samedi 6 février 2016

Présidentielle USA 2016. Marco Rubio, un «centriste conservateur»?!

Une nouvelle supercherie serait-elle en route au Parti républicain?
En tout cas, nombre d’observateurs sérieux doivent ne pas en croire leurs oreilles quand on présente Marco Rubio comme un «modéré» et un «centriste» qui va unifier les républicains et gagner la présidentielle en tant que candidat «centriste conservateur».
Devant l’effroi que représente une possible victoire de Ted Cruz (extrême-droite) et de Donald Trump (populisme démagogique) aux primaires du parti, le camp républicain, de ses médias à son establishment, est donc prêt à se jeter dans les bras de ce sénateur de Floride de 44 ans qui est arrivé à Washington en 2011 ayant battu un républicain plus ou moins modéré grâce à un fort soutien de l’organisation radicale et populiste, proche de l’extrême-droite, le Tea party, surtout en reprenant ses thèmes contre Obama, contre une société ouverte, contre l’assurance santé et pour un conservatisme profond et rétrograde.
Bien sûr, en arriviste à l’ambition dévorante qu’il est, Rubio est prêt à tout, notamment à renier ses position antérieures, ce qu’il a déjà fait depuis qu’il a été élu.
Mais cet opportunisme n’en fait pas pour autant un centriste.
En analysant ses votes et ses propositions de lois, l’organisation American conservative union (Union conservatrice américain) lui a accord un score de 98,67 sur 100 basé sur ses votes depuis qu’il est à Washington, ce qui le met en troisième position de tous les sénateurs.
De son côté, le National journal, organe de presse conservateur, le place en dix-septième position des sénateurs les plus conservateurs sur cent.
Quant au conservateur Club for growth (Club pour la croissance), il lui accord un score de plus de 90 sur 100 pour tous ses votes depuis son entrée en politique.
A l’opposé, il réfute totalement, comme tous les conservateurs radicaux américains, la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, ce qui lui vaut un score de 9 sur 100 pour ses efforts en matière de défense de l’environnement pas l’association League of conservation voters (Ligue des votants pour la conservation de l’environnement).
En outre, il n’a pas obtenu de résultats très probants depuis qu’il est au Sénat en matière de législation.
C’est tellement vrai que lorsque l’ancien sénateur Rick Santorum s’est retiré de la course républicaine à la présidentielle après le caucus de l’Iowa et a décidé d’apporter son soutien à Rubio, il a été incapable de citer le moindre succès politique de ce dernier…
Son bilan politique ne plaide évidemment pas pour la thèse du modéré qui, pour des raisons politiciennes et électoralistes, s’est fait élire sur un positionnement de droite radicale.
Si aujourd’hui Rubio peut apparaître comme conservateur modéré «qui peut unir le parti républicain», comme il l’affirme, c’est parce qu’il a face à lui un extrémiste agressif, Ted Cruz.
Tous les deux ont été élus au Sénat quasiment en même temps et sur la même ligne radicale en reprenant les thèses les plus extrémistes du Tea party.
Mais si Cruz n’a fait aucun compromis sur ses convictions politiques, Rubio, lui, en a fait même si ceux-ci n’ont pas remis en cause ses convictions profondes.
Néanmoins, cette différence entre les deux candidats d’origine cubaine à la primaire républicaine signifie sans doute que Marco Rubio, s’il accédait à la Maison blanche serait le type de conservateur qui gouvernerait beaucoup plus en conservateur modéré pour épouser le plus possible l’opinion majoritaire de la population (qui est cependant majoritairement nettement plus centriste que ce positionnement notamment en matière sociétale).
Pour autant, cela n’en fait pas un centriste de près ou de loin, ni même un droitiste modéré.
Sans doute un opportuniste.

Alexandre Vatimbella avec l’équipe du CREC

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