vendredi 4 mai 2018

Actualités du Centre. L’incohérente alliance contre-nature Wauquiez-centristes en Auvergne-Rhône-Alpes

Les centristes peuvent-ils continuer à être les alliés de Laurent Wauquiez au Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes?
Ces centristes, venus du MoDem et de l’UDI sont regroupés dans un groupe «Les démocrates» qui compte 31 membres et qui est indispensable au président de LR pour demeurer majoritaire face au Front national.
Pour l’instant et malgré les débordements verbaux, les propos populistes, les attaques contre le Centre et les centristes, ni les élus MoDem, ni ceux de l’UDI n’ont quitté la majorité régionale.
Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de débats à l’intérieur du groupe et dans chacune des formations.
Rappelons que le MoDem fait partie de la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron, ce qui semble pour le moins antinomique dans son soutien à celui qui se proclame constamment comme le chef de file national de l’opposition au chef de l’Etat, l’insultant sans cesse, et que l’UDI, elle, ne veut plus entendre d’une alliance avec Laurent Wauquiez, Jean-Christophe Lagarde, son président, n’ayant pas de mots assez durs à son encontre, il vient d’ailleurs de l’accuser de «trahir la droite» dans un déplacement, justement, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes...
Si le paradoxe n’a pas encore entraîné le retrait des élus MoDem, le débat à l’intérieur du l’UDI a déjà causé le départ du parti d’élus qui préfèrent Wauquiez à leurs engagement centristes comme le maire du deuxième arrondissement de Lyon.
Au MoDem, les consciences sont là, pas les actes.
Ainsi, le député et président de la fédération MoDem du Puy-de-Dôme, Michel Fanget, estime que:
«C'est affligeant, l'attitude de Laurent Wauquiez est devenue un problème politique. On subit énormément de pressions, écartelés entre le contrat de mandature passé avec la droite et la volonté de Laurent Wauquiez d'être le premier opposant à Macron qui justifie toujours plus d'agressivité.»
Et d’ajouter, «Le président de parti est clairement en train de prendre le pas sur le président de région».
Avec ce constat, comment demeurer dans la majorité au Conseil régional?
Avec un brin de mauvaise foi, le porte-parole du moDem, Yann Wehrling, répond que les alliances avec LR dans les collectivités locales, «sont basées sur un programme et des engagements validés par les électeurs et qui n'ont pas été modifiés».
Et, Patrick Migonla, le leader des élus MoDem au conseil régional, de surenchérir dans le double-jeu:
«Lorsque nous avons décidé de faire alliance avec Laurent Wauquiez, ce qui a été une décision difficile à prendre, nous connaissions déjà la personnalité et les ambitions du personnage. Nous avons posé deux règles: ne pas importer la politique nationale dans les affaires de la région et travailler dans un contrat de mandature pour relancer le fonctionnement de la région, qui était dans une situation de blocage avec la majorité précédente.»
Un comportement bien hypocrite et peu reluisant alors que les déclarations inacceptables de Wauquiez pour les centristes se multiplient.
D’autant que certains membres du parti de François Bayrou, comme Laurence Vichnievsky, n'exclut pas à terme «une prise d’autonomie» vis-à-vis de la majorité de Laurent Wauquiez mais sans le mettre en minorité…
Sans doute que l’UDI et le Mouvement démocrate ne veulent pas créer une crise dans leurs rangs dans cette région mais aussi au Conseil régional puisque l’alternative à la majorité de Wauquiez serait celle du Front national (mais qui ne disposerait pas de la majorité en voix).
Reste que de laisser Wauquiez sans majorité absolue ne concerne pas les centristes qui doivent, eux, se déterminer par rapport à leur engagement politique et aux valeurs qu’ils défendent.
Et là, l’alliance avec Wauquiez n’est pas tenable et il faudra bien que l’UDI et le MoDem prennent une décision, si ce n’est courageuse, en tout cas en accord avec ce qu’ils prétendent représenter.


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