mercredi 18 mars 2020

Présidentielle USA 2020 – Primaires démocrates -- Biden proche de la victoire grâce à un endiguement réussi de Sanders

Joe Biden
Le centriste Joe Biden a remporté hier les trois primaires que le Parti démocrate a maintenu dans l’Arizona, l’Illinois et la Floride (d’autres ont été annulées dans l’Ohio, la Géorgie ou la Louisiane) et ce, malgré l’épidémie de Coronavirus qui commence a impacté lourdement les Etats-Unis.
De ce fait il se rapproche inexorablement de la nomination pour être le candidat démocrate pour la présidentielle et surtout le favori face à Donald Trump selon les sondages.
D’autant que ses scores de plus de 60% en Floride et près de 60% dans l’Illinois, deux Etats importants, lui donnent désormais une confortable avance en nombre de délégués face au socialiste Bernie Sanders.
Si ce dernier n’a pas encore annoncé qu’il se retirait de la campagne pour soutenir Biden, il est de plus en plus pressé par le Parti démocrate de le faire afin de présenter, dès maintenant, un front uni face au populiste démagogue installé à la Maison blanche.
On a beaucoup parlé d’une résurrection improbable pour Joe Biden qui, de statut d’ultra-favori était tombé bas dans les sondages et, surtout, avait perdu les premières élections, comme les caucus de l’Iowa ou du Nevada, faisant de lui un perdant probable pendant que Sanders, lui, semblait avoir la dynamique nécessaire pour l’emporter.
S’il est vrai que l’ancien vice-président de Barack Obama a su rebondir alors que plus personne ne misait plus le moindre cent sur sa personne, c’est surtout une stratégie forte d’endiguement du sénateur du Vermont qui a réussi.
Ce que n’avait pas réussi à faire le Parti républicain en 2016 pour barrer la route à Donald Trump, le Parti démocrate a réussi à le faire.
Parce que si Sanders était en tête des intentions de vote et Biden de plus en plus en perdition, cela venait aussi et surtout d’un trop plein de candidats, notamment situés au centre de l’échiquier politique, qui permettait au socialiste, sans réaliser des scores mirifiques, de dominer ces primaires.
Devant l’inquiétude grandissante des leaders démocrate de voir la nomination d’un candidat dont ils pensaient qu’il n’avait aucune chance de l’emporter face à Trump en novembre prochain, il a d’abord fallu que la communauté noire se mobilise en faveur de Joe Biden et lui fasse gagner la primaire de Caroline du Nord.
A partir de ce moment-là, une dynamique s’est (ré)instaurée avec de plus en plus de soutiens en faveur de celui-ci, tous les candidats importants de la primaire encore en course ou s’étant déjà retiré, lui apportant leur voix (à l’exception notable d’Elizabeth Warrren qui n’a choisi de soutenir personne jusqu’à présent).
C’est donc à un véritable encerclement de la candidature du socialiste auquel on a assisté et on peut même dire sans exagéré qu’il s’agit d’abord de «tout sauf Sanders» plutôt que «tous derrière Biden».
Il se trouve que ce dernier, de par son profil, son expérience, sa notoriété et l’empathie qu’il suscite dans le peuple américain était le mieux placé pour faire barrage à Sanders puis pour battre Trump.
Il fallait donc, dans un premier temps éliminer Sanders, ce que les démocrates sont en train de réussir dans ce que l’on peut appeler un sursaut salvateur pour ne pas tomber dans une gauchisation du parti qui risquait de les éloigner du pouvoir pendant longtemps et, surtout, de permettre à Trump d’être réélu, un cauchemar qu’ils ne veulent absolument pas voir se réaliser, tout en se rappelant qu’en 2016 Bernie Sanders a porté une responsabilité historique dans la défaite d’Hillary Clinton.
Reste que la campagne est encore longue jusqu’en novembre prochain mais, au moins, le Parti démocrate se donne réellement la possibilité de gagner ce qui est, pour l’instant, l’essentiel.


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