lundi 1 mars 2021

Une Semaine en Centrisme. Après avoir fait élire Trump, la Gauche s’apprête-t-elle à faire la même chose avec Marine Le Pen?

Donald Trump & Marine Le Pen
En 2016, la gauche américaine claironnait partout que la centriste Hillary Clinton et le populiste extrémiste Donald Trump, c’était blanc bonnet et bonnet blanc

Et beaucoup d’électeurs de gauche ne se sont pas rendus aux urnes quand certains ont même préféré voter pour le républicain.

Et Trump a gagné.

En 2021, la gauche française claironne aussi fort que le central Emmanuel Macron et l’extrémiste populiste  Marine Le Pen, c’est blanc bonnet et bonnet blanc.

Et, déjà, nombre d’électeurs de gauche affirment qu’ils ne voteront pas pour Macron s’il affronte Le Pen au second tour en 2022.

Et….?!

Voilà donc la Gauche qui réagit dans les deux cas de la même manière par rapport au Centre en le diabolisant et en lui trouvant des similitudes improbables avec l’extrême-droite.

On a même vu la publication dans le New York Times d’une soi-disant «étude» écrite par un universitaire engagé à gauche et qui ne reposait sur aucune donnée exacte, pire, qui travestissait des chiffres sondagiers, et qui osait affirmer que les centristes étaient moins démocrates que l’extrême-droite.

Quant à la presse de gauche française, elle accuse tous les jours les centristes de collusion avec l’extrême-droite, de transformer la France en une «démocratie illibérale», de restreindre et de supprimer les libertés quand certains médias vont même jusqu’à prétendre que nous ne sommes déjà plus en démocratie!

Des sortes de justifications pour ne pas donner les voix de gauche à ces centristes si infréquentables!

On croit rêver mais malheureusement ce n’est pas le cas!

D’autant que la Gauche semble frapper d’une amnésie très particulière.

Elle a ainsi oublié sa responsabilité historique face à la montée de l’extrême-droite (ou tente de détourner l’attention des Français sur celle-ci).

Sans remonter à Doriot et Déat qui, avant de devenir des nazis, étaient communiste pour le premier, socialiste pour le second, rappelons que, plus près de nous, c’est d’abord François Mitterrand qui a remis en selle l’extrême-droite moribonde jusque là depuis la fin de la Seconde guerre mondiale en lui permettant d’avoir de nombreux députés lors des législatives de 1986, non pas par quelconque esprit démocratique ou républicain mais seulement par manœuvre bassement politicienne pour la mettre dans les pattes de la Droite, un calcul indigne d’un soi-disant défenseur de la démocratie républicaine et dont nous portons toujours les stigmates.

C’est ensuite Lionel Jospin, avec sa campagne calamiteuse de 2002 qui a permis à Jean-Marie Le Pen d’être au second tour de la présidentielle, une grande première.

C’est enfin François Hollande avec sa présidence impopulaire qui a remis en selle le FN et permis à Marine Le Pen d’être au second tour en 2017.

Et ces mêmes gens viennent nous dire qu’ils ont assez donné pour le front républicain et qu’ils ne voteront pas pour Emmanuel Macron s’il est présent au second tour!

Quelle honte de se défausser de leurs erreurs et de leurs fautes.

Non, messieurs, vous ne vous défausserez jamais de celles-ci, encore moins en fuyant vos responsabilités.

Eviter que vos errances passées mettent au pouvoir l’extrême-droite, c’est le moins que vous puissiez faire.

Du côté de la Droite, ce n’est guère mieux!

Nombre d’électeurs de LR accompagnent déjà et sans sourciller sa radicalisation à droite et donc se rapprochent du RN, ne voyant plus en lui un repoussoir mais un parti comme un autre, voilà qui rend encore plus possible une victoire de la fille Le Pen l’année prochaine.

Cette Droite qui flirte trop souvent avec l’extrême-droite (comme la Gauche le fait avec l’extrême-gauche) a-t-elle oublié les multiples affaires de corruption dont elle s’est rendue coupable avec les deux seuls présidents à être condamné par la justice après leur mandat – Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, ce dernier à un an de prison ferme pour corruption –, qui ont permis au FN/RN d’entonner à tue-tête le slogan populiste du «tous pourris».

Ses postures à l’Assemblée nationale et surtout au Sénat où son opposition dure au gouvernement actuel rappelle celle adoptée par les républicains au Congrès américain, ressemble à tout sauf à une attitude responsable d’autant qu’elle se fait souvent avec une rhétorique et des arguments étrangement similaires à ceux de l’extrême-droite.

Mais bien sûr disent les imbéciles inutiles, la situation américaine n’a rien à voir avec la française et, ajoutent-ils, vous verrez, les Français voteront pour nous et nous ferons barrage à la bande à la famille Le Pen…

Comme en 2017 où sans Macron, elle serait peut-être déjà à l’Elysée?!

Là, on ne rêve plus, on fait des cauchemars.

En réalité, diaboliser le Centre est la dernière tentative en date de la Gauche et de la Droite pour éviter que celui-ci ne devienne hégémonique et ne les réduise à des forces d’appoints.

Et cela fait quatre ans que cela dure, sans aucune interruption.

Mais, en agissant ainsi, la Gauche et la Droite jouent un jeu dangereux pour la démocratie ce qui ne semble guère les émouvoir plus que ça.

Parce qu’en ne voulant plus distinguer ses opposants, la Gauche désinhibe une partie de la Droite qui hésitait encore à voter pour l’extrême-droite.

C’est toute une réaction à la chaine qui se produit comme on l’a vu d’ailleurs aux Etats-Unis.

Certains prétendent que cette rhétorique et ces postures, ces attaques et cette diabolisation sont de bonne guerre et que l’on est encore à plus d’un an de la présidentielle et qu’en cas de duel Macron-Le Pen, l’électeur de gauche ou de droite dans son infinie sagesse fera le bon choix dans l’isoloir.

Cette analyse est à la fois angélique et d’un cynisme total.

Mais, plus grave, rien ne dit qu’elle est juste.

Au fait, on n’a entendu aucun responsable centriste appeler à ne pas voter pour le(a) candidat(e) de la Gauche ou de la Droite en 2022 s’il est celui ou celle qui affrontera celle du RN.

En revanche, tous ceux qui ont pris la parole ont affirmé qu’ils feraient leur devoir républicain.

Un contraste assez saisissant mais qui nous rappelle que le Centre est bien aujourd’hui le pivot – dans l’axe central – de la défense de la démocratie républicaine.

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC

Jean-Louis Pommery
Directeur des études du CREC

 

 

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