vendredi 4 avril 2008

Actualités du Centre. Les professions de foi des deux candidats à la présidence du Nouveau Centre

Voici les professions de foi d’Hervé Morin et de Mireille Benedetti, les deux candidats à la présidence du Nouveau Centre dont l’élection aura lieu lors du congrès du parti les 16 et 17 mai à Nîmes.
- Profession de foi d'Hervé Morin
Mes Amis,
En 2007, je vous ai proposé de faire le choix de l’engagement au sein d’une majorité capable de réaliser les réformes qui sont nécessaires à notre pays, trop longtemps différées et que nos compatriotes ont appelé de leurs vœux. Cet engagement est en accord avec la tradition de notre famille de pensée et avec notre sens des responsabilités. Il est des moments où il faut agir et non plus seulement promettre d’agir. Mais ce choix n’aurait pas eu de sens si nous n’avions pu l’accomplir sans être assurés de notre pleine indépendance. C’est pourquoi nous avons construit un nouveau parti politique, disposant d’un groupe parlementaire et doté d’un financement propre. En dix mois, le Nouveau Centre  dépasse les 7 000 adhérents. Nos premiers pas sont plus qu’encourageants si l’on songe aux 22 000 membres que comptait l’UDF avant 2007 et dont nous reprenons le flambeau, l’âme et le cœur. La reconstruction est en marche. Aujourd’hui, aux lendemains des élections municipales et cantonales, nous pouvons revendiquer 2 500 élus locaux. En confirmant le déclin du vote d’extrême droite, ces scrutins ont témoigné d’une recomposition électorale qui fait de l’électorat centriste le pivot de toute majorité gouvernementale.
Au sein de la majorité, nous sommes des partenaires à part entière. Notre voix est claire : nous soutenons loyalement l’action du gouvernement. Notre esprit est libre : nous gardons entière notre capacité critique. Responsabilité et liberté sont à nouveaux les maîtres mots du centrisme. Admettez que la voie que je vous ai proposée nous a permis de sauver le centre de l’impuissance protestataire qui mène à la confusion politique et finalement à la dispersion électorale.
Aujourd’hui, c’est à nous d’assurer non seulement la reconstruction du centrisme mais aussi son renouveau. Dans un temps qui paraît annoncer le retour de l’Histoire, ce serait une faute morale que de ne pas agir ; ce serait une faute morale que de suspendre la promotion de nos valeurs d’humanisme, de liberté, de responsabilité et de solidarité. Plus que jamais les valeurs du centrisme sont nécessaires à notre pays ; plus que jamais, elles sont de ce temps. Ensemble, au Nouveau Centre, je vous propose d’être les gardiens de cette fidélité. Ensemble, je vous propose d’être les artisans de la renaissance de notre famille de pensée. Elle fut l’inspiratrice des réformes qui comptent parmi les plus utiles à notre pays et d’abord la plus belle d’entre elles, la construction d’une Europe pacifiée, démocratisée et plus pertinente que jamais dans un monde dominé par les Etats-Unis, la Chine et la Russie aujourd’hui, l’Inde et le Brésil demain.

Je vous invite à défendre avec force nos convictions européennes. C’est l’une des plus grandes contributions à la vie de notre pays comme à celle de notre continent. La volonté d’unir les peuples hier en guerre a donné naissance à une œuvre politique fondamentalement humaniste, réparatrice et salvatrice. Je veux saluer une fois de plus la ratification par notre représentation nationale du traité de Lisbonne. Qui imagine que nous aurions pu prendre la présidence de l’Union européenne, le 1er juillet prochain, sans avoir approuvé cette solution institutionnelle consensuelle à la crise ouverte par le « non » au référendum de 2005 ? Soyez-en sûrs, à l’heure du bilan, ce résultat comptera parmi ceux dont nous serons les plus fiers.
Dans la droite ligne de Valéry Giscard d’Estaing et de Simone Veil, fidèles à l’héritage illustre des Pères fondateurs que furent Robert Schuman et Jean Monnet, nous devons prendre notre part et notamment savoir répondre aux attentes légitimes de nos concitoyens qui espèrent une Europe qui les protège davantage des effets de la globalisation. Sachons y répondre par l’édification d’une politique commune en matière d’environnement, de lutte contre la criminalité et de régulation de l’immigration. De même, nous qui avons toujours été ouverts au monde, agissons pour obtenir en contre-partie la réciprocité de la part de nos partenaires commerciaux afin de préserver notre emploi et nos entreprises. Le dumping social, le dumping fiscal ou le dumping monétaire ne sont pas justes et donc ne sont pas acceptables. Mais sachons aussi promouvoir une Europe conquérante, à nouveau force agissante de l’histoire, grâce à une politique commune en matière de diplomatie et de défense, en matière de recherche et d’innovation comme en matière technologique et industrielle.

De même plan institutionnel, restons fidèles à l’esprit girondin et reprenons le flambeau des libertés locales. Bien menée, ce qui n’a pas toujours été le cas, la décentralisation rapproche les citoyens des lieux de la décision publique. Elle augmente la qualité de leur information et leur capacité de contrôle, ce qui revient à accroître la responsabilité des élus. Elle rend possible l’intensification de la démocratie, par la formation de véritables espaces publics locaux. Enfin, elle doit favoriser une meilleure utilisation des ressources, et notamment des ressources fiscales. Pour nous centristes, la décentralisation est l’une des clés de la réforme de l’Etat. En confiant la puissance publique à des assemblées locales, la décentralisation précise et spécialise l’échelle de connaissance et d’action des pouvoirs politiques. Tout en démocratisant la puissance publique, la décentralisation en augmente l’efficacité. Mais encore faut-il revenir à deux fondamentaux : que l’essentiel des ressources soient des ressources propres – en prenant bien en compte le principe de péréquation – pour ancrer la responsabilité de la dépense. Que l’on donne à chaque échelon de collectivité des compétences définies et exclusives, afin d’éviter l’empilement des compétences croisées qui déresponsabilisent et alourdissent.
Défendons ensemble le projet d’une société solidaire qui cultive le goût de la liberté et retrouve l’esprit de conquête. La liberté ne se découpe pas. Militons pour une liberté déployée dans toutes ses dimensions : politique, économique et culturelle, collective et individuelle. Sachons entretenir la liberté, c’est-à-dire la renforcer. Militons pour un pluralisme porté par une morale de la responsabilité. Mais la liberté ne doit pas être pour nous un objet fétiche. Notre libéralisme n’est ni une idéologie ni un dogme. Il est l’expression d’un humanisme. Notre libéralisme se fonde sur une exigence de justice. Nous devons avoir le courage de dire qu’il faut encourager franchement la liberté économique et en particulier la liberté d’entreprendre, celle qui combine la réussite personnelle avec le progrès matériel de la collectivité dans son ensemble. Cela suppose de soutenir l’esprit d’initiative, d’encourager le risque, c’est-à-dire la création, l’innovation. Sans cela, il n’y aura ni richesses ni redistribution.
Une société n’est libre et conquérante que si elle est forte et vous savez, comme moi, qu’une société ne peut pas être forte si elle n’est pas solidaire. Or, le monde dans lequel nous entrons produit et produira de nouvelles inégalités non seulement sociales, mais aussi territoriales, culturelles, technologiques et générationnelles. L’accès à l’emploi, l’accès à un logement, l’accès à l’éducation, la promotion sociale souffrent trop souvent de mécanismes de discrimination dont sont victimes aussi bien les jeunes que les personnes âgées, les femmes ou les personnes handicapées. C’est pour eux que nos valeurs centristes doivent encourager et soutenir les politiques publiques ambitieuses destinées à limiter et à compenser ces injustices qui fragilisent la société en l’opposant à elle-même. Il n’y a pas de politique humaniste sans la volonté de promouvoir vigoureusement l’égalité des chances afin d’assurer à chacun la possibilité de maîtriser son destin.

Nous devons porter l’effort de recherche et d’innovation au niveau de l’Europe, placer les dépenses d’éducation, de formation et de justice sociale au rang des priorités de la dépense publique et, en contre-partie, penser le redéploiement de la dépense publique pour éviter les dérives du déficit incontrôlé. A ce titre, je vous propose de mener une véritable révolution budgétaire. La réforme de l’Etat passe par une telle rupture. Il faut imposer à nos élus comme  à nos gouvernants le retour à une gestion rigoureuse des finances publiques. L’Etat ne peut pas transgresser les règles qu’il impose à ses citoyens, aux collectivités locales et à ses voisins européens. Notre endettement colossal est aussi devenu aberrant puisqu’il sert désormais à financer les dépenses courantes de nos administrations et non plus les investissements. Au problème économique du déficit s’ajoute le problème éthique d’un assujettissement des générations futures dont nous limitons par avance la liberté. Dans la mesure où, sur ce sujet tout a été dit et répété en vain, la seule du verrou constitutionnel me paraît appropriée. C’est pourquoi je propose au Nouveau Centre de lancer une vaste pétition populaire pour inscrire dans notre Loi fondamentale l’interdiction d’adopter des budgets déficitaires.
Pour empêcher les abus et contenir les dévoiements, pour être en mesure d’aider les plus faibles d’entre nous, il faut des principes, des institutions et des mécanismes. Aucune société libérale n’est possible sans la régulation par le droit. Le contenu de l’action publique suppose de dire comment doivent fonctionner les institutions. Pour nous, un point est fondamental : l’acceptation d’une évolution présidentielle du régime suppose la régénération du Parlement. C’est à ce titre, et donc au titre de la liberté, que nous défendons le projet de révision de nos institutions voulu par le président Nicolas Sarkozy. Nous demandons une véritable modernisation du parlementarisme. Cela suppose non seulement d’accroître ses pouvoirs, comme le prévoient les excellentes conclusions de la Commission Balladur, mais aussi d’opérer une meilleure représentativité de l’Assemblée nationale par l’introduction d’une dose de proportionnelle.
 C’est à nous, les centristes, qu’il appartient de promouvoir une société de liberté, de responsabilité et de solidarité, résolument inscrite dans l’Europe. C’est à nous, les centristes, qu’il appartient de promouvoir une démocratie harmonieuse, fondée sur un meilleur équilibre entre l’Etat et les collectivités locales, entre les pouvoirs du Président et ceux du Parlement. C’est à nous, les centristes, qu’il appartient d’investir le débat politique national, de faire valoir avec force nos convictions, d’inspirer et d’infléchir l’action publique gouvernementale. En dix mois, nous avons restauré le centrisme. Aujourd’hui, je me présente à vos suffrages en prenant l’engagement de poursuivre l’œuvre de rassemblement de notre famille afin de lui rendre toute sa place et tout son rôle dans la vie politique de notre pays. Je vous remercie de votre confiance.
Hervé Morin
- Profession de foi de Mireille Benedetti
"Le Centre est à reconstruire en France et c’est le Nouveau Centre qui en sera le Maître d’œuvre."
Mon engagement politique date de plusieurs années. Centriste depuis toujours, j’ai été une des plus fidèles militantes de l’UDF depuis une quinzaine d’années.
Membre du bureau politique de l’UDF, fondatrice du Mouvement européen en Provence, candidate à toutes les échéances électorales, municipales, régionales, européennes, j’ai toujours su défendre les valeurs et les couleurs de notre mouvement, même dans les périodes les plus difficiles. Très attachée à la survie de notre mouvement centriste et persuadée que le Nouveau Centre est l’héritier naturel de l’UDF, j’ai choisi, comme vous tous, de rejoindre ce mouvement créé par quelques uns d’entre nous.
Je m’y suis là encore investie de tout mon cœur en acceptant la charge de déléguée départementale et en participant à la mise en place d’une des plus importantes fédérations au niveau national. En quelques mois le Nouveau Centre-13 a en effet su créer une base militante de plus de 500 adhérents ainsi qu’une équipe d’élus locaux venant renforcer la dynamique parlementaire.
Les élus du Nouveau Centre de notre département sont nombreux, plus d’une cinquantaine - Aix en Provence, Arles, Aubagne, Bouc Bel Air, Eguilles, Gémenos, La Ciotat, Martigues, Miramas, Saint Martin de Crau, Tarascon, Ventabren, Vitrolles … 

Le Nouveau Centre s’impose ici et ailleurs comme le seul parti au Centre, héritier de l’UDF, alors que le Modem de François Bayrou s’effondre.
L’heure est venue de réaffirmer nos valeurs : défense et promotion des libertés, ouverture au dialogue pour une société plus juste et plus solidaire.
Notre mouvement a démontré la nécessité de sa force au sein de la majorité présidentielle, c’est dans l’union du centre et de la droite que nous avons su conforter nos positions. C’est dans cette union que nous pourrons poursuivre les réformes dont notre pays a tant besoin.
Il est pour moi important que notre parti, héritier d’un parti fédéral, représente sa base et qu’il soit géré, non pas par des parisiens, mais par des élus du terrain, qui connaissent la valeur de nos provinces, qui savent ce qu’est la participation.
Provinciale du midi, je veux que notre parti renvoie une image positive par rapport à des partis centralisateurs comme l’UMP et le PS.

Il est de notre devoir de rassembler à nouveau tous ceux qui se reconnaissent dans notre parti. Or, notre parti est un parti décentralisateur, il doit le démontrer dans les actes et dans la composition de ses instances.
Nous aurons besoin, dans les échéances à venir, de montrer qu’il s’agit d’un vrai parti, qui a ses propres candidats à toutes les élections, qui est ouvert et participatif. Qui ouvre ses organes de décisions à l’ensemble du territoire français, qui accorde une place plus importante aux femmes au niveau national, qui représente les différentes couches sociales de notre pays. Qui sait développer, enfin, un tissu de fédérations pour assurer le maillage territorial le plus solide qui soit. 

 Mireille Benedetti

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