dimanche 20 novembre 2016

Présidentielle 2017. Primaire LR: Bayrou fait perdre Sarkozy et sans doute Juppé!

Juppé & Fillon, les deux finalistes de la primaire LR
La stratégie utilisée par Nicolas Sarkozy de diabolisation de François Bayrou mais aussi les réponses agressives de ce dernier, ont profité à François Fillon et torpillé les candidatures de Nicolas Sarkozy et sans doute celle d’Alain Juppé.
Ainsi, François Fillon est arrivé en tête du premier tour de la primaire LR, loin devant Alain Juppé.
Nicolas Sarkozy est en troisième position et donc éliminé tout comme Bruno Le Maire qui s’est littéralement effondré, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Frédéric Poisson et Jean-François Copé.
Si, pour sa nette défaite, Nicolas Sarkozy ne peut s’en prendre qu’à lui-même et à sa stratégie d’une agressivité beaucoup trop forte envers le Centre ainsi que de sa proximité très grande avec les thèses du Front national – même si, sans doute, il n’avait pas le choix pour espérer faire un bon score –, il y aura certainement, si Juppé perd au second tour comme cela se profile (d’autant que Fillon a reçu le soutien de Sarkozy et de Le Maire), un règlement de compte entre le maire de Bordeaux et celui de Pau qui risque d’être sanglant.
Car la peur du lobby centriste et surtout la haine du Bayrou ont joué sans conteste en faveur de François Fillon qui avait les deux qualités requises pour une majorité des sympathisants de droite, de n’être pas Sarkozy tout en étant bien à droite avec son programme thatchérien, ce que ces sympathisants doutaient en revanche pour ce qui concerne Juppé, et de ne pas être inféodé aux centristes et en priorité au président du Mouvement démocrate, ce que ces mêmes sympathisants étaient convaincus que l’ancien premier ministre de Jacques Chirac était.
Le problème est que François Bayrou n’a rien fait réellement pour contredire leur conviction et c’est là que les reproches du camp Juppé vont certainement se focaliser.
Il a bien respecté un silence dans les derniers jours de la campagne de LR quand il est apparu qu’Alain Juppé était en forte baisse dans les sondages mais il ne s’est pas privé tout au long de celle-ci d’affirmer qu’il tenterait de convaincre le maire de Bordeaux sur la justesse de certaines positions qu’il défendait et, surtout, il a été, lors de ses deux dernières interventions, d’une violence telle vis-à-vis du camp Sarkozy qu’une grande partie des sympathisants de LR s’est certainement sentie visée même si ceux-ci ne votaient pas pour l’ancien président de la république.
D’où une désaffection de beaucoup de ceux-ci pour Juppé et une montée de Fillon.
Le rejet des centristes et de Bayrou pose évidemment un problème difficile pour l’UDI et le MoDem qui ont largement soutenu Alain Juppé et très peu Fillon qui n’avait qu’une poignée d’élus du Centre à ses côtés.
Bien entendu, Jean-Christophe Lagarde et François Bayrou ainsi que leurs troupes vont faire campagne pour Alain Juppé la semaine qui vient pour le second tour.
Après, il semble qu’il ne sera guère difficile pour l’UDI de se rassembler derrière le vainqueur, qu’il soit Juppé ou Fillon, la défaite de Sarkozy enlevant une épine du pied à la confédération centriste qui a moins à craindre d’une implosion dorénavant.
En revanche, se pose la question de la candidature de François Bayrou.
Il avait plus que sous-entendu que si Nicolas Sarkozy l’emportait, il se présenterait.
Mais il n’a rien dit en ce qui concerne une victoire – que personne ne prévoyait, il faut dire – de François Fillon.
Son envie sera d’être candidat sauf qu’il n’aura pas le repoussoir Sarkozy face à lui pour prendre les voix de droite modérée dont il a besoin et, surtout, qu’il sera en concurrence directe avec Emmanuel Macron qui le distance nettement dans les sondages et qui a une popularité beaucoup plus grande auprès de cet électorat qui pourrait se tourner vers le fondateur d’En marche plutôt que pour le président du Mouvement démocrate s’il se sent inquiet du programme très à droite de Fillon.


Alexandre Vatimbella



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