mercredi 13 janvier 2021

L’Humeur du Centriste. La haine des réseaux sociaux ne fait pas une politique

Or donc Trump dans sa première déclaration après l’assaut du Capitole par ses fans qu’il avait lui-même excités à l’entreprendre, a indiqué qu’il ne regrette rien et trouve même que son comportement a été «approprié».

Voilà une raison supplémentaire qui donne raison aux réseaux sociaux d’avoir fermer ses comptes au motif évident qu’il incite à la sédition et à la violence (et au Congrès d’entreprendre une nouvelle procédure d’impeachment).

Car, au fur et à mesure que les informations sortent et sont recoupées, nous sommes bien face à une tentative de coup d’Etat par des extrémistes violents qui f aisaient la chasse aux élus dans les couloirs du Capitole et chantaient qu’il fallait pendre Mike Pence le vice-président qui refusait d’obtempérer à Trump en inversant les résultats de la présidentielle gagnée par le centriste Joe Biden.

Mais, de manière surprenante, des voix de personnalités politiques notamment centristes, se sont élevées pour dire que son bannissement de ces réseaux n’était pas acceptable au nom de la liberté d’expression.

Encore plus surprenant, ce sont les mêmes qui s’indignaient auparavant que l’on n’agisse pas contre ses messages ou contre ceux d’autres populistes dangereux comme Erdogan par exemple, fustigeant l’irresponsabilité des responsables des réseaux sociaux.

Faudrait savoir, messieurs et mesdames les inconséquents!

Ces mêmes prétendent maintenant que ce n’est pas aux réseaux sociaux de virer un de leurs utilisateurs mais que cette décision revient aux Etats et aux pouvoirs publics.

Mais à quel titre dénier le pouvoir à leurs propriétaires et de quel droit le donner à la puissance publique?

Tous ces réseaux sont en effet des entreprises privées, ce que l’on peut regretter mais qui est la réalité.

Elles n’ont pas répondu à des appels d’offre de l’Etat, ni ne sont des concessionnaires d’un service public mais leurs créations viennent de cerveaux d’individus qui se sont lancés dans le bain sans aucune aide des pouvoirs publics.

En fait ces voix qui s’indigent pour tout et son contraire, confondent tout.

Une entreprise commerciale ne peut effectivement pas faire un refus de vente ou, pour ce qui est des services, interdire a priori à ceux qui remplissent les critères pour les utiliser de le faire.

En revanche, si des personnes ne respectent pas les règles édictées pour l’utilisation de ces services, règles qu’elles acceptent en les utilisant, ces entreprises, qu’elles gèrent des réseaux sociaux, des clubs de gym ou des cinémas, peuvent prendre des mesures pour interdire l’accès ou exclure celles-ci, ce qui est le cas aujourd’hui avec Twitter ou Facebook.

Bien entendu, répondront nos voix qui affirment se battre pour la liberté d’expression, elles ne l’ont pas fait systématiquement, encore qu’il faille encore une fois revenir à la réalité, c’est-à-dire à l’incitation par Trump à un coup d’Etat violent et non à des propos partisans excessifs.

Et même s’il y avait des traitements inégaux entre les incitateurs à la haine et à la violence, ce qu’il faut demander à ces réseaux sociaux, c’est que tous soient traités comme l’est Trump aujourd’hui et non pas de manière laxiste où pour des motifs souvent uniquement commerciaux, on laisse s’exprimer des personnes indignes dont les propos relèvent des tribunaux.

Leur demander de bannir ceux qui dépassent les bornes est une évidence, ce qui n’est d’ailleurs souvent que l’application de leur propres règles…

Mais prétendre qu’un Twitter ou qu’un Facebook n’a pas le droit de radier un de ses utilisateurs parce que c’est du domaine du politique est une interprétation complètement erronée, à la fois, de ce que sont ces entreprises et des services qu’elles proposent.

On sent ici que les critiques de Twitter en l’espèce n’ont que haine pour les réseaux sociaux privés même s’ils en sont souvent des utilisateurs quotidiens voire même compulsifs!

Qu’ils n’oublient pas que les réseaux sociaux ne sont que le miroir de nos sociétés et ce qu’on y voit, ce qu’on y entend, se passaient auparavant dans les cafés du commerce, rien de nouveau quant à l’intensité de la haine et de la violence exprimées.

Ce n’est pas en faisant intervenir l’Etat dans les discussions et les propos tenus qu’on règlera le problème (on fera en sorte de le déplacer ailleurs) mais bien par toute une politique du savoir qui passe par un citoyen formé et informé.

C’est sans doute plus difficile à faire que de jeter l’anathème sur les messagers même si ces derniers ne peuvent se dire irresponsable de ce qui se passe sur leurs réseaux en prétendant qu’ils n’en peuvent mais.

Centristement votre.

Le Centriste

 

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