samedi 21 mars 2020

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La démocratie à l’épreuve du coronavirus

Est-ce que les Français mais aussi les autres peuples occidentaux vont nous démontrer, à l’occasion de l’épidémie de coronavirus que la démocratie est incapable de produire des femmes et des hommes responsables, ingrédients indispensables pour qu’elle fonctionne correctement?
Que ce soit les citoyens dans leur ensemble qui, de la Floride à la Côte d’Azur en passant par Madrid, Milan et Paris, ont bravé les interdictions de sortie ou les recommandations en ce sens ou les responsables politiques qui ont pris des décisions incompréhensibles quant à la lutte contre l’épidémie (refus de lutter dans un premier temps contre le virus par Boris Johnson, organisation du premier tour des élections municipales par Emmanuel Macron, appel au «miracle» de Donald Trump pour éviter que le virus infecte les Etats-Unis, etc.), les comportements et les décisions irresponsables se sont multipliées.
Sans même parler des réflexes corporatistes et revendicatifs les plus exécrables de certains pour, en pleine épidémie, créer des polémiques sans aucun sens, simplement pour profiter du moment.
Bien entendu, un certain nombre de ces comportements et de ces décisions vient  de ce que l’on ne connaissait pas beaucoup et que l’on ne connait pas encore très bien le covid19 et son action.
D’autres d’une peur que l’on peut comprendre face à un ennemi invisible ou, à l’inverse, une trop grande confiance, justement parce qu’on ne voit rien.
Mais quand Paris devient soudainement une ville de joggeurs dès la mise en place du confinement, quand les plages de Miami sont bondées après que les autorités aient appelé à ne pas être dans la promiscuité, quand les habitants de Milan fuient leur ville pour aller contaminer les autres régions d’Italie, quand un gouvernement prend une décision politicienne plutôt qu’une réponse courageuse, alors nous sommes dans l’irresponsabilité totale et inacceptable.
Pendant ce temps, le régime totalitaire chinois nous informe que ses décisions ont pratiquement éteint l’épidémie.
Même s’il faut se méfier avec les chiffres et les dires venus de Pékin dont on sait qu’une grande partie est fausse -- le mensonge d’Etat étant une pratique bien connue du Parti communiste chinois –, il semble bien que le covid19 régresse fortement pour l’instant à Wuhan.
Alors, bien sûr, on dira que même les scientifiques et le corps médical n’ont pas toujours été très clairs et que des oppositions voire des polémiques les ont opposés parfois à propos du confinement, des masques, de la virulence de l’épidémie, sur la capacité des systèmes de santé de faire face au virus, etc.
C’est vrai et d’ailleurs on ne comprend toujours pas comment un «Comité scientifique» a pu autoriser ou, tout au moins, de ne pas émettre les plus extrêmes réserves sur l’organisation du premier tour des élections municipales en France alors qu’une grande partie des médecins en demandait le report.
Ou comment des scientifiques soi-disant de renom on pu conseiller le premier ministre britannique de ne pas agir contre le virus afin que la population soit au plus vite immunisée contre le virus à l’opposé de toutes les décisions prises dans tous les autres pays du monde et que le pays est en train de payer cher avec des estimations de décès très élevées.
Cependant, cela ne saurait exonérer ceux qui ont pris des risques avec leur santé, surtout la santé de leurs proches et des autres, de leurs comportements et leurs décisions imbéciles prises souvent parce qu’ils avaient la «liberté» de le faire et le «droit» d’agir comme bon leur semblait, c'est-à-dire pour leur unique intérêt voire leur unique plaisir, pire pour seulement défier le système.
Car ici, au-delà de controverses d’experts (et de faux experts qui pullulent sur les plateaux de télévision et les studios de radio), c’est évidemment le principe de précaution que tout individu responsable aurait du appliquer.
Non pas parce que l’on connait ce qui va survenir avec ce nouveau virus mais justement parce qu’on n’en sait rien!
Et tout «popularis homo» (humain démocratique) aurait du, non pas la première seconde, ce qui était impossible, mais le plus rapidement possible adopter les comportements où il causait le moins de risque aux autres, ceux qu’il côtoie ou peut côtoyer tous les jours et l’ensemble de la communauté.
L’inconscience et l’irrespect des autres qui a été et reste encore l’apanage de beaucoup de ces humains démocratiques est en train de donner raison à ceux qui applaudissent, non pas les mesures sensées prises par les autorités chinoises dès le début de l’épidémie, mais la manière dont elles ont pu, du fait même que le pays vit sous une dictature, les faire appliquer de manière efficace.
Que tous les crétins qui ne respectent pas les règles évidentes pour empêcher une propagation du covid19 sachent bien que, non seulement, ils ridiculisent quotidiennement la démocratie mais qu’ils deviennent des alliés objectifs à tous les défenseurs des régimes autoritaires.
Et si les gouvernements des démocraties se retrouvent à devoir prendre des mesures autoritaires demain mais aussi sur le long terme, voire pour toutes les crises à venir, qu’ils sachent qu’ils en auront été les responsables.
Heureusement que, pendant ce temps, nombre de gens accomplissent leur devoir et font tout ce qu’ils peuvent pour être solidaires des autres.
Je parle ici du corps médical dans son ensemble mais aussi de tous ceux qui vont travailler dans les secteurs qui permettent à la France de ne pas sombrer.
Bravo à eux!
Que leur courage fasse honte aux crétins cités plus haut, mieux qu’il les inspire.


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