samedi 7 octobre 2017

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Les procès d’intention faits à Macron ne marcheront pas

De droite ou de gauche, monsieur Macron, il vous faut choisir ne cessent de répéter ses adversaires du monde politico-médiatique.
Ce ne sont que reproches des deux côtés de l’échiquier politique et le président de la république est sommé de choisir son camp.
Mais ils n’ont vraiment rien compris!
Je suis assez à l’aise pour parler de tout cela parce que j’ai toujours expliqué ici, encore et encore, qu’un centriste – ou qu’une personnalité de l’axe central – aurait toujours deux fois plus d’adversaires et que les clientélismes de tout bord le poursuivraient sans répit pour le diffamer et le ridiculiser sur ses convictions politiques.
Et, malheureusement pour la bonne tenue du débat démocratique et les grands défis que le pays a à relever, j’avais raison.
Car, messieurs et mesdames de la Gauche et de la Droite, il faudra un jour vous y faire, les centristes ne sont ni de gauche, ni de droite, comme ils sont, en même temps, pour la liberté d’entreprendre et pour la solidarité, pour la méritocratie et pour l’égalité des chances.
Oui, ils sont pour une société équilibrée, harmonieuse et progressiste.
Barack Obama, aux Etats-Unis (en France, le manque de culture politique s’est arrêté sur l’image glamour du président américain, ce qui a permis à tout le monde de se l’accaparer…) a été victime des mêmes attaques répétitives où on lui demandait cette fameuse «clarification» qu’il a toujours refusé puisqu’il se disait centriste avant, pendant et après son élection à la Maison blanche en 2008 et qu’il n’a pas varié d’un iota.
La gauche du Parti démocrate n’a jamais cessé de voir en lui un homme de droite et le Parti républicain a tout fait pour le faire apparaitre comme un homme de gauche.
Ainsi, Trump le traite toujours de dangereux gauchiste et Sanders estime qu’il est un homme du capital…
Si cela ne vous rappelle rien et que cela n’a rien à voir avec une situation similaire en France, c’est que vous n’avez rien compris comme le monde politico-médiatique dont j’ai parlé et qui est demeuré sur des analyses partisanes faites il y a cinquante ans où des idéologues de droite et de gauche sont venus nous expliquer que le Centre n’existait pas en profitant alors de la disparition de la IV° République qu’ils honnissaient et qu’ils considéraient comme un régime au centre.
Oui, les Wauquiez, Jacob, Ciotti, Bertrand, Pécresse, Hollande, Hidalgo, Cambadélis Hamon et consorts, (je ne parle même pas des Mélenchon et Le Pen, des Laurent et Dupont-Aignan) élevés dans cette réduction intellectuelle qui affirme que ce qui n’est pas de droite est de gauche et inversement, ne comprennent rien ou, plus grave, tentent de tromper les Français.
En tout cas, si certains attendent qu’Emmanuel Macron fasse son coming-out à gauche (en général ce sont les gens de droite qui l’espèrent) et d’autres qu’il le fasse à droite (en général les gens de gauche), ils seront tout aussi déçus que leurs homologues américains avec Obama.
Macron est parti pour demeurer au centre de l’axe central, c’est-à-dire, pour les centristes, comme un des leurs.
Et quand il prendra une mesure «de droite», il est à parier qu’il prendra plus tard une mesure «de gauche» et inversement.
Mais ce qui est sûr, c’est que son «en même temps» que j’ai toujours théorisé comme le «juste équilibre» et qui est le principe même du Centrisme, montrera in fine que ce ne sont pas des mesures de droite et de gauche mais des mesures centristes car elles seront prises avec cette balance et cette harmonie qui caractérise le Centre.
Ce qui est plus triste dans l’affaire, c’est de voir des politiciens qui se revendiquent centristes mener une guerre frontale contre un président de la république du même bord qu’eux.
Ainsi en est-il de l’UDI qui, dans une démarche d’une absurdité ridicule, se plaint qu’Emmanuel Macron ne l’écoute pas tout en le combattant!
Ici, on n’est plus dans le Centre et le Centrisme mais dans l’opportunisme et un positionnement «au centre» où l’on espère avoir le beurre et l’argent du beurre.
François Bayrou, en revanche – et même si les événements l’ont un peu contraint à le faire – a fait le bon choix en tant que centriste.
S’il n’a pas abandonné son ambition personnelle (et que l’on peut penser qu’il saisira toutes les opportunités pour se poser en chef de l’espace central), il a compris que Macron représentait ce pourquoi il s’était battu politiquement pendant des années.
Et je partage entièrement son analyse de ce point de vue.
Bien entendu, le fait d’être un centriste (ou d’y ressembler très fortement) n’empêchera pas Emmanuel Macron de faire des erreurs ou des bêtises.
Mais une chose est sûre, il continuera à gouverner selon sa vision politique parce que tout simplement elle est, pour tous les centristes, les vrais, la seule qui peut marcher, la seule qui est véritablement humaniste, progressiste, démocratique et républicaine.


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