lundi 8 septembre 2008

Actualités – France

Hervé Morin plaide pour un Nouveau Centre « libéral, social, humaniste et européen »


Lors de l’université d’été du Nouveau Centre, Hervé Morin a encouragé ses troupes à bâtir un parti "libéral", "social", "humaniste", "européen". "On avait un péché originel, celui de refuser la stratégie de Bayrou. On a été vécus comme ceux qui allaient à la soupe. On n'a pas été capables d'expliquer la rupture. On a quatre ans pour bâtir nos idées", a estimé le président du NC. Aux européennes de 2009, le NC envisage des listes avec son partenaire de l'UMP, en espérant voler de ses propres ailes aux régionales de 2010 et aux législatives de 2012. Interrogé sur sa propre candidature à la présidentielle de 2012, M. Morin a dégagé en touche, sur le thème du "c'est trop tôt, chaque chose en son temps". Dans son discours de rentrée samedi, il avait rappelé sa ligne stratégique: rassembler tous les centristes de l'ex-UDF --sauf M. Bayrou, qui s'est "inscrit dans l'opposition"-- pour que le NC pèse davantage dans le débat face à son partenaire de l'UMP. "Il nous faut aussi bien travailler avec les réformateurs de l'UMP, qu'avec le parti radical de Jean-Louis Borloo, Jean-Marie Bockel ou les anciens centristes réunis autour de Pierre Méhaignerie", a-t-il détaillé, en recevant justement M. Bockel dans le Var. Mais cette stratégie fait des vagues parmi les 24 députés NC. Pendant trois jours, le député-maire NC de Drançy (Seine Saint-Denis) Jean-Christophe Lagarde a dit tout le mal qu'il pensait des Réformateurs de l'UMP, emmenés par le libéral Hervé Novelli. "On n'a pas vocation à habiter dans la même maison", a estimé l'élu de Seine-Saint-Denis, qui déplore que "la majorité ait été tirée parfois par sa fraction la plus libérale" depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. "Je suis très lié avec Hervé Novelli mais il faudra qu'on en débatte au sein de notre formation", temporise un autre membre NC du gouvernement, André Santini.

Autre divergence palpable entre centristes : le financement du RSA, à trois semaines du débat à l'Assemblée. "A titre personnel", le trésorier du parti, Charles de Courson, l'un des ténors de la commission des Finances de l'Assemblée, est contre l'instauration d'une nouvelle taxe de 1,1% sur le patrimoine pour financer le RSA. Pour sa part, Hervé Morin ne souhaite pas que cette taxe entraîne une modification du bouclier fiscal, qui plafonne les impôts directs à 50% du revenu des contribuables les plus riches. "Des solutions alternatives méritent d'être étudiée", a-t-il dit, citant le plafonnement des niches fiscales ou des exonérations des charges sociales liées aux 35 heures. Troisième option, défendue par Jean-Christophe Lagarde et d'autres députés : intégrer la taxe RSA dans le bouclier fiscal, c'est-à-dire relever le plafonnement des impôts directs de 50 à 51,1% des revenus.

Le NC a aussi reposé la question de son éventuel changement de nom en Solide (pour Social, libéral et démocrate). "J'ai des interrogations. On va faire un test", a indiqué M. Morin. M. Morin a enfin encouragé ses troupes à ne pas faire de "l'opposition dans la majorité", tout en s'interrogeant à voix haute sur certains contenus du fichier de renseignement Edvige, qui suscite un tollé dans l'opposition et parmi les associations.

Par ailleurs, Hervé Morin a rappelé qu'il organisait un "séminaire des centres" sur l'Europe avec Valéry Giscard d'Estaing, Jean-Pierre Raffarin et Gérard Longuet dans son village de l'Eure, Epaignes, le 18 septembre, soit trois jours avant le renouvellement du Sénat puis de son président. "Un hasard", commente-t-il avec flegme. A ces élections sénatoriales, le NC espère atteindre le seuil de constitution d'un groupe, soit quinze sénateurs.

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