vendredi 16 mai 2008

Actualités-France

Le Nouveau Centre tient son premier congrès à Nîmes.


Le Nouveau Centre tient son premier congrès à Nîmes aujourd’hui et demain. Ce congrès devrait aboutir à un changement de nom ainsi que de logo. «Si notre proposition est acceptée» a déclaré Hervé Morin dans un entretien au Figaro qui est candidat à sa propre succession à la présidence du parti centriste membre de la majorité présidentielle et qui compte quatre membres dans le gouvernement de François Fillion. En effet, la candidature de Mireille Benedetti, conseillère régionale PACA, au poste ne le menace guère. Les militants trancheront (près de 3 000 personnes sont attendues à Nîmes). «C'est le moment de la renaissance et de la refondation, explique l'élu normand. L'acte I est achevé : en moins d'un an, nous avons créé ce parti» affirme Hervé Morin.

L'étrange destin du Nouveau Centre s'est noué sur un coin de table, l'année dernière, entre les deux tours de la présidentielle. Alors que François Bayrou débat avec Ségolène Royal et que le candidat centriste à la présidentielle annonce qu'il ne votera pas «pour Sarkozy», plusieurs députés UDF font savoir qu'ils se rallient au candidat de l'UMP. Président du groupe à l'Assemblée, Hervé Morin est à la manœuvre : «François Bayrou s'est lancé dans une démarche solitaire absolue, contraire à l'idée même de la politique et de la société, se remémore-t-il. Il fallait que nous réagissions.»

Un mois à peine sépare l'élection de Sarkozy du premier tour des législatives. L'urgence est de créer une étiquette et un embryon de parti, ce sera le Nouveau Centre. Et les anciens amis, restés fidèles à Bayrou ne sont pas là pour faciliter les choses : «A leurs yeux, nous étions les traîtres, les ralliés. Selon eux, nous n'avions qu'une seule motivation, sauver nos circonscriptions.» Au lendemain du second tour, la formation issue de la scission de l'UDF n'a plus de siège et pas de fichiers d'adhérents ni de ressources financières propres mais le Nouveau Centre gagne trois portefeuilles au gouvernement (quatre depuis le remaniement de mars) et, contrairement au MoDem, dispose d'un groupe parlementaire.

Les scènes suivantes de l'acte I du Nouveau Centre sont celles de la reconstruction : «Nous avons aujourd'hui 7 000 adhérents alors que l'UDF en comptait 22 000 en 2007, calcule Hervé Morin. Un tiers en si peu de temps, c'est déjà une belle prouesse». La mise sur pied de fédérations quadrillant le territoire français est, elle, presque achevée. Et le parti revendique aujourd'hui plus de 2 500 élus locaux. Lors des municipales et des cantonales, le Nouveau Centre parviendra à limiter la casse qui frappe la majorité. Malgré la perte de Blois et du conseil général de la Somme, les centristes conservent leurs principaux bastions et parviennent même à apporter deux des quatre maigres conquêtes de la droite parmi les villes de plus de 20 000 habitants : Agen et Châtellerault. Et alors que le PS s'y voyait déjà vainqueur, François Sauvadet parvient à se faire élire à la présidence du conseil général de Côte-d'Or.

«Nous manquons encore de visibilité politique», explique Hervé Morin pour qualifier l’expérience du Nouveau Centre. D'où l'importance de «revendiquer et réinvestir l'héritage de l'UDF». C'est là tout l'enjeu du congrès de Nîmes. «Le centrisme n'est pas un boulevard entre la gauche et la droite comme on a pu le croire pendant longtemps. Le centrisme c'est un équilibre entre les idées qui sont communes à la droite et à la gauche», analyse Morin. Premières des idées qu'il défend, la liberté et le libéralisme. Mais le président sortant y adjoint rapidement l'humanisme, la justice, l'égalité. Ce sont les valeurs sociales du centrisme français que le député Jean-Christophe Lagarde n'oubliera pas de défendre. Car le Nouveau Centre pourrait bientôt disposer d'une direction bicéphale. «Un tandem», corrige le député maire de Drancy, qui devrait devenir samedi président exécutif du parti. Avec l'ambition de sortir le Nouveau Centre de l'ombre de l'UMP.

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