dimanche 3 décembre 2017

Vues du Centre. Obama: les commentaires convenus d’un discours soi-disant de même

Par Jean-François Borrou

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes.

Barack Obama
Pour beaucoup de mes confrères journalistes présents hier à l’auditorium de Radio France (mais pas tous) tout comme ceux qui ont repris les dépêches des agences de presse, l’intervention de Barack Obama devant l’association «Les Napoléons» et une partie du tout-Paris politico-médiatique était «convenue».
On ne sait pas trop ce que cela signifie.
Si c’est un scoop qu’ils attendaient, ce n’était même pas besoin de venir.
Obama n’allait pas annoncer une troisième candidature à la Maison blanche (il n’en a pas le droit), ni même sa naturalisation française pour pouvoir devenir président de la république chez nous, comme certains, avec humour, l’avaient demandé lors de la dernière présidentielle.
Il n’allait pas non plus insulter Donald Trump pour nourrir les gros titres, ni même Vladimir Poutine.
Ou attaquer les républicains de manière grossière, eux qui tentent par tous les moyens de torpiller son héritage progressiste pour le pus grand malheur de leurs compatriotes (assurance-santé) et du monde entier (engagements sur le changement climatique)
Mais, si se poser une nouvelle fois en défenseur intransigeant de la démocratie républicaine progressiste et bien tempérée est un discours «convenu», alors j’en redemande au moment où nous avons plus l’habitude d’assister à des propos radicaux, extrémistes, populistes et démagogiques qui promettent l’apocalypse et les feux de l’enfer et qui tentent de monter les gens les uns contre les autres.
Car Barack Obama n’est pas venu dire des choses sans intérêt mais bien que, en ces temps troublés où tous ses ennemis délivrent une véritable diarrhée verbale à son encontre, «Ceux qui croient en la démocratie doivent se faire entendre».
Oui, il faut dire que «La démocratie est difficile à maintenir, les gains que nous faisons sont fragiles, mais je suis persuadé que l'avenir est de notre côté si nous protégeons les valeurs que nous chérissons» et que cet avenir «n'appartient pas aux hommes forts».
Oui, il est bon de rappeler, surtout quand on a été le dirigeant de la première puissance mondiale et que l’on a une cote de popularité sans pareille, que «La démocratie a ses défauts, mais ce qui peut la soigner, n'est pas de nous retirer de la sphère publique, c’est une meilleure implication des citoyens. Je veux travailler pour que les jeunes puissent s’investir dans la démocratie».
Et cette affirmation centriste mais ô combien importante: «Pouvons-nous refaire une politique qui nous permette de réunir les gens au-delà des divisions, de partager notre humanité commune et de remplacer la crainte par l'espoir? Oui, je crois que nous le pouvons».
De même, qualifier le «projet européen» de «vital» et d’«extraordinaire, n’est pas rien quand on vient d’outre-Atlantique et que votre successeur s’est publiquement réjouit du Brexit…
Mais Obama n’est pas un optimiste béat, loin de là et il met en garde: «Certains contre-récits ont gagné en puissance ces derniers temps, des gens qui disent que la force fait la loi, que les normes et les règles peuvent être ignorées… La question est de savoir si nous pourrons faire en sorte que le changement serve tout le monde afin que nous puissions rejeter le nationalisme et la xénophobie, réaffirmer nos valeurs de pluralisme et de démocratie…»
Pour autant, il ne veut pas baisser les bras comme certains car, selon lui, «L'arc de l'Histoire continue de tendre vers la justice» et que «Nous sommes dans la meilleure et la pire des époques. Je dis à mes filles que malgré tous ses tourments, le monde n'a jamais été aussi prospère».
Et, avec des accents qui rappellent sa campagne de 2008, il a affirmé, «Je suis convaincu que nous pouvons remplacer la peur par l’espoir».
Oui, il était bon que Barack Obama, le centriste, vienne nous rappeler tout cela et nous rappelle également que nous avons aujourd’hui un président, tout aussi centriste, qui dit à peu près la même chose.

Jean-François Borrou


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