vendredi 17 décembre 2010

Une semaine en Centrisme. Les sarkozystes tentent-ils une OPA sur le Centre?


Jean-Louis Borloo, Hervé Morin, Fadela Amara, Rama Yade, Jean-Marie Bockel, Marc-Philippe Daubresse, qu’y a-t-il de commun entre ces six là? Ils sont parmi les virés du dernier gouvernement Sarkozy après près de trois ans et demi de bons et loyaux services.
Mais ce n’est pas leur seul trait commun. Les voilà tous (et quelques autres de leurs entourages respectifs), tout d’un coup, qui ne jurent plus que par le Centre et par la création d’une confédération centriste. Pour des membres d’un gouvernement de droite et dont certains sont encore dans un parti de droite ou se disent de centre-droit, voilà qui n’est pas sans surprendre. A moins que leur mission secrète soit de phagocyter le Centre. Je ne verserai pas dans le «conspirationnisme» mais admettez tout de même que cela à de quoi interpeler…
On entend ici et là que Nicolas Sarkozy aurait promis Matignon à Jean-Louis Borloo si celui-ci lui rallie une partie des centristes pour l’élection présidentielle de 2012 et les garde bien au chaud pour le second tour (l’autre partie ira du côté de François Bayrou qui, de toute façon, se présentera). A moins que Jean-Louis Borloo ne soit récompensé pour avoir torpillé une candidature centriste indépendante. Les deux options restent ouvertes
On voit Hervé Morin affirmer que sa candidature de premier tour sera «évidemment» suivie d’un désistement en faveur de Nicolas Sarkozy pour le second tour (dès lors pourquoi voter pour lui au premier tour). On voit Jean-Marie Bockel et Rama Yade, Marc-Philippe Daubresse réaffirmer leur soutien au président de la république.
Mais si cette diversion sarkozyste permettait une division centriste et était une manière de récupérer des voix pour le deuxième tour tout en continuant à vassaliser certains centristes qui s’affirment indépendants sans l’être réellement, alors nous serions loin de voir une refondation du Centre de sitôt. C’est pourquoi tous ces «déçus» du président de la république feraient bien de clarifier leurs positions respectives dans les semaines qui viennent s’ils souhaitent réellement qu’un Centre indépendant se mette en ordre de bataille. C’est ce que l’on appelle de l’honnêteté politique, une qualité des centristes, les vrais évidemment…

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC

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