mercredi 8 novembre 2017

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Le vrai projet deTrump: détruire la démocratie et la république

Voilà un an qu’un cataclysme s’est abattu non seulement sur les Etats-Unis mais sur l’ensemble des démocraties mondiales.
Le 8 novembre 2016, date qui demeurera dans l’Histoire comme une injure à la liberté, à la responsabilité et au respect, le démagogue populiste, menteur, agresseur de femmes, ayant fait quatre fois faillite dans ses affaires, le tristement célèbre Donald Trump – surtout connu alors pour ses émissions bas de gamme de téléréalité et sa haine de Barack Obama – a remporté la présidentielle américaine malgré avoir obtenu trois millions de voix en moins que sa rivale, la centriste Hillary Clinton.
Depuis, toutes les appréhensions qui existaient si par accident il était élu ont été validées.
Et l’ensemble des médias (sauf peut-être Fox News et le Wall Street journal aux Etats-Unis, propriété d’un autre triste sire, Rupert Murdoch) ont pointé tous ses agissements dangereux (notamment en politique étrangère) mais aussi son incapacité à faire passer une quelconque législation en un an de pouvoir – encore un record lié à son incompétence et à son déséquilibre mental –  ainsi que ses propos racistes, sa défense des suprémacistes blanc et des armes à feu lors des différentes tragédies qui ont ensanglanté son pays (Las Vegas, Texas, etc.) et d’autres (France, Allemagne, Royaume Uni, Espagne, etc.).
On pourrait s’arrêter là si le principal danger représenté par Trump n’était pas ailleurs.
Car, attention, derrière l’incapacité, la bêtise et la grossièreté évidente du personnage, se cache un projet bien plus alarmant: la volonté affirmée de détruire les bases de la démocratie et de la république.
Trump a ainsi expliqué avant son accession au pouvoir qu’il voulait mettre le chaos à Washington pour enrayer la machine gouvernementale et détruire ce qu’il appelle le «deep state», l’Etat profond, c’est-à-dire, au-delà des fantasmes complotistes d’un populiste démagogue, toute la base de fonctionnement de l’Etat fédéral.
Des propos qu’il a souvent répété depuis mais qui sont souvent passés inaperçus tellement ses frasques prenaient le dessus, ce qui n’était pas innocent…
Le but, détruire le système actuel basé sur la démocratie et le républicanisme au nom d’une vision libertarienne d’extrême-droite où la démocratie représentative libérale et sociale est l’ennemi numéro un afin de faire des Etats-Unis une sorte de jungle où les plus forts et les plus riches pourraient faire ce qu’ils veulent.
Pour y parvenir, il faut également détruire la représentation de ce système en abreuvant la société de fausses nouvelles et de propagande mensongère tout en s’attaquant aux médiateurs d’information, en premier lieu, la presse.
Il faut constamment déstabiliser la société par des actes et des propos qui semblent complètement erratiques mais aussi instillé le doute sur la réalité des choses pour construire une sorte de monde parallèle pendant que l’on détruit le vrai.
Et, force est de reconnaitre, qu’à l’abri des regards, pendant que l’on occupe la population à un cirque grotesque, l’entreprise connait un certain succès comme le montre plusieurs enquêtes de médias américains.
Elle est actuellement en cours dans des domaines comme de l’environnement, la santé, le droit des minorités (notamment en leur déniant le droit de vote par des lois iniques dans les Etats dominés par les républicains), l’économie et la finance mais pas seulement.
Ce projet n’a évidemment pas été pensé par Trump mais par les idéologues d’extrême-droite qui sont auprès ou proches de lui ou ont été à ses côtés comme Steve Bannon.
Trump, lui, n’a fait – si l’on peut dire – que le reprendre à son compte parce qu’il sert ses intérêts financiers, ses projets personnels et des fantasmes d’un monde où ne règnent que des soi-disant complots.
Sans oublier sa haine de Barack Obama d’où la destruction de toute l’œuvre législative quelle qu’elle soit de l’ancien président centriste.
Dès lors, on comprend que la lutte pour se débarrasser de Donald Trump n’est pas seulement alimentée par une haine d’un crétin égotiste.
Elle est un combat de la démocratie républicaine contre ses ennemis de l’intérieur.
Donc, un combat centriste qui doit être mené à son terme même si, aujourd’hui, la sidération de voir Trump fêter sa première année à la Maison blanche est forte...


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