vendredi 6 juin 2014

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Et si Sarkozy et Borloo revenaient…

Lorsque Jean-Louis Borloo décide de créer l’UDI en 2012, il le fait, en partie, par dépit de ne pas avoir été nommé premier ministre par Nicolas Sarkozy, mais en expliquant également qu’il sera toujours aux côtés de l’UMP en tant qu’allié «naturel» et qu’il ne prendra jamais le risque de permettre au Front national de devenir le premier parti de France.
Quand il parle de cette dernière perspective, pour lui, il s’agit, en particulier, de barrer la route à un candidat du Front national au deuxième tour de la présidentielle.
D’ailleurs, ce sera une des raisons qu’il donnera pour expliquer pourquoi il ne se présenta pas en 2012.
Mais il ne pense certainement pas que la formation dirigée par Marine Le Pen parviendra à ses fins lors d’élections européennes pourtant si favorables disait-on aux formations centristes et difficiles pour les extrêmes...
Aujourd’hui, face à ce nouveau défi de l’extrême-droite et au menaces qui pèsent sur l’existence de l’UDI, certains de ses amis affirment qu’il va revenir en politique alors que son état de santé s’améliore.
Et l’on dit qu’il s’entretient souvent au téléphone avec Nicolas Sarkozy qui lui va certainement revenir dans l’arène politique.
Rappelons ce que dernier disait en mai 2012 selon Le Figaro: «Une page se tourne pour moi. Je ne serai pas candidat aux législatives, ni aux élections à venir. Soyez rassurés, je renouvellerai ma carte (de l'UMP) et je payerai ma cotisation. Mais je quitte l'opérationnel.»
Dès lors, les affirmations de Borloo qu’il n’avait pas «en l'état toute l’énergie nécessaire pour remplir complètement toutes (s)es responsabilités» et qu’il avait «donc décidé de mettre un terme à (s)es fonctions et mandats», doivent être prises pour ce qu’elles sont, une décision à un moment donnée qui ne l’empêche pas de revenir s’il estime les circonstances réunies et sa santé rétablie.
Quand on sait que l’UDI est incapable de s’unir derrière un candidat pour le remplacer et que tous ceux qui avaient vu d’un mauvais œil l’obligation de se ranger derrière un homme qui n’avait rien de centriste, le regrettent, alors tout est ouvert.
Mais son éventuel retour, couplé avec celui de Nicolas Sarkozy, serait-il une bonne nouvelle pour l’indépendance centriste?
Parlons d’abord de Nicolas Sarkozy et de son retour plus que possible.
On se rappelle le peu de considération qu’il a pour les centristes, tant pour ceux qui sont à l’intérieur de l’UMP que pour ceux qui en sont à l’extérieur.
Mais, comme en 2007 et en 2012, il aura besoin d’eux pour sa (re)conquête du pouvoir et de l’Elysée.
Au vu de l’état de l’UMP et de la progression du Front national, il faut s’attendre à une opération séduction de sa part vers les centristes mais aussi, dans le même temps, une puissante pression pas forcément amicale pour qu’ils se rangent derrière sa bannière, notamment dès le premier tour de l’élection présidentielle de 2017.
Jean-Louis Borloo, quant à lui, n’est sans doute pas dans l’idée de dissoudre l’UDI et de s’en aller rejoindre les rangs de l’UMP en bon petit soldat sarkoziste.
Ce serait un triple aveu, celui d’avoir quitté l’UMP par dépit, celui d’avoir créé l’UDI uniquement pour des visées personnelles et celui de reconnaître que cette dernière est un échec relatif.
De plus, ses «partenaires» centristes dans leur grande majorité ne le suivraient pas dans un éventuel retour au bercail de droite, eux qui en sont demeurés extérieurs depuis toujours et qui en ont payé le prix.
Ayant dit cela, une tendance se fait jour de plus en plus à l’UDI sur une relation beaucoup plus rapprochée avec l’UMP afin de constituer une union capable de contrer l’actuelle montée en puissance du Front national et d’être en position de force lors de la prochaine présidentielle.
Ainsi, certains, comme François Sauvadet, se disent d’accord avec une sorte de programme commun de la droite et d’autres pour que des primaires UMP-UDI se fassent en vue de la désignation du candidat unique de la Droite et du Centre (qui viendrait évidemment de l’UMP).
Tout cela fait penser à l’alliance PS-Radicaux de gauche qui n’est vraiment pas un modèle à suivre pour l’indépendance des centristes…
Néanmoins, les scores décevants de l’UDI aux municipales et surtout aux européennes, l’absence d’un candidat crédible dans ses rangs pour la présidentielle (et l’opposition sourde à devoir se ranger sous la bannière d’une candidature Bayrou) ainsi que la montée du Front national sont trois raisons fortes pour que l’UDI ait une relation très «privilégiée» et très proche avec l’UMP, son alliée «naturelle».
Et le retour éventuel de Jean-Louis Borloo, cadre des gouvernements Chirac et Sarkozy, bien plus proche idéologiquement de la Droite que du Centre, serait sans doute un élément de plus qui militerait pour ce scénario.

2017 serait-elle alors l’année où le président Nicolas Sarkozy appellerait à Matignon Jean-Louis Borloo?!...

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