mardi 7 novembre 2017

Une semaine en Centrisme. Six mois: Macron fait ce qu’il dit et ce qu’il a promis

Emmanuel Macron le soir de sa victoire, le 7 mai
Les médias aiment bien commémorer et fêter des dates politiques après une élection qui ne veulent pas dire grand-chose: la première semaine, le premier mois, les cent premiers jours, les six mois, la première année et ainsi de suite.
C’est donc les six premiers mois d’Emmanuel Macron à l’Elysée (élu le 7 mai 2017) qui coïncident avec la première année de Donald Trump à la Maison blanche (élu le 8 novembre 2016).
Pourquoi faire ce rapprochement?
Parce que si, dans des enquêtes d’opinion, souvent incohérentes entre elles ce qui est relativement nouveau, nombre de sondés se disent déçus par l’action du président de la république française, c’est de l’inaction totale du président des Etats-Unis que se plaignent les sondés de l’autre côté de l’Atlantique…
Mais faut-il encore s’intéresser à ces sondages dont les résultats paraissent de plus en plus comme des réactions d’humeur ou de la déception clientéliste ou faut-il adopter une nouvelle grille de lecture de ceux-ci?
A l’heure de la montée de l’autonomie irresponsable, égoïste et égocentrique de l’individu, perversion de l’individualisme et non sa conséquence «naturelle», les sondages ne reflètent plus une opinion sur les fondamentaux de la politique menée mais surtout et avant tout le dépit et le mécontentement de ceux et celles qui ne s’estiment pas assez servis et le plus rapidement possible.
Toujours cette idée que la réforme est indispensable mais que si elle touche les privilèges des autres…
Quel que soit l’analyse que l’on peut faire de ces nouveaux comportements – ou, en tout cas, de leur désormais prégnance –, c’est une donnée à prendre en compte si l’on veut que celle-ci serve à quelque chose et «dise» quelques chose.
On se rappelle des cotes de popularité désastreuses des anciens présidents français et américains depuis dix ans durant leur mandat (George W Bush et, un peu moins, Barack Obama aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy et François Hollande en France) et de leur renaissance en la matière après avoir quitté le pouvoir (pas encore vraiment perceptible pour François Hollande, parti seulement depuis six mois), phénomène qui est le même dans tous les pays démocratiques du monde, pour ne pas tomber dans des commentaires circonstanciels qui n’ont aucun sens.
Toujours est-il que le «bilan» d’Emmanuel Macron après six mois n’a également de sens que s’il prend en compte, à la fois, la durée complète du mandat, les événements extérieurs survenus au cours de la période et la direction suivie (notamment s’il y a renoncement ou retournement sur la politique ou des mesures promises lors de la campagne électorale).
En ce qui concerne Emmanuel Macron, on peut dire qu’à l’aune de ce que l’on vient de dire, la réforme du droit du travail avec celle du code du travail, la réforme fiscale avec la suppression d’une partie de l’ISF, la réforme de la «moralisation» de la vie politique, la sortie de l’état d’urgence remplacé par une loi sur la sécurité plus solide, le début de la réforme scolaire avec la mise en place de classes allégées dans le primaire dans les zones prioritaires, la relance de la construction européenne, entre autres, montrent qu’il agit et qu’il tient ses promesses.
De même que la volonté de ne pas en rester là avec le lancement des prochaines réformes de la formation professionnelle et de l’assurance-chômage en attendant celles sur l’école, la santé, le logement et les transports et quelques autres qui devraient s’égrainer sur les deux ans à venir.
Mais il ne faut pas oublier, non plus, l’amélioration de l’image de la France dans le monde et une confiance retrouvée des milieux économiques.
Tout cela fait un bilan qui a de la tenue, surtout qui montre que la parole politique peut encore avoir de la valeur et qui doit réjouir les centristes.
Evidemment, tout n’est pas parfait et le mouvement de la réforme et de la bonne gouvernance initié ne doit pas s’arrêter, il y a encore beaucoup de travail à accomplir et de promesses à tenir.
Mais, comme nous l’avons dit, cela ne fait que six mois de gouvernement.

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC
Jean-Louis Pommery
Directeur des études du CREC


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