lundi 24 septembre 2018

Actualités du Centre. Mouvement radical: difficile fusion, quasi inexistence politique

Lorsque de Parti radical (valoisien) et le Parti radical de gauche se sont réunis, il y a moins d’un an, pour créer le Mouvement radical social libéral, les deux formations voulaient mettre un terme à 45 ans de division de la famille radicale tout en surfant sur l’élection d’Emmanuel Macron qui avait donné un espoir à toutes les formations centrales du pays.
Personne, dans la mouvance radicale ou chez les politologues, n’a pensé que cette réunification serait simple puisque les deux cultures politiques, l’une de centre-droit arrimée longtemps à la droite classique (et même membre à part entière de l’UMP), l’autre de centre-gauche, signatrice du programme commun de la gauche en 1972 avec les communistes et souvent simple appendice du Parti socialiste, semblaient très éloignées.
Si la réunification s’est déroulée sans gros accros, malgré le départ de quelques militants et élus, le pari de Laurent Hénart (Parti radical valoisien) et de Sylvia Pinel (Parti radical de gauche), tous deux coprésidents de la nouvelle entité, de donner une personnalité et une dynamique, donc un poids politique, à ce Mouvement libéral est loin d’être gagné.
En organisant ses universités d’été, ce week-end à Montpellier, le Mouvement radical a donc fait le point sur son existence que d’aucuns remettent en cause, tant en interne qu’à l’extérieur.
Sur ce point, Sylvia Pinel, s’est voulue rassurante sans minimiser les difficultés:
«Quand s'est décidée la réunification, nous savions que ce serait un pari difficile de réunir des familles séparées depuis 45 ans, avec des alliances différentes, voire opposées. Aujourd'hui, il reste des inquiétudes, des difficultés que nous ne nions pas, mais aucun des militants ne remet en question cette réunification. Il nous appartient juste de traiter les sujets les uns après les autres.»
De son côté, Laurent Hénart affirme que «s'il reste des endroits avec des situations plus complexes, le national tranchera. Ecoute, médiation et arbitrage».
Un optimisme qui n’est pas vraiment partagé par Guillaume Lacroix, membre de la direction nationale venu du Parti radical de gauche.
Il parle ainsi de «problèmes de tuyauterie» et que «le meilleur moyen de les résoudre, c'est que l'on ait un congrès en fin d'année qui entérine l'organisation pour que les choses avancent. (…) J'ai demandé que ce congrès que l'on doit avoir en urgence stabilise la gouvernance nationale du mouvement, stabilise l'organisation fédérale et acte des décisions politiques pour les européennes».
Le futur immédiat pour les radicaux, ce sont justement ces élections européennes.
Foncièrement pro européen, le Mouvement radical rêve d’aller aux élections au Parlement européen seul.
Si Laurent Hénart déclare que «toutes les options sont sur la table» et que «si on veut une liste (indépendante) aux européennes, il faut évidemment que nos fédérations soient prêtes».
Si pour Pinel, «nous préparons pour les élections européennes une liste indépendante avec nos candidats, tout en restant ouverts. Car nous sommes sûrs qu'il y a moyen de rassembler autour de nos idées.».
Mais la réalité est tout autre car les sondages ne donnent aucune visibilité à cette configuration.
Du coup, le Mouvement radical pourrait s’allier avec l’UDI et peut-être avec Agir mais les sondages ne donnent à cette alliance que 3% des intentions de vote.
Quant à une liste réunissant tout l’axe central pro-européen, avec LREM et le MoDem en plus, Hénart estime que «toutes conditions ne sont pas réunies» pour la constituer à l’heure actuelle.
En ce qui concerne les relations avec la majorité présidentielle et les choix du Gouvernement, Laurent Hénart affirment que le Mouvement radical n’est «pas dans une opposition systématique» au gouvernement» et que «les choix européens, la volonté de libérer l'économie, l'attention aux TPE et PME (…) vont dans le bon sens».
Mais il dit aussi, comme son ancien allié à l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, rester sur sa faim «en matière de justice sociale» et qu’il faut «aller un peu plus loin dans les économies budgétaires de l'Etat», sans se rendre compte, sans doute, de la contradiction entre ces deux objectifs sur le court terme.


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