mardi 23 juin 2020

Une Semaine en Centrisme. Ne pas confondre écologistes et écologistes…



Daniel Cohn-Bendit  publiquement regretté que la majorité s’oppose à EELV (Europe écologie les verts) lors du deuxième tour des élections municipales.
Il a ainsi dénoncé ce qu’il qualifie de «folie anti-écolo» de LaREM qui serait, selon lui, «inutile et contre productive», ajoutant, «c’est vraiment idiot de construire un rempart anti-écolo».
On pourrait rétorquer au trublion de la politique dont on ne sait jamais très bien où il se trouve sur l’échiquier partisan – ce qui est loin d’être une qualité quand on fait de la politique – que c’est d’abord EELV qui s’oppose frontalement à la majorité, au Gouvernement et au Président de la république.
Dernier épisode en date, faut-il lui rappeler, les insultes de Julien Bayou, son secrétaire national à l’encontre d’Emmanuel Macron, lequel s’est permis de déclarer à propos d’un possible report des élections régionales évoqué par ce dernier que «c’est une phrase de voyou que Balkany aurait pu penser mais pas prononcer».
Bayou n’en est pas à ses premières insultes et critiques haineuses à l’encontre du chef de l’Etat qu’il accuse de mener le pays «au précipice», le comparant au président brésilien populiste démagogue et extrémiste de droite, Bolsonaro, et n’hésitant pas à dire que «la politique qu'il mène c'est la pire depuis Laval».
Un Bayou qui  également expliqué qu’il voulait que EELV soit une «alternative» à LaREM.
On n’a pas oublié non plus que EELV a, non seulement, défilé avec les gilets jaunes mais que son candidat aux présidentielles de 2017 et eurodéputé, Yannick Jadot, a publiquement appelé «à ce que des gilets jaunes nous rejoignent».
Un Jadot qui n’a pas hésité à accuser Emmanuel Macron de reprendre les «thèmes» et les «propositions» de Marine Le Pen et à affirmer qu’«aujourd'hui, il ne fait pas que souffler sur les braises: il est en train de mettre le feu à notre société» et qu’il «est en train d'organiser la victoire» de l'extrême droite.
Une sénatrice du parti, Esther Benbassa, a même posé en photo avec des personnes, dont une petite fille, portant une étoile jaune lors d’une manifestation contre la soi disant islamophobie du pouvoir en place en faisant explicitement une comparaison de la situation actuelle des musulmans en France avec celle de la shoah et le gazage de millions de juifs par les nazis.
Quand aux alliances pour ces municipales entre LaREM et EELV, Cohn-Bendit a sans doute «oublié» qu’au soir du premier tour, la candidate LaREM à la mairie de Lille, Violette Spillebout, avait tendu la main à Stéphane Baly, le candidat EELV, et que celui-ci avait répondu: «politiquement j’ai un ennemi qui est LaREM».
Avouez qu’il y a sans doute de meilleurs «alliés politiques» que ceux-là pour LaREM, cher monsieur Cohn-Bendit!
Mais la contrevérité la plus flagrante de ses propos, c’est d’affirmer que s’opposer à EELV, c’est s’opposer aux écologistes.
Or, ce n’est pas parce que l’on combat EELV et son positionnement à la gauche de la Gauche ainsi que ses dérives totalitaires (dans les propos mais également dans certaines mesures d’«écologie punitive» prises par les municipalités où ses représentants font partie de l’équipe dirigeante) que l’on n’est pas écologiste, que l’on ne souhaite pas une politique écologiste et qu’en l’espèce, pour LaREM, on ne soutienne pas une politique fortement teintée d’écologie de la part du gouvernement.
Car, il «oublie» également de rappeler que le courant écologique incarné par EELV vient majoritairement de l’extrême-gauche (et un peu de la mouvance libertaire) et s’est toujours positionné contre la démocratie républicaine libérale.
Issus des groupuscules radicaux de mai 68, ses premiers militants voyaient dans l’écologie, tout autant une lutte pour l’environnement qu’un mode de vie et, surtout, un moyen de contester l’ordre démocratique en place.
Le cas n’est pas spécifique à la France mais il a été particulièrement prégnant dans notre pays.
Et après une tentative de se lester de ses idéologues très souvent peu démocrates, EELV est retombée dans une radicalité qui n’est pas sans lien avec un opportunisme de circonstance par l’instrumentalisation de la lutte contre le réchauffement climatique qui devient une arme offensive pour le parti contre la démocratie républicaine libérale.
Cependant, il n’y a jamais eu une homogénéité du mouvement environnemental et écologique français.
Depuis toujours, on trouve des écologistes un peu partout sur l’échiquier partisan, sans oublier de rappeler que les premiers militants défenseurs de la nature se trouvaient souvent à l’extrême-droite, vénérant celle-ci comme faisant partie intégrante de leurs mythes idéologiques.
On comprend bien qu’il n’y a pas de réelle possibilité d’alliance de la part des centristes et des représentants de l’axe central avec un parti qui les combat frontalement depuis 2017 même si l’on trouve, malheureusement, des alliances locales, non pas avec des «écologistes», monsieur Cohn-Bendit, mais, en l’occurrence avec ceux d’une formation de gauche radicale qui défend prioritairement une vision particulière de la lutte pour l’environnement.
Mais cette impossibilité, encore une fois, vient bien d’EELV et non pas de LaREM, remettons les choses à leur place.

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC
Jean-Louis Pommery
Directeur des études du CREC


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