changement climatique et de diriger le monde vers la lutte contre ce changement. Regardez, voici les États-Unis d'Amérique. Il n'y a jamais eu une seule période où nous avons décidé quelque chose que nous n'avons pas pu faire. (…) Nous sommes la nation la mieux équipée au monde pour nous en occuper. Il n'est plus temps de remettre cela à plus tard. On devrait bouger. Il y a d'énormes opportunités d’agir une fois que nous nous serons débarrassé de Donald Trump.
- [Débat sur l’assurance santé entre les candidats démocrates] Ce sera aux électeurs de décider de cette question. Laissez-moi vous dire ce que je pense. Je pense que nous devrions avoir un débat sur les soins de santé. (…) Je pense que l'Obamacare a marché. Je pense que la façon dont nous réintroduiront tout ce qui a été coupé [par l’Administration Trump], ajouterons une option publique, garantira que tout le monde pourra avoir une assurance abordable, numéro un. Deuxièmement, je pense que nous devrions être en mesure d'examiner les coûts. Mon plan de soins de santé coûte beaucoup d'argent. Cela coûte 740 milliards de dollars. Il ne coûte pas 30 000 milliards de dollars, 3 400 milliards de dollars par an, il s'avère que c'est le double du budget fédéral [plans de Sanders et Warren]. (…)J'ai un plan audacieux pour nous assurer que nous triplons l'argent pour les écoles à risque (…) de 15 à 45 milliards de dollars par an. (…) J'explique comment je peux payer, comment je peux le faire, et pourquoi c'est mieux. Premièrement, mon régime de soins de santé réduit considérablement les coûts,  le plus gros paiement que vous payerez est 1 000 $. Toute personne qui n'a pas les moyens de s'en payer s'inscrit automatiquement à l'option de type Medicare que nous avons, etc. Ainsi les 160 millions de personnes qui apprécient leurs soins de santé pourront les garder. Ceux qui ne les apprécient pas,  pourront partir.
- Tous [les candidats ici] disent,  nous voulons une option. L'option que je propose est Medicare pour tous (…). Si vous voulez l'assurance-maladie, si vous perdez l’assurance-maladie de votre employeur, vous pouvez automatiquement y adhérer. Vous n'avez  aucune condition préexistante ne peut vous empêcher d'acheter. Vous êtes couvert, point.
- [Nombre de détenus record aux Etats-Unis] Quand je suis rentré de la faculté de droit, j'avais un travail avec un grand cabinet d'avocats de grande envergure. Je suis parti et suis devenu défenseur public parce que mon état était assiégé quand le Dr King a été assassiné. Nous avons été occupés par la Garde nationale pendant 10 mois. Je suis impliqué depuis le début. En tant que jeune député, en tant que jeune conseiller, j'ai présenté un projet de loi pour essayer de les empêcher d'installer une usine d'égout dans un quartier pauvre. J'ai veillé à ce que nous abordions la question de la correction; les banques devraient prêter là où elles opèraient, etc. Ce qui s'est passé, c'est que nous sommes dans une situation où il y a tant de gens qui sont en prison et ne devraient pas être en prison. La manière par laquelle cela devrait changer est de changer tout le modèle. Nous devrions parler de réhabilitation. Personne ne devrait être en prison pour un crime non-violent. Quand nous étions à la Maison Blanche, nous avons libéré 36 000 personnes du système pénitentiaire fédéral. Personne ne devrait être en prison pour un problème de drogue. Ils devraient aller directement dans une cure de désintoxication. Nous construirons plus de centres de réhabilitation, pas de prisons. Je suis le type qui a mis en place des tribunaux pour détourner ces gens du système de la justice pénale. Et donc nous devons changer toute la façon dont nous regardons ça. Quand nous mettons les gens en prison, nous devons les aider lorsqu'ils sortent — une personne, par exemple, qui est entré en prison pour de la marijuana, immédiatement après avoir été relâchée. Ils ne devraient pas être là-dedans; ce devrait être seulement un délit. Ils devraient être dehors et leur casier judiciaire devrait être effacé.  (…) Quand vous terminez votre peine en prison, vous devriez pouvoir non seulement voter mais avoir accès aux subventions Pell [subvention du gouvernement des États-Unis pour aider les personnes à faible revenu à fréquenter l'université], avoir accès à l'accès à un logement, pouvoir aller de l’avant. J'ai présenté un plan détaillé dans ce sens.
- Je suis la seule à avoir battu la NRA, seule à avoir battu la NRA à l'échelle nationale. Je suis le gars qui a introduit le projet de loi Brady et qui est devenu une loi. Ensuite, après Sandy Hook [massacre au fusil d’assaut d’une vingtaine d’enfants dans une école du Connecticut], un certain nombre de choses se sont produites. [Cette lutte contre les armes à feu] est passée d'une cause à un mouvement. Regardez ce qui s'est passé maintenant. Il y a maintenant une organisation des mères contre la violence armée. Nous avons vu ce qui s'est passé de nouveau. Maintenant, nous avons tous ces jeunes qui défilent à Washington, s'assurant que les choses vont changer. Il y a eu un changement radical. (…)Plus de 90% des Américains pensent qu'il faut retirer les armes d'assaut de la rue, point final. Et nous devons obtenir des rachats et les sortir de leurs sous-sols. Donc le fait est que les choses ont changé. Et les choses ont beaucoup changé.
- Ce que les Latinos devraient regarder, c'est comparer ce président scandaleux actuel au président que nous avons eu auparavant. Nous n'avons pas enfermé les gens dans des cages. Nous n'avons pas séparé les familles. Nous n'avons pas fait toutes ces choses, numéro un. Numéro deux,  à l'époque, c'est un président [Obama] qui est venu avec le programme DACA. Personne n'avait jamais fait ça auparavant. C'est le président qui a adressé une loi au Congrès disant qu'il voulait trouver un chemin pour les 11 millions de sans-papiers aux États-Unis d'Amérique. C'est un président qui a beaucoup fait. Je suis fière d'avoir servi avec lui. Ce que je ferais en tant que président, c'est plusieurs choses de plus, parce que les choses ont changé. (…) Tous ceux qui demandent l'asile méritent d'être entendus. C'est ce que nous sommes. Nous sommes une nation qui dit, si vous voulez fuir et vous libérez de l'oppression, vous devriez venir. Je changerais l'ordre que vient de prendre qui dit que les femmes battues et maltraitées ne peuvent plus prétendre à demander l'asile. Par ailleurs, rétrospectivement, le 25e anniversaire de la Loi sur la violence contre les femmes est arrivé à son terme. Le Congrès républicain ne l'a pas réautorisée. Mettons la pression sur eux pour qu'ils adoptent la loi contre la violence faite aux femmes.
- Je suis resté avec Barack Obama pendant huit ans, avec de bons moments, de mauvais et d’autres. C'est là que je me tiens toujours. Je n'ai pas dit que je n'étais toujours pas avec lui.
- Soit nous allons mettre en place des politiques, soit la Chine va faire les règles. Nous représentons 25% de l'économie mondiale. (…) Et la sénatrice Warren a raison. À la table des négociations doivent se trouver les syndicats et les écologistes. Le problème avec la Chine, ce n'est pas le déficit commercial, c’est qu'elle vole notre propriété intellectuelle. Le problème est qu'elle viole les règles de l'OMC [Organisation mondiale du commerce]. Elle nous inonde de son acier. De même elle nous inonde de ses produits agricoles. En outre, nous sommes dans une position où, si nous ne fixons pas les règles, nous allons en fait nous retrouver avec la Chine qui établit ses règles. Et c'est pourquoi il faut organiser le monde pour s'attaquer à la Chine, pour mettre fin aux pratiques de corruption en cours.
- [Etre en Afghanistan] (…) est une stratégie anti-terroriste. Nous pouvons empêcher les États-Unis d'être victimes de la terreur qui sort d'Afghanistan en faisant en sorte que les Pakistanais nous fournissent les bases pour nous permettrons d’utiliser nos avions pour la combattre. (…) Nous n'avons pas besoin de ces troupes là-bas. Je les ramènerais à la maison.
- Je propose que nous dépensions 15 à 45 milliards de dollars par an pour les écoles très pauvres. Il faut donner à chaque enseignant une augmentation pour que son salaire atteigne 60 000 dollars. Deuxièmement, nous devons apporter une aide pour que les enseignants résolvent les problèmes (…) Les enseignants sont – je suis marié à une professeure. Ma première femme décédée [dans un accident de la route] était enseignante. Il faut s’assurer que chaque enfant de 3 à 5 ans aille à l'école. L'école. Pas de garderie. L'école. Nous enverrons des travailleurs sociaux dans les foyers pour aider les parents à élever leurs enfants.
- [Question sur les échecs professionnels posée à tous les candidats] Il y a des revers, et des revers. Et je pense que le revers le plus critique qui puisse arriver à n'importe qui est de perdre quelqu’un. Mon père avait une expression. Il m’a dit: «Joey, ce n'est pas une question de réussite. Lorsque tu es à terre, c'est la vitesse à laquelle tu te relèves». Et il m’a dit, n'explique jamais et ne te plaints jamais. Et puis il continuait à dire que la seule obligation qui compte vraiment, la chose la plus importante, c’est la famille. J'ai donc été élevée pour croire que c'était le centre de tout, la famille, et qu'on pouvait être jugé sur la façon dont on traitait sa famille (…) Kierkegaard a dit que la foi voit mieux dans le noir. Juste après mon élection, ma femme et ma fille ont été tuées dans un accident de voiture, et mes deux fils ont été gravement blessés. Et je venais d'être élu, pas assermenté. Et j'ai perdu ma foi pendant un moment. J’y suis revenu. Et puis plus tard, quand mon fils Beau est rentré d'Irak avec une maladie au stade terminal, et un an plus tard, un an et demi plus tard, quand je l’ai perdu, c’était comme perdre une partie de mon âme. Mais le fait est que j'ai appris que la façon dont vous vous y prenez pour ne pas abandonner, est de trouver un but, un but dans ce que vous faites. Et c'est pour ça que j'espère qu'il est fier de moi aujourd'hui, parce qu'il voulait s'assurer que si je ne me suis pas présenté à la présidence [en 2016], je reste engagé. (…)Et, pour moi, la façon dont j'ai traité ça, c'est trouver un but. Et mon but est de faire ce que j'ai toujours essayé de faire et de rester engagé dans la politique. Mais il y a beaucoup de gens qui ont vécu bien pire que moi qui se lèvent chaque matin, mettent leurs pieds un pied devant un autre, sans l'aide que j'ai eue. Ce sont les vrais héros. De vrais héros.


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