mercredi 10 avril 2019

Vues du Centre. Les Israéliens, aussi, choisissent le populisme extrémisme d’un politicien véreux

Par Aris de Hesselin & Alexandre Vatimbella

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste. Ses propos sont les siens et non ceux du CREC.
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC

Les centristes Gantz et Lapid n'ont pas réussi leur pari
Oui, sans doute, les Israéliens ont des circonstances atténuantes, cernés par des peuples qui ne souhaitent que la destruction de leur Etat.
Sans même devoir remonter à la shoah (dont on rappellera aux minables et notoires antisémites qui donnent de plus en plus de la voix, que le génocide de 6 millions de juifs a eu lieu il y a seulement 74 ans).
Mais pas d’absolution, néanmoins, pour avoir, à nouveau, choisi la pire politicien de leur pays pour les gouverner.
En réalité le Likud, le parti qu’il dirige, et la coalition centriste Blanc bleu sont à égalité de sièges mais la Knesset, le parlement israélien, sera dominé par les partis de droite et d’extrême-droite ce qui lui permettra de pouvoir former assez facilement une coalition gouvernementale.
Donald Trump apparait face à Benjamin Netanyahu, puisque c’est de ce dernier qu’il s’agit (et qui vient donc de remporter les élections face à des centristes responsables comme l’Américain l’avait emporté face à la centriste responsable Clinton), comme un bien pâle apprenti d’un populisme extrémisme lardé de fake news et de violences verbales sans oublier l’exercice de la pire des démagogies avec, en sus, des affaires à la pelle qui mériteraient sans doute qu’il passe par la case prison.
Le Premier ministre israélien est une sorte de modèle pour le Président américain!
Mais, plus inquiétant, la réélection de Netanyahu s’inscrit bien dans cette vague qui porta au pouvoir Trump en 2016, Salvini et Di Maio en 2018 en Italie, Bolsonaro au Brésil en 2019 et qui fait qu’aujourd’hui, de la Pologne (Kaczynski) à la Turquie (Erdogan) en passant par la Hongrie (Orban) ou l’Autriche (Kickl), ce sont bien les populistes et les extrémistes qui gouvernent des démocraties.
D’ailleurs, Netanyahu entretient de bonnes relations, voire plus, avec la plupart de ces personnages, en particulier son «ami» Trump (le fait que ce dernier ne trouve rien à redire aux opinions des suprémacistes blancs américains qui éructent des slogans antisémites à longueur de journée ne semble pas troubler Netanyahu, ni son électorat…).
Oui, disions-nous, ils gouvernent des démocraties et c’est cela le plus inquiétant.
Oui, la victoire de Netanyahu comme celle de Trump et d’autres, est une défaite de la démocratie républicaine libérale.
Et c’est une double peine pour les centristes (avec la coalition Blanc bleu menée par Gantz et Lapid) qui ont cru, jusqu’au bout, qu’ils pourraient mettre fin au gouvernement d’un homme dont l’honnêteté doit se trouver au fond des poubelles de la politique politicienne.
De plus, Netanyahu qui prône la guerre et les opérations de police musclées contre tout ce qui ne lui plaît pas, est une menace pour la paix au même titre que les terroristes et les Etats-voyous qu’il dénonce avec raison.
Les Israéliens ont choisi, pourvu que le monde ne s’en morde pas les doigts.

Aris de Hesselin & Alexandre Vatimbella


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