samedi 28 novembre 2020

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La sécurité, oui mais pour la liberté


Pour certains, surtout à gauche, la sécurité serait un gros mot.

Pour d’autres, surtout à droite, elle serait la nécessité absolue en tant que telle.

Et, d’un côté, de dénoncer toute mesure qui la renforce et, de l’autre, toute mesure qui pose des garde-fous.

En réalité, la sécurité est essentielle pour le vivre bien ensemble dans une démocratie et surtout pour que chacun puisse vivre le plus libre possible.

Telle est la position du Centrisme.

Jamais dans une société incapable d’assurer la protection de ses membres, ceux-ci peuvent réellement utiliser leur liberté que ce soit dans leur droit d’expression, dans celui d’entreprendre, dans celui de se déplacer, dans celui de se réunir et de s’associer, etc.

En outre, leur égalité est systématiquement bafouée ainsi que leur individualité parce que c’est alors la loi du plus fort, du plus rusé et de la licence qui est la règle.

A l’inverse, quand la sécurité devient l’alpha et l’oméga d’une société, c'est-à-dire sans but autre que d’assurer l’ordre, celle-ci devient alors autoritaire, voire totalitaire, et voit toute velléité d’utiliser sa liberté et d’afficher sa différence comme des actes subversifs.

Tous les défenseurs de la démocratie républicaine, dont les centristes, sont donc pour une sécurité qui se propose de défendre la liberté et toutes les valeurs humanistes ainsi que toutes les règles et les principes à la base de la démocratie et de la république.

Mais cette sécurité ne doit pas être au rabais sous prétexte qu’elle briderait cette fausse liberté faite des agissements licencieux de ceux qui instrumentalisent la liberté, la vraie, à leur profit et empêchent les autres de vivre libres parce que protégés.

On le voit, ce couple liberté-sécurité est essentiel en démocratie et doit constamment être tenu dans un juste équilibre, principe même du Centrisme.

Pour assurer cette sécurité dans le monde violent dans lequel nous vivons et où les extrêmes tentent sans cesse de déstabiliser les démocraties, il est évident que celles-ci doivent s’appuyer sur des forces spécialisées dans la sécurité comme l’armée (force militaire) pour celle qui concerne les menaces extérieures et la police (force de l’ordre) pour celle qui concerne les menaces intérieures.

Tout cela sous le contrôle des instances démocratiques (le politique et le juge) et sous l’indispensable transparence qui doit permettre aux citoyens d’être informés du bon fonctionnement de ces forces à qui l’on donne tant de pouvoir dont la possibilité d’utiliser la violence légale notamment avec l’usage d’armes.

Mais si cela suppose une responsabilité de ceux dont la mission est d’empêcher et de réprimer les comportements illégaux et empêcher les menaces sur la paix, cela en suppose une identique de ceux qui doivent contrôler leurs actes.

Celle-ci doit, notamment, interdire aux ennemis de la liberté et aux démagogues de critiquer l’existence même d’une organisation de la sécurité alors qu’il ne doit s’agir que de dénoncer et sanctionner les mauvaises conduites et les dérapages de membres de ces forces spécialisées, ces fameuses bavures qui ne sont malheureusement que la traduction des mauvais comportements qui se déroulent dans toutes les sociétés, dans toutes les sphères et dans tous les secteurs d’activité, ce qui ne saurait, bien évidemment et à l’inverse, les excuser, voire leur donner une sorte d’impunité, ce qui n’est le cas que dans les régimes autoritaires et totalitaires.

Et l’on ne peut évidemment pas accepter le discours qui ferait passer la sécurité de ces forces avant celle de ceux dont elles sont au service, c'est-à-dire les citoyens.

Car ces forces ont comme mission d’abord de les protéger avant de se protéger elles-mêmes.

Sans doute que le monde irait bien mieux sans armée et police.

Sans pour autant signifier qu’il faudrait que nous vivions le paradis sur terre, cela nécessiterait que les humains vivent sous la loi d’Amour et que, comme le disait Aristote, ils développent entre eux une vraie amitié car grâce à cette «âme en deux corps», ils n’auraient pas «pas besoin de justice», c'est-à-dire de lois pour gérer leurs relations, donc de forces de sécurité pour les faire respecter.

Comme nous le constatons avec tristesse quotidiennement, nous en sommes encore bien loin.

 

 

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