jeudi 25 février 2021

Propos centristes. France – Garantie jeune; covid19; Convention citoyenne sur le climat; Alliance pour le multilatéralisme: investissements étrangers; dette; sectes; proportionnelle; hydrogène…

Voici une sélection, ce 25 février 2021, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.


► Emmanuel Macron (Président de la République)

Longtemps invisible, la précarité menstruelle étudiante est une injustice que nous ne pouvons plus tolérer. Sensibilisés et alertés par les associations, nous avons décidé de mettre à disposition des protections périodiques gratuites dans les CROUS dès les prochaines semaines.

 

Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Jean Castex (Premier ministre)

- [Covid19] Nous vaccinons beaucoup, et surtout, nous vaccinons les bonnes personnes.

- [Covid19] Si la situation poursuit sa dégradation, nous prendrons des mesures renforcées qui entreront en vigueur à compter du week-end du 6 mars.

- Question directe, réponse concrète. Interrogé par un soignant sur la situation de nos hôpitaux, j’annonce l’investissement de plus de 10 milliards d’euros pour nos établissements hospitaliers. Ce plan sera présenté dans les prochains jours.

- [Covid19] Le virus circule toujours activement. Les prochaines semaines seront décisives.

- [Covid19] La campagne vaccinale s'accélère grâce à nos médecins de ville : ils peuvent désormais vacciner les patients de 50 à 64 ans avec comorbidités. Merci pour leur engagement - c'est avec eux que nous pourrons tenir ensemble.

- [Covid19] La situation sanitaire de notre pays s’est dégradée au cours des derniers jours. Après plusieurs mois marqués par un plateau se situant entre 15 000 et 20 000 cas par jour, le virus gagne de nouveau du terrain depuis une semaine.

- [Covid19]

 

Jean-Yves Le Drian (ministre de l'Europe et des Affaires étrangères)

Alliance pour le multilatéralisme: de nouvelles menaces pèsent sur les droits humains. Défis de la révolution numérique: vie privée, liberté d’expression et d’être informé, IA. Dérèglements climatiques: combat pour les plus vulnérables. Notre riposte collective à la crise sanitaire: vaccins, pour un accès universel à ces biens publics mondiaux (initiative ACT-A). Réforme de l’architecture multilatérale de santé: renforcement du rôle de l’OMS & approche "Une seule santé". Des échéances importantes dans les mois à venir: le Forum Génération égalité,le Sommet des 3 COP (poursuivre la mobilisation sur les défis environnementaux & climatiques), le sommet de l’Initiative pour l’information et la démocratie organisé par la France, lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies.

 

Barbara Pompili (ministre de la Transition écologique)

- Un enjeu stratégique pour la France : l'hydrogène décarboné est l'une des clés pour développer des transports et une industrie compatibles avec l'objectif de neutralité carbone.

- [Convention citoyenne sur le climat] D’abord que lorsqu’on veut avoir l’avis de nos concitoyens sur des projets complexes, on peut trouver les moyens de le faire. Beaucoup avaient des doutes sur la manière dont la Convention pourrait fonctionner. Ils ont montré l’image d’une société française capable de se rassembler autour d’un enjeu qui nous touche tous. A certains citoyens qui pourraient se demander «est-ce que notre mission a été remplie ?», je leur réponds à 100 % oui. Ces propositions vont avoir des résultats dans le court, moyen et long terme.

- [Convention citoyenne sur le climat] Nous avons demandé aux citoyens de littéralement changer le monde. Effectivement nous avons beaucoup de propositions. Le risque était de piocher dedans. Nous avons mis en place un tableau de bord public qui permet de montrer de quelle manière nous avons répondu à chacune d’entre elles. Si la réponse est satisfaisante ou non, cela fait partie du débat, mais chaque proposition a eu sa réponse.

- Ce que je veux, c’est que nous engagions notre pays dans la transition écologique, au sens d’une transformation dans le quotidien des gens. L’erreur serait de croire que toutes les réponses sont dans le projet de loi Climat. Ce que veulent les membres de la Convention, et ce que nous voulons aussi, c’est atteindre l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030. La loi est le dernier kilomètre de tout le travail qui a été fait depuis le début du quinquennat, avec les autres lois et le plan de relance.

- Toutes les études, notamment celles du HCC [Haut conseil sur le climat] installé par le président de la République, sont très instructives et nous allons tenir compte d’un certain nombre de leurs propositions. Elles disent que globalement nous avons pris des mesures dans tous les secteurs émetteurs de gaz à effet de serre. Après, des études disent que sur un certain nombre d’aspects, on n’est pas allé au bout, qu’il faudrait peut-être revoir un certain nombre d’échéances et d’objectifs. On verra pendant le débat parlementaire. Sur la rénovation énergétique des logements ou la publicité, il y a des possibilités d’avancer en tenant compte des travaux en cours. Le gouvernement fait sa proposition et derrière, les parlementaires sont là pour enrichir le texte.

- [Convention citoyenne sur le climat] Au début, beaucoup de gens disaient «c’est encore un gadget, ça ne va pas fonctionner». Mais les citoyens ont fait un énorme travail et ils doivent être fiers. Ils sont en train de léguer un héritage démocratique et écologique considérable. Il ne faut pas qu’ils dévalorisent eux-mêmes cet héritage. Ils savaient que leurs propositions seraient retravaillées et feraient l’objet d’un débat parlementaire. Prenons l’exemple du malus au poids des véhicules (que la loi de finance a adouci, NDLR). Quel était l’objectif de la Convention : lancer un signal fort pour prendre conscience de cette dérive des voitures de plus en plus grosses en train d’envahir le marché. Et je peux vous dire, pour avoir eu beaucoup d’échanges avec les acteurs concernés, que le message est très bien passé.

- Il y a toujours ceux qui considèrent que ça va trop vite, que ça peut être dangereux pour tel ou tel secteur de l’économie. Je m’inscris complètement en faux. J’ai pu constater que les entreprises qui s’en sortent le mieux sont celles qui prennent le tournant de l’écologie. Je peux comprendre qu’il puisse y avoir des inquiétudes. Mais on ne laisse personne sans solution : toute personne, toute entreprise, doit pouvoir être accompagnée dans la transition écologique.

- Education, consommation, alimentation : de nombreuses expérimentations font entrer l'écologie dans notre quotidien et seront généralisées avec la loi climat et résilience.

- Pas de protection de la nature sans des femmes et des hommes pour agir sur le terrain. Très heureuse d'annoncer une augmentation des effectifs des parcs nationaux et des parcs naturels marins, conformément aux engagements d'Emmanuel Macron.

- Développer des menus végétariens dans les cantines, c’est agir pour le climat, pour la biodiversité et pour l’équilibre nutritionnel de tous. Bien sûr, en laissant le choix à chacun. C’est le sens du projet de loi Climat et résilience. Je mange moi-même de la viande et cela restera une partie intégrante de notre alimentation, mais nous en défendons une consommation raisonnée, de qualité et locale. L’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre et la déforestation importée liées à l’élevage. Ce que le gouvernement défend, c’est une nouvelle approche de la restauration collective : diminuer la fréquence de viande, c’est aussi faire des économies pour pouvoir acheter de la meilleure viande, locale et de qualité, avec un même budget. Cela passe aussi par la lutte contre le gaspillage. C’est ce que j’ai pu constater cette semaine dans une école en Charente-Maritime. En définitive, les enfants ont accès à des produits de meilleure qualité, de saison et plus locaux. On agit pour l’environnement et pour nos agriculteurs. Tout le monde est gagnant.

- Je défends toutes les avancées pour l’environnement. Soit on agit et on se bat pour y arriver, soit on se décourage, on baisse les bras et on va faire autre chose, on abandonne.

- [Convention citoyenne sur le climat] Les citoyens, que j’ai beaucoup vus et que je continue à beaucoup voir, ont eux-mêmes convenu que leurs propositions nécessitaient d’être adaptées. Certaines ne sont pas en phase avec leurs attentes et ils feront certainement des propositions à leur propos puisqu’ils ont une session fin février. Par ailleurs, une grande partie de leurs mesures n’étaient pas d’ordre législatif, et, donc, ont fait l’objet d’autres traductions réglementaires. Tout est fait en toute transparence. Tout le monde a accès aux tableaux permettant de suivre l’évolution de chaque proposition. Il n’y a pas de coup fourré. Et ça, c’est important. Ce projet de loi opère de belles avancées. Certaines vont nous permettre de baisser les émissions de gaz à effets de serre de manière directe et d’autres vont changer les mentalités. Et changer les mentalités, cela peut faire beaucoup changer les choses. Car quand on n’a pas conscience du problème dans sa vie personnelle, on ne fait pas grand-chose pour le changer. Les citoyens, quand ils sont arrivés à la première session de la Convention, n’avaient pas une connaissance approfondie des enjeux écologiques. L’immense majorité d’entre eux n’avaient pas pris cela en compte dans leur vie quotidienne. Lors de leur première session, ils ont été confrontés à des scientifiques et à des faits. Cela leur a mis une « claque » dans la figure — ils le disent comme cela. Cela les a menés à formuler des propositions très ambitieuses. C’est, pour moi, un des plus gros enseignements de la Convention. Quant à la question du « sans filtre », elle pose aussi des questions démocratiques. Cela sous-entend que les parlementaires n’auraient plus le droit d’amender un texte.

- On a trop fait — moi, y compris — des textes qui affichaient de grands objectifs climatiques, très ambitieux, que l’on n’arrive pas à atteindre parce que, à chaque fois, on se heurte à la réalisation concrète. Cela, je n’en veux plus.

- La complexité du monde est aussi dans cette loi [climat et résilience]. Par exemple, sur la rénovation des logements, qui est un des points non aboutis encore dans la loi : vous pouvez interdire à quelqu’un de vendre son logement, de le louer parce qu’il émet trop de gaz à effet de serre. Mais si cela contraint la personne à faire 50.000 euros de travaux, elle va être découragée, même s’il y a quelques aides. Les gens ne loueront plus. Donc, on fait quoi ? Je préfère la méthode que l’on a mise en place : nous avons lancé une mission, qui va faire des propositions pour que l’on accompagne les gens du début à la fin de leur démarche de rénovation. Pour faire un diagnostic de leur logement, évaluer les travaux nécessaires, conseiller des artisans, calculer le coût et les aides auxquelles ils ont droit et apporter les financements nécessaires. Là, ça fonctionne, parce que vous ne laissez pas les gens tout seuls.

- On ne juge pas une politique climatique à l’aune d’une seule loi. Le gouvernement a mis en place un certain nombre d’outils pour arriver à ces 40 %. C’est absurde de regarder la loi Climat et résilience sans regarder la loi Mobilités, la loi sur l’économie circulaire, la loi énergie-climat sur la fermeture des centrales à charbon et la fin de l’utilisation des énergies fossiles.Il y a aussi le « coup de pouce vélo », une réussite. Personne, y compris nous, n’avait escompté que ce soit un tel succès. Hier, j’étais chez un concessionnaire Renault. Il m’a dit : « On a beaucoup d’achats de voitures électriques. » Pourquoi ? Parce qu’il y a des aides, des bonus, des primes à la conversion. Le plan de relance aussi, ce sont des investissements massifs. C’est tout cet ensemble-là qu’il faut regarder pour juger si on atteint nos objectifs. On a commandé une étude [celle du Boston Consulting Group], qui indique que si l’on applique toutes les mesures prévues dans le projet de loi Climat, ainsi que le reste des politiques du quinquennat, on se donne les moyens d’atteindre l’objectif de moins 40 % de gaz à effet de serre en 2030.

- [Loi climat et résilience] Je n’accepterai aucune baisse d’ambition dans l’examen parlementaire.

- Sur la justice environnementale, une autre loi a été adoptée en décembre. Elle crée un juge pour l’environnement, et cela fait des années que les juristes de l’environnement l’attendaient. Parce que le droit de l’environnement est peu connu et pas suffisamment appliqué. Les juges n’étaient pas assez formés à ces questions, le droit de l’environnement était toujours le parent pauvre quand il y avait des jugements. Désormais, il va y avoir des juges spécialisés sur ce sujet. C’est du concret. Quant au délit de mise en danger de l’environnement, il va s’appliquer plus d’une fois. Par exemple, pour les camions qui passent sur des ponts inadaptés pour gagner du temps, en risquant de faire tomber des matières dangereuses dans les cours d’eau. Ce sera sanctionné. On retrouve dans la loi Climat et résilience quasiment la totalité de ce qui était annoncé.

- On ne peut pas, du jour au lendemain, arrêter l’artificialisation des terres agricoles et naturelles. Donc, ce que l’on inscrit dans la loi, c’est une inversion de cette tendance historique, en fixant un objectif de division par deux du rythme d’artificialisation en France par rapport à la décennie précédente. S’il y a une volonté d’artificialiser, il faudra prouver qu’il n’y a pas d’autres solutions — pas de friches, ou d’autres terrains déjà artificialisés. On est au-delà du moratoire, on change le cadre général. Pour faciliter cela, on a mis en place une cartographie des friches, pour que ce soit plus simple et moins cher d’y construire, plutôt que sur une terre agricole ou naturelle. Et le plan de relance prévoit 300 millions d’euros pour réhabiliter des friches. C’est du concret, pas de la philosophie. Vous ne pouvez pas dire simplement : « On interdit tout. »

- On va voir comment on peut faire vivre un commerce de proximité en parallèle de cette économie du numérique. Interdire aux gens d’acheter sur internet, c’est utopique. Donc, il pourra y avoir de nouveaux entrepôts. Mais doivent-ils être énormes ou plus petits ? Comment fait-on pour en gérer les flux, les nuisances dues aux camions ? Comment réduit-on leur empreinte environnementale ? Voilà les questions.

- Le droit va évoluer. On ne va plus pouvoir faire de l’artificialisation comme auparavant. Mais des autorisations ont été données avant le changement de la loi, on va regarder, et il n’est pas dit que tous les projets se feront. Même une entreprise comme Amazon se rend compte que son modèle d’entrepôt géant en plein milieu des champs pose problème, qu’ils doivent revoir leur modèle, s’adapter.

- Dans quelques années, quand tout cela sera derrière moi, je serai fière parce que les néonicotinoïdes vont disparaître de ce pays, et en immense partie grâce à moi. J’ai fait voter cette loi d’interdiction en 2016 avec les dents, elle est passée à deux voix près dans l’hémicycle — et soit dit en passant, c’était des voix de chasseurs. Il y avait une période transitoire jusqu’en 2020. On a trouvé une solution pour remplacer les néonicotinoïdes quasiment sur toutes les cultures, sauf pour les betteraves. Quand je suis arrivée au ministère [en juillet 2020], je me suis rendu compte qu’il y avait un problème. J’avais deux solutions. Soit j’acceptais qu’on arrête la production de sucre en France à partir de betteraves. Soit on acceptait une dérogation limitée dans le temps pour conserver une industrie sucrière.

- C’est très important que dans une démocratie, il y ait des lanceurs d’alertes et des gens qui titillent le gouvernement, qu’il y ait des oppositions. Après, chacun choisit ses méthodes. Par exemple, j’ai connu les « faucheurs volontaires ». Ils savaient que ce qu’ils faisaient était illégal et assumaient le risque juridique de se faire condamner. D’ailleurs, ils se servaient du tribunal pour expliquer pourquoi ils avaient fait cela. Après, faut-il forcément être dans l’illégalité pour mener un combat politique ou militant ?

- Sur le nucléaire, on a deux choses. D’abord, la PPE [programmation pluriannuelle de l’énergie], qui prévoit qu’en 2035, on passera à 50 % de nucléaire. Cela doit être appliqué. Puis, il faut décider ce qu’on fera à partir de 2035 : baisser la part du nucléaire pour le remplacer progressivement par des renouvelables ? Ou garder une part de nucléaire en construisant de nouveaux réacteurs ? Quand je suis arrivée au ministère — et encore maintenant —, beaucoup m’expliquaient que la première option était impossible. Mais il n’est pas acceptable que la seule solution présente dans le débat public soit de relancer le nucléaire. Quand elle était dans ce bureau, Élisabeth Borne a donc commandé à RTE [Réseau de transport d’électricité] et à l’Agence internationale de l’énergie [AIE] une étude pour savoir si un mix 100 % renouvelables à l’horizon 2050 était possible. Cette étude a été publiée il y a moins d’un mois. C’est la première fois qu’un organisme aussi reconnu que l’Agence Internationale de l’énergie dit : « Oui, sous certaines conditions, c’est techniquement possible. »

 

Bruno Le Maire (ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance)

Nous voulons faire de la filière hydrogène une des grandes forces industrielles du XXIe siècle pour la France et l’Europe. C'est pourquoi nous investissons 7 milliards €, notamment dans le cadre de France relance, pour atteindre cet objectif. (…) La France a tous les atouts pour développer une filière compétitive grâce à nos entreprises à la pointe de l’innovation et à nos chercheurs talentueux.

 

Florence Parly (ministre des Armées)

- Hésiter entre autonomie stratégique et alliance Atlantique, c'est un peu comme demander à un enfant s'il préfère sa mère ou son père.

- Je suis convaincue que l'Europe de la défense est une force qui avance.

- Ce qui se passe au Sahel est une menace de la porte Sud de l'Europe. Ce sujet-là n'est pas au cœur des préoccupations américaines. Il faut bien que quelqu'un s'y intéresse.

 

Gérald Darmanin (ministre de l'Intérieur)

- Oui, on peut être français, musulman et républicain. Toutes les religions sont compatibles avec la République tant que ses pratiquants respectent la loi républicaine.

- Aujourd’hui, nous ne pouvons pas fermer des lieux de culte radicalisés s’ils n’ont pas de lien direct avec le terrorisme. Demain, avec la loi visant à conforter le respect des principes de la République, nous le pourrons !

- Béquilles, armes blanches et barres de fer ne doivent pas être l’équipement d’un enfant de 13 ans. La société n’est pas responsable de tout, ce sont les parents qui ont d’abord un devoir d’autorité.

- Afin d’accompagner la jeunesse de France dans ses études et lui garantir des perspectives d’insertion, le ministère de l’Intérieur s’engage à offrir plus de 10 000 stages, apprentissages et missions de service civique

 

Elisabeth Borne (ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion)

- Les jeunes ne doivent pas désespérer et peuvent avoir confiance : dans les prochains mois, l'économie va repartir. C'est le moment de chercher un emploi ou un job d'été. Notre économie, l'an dernier, avait très bien rebondi pendant l'été et connu la plus forte croissance en Europe.

- [Tribune coécrite avec Ambroise Méjean, délégué général des Jeunes avec Macron: « La réponse à la précarité des jeunes n’est pas le RSA »]
La crise sanitaire et économique que nous traversons touche particulièrement la jeunesse : marché du travail sous tension, isolement, détresse psychologique, précarité… Face à l’urgence, le gouvernement se tient à ses côtés.
Avec 7 milliards d’euros investis, le plan « 1 jeune, 1 solution » est d’une ampleur sans précédent. Avec ses primes à l’embauche et à l’apprentissage, il a permis d’obtenir des résultats inédits malgré la crise. En 2020, la France a dépassé la barre des 500 000 apprentis pour la première fois de son histoire et près de 1,2 million de jeunes de moins de 26 ans ont été embauchés en CDI ou en CDD de plus de trois mois entre août et décembre, soit presque autant qu’en 2018 et 2019 à la même période.
Mais nous devons continuer d’agir contre la précarité qui frappe notre jeunesse. C’est pourquoi nous défendons la généralisation de la « garantie jeunes » plutôt que l’ouverture du RSA aux 18-25 ans.
La raison est profonde. A 20 ans, on souhaite pouvoir tracer le chemin de son avenir. Bien sûr, les aides financières peuvent venir combler certains manques. Mais elles ne sont pas et ne doivent pas être une fin en soi. Aucun jeune en situation de précarité n’aspire à des prestations comme seul horizon. Il souhaite surtout pouvoir trouver une formation ou un emploi pour en sortir. Et c’est cet accompagnement que nous devons à chaque jeune.
La réponse tient-elle dans un RSA jeune ? Nous ne le croyons pas. Car le volet « insertion » qui devait être le pendant de ce revenu de solidarité a disparu. En 2019, plus d’un allocataire sur deux au RSA depuis moins de six mois ne bénéficiait pas d’accompagnement vers l’emploi. Ce n’est pas cet horizon que nous voulons donner à notre jeunesse. Car si le RSA ne joue plus son rôle d’outil d’insertion, il ne peut devenir facteur d’émancipation. Force est de constater que les défenseurs du RSA jeune ferment les yeux sur cette réalité. Pourtant, notre jeunesse demande à s’en sortir durablement, pas qu’on lui permette uniquement de survivre.
C’est pourquoi, à celles et ceux pour qui le RSA jeune est devenu un réflexe pavlovien, nous répondons que nous avons mieux à proposer aux jeunes : la généralisation de la garantie jeunes à toutes celles et ceux qui en ont besoin. Nous sommes convaincus qu’elle permettra de répondre à l’impératif d’offrir un soutien financier pour faire face à l’urgence, tout en proposant un véritable accompagnement humain vers l’emploi, pour permettre aux jeunes de devenir autonomes et de s’en sortir pour de bon.
Car la garantie jeunes, c’est avant tout un accompagnement personnalisé vers l’emploi pour les jeunes de 16 à 25 ans les plus en difficulté et les plus éloignés de l’emploi, et la possibilité concrète de trouver des débouchés professionnels : ateliers CV et entretien d’embauche, stages en entreprise… Mais c’est aussi une allocation pouvant aller jusqu’à près de 500 euros par mois. Soit quasiment la même somme que demandent les partisans du RSA jeune. Et ce sont également des missions locales, ancrées dans nos territoires, présidées par des élus locaux de tous bords, qui la mettent en œuvre. Mais surtout, la garantie jeunes, ça marche : plus d’un bénéficiaire sur trois trouve un emploi à sa sortie du dispositif, et ce chiffre passe à un sur deux au bout de six mois.
C’est pour cela qu’en novembre 2020, à la demande du président de la République, le gouvernement a décidé d’en généraliser le principe à l’ensemble des dispositifs d’insertion du plan « 1 jeune, 1 solution » destinés aux jeunes les plus en difficulté et aux jeunes à la recherche d’un premier emploi. Ainsi, chaque jeune, qu’il soit accompagné par Pôle emploi, l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) ou une mission locale, peut bénéficier d’un accompagnement vers l’emploi et d’une rémunération pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois s’il en a besoin. Près d’un million de solutions de ce genre seront proposées aux jeunes en 2021.
Et parce que nous croyons à ce dispositif, des travaux commenceront dès la fin du mois pour construire, sur cette base, une nouvelle logique d’accompagnement des jeunes vers l’emploi.
Alors pourquoi nos oppositions s’entêtent-elles à refuser cette solution qui marche pour lui préférer un dispositif qui laisserait les jeunes dans la précarité ? Est-ce par pur dogmatisme que le Parti socialiste, qui, rappelons-le, avait imaginé la garantie jeunes, lui préfère aujourd’hui une solution qui ne fonctionnerait pas ?
Cette opposition de principe ne doit pas faire oublier la réalité. La garantie jeunes marche et touche chaque jour plus de jeunes. Là où ils n’ont été que 372 000 à en bénéficier entre 2013 et 2019, ils seront 200 000 rien qu’en 2021.
Depuis 2017, notre action est guidée par un objectif : permettre l’émancipation de chacune et chacun. Celle que permet d’abord l’école, puis le travail. C’est parce que nous voulons donner à chaque jeune la possibilité de choisir sa vie que nous ne pouvons nous résoudre de proposer à notre jeunesse une simple allocation comme perspective.
En disant non au RSA jeune, nous disons oui à l’accompagnement vers l’emploi, oui à la rémunération quand elle est nécessaire, oui au projet d’une garantie jeunes universelle !

 

Julien Denormandie (ministre de l'Agriculture et de l'alimentation)

- Je m'inscris totalement en opposition de ce cliché visant à dire que l'agriculture et l'environnement ne sont pas conciliables.

- Les agriculteurs sont ces entrepreneurs du vivant qui ont toujours répondu présents pour remplir la plus noble des missions : nourrir le peuple français, tout en répondant aux défis de leur temps.

 

Franck Riester (ministre chargé du commerce extérieur et de l'attractivité)

 - [Les investissements étrangers, une priorité?]Plus que jamais ! Les investissements étrangers, c’est de la croissance, ce sont 2 millions d’emplois partout en France, ce sont des entreprises qui contribuent au dynamisme de nos régions, c’est une richesse dont nous avons besoin pour accélérer la relance de notre économie. Autour du président de la République, nous sommes déterminés pour rééditer la performance de 2019, que vous évoquiez. C’est le sens de la stratégie Choose France, que nous portons depuis trois ans pour montrer la France et ses territoires tels qu’ils sont : compétitifs, innovants et attractifs.

- [Investissements étranger] La recette, nous la connaissons, nous l’appliquons depuis 2017, et elle fonctionne. Nous rendons le site France plus compétitif, en baissant les impôts des entreprises et des particuliers et en dynamisant le marché du travail. Le cap est bon, nous le maintiendrons : c’est notamment l’objet de la baisse inédite et pérenne des impôts de production que nous avons engagée dès le 1er janvier 2021. Avec France Relance, nous faisons le choix d’investir massivement dans tous les secteurs d’avenir pour augmenter notre compétitivité. Nous continuerons également à simplifier les démarches des entreprises, comme avec la loi ASAP (Accélération et simplification de l’action publique) votée il y a quelques semaines.

- Il n’y pas d’opposition entre attractivité et souveraineté. Toutes les entreprises étrangères sont les bienvenues dès lors qu’elles s’inscrivent dans le cadre, clair et connu de tous, que nous avons mis en place pour protéger nos intérêts stratégiques. Jacques Delors disait de l’Europe qu’elle devait être “ ouverte, pas offerte ”. Il en va de même pour la France.

- L’une des leçons que nous pouvons tirer de cette année 2020 pourtant si difficile pour notre commerce extérieur : même dans la tempête, notre agriculture exporte ! Les produits de nos terroirs sont reconnus, demandés et recherchés à l’international. Le contentieux tarifaire entre les États-Unis et l’Europe dans l’affaire Airbus-Boeing, qui pénalise particulièrement les vins et spiritueux, ne doit pas remettre en cause ce modèle qui fonctionne. Avec nos partenaires européens, nous sommes totalement mobilisés aux côtés de nos producteurs pour obtenir le retrait des surtaxes américaines et pour les aider à conquérir de nouveaux marchés.

- Je crois que nos outils de soutien aux exportations des PME et ETI sont adaptés et agiles. Avec la Team France Export, nous disposons d’une organisation efficace qui fédère l’ensemble des partenaires sous la houlette des Régions. Cette organisation s’appuie sur l’expertise d’acteurs bien connus des entreprises : Business France, Bpifrance, CCI France et tous leurs partenaires privés. J’ajoute que, depuis octobre 2020, nous n’avons cessé d’enrichir les mesures destinées à accompagner nos entreprises au titre du volet export de France Relance, qui mobilise 250 millions d’euros.

 

Agnès Pannier-Runacher (ministre chargée de l'Industrie)

- Lors du Conseil Compétitivité avec les 27 ministres européens de l’industrie, je plaide pour un agenda commun ambitieux pour la relance. J’insiste sur la nécessité de mettre en place une stratégie industrielle européenne dans les secteurs critiques pour renforcer notre autonomie. Je confirme au Commissaire Thierry Breton le total engagement de la France pour aider à produire plus de vaccins, augmenter notre production et élargir cette approche à d’autres produits essentiels à la santé de nos concitoyens. Unis, nous serons plus forts face à la crise et pour la relance.

- Nous sommes face à un défi industriel inédit pour pouvoir vacciner la planète entière. La pression sur les capacités de production comme sur chacun des composants du vaccin est incroyablement forte. La mobilisation de la France et de l’Europe est totale pour fabriquer des milliards de vaccins.

- Nous avons pour objectif de vacciner 15 millions de personnes vulnérables d'ici fin juin, et nous recevons le bon nombre de doses de vaccins par rapport à ce calendrier vaccinal. L'enjeu aujourd'hui, c'est de produire davantage de vaccins pour répondre à la forte demande.

- [Hydrogène] Nous investissons 7 milliards € dans cette filière pour décarboner les transports et les processus industriels.

- [Hydrogène] Après le lancement de la stratégie nationale, notre dynamique industrielle est forte et de nombreux projets sont déjà soutenus par France relance!

- Je n'ai aucune complaisance par rapport à l'islamisme politique. Posons un diagnostic, assumons, ne regardons pas à côté mais ne soyons pas hystérique autour de ce sujet.

- [Menus sans viande dans les cantines scolaires] Si c'est une mesure sanitaire et provisoire, pourquoi pas. S'il y a de l'idéologie derrière, je suis plus mal à l'aise.

 

Marlène Schiappa (ministre chargée de la Citoyenneté)

- Je n’ai absolument jamais dit que le pays allait « sombrer dans le chaos » ou prédit un « cataclysme » contrairement à ce qui est affirmé de façon grotesque et sans aucune vérification par différents titres de presse. Ce que j’ai bien dit c’est qu’il faudra avoir une vigilance accrue dans l’avenir face aux phénomènes de décompensation, bien connus des psychologues, qui surviennent toujours après des épreuves collectives comme celle que nous vivons actuellement. Déformer des propos et mettre entre guillemets des mots jamais prononcés pour les attribuer à quelqu’un, c’est un procédé aussi préjudiciable et trompeur que celui des «proches anonymes.» Être vigilant, anticiper c’est le travail du gouvernement. C’est ce à quoi je m’emploie. Il est loisible à chacun de vérifier ses sources en dehors de « l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours »; des déformations ou incompréhensions; ou des mauvaises intentions. Aucune « angoisse » donc; simplement une vigilance et une mobilisation autour du souhait commun que nous puissions au plus vite et au mieux sortir de cette épreuve, comme tout le monde.

- [Mission d’étude sur l’émergence de nouveaux groupes sectaires] Le président de la République a souhaité que la lutte contre les dérives sectaires soit portée politiquement par un ministre, en l’occurrence moi. Depuis mon arrivée, j’ai dialogué avec des experts et lu les enquêtes de journalistes dont je salue le travail : sur l’Eglise de Philadelphie qui aurait été créée par la mère de Xavier Dupont de Ligonnès, sur la Famille, cette secte endogame à Paris… J’ai demandé à la police, à la gendarmerie et à la Mission interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives sectaires (Miviludes) d’établir un état des lieux. Il montre que les sectes, aujourd’hui, ce n’est plus ou plus seulement Charles Manson, l’Eglise de Scientologie ou le Temple solaire, mais beaucoup de petits groupes. On en dénombre 500 en France, soit 140 000 personnes dont 90 000 enfants et adolescents. Cela concerne toutes les classes sociales. Les femmes, plus souvent en situation de précarité ou victimes de prédations sexuelles, sont particulièrement touchées.

- [Sectes] Sur la seule année 2020, la Miviludes a reçu 3 000 signalements, dont 700 ont été évalués comme sérieux : 40 % concernent des questions de santé, de bien-être ou de médecine alternative ; 25 %, des mouvements religieux, avec un regain des courants apocalyptiques… Parmi les nouvelles tendances, on peut citer les stages de jeûne extrême, comme ceux prescrits par l’Australienne Ellen Greve qui considère qu’à un certain stade on peut se nourrir uniquement d’air et de lumière – cela a fait l’objet de trois signalements en France. Une personnalité a fait l’objet à elle seule de 600 saisines. C’est Thierry Casasnovas, un théoricien du crudivorisme (consistant à se nourrir uniquement d’aliments crus), qui diffuse des thèses complotistes et a une large audience sur les réseaux sociaux. Il fait l’objet d’une enquête pour mise en danger de la vie d’autrui. Tous ces pseudothérapeutes se fondent sur trois idées principales : l’approche médicale ne prend pas en compte l’humain dans son ensemble ; la santé publique est sous l’influence de l’industrie pharmaceutique ; toutes les solutions sont à trouver dans la nature ou en soi… Ces idées peuvent se discuter, mais ils les détournent à des fins malveillantes. On voit aussi des stages survivalistes se développer autour de l’idée de la collapsologie, de l’effondrement imminent de la planète. L’homme qui a tué trois gendarmes dans le Puy-de-Dôme était dans cette mouvance, par exemple.

- [Dérives sectaires] On considère qu’elles reposent sur trois piliers : une idéologie, un gourou et un phénomène de sujétion psychologique, d’emprise. Mais on ne poursuit pas quelqu’un uniquement pour adhésion à une secte. On ne le fait que quand il y a également des délits connexes – abus de faiblesse, extorsion de fonds, mise en danger de la vie d’autrui…

- [pandémie de covid19] C’est une période de quête de sens. Pour des personnes fragiles, seules, avec des problèmes psychiatriques ou d’alcoolisme, la pandémie et en particulier le confinement ont matérialisé des angoisses. On a vu des gourous expliquer que la 5G serait à l’origine du virus et qu’il faut refuser la vaccination. Une vingtaine de procédures judiciaires ont été engagées contre des personnes qui ont profité de cette crise pour développer en France une emprise sectaire.

- [QAnon] On voit ce mouvement apparaître en France depuis deux ans. Le groupe Facebook QAnon France comptait 30 000 membres à sa suppression. Dans les boucles de messages, on peut lire que le gouvernement veut légaliser la pédophilie ou dissimuler des puces dans les vaccins. Comme l’a dit Tristan Mendès France, spécialiste du complotisme, la communauté QAnon a crû au même rythme que le taux d’infection pendant la crise sanitaire. Ce sont les mêmes ressorts qu’aux Etats-Unis : la diffusion de fausses informations, la défiance constante envers l’Etat, celle qu’on a pu constater aussi dans des groupes radicalisés ayant cherché à s’infiltrer dans les « gilets jaunes »… Mais je ne parle pas de ceux qui ont enfilé leur gilet sur un rond-point pour protester contre les taxes et n’avaient rien à voir avec ces phénomènes !

- Les réseaux sociaux ont bouleversé le paysage sectaire. Des personnalités fragiles ou isolées sont recrutées par le biais de Facebook ou de vidéos sur YouTube, par des gourous devenus des experts en marketing. Une fois happées, ces personnes sont incitées à communiquer sur des messageries privées. Nous avons ainsi eu plusieurs plaintes d’enfants désemparés parce que leurs parents se désocialisent, perdent le contact avec le réel et donnent leur argent…

- L’enquiers [sur les sectes] constate une surreprésentation des départements ruraux, ceux de la « diagonale du vide ». Quand il y a moins de services publics, quand on est dans un désert médical, on se tourne plus facilement vers des offres alternatives pour se soigner. Il y a par ailleurs une plus grande facilité à créer des communautés en marge dans des projets de « retour à la terre » – même si tous ne relèvent pas, heureusement, de telles dérives. Nous voyons aussi une expansion des mouvements sectaires en outre-mer, concomitant de la baisse de fréquentation des Eglises catholiques.

- J'ai demandé aux préfets d'être vigilants et de signaler à la justice les dérives sectaires qu'ils peuvent voir sur le terrain.

- [QAnon] C'est considéré comme une dérive sectaire. On ne peut pas appeler à passer à la violence.

- La dérive sectaire n'épargne aucune classe sociale. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, est placée sous mon autorité au ministère de l'Intérieur et nous la renforçons.

- Il y a trois types de sectes : paramédicales, religieuses et complotistes à l'extrême.

 

Brigitte Klinkert (ministre chargée de l'Insertion)

- [Plan d’aide à l’inclusion] Dans une crise économique et sanitaire sans précédent, les entreprises classiques souffrent mais les entreprises de l’inclusion et les personnes en fragilité sont parmi les plus exposées. 320 millions d’euros ont donc été débloqués pour soutenir l’inclusion dans le cadre du plan France Relance. Dans un premier temps, cette aide a permis aux 5000 structures d’insertion par l’activité économique et aux entreprises adaptées de traverser la crise et de poursuivre leur activité. Les emplois de 180.000 salariés en insertion ou en situation de handicap ont ainsi été protégés. Il faut souligner le rôle de ces structures de l’insertion, qui accompagnent de manière plus globale les personnes, leur redonnent confiance, les aident à reprendre des habitudes de travail. L’objectif est de prendre par la main chaque personne en fragilité, très éloignée de l’emploi, et d’essayer de la ramener vers une activité. C’est cette activité qui transforme leur vie. Il ne faut pas oublier que, derrière ces chiffres, il y a des personnes qui retrouvent une place dans la société. J’en ai rencontré beaucoup ces derniers mois, dont les histoires m’ont bouleversée. Au musée maritime de Rouen, j’ai ainsi rencontré Céline, une jeune femme qui avait totalement perdu confiance en elle. Employée dans l’animation auprès des enfants, elle m’a confié qu’elle avait retrouvé foi dans l’avenir. (…) Cet automne, un appel à projets a été lancé pour permettre la transformation et le développement de ces entreprises et si possible de leur permettre de créer de nouveaux emplois. Fin janvier, 3500 projets ont été retenus sur tout le territoire. Associations, moyennes ou petites entreprises qui œuvrent pour l’inclusion recevront une aide d’un montant total de 164 millions d’euros. Ces projets vont conduire à la création de 40.000 postes, dont 27.000 assurés dès 2021. Ces aides pourraient se prolonger dans le temps car certaines structures n’ont pas eu le temps de candidater. Mon objectif serait d’arriver à la création de 60 000 postes.

- Aujourd’hui, il y a des opportunités majeures dans certains secteurs comme l’aide et le soin à la personne, la transition numérique et la transition écologique, qui permettent de développer des activités nouvelles et donc de créer des emplois. Dans le cadre de l’appel à projet, on trouve aussi bien une entreprise en Meurthe-et-Moselle qui a créé 30 postes dans le recyclage de fenêtres qu’un consortium qui réunit plusieurs dizaines de structures d’insertion à travers le pays pour relocaliser en France une activité de production textile.

- L’objectif est de couvrir l’ensemble des territoires, y compris les territoires ruraux où le manque de mobilité constitue un des principaux freins à l’insertion. C’est pourquoi nous allons mettre en place dans les prochaines semaines des dispositifs pour favoriser la mobilité solidaire. Cela pourrait passer par des aides au permis de conduire, pour acquérir une voiture ou encore un soutien à des garages solidaires qui mettent des véhicules à disposition.

- Cette crise inédite peut nous permettre d’aller vers une société plus inclusive. Ces derniers mois, nous avons été obligés de nous réinventer, de revoir nos méthodes d’organisation, de production et de repenser la valeur accordée à chaque activité. Des initiatives de recrutement, de partage, s’imposent à nous. Une solidarité s’est mise en place et nous entraîne à ne plus fonctionner tout à fait comme avant.

 

Clément Beaune (secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes)

- Il y a 10 ans, lors de la crise économique, l’Europe a agi trop tard. Face à la crise de la covid19, nous avons démontré que l’Europe était capable d'agir plus vite et plus fort. 

- [Covid19] On dit que 25% de la population britannique a été vaccinée, ce n’est pas exact. Quand on regarde le nombre de personnes qui ont une vaccination complète, c’est-à-dire 2 doses, le Royaume Uni est derrière de nombreux pays européens.

- Je me bats au quotidien pour que la frontière avec l’Allemagne ne soit pas fermée : nous travaillons ensemble au renforcement des mesures sanitaires, pour permettre aux travailleurs frontaliers de continuer à travailler.

 

Sarah El Hairy (secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de l’Engagement)

Toutes les jeunesses ne sont pas armées de la même manière et n'ont pas les mêmes besoins face aux conséquences de la crise sanitaire. C’est pour cela que nous multiplions les réponses et mettons en place de nombreux dispositifs à retrouver.

 

Adrien Taquet (secrétaire d’Etat chargé de l’Enfance et des Familles)

Lancement de l'opération Réussite connectée pour lutter contre la fracture numérique et le décrochage scolaire des jeunes confiés à l'Aide sociale à l’enfance. Une initiative inédite pour donner à tous les enfants les mêmes chances de réussite

 

Assemblée nationale

Richard Ferrand (président)

Provocations, insultes, injures et menaces n’ont pas leur place dans la vie démocratique, fondée sur le débat et non sur l’invective. Les expressions de haine et de diffamation relèvent de la justice. Les attaques contre la députée Aurore Bergé sont intolérables.

 

► Haut Commissariat au Plan

François Bayrou (Commissaire, président du Mouvement démocrate)

- Il me semble que la ligne du gouvernement est assez claire. Au fond, on sent bien que le Président de la République a choisi de ne pas reconfiner aussi longtemps que cela sera possible. Naturellement, les yeux du gouvernement et des responsables sont fixés sur l'épidémie, sur ce qui se passe, sur l'aggravation, parfois petite aggravation, parfois importante aggravation que l'on observe dans les départements français et je crois que le gouvernement est prêt à prendre des mesures ciblées, locales, pour ralentir, freiner autant que possible la propagation. Par département ou métropole, ou zone urbaine. C'est à voir. Je trouve que la ligne de la souplesse en face des réalités locales, en face de la réalité de l'épidémie, de la transmission du virus comme elle est observée, est une bonne et juste ligne. (…) Vous avez observé que, le ministre de la Santé vient de le dire à l'instant, l’on a connu des semaines de répit et c'était bien. J'ai trouvé que le choix du Président de la République était respectueux de cette attente que les Français ont de pouvoir tout de même conserver une vie en commun, on ne peut pas mettre tout un pays sous cloche in æternam. (…) Vous voyez bien que tout le monde conserve cette arme s'il le fallait, mais si on peut l'éviter, c'est mieux. Pensez aux enfants et pensez aux étudiants, pensez à tous ceux qui ont besoin d'aller travailler. Pour tous ceux-là, il faut maintenir cette possibilité de rencontre qui fait la vie d'un pays.

- 5Covid19] J'ai beaucoup de compréhension à l'égard de ceux qui ont la responsabilité entre les mains car personne ne peut dire que c'est facile et personne ne peut dire que, où que ce soit dans le monde, on a trouvé la réponse. (…° Cela va très vite. Le virus mute, il y a des variants comme vous dites qui viennent peu à peu compliquer l’épidémie.

- [Covid19] e pense que la seule issue c'est la vaccination et je l'ai défendu à votre micro suffisamment souvent. C'est la seule issue possible et, deux, pour l'instant, ce qui freine la vaccination, c'est uniquement la production de doses de vaccin. Mais si dans quelques semaines ou quelques mois, ce problème va être réglé. On est en train d'installer à Pau en particulier une unité de production de vaccin qui va produire un million de doses par semaine et, chaque flacon, c'est 20 doses de vaccin.

- On ne va pas nationaliser les vaccins en pensant que c'est bien qu’on les ait nous et les autres pas. Tout cela est une œuvre de solidarité à l’intérieur de la société française et entre les sociétés européennes et même entre les pays du monde.

- Est-ce que vous avez observé combien la France a rattrapé ce que l'on appelait son retard en vaccination ? En six semaines.

- [Favorable à un passeport vaccinal] Je l'ai toujours été alors, je ne sais pas si c'est le bon terme. (…) Un certificat de vaccination.(…) Je pense à la société française, je pense aux salles de spectacle, à la culture, aux universités, à tout ce qui touche à l'école et à la jeunesse et à la possibilité pour les plus âgés de ressortir sans crainte, tout cela dépend de la vaccination et je cite toujours en exemple le fait qu'en France, même pour aller en Guyane qui est la France, on a besoin d'une vaccination contre la fièvre jaune et, si vous n'avez pas la carte de vaccination, vous n'entrez pas en Guyane. Personne ne s'en plaint et chaque bébé français reçoit je ne sais pas combien 10, 11 vaccinations. (…)C'est comme cela que l'on a fait reculer des maladies terrifiantes comme la poliomyélite.

- Il y a une très grande inquiétude des Français sur la dette ; inquiétude parce qu’incompréhension. Au fond, les Français disent, et à moi en particulier en raison des combats que j'ai menés sur ce sujet : vous nous avez expliqué pendant des années que l'on n'avait pas d'argent et tout d'un coup vous en trouvez comme vous en avez trouvé il y a douze ans sur une autre crise financière. Et je pense très important que l'on essaie de fixer avec les Français, c'est la proposition que je fais, une méthode pour prendre en charge cette dette. (…) Premièrement, c'est une réponse d'urgence, je dis une réponse de guerre, qu'il fallait apporter, car nous étions devant une menace de mort. C'était une question de vie ou de mort pour la société française. C'est comme dans une guerre. Quand il y a une guerre, vous ne faites pas des comptes, vous achetez tout le matériel qu'il faut, toutes les armes qu'il faut, vous équipez les forces armées pour repousser l'envahisseur et sauver le pays. C'est ce que l'on a fait. On a dépensé quelque chose comme, 90 milliards disent les chiffres officiels, 86 je crois exactement en 2020 pour faire face, pour aider les commerçants à traverser cette crise, les industriels à traverser cette crise, prendre en charge des salaires, des charges sociales proposées des emprunts. C'est l'enveloppe. Aujourd'hui, deux mois après, on a sans doute dépensé encore une vingtaine de milliards, quelque chose comme cela. On est donc au-dessus des 100-110 milliards. On va dépenser encore au moins autant jusqu'à la sortie de la crise à mon appréciation, un peu plus de 200 milliards. C'est naturellement une estimation. C'est la première chose. La guerre qu'il a fallu faire dans cette situation où notre vie était menacée. Deuxième obligation que je propose de mettre au même niveau sur l'agenda. On a découvert pendant cette crise à quel point la France, il y en avait qui le disait depuis longtemps, était désarmée dans un certain nombre de secteurs. On a failli manquer de produits pharmaceutiques. On voit aujourd'hui les difficultés avec le vaccin ; il y a des branches entières de l'industrie qui sont atteintes et il y a surtout, en France, une absence sur des marchés essentiels de notre vie nationale de tous les jours qui fait que, par exemple, nous avons un déficit du commerce extérieur qui fait peur : 70-75 milliards de déficit du commerce extérieur alors que les Allemands ont un excédent de 200 milliards et que d'autres pays sont au moins à l'équilibre. Il n'est pas possible pour moi d'accepter cette situation.

- Nous devons nous fixer comme impératif, et je ne dis pas seulement comme objectif, de reconquérir la capacité de l'appareil productif français. (…) Pour moi c'est un plan Marshall. Nous avons eu une guerre et il faut assumer la charge de cette guerre contre le virus. Nous avons besoin aujourd'hui d'un Plan Marshall pour reconstruire et je considère qu’il faut 10 ans. Pourquoi ? Parce qu’il y a une chose qu'il ne faut pas perdre de vue et avoir à l'esprit tous les jours c'est que nous avons en France le contrat social le plus généreux de tous les pays du monde, au moins aussi généreux qu'aucun des pays du monde. Aussi, quand on a le contrat social le plus généreux, il faut alors avoir l’appareil productif pour soutenir ce contrat social qui est payé par les impôts et les cotisations sociales. S'il n'y a pas d'activité, on est mort !

- [Financer ce Plan Marshall] Nous pouvons emprunter, car qu’aujourd’hui l'emprunt dans des pays comme le nôtre, grâce à la BCE est à 0 %. Il n'y a pas de génération qui avant nous, ait eu cette chance incroyable de pouvoir se reconstruire en empruntant en 0 %. À condition que l'emprunt soit pour l'investissement. Il y a quelque chose dans lequel on s’est laissé entraîner, c’est une espèce de chute de l'esprit de responsabilité que l'on a vécu pendant des décennies en France.
L'emprunt est justifié quand il faut investir, préparer l'avenir, préparer notre économie et préparer nos investissements. En revanche, l'emprunt n'est pas justifié, quand on veut faire payer à l'emprunt nos dépenses courantes.

- Oui il faut des plans audacieux, parce que nous ne pouvons pas laisser la France dans la situation où elle est. Ce n'est pas d'aujourd'hui que je dis cela, vous le savez bien. J'ai fait une campagne présidentielle entière sur le thème du "produire en France" et on n'a rien fait. On a laissé peu à peu partir les productions. Or on est aujourd'hui à un moment absolument clef parce que les modes de production sont en train de changer partout dans le monde. (…) Je mets la reconquête de tous les secteurs ou des secteurs dans lesquels nous sommes absents par négligence, si j'ose dire.

- Proportionnelle] À mon avis on devrait être désespérés de voir le décrochage entre les pouvoirs, le sommet de la pyramide ou ceux qui se croient au sommet de la pyramide : les institutions, le parlement, le gouvernement. Le décrochage entre ce sommet-là et la base des citoyens du pays qui ne s'y reconnaissent pas et ne participent plus aux élections et se détournent de tout cela. On devrait être obsédé par le fait d'en chercher les causes. Quelle est la cause première ? La cause première est qu'ils ne se sentent pas représentés. Il y a des dizaines de millions de Français qui ont des opinions politiques, sont peut-être en désaccord assez fortement avec ces opinions ; ils ont des opinions politiques et n'ont pas de représentation dans les institutions. Cela veut dire une crise démocratique assurée et garantie. Ma proposition est toute simple : les Français sont égaux devant la représentation et seront tous représentés au parlement, qu'ils soient des partis majoritaires ou des partis minoritaires.

- [Proportionnelle] Il peut y avoir des élus d'extrême-droite ou d'extrême-gauche ou écologiste nombreux ou du centre que s'il y a des électeurs et ceux que l'on représente, ce ne sont pas les parties, ce sont les électeurs. Ce sont ceux qui en conscience, parfois douloureusement chez eux, disent : « mais moi je voudrais que cela change » or aujourd'hui on ne représente que les majorités. Je suis en confrontation avec Marine Le Pen depuis longtemps qui a été au deuxième tour de l'élection présidentielle et a fait 35 % des voix. Elle est revenue avec 1 % des sièges à l’Assemblée Nationale : est-ce que vous trouvez que c'est normal ? Et ce n’est pas qu’elle. Les premiers signataires de la lettre que j'ai proposée que nous envoyions tous au chef de l'État, ce sont les écologistes. Pourquoi ? C'est un courant qui n'a pas la représentation à la hauteur de ce qu'il est.

- [Proportionnelle] Je sais avec certitude qu'en 2022 cela doit être une nouvelle étape qui s’ouvre et pas la poursuite inchangée de l'étape précédente. Je le dis comme citoyen et je suis sûr que le Président de la République investit des responsabilités qui sont les siennes, et avec une conscience aiguë de tout cela. Vous rappeliez qu'en effet c'était déjà le thème de sa campagne de 2017 et c'est la raison pour laquelle, je prends les engagements qui ont été les siens au sérieux. Je suis certain que c'est le moyen de faire changer les choses par exemple le rapport entre le gouvernement et le parlement. Vous avez vu que des responsables y compris LR ont signé cette proposition. Je pense à Gérard Longuet par exemple en disant c'est le seul moyen de changer les rapports entre ceux qui gouvernent et ceux qui représentent les Français.

 

► Partis politiques

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]

Aurore Bergé (présidente déléguée du groupe à l’Assemblée nationale)

- J'ai rejoint En marche! pour un combat clair : celui de l'émancipation. Refuser d'assigner à résidence nos concitoyens, refuser que les territoires nous prédestinent, refuser une lecture racialiste de notre société.

- On ne fait pas de pari avec la situation sanitaire. Elle est tendue dans l'ensemble du pays et nous faisons tout pour éviter un reconfinement généralisé coûteux humainement, socialement et économiquement.

- Poursuite des auditions à l’Assemblée Nationale sur le projet de loi climat et résilience. Les filières media, communication et affichage extérieur s'engagent clairement. Trajectoire carbone en 2030, neutralité carbone, régulation renforcée et gouvernance ouverte.

- [Islamo-gauchisme] La ministre a tenu des propos très clairs au regard d’une situation qui existe (…) Les Français lui donnent raison d’une manière très nette.

 

● Mouvement radical

Laurent Hénart (président)

- [Covid19] Au lieu de colmater des brèches au coup par coup, ayons une stratégie globale et de long terme avec un passeport sanitaire européen comme je le propose depuis décembre.

- L’éducation a besoin de l’ordre républicain. Le défaut du système c’est l'égalitarisme à tout prix. Il faut assembler des compétences autour des enfants qui en ont vraiment besoin.

- A l'époque avec Jean-Louis Borloo, quand nous travaillions sur la rénovation urbaine, nous avions imaginé des internats de réussite éducative. Il faut de l'ordre républicain, mais aussi de la transmission des valeurs. Il faut des outils adaptés autour de l'école. Pour la sécurité, le tribunal est aussi important que l'école ou l'école aussi importante que le tribunal.

 

► Autres

● Organisations centristes
Renaissance
(Députés français du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen)

 

Nathalie Loiseau

- On attend toujours la réaction de Jean-Luc Mélenchon et des euro députés LFI à l’expulsion de l’ambassadrice européenne au Venezuela. C’est curieux comme les vraies dictatures, ils ont du mal à les voir...

- En 2 ans, le taux de natalité au Xinjiang a été divisé par 2. La baisse est sans doute encore plus forte pour les Ouighours qui y représentent la moitié de la population. Même une guerre n’entraîne pas de telles conséquences. Au Xinjiang un peuple est menacé d’extinction. Mais Pekin continue à rejeter les accusations de stérilisations forcées.

- Le Qatar doit faire, et vite, toute la lumière sur les conditions de travail des ouvriers employés sur le chantier du Mondial et vite. Ne fermons pas les yeux. 6 500 travailleurs ont trouvé la mort au Qatar sur les chantiers de la Coupe du monde 2022.

- J’ignorais qu’il suffisait d’une campagne de harcèlement de Russia Today pour faire plier Amnesty International et le conduire à décider qu’Alexei Navalny ne serait plus un prisonnier de conscience. Kremlin : 1 Défense des droits de l’homme : 0. Révoltant.

 

Christophe Grudler

- Les technologies spatiales sont aujourd’hui indispensables dans nos vies. Des agriculteurs pour observer l’état de leurs champs, aux pompiers pour visualiser une zone sinistrée, mais également pour le voyageur pour l’aider à trouver son chemin : nous utilisons tous les jours des données produites par des satellites européens. C’est pourquoi je suis convaincu que l’Union Européenne doit continuer à investir dans ce secteur, et notamment pour assurer notre indépendance européenne face à des technologies chinoises, américaines ou russes. Avoir une véritable stratégie spatiale européenne nous permet de mettre en cohérence la diversité des opportunités de cette politique spatiale : des satellites d’observation et de télécommunications, aux programmes d’exploration, en passant par les vols habités.  De plus, cette stratégie européenne a pour vocation d’unir les forces de l’ensemble des acteurs qui font l’Europe du spatial : de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), aux agences spatiales nationales (comme le CNES en France), aux agences européennes (comme EUSPA, l’Agence européenne pour le programme spatial), et bien évidemment les entreprises et les centres de recherche spécialisés sur le spatial.

- Nous sommes parvenus, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à un accord sur le Règlement établissant le programme spatial européen. En tant que rapporteur pour mon groupe Renew Europe, je me félicite de cette victoire, car ce texte permet de tracer les grandes orientations du spatial européen pour les prochaines années. En parallèle, nous avons réussi à obtenir, dans le cadre des négociations sur le budget de l’Union Européenne, une enveloppe de 14,8 milliards pour ce programme, soit presque 4 milliards supplémentaires par rapport à la période précédente. C’est un immense progrès ! Si l’on pousse la réflexion et qu’on entre un peu dans les détails, ce règlement renforce les programmes phares de l’UE : Copernicus pour l’observation de la Terre, Galileo et EGNOS pour le positionnement par satellite (le « GPS européen »), GovSatCom pour les télécommunications sécurisées, ou le programme de surveillance de l'espace (SSA) pour suivre les débris spatiaux. Cette feuille de route permettra de développer des services spatiaux toujours plus utiles pour nos concitoyens, en mettant l’accent sur l’innovation.  L’innovation est évidemment un enjeu essentiel pour renforcer la place de l’Union Européenne dans la course à l’espace. C’est grâce à elle que nous pourrons par exemple mettre en œuvre la constellation européenne de satellites quantiques, un projet qui me tient particulièrement à cœur et qui permettra de rendre nos télécommunications européennes plus sécurisées. - L’Agence Spatiale Européenne (ESA en anglais) est une agence internationale basée à Paris, qui ne dépend pas de l’Union Européenne, mais avec laquelle les institutions européennes collaborent étroitement, car elle est un acteur majeur de la politique spatiale européenne pour tout ce qui est recherche et innovation. La majorité des programmes spatiaux européens sont développés en collaboration entre l’ESA et l’Union Européenne. L’ESA met en œuvre plusieurs volets de notre politique spatiale : l’observation de la Terre, le suivi des lanceurs européens, ou encore la conduite de missions scientifiques d’observation. Par ailleurs, il faut noter que le nouveau règlement spatial prévoit la mise en place d’une Agence européenne du programme spatial (EUSPA, basée à Prague). Celle-ci remplacera l’ancienne agence « GSA », et sera chargée de coordonner certains programmes financés par l’Union Européenne, notamment les plus sensibles comme les télécommunications sécurisées. Ainsi, l’Europe du spatial s’est construite sur la coopération entre l’ESA, les agences de l’Union Européenne, et les agences des États membres. Et cette coopération est notre force !

- Je ne crois pas que l’Union Européenne soit véritablement à la traîne. Si l’on prend les compétences et des technologies spatiales, l’Europe est à la pointe !  Nous disposons de certains des meilleurs ingénieurs, chercheurs et techniciens dans le domaine spatial. Notre savoir-faire en termes de lanceurs et de satellites est exceptionnel, et l’Europe vend ses technologies à travers le monde entier.  Encore récemment, c’est un instrument français — la SuperCam —, qui était embarqué sur le « rover » américain Perserverance, qui s’est posé avec succès le 18 février dernier sur Mars.   Cependant, il est vrai que d’un point de vue de la stratégie spatiale, l’UE n’a pas toujours été assez coordonnée et unie. Et pour certaines missions, elle n’est pas aussi autonome qu’on pourrait le souhaiter. Si l’on prend les vols habités, l’Europe dépend actuellement de vaisseaux américains ou russes pour se rendre dans l’espace. Que cela soit pour aller dans la Station spatiale internationale (ISS), ou le futur Lunar Gateway, une future station en orbite autour de la Lune. C’est pour toutes ces raisons qu’il est indispensable de construire une stratégie spatiale européenne cohérente, et j’y travaille activement chaque jour au Parlement Européen !

 

 

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