samedi 19 septembre 2020

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Dans un mois et demi, nous saurons ce qu’est et ce que vaut cette Amérique après 4 ans de Trump

«Ce qui est en jeu actuellement c’est notre démocratie», a dit Barack Obama de la prochaine élection présidentielle.

Et d’avertir ses concitoyens:

«Ne les laissez pas voler votre démocratie. Faites ce que les Américains ont fait pendant plus de deux siècles face à des temps encore plus difficiles que celui-ci.»

Hillary Clinton, elle, a expliqué que le 3 novembre prochain les Américains auront «la possibilité de choisir la démocratie plutôt que l’autoritarisme rampant, la dignité et le respect face à la corruption et à l'anarchie, de reconstruire en mieux après le chaos continu, un plan contre la pandémie actuelle, l'unité contre la division.»

Et de prévenir que cette élection «décidera de l'avenir de notre démocratie, de notre pays, de notre climat et de notre monde».

Il ne s’agit nullement de paroles exagérées et les deux personnalités centristes sont loin d’être les seuls à faire cette analyse anxiogène mais terriblement juste.

Car, oui, ce 3 novembre lors de cette élection, lorsque nous saurons ce que les Américains auront choisi, nous saurons alors ce que vaut cette Amérique après quatre années de présidence cataclysmique de Donald Trump.

Si elle reconduit pour un nouveau mandat le démagogue populiste, il faudra constater que les Américains ont choisi l’aventure où les valeurs, les principes et les règles de la démocratie seront en périls par les gouvernants qu’ils auront décidé de reconduire au pouvoir alors même qu’ils ont eu sous leurs yeux pendant quatre ans leurs agissements qui ont constamment miné l’état de droit tout en promouvant le mensonge en parole officielle.

En revanche, si elle le renvoie dans son palais floridien, ils montreront qu’ils ne sont pas dupes de ce personnage qui a réussi à prendre le pouvoir, à la fois, en excitant la haine d’une partie d’entre eux et en bénéficiant d’un système électoral qui permet à un candidat qui est battu par le vote populaire d’être élu grâce à un système électoral d’un autre âge et qui permet, en ciblant quelques milliers de voix d’en rendre plusieurs millions sans effet, un déni incroyable de démocratie pour un pays qui se prétend en être le représentant le plus illustre et le leader du monde libre.

Mais, en même temps, on ne peut oublier que 46,1% des votants ont choisi de mettre dans l’urne un bulletin au nom de Trump soit près de 63 millions d’entre eux, un pourcentage et un chiffre qui laisse pantois.

Cette Amérique où tant de gens ont voté pour un homme qui, pendant une campagne a constamment menti, montré son incompétence, insulté et menacé les autres candidats, où tant de gens s’apprêtent selon les sondages à voter à nouveau en sa faveur (autour de 42% des électeurs) est un laboratoire où l’on teste en grandeur nature les failles et peut- être la faillite de la démocratie moderne.

Car, quel que soit le résultat de l’élection du 3 novembre, ne nous y trompons pas: avec le passage au pouvoir de Trump, ne serait-ce que pour les quatre ans qui viennent de s’écouler, les Etats-Unis ont subi un traumatisme dont l’onde de choc a atteint toutes les autres démocraties et dont les séquelles se feront sentir encore longtemps.

Reste que sa défaite montrera, au moins, une capacité de résilience de la démocratie qui sera une bonne nouvelle dans ces temps troublés où elle est attaquée et bafouée sans cesse par ses ennemis intérieurs et extérieurs.

Mais nous n’en sommes pas encore là.

Et, quoi qu’il arrive, il faudra bien s’atteler à une profonde réflexion afin de la renforcer et de mettre en œuvre ce que les premiers partisans de la démocratie moderne estimaient indispensable pour qu’elle puisse être autre chose qu’une fulgurance historique, c'est-à-dire un(e) citoyen(ne) formé, informé et responsable, capable de comprendre son intérêt au-delà de réactions émotionnelles impulsives et de la séduction de populistes démagogues et de participer au vivre bien ensemble.

Ils espéraient qu’on y parviendrait plus vite et plus tôt.

Cette déception actuelle du comportement humain ne doit cependant pas décourager tous les partisans et les défenseurs de ce qui reste le régime le mieux à même de permettre à chacun de réaliser son projet de vie dans la liberté et la dignité s’il demeure fidèle à son espérance originelle.

Elle doit même renforcer leur détermination à travailler à promouvoir ce(tte) citoyen(ne), une tâche qui demeure exaltante malgré tant d’embûches et de désespérances.

 

 

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