mercredi 29 juin 2016

Vues du Centre – Aris de Hesselin. Messieurs les politiciens anglais vous avez tirez les premiers alors t….-vous!

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste. Ses propos sont les siens et non ceux du CREC.

Messieurs les Anglais, tirez les premiers!
(Comte d'Anteroche à la bataille de Fontenoy)
Le courage est une donnée essentielle d’une personnalité politique, a fortiori de celle qui a la prétention d’endosser les habits d’un homme d’Etat.
Il semble que ce n’est pas vraiment la qualité des politiciens anglais depuis le vote du brexit.
A part quelques ultras, tous les autres se planquent ou ne veulent pas appuyer sur le bouton «sortie».
De quoi faire se retourner dans sa tombe Winston Churchill…
Ainsi, il semble impossible de trouver un politicien prêt à prendre le poste de premier ministre pour invoquer le fameux article 50 du Traité de Lisbonne qui enclenchera le départ du Royaume Uni de l’Union européenne.
Au tennis, quand une balle est «out», elle est dehors et personne, de l’adversaire du joueur qui l’a mise out à l’arbitre en passant par le public et l’organisateur du tournoi ne considère que ce joueur peut s’attribuer le point en ayant commis la faute.
Et les joueurs de l’équipe anglaise de football n’ont pas demandé, que l’on sache, à demeurer dans l’Euro 2016 après leur défaite face aux Islandais…
Mais c’est ce que demandent les politiciens britanniques qui ont milité pour la sortie de l’Union européenne!
Quelles irresponsabilité, que ce soit dans leur campagne d’hier pour le brexit ou pour leurs demandes d’aujourd’hui.
Comme si le référendum avait été une blague ou, pire, comme si ses résultats étaient un nouveau moyen de pression envers les 27 Etats membres de l’UE.
Comme l’a écrit ici Alexandre Vatimbella, on assiste, dans le monde entier et plus particulièrement dans les démocraties, à une montée dangereuse d’une «autonomisation égocentrique assistée irresponsable insatisfaite et irrespectueuse» des individus qui veulent le beurre et l’argent du beurre, la crémière et le crémier et toute leur descendance sans oublier la boutique et sa clientèle.
Mais on pouvait penser – à tout le moins espérer! – que les hommes et les femmes politiques avaient plus de sens des responsabilités que leurs administrés.
Semble-t-il que ce n’est pas le cas.
Le spectacle auquel on assiste ces derniers jours au Royaume Uni mais aussi dans l’Union européenne incapable de taper du poing sur la table ressemble plus à la comedia dell’Arte ou à ce théâtre de l’absurde qu’à une scène politique où le courage et la responsabilité seraient de mise.
Pour tous les centristes, dont je suis, voilà un bien triste spectacle et, pourtant, je suis un fervent admirateur de Goldoni et de Ionesco!
Ces comportements donnent évidemment du grain à moudre aux extrémistes de tous bords, à ceux qui rêvent de détruire au lieu de construire, qui attendent leur heure pour ranimer la flamme des haines nationales et des confrontations musclées.
Heureusement, leurs leaders sont d’une pauvreté intellectuelle tellement affligeante qu’on peut espérer qu’ils se prendront les pieds dans le tapis avant de convertir une majorité des électeurs à leurs thèses non seulement imbéciles mais dangereuses.
Malheureusement, ce n’est pas sûr à 100%.
Alors, aujourd’hui, il faut, non seulement, faire en sorte que l’Angleterre et le Pays de Galles sortent de l’Union européenne (sans les empêcher de revenir un jour mais sur des bases claires et nettes) et que l’on tente d’y garder l’Ecosse et l’Irlande du Nord mais il faut surtout des initiatives pour revitaliser la construction européenne.
Une de celle-ci doit émaner de tous les partis centristes de l’UE et le plus vite possible.
Car voilà bien un combat du Centre et il serait incompréhensible qu’il ne s’en saisisse pas.
Quant à vous, messieurs les politiciens anglais, vous avez tirez les premiers alors maintenant tirez-vous en acceptant les conséquences de vos paroles et vos postures!
Voilà qui serait plus «british»…

Aris de Hesselin



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