dimanche 21 décembre 2008

Actualités du Centre. Les centristes et les radicaux pourraient se rapprocher au Sénat

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Les radicaux et les centristes envisagent de rapprocher leurs groupes au Sénat, afin d’y peser davantage d’autant que l'UMP n'a plus la majorité à elle seule. Vingt-neuf sénateurs siègent dans le groupe Union Centriste (UC), présidé par Michel Mercier, où cohabitent le Nouveau Centre, le Mouvement démocrate et, des UDF « historiques » autour de l'ancien ministre Jean Arthuis. Quant au radicaux, ils se trouvent dans le RDSE (Rassemblement Démocratique et Social Européen) composé de 17 sénateurs issus, depuis les élections de septembre, majoritairement du PRG (Radicaux de gauche). Mais il rassemble aussi des personnalités diverses, parfois extrémistes comme Jean-Pierre Chevènement (MRC) ou peu identifiables politiquement comme Michel Charasse. « Avec le président Mercier, nous avons réfléchi à ce que pourrait être un jour l'architecture d'un grand groupe basé sur la philosophie du RDSE, avec des principes fondateurs républicains, laïcs, de dialogue, sans sectarisme », a déclaré à l'AFP le chef de file des radicaux, Yvon Collin. Car « la politique, ce n'est pas de se cantonner dans sa bulle », a-t-il souligné, observant les votes « souvent critiques » de l'UC, située à côté des radicaux dans l'hémicycle. La majorité du groupe RDSE avait pour sa part voté en juillet le projet de réforme des institutions. « Nous pourrions peut-être un jour constituer un groupe charnière, qui pourrait peser de tout son poids dans une assemblée qui se bipolarise un petit peu », a souligné M. Collin. « L'avenir nous dira si un tel groupe est faisable ». « Le projet en est encore à ses prémices », souligne également l'entourage de Michel Mercier. Mais « si on veut éviter le bipartisme UMP-PS, il faut que les groupes du centre de l'échiquier, qui ont des choses en commun, se rapprochent ». Au sein des deux groupes, le projet a ses partisans, mais les sénateurs Nouveau Centre sont réticents. « On est déjà avec le Mouvement démocrate qui vote en gauche, on ne va pas en plus ajouter les radicaux ! », dit l'un d'eux. « Ce n'est pas d'actualité », affirme-t-il, repoussant toute perspective de rapprochement aux sénatoriales de 2011. La sénatrice Mouvement démocrate Jacqueline Gourault fait en revanche remarquer qu'un tel projet cadre bien avec la démarche de François Bayrou, qui « a toujours eu dans l'idée de construire un rassemblement, avec un centre indépendant ». « Dans nos deux groupes, on a la liberté de vote, et nos positionnements politiques ne sont pas si éloignés que ça », argumente-t-elle. Jean Arthuis se dit « prêt à étudier » cette perspective. Atteindre la taille critique « peut être un moyen de porter plus efficacement nos idées », estime-t-il, bien qu'ayant « quelques interrogations ». « Notre engagement européen est très affirmé. C'est différent au RDSE », souligne le sénateur de Mayenne. Au RDSE, le valoisien Aymeri de Montesquiou, vice-président du groupe, ne voit « pas de raison d'attendre » pour réaliser ce projet. « Beaucoup de maires divers-droite et divers-gauche ne se retrouvent ni dans l'UMP ni dans le PS », remarque-t-il. Pour lui, le projet « s'intègre bien dans l'esprit du Sénat, qui est beaucoup moins manichéen que l'Assemblée nationale ».

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