dimanche 1 septembre 2019

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La pitoyable peur des politiques sur un possible «retour» des gilets jaunes

L’irrationalité étant une des composantes de la vie et donc de la politique, la crainte de voir resurgir le phénomène gilets jaunes – c'est-à-dire une contestation populiste aux troupes limitées, dirigée par quelques énervés mais ayant pendant une période assez longue le soutien sondagier d’une partie importante de la population – en cette rentrée, est fortement présente chez tous les élus responsables de la république et, bien évidemment, chez ceux de la majorité présidentielle.
D’où cette situation irréelle où une grande partie des élus de la république tiennent des propos positifs sur une «multitude», au sens où l’entendait Diderot, celle dont le but était, non seulement, la chasse à ces mêmes élus mais une volonté de détruire l’ordre démocratique et républicain…
Certains les remercient même d’avoir cassé, brûlé, invectivé et blessé parce qu’ils ont été des sortes de lanceurs d’alerte.
On croit rêver!
Surtout si l’on se rappelle que ces énervés ont débuté leur mouvement pour protester contre une taxe de quelques cents sur les carburants afin de permettre le financement de la lutte pour l’écologie et le réchauffement climatique.
On peut, bien sûr, estimer que ces gilets jaunes sont un symptôme d’une crise beaucoup plus profonde sauf que l’Histoire nous enseigne le contraire.
Des mouvements de foule de ce type, populiste, agressif, démagogique, violent et dont la cible est la démocratie républicaine ont toujours existé.
Et pas seulement dans les périodes difficiles (si celle-ci en est vraiment une).
Sans remonter au Boulangisme, le mouvement poujadiste – avec dans ses rangs un certain Jean-Marie Le Pen – s’est déroulé en plein dans les fameuses «Trente glorieuses», mythifiées aujourd’hui pour avoir été la période la plus prospère du pays.
On peut aussi estimer, avec tristesse, fatigue et dégoût, que cette apologie des gilets jaunes est un moyen bien pitoyable des les amadouer, c'est-à-dire de reconnaître et donc de justifier des débordements qui ne possèdent pas la moindre once de légitimité avec tous les risques que cela constitue pour le fonctionnement d’une démocratie républicaine.
Alors, tout responsable politique ayant un peu de courage doit avoir celui de dire que cette multitude excitée par quelques énervés à la tête de ce mouvement de foule aux desseins violents, agit de manière inacceptable.
Je rassure les gilets jaunes et leurs agitateurs, il n’y en aura pas beaucoup (mais, ceux-là doivent être applaudis et soutenus).
En revanche, cela doit inquiéter tous les vrais défenseurs de la démocratie républicaine, dont les centristes, les vrais, qui se demandent où les qualités de responsabilité et de courage qui font les vrais leaders politiques sont passées.
Parce que, encore une fois, nous vivons dans une société libre qui n’est pas «naturelle» mais n’existe que par ses mécanismes de défense et de protection contre les agressions extérieures et intérieures.
Rappelons à nos politiques que cela s’appelle, entre autres, le régime constitutionnel et l’état de droit qu’il implique, et que tout responsable à quelque niveau que ce soit d’une démocratie républicaine se doit de défendre pour être – vraiment – légitime.
Il serait temps que l’on en finisse avec la couardise des politiques et la glorification des énervés par des médias qui, rappelons-leur, n’existent que parce qu’il y a une démocratie républicaine.
Rappelons aussi à tous ceux qui ont une vision romantique et idéaliste de ce populisme, que l’on a entendu des personnages comme Poutine, Erdogan, Chavez défendre les gilets jaunes.
De grands romantiques et démocrates…
Et tout cela ne serait pas complet sans rappeler aussi à tous les citoyens qui défendent ce mouvement de foule derrière leurs écrans d’ordinateur et dans les sondages, que la responsabilité fait aussi partie de leur devoir et que leur liberté ne se conquiert qu’avec du courage, non en étant des individus nombrilistes à l’autonomie égocentrique égoïste assistée irresponsable insatisfaite irrespectueuse.
Car là est le vrai défi de la démocratie républicaine du XXI° siècle.


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