dimanche 22 mai 2016

Présidentielle USA 2016. Trump se dédiabolise à grande vitesse

Comme l’écrit la lettre quotidienne sur les présidentielles du magazine Time, «Le top des leaders, des permanents et des donateurs républicains réfléchissent à deux fois à leurs positions #NeverTrump (#Jamais Trump) après une série de sondages montrant que les électeurs républicains ont plus confiance en Trump qu’en Paul Ryan, le Speaker (président) de la Chambre des représentants (ndlr: qui a été un moment pressenti pour être candidat contre Trump par l’establishment républicain et qui a refusé, pour l’instant, d’apporter son soutien à ce dernier). L'opposition franche contre Trump s'efface rapidement alors que la plupart des républicains se préparent à contrecœur à monter à bord du «Train Trump» afin d’éviter d’être ostracisés par le parti s'il gagne et d’être accusés de sa défaite s’il chute».
Ceci résume bien ce qui se passe actuellement dans le Parti républicain.
Car il faut les voir, tous ces républicains qui juraient, main sur le cœur, qu’ils ne soutiendraient jamais ô grand jamais, cet infâme personnage qu’est, selon eux, Donald Trump, qu’ils ne voteraient pas pour lui, même le nez bouché et les yeux fermés, venir désormais faire allégeance au promoteur immobilier newyorkais avec plus ou moins de forfanterie et de ridicule.
Parmi les plus pathétiques on trouve certainement Megyn Kelly, la journaliste de la chaîne d’extrême-droite Fox news traitée de tous les noms par Trump qui avait même fait allusion à ses règles pour justifier son agressivité supposée à son encontre.
Là voilà maintenant ralliée à ce dernier ainsi que son patron, le milliardaire des médias ultraconservateurs, Rupert Murdoch.
Rien de plus normal, évidemment, personne ne pensait sérieusement que la grande majorité des républicains tournent le dos à celui qui peut gagner la Maison blanche, aussi détestable soit-il.
D’autant qu’il ne l’est pas plus que les membres du Tea Party à la violence et aux insultes constantes ainsi qu’aux menaces de mort récurrentes envers Barack Obama, que les représentants et sénateurs républicains qui bloquent le pays depuis des années au seul motif qu’il faut faire perdre les démocrates sans se préoccuper des intérêts du pays, que les médias conservateurs qui diffusent fausses informations et diffamations en chaîne à tout ce qui n’est pas de leur côté, qu’un Ted Cruz ou qu’un Newt Gingrich.
D’ailleurs, dans les sondages, les sympathisants républicains veulent majoritairement que le parti s’unisse derrière Trump.
De même, une grande majorité d’entre eux s’apprêtent à voter pour lui en novembre.
En réalité, la vague anti-Trump chez les républicains était essentiellement due au fait que le promoteur newyorkais semblait inéligible tant il cristallisait de haine à son encontre et tant il insultait les électorats dont ont besoin les conservateurs pour l’emporter.
Or ce n’est plus le cas.
Donald Trump s’est rapproché d’Hillary Clinton et des sondages le donnent même gagnant.
C’est le cas du dernier en date réalisé par la chaîne ABC et le quotidien le Washington Post.
Si la centriste Hillary Clinton demeure en tête chez les Américains de plus de 18 ans avec 48% des intentions de vote contre 42% à Trump, chez les électeurs enregistrés, c’est le populiste démagogue Trump qui a l’avantage avec 46% contre 44% à l’ancienne secrétaire d’Etat.
Mais ce qui est nouveau et inquiétant à la fois c’est que même des démocrates «conservateurs», les «blue dogs» (démocrates élus dans des circonscriptions et des Etats à majorité républicains), affirment dans un article du magazine Politico, qu’ils pourraient travailler avec Trump s’il occupe la Maison blanche.
Bien entendu, ils demeurent très réservés sur le personnage.
Cependant, ils estiment que certains aspects de son programme ne sont pas à rejeter et peuvent faire l’objet d’un consensus.
Dire cela, il y a quelques mois, pour un démocrate aurait été inimaginable et sans doute sanctionné par les instances du parti.
En outre, le phénomène du changement, bien connu en politique, surtout ces dernières décennies où l’on est toujours tenté de «sortir les sortants» jouera en faveur de Trump puisque la Maison blanche est occupée par un démocrate depuis huit ans et que Clinton se met dans les pas d’Obama, se voulant sa continuatrice, ce qui, aux yeux de certains électeurs, ferait douze ans d’obamisme-clintonisme.
Dès lors, dans le camp républicain qui est frustré de ne pas être au pouvoir depuis longtemps, le phénomène «tout sauf Clinton» couplé avec celui de «un républicain quel qu’il soit» pour enfin gagner joueront à plein.
Et ce réflexe se trouvera sans doute également chez nombre d’«independents» (les électeurs qui se disent ni démocrates, ni républicains) qui ne sont pas uniquement de droite.
Par quel que bout qu’on la prenne, il faut bien constater que l’entreprise de dédiabolisation de Donald Trump et sa volonté de devenir «respectable» tout en continuant à transgresser les règles de la civilité politique à tour de bras, fonctionnent.
Reste à savoir si, une fois qu’Hillary Clinton devenue la candidate officielle du Parti démocrate, les sympathisants de Bernie Sanders la choisiront.
L’histoire nous montre – ainsi que ce qui se passe au Parti républicain avec Trump qui est une des raisons de sa bonne tenue actuelle dans les sondages – qu’après les joutes, parfois sanglantes, des primaires, le candidat officiel parvient à réunir sur son nom une grande majorité de son camp.
Ce sera dans les déperditions de chaque côté que se jouera peut-être l’élection et les démocrates peuvent s’inquiéter de la hargne de Sanders contre l’establishment du parti qui n’est pas de bon augure pour la suite de la campagne de Clinton.
Reste que le plus effarant dans cette élection et que l’on a tendance à oublier c’est qu’un personnage comme Donald Trump puisse atteindre plus de 40% d’intentions de vote et à devenir le candidat officiel d’un des deux grands partis politiques américains.


Alexandre Vatimbella avec l’équipe du CREC


Présidentielle USA 2016

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