samedi 28 février 2026

Propos centristes. France – Attaque des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran / Protection des enfants sur internet / Propos antisémites de Mélenchon / Agression de Poutine contre l’Ukraine / Mise en œuvre du traité avec le Mercosur par l’UE…


Voici une sélection, ce 28 février 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Attaque des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran] Le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran emporte de graves conséquences pour la paix et la sécurité internationale.
Dans ce moment décisif, toutes les mesures sont prises pour la sécurité du territoire national et celle de nos compatriotes ainsi que de nos emprises au Moyen-Orient.
La France se tient également prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation.
L’escalade en cours est dangereuse pour tous. Elle doit cesser.
Le régime iranien doit comprendre qu’il n’a désormais plus d’autre option que d’engager une négociation de bonne foi pour mettre un terme à son programme nucléaire et balistique comme à ses actions de déstabilisation régionale. C’est absolument nécessaire à la sécurité de tous au Moyen-Orient.
Le peuple iranien doit aussi pouvoir construire son avenir librement. Les massacres perpétrés par le régime islamique le disqualifient et nécessitent que la parole soit rendue au peuple. Le plus tôt sera le mieux.
Fidèle à ses principes et consciente de ses responsabilités internationales, la France demande une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies.
Je suis en contact étroit avec nos partenaires européens et nos amis au Moyen-Orient.

> En cas d’enlèvement, les premières heures sont cruciales. C’est pourquoi, il y a 20 ans, la France s’est dotée d’une chaîne de solidarité : Alerte Enlèvement. 37 alertes, 38 enfants retrouvés. Derrière chaque alerte, un espoir, une vie. Merci à celles et ceux qui veillent.

> Bienvenue à Paris, cher Robert Golob. La Slovénie et la France sont des partenaires de confiance qui veulent avancer ensemble, pour nos pays et pour l’Europe. Pour notre compétitivité et la souveraineté européenne.

> Accord UE-Mercosur : je ne défendrai jamais un accord qui est laxiste à l’égard de ce qu’on importe et dur à l’égard de ce qu’on produit chez nous. Nous serons intraitables sur le respect des garanties que nous avons obtenues pour protéger nos agriculteurs et les Français.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Le peuple ukrainien a été capable de développer aujourd’hui une industrie de guerre, de produire, voire même d’exporter demain des drones et du matériel. Il y a là une résilience qui est une leçon pour toute l’Europe.

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Ce que nous faisons également, et c’est très important, c’est nous attaquer aux ressources financières de la Russie. C’est tout le sens de l’action contre la flotte fantôme.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Attaque des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran] À la demande de la France, le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira ce soir à 22h, heure de Paris, pour traiter de la situation en Iran et au Moyen-Orient.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> J’ai été informée d’un incident de cybersécurité affectant un logiciel édité par la société Cegedim, utilisé par certains professionnels de santé. Je souhaite, en toute transparence, vous en informer. À ce stade, les informations communiquées indiquent qu’environ 15 millions de personnes pourraient être concernées. Parmi elles, environ 164 000 incluraient des données sensibles, sans qu’il s’agisse nécessairement de données de santé. Les éléments disponibles suggèrent que les dossiers médicaux structurés seraient restés intègres. Les chiffres ont pu varier au fil des investigations menées par l’éditeur, et la déclaration effectuée auprès de la CNIL est mise à jour en fonction de l’avancée de ces investigations. Cet incident relève d’un prestataire privé, responsable du traitement des données, et n’a pas de lien avec les systèmes de l’État. J’ai demandé à l’entreprise concernée de rendre compte précisément : • des causes techniques de l’incident, • des mesures correctives immédiatement mises en œuvre, • des garanties apportées afin de prévenir toute récurrence. Les autorités compétentes sont pleinement mobilisées pour analyser les circonstances de cet incident et en tirer toutes les conséquences nécessaires. La protection des données des patients est une exigence absolue. Les acteurs privés de l’écosystème de santé ont des obligations strictes en matière de cybersécurité et de conformité : elles doivent être pleinement respectées. Nous attendons désormais les conclusions des investigations en cours et veillerons à ce que toute la transparence soit faite.

> Nous franchissons une nouvelle étape dans la lutte contre le VIH ! Un arrêté publié au Journal officiel permet d’encadrer et de mettre à disposition un traitement préventif injectable à longue durée d’action.
C’est un outil de prévention supplémentaire aux côtés du dépistage, du traitement et de la réduction des risques.
C’est aussi une avancée concrète pour mieux protéger les personnes à risque.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> [Propos antisémites de Mélenchon] Je l'ai dit et je le redis. Le nouvel antisémitisme en France s'écrit en 3 lettres : L-F-I. Face à LFI, il n'y a qu'une seule attitude possible: le combat. Que chacun prenne ses responsabilités. Que chacun fasse le ménage. Pas une voix pour ces antisémites.

 

Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Donner à chacun, quel que soit son parcours, la liberté d’apprendre, de se former et de réussir sera le cœur de mon engagement. Pour ne laisser personne sur le bord du chemin.

 

● Autres ministres
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)

> La décision unilatérale de la Commission européenne d'une entrée en vigueur provisoire de l’accord avec le Mercosur est incompréhensible. Nous devons être à la hauteur de nos engagements envers nos agriculteurs, nos éleveurs et en faveur de la sécurité agricole de l'Europe. 25 ans de négociations : l'urgence d'une application immédiate annoncée ce matin par la présidente de la Commission est parfaitement injustifiée.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> En réunion des recteurs, nous avons reçu ce matin la Défenseure des droits Claire Hédon pour faire le point sur une priorité partagée : la protection des enfants à l’École. Garantir leurs droits, prévenir et détecter les violences, c’est un combat quotidien, que portera notamment le futur adjoint à la médiatrice de l’Éducation nationale chargé de la protection de l’enfance.
Nous avons également échangé sur le dispositif « Collèges en progrès », levier essentiel pour accompagner les établissements les plus fragiles et restaurer un cadre serein d’apprentissage. Protéger, c’est agir. Et agir, c’est coordonner nos efforts, de l’échelle nationale jusqu’à chaque établissement.

> Au Salon de l'agriculture, auprès de celles et ceux qui nous nourrissent. La France, son agriculture et son école ne font qu'un.
De l’éducation à l’alimentation à la formation de nos futurs agriculteurs, l’École joue un rôle déterminant pour promouvoir une agriculture durable et valoriser les métiers du vivant. L'enseignement agricole forme à plus de 200 métiers, et nombreux sont ceux qui rejoignent les métiers de l'agriculture !
Un grand merci en particulier aux élèves des lycées agricoles rencontrés aujourd’hui: la France a besoin de votre engagement. Vous pouvez en être très fiers. Merci à tous pour votre accueil !

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Il faut dissoudre LFI par les urnes. Jean-Luc Melenchon a érigé la violence politique et l’antisémitisme en stratégie électorale, avec le fantasme d’un second tour face au RN. Le devoir du centre et de la droite est de bâtir l’alternative.

> La position du gouvernement est simple : ni RN, ni LFI.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> La décision d’application provisoire du Mercosur est un passage en force au mépris du vote des parlementaires européens. La Commission prend seule une lourde responsabilité face à nos agriculteurs et aux citoyens européens. Nous serons intraitables pour que soient respectées les garanties obtenues par la France : sauvegardes agricoles, mesures miroir, contrôles renforcés.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Je suis la petite-fille de Kalmann Braun, né ici, à Łódź, en Pologne. À neuf ans, seul et pieds nus, il fuit cette ville, traversa l'Europe et s'installa à Vienne puis à Nancy. Quand le nazisme menaça la France qui l'avait accueilli, il prit les armes pour la défendre et il survécut à la guerre. Sa famille, elle, resta à Łódź. Enfermée dans ce qui fut l'un des plus grands ghettos d'Europe, affamée, déshumanisée, puis conduite jusqu'à ce quai en direction d'Auschwitz. Vingt-huit vies, ses frères, ses sœurs, ses neveux, ses nièces, dont aucune ne survécut. Mon grand-père n’a appris leur sort qu’après la guerre. Il n'en parlera presque jamais. Aujourd’hui, je me tiens sur ce quai et je mesure ce que signifie l’effondrement d’un État de droit, ce que produit la banalisation de la haine, ce que coûte l’indifférence des démocraties lorsqu’elles renoncent à se défendre. L'Europe n'est pas née d'un idéal abstrait, elle est née de ces quais, de ces silences, de ces absences. Si la France et la Pologne ont choisi de construire ensemble un destin européen, c’est parce que nous savons où mènent le repli nationaliste, l’antisémitisme, la négation des faits et l’érosion des libertés publiques. Je suis venue ici pour me souvenir. Et pour ne jamais oublier ce que nous devons continuer à faire : défendre l'État de droit, combattre la haine, protéger nos institutions. Pour que jamais, sur ce continent, un quai ne redevienne le point de départ vers l’abîme.

> Les parlements sont les gardiens des engagements que nos nations prennent ensemble. En visite officielle à Varsovie, où j'ai rencontré les présidents du Parlement polonais. Ensemble, nous donnons toute sa force au Traité de Nancy, notre accord d'amitié et de coopération renforcée sur la défense commune, l'énergie nucléaire et l'économie.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
> De l’extrême gauche antisémite à l’extrême droite antisémite, il n’y a qu’un pas. Jean‑Luc Mélenchon l’a franchi.

 

Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Propos antisémites de Mélenchon] Toutes les limites ont été franchies par Jean-Luc Mélenchon. Toutes. L'antisémitisme est une monstruosité. En user est une honte. À vomir.

> « Toujours debout, toujours en lutte, toujours en espoir, toujours à rayonner même dans la douleur. Le peuple iranien se bat depuis des décennies pour sa liberté. » Sublime discours de Golshifteh Farahani. L'avenir de l'Iran appartient aux Iraniennes et aux Iraniens. Et nous nous tenons à leurs côtés dans ce combat. Dans ce combat pour la liberté.

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Échange marquant avec Yuriy Fedorenko, commandant du bataillon de drones « Achilles ». Il nous a décrit la réalité du front et les révolutions technologiques à l’œuvre. Son message pour nous, Européens, tient en une phrase : « Préparez-vous, pour que cela n'arrive jamais chez vous. » Ce n'est pas un conseil, c'est une leçon de vie, de survie.

 

Elisabeth Borne (députée)
> Au Salon de l’agriculture, fierté de saluer la qualité exceptionnelle de notre agriculture, l’engagement sans faille de nos agriculteurs et la richesse de nos produits. Ils font vivre nos territoires et sont au cœur de la souveraineté alimentaire de la France et de l’Europe.

 

Sylvain Maillard (député) 
> La porte-parole du Hamas [Rima Hassan, députée européenne LFI] est aussi la porte-parole des Mollahs. Elle adore les régimes islamistes, terroristes et totalitaires... avec un penchant pour les dirigeants qui massacrent leur jeunesse, invisibilisent les femmes, pendent les homosexuels et qui bien sûr sont corrompus.

> [Propos antisémites de Mélenchon] Passionnément antisémite ! Voilà ce qu’est LFI. Et ras le bol de cette gauche qui se rallie à l’extrême gauche intolérante à chaque élection : NUPES en 2022, NFP en 2024… Honteux!

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> [Propos antisémites de Mélenchon] Ci-devant une déclaration qui prend tout aux codes historiques de l’antisémitisme. Et donc…antisémite. Cet homme nourrit l’antisémitisme. Et par ses déclarations et par ses sous-entendus. C’est une honte.

 

● Parti radical
> [Propos antisémites de Mélenchon] Une énième provocation de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise. User des codes de l'antisémitisme en jouant sur le nom Epstein est inexcusable. Un discours qui attise à nouveau la haine, divise notre société et fragilise notre République. Stop à la violence, Stop aux extrêmes!

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Grande avancée aujourd’hui pour les droits des femmes en Europe ! La Commission confirme que les financements de l’Union européenne peuvent soutenir l’accès à un avortement sûr. Une décision fondamentale alors que 20 millions de femmes n’ont pas accès à l’IVG en Europe, pour des raisons légales ou financières. C’est le fruit de la mobilisation de plus d’1 million d’Européennes et d’Européens à travers l’initiative My Voice My Choice. Avec Renew Europe, nous avons soutenu cette initiative dès le premier jour. Et parce que beaucoup reste à faire pour les droits des femmes, nous continuons le travail au Parlement européen !

> Ravie de retrouver le nouveau Premier ministre des Pays-Bas. Rob Jetten a démontré qu’avec une campagne positive, résolument pro-européenne, on pouvait déjouer les pronostics et battre l’extrême droite ! Je lui souhaite pleine réussite à la tête de sa coalition. Fière de l’avoir au sein de la famille Renew Europe.

 

Bernard Guetta (député)
> Le candidat de l'opposition devance Orbán de 20 points en Hongrie. Si les élections avaient lieu dimanche prochain, Orbán serait politiquement mort.
Très bonne nouvelle pour les Hongrois et pour l'UE.
Une grande source de malaise pour le RN.
Une humiliation pour Trump.

 

Pascal Canfin (député)
> L’application provisoire de l’accord Mercosur sans attendre le vote du Parlement européen et alors que nous avons saisi la Cour de Justice de l’UE constitue un grave manque de respect vis à vis de notre institution. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, le combat continue au Parlement européen!

> Les négociations sur la prolongation de la taxe carbone à la frontière sont désormais sur le point de commencer, et je serai le négociateur de mon groupe politique Renew Europe au Parlement européen.
En décembre dernier, la Commission européenne a présenté sa proposition d’approfondir le Mécanisme d’ajustement des frontières carbones, communément appelé « taxe carbone à la frontière ».
Ce projet vise à poursuivre trois objectifs clés :
- Lutte contre la fraude potentielle, en particulier
soyons clairs venant de la Chine.
-
Étendre le mécanisme à près de 200 nouveaux produits afin de mieux les protéger contre la concurrence déloyale sur la tarification du carbone par les pays et industries pratiquant le dumping climatique.
- Garantir que lorsque les entreprises europ
éennes couvertes par le CBAM exportent une partie de leur production, ces exportations ne soient pas pénalisées en raison du prix européen du carbone, ce qui les exclurait effectivement de la concurrence sur certains marchés dexportation face à des concurrents non européens qui ne paient pas de prix carbone.
Je dirigerai les négociations sur le traitement des exportations et ferai partie de l’équipe de négociation pour tous les textes CBAM.
Depuis quatre ans, depuis les toutes premières discussions initiées par la France sur la taxe carbone à la frontière, je soutiens un tel mécanisme. Nous devons rendre cela simple et facilement exploitable pour les entreprises qui pilotent l’industrie sur notre continent, en particulier celles qui investissent et ont investi dans des technologies décarbonées.
Je suis donc particulièrement heureux de poursuivre ce travail essentiel pour notre souveraineté industrielle et notre action climatique !

 

Jerémy Decerle (député)
> Madame von der Leyen, monsieur Costa, l’application provisoire de l’accord UE-Mercosur que vous passez en force aujourd’hui est profondément inadmissible. Vous refusez d’entendre les inquiétudes de nombreux Européens, vous manquez de respect aux agriculteurs et vous bafouez quand même la voie démocratique du Parlement européen. Je ne me résignerai pas face à cette décision dangereuse et je m’engage à rester mobilisé, dès maintenant et autant que possible aux côtés notamment de la profession agricole, pour vous empêcher d’aller au bout.

> Au lieu, comme d'habitude de taper comme des sourds sur la France et ses gouvernements qui se sont opposés au Mercosur, l'extrême droite française ferait bien de resserrer les rangs, votre grande copine Giorgia Meloni et l'extrême droite italienne ont voté pour le Mercosur et donc contre les agriculteurs italiens, Français et Européens. Plein soutien à au gouvernement et au Président de la république pour continuer la bataille pour les agriculteurs et contre l'application définitive de cet accord.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> [Propos antisémites de Mélenchon] Ce n’est ni un dérapage, ni une « ironie » (qui cela fait-il rire ?) ; c’est une stratégie, répétée, délibérée. Nourrir l’antisémitisme. La honte absolue.

> Nos agriculteurs, nos producteurs, nos éleveurs sont notre fierté nationale. Ils ne comptent pas leurs heures pour nous nourrir chaque jour, faire vivre nos territoires et transmettre leur savoir-faire. J’étais hier à leurs côtés au Salon de l’Agriculture. Ils m’ont fait part de leurs attentes, de leurs difficultés, mais aussi de leur ambition, leur esprit d’innovation, et leur besoin de se projeter dans le temps long. Pour investir, innover, s’adapter ! D’ici 2030, un agriculteur sur deux pourrait partir en retraite. D’ici 2050, l’eau sera plus rare, le climat plus dégradé et brutal, nos étés toujours plus secs. Des régions entières devront repenser leurs cultures. Pour cela, il faut planifier et prévoir, investir, reconvertir et accompagner ! C’est notre mission au Plan
Nous devons aider à bâtir une stratégie agricole à 10, 20 et 30 ans, au service de nos agriculteurs.
Nous lancerons ainsi une grande « Prospective agricole 2050 » dans les prochains mois ! À suivre ici… Merci aux agriculteurs pour leur accueil. Merci à tous les visiteurs : entre amis ou en famille, venir, c’est soutenir !

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Les chiffres sont graves : les violences augmentent et 24 % des victimes sont des mineurs. La protection de l’enfance est une chaîne de vigilance collective & constante. Repérer, signaler, protéger : chacun en est un maillon.

> 13 ans de prison pour celui qui a brisé les vies d’ados. La décision de la Cour criminelle de Bobigny rappelle une vérité : le chantage à la sextape, notamment via Snapchat est un crime. Aucune impunité pour les prédateurs.

> Alerte enlèvement : 20 ans d’un dispositif d’exception. Depuis 2006 : 37 alertes déclenchées, 38 enfants retrouvés vivants. Forces de l’ordre, magistrats, médias, transporteurs : une mobilisation collective pour protéger nos enfants.

> [Réseaux sociaux et internet] On sait que l’usage et l’exposition aux écrans ont des conséquences sur la santé physique et mentale : sur la qualité du sommeil, le neurodéveloppement, l’obésité liée à la sédentarité. 
Le numérique est pluriel mais le premier équipement d’un smartphone arrive dès 8 ans. Tout dépend ensuite des usages : si on regarde un film en famille, ce n’est pas dramatique. La question est : à quel âge et pour quoi faire ?

> [Réseaux sociaux et internet] Je suis convaincue que la captation de l’attention est un problème massif. Les algorithmes sont construits dessus. Cela crée de vraies fragilités en termes d’addiction. L’OMS reconnaît par exemple des risques sur le jeu vidéo. Cette économie de l’attention provoque des externalités négatives. Le cyberharcèlement est l’acte d’une personne alors que l’absence de modération sur des contenus radicaux ou violents va créer de l’engagement. 
Je suis très geek, mais à chaque âge sa protection et son contenu.
TikTok a aujourd’hui des procédures judiciaires en cours, Grok est visé par une enquête européenne pour des fonctionnalités IA. Mais, en contre-exemple, il y a le réseau social de Lego ou YouTube Kids qui sont des plateformes « child safe by design »

> [Réseaux sociaux et internet] Il faut faire attention car la pédocriminalité cible là où sont présents les enfants. Je pense à un jeu vidéo comme Roblox, pour lequel j’ai saisi la commissaire européenne. Les parents sont parfois moins vigilants qu’avec un réseau social car ils ne connaissent pas ces jeux vidéo. 
Il y a aussi le langage des émojis : l’aubergine, la pizza chez les pédophiles, le cœur jaune qui signifie le mouvement masculiniste que l’on a pu voir dans la série Adolescence. Les parents ne voient pas de mots mais il y a une sorte de deuxième langue qui se développe avec ses propres codes. 
On protège les enfants avec de la régulation. L’interdiction avant 15 ans n’est pas une punition. C’est une obligation qu’on pose aux plateformes car elles n’ont pas modéré.

> La télévision est soumise à des programmations, des contrôles de l’Arcom, et il n’y a pas d’interaction. Avec, en outre, une réglementation très lourde concernant les enfants. La tablette ou le smartphone vont amener à pousser du contenu. 

> Un enfant sur deux exposés à la pornographie l’a été sans le vouloir.

> Les marques doivent comprendre qu’elles vont avoir un avantage compétitif si elles arrivent à être dans la protection des enfants. Le nouveau KPI pour les entreprises sera la confiance des parents. Shein, à la suite du scandale des poupées à caractère pédopornographique, a perdu 45 % de son CA. La protection des enfants et des adolescents sera fondamentale.

> [Réseaux sociaux et internet] Le « child safe by design », le fait de savoir si ça a été conçu de façon protectrice pour les enfants, sera l’élément de confiance demain. Ce sera un facteur de compétitivité de pour des marques et des plateformes.

> La protection de l’enfance va devenir le nouveau critère de réputation des marques. Plus personne n’acceptera de consommer des complices de la mise en danger de la santé des enfants.

> À 8 ans, un enfant sur deux a un smartphone et entre 8 et 15 ans, cela monte à 80 %. Il y a encore trop de regards désapprobateurs alors qu’il faut créer des environnements favorables comme dans les restos, les hôtels, les gares. L’enfant peut être aussi une clientèle cible.
En même temps, il faut de la régulation par le contrôle parental. Et ils sont le reflet de nos propres usages… Les spécialistes du neurodéveloppement nous montrent que si l’interaction entre l’adulte et l’enfant est toujours brouillée par le smartphone, cela peut dégrader chez l’enfant son estime de lui. 
Au Haut-commissariat à l’enfance, nous avons créé la collection « Les Clés de l’enfance » et un label « Le Choix des familles » pour les établissements « kids friendly » [accueillant les enfants].

> [Réseaux sociaux et internet] Aujourd’hui, 45 % des enfants qui ont été harcelés sur une messagerie l’ont été sur celle de la classe. Les vlops (very large online platforms) avec la fonctionnalité messagerie tombent sous le coup de la loi. Je plaide pour y intégrer les plateformes de jeux vidéo avec messagerie. La messagerie personnelle est préservée mais se pose la question des canaux de diffusion ouverts où l'on voit parfois des vagues de cyberharcèlement.

> Alerte enlèvement : 20 ans d’un dispositif d’exception. Depuis 2006 : 37 alertes déclenchées, 38 enfants retrouvés vivants. Forces de l’ordre, magistrats, médias, transporteurs : une mobilisation collective pour protéger nos enfants.

 

 


Actualités du Centre. Attaque de l’Iran par les Etats-Unis et Israël: pour Macron, «l’escalade en cours est dangereuse pour tous»


Emmanuel Macron a réagi à l’attaque des Etats-Unis de Trump et d’Israël de Netanyahu contre le régime totalitaire des mollahs en Iran.

Pour le Président de la république, «L’escalade en cours est dangereuse pour tous» et «elle doit cesser».

Mais, selon lui, la responsabilité en revient à l’Iran :
«Le régime iranien doit comprendre qu’il n’a désormais plus d’autre option que d’engager une négociation de bonne foi pour mettre un terme à son programme nucléaire et balistique comme à ses actions de déstabilisation régionale. C’est absolument nécessaire à la sécurité de tous au Moyen-Orient.»

Et il souhaite également que le peuple iranien puisse «construire son avenir librement» ajoutant que «les massacres perpétrés par le régime islamique le disqualifient et nécessitent que la parole soit rendue au peuple» et que «le plus tôt sera le mieux».

 

Voici le message d’Emmanuel Macron posté sur les réseaux sociaux :
«Le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran emporte de graves conséquences pour la paix et la sécurité internationale.
Dans ce moment décisif, toutes les mesures sont prises pour la sécurité du territoire national et celle de nos compatriotes ainsi que de nos emprises au Moyen-Orient.
La France se tient également prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation.
L’escalade en cours est dangereuse pour tous. Elle doit cesser.
Le régime iranien doit comprendre qu’il n’a désormais plus d’autre option que d’engager une négociation de bonne foi pour mettre un terme à son programme nucléaire et balistique comme à ses actions de déstabilisation régionale. C’est absolument nécessaire à la sécurité de tous au Moyen-Orient.
Le peuple iranien doit aussi pouvoir construire son avenir librement. Les massacres perpétrés par le régime islamique le disqualifient et nécessitent que la parole soit rendue au peuple. Le plus tôt sera le mieux.
Fidèle à ses principes et consciente de ses responsabilités internationales, la France demande une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies.
Je suis en contact étroit avec nos partenaires européens et nos amis au Moyen-Orient.»

 

Pour la centriste Kaja Kallas, la vice-présidente de la Commission européenne et haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité:
«Les derniers développements au Moyen-Orient sont périlleux.
Le régime iranien a tué des milliers de personnes. Ses programmes de missiles balistiques et nucléaires, ainsi que son soutien aux groupes terroristes, constituent une grave menace pour la sécurité mondiale. L’UE a adopté de fortes sanctions contre l’Iran et soutient les solutions diplomatiques, notamment sur la question nucléaire.
Je me suis entretenu avec le ministre israélien des Affaires étrangères, M. Saar, et d’autres ministres de la région. L’UE coordonne également étroitement ses efforts avec ses partenaires arabes afin d’explorer les voies diplomatiques.
La protection des civils et le respect du droit international humanitaire sont une priorité. Notre réseau consulaire est pleinement mobilisé pour faciliter le départ des citoyens de l’UE. Le personnel non essentiel de l’UE est rapatrié de la région.
Notre mission navale Aspides reste en état d’alerte maximale en mer Rouge et est prête à contribuer au maintien de la navigation.»

 


La Quotidienne centriste du 28 février 2026. Attaque de l'Iran: Trump ou la force armée pour détourner les regards


Venezuela, Groenland, Canada, Iran, Gaza, Cuba, Colombie, etc. d’interventions armées en menaces d’y recourir, Donald Trump est constamment dans l’utilisation de la puissance militaire pour affirmer sa masculinité mais aussi et surtout pour détourner les regards des scandales l’incriminant – comme l’affaire Epstein – et de ses échecs – la faiblesse de l’économie américaine – afin de redorer son image – qui est particulièrement négative avec de très mauvais sondages – et de ne pas sombrer avec le Parti républicain lors des prochaines élections de mi-mandat et à la prochaine présidentielle de 2028 où, constitutionnellement, il n’a pas le droit de se représenter sauf s’il contourne la loi, ce qu’il a très envie de faire.

La force armée comme substitut à son impopularité, voilà qui est commun à tous les autocrates et dictateurs, voilà qui recèle de graves dangers pour le peuple américain et pour la planète tout entière.

Et pendant qu’il intervient ou menace de le faire, il laisse se perpétuer des guerres qui font des milliers de morts quotidiennement, de l’Ukraine à la République démocratique du Congo en passant par le Soudan et maintenant entre le Pakistan et l’Afghanistan tout en réclamant le prix Nobel de la paix…

Les frappes contre l’Iran avec le concours d’Israël dirigée par son ami Netanyahu – à moins que ce ne soit le contraire – sont dans la droite ligne de cette stratégie.

Bien évidemment, cette intervention dont on ne connait pas encore l’ampleur et la durée, est menée soi-disant contre le programme nucléaire militaire des mollahs mais aussi, sans pudeur, pour la liberté du peuple iranien alors que Trump l’a laissé se faire massacrer il y a quelques semaines sans lever le petit doigt alors que celui-ci s’était soulevé en espérant une aide des Etats-Unis.

Dans un message, il dit aux Iraniens que le temps de leur liberté est venu alors qu’il n’en avait que faire jusqu’à présent, un cynisme qu’ils pourraient malheureusement payer fort cher.

Evidemment, il ne s’agit pas de soutenir le régime criminel et corrompu des mollahs comme il n’était pas question de le faire pour le criminel corrompu Maduro au Venezuela.

La chute du totalitarisme religieux en vigueur en Iran serait une bonne nouvelle mais l’on doute que Trump s’en soucie vraiment, tout au moins que ce soit sa priorité.

En revanche, qu’il le fasse pour lui et son image est une certitude.

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour] 

 

 


vendredi 27 février 2026

La Quotidienne centriste du 27 février 2026. Nouvel épisode des frasques antisémites de M. Mélenchon


L’obsession antisioniste (lisez antisémite) de monsieur Mélenchon n’est guère étonnante venant d’un militant trotskyste sachant que l’extrême-gauche a toujours associé le juif à un milliardaire s’étant enrichi sur le dos des «travailleurs».

Dès lors, sa dernière frasque, faire des allusions antisémites à propos d’Esptein au motif que les médias feraient exprès de cacher ses origines juives, est une évidence pour lui car le riche pédocriminel américain aux multiples relations avec les puissants coche toutes les cases de son obsession et de la caricature du «mauvais juif» qu’il se plait à propager.

Bien sûr, il peut y avoir pour cette extrême-gauche de «bons juifs», ceux qui ont renié leur appartenance à leur religion ou à leur origine pour épouser la «révolution».

S’est surajouté le conflit au Moyen-Orient où l’existence d’Israël est vue dorénavant par l’extrême-gauche comme une colonisation faisant des Palestiniens des victimes des impérialistes Juifs.

Cela va de pair avec le discours récurrent de LFI faisant des Français d’origine arabe le prolétariat du 21e siècle.

Entre le soi-disant «riche juif» et le soi-disant «pauvre arabe», Mélenchon et ses affidés ont choisi.

L’antisémitisme de Mélenchon est ainsi un mélange d’idéologie trotskyste, de démagogie électoraliste et de haine.

In fine, cela l’exclut définitivement de l’arc républicain et rendrait cataclysmique un second tour de la présidentielle entre lui et Bardella.

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour] 

 

 


jeudi 26 février 2026

La Quotidienne centriste du 26 février 2026. Mirage chinois: les Européens ne doivent pas tomber dans le piège de Xi


Après Emmanuel Macron, c’était au tour de Friedrich Merz, de se rendre en Chine avec l’idée de nouer des liens plus proches et des relations plus équilibrées avec Xi Jinping.

Il faut dire que la propagande de ce dernier ne cesse d’inviter les Européens à se rapprocher des Chinois alors que leurs relations avec les Etats-Unis de Trump ne cessent de se détériorer.

Mais, comme le président de la république française avant lui, le chancelier allemand n’a rien obtenu de la part du dictateur chinois qui n’a qu’un objectif, vassaliser économiquement l’Europe tout en promouvant son internationale totalitaire où il use de son allié russe pour menacer l’Union européenne.

Merz venait avec des demandes de rééquilibrage de la relation économique entre l’Allemagne et la Chine mais il n’a rien obtenu de concret à part quelques gestes symboliques ridicules.

Tout comme Macron.

Et comme lui, il a vécu une humiliation devant un despote inflexible.

Remplacer la relation avec les Etats-Unis par celle avec la Chine est un mirage qui est un piège extrêmement dangereux dans lequel les Européens ne doivent surtout pas tomber.

Sur le long terme, la menace chinoise est extraordinairement plus importante que celle étasunienne.

Se libérer de l’Amérique trumpienne en s’unissant à la Chine de Xi serait une erreur politique voire existentielle que les Européens pairaient d’un prix astronomique.

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour] 

 

 


Propos centristes. France – Fin de vie: lois sur l’aide à mourir et les soins palliatifs adoptées à l’Assemblée / Santé mentale des jeunes / Violence politique / Politique énergétique / Aide à l’Ukraine / Agriculture / Lutte contre les fraudes sociales et fiscales…


Voici une sélection, ce 26 février 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Heureux d’accueillir à Paris le Président José Ramos-Horta, prix Nobel de la Paix. Sa voix nous rappelle une exigence simple : la loi du plus fort ne doit jamais l’emporter, ni en Ukraine, ni en Birmanie, ni au Proche-Orient. L’adhésion du Timor oriental à l’ASEAN ouvre une nouvelle étape pour notre partenariat, ancré dans des valeurs démocratiques partagées et un engagement commun en faveur du multilatéralisme.

> Heureux de recevoir le Président Félix Tshisekedi à Paris. Nous avons échangé sur le partenariat bilatéral entre nos pays et sur la situation dans l’est de la République démocratique du Congo. La France soutient pleinement les efforts de médiation pour une solution politique durable dans la région des Grands Lacs, la cessation des hostilités, un cessez-le-feu et le respect de l'autorité de l'État et de l’intégrité territoriale de la RDC.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Violence politique / Intervention au Sénat] La violence n'est absolument pas une voie normale d'expression démocratique : elle doit être condamnée avec la plus grande clarté.

Je suis un homme de droite, et on m'a parfois reproché de travailler avec la gauche républicaine. C'est précisément parce que j'ai voulu que le gouvernement de la République ne travaille pas avec l'extrême droite.
Mais la clarification ne s'arrête pas là : elle est aussi dans la fin du deux poids, deux mesures. J'ai demandé à la présidente du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale de faire le ménage dans ses idées et dans ses rangs.
Or Raphaël Arnault est toujours membre du groupe LFI.
Je ne dis pas que votre combat contre l'extrême droite et le fascisme n'est pas à la hauteur. Mais reconnaissez que ce deux poids-deux mesures ne permet plus d'être crédible.
Ma boussole est simple : refuser la violence d'où qu'elle vienne et lutter contre les extrêmes, de gauche comme de droite, dont le projet politique est de nous voir disparaître pour se retrouver face à face au second tour de l'élection présidentielle. Réveillons-nous !

> [Motions de censure sur la politique de l’énergie / Intervention à l’Assemblée] Ces motions de censure portent officiellement sur un décret. En réalité, elles portent sur une stratégie. Elles portent sur une décision simple : planifier plutôt qu’improviser. L’énergie n’est pas un sujet d’improvisation. Elle engage notre souveraineté et notre indépendance pour plusieurs décennies. Elle engage notre industrie. Elle engage le pouvoir d’achat des Français.
Je me suis replongé dans les débats de 1974, au moment du plan Messmer. On y retrouvait déjà les mêmes accusations : passage en force, dérive autoritaire, folie financière, surproduction inutile. Cinquante ans plus tard, nous savons ce qu’a produit cette prétendue brutalité : une électricité souveraine, abondante, décarbonée, parmi les moins chères d’Europe. Pierre Messmer n’a pas improvisé, il a planifié. Aujourd’hui, le gouvernement fait humblement le même choix, en se fondant sur cet héritage.
Face à cela, que nous opposent le Rassemblement national et La France insoumise ? Non une stratégie alternative comme nous l’avons entendu à l’instant, mais une succession d’improvisations.

La première improvisation concerne le procès en illégitimité démocratique. La programmation pluriannuelle de l’énergie est fixée par décret. La loi le prévoit explicitement. Les objectifs sont votés par le Parlement. Depuis trois ans, il y a eu des concertations, des consultations et des débats. Ici même. En 1974, le plan Messmer fut adopté par une simple décision en Conseil des ministres. Était-ce une dérive illibérale ? Non.
C’était gouverner, tout simplement. Improviser une polémique juridico-politique ne change ni le droit, ni notre histoire, dont certains veulent aujourd’hui être les pseudo-héritiers.
La deuxième improvisation est plus lourde, car elle concerne des chiffres inventés, d’abord par le Rassemblement national : 300 milliards d’euros, 50 % d’augmentation du prix du gaz – chiffre dautant plus farfelu que les importations sont soumises aux aléas des marchés internationaux –, des dizaines de milliards de pertes liées à la modulation nucléaire. Ces chiffres ne figurent nulle part dans la PPE ; ils ne correspondent à aucun document officiel ; ils ne résistent à aucune vérification ; ils sont même complètement fantaisistes pour ne pas dire inventés pour les besoins de la pseudo-démonstration, monsieur Tanguy. Répéter des chiffres infondés, démentis à plusieurs reprises par les autorités légitimes, ne constitue pas une politique énergétique.
Improviser des montants spectaculaires ne construit pas une stratégie. Tout cela n’est franchement pas sérieux. Assumons tout simplement la vérité : dans un scénario médian, les soutiens publics aux énergies renouvelables sont de 30 à 50 milliards d’euros sur trente-cinq ans. Il faut y ajouter environ 50 milliards d’euros pour le raccordement, partiellement payés par les producteurs –
 des investissements utiles dans les réseaux, comme vous le savez. Cela correspond tout au plus à un ou deux ans dimportations d’hydrocarbures.
Ensuite, des chiffres sont inventés par La France insoumise : 80 000 emplois seraient menacés dans les énergies renouvelables, alors que nous augmentons les investissements dans les filières du secteur, en priorité celles qui sont désormais souveraines. Vous parlez de baisse des objectifs sur le photovoltaïque, quand la PPE va multiplier par trois la puissance photovoltaïque installée d’ici à 2035. Là aussi, tout cela n’est pas sérieux.
La troisième improvisation consiste à faire croire que la PPE ferait exploser les factures, un propos stupéfiant puisque la réalité est inverse. Ce qui coûte cher à la France et aux Français, ce sont les énergies fossiles importées –
 des dizaines de milliards deuros chaque année, plus de 100 milliards en 2022.
Pendant ce temps, le chef de La France insoumise d
éfend dautres intérêts, en proposant le 28 janvier dernier de remettre en route Nord Stream pour « dun seul coup baisser le prix de l’énergie en Europe ».
Rappelez-vous que notre dépendance au gaz russe aura coûté 72 milliards d’euros aux finances publiques, pour financer le bouclier tarifaire rendu nécessaire par la flambée internationale du prix du gaz à la suite de la guerre en Ukraine.
C’est une proposition inepte pour le climat, pour l’économie et pour la patrie. Lors du vote, madame la présidente Cyrielle Chatelain, les députés du groupe écologiste devront prendre leurs responsabilités devant leurs électeurs.
La dépendance aux hydrocarbures, qu’ils viennent de Russie, des États-Unis ou du Moyen-Orient, fait tôt ou tard monter les prix, là où l’abondance d’électricité décarbonée produite domestiquement les stabilise. Improviser un procès sur le pouvoir d’achat, sans parler de l’aberration climatique des importations fossiles, c’est ignorer la cause réelle du problème et occulter ce qui, justement, n’est plus acceptable.
La quatrième improvisation consiste à opposer nucléaire et renouvelables. Le Rassemblement national réclame plus de nucléaire, mais il combat les renouvelables, il refuse la diversification, comme nous l’avons entendu, et, en creux, il refuse l’électrification massive des usages.
La France insoumise réclame plus d’énergies renouvelables, mais elle combat le nucléaire et elle assume préférer importer du gaz russe que de produire de l’électricité nucléaire décarbonée française.
Chacun de ces partis porte une vision simplifiée à l’extrême –
 sans mauvais jeu de mots. Aucune nest viable. Aucune ne protège vraiment notre indépendance. Le tout nucléaire est vulnérable, le tout renouvelable est instable, alors que leur combinaison est robuste, comme nous le savons tous désormais. Cest du bon sens, tout simplement. Pierre Messmer et nos grands anciens ne raisonnaient pas en fonction dun dogme. Ils raisonnaient en termes de souveraineté, avec bon sens. Tentons de faire de même aujourd’hui. C’est ce que nous proposons.
La cinquième improvisation est aussi mensongère que paradoxale. Elle est le fait du Rassemblement national, qui prétend que la PPE ne serait pas assez nucléaire. C’est pourtant la programmation la plus ambitieuse depuis le plan Messmer : prolongation du parc, six réacteurs de type EPR 2 engagés, huit en option. Aucun gouvernement n’a engagé un tel effort depuis cinquante ans.
Permettez-moi de rappeler un fait : en 2011 et en 2012, à la suite de Fukushima, le RN proposait la réduction de la part du nucléaire pour, à terme, en sortir.
Il évoquait les dangers de cette énergie : « c’est un fait : le nucléaire est dangereux », affirmiez-vous, comme un écho de la position défendue ce soir par La France insoumise.
Vous nous reprochez maintenant de ne pas être assez nucléaires. Improviser une ligne énergétique au gré des circonstances politiques ou de l’actualité n’est pas une stratégie. La constance en matière industrielle et stratégique compte davantage que les repositionnements opportunistes successifs.
Improviser un procès en faiblesse nucléaire quand on a soi-même plaidé pour réduire drastiquement la place de cette énergie est pour le moins paradoxal.
Quant à La France insoumise, elle veut sortir du nucléaire –
 nous venons de lentendre – sans proposer de trajectoire pour remplacer cette énergie dans notre mix énergétique sinon en s’aliénant encore un peu plus au gaz russe. Nul besoin d’épiloguer.
La sixième improvisation anime particulièrement les députés du Rassemblement national depuis quelques semaines sur les réseaux : la modulation casserait les centrales nucléaires. Ils affirment que l’augmentation de la part des renouvelables contraindrait le parc nucléaire à moduler au point de l’endommager, voire de le rendre non rentable. C’est faux. Le parc nucléaire français a été conçu dès l’origine pour moduler. Ce n’est pas une adaptation récente, mais une caractéristique industrielle intégrée dans sa conception. Dans les années 1990, lorsque l’électrification progressait et que la demande variait fortement, la modulation annuelle dépassait 50 térawattheures certaines années, contre environ 30 aujourd’hui.
Autrement dit, le parc a déjà modulé davantage qu’il ne le fait aujourd’hui. EDF l’a rappelé à plusieurs reprises : la modulation fait partie du fonctionnement normal du parc, elle est encadrée par l’Autorité de sûreté nucléaire, elle n’engendre pas les dizaines de milliards de pertes que vous évoquez. Si la modulation détruisait les réacteurs, ils ne fonctionneraient plus depuis trente ans. La réalité est plus simple : plus on électrifie les usages, moins le parc a besoin de moduler.
Le véritable enjeu n’est donc pas de limiter la production, mais d’augmenter la consommation électrique décarbonée pour sortir des fossiles. Là encore, vous simplifiez un système industriel complexe jusqu’à vous prendre les pieds dans le tapis.
La septième improvisation n’est pas nouvelle : la France produirait déjà trop d’électricité. C’est exactement ce que certains disaient au début des années 1980. La réponse n’a pas été de réduire la production. La réponse a été là encore d’électrifier les usages. Aujourd’hui, 60 % de notre consommation énergétique reste fossile. Le problème n’est pas que nous produisons trop, mais que nous n’électrifions pas assez. Improviser une lecture statique d’un système dynamique conduit toujours à l’erreur. C’est précisément votre difficulté constante : vous raisonnez à partir de la photographie d’hier pour contester l’investissement de demain. Vous prenez les chiffres des dernières années pour invalider la trajectoire des trente prochaines. Vous regardez la consommation actuelle pour refuser la production future. C’est une vision courte. Une vision défensive, qui arrive toujours après les événements. Or une politique énergétique ne se construit pas avec un temps de retard, mais avec dix ou quinze ans d’avance parce que les réacteurs que nous lançons aujourd’hui ne seront raccordés au réseau qu’à cette échéance. À chaque grande mutation, qu’elle soit industrielle, sanitaire ou géopolitique, vous avez réagi. Or nous devons collectivement anticiper. L’énergie n’est pas un débat d’opportunité ; c’est une architecture stratégique. Et, sans vision de long terme, il n’y a ni souveraineté, ni puissance, ni indépendance.
La huitième improvisation consiste à ignorer l’enjeu industriel. Les députés du Rassemblement national considèrent à la fois que la PPE contient trop d’électricité et qu’elle en contient trop peu pour soutenir l’industrie. Cela n’est pas logique ! L’industrie a besoin d’une électricité abondante, stable, prévisible.
Sans visibilité énergétique à trente ans, il n’y a ni acier, ni chimie, ni batteries, ni hydrogène, ni intelligence artificielle.

> Le dialogue social fonctionne quand on lui laisse du temps. Assurance chômage : accord trouvé hier soir !
- Ruptures conventionnelles : indemnisation à 15 mois au lieu de 18 pour les moins de 55 ans afin de permettre 15 000 retours à l’emploi
- Économies estimées :  500M€ /an en moyenne.
Près d’1 milliard d’euro en régime de croisière. Des mesures claires, des économies solides, des effets réels sur l’emploi. Félicitations aux partenaires sociaux.

> Au Salon international de l’agriculture, une ligne claire : protéger notre souveraineté alimentaire et nos agriculteurs. Échanges concrets autour de la loi d’urgence et des mesures de simplification des normes en agriculture. Sans oublier les enjeux européens : une PAC dédiée à la production et des accords de libre-échange équitables pour les agriculteurs. Ce qui est interdit en France reste interdit, même à l’importation. Fin du deux poids, deux mesures.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine / Intervention à l’Assemblée] Depuis 1 462 jours, la France est aux côtés de l’Ukraine. Le premier fait que nous pouvons tous reconnaître, c’est l’implication, la résilience du peuple ukrainien face à cette guerre. Pour le soutenir, la réponse est plurielle. Si la première est évidemment capacitaire et la France a souhait
é apporter sa contribution dans ce domaine dès le premier jour, il faut également répondre aux besoins en matière de formation, cruciaux pour être opérationnels.
Comment pouvons-nous nous adapter? Eh bien, en dix ans, la France aura doublé le budget de ses armées, afin d’améliorer leur situation capacitaire, mais aussi d’assurer leur maintien en condition opérationnelle, ce qui suppose de nombreuses heures de vol, de manœuvre pour nos navires et d’entraînement pour notre armée de terre.
Concernant la menace hybride qui appelle plusieurs réponses, dont la première consiste bien sûr à renforcer nos capacités cyber et la seconde à consentir un effort en matière de renseignement. Le projet de LPM que nous aurons l’occasion de discuter dans quelques semaines prévoit une augmentation du budget alloué au renseignement, en particulier à la DRSD, qui informe et accompagne nos entreprises. Voilà comment nous pouvons aller plus loin !
Au sujet du ciel ukrainien. Il s’agit d’en assurer la protection en Européens, car protéger l’Ukraine, c’est protéger l’Europe. Très concrètement, quand la France met à disposition un système SAMP/T NG, elle fournit d’un côté un radar et de l’autre des missiles. Telle est la façon dont nous pouvons répondre aux besoins de l’Ukraine, qui sont aujourd’hui ceux de l’Europe.

> Ce que nous faisons également, et c’est très important, c’est nous attaquer aux ressources financières de la Russie. C’est tout le sens de l’action contre la flotte fantôme.

> Heureuse de voir le lancement de l’initiative Brave 1 France–Ukraine, concrétisation de la lettre d’intention signée le 7 février à Kyiv avec mon homologue ukrainien. Allier l’audace industrielle ukrainienne, forgée par la guerre, et l’expertise technologique et industrielle française, c’est renforcer concrètement nos capacités et la sécurité européenne. La coopération de défense franco-ukrainienne franchit une nouvelle étape : encore davantage partenariats industriels et des développements et challenges d’innovation conjoints, directement appuyés par l’AMIAD et la DGA.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Face aux tempêtes qui ont balayé notre territoire et les inondations, le régime Cat-Nat est efficace. 294 communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle le 24 février 2026. L’arrêté, publié au Journal Officiel le 25 février, permet d’accélérer l’indemnisation des victimes. (…)
Notre système fonctionne, mais nous devons aussi préparer l’avenir face à l’aggravation des phénomènes climatiques. Nous lançons un groupe de travail pour proposer des solutions concrètes avant l’été.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Tribune cosignée avec les ministres Johann Wadephul (Allemagne) et Radoslaw Sikorski (Pologne) pour le quatrième anniversaire de l'agression de Poutine contre l'Ukraine] Lorsque Vladimir Poutine a lancé en 2022 son invasion à grande échelle de l'Ukraine, il s'était donné, ainsi qu'à ses troupes, quelques jours seulement. Ces quelques jours devaient suffire pour établir un corridor jusqu'à Kiev, prendre le contrôle de la capitale ukrainienne et mettre en place un régime fantoche pro-russe. Quelques jours devaient suffire pour balayer d'un seul coup l'architecture de sécurité européenne.
Ces quelques jours sont devenus quatre années d'échec.
En quatre ans, Moscou n'a atteint aucun de ses objectifs, bien au contraire. Les pertes russes sont énormes, les succès peu nombreux. Chaque jour, des centaines de soldats russes perdent la vie ou sont mutilés, à cause des errements de M. Poutine. Plus d'1,2 million d'entre eux ont été blessés, tués ou sont portés disparus. Ce sont des chiffres ahurissants : dix fois plus élevés que pendant les guerres en Tchétchénie et vingt fois plus que pendant la guerre soviétique en Afghanistan. Ils dépassent le total des pertes soviétiques et russes depuis 1945. Et tout cela pour quoi faire ? En 2025, les troupes russes ont conquis à peine 1% en plus du territoire ukrainien. À ce jour, elles ont perdu la moitié du territoire qu'elles avaient occupé de manière illégale au printemps de 2022.
Il va sans dire que le plan de M. Poutine n'a pas fonctionné. En réalité, il a échoué de manière spectaculaire.
Vladimir Poutine a gravement sous-estimé la résilience du peuple ukrainien, l'héroïsme de ses soldats, la conscience nationale de tout un pays ; tout comme la solidarité de l'Occident, qui se tient fermement aux côtés de l'Ukraine.
L'OTAN est plus unie que jamais et est encore plus forte qu'auparavant. Nous y avons deux nouveaux alliés : la Finlande et la Suède, cette dernière ayant mis fin à 200 ans de neutralité.
La stratégie de M. Poutine face à cette résistance est claire : il mène une guerre d'usure.
Il est apparu clairement, même avant cet hiver, que son intention est de bombarder l'Ukraine jusqu'à provoquer une coupure d'électricité généralisée. Ses attaques prennent en priorité pour cible les infrastructures énergétiques civiles. Les hôpitaux, les écoles, les immeubles résidentiels ainsi que des quartiers tout entiers se retrouvent privés d'électricité, de chauffage, d'eau. Dans la seule capitale de Kiev, un demi-million de personnes sont touchées.
Ces attaques qui visent les populations civiles sont contraires au droit international. Elles constituent des crimes de guerre. Le peuple ukrainien est censé céder face à la terreur. C'est le jeu cynique que mène M. Poutine dans cette période de froid hivernal.
Nous, Européens, ne nous laisserons pas dicter les règles du jeu.
Car nous savons que nous sommes les prochains sur la liste.
L'objectif final poursuivi par le Kremlin ne fait aucun doute : il s'agit de mettre en place un monde illibéral d'autocraties défiant l'Occident démocratique. L'agression de la Russie contre l'Ukraine s'inscrit dans une attaque plus large contre l'ordre international fondé sur des règles de droit.
C'est là l'enjeu de cette guerre brutale de conquête. C'est la raison pour laquelle nous continuons à soutenir l'Ukraine de manière coordonnée.
C'est la raison pour laquelle nous apportons à l'Ukraine des capacités de défense aérienne supplémentaires.
C'est la raison pour laquelle nous l'aidons à protéger ses infrastructures énergétiques et à en réparer les installations, non seulement pour faire face à cet hiver mais aussi pour préparer l'hiver prochain.
C'est la raison pour laquelle l'Union européenne apporte à l'Ukraine un paquet d'aides d'un montant de 90 milliards d'euros.
C'est la raison pour laquelle nous avons imposé des sanctions globales qui affaiblissent M. Poutine et les réserves de son économie de guerre.
C'est la raison pour laquelle nous soutenons l'adhésion de l'Ukraine à l'UE.
C'est la raison pour laquelle nous appelons à ce qu'un tribunal spécial soit mis en place pour traduire en justice les criminels de guerre.
C'est la raison pour laquelle nous accueillons des réfugiés de guerre ukrainiens.
C'est la raison pour laquelle nous avons bâti la coalition volontaire d'États la plus ambitieuse de l'histoire récente afin de doter l'Ukraine, une fois la paix acquise, des capacités nécessaires pour garantir une paix durable.
Il faut que M. Poutine comprenne bien qu'il est en voie de perdre l'Ukraine sur le plan stratégique.
L'Ukraine n'abandonnera pas la voie des réformes européennes dans laquelle elle est engagée. L'Ukraine a d'ores et déjà tissé sur le plan institutionnel des liens plus forts que jamais avec l'Occident. Notre but en tant qu'Européens est on ne peut plus clair : nous voulons à tout prix parvenir à une paix juste et durable.
Nous n'atteindrons cet objectif que si nous sommes en position de force. C'est la raison pour laquelle notre détermination à soutenir l'Ukraine demeure inébranlable. C'est la raison pour laquelle des milliards d'euros d'avoirs russes demeurent gelés. C'est aussi la raison pour laquelle nous continuerons d'accroître les pressions exercées sur la Russie.
Après quatre années de guerre, l'Ukraine n'est plus le même pays. L'Europe elle aussi a changé. L'Union est devenue plus forte et plus résiliente. Elle sait combien la liberté est précieuse et elle est prête à la défendre avec une détermination inébranlable.

> Les algorithmes de l’étranger ne doivent pas décider à notre place de notre débat public national. Le Parlement européen votait il y a deux ans une loi pour interdire à la Russie, ou toute autre acteur extérieur à l’Union européenne, de financer des « publicités » politiques en ligne avant un scrutin électoral. Monsieur Bardella n’avez pas voté cette loi, comme le reste du RN. Quel patriote vous faites.

> La France a fait entrer 80 tonnes d'aide alimentaire à Gaza, où la situation humanitaire reste difficile en dépit du cessez-le-feu. 320 tonnes attendent encore de pouvoir être délivrées. L’aide doit pouvoir parvenir sans entraves aux populations civiles, aux côtés desquelles nous restons mobilisés.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Santé mentale des jeunes / Intervention à l’Assemblée] Les indicateurs montrent que la situation de la santé mentale est d’une telle gravité que le premier ministre a annoncé la semaine dernière qu’il la prenait en charge à son niveau et qu’un comité interministériel se tiendrait bientôt. Vous l’avez souligné, l’implication de plusieurs ministères renforce l’efficacité de cette politique publique.
Vous souhaitez connaître les résultats des actions en faveur desquelles l’État s’est engagé ces dernières années. Les dépenses d’assurance maladie pour la psychiatrie sont passées de 9 milliards d’euros en 2020 à 13 milliards en 2025, ce qui a notamment permis d’augmenter le nombre de professionnels présents sur le terrain : le nombre de psychologues a doublé et le nombre de psychologues conventionnés pour Mon Soutien psy, dispositif qui permet à chacun d’être remboursé de ses séances, est passé de 4 000 en 2024 à 6 700 en 2025. Le nombre de psychiatres a augmenté de 7 % ces dix dernières années.
Ces deux dernières années, les centres médico-psychologiques pour adultes ont bénéficié de 18 millions supplémentaires, ce qui a permis de recruter 300 professionnels de plus. Les CMP pédiatriques ont bénéficié ces trois dernières années de 38 millions supplémentaires et ainsi de 633 professionnels de plus.
En dépit de ces efforts, la situation reste difficile. J’apporte d’ailleurs tout mon soutien à la famille dont vous avez parlé.
Ma priorité est la santé mentale des jeunes. Nous devons renforcer le repérage et les interventions précoces. Un rapport m’a été remis la semaine dernière et nous engagerons des actions concrètes en conséquence. Le numéro 3114 de prévention du suicide bénéficiera chaque année de 23 millions d’euros de plus. C’est indispensable, tout comme l’est la lutte contre les addictions qui entraînent des troubles psychologiques chez les jeunes.

> [Lutte contre les fraudes sociales et fiscales / Intervention à l’Assemblée]

Quand une société décide de mettre en commun ses ressources, de faire contribuer chacun pour protéger les plus fragiles, la fraude n’est pas un simple abus ; elle une trahison – une trahison de la confiance sans laquelle aucune solidarité ne tient. Ce nest pas seulement largent qui est détourné, cest lidée même de justice qui est abîmée. En tolérant la fraude, on installe une inégalité presque morale entre ceux qui respectent la règle et ceux qui la contournent.
Lutter contre la fraude sociale, ce n
est donc pas cocher une case budgétaire, ni aligner des sanctions pour recouvrer 13 milliards d’euros, c’est défendre le cœur battant de notre pacte social.
Depuis quelques années, la fraude change de visage. Elle s’organise, se professionnalise, se sophistique. C’est pourquoi la puissance publique doit élever son niveau d’exigence et d’action.
C’est l’ambition de ce projet de loi : franchir un cap décisif dans la lutte contre la fraude sociale et assumer un changement d’échelle ; donner enfin aux organismes de sécurité sociale les moyens d’agir plus vite, plus fermement et plus efficacement dès qu’une fraude d’ampleur est détectée.
D’abord, le projet de loi simplifie profondément les procédures. Prenons le cas d’une société d’audioprothèse qui surfacturait systématiquement les dispositifs pris en charge par l’assurance maladie ; dans l’état du droit, cette fraude faisait l’objet d’un dépôt de plainte par chacune des soixante caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) concernées. Grâce à une meilleure coordination entre les caisses et la justice, une seule et même plainte pourra désormais être déposée pour une fraude unique. C’est un progrès très concret et attendu. Les enquêtes seront ainsi plus rapides, les procédures plus fluides et, au bout du compte, un plus grand nombre de condamnations pour escroquerie seront prononcées.
Nous renforçons également les capacités d’enquête de l’assurance maladie. Un nombre accru d’agents pourront exercer le droit de communication, notamment auprès des établissements bancaires. Les enquêteurs spécialisés pourront ainsi se concentrer sur les fraudes les plus sophistiquées et les réseaux les mieux structurés.
D’autre part, la lutte contre la fraude ne peut plus être émiettée ; elle exige une action collective, cohérente et coordonnée. C’est pourquoi nous organisons de nouveaux échanges d’informations entre l’assurance maladie et les organismes complémentaires. En partageant les données indispensables, ils pourront détecter plus rapidement les anomalies et stopper les fraudes portant sur les actes ou les prestations de santé. Nous renforçons aussi les échanges entre, d’une part, les acteurs de l’autonomie des personnes âgées et en situation de handicap, d’autre part, les organismes de l’État et de la protection sociale.
L’objectif est simple : il s’agit de mieux repérer les incohérences, d’éviter les détournements et de sécuriser les dispositifs. Toutefois, je tiens à être parfaitement claire : cette coopération renforcée ne se fera jamais au détriment des droits des assurés. Le texte fixe un cadre strict à l’usage des données de santé : accès limité, secret professionnel renforcé, durée de conservation encadrée et interdiction totale d’utiliser ces données pour fixer le prix des contrats.
Nous ciblons également des fraudes identifiées depuis longtemps et qui pèsent lourd sur les finances de l’assurance maladie. Je pense notamment aux transports sanitaires, qui représentent 7 milliards d’euros de dépenses chaque année et plus de 40 millions d’euros de fraude en 2024. Ces transports sont indispensables pour des milliers de patients, mais ils donnent aussi lieu à des dérives. Désormais, certaines données nécessaires à la facturation, comme les kilomètres réellement parcourus et la géolocalisation, devront être transmises automatiquement à l’assurance maladie.
Nous renforçons également les sanctions contre les fraudes les plus graves. Prenons l’exemple d’une pharmacie. Aujourd’hui, si elle facture massivement des médicaments onéreux non délivrés, elle peut être déconventionnée. Or cela n’est pas toujours dissuasif, puisqu’elle peut continuer de fonctionner avec de l’activité non remboursée. Un professionnel de santé convaincu d’une fraude lourde pourra désormais cumuler sanctions financières et sanctions conventionnelles.
Nous irons plus loin encore lors de l’examen du texte, en proposant de nouvelles mesures visant notamment à combattre les sites frauduleux qui délivrent abusivement des arrêts de travail et des prescriptions de médicaments coûteux. Nous présenterons aussi des mesures pour encadrer les pratiques commerciales liées à certains équipements de santé remboursés, afin de prévenir les abus et de garantir une information loyale des patients.
Mesdames et messieurs les députés, je le rappelle régulièrement : la sécurité sociale n’est pas simplement un ensemble d’administrations, de guichets et de prestations ; elle est notre héritage, un socle de valeurs fondamentales qu’il nous appartient de protéger et de faire prospérer. L’adoption de ce projet de loi nous permettra de tenir cette promesse de justice

> Ravie de remettre aujourd’hui sa lettre de mission à Élisabeth Laithier, véritable ambassadrice du Service public de la petite enfance. Dès la mi-avril, un Tour de France sera lancé pour accompagner les nouveaux exécutifs municipaux dans leurs responsabilités d’autorités organisatrices. Le Gouvernement est aux côtés des élus, des professionnels et à l’écoute des familles pour apporter la meilleure réponse à leurs besoins et assurer l’accompagnement des tout-petits.

> [Manque de dermatologues / Intervention à l’Assemblée] Les difficultés d’accès aux soins sont une source d’angoisse majeure pour nos concitoyens. Il est vrai que la densité moyenne des dermatologues a baissé même si, au niveau national, les délais ont plutôt diminué. Ces indicateurs doivent de toute façon être améliorés puisqu’il faut encore attendre environ quarante jours pour obtenir une consultation.
J’en viens à la formation : ces dernières années, notre politique a permis une augmentation du nombre d’étudiants en médecine mais aussi d’internes puisque 102 postes ont été ouverts cette année contre 90 l’an dernier.
Nous avons actionné d’autres leviers. Vous avez eu raison d’évoquer les équipes de soins spécialisés. L’efficacité de ce type d’organisation des spécialistes sur le territoire permet de réduire les délais de rendez-vous. Depuis juin 2024 est prévu un financement de ces équipes par l’assurance maladie, ce qui était demandé depuis longtemps. Certaines équipes ont déjà été déployées et nous essayons de contribuer au développement de ce dispositif.
D’autres mesures ont été prises : dans le cadre des négociations conventionnelles, la consultation dédiée au dépistage du mélanome –
 un enjeu de santé publique – a été revalorisée au 1er janvier, passant à 60 euros.
Enfin, je l’ai rappelé lors des dernières assises de la télémédecine : au-delà des téléconsultations, il faut massivement développer la téléexpertise, un réel levier d’amélioration de l’accès aux soins puisqu’il permet de mettre en contact un médecin généraliste et des médecins spécialistes, qu’ils exercent en libéral ou dans les centres hospitalo-universitaires.

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Un nouvelle étape s’ouvre entre la France et Madagascar ! J’ai eu le plaisir d’accueillir ce matin le Président de la Refondation de la République malgache pour une journée placée sous le signe du partenariat et de l’action. Ensemble, nous avons posé les bases d’une coopération renouvelée, alliant solidarité et ambition partagée. La France et Madagascar, unis pour l’avenir !

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> [Lutte contre les fraudes sociales et fiscales / Intervention à l’Assemblée]

Personne n’est au-dessus de la loi. Par ce texte, nous renforçons notre arsenal contre le business de la fraude, c’est-à-dire contre ceux qui, par des moyens de plus en plus sophistiqués, font du vol de l’argent public une profession. Cela fragilise non seulement nos finances publiques, mais aussi notre pacte républicain. En effet, la fraude est une perche tendue à tous les démagogues. Elle abîme la cohésion sociale, fragilise le consentement à l’impôt et sape le soutien nécessaire des citoyens à la solidarité nationale.
C’est pourquoi le premier ministre a souhaité, dès sa prise de fonctions, faire de la lutte contre toutes les fraudes une priorité. L’objectif du gouvernement est clair : prévenir, traquer, sanctionner et recouvrer, pour frapper les fraudeurs au portefeuille et garantir le bon usage du denier public. L’expérience des dernières années le montre : notre engagement a déjà payé. Jamais nous n’avons autant détecté ni autant encaissé. En 2025, nous avons détecté un record de 17,1 milliards d’euros de fraude fiscale et encaissé 11,4 milliards d’euros. Dans le champ social, le montant des fraudes détectées et redressées a doublé entre 2019 et 2024.
Ces bons résultats sont dus à des choix politiques clairs, qui se sont matérialisés dans le plan ministériel de lutte contre toutes les fraudes aux finances publiques présenté par Gabriel Attal en mai 2023 et poursuivi par Thomas Cazenave. Dans ce cadre, nous avons renforcé les moyens humains, modernisé les outils, revu les organisations internes –
 ciblage des contrôles, déploiement de pôles de lutte contre la fraude à enjeux, développement de pôles d’enquêteurs nationaux –, mieux coordonné les administrations et encouragé un travail plus rapproché avec les parquets.
L’adoption des textes financiers pour 2026 a permis d’aller encore plus loin en sécurisant des avancées majeures en matière de lutte contre la fraude fiscale, avec notamment la généralisation de la facturation électronique. Je veux saluer ceux dont l’engagement au quotidien permet un tel succès : les agents de la direction générale des finances publiques, des douanes, des organismes de protection sociale et de tous les services qui participent à cette lutte contre la fraude, protégeant ainsi l’argent et les droits sociaux de nos compatriotes.
Soyons cependant lucides : il reste encore beaucoup de travail. Les fraudeurs s’adaptent. La fraude se numérise, se structure, s’industrialise. Comme les autres ministres l’ont dit avant moi, il s’agit avant tout d’une fraude de professionnels –
 64 % des montants de la fraude sociale sont concernés. Ce projet de loi est donc un texte de riposte, avec une cible assumée : la fraude organisée.
D’abord, il faut mieux détecter la fraude en facilitant les croisements de données. La mise à jour du registre national des entreprises (RNE) sera systématisée et les transmissions d’informations judiciaires aux services fiscaux et douaniers seront facilitées.
Ensuite, il faut mieux sanctionner la fraude. L’escroquerie aux finances publiques en bande organisée sera criminalisée et les sanctions contre les facilitateurs de la fraude seront alourdies. Les dispositifs de sanction à la main de l’AMF –
 lAutorité des marchés financiers – seront renforcés. Les revenus présumés issus dactivités illicites pourront être assujettis à des majorations de CSG  contribution sociale généralisée.
Enfin, il faut mieux recouvrer. Contre les soci
étés éphémères qui organisent leur propre insolvabilité, une procédure de flagrance sociale sera mise en place. La solidarité financière dans les chaînes de sous-traitance sera renforcée. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces dispositions au cours des débats.
Permettez-moi de saluer le travail utile et exigeant réalisé par les commissions des affaires sociales et des finances de l’Assemblée nationale ainsi que par leurs rapporteurs Patrick Hetzel et Daniel Labaronne. Monsieur le rapporteur Labaronne, vous avez notamment sécurisé la mise à jour du RNE en cas de fraude, tout en répondant aux exigences de protection des données personnelles. Quant à vous, monsieur le rapporteur Hetzel, vous avez permis de mieux encadrer les dispositions relatives au droit d’information de France Travail, de supprimer l’accès au fichier PNR –
 les données des dossiers passagers – et de clarifier le cadre dexploitation des données de connexion à France Travail par certains de ses agents à des fins de lutte contre la fraude.
Une motion de rejet pr
éalable a été déposée. Face à cet enjeu majeur pour notre cohésion sociale et nos finances publiques, comment peut-on dire : « Circulez, il ny a rien à voir, rien à discuter » ? Bien sûr, on peut vouloir améliorer les dispositions du texte. Le travail engagé en commission a vocation à se poursuivre en séance. J’entends certains dire qu’il faut rééquilibrer le texte : c’est précisément le but de nos débats en séance.
Face au développement du business de la fraude, fiscale comme sociale, une fraude sophistiquée, œuvre de professionnels, il est du devoir de l’Assemblée nationale de protéger les finances publiques et de s’assurer que l’argent des Français va bien à nos services publics et à notre protection sociale. Nous espérons que l’examen de ce texte permettra de renforcer les moyens qui permettent à nos services de garantir le meilleur usage des deniers publics. (

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> [Lutte contre les fraudes sociales et fiscales / Intervention à l’Assemblée]

Au moment où l’on demande des efforts importants aux Françaises et aux Français ainsi qu’à nos entreprises pour redresser les comptes de l’État et de la sécurité sociale, nous avons le devoir républicain de lutter contre les fraudes, en laissant de côté – je vous le suggère – les idées reçues et les a priori idéologiques sur la fraude. La fraude n’est ni une idéologie ni un acte politique, c’est un coup de hache porté au pacte républicain.
L’objectif de ce texte est simple : protéger autant les particuliers que les entreprises et les comptes publics. Dans le contexte actuel des finances du pays, la fermeté doit être totale pour lutter contre la fraude sociale –
 cest de celle-ci que je parlerai – et fiscale.
C
est la raison pour laquelle le premier ministre a souhaité commencer lexamen de ce texte en parallèle des textes budgétaires et dans leur continuité. Avec David Amiel et Stéphanie Rist, nous serons pleinement mobilisés pour défendre ce texte jusquau bout.
La volont
é du gouvernement est de faire adopter un texte équilibré et juste, un texte d’efficience et de fermeté, afin de répondre aux attentes légitimes des Françaises et des Français. Nous le devons à tous les travailleurs et à tous les employeurs qui respectent leurs obligations et qui sont très largement majoritaires dans notre pays. Nous le devons aussi aux services de l’État et aux fonctionnaires qui sont en première ligne pour lutter contre la fraude et qui manquent de moyens face à la professionnalisation et à la complexité des modèles de fraude.
Pour lutter efficacement contre la fraude, nous devons sortir des postures idéologiques. Il faut le dire clairement : il n’y a pas, d’un côté, la fraude fiscale qui concernerait les entreprises, de l’autre, la fraude sociale qui concernerait seulement les particuliers. En fait, plus de la moitié de la fraude sociale est le fait d’entreprises peu scrupuleuses, qui recourent au travail dissimulé et éludent le paiement de cotisations pourtant indispensables à la pérennité de notre modèle social.
Le combat contre la fraude doit dépasser les clivages et rassembler l’ensemble des forces politiques qui veulent permettre à l’État d’agir avec fermeté tout en employant des méthodes proportionnées.
La lutte contre la fraude commence par la détection. En 2024, 2,9 milliards d’euros de fraudes sociales ont pu être détectés, plus du double du montant des fraudes découvertes en 2020 –
 nous progressons. Cependant, nous pouvons et devons faire encore mieux, en améliorant les dispositifs, de manière à permettre une détection encore plus rapide et sassurer du recouvrement des sommes soustraites par la fraude organisée.
La t
âche nest pas simple parce que la fraude met à l’épreuve la puissance publique. Les services font face à des pratiques qui évoluent vite et prennent des formes variées. Les montages sont de plus en plus sophistiqués, à la main de réseaux organisés, et touchent de plus en plus de secteurs.
Avec ce projet de loi, le gouvernement propose d’aller plus loin en renforçant les outils existants grâce à la technologie, mais toujours de manière juste et proportionnée, dans le respect de la vie privée et sans stigmatiser les bénéficiaires légitimes de la solidarité nationale.
Cependant, on ne peut pas lutter contre la fraude d’aujourd’hui avec les outils d’hier. C’est pourquoi nous devons lutter contre la fraude sociale sur tous les fronts.
Un premier volet de mesures, celui qui permet le recouvrement des sommes les plus importantes, concerne directement la lutte contre le travail dissimulé, sous toutes ses formes, qui représente le principal poste de fraude sociale, estimé à 7 milliards d’euros, loin devant les fraudes liées aux prestations sociales ou à l’assurance maladie.
J’ai eu l’occasion de le dire plusieurs fois : l’emploi crée le travail ; le travail entraîne des cotisations ; les cotisations financent la sécurité sociale. Le travail dissimulé échappe complètement à cette logique de solidarité. Non seulement il nuit au financement de la sécurité sociale, mais il nuit aussi aux travailleurs qui ne cotisent pour aucun droit et qui subissent des conditions de travail et de rémunération dégradées. Il nuit également aux entreprises elles-mêmes, car les montages frauduleux faussent la concurrence vis-à-vis de l’immense majorité des entreprises qui s’acquittent de leurs obligations.
Je voudrais d’abord insister sur la nécessité de mieux coordonner et concentrer les actions de nos corps de contrôle en vue de lutter contre le travail dissimulé. Nous devons renforcer leurs moyens d’action face à des schémas frauduleux toujours plus complexes.
Pour améliorer le taux de recouvrement, nous proposons à l’article 21 un principe nouveau de flagrance : dès lors qu’il y a conviction de fraude sur la base de faits avérés, les services pourront geler immédiatement les comptes de l’entreprise incriminée. Le but du gouvernement est d’agir vite pour ne pas lui laisser le temps d’organiser son insolvabilité, voire de se volatiliser dans la nature en emportant la caisse.
Nous souhaitons aussi, avec l’article 22, renforcer l’obligation de vigilance, donc la solidarité financière dans les chaînes de sous-traitance. La lutte contre le travail dissimulé concerne aussi les maîtres d’ouvrage, qui doivent prendre la mesure de leur responsabilité quand ils font appel à des donneurs d’ordre qui recourent au travail dissimulé via leurs prestataires et la sous-traitance en cascade.
Nous voyons ainsi se multiplier les cas de sociétés qui sous-traitent à des prestataires une partie des missions confiées par de grands groupes étrangers peu scrupuleux de nos normes sociales. Le gouvernement a déposé un amendement pour qu’il soit possible de procéder à la fermeture administrative de ces établissements complices de travail dissimulé. Par cet amendement, nous voulons mieux protéger nos entreprises et nos travailleurs. Nos normes sociales doivent contribuer à protéger nos commerces et nos filières contre la concurrence déloyale internationale.
La lutte contre la fraude sociale doit également permettre d’améliorer la part des sommes effectivement recouvrées. Il n’y a pas de sanction réellement dissuasive si elle ne se traduit pas par le recouvrement des sommes dues et par l’acquittement de l’amende –
 il faut taper au portefeuille.
Pour cela, le gouvernement propose d’élargir l’accès de nos services aux données fiscales et sociales. C’est le meilleur moyen de renforcer l’efficacité financière des contrôles. Nous serons amenés à discuter à l’article 17  bis du schéma de sanctions graduées, à la main des Urssaf, que nous proposons pour renforcer notre capacité à recouvrer les sommes dues.
Le deuxième ensemble de mesures du texte relatives à la fraude sociale s’attaque aux fraudes à l’emploi. Avec ces mesures, nous cherchons, non pas à embêter les Français à la recherche d’emploi, à remettre en cause le droit à l’erreur ou à pointer du doigt la négligence, mais bien à sanctionner des faits avérés de fraude intentionnelle et répétée.
Le projet de loi limite aux comptes bancaires domiciliés en France ou dans l’Union européenne le versement des allocations chômage ; il interdit de percevoir des allocations en cas de revenus issus d’activités illicites ; enfin, il cherche à permettre à France Travail d’améliorer le recouvrement des fraudes aux allocations chômage, qui représentent 116 millions d’euros en 2024.
Au sujet de France Travail et de son action dans la lutte contre la fraude, le gouvernement soutiendra l’équilibre que vous avez trouvé en commission sur l’article 28, relatif aux capacités de contrôle de France Travail. Vous avez en effet adopté un système proportionné, qui protège la vie privée des allocataires tout en renforçant significativement les moyens d’action à la disposition des agents de contrôle de France Travail. Je plaide pour que cette version soit retenue.
Toutefois, soucieux de trouver les bons équilibres et sensible à certains arguments émis notamment par la Défenseure des droits, le gouvernement déclare dès ce soir être favorable aux amendements nos 263 et 82, présentés respectivement par les groupes communiste et socialiste, et qui visent à maintenir le reste à vivre des allocataires le temps de la suspension conservatoire. Nous devons être fermes et justes sans être dans l’excès ni renoncer au choc de solidarité.
Un troisième ensemble de mesures de lutte contre la fraude sociale concerne la formation. Des investissements puissants ont permis de développer la formation, les compétences, l’apprentissage et de réduire durablement le chômage. C’est une grande réussite d’une belle politique publique en faveur de la jeunesse. Toutefois, quelques organisations peu scrupuleuses se sont engouffrées dans le système pour le dévoyer.
Nous devons aux jeunes et aux entreprises un écosystème de la formation efficace et irréprochable.
La fraude à la formation est en train de se professionnaliser. Il faut la freiner et même l’arrêter avant qu’elle ne se propage. Nous avons déjà accompli des actes en ce sens dans le cadre du droit existant. Ainsi, la semaine dernière, la préfecture d’Île-de-France a prononcé le retrait d’agrément d’un centre de formation aux pratiques plus que douteuses.
Dans ce cas, comme dans les autres, les jeunes sont les premières victimes. Ils pensent se former et se préparer à la vie active mais, en réalité, ils se trouvent face à des charlatans qui détournent l’argent public à des fins malhonnêtes. Nous avons créé une cellule d’accompagnement pour assurer la continuité des parcours. Pas un jeune ne sera laissé sur le bord du chemin. Ils n’ont pas à subir les conséquences des actes des fraudeurs, que nous sanctionnerons et dont nous arrêterons les activités.
Le texte que vous allez examiner propose des moyens pour mieux défendre les jeunes et les entreprises face aux brigands de la formation, en vérifiant que les offres de formation sont de qualité et ne visent à détourner pas l’argent public.
Le gouvernement présentera ainsi un amendement qui tend à assurer la remontée de données pour mieux informer les Françaises et les Français sur les taux d’abandon, les taux de réussite aux examens et, surtout, les taux d’insertion professionnelle en fin de parcours. Si, dans le cadre de leurs campagnes de recrutement des apprentis, les établissements communiquent des informations trompeuses sur ces statistiques, ils pourront être sanctionnés financièrement.
Vous l’avez compris, le gouvernement se place résolument du côté des jeunes. Il faut faire le tri entre les formations sérieuses et les formations trompeuses.
Nous lutterons aussi plus fermement contre les organismes de formation qui ne respectent pas la République et ses valeurs. Nous avons des retours inquiétants au sujet de certaines formations. Des actions sont en cours dans nos services pour lutter contre l’emprise, l’entrisme, le charlatanisme, ou encore contre des formations qui pourraient s’apparenter à un exercice illégal d’activités réglementées, comme la médecine.
Pour conclure, les pratiques de fraudes à la sécurité sociale ne sont pas acceptables. Elles sont très mal ressenties par nos compatriotes. Nous devons faire attention, car la fraude fragilise la confiance dans notre modèle social de solidarité et de mutualisation des risques. Elle installe le doute chez nos concitoyens, qui peuvent rechigner à fournir des efforts quand certains trichent et menacent la soutenabilité financière de nos politiques de solidarité.
Si vous adoptez ce projet de loi, nous pourrons mieux identifier la fraude et mieux recouvrer les sommes indues. Les systèmes de détection et de sanction deviendront plus dissuasifs et nous arriverons à faire baisser la fraude réelle dans notre pays, ce qui devrait être un objectif partagé par tous. Si ce texte est adopté, nous pouvons espérer un recouvrement de l’ordre de 1 à 2 milliards d’euros rapidement et, à moyen terme, de 3 milliards.
La sécurité sociale en a bien besoin.
J’espère que nous saurons être collectivement à la hauteur des aspirations des Françaises et des Français, qui attendent de nous tous de la fermeté face aux réseaux organisés de fraude et de l’indulgence face à l’erreur individuelle. Nous devons mettre un coup d’arrêt à la fraude intentionnelle et à la fraude à grande échelle. Si ce texte est adopté, nous pouvons espérer récupérer de l’argent pour la sécurité sociale.

 

Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> [Déclaration sur la politique agricole] Ce stand du
ministère au Salon de l’agriculture est le vôtre ; vous êtes ici chez vous. Chez vous, au sein du plus grand salon agricole populaire. Car oui, s'il n'y a pas de bovins, le salon reste le salon car il y a des éleveurs, des producteurs, des industriels, des vétérinaires, des agronomes, des agents de l'État, des techniciens, des enseignants, des chercheurs, des énergéticiens, des banques, … Le salon, c'est vous !
C'est pourquoi ce salon reste le salon, un moment à part, la grande fête populaire de nos agriculteurs à laquelle, dès son inauguration samedi, les Français ont répondu présents, en nombre, dans l'esprit de convivialité dont est fait son ADN.
Chacun ici le sait, notre pays porte dans ses gènes une destinée agricole qui l'a maintenue debout à travers toute son histoire. Chaque Français tient en lui, par sa famille, par son territoire ou simplement dans sa chair, une part de cette âme paysanne qui nous est propre, et qui n'attend aujourd'hui qu'un sursaut pour continuer d'éclairer notre avenir comme elle a éclairé notre passé.
Cette âme paysanne qui a fait de nous une puissance agricole de rang mondial. Le grenier à céréales de l'Europe, un géant laitier et bovin, le coeur battant du monde du vin. Un pays de champions de l'agroalimentaire, premier employeur des territoires. Un acteur central de la sécurité alimentaire internationale. Un modèle unique d'enseignement agricole.
L'un des fondements les plus solides de notre influence, et sans doute l'un des visages les plus universellement reconnus de notre identité.
Une place à part, conquise de haute lutte et qui explique, année après année, le succès intact du Salon de l'agriculture.
Alors mesdames et messieurs, pour nous, Français, sincèrement attachés à l'agriculture et aux agriculteurs, et à notre puissance agricole, intrinsèquement liée à notre souveraineté alimentaire, il est inacceptable de voir nos fondations vaciller.
Dans cette nouvelle géopolitique mondiale, l'agriculture dessinera dans les prochaines années, plus que jamais, les contours du monde de demain.
Notre agriculture, votre agriculture, est un des plus grands atouts sur lequel la France peut compter.
Alors je veux le dire clairement : je refuse catégoriquement que notre agriculture aujourd'hui soit fragilisée par les mêmes maux que notre industrie et notre parc nucléaire hier.
Les visionnaires de notre roman national du dernier siècle ont livré pour héritage la recette du redressement : une France forte, appuyée sur une base industrielle puissante, une énergie atomique peu coûteuse, et une agriculture conquérante et productive.
Trente années durant, la France en a goûté le fruit. Jusqu'à ce que notre pays, en raison de choix politiques que nous savons aujourd'hui néfastes, soit frappé par la désindustrialisation et par la dénucléarisation.
Aujourd'hui, nous voyons surgir à l'horizon le spectre de la désagriculture, véhiculée par le discours d'irresponsables.
L'appel au Grand Réveil Alimentaire des Français que j'ai lancé en décembre dernier était dicté par l'urgence d'une prise de conscience collective.
Un appel que l'actualité a transformé en alarme. En 2025, pour la première fois depuis 1970, la balance commerciale agroalimentaire de la France a frôlé le zéro.
Autant d'importations que d'exportations. En 2024, notre excédent atteignait encore 3,9 milliards d'euros. En 2023, 5,3 milliards. En 2022, 10,3 milliards. 10 milliards d'euros d'excédent commercial effacés en l'espace de quatre années.
Bien sûr, la conjoncture y a sa part. Les aléas climatiques, les tensions géopolitiques, la volatilité des marchés mondiaux ont fragilisé nos positions. Tout cela est vrai.
Mais 10 milliards d'euros d'excédent commercial ne disparaissent pas sous le seul effet de la conjoncture.
Les chiffres ne mentent pas : nos exportations ont augmenté encore l'année dernière et malgré toutes les difficultés de marché que nous connaissons ; ce qui explose, ce qui nous fragilise, ce qui déséquilibre notre modèle, c'est la croissance exponentielle de nos importations. Si on importe plus, c'est que nous devons nous interroger sur notre production.
C'est pourquoi, je lutte pied à pied depuis le premier jour de mon arrivée au
ministère contre la pensée de nos apprentis-sorciers de la décroissance. Ceux qui nous expliquent avec une tranquille assurance qu'il faudrait produire moins, pour produire mieux. Que la réduction de notre production constituerait en elle-même un progrès. Que notre agriculture gagnerait en vertu ce qu'elle perdrait en volume. Comme si le sursaut moral pouvait se substituer au sursaut productif.
L'idée pourrait prêter à sourire si ses conséquences n'étaient pas si concrètes et si graves. La décroissance ne fait que favoriser l'importation, elle remplace une agriculture que nous maîtrisons par une agriculture que nous subissons.
Je me bats pied-à-pied contre ce dogme et ses effets délétères. Ma conviction est à l'opposé. Une France agricole forte, c'est une France qui produit, qui entreprend, qui expérimente. Une France agricole forte, c'est une France qui relève le défi du changement climatique par l'innovation, non par l'incantation décliniste trop souvent à la mode. Une France agricole forte, c'est une France qui fait confiance à ses producteurs, non à ses détracteurs pour construire son avenir. Voilà ma conviction.
Alors mesdames et messieurs, pour que ce salon marque le début du grand sursaut agricole, le chantier majeur est celui de la productivité et de la compétitivité, un chantier sur lequel tout le monde a sa part de travail à fournir et de détermination à verser à l'effort commun.
L'Europe d'abord. Alors même que la PAC avait constitué un succès éclatant des communautés européennes, singulièrement pour la France, force est de constater que l'Union européenne se laisse aller : elle prend du gras réglementaire là où elle perd du muscle financier et politique.
Et ce alors même que toutes les grandes nations, conscientes de l'importance de bénéficier d'une agriculture forte face aux dérèglements climatiques, géopolitiques et démographiques, se réarment massivement.
La Chine a augmenté de 40 % le financement de sa politique agricole par habitant depuis 2014. Les États-Unis de 86 %. La Russie de 15 %. L'Europe, elle, manque pour le moment ce rendez-vous. A ce rythme, maintenir notre compétitivité face à nos concurrents ne sera plus possible par le sursaut, mais par le miracle.
L'Europe agricole doit d'urgence se remuscler. Vous pouvez compter sur moi, sur mon engagement sans faille, et sur celui de nombreux autres dirigeants européens, pour remettre droit le projet de PAC proposé par la Commission.
Le Président de la République a rappelé avant-hier sa détermination inflexible à défendre le budget de la PAC, pour qu'il ne manque pas un centime aux agriculteurs Français par rapport à l'actuelle programmation. Le Premier ministre l'a confirmée.
La PAC restera commune, restera financée à la hauteur des besoins immenses que réclame aujourd'hui l'agriculture, intégrera l'
inflation, pour offrir à nos agriculteurs, à vous-tous, les meilleures armes.
La compétitivité, c'est aussi défendre nos avantages comparatifs : je pense surtout à notre excellence sanitaire, construite depuis des décennies par ceux qui nous ont précédés.
Cette excellence, nous l'avons vue menacée par la vague de désinformation des derniers mois : nous avons dialogué, toujours ; nous avons toujours appuyé nos décisions sur la science ; nous avons agi avec pragmatisme et sens des responsabilités pour répondre aux problématiques des éleveurs : et nous y sommes, nous sommes en train de vaincre le virus ! Et ses détracteurs les plus virulents sont forcés d'admettre que la stratégie choisie était la bonne. Cette méthode, je veux la voir déployée à plus grande échelle pour adapter notre modèle du sanitaire au grand défi du changement climatique. Plus de prévention, plus de surveillance, plus de réactivité face à la crise.
C'est tout le sens des Assises du sanitaire animal que je veux maintenant voir aboutir le plus rapidement possible.
Je veux aussi mettre mes actes en cohérence avec mes principes. Nous avons trop longtemps parlé de mesures miroirs ou de concurrence déloyale sans déployer toute l'énergie nécessaire pour inventer une nouvelle politique publique.
J'ai voulu redoubler d'efforts pour déployer une concrète précaution pour vous protéger d'une concurrence normative déloyale.
La saisine de la Cour de justice de l'Union européenne sur l'accord avec le MERCOSUR par les députés européens, qui a été obtenu collectivement, est une première victoire.
L'interdiction sur notre marché des produits contenants 5 substances interdites en Europe, dont 3 ont déjà été étendues par l'Union européenne, en est une autre.
La mise en place d'une des premières brigades au monde dédiée aux contrôles des denrées alimentaires importées encore une autre. Le sursaut passe aussi par la protection face à la concurrence déloyale. C'est mon combat, j'irai jusqu'au bout. Ce combat passera aussi par des contrôles renforcés au niveau européen et dans les pays tiers : le commissaire Varhélyi que j'accueillerai ici demain, connaît ma position sur le sujet et est prêt à faire bouger les lignes.
L'Europe a donc sa part du travail à faire mais je ne me cacherai pas derrière mon petit doigt, la France aussi. Car c'est un fait, si la compétitivité des fermes européennes décroche face aux fermes d'autres continents, la compétitivité des fermes françaises décroche aussi face à leurs concurrentes européennes. Nous sommes la France, et pourtant près de 40 % des fromages que nous consommons sont importés, en quasi-totalité des pays européens. Nous sommes la France, donc la proportion devrait être inverse.
Il faut donc rendre les fermes françaises plus compétitives. L'année écoulée a permis d'en poser les grandes fondations : abaissement de charges d'un demi milliards d'euros, mouvement de simplification administrative avec le contrôle unique notamment, première levée d'entraves avec la loi Duplomb-Menonville, autorisation de l'utilisation de drones en agriculture, investissement dans la recherche, l'innovation, dans les variétés plus résilientes pour ne citer que cela.
Beaucoup a été fait, mais le combat continue, et il faut désormais appuyer sur l'accélérateur. C'est le sens de la loi d'urgence agricole, à laquelle je travaille en sillonnant les régions de France à votre rencontre. Les dernières consultations sont menées à l'occasion de ce salon, et permettront d'apporter des réponses concrètes aux problèmes concrets qui restent encore à résoudre dans le quotidien des paysans.
Sur l'eau, sur le loup, sur les moyens de production, sur le revenu, sur la commande publique, nous activerons tous les leviers pertinents pour faire bouger les lignes dans le temps court que nous laisse la perspective de la présidentielle.
Sur le loup, cela sera fait dès demain par voie réglementaire comme je l'ai annoncé : des années de combat qui se traduiront concrètement partout en France.
La profession a demandé au Premier ministre une loi pour lever des irritants ou des blocages qui demeurent malgré les cinq textes agricoles votés depuis un an et que nous ne pouvons régler par la voie réglementaire.
J'entends certaines voix, et pas seulement dans les cercles médiatiques, qui s'étonnent que ce texte ne soit pas encore rédigé et ficelé, moins de 40 jours après que le Premier ministre et moi-même avons fait droit à cette demande professionnelle.
Qui peut raisonnablement penser que le
Gouvernement puisse produire un texte utile et robuste pour les agriculteurs dans ce délai sans insulter la concertation et bâcler sa portée juridique ?
Cette consultation je la mène depuis 1 mois, avec vous, avec les parlementaires, avec les représentants agricoles.
Nous avons défini ensemble le périmètre de ce texte, la semaine du salon doit permettre aux syndicats de préciser leurs propositions afin de respecter le calendrier auquel s'est engagé le Premier ministre.
Je veux que ce texte aille au bout avant 2027. Je vous mentirais si je disais que nous pouvons mener la révolution copernicienne que l'agriculture demande depuis 40 ans alors qu'il ne reste que quelques semaines utiles au
Parlement. Entre les campagnes municipales et sénatoriales, il reste, en tout et pour tout, quatre mois au maximum disponibles pour faire prospérer des textes avant les élections. Beaucoup d'appelés, peu d'élus.
Le texte agricole est inscrit, contrairement à beaucoup d'autres, car le
Gouvernement en fait une priorité.
Pour autant, ne nous trompons pas de combat : une nouvelle loi d'orientation, dans ce délai, et compte tenu du contexte parlementaire, n'est pas possible.
Changer de paradigme, renverser la table des priorités de la société, faire primer la production et la souveraineté en tout arbitrage, tout ce à quoi vous aspirez profondément doit être mis au cœur des choix qui attendent les Français dans un an, qu'ils attendent avec impatience.
En ce qui me concerne, je porterai les grands principes auxquels je crois jusqu'à la dernière minute rue de Varenne. Et je compte bien défendre les convictions que j'ai acquises depuis un an et demi dans la grande confrontation des idées qui commence cette semaine au Salon pour ne s'achever que l'année prochaine.
J'ai toujours fait primer l'intérêt des agriculteurs et des transformateurs dans les batailles, parfois dures, que j'ai eu à mener depuis le premier jour à la tête de ce
ministère: je ne vais pas m'arrêter au moment où commence la reine des batailles, l'élection présidentielle et les choix cruciaux qu'elle aura à faire plus que jamais.
Les Français ont rendez-vous avec leur avenir, dont ils doivent choisir la boussole, en 2027. L'agriculture, à l'évidence, fait partie des fondamentaux de la société qu'ils se choisiront.
Et les débats que nous avons maintenant, et que ma voix continuera de porter partout où je le pourrai, préparent très largement cette échéance. Trois mots d'ordre les guideront : production, réindustrialisation, compétitivité.
S'y ajoute, bien sûr, la question du revenu sur laquelle nous ne pouvons transiger. Les négociations commerciales ont démontré que le déséquilibre du rapport de force était un problème à régler pour passer d'une guerre des prix à une création de valeur. Négocier des tarifs, c'est le sens du commerce. Menacer de déréférencement et condamner à mort des entreprises, c'est un procédé que je dénonce. J'assume. L'Europe veut bouger sur les centrales d'achat européennes : je serai à la pointe de ce combat, vous pouvez compter sur moi. Et comme je l'ai dit à Rungis, s'il faut compléter à la marge la loi Egalim pour renforcer le maillon amont, je le ferai. S'il faut aller plus loin, pas de tabou.
Mais, d'ici à 2027, beaucoup peut être fait pour apporter des solutions opérationnelles au quotidien des paysans, dans le temps utile que la session parlementaire actuelle nous offre. C'est ce que je veux pour ce
projet de loi: du concret, des changements visibles et mesurables dans les cours de ferme.
Je veux faire sortir des bâtiments de terre et débloquer des projets, qu'ils soient hydrauliques ou industriels. Le Premier ministre l'a encore rappelé la semaine dernière à tous les préfets de région au sujet de l'eau : financement, ingénierie, simplification concrète, raccourcissement des délais. C'est du concret, mais cela change la donne.
Je veux pousser des innovations concrètes dans les champs et dans les élevages pour renforcer notre productivité.
Je veux accélérer les contentieux, lutter contre les recours abusifs : cela sera fait pour nombre de projets par décret dès le mois de mars.
Mais au-delà de tous les textes, législatifs ou réglementaires, il faut aussi assumer que le sursaut, la fin de la désagriculture française, implique de «détotémiser» certaines icônes.
J'assume de dire que les fermes françaises, globalement de taille intermédiaire, fondées sur un modèle familial, ne peuvent pas toujours tenir la cadence face à des exploitations roumaines, polonaises ou même allemandes, bien plus vastes.
En aucun cas il ne s'agit de dire que le modèle familial est caduc : il garde sa pleine pertinence. Mais, au titre de la compétitivité, ne faut-il pas se poser la question de la taille critique ? Il faut aussi savoir s'adapter et s'engager dans la simplification de l'installation parfois, pour permettre l'émergence d'exploitations qui, sans cela, ne seraient ni viables ni rentables. Il faut savoir bouger quand le monde autour de nous galope, il faut savoir préparer l'avenir d'exploitations rentables et transmissibles.
C'est ce que nous avons fait l'année dernière avec le décret ICPE ; ce que nous continuons de faire dans le
projet de loi DDADUE récemment adopté au Sénat. C'est ce que nous continuerons à porter sur la scène européenne.
Enfin mesdames et messieurs, la possibilité de nous engager dans le grand sursaut agricole, dépend aussi des Français. De leurs choix de consommation bien-sûr, et donc de la transparence sur l'origine des produits.
Mais aussi de l'attitude de certains face aux producteurs que vous êtes.
Nous avons soupé trop longtemps d'un boboïsme hermétique à vos conditions de vie, qui n'a aucune peine à crier sur les plateaux de télévision que l'on se fiche de vos revenus, qui veut manger des oeufs sans se faire réveiller par le coq, qui n'hésite plus, sous couvert d'associations, d'attaquer en justice des projets de fermes qui nourrissent leur territoire depuis des générations.
La reconquête de notre souveraineté alimentaire, la possibilité même d'un sursaut agricole, dépend de l'attitude et du comportement de chacun. Il ne faut plus avoir peur de dénoncer ces comportements mortifères pour vous, et pour notre pays.
Là-aussi, je m'engage à être votre plus fidèle représentante, à dénoncer partout ces comportements, et à apporter l'aide nécessaire à ceux qui en sont victimes.
Cette ambition politique, mesdames et messieurs, suit aujourd'hui une direction nette et assumée : la reconquête de notre souveraineté alimentaire. C'est le sens des conférences de la souveraineté alimentaire que j'ai lancées en décembre dernier. Leur première phase, nationale, s'est achevée il y a quelques jours. Dans un temps contraint, avec des intérêts parfois divergents, les producteurs, les transformateurs, les distributeurs ont accepté de se prêter à cet exercice de concertation et de vérité. Tous ont joué le jeu, vous avez joué le jeu, et je vous en remercie sincèrement.
Au-delà des résultats, que je présenterai demain, ce qui en est ressorti est sans ambiguïté : une volonté de fer de reprendre la main, une conscience aiguë des défis, et surtout, des voies très claires pour les surmonter.
Bien sûr, ce temps de concertation et de réflexion était, pour ainsi dire, l'oeuvre la plus aisée de ces conférences. Nous avons fixé la hauteur de la barre, il nous revient désormais de la franchir !
C'est le sens de la seconde phase de ces conférences, la phase territoriale, d'où les projets concrets doivent sortir. Un temps d'action, où les ambitions doivent devenir investissements. Celle où les trajectoires doivent se compter en nombre de nouvelles exploitations, de nouveaux bâtiments, de nouveaux emplois. Partout sur le territoire, les préfets de région, les présidents de conseils régionaux, les chambres d'agriculture et l'ensemble des acteurs des filières auront la responsabilité de donner de la chair à cette ambition fixée au niveau national.
Il ne s'agira plus seulement réfléchir, mais de bâtir. De donner de la visibilité aux agriculteurs qui veulent s'installer, investir, transmettre.
Car la reconquête de notre souveraineté alimentaire, ne se proclame pas. Elle se construit. Elle se construit exploitation par exploitation, filière par filière, territoire par territoire.
Voilà, mesdames et messieurs, les quelques mots que je souhaitais vous tenir.
Ce moment est le nôtre. Le sursaut agricole ne viendra pas d'ailleurs. Il viendra de nous. De notre travail. De notre volonté. Et de la France. Alors, ensemble, faisons de ce salon le premier du grand sursaut agricole. La France et les Français nous en seront reconnaissants, pour longtemps.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Les textes sur les soins palliatifs et l’aide à mourir ont été adoptés en deuxième lecture par l’Assemblée nationale. Le débat a été exigeant, digne et respectueux des convictions de chacun. Nous franchissons une étape importante d’un processus qui se poursuit désormais. L’Assemblée s’est honorée. Nous le devions aux Français. Je suis fière. Merci à tous.

> L'Europe se construit aussi dans nos assemblées. J'ai reçu aujourd'hui le président de l'Assemblée albanaise : réformes, coopération économique, francophonie, tourisme, intégration européenne des Balkans, soutien à l'Ukraine. J'ai salué les étapes majeures franchies par l'Albanie sur la voie de l'UE, que nous soutenons pleinement. La diplomatie parlementaire est essentielle dans cette dynamique.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Visite en Ukraine] Malgré les frappes d’artillerie, malgré les drones russes qui survolent la ville et la ligne de front située à quelques dizaines de kilomètres, les Ukrainiens ont fait le choix de préserver et de chérir ce qu’ils ont de plus important : l’éducation de leurs enfants. Dans cette école bâtie sous plusieurs mètres de terre, grâce à l’aide de la France, des générateurs d’électricité tournent et permettent aux cours de se tenir. Et l’École tient bon. La solidarité en acte.

> [Visite en Ukraine] 420 drones et 39 missiles en une nuit. Derrière ces chiffres, il y a des familles prises pour cible, des infrastructures énergétiques visées, un peuple qu'on tente de briser par la terreur. Et la preuve que Vladimir Poutine ne recherche pas la paix. Nous ne détournerons pas le regard. Soutien total au peuple ukrainien.

> [Visite en Ukraine] L’hiver comme une arme de guerre. La Russie poursuit méthodiquement ses frappes sur les infrastructures essentielles. Objectif : couper l'électricité et le chauffage à des centaines de milliers de familles ukrainiennes. Pour fuir les logements glacés, la vie s’organise désormais dans des tentes de fortune, au pied des immeubles. J’ai vu le froid. Mais j’ai surtout vu une immense dignité face à la brutalité.

> [Visite en Ukraine] Derrière la technologie, il y a des hommes. J’ai rencontré l’équipe française d’Alta Ares, déployée ici sur le terrain. Ils travaillent main dans la main avec les soldats ukrainiens pour perfectionner le système d’interception de drones.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Qui aurait pu prévoir que la France deviendrait la 4e destination mondiale pour les investissements industriels, derrière les États-Unis, la Chine et l’Inde entre 2021 et 2025 ? Nous ! Il y a sept ans, j’ai porté sous l’égide du Président de la République, en tant que ministre de l’Industrie puis de l’Énergie de 2020 à 2024, un pari ambitieux : réindustrialiser notre pays et refaire de la France une terre d’investissements industriels. Après des décennies de désindustrialisation, nous avons fait un choix clair : inverser la tendance. Produire nos batteries électriques sur notre sol plutôt que continuer à les importer de Chine ou de Corée du Sud. Produire des médicaments et des principes actifs plutôt que les importer de Chine et d’Asie. Produire des composants pour l’industrie verte. Réinvestir le nucléaire. Créer les conditions pour que les industriels français et internationaux choisissent la France. Sur certaines filières, nous sommes partis de presque rien. Et beaucoup nous expliquaient que c’était impossible. C’est ce que j’ai porté avec d’autres avec les dispositifs France relance et France 2030. Des années à convaincre, à négocier le soutien européen, à travailler avec les élus locaux, les industriels et les salariés. Des années à sécuriser les investissements et à préparer concrètement l’ouverture de nouvelles usines. Aujourd’hui, les résultats sont là : la France attire les investissements industriels majeurs. Cela n’enlève rien aux incertitudes économiques que nous traversons ces derniers mois. Mais cela montre qu’une politique cohérente et constante porte ses fruits. Nous pouvons être fiers de notre pays. Fiers du chemin parcouru. Fiers d’avoir assumé de remettre l’industrie au cœur de notre souveraineté. Cela doit nous engager pour la suite. Ne détricotons pas notre bilan ! Ne cédons pas aux déclinistes !

> Aujourd’hui, l’Assemblée nationale marque l’histoire. Après des années de débats, d’hésitations, de témoignages bouleversants, de concertations collectives et de débats publics, une étape décisive vient d’être franchie. Nous venons de voter les propositions de loi sur les soins palliatifs et l’aide à mourir. Ces votes ne sont pas seulement législatifs. Ils sont profondément humains. Ce processus doit maintenant aller jusqu’au bout. Parce qu’il touche à ce qu’il y a de plus intime : la manière dont chacun souhaite vivre ses derniers moments. C’est une question de liberté. La liberté de choisir. La liberté de ne pas souffrir. La liberté de ne pas subir. La liberté de rester maître de sa dignité jusqu’au dernier instant. Cette loi n’enlève rien à personne. Elle n’impose rien. Elle ne contraint aucune conscience, aucun choix individuel, aucune conviction personnelle. Elle met l’Etat face à sa responsabilité de doter chaque territoire de soins palliatifs et elle ouvre une possibilité supplémentaire pour celles et ceux dont la douleur est réfractaire à toute prise en charge et dont le pronostic vital est engagé. Je pense à tous ceux qui ont agi dans la clandestinité ces dernières années ou qui ont du partir à l’étranger. Je suis soulagée.

> Oui, la banalisation des extrêmes n’est jamais anodine. Elle est même dangereuse. Quand le débat démocratique se transforme en affrontement permanent, c’est notre capacité collective à discerner, à débattre et à faire société qui en est impacté. Dans cette tribune, Xavier Bertrand alerte sur une dérive profonde : celle d’un pays enfermé dans la confrontation, où chaque camp se nourrit de l’autre et où la défiance finit par fragiliser nos institutions comme notre cohésion nationale. Une tribune qui invite à refuser la résignation, le simplisme et les logiques de surenchère, pour retrouver une exigence essentielle : celle d’un débat politique exigeant, responsable et fidèle aux principes républicains.

 

Marc Ferracci (député)
> Notre souveraineté commence dans nos champs, se transforme dans nos usines et se défend dans nos assiettes. Au Salon de l’agriculture 2026, j’ai multiplié les échanges avec celles et ceux qui font vivre concrètement notre souveraineté alimentaire. Avec l’ANIA, j’ai rappelé le poids stratégique de l’agroalimentaire, premier secteur économique français, fort de 250 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 520 000 emplois. Chez BASF, nous avons échangé sur l’innovation industrielle et l’ancrage territorial, essentiels à notre compétitivité. Retrouvailles chaleureuses avec les stagiaires et équipes de l’AFPA Corse, déjà rencontrés l’an dernier, qui valorisent avec engagement les produits corses et les métiers. Passage auprès de l’IFP Energies nouvelles, acteur majeur de la recherche et de l’innovation énergétique. Je leur ai promis de me rendre prochainement sur leur site lyonnais pour poursuivre nos échanges sur la transition énergétique et l’industrie du futur. Discussion également avec les équipes de Lidl sur la valorisation des produits français à l’international, notamment en Suisse, et sur le rôle de la distribution dans le soutien aux filières. Échanges avec la coopérative agricole sur les labels, la valorisation des produits de nos territoires et la consolidation du modèle coopératif, pilier de structuration des filières et de sécurisation des revenus agricoles. Je suis aussi allé à la rencontre des filières des spiritueux et brassicole, qui participent pleinement au rayonnement de notre savoir-faire et à la vitalité économique de nombreux territoires. Au fil des stands, une conviction se confirme : soutenir notre agriculture et nos filières agroalimentaires, c’est défendre nos emplois, nos territoires et notre capacité à produire en France.

 

Daniel Labaronne (député)
> [Lutte contre les fraudes sociales et fiscales / Intervention à l’Assemblée] Nous entamons l’examen du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, dont j’ai l’honneur d’être le rapporteur pour avis du volet fiscal. Je veux le dire d’emblée : il ne s’agit ni d’un texte de suspicion généralisée, ni d’un texte dirigé contre les plus modestes.
Il ne vise ni l’erreur de bonne foi ni les situations de fragilité ; il souhaite combattre la fraude organisée, s’attaquer à ceux qui en ont fait une activité professionnelle et détournent massivement l’argent public.
La fraude sociale et fiscale a changé de nature. Elle n’est plus marginale, artisanale ; elle est structurée, professionnalisée, parfois mafieuse. Elle prospère sur nos failles administratives, nos lenteurs, nos cloisonnements.
L’État ne peut rester désarmé ; il doit se donner les moyens d’agir efficacement. C’est pourquoi ce projet de loi a trois ambitions : mieux détecter ; mieux combattre et sanctionner ; surtout, mieux recouvrer.
Première ambition : mieux détecter. Le texte vise à améliorer, de manière strictement encadrée, le partage d’informations entre administrations fiscales, sociales, douanières, judiciaires, afin que soient décelés plus rapidement les comportements frauduleux. Les données personnelles seront protégées ; s’agissant du volet fiscal, je proposerai des amendements destinés à garantir un traitement sécurisé et proportionné.
Le texte prévoit également de faciliter le contrôle de certaines activités économiques, de renforcer les échanges d’informations avec les autorités de régulation financière. En revanche, plusieurs articles additionnels adoptés en commission devraient être supprimés, soit parce que satisfaits par le droit existant, soit parce qu’incompatibles avec le droit européen. Là encore, l’efficacité commande la clarté.
Deuxième ambition : mieux sanctionner. La logique est simple : frapper les trafiquants là où ça fait mal, au portefeuille –
 confiscation judiciaire des biens, saisie des sommes et taxation des revenus issus du trafic. Il convient de poser le principe suivant : on ne peut s’enrichir de la drogue tout en percevant des allocations chômage.
Le Sénat a durci le dispositif en étendant l’interdiction de cumul à l’ensemble des aides et prestations sociales versées sous condition de ressource. Il s’agit là d’une erreur que nous devrons corriger : l’interdiction de cumul existe déjà pour les prestations sociales et la malencontreuse rédaction sénatoriale met en danger tout le dispositif de recouvrement des prestations sociales indûment versées.
Inversement, certains collègues, en commission, se sont inquiétés de la possibilité que le recouvrement des sommes indûment perçues intervienne avant la décision du juge pénal. Rappelons que l’autonomie des procédures fiscales par rapport aux procédures pénales est un principe constitutionnel.
Le texte prend également acte de la complexification des schémas de fraude et de l’extension de l’activité des mafias au détournement d’aides publiques. Les moyens d’enquête des services de police judiciaire et de renseignement fiscaux seront renforcés afin de lutter contre les groupes criminels qui organisent le détournement de fonds publics. En revanche, la suppression du verrou de Bercy ou l’extension massive des transmissions automatiques à la justice seraient contre-productives : si l’on veut attraper de gros poissons, il faut concentrer les moyens, non les diluer dans l’océan des petites affaires.
Troisième objectif : mieux recouvrer. C’est le cœur politique du texte. L’idée est non pas d’empiler les sanctions symboliques, mais de récupérer l’argent de la fraude. Trop de procédures échouent simplement faute de temps. L’allongement des délais de reprise de l’administration fiscale permettra de corriger des omissions d’assiette ou de recouvrement portant sur des montants très significatifs.
Je tiens à souligner l’importance de l’article consacré aux trusts, souvent situés dans des paradis fiscaux et qui ont longtemps servi –
 et servent encore – à échapper à limpôt.
J
ai considéré le texte à travers un seul prisme : celui de lefficacité. Après consultation de lensemble des services concernés, et au terme dun travail exigeant, marqué par des échanges nourris avec tous les groupes de notre hémicycle afin de bâtir d’utiles compromis, une conviction s’impose : notre priorité doit être, non pas d’élargir indéfiniment le champ des contrôles, mais de rendre la lutte contre la fraude réellement opérationnelle. Ce texte doit frapper vite, juste et fort les réseaux organisés, les montages sophistiqués, les professionnels de la fraude, non les erreurs de bonne foi, ni les plus fragiles. C’est à cette condition qu’il sera accepté et qu’il produira des résultats tangibles.

 

Nicole Dubré-Chirat (députée)
> [Proposition de loi visant à garantir l’égal accès de tous à laccompagnement et aux soins palliatifs et proposition de loi relative au droit à laide à mourir / Intervention à l’Assemblée] Nous allons nous prononcer en seconde lecture – voire la troisième si on compte lexamen commencé en 2024 – sur la proposition de loi visant à garantir l’égal accès de tous à laccompagnement et aux soins palliatifs et la proposition de loi relative au droit à laide à mourir, après leur examen par le Sénat.
Je remercie les corapporteurs mobilis
és sur les deux textes, François Gernigon, Annie Vidal, Brigitte Liso, Audrey Abadie-Amiel, Élise Leboucher, Stéphane Delautrette ainsi que le rapporteur général Olivier Falorni pour sa perspicacité. Une fois de plus, leurs avis ont été indispensables pour éclairer nos débats.
S’agissant de la première proposition de loi, le texte leur donne une nouvelle impulsion aux soins palliatifs. Son ambition se résume à la volonté d’améliorer l’accompagnement des malades et de leurs familles jusqu’à la fin de la maladie. Il est consensuel et traduit l’accord existant sur la nécessité de développer les soins palliatifs sur tout le territoire sous forme de lits dans des unités de soins, d’unités de soin spécialisées ou d’équipes mobiles intervenant en établissements de soins ou à domicile.
Le développement et l’accès aux soins palliatifs dans notre pays relèvent d’un enjeu majeur, celui de l’égalité devant le service public de la santé. Alors que l’offre de soins palliatifs reste inégalement répartie, le lieu de domicile du patient ne peut plus entraîner l’impossibilité à y accéder, comme c’est encore trop souvent le cas. C’est donc à cette attente qu’il nous faut répondre par une augmentation ambitieuse, massive et équitable de ces soins. Le texte concrétise le but que nous devons atteindre au plus vite grâce à la stratégie décennale : des soins palliatifs partout et pour tous.
Les discussions ont permis de nombreux apports législatifs. Ainsi, l’article 2 structure l’organisation territoriale des soins palliatifs et l’article 8 introduit la formation à l’accompagnement de la fin de vie et à l’approche palliative pendant les études médicales.
Je salue le rétablissement de l’article 10, qui prévoit la création des maisons d’accompagnement, des structures privées, publiques ou associatives qui offrent une option supplémentaire entre l’hôpital et le domicile. Elles sont destinées à accueillir le malade lorsque les conditions matérielles ne lui permettent pas de demeurer chez lui. Elles s’inscrivent dans une approche globale, pluridisciplinaire et non hospitalière au bénéfice des malades.
Cependant, lorsque les soins palliatifs ne sont pas suffisants, accessibles ou souhaités par le malade, il est nécessaire de lui proposer une autre solution. C’est le sens de la proposition de loi sur la fin de vie. Elle n’entre pas en opposition avec les soins palliatifs mais est complémentaire. Reposant sur le respect absolu de la volonté de la personne, elle permet d’offrir un cadre législatif renforcé visant à soulager ses souffrances.
Je veux redire qu’il s’agit d’un texte équilibré –
 même si cette qualification a été contestée par certains –, fondé sur une demande initiale du malade réitérée tout au long du processus lorsque sa situation répond à cinq critères cumulatifs particulièrement précis. Le cadre juridique strict entraîne de fait la non-éligibilité pour les personnes atteintes d’une maladie psychiatrique, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et les mineurs. Il me semble important de le rappeler car la désinformation est forte et récurrente à ce sujet de la part des détracteurs du texte.
Initialement, le malade pouvait décider entre l’autoadministration et l’administration de la substance létale par un professionnel de santé, comme dans d’autres pays. Je regrette que la seconde délibération demandée sur ce point n’ait pas confirmé le vote dans l’hémicycle ; j’estime que le respect de la volonté du malade et la sécurité des soignants aurait dû guider le législateur à chaque instant.
Une autre seconde délibération demandée par le gouvernement a entraîné l’adoption d’un amendement visant à préciser à l’article 4 qu’une souffrance psychologique seule ne peut en aucun cas permettre de bénéficier de l’aide à mourir. Comme je l’ai dit, les personnes atteintes d’une maladie psychiatrique ne sont pas à éligibles à l’aide à mourir. La précision apportée en seconde délibération n’est pas utile car la quatrième condition précise que le patient doit présenter une souffrance physique ou psychologique liée à une affection.
Ce lien obligatoire ne peut susciter aucune ambiguïté. Les critères sont cumulatifs et doivent être appréciés dans l’entièreté de leur contenu. Cela rassure et sécurise ceux de nos collègues qui craignent une dérive dans l’application des conditions.
Je souhaite insister sur un point très important : le droit de recourir à l’aide à mourir repose d’une part sur le choix du malade, dans le respect de la dignité de la personne, et, d’autre part, sur le respect des convictions des soignants, qui resteront libres de participer ou non à la procédure, puisque le texte les protège par la clause de conscience. Aucun soignant ne sera contraint à cet accompagnement.
Après tant d’attente, l’Assemblée nationale doit à nouveau se prononcer. Je crois qu’il est de notre devoir de répondre à la demande exprimée par les malades, les associations qui les représentent et les soignants, dont l’opinion est majoritairement favorable sur le sujet. Je suis très attachée au vote de ce texte, dont le parcours législatif aura été particulièrement long et mouvementé, quoi qu’en disent certains collègues.
Ce texte est conforme aux valeurs de la République : liberté de choix, égalité d’accès aux soins et fraternité pour l’accompagnement en fin de vie.
Soutenir le droit à l’aide à mourir, ce n’est pas la promouvoir, c’est tenir compte du patient malade et respecter son autonomie dans le choix de ses soins. Notre droit doit permettre à chacune et à chacun d’avoir une fin de vie libre et choisie, dans les conditions les plus dignes, lorsque la maladie ou la douleur n’est plus supportable et qu’aucun traitement n’est efficace.
Si, à titre personnel, j’appelle à faire évoluer notre cadre législatif, grâce à un droit attendu de longue date par les patients, le groupe Ensemble pour la République laissera une liberté de vote sur l’ensemble des deux textes, au nom du respect des valeurs de chacun de ses membres.

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> Depuis plusieurs jours, les prises de position des responsables LFI à la suite de la mort du jeune Quentin s'accumulent et ajoutent au malaise. Dans un moment aussi grave, la décence impose la retenue, la clarté et l'appel au calme. La désescalade et la recherche de vérité devraient être une exigence. Il fallait des mots simples et nets. Il fallait reconnaître les dérives et prendre ses responsabilités. Au lieu de cela : aucune excuse publique ou sanction ; aucune rupture claire avec la Jeune Garde ; et des attaques en règle de Jean-Luc Mélenchon contre les journalistes. Tout donne le sentiment d'une stratégie de diversion pour éviter d'assumer. Encore cette semaine, Mathilde Panot a estimé que « faites le ménage » serait une formule sexiste dans un numéro d'équilibriste. Quel que soit le terme employé, empêchez ceux qui se réclament de vos idées de propager la haine et la violence. Lorsque des collaborateurs parlementaires sont mis en cause, lorsqu'un climat de violence verbale et physique est entretenu depuis des années, lorsqu'un jeune homme meurt roué de coups pour ses idées - quelles qu'elles soient - le minimum est d'assumer sa part et d'en tirer les conséquences. De changer, en fait. On ne lutte pas contre la haine par la haine. On ne combat pas la violence par la violence. On ne combat pas ceux qui cherchent des boucs émissaires en cherchant d’autres boucs émissaires. On ne corrige pas le mensonge par le mensonge.

> [Proposition de loi visant à garantir l’égal accès de tous à laccompagnement et aux soins palliatifs et proposition de loi relative au droit à laide à mourir] Les deux textes sur les soins palliatifs et sur l’aide à mourir seront soumis ce jour au vote de notre assemblée en deuxième lecture. J’ai fait le choix, comme Président de groupe, et nous avons fait le choix, comme députés du groupe Les Démocrates, du respect de chacun dans sa liberté de conscience et son intime conviction. Du respect de nos parcours de vie et de nos expériences, qui ont forgé pour chacun d’entre nous un rapport éminemment singulier à cette question pourtant si universelle. Ce choix en implique un autre : celui de vouloir un débat digne, qui ne soit ni caricatural ni conflictuel, tant nous sommes attachés aux principes humanistes les plus fondamentaux et partageons la nécessité de comprendre les différents regards et les regards différents sur ce à quoi nous veillons ensemble : la dignité de chaque personne humaine. De ce point de vue, hormis de rares excès, il faut remercier toutes celles et tous ceux qui, du rapporteur Olivier Falorni aux membres du gouvernement et aux orateurs des différents groupes, ont su tenir le débat à hauteur de ce qu’il doit être. Il faut et il fallait un débat, dans le prolongement de la convention citoyenne sur la fin de vie. Personne ne peut sérieusement avancer sur ces sujets en étant empli de certitudes. Personne. Personne ne sait tout sur ces sujets complexes. Personne. Personne ne devrait accuser les opposants de la loi d’inhumanité ou d’insensibilité aux souffrances des malades et personne ne devrait non plus accuser celles et ceux qui soutiennent la loi d’avoir des intentions qui feraient d’eux des acteurs conscients d’une inhumanité ou d’intentions comparables avec les heures les plus sombres de notre histoire. Et j’essaye donc, pour ma part, d’éviter ces écueils caricaturaux. Chacun doit désormais, en conscience, exprimer par son vote son choix sur ces textes. Et puisque nous sommes à l’heure des choix, je souhaite simplement essayer d’expliciter le mien sur ces sujets. Le texte sur les soins palliatifs fait objectivement l’objet d’un consensus très large pour une raison assez simple : chaque Français devrait avoir accès aux services de soins palliatifs dont il faut souligner l’extraordinaire humanité, l’extraordinaire dévouement et la capacité qu’ils ont, dans les derniers instants d’une vie à lui donner du sens et à lui garder sa dignité. Dans une vie, les derniers instants comptent à mon sens tout autant que tous les autres et il faut veiller sur ces jours et sur ces heures, sur ces derniers mètres, parce qu’ils sont aussi essentiels que tous les autres mètres d’une vie. Ces praticiens, ces aides-soignants et l’ensemble des équipes n’ajoutent pas des jours à la vie, ils ajoutent de la vie aux jours et c’est pour cela que, comme l’immense majorité de nos collègues, je voterai ce texte avec la ferme intention qu’aux intentions d’accès partout et pour tous soient adossés les moyens nécessaires. Nous ferions défaut, si tel n’était pas le cas, au plus élémentaire des droits et plus encore des devoirs envers les malades. Le texte sur le droit à mourir ne me paraît pas, en revanche, correspondre à ce qui avait été initialement présenté comme un dispositif strictement encadré, limité aux situations exceptionnelles de certaines fin de vie. Je regrette à ce titre très amèrement que le Sénat n’ait pas pris ses responsabilités en faisant sa part d’un travail de réflexion sur un sujet qui touche à l’essentiel et ait ainsi rendu plus difficile encore un travail de clarification pour parvenir au plus juste équilibre du texte. Et j’ai donc décidé que je voterai contre cette version du texte, m’étant déjà abstenu lors du premier vote pour donner sa chance au débat, à la recherche, la main tremblante, de ce juste équilibre. Nous n’y sommes pas à mon sens. Je voterai contre ce texte parce qu’il me semble ouvrir un droit trop large et pose de fait - même si c’est de manière non intentionnelle - le principe d’un échec, notamment des soins palliatifs. Car en ouvrant un droit large, on acte le large échec des alternatives. De fait, ce n’est pas un recours en dernière intention, quand toutes les autres voies auraient été épuisées, c’est l’émergence d’un droit corollaire. Je sais là aussi que ce n’est pas l’intention mais je ne vois rien qui permettrait de résister à la pression qui ne manquera pas de monter au gré des années. Je voterai contre ce texte parce qu’il demande aux acteurs de la médecine de prendre des responsabilités qui dépassent leurs serments et leurs engagements initiaux. Par ailleurs, en encadrant à ce point l’accès à l’aide à mourir, même si c’est louable, en détaillant à tel point les modalités, on en fait un droit - il suffit d’ailleurs de lire le titre du texte. Il est à mon sens profondément déshumanisé et laisse peu de place au discernement et à la part d’appréciation des uns ou des autres. Tout ne peut s’écrire et tout ne peut se prévoir quand il s’agit de la vie et de la mort. La loi ne peut totalement répondre à la réalité de la vie des Hommes. C’est sans doute trop lui demander. Je voterai contre ce texte en ce qu’il introduit un délit d’entrave que je considère excessif dans sa rédaction actuelle. Personne ne devrait être entravé dans l’expression de son refus de voir pratiquer une aide active. Je crains que ce délit ne vienne par ailleurs nourrir les querelles intra familiales dans ces moments finaux qui mériteraient pourtant, autour du malade, de l’apaisement. Et l’introduction d’un délit d’incitation au recours de l’aide à mourir ne peut venir comme une compensation ou un point de rééquilibrage. Je voterai contre ce texte parce que, même si c’est loin d’être l’intention de leurs auteurs, je le sais, je redoute les effets en chaîne et le changement profond qu’il pourrait produire dans ce qui fait les fondements de notre humanité commune. Je n’ai, en particulier, pas de réponse à la manière dont nous pourrions résister aux autres penchants actuels de notre société. Comment, en effet, ne pas laisser l’individualisme forcené progresser si nous laissons penser que la vie qui s’éteint – et son caractère unique et irremplaçable – n’est pas aussi l’élément d’un tout et que les questions qu’un individu laisse en partant s’adressent aussi à la collectivité tout entière ? Comment ne pas craindre que des logiques de rentabilité à l’œuvre dans tant de domaines de nos vies quotidiennes ne pénètrent pas, demain, leurs derniers moments, avec la mise à l’écart des malades, notamment les plus âgés, et leur prise en charge par la société à défaut d’autres cercles ? Tout cela n’est pas un jugement de valeur, c’est un fait largement documenté. On accompagne moins et on délègue plus. Je pense ainsi aux plus fragiles et au fait qu’ils puissent trouver que la voie du suicide assisté soit une voie évidente. Qu’ils trouvent là une manière d’échapper non pas seulement à leurs souffrances physiques mais surtout aux souffrances que nous pourrions alléger et que nous avons en réalité le devoir d’alléger : la solitude ou la misère. Je voterai enfin contre ce texte parce que je crois, comme pour toute loi, qu’elle peut créer un précédent, qu’elle n’est cadrée pour l’éternité et donc que sous la pression de tel ou tel, elle laisse apparaître des failles béantes dans lesquelles cette fois s’inséreraient des acteurs beaucoup moins bien intentionnés. On ne touche pas au droit international sans prendre le même risque de grands déséquilibres mondiaux. On ne touche pas à l’État de droit et au cadre constitutionnel sans prendre le risque, à terme, que d’autres demandes plus radicales s’y engouffrent pour le remettre en cause profondément. Et donc, comme un parallèle, je pense que nous devons veiller jalousement à ne pas toucher pas à ces sujets qui tiennent à l’essentiel de notre nature humaine, sans trembler et sans se dire que nous pourrions amèrement le regretter dans les années qui viennent. Et c’est pour toutes ces raisons qu’en conscience et avec le sens que j’accorde au mot humaniste, je voterai contre ce texte.

 

Cyrille Isaac-Sibille (député)
> [Proposition de loi visant à garantir l’égal accès de tous à laccompagnement et aux soins palliatifs et proposition de loi relative au droit à laide à mourir / Intervention à l’Assemblée] C’est avec beaucoup d’humilité que je m’exprime pour vous faire part, en mon nom propre, de mes convictions et de mes doutes. Le temps de parole du groupe Les Démocrates a été partagé, tous les votes n’allant pas dans le même sens.
Pour ma part, je voterai pour la proposition de loi relative aux soins palliatifs, parce qu’il est de notre devoir d’accompagner la souffrance et de soulager la douleur ; parce que l’accès aux soins palliatifs demeure inégal selon les territoires ; parce qu’on ne peut pas envisager l’ouverture d’un droit à mourir sans au préalable garantir à chacun que tout aura été mis en œuvre pour permettre une fin de vie digne, humaine et apaisée.
Concernant l’aide à mourir, je mesure l’émotion qui entoure ce dispositif. Médecin, j’ai été confronté aux situations de vie auxquelles il entend répondre. Je sais l’attente d’une partie de nos concitoyens et l’inquiétude de l’autre.
Les Français sont majoritairement favorables à une loi sur la fin de vie, mais ne nous y trompons pas : ce qu’ils demandent avant tout, ce n’est pas un droit à mourir, c’est une garantie. Une garantie de ne pas souffrir, de ne pas être abandonné, une garantie d’être accompagné jusqu’au bout. Ils demandent l’assurance d’un ultime recours, d’une aide à mourir si cela devait mal se passer ; avec, de la même manière que l’on souscrit un contrat d’assurance, le secret espoir de ne jamais avoir à s’en servir.
J’ai toujours considéré que notre droit devait pouvoir, dans des situations exceptionnelles, répondre avec compassion à une fin de vie marquée par des souffrances que la science ne parvient pour l’instant pas à apaiser.
Je suis favorable à une loi d’humanité, encadrée, qui ne s’impose pas comme un modèle mais comme un ultime recours. Cependant, le texte qui nous est soumis aujourd’hui dépasse cette logique d’exception. Malgré le respect dont nous avons fait preuve dans nos débats et la recherche d’un équilibre, que je reconnais, le constat est là : certains veulent déjà aller plus loin.
Les plus fervents partisans de la loi la présentent comme une loi de liberté, mais ce n’est pas plutôt une loi libérale que nous allons voter et non une loi qui prend soin, qui accompagne. La qualité d’une loi ou d’une société s’apprécie au soutien qu’elle apporte aux plus fragiles, aux plus vulnérables de ses membres : les personnes souffrant des affres de la maladie, des troubles du vieillissement, de douleurs psychologiques, ou encore celles qui dépendent de leur entourage dans les gestes les plus simples et les plus intimes de la vie. Quelle protection réelle offrons-nous à ces personnes qui, remplissant tous ces critères, demandent l’aide à mourir non parce que la douleur est inapaisable, mais parce qu’elles se sentent un poids pour leur conjoint, un fardeau pour leurs enfants, une charge pour les soignants et pour la collectivité ?
Ses partisans la présentent comme une loi sociétale. Mais où est la société dans le déroulé de cette aide à mourir ? Elle laisse bien seuls les médecins, sur lesquels va reposer toute la responsabilité de cet acte.
Ses partisans la présentent comme un nouveau droit. Mais que penser d’une société qui banalise l’idée qu’il existerait des vies qui ne seraient plus dignes ou qui ne vaudraient plus d’être vécues ?
C’est la raison pour laquelle je souhaiterais que nous avancions avec prudence. J’ai une pensée particulière pour notre collègue Pierre Dharréville qui siégeait dans cet hémicycle il y a quelques années, et qui se disait, à la veille de la dissolution de l’Assemblée nationale, lors d’un premier examen de cette réforme, « saisi[t] de vertige » devant ce « terrible message de renoncement et d’abandon ».
Il existe plusieurs manières d’imaginer le futur concernant notre appréhension commune de la fin de vie. D’abord, la forme la plus pessimiste ; alors, cette loi ne serait pas une fin, mais un commencement, non un équilibre, mais une brèche. Conçue pour être votée, mais serait vouée à évoluer car ce que nous considérons aujourd’hui comme des garde-fous, d’autres, demain, les présenteront comme des discriminations.
À cette vision, je préfère opposer un sentiment d’optimisme porté par la science et par le progrès. Comme la chirurgie a progressé grâce à l’anesthésie, comme les soins obstétricaux ont bénéficié de la péridurale, comme les douleurs réfractaires bénéficient des injections intrathécales, je suis persuadé que la science et le progrès permettront prochainement de guérir les maladies dégénératives comme la maladie de Charcot. Alors cette loi sera rapidement dépassée, rendue obsolète.
Devant ces interrogations et tenant compte de cet optimisme, je ne voterai pas pour la loi pour l’aide à mourir. Sur ce sujet, le doute n’est pas une faiblesse : il est une responsabilité.

 

Éric Martineau (député)
> [Proposition de loi visant à garantir l’égal accès de tous à laccompagnement et aux soins palliatifs et proposition de loi relative au droit à laide à mourir / Intervention à l’Assemblée] La mort appartient à la vie ; chacun y sera confronté. Au nom du groupe Les Démocrates, je tiens à souligner la gravité et le caractère sensible du sujet qui nous occupe. La fin de vie ne relève ni des postures ni des certitudes ; elle touche à la dignité humaine, à la souffrance, à l’autonomie, mais aussi à nos interrogations les plus profondes. Elle appelle de notre part humilité et respect, comme nos débats en ont témoigné. C’est pourquoi le groupe Les Démocrates ne donne aucune consigne collective de vote. La liberté individuelle a été et demeurera la règle.
Ce texte n’est pas le fruit de la précipitation ; il s’inscrit dans un long cheminement, exigeant, parfois conflictuel. Nombre d’entre nous se souviennent des débats de 2021, marqués par des milliers d’amendements. Depuis, le travail s’est poursuivi et s’est enrichi de nombreuses contributions. Je tiens à rappeler l’apport essentiel de la Convention citoyenne sur la fin de vie : plus de 180 citoyens, aux convictions et aux parcours divers, ont pris le temps de se former, d’écouter et de débattre. Leur constat fut clair : le cadre actuel ne répond pas à toutes les situations et des inégalités persistent dans l’accompagnement de la fin de la vie. Certaines souffrances, qu’elles soient physiques ou psychiques, restent sans réponse satisfaisante. Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a, lui aussi, reconnu qu’une évolution était envisageable, à condition qu’elle repose sur des critères stricts et un encadrement rigoureux. C’est bien dans cet esprit que nous avons travaillé.
Le texte relatif au droit à l’aide à mourir fixe des conditions précises, cumulatives et exigeantes. Il ne s’adresse qu’aux personnes majeures, de nationalité française ou résidant de façon stable et régulière en France, atteintes « d’une affection grave et incurable (…), qui engage le pronostic vital, en phase avancée, caractérisée par l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie, ou en phase terminale ». Ces personnes doivent être capables d’exprimer une volonté libre et éclairée. La demande doit être personnelle et réitérée à tout moment.
Contrairement à certaines affirmations entendues dans le débat public, ce texte ne crée pas un droit sans limite. Il ne concerne ni les mineurs ni les situations qui ne répondraient pas aux critères médicaux stricts qu’il fixe. Chaque mot a été pesé et discuté longuement, comme notre rôle de législateur nous y appelait.
Les évolutions adoptées en commission et en séance témoignent d’une volonté d’équilibre : la clarification des critères liés à la souffrance, l’encadrement renforcé de la procédure, la protection contre toute pression extérieure, ou encore l’association possible des proches à certaines étapes. Ce sont autant d’ajustements qui visent à sécuriser la décision de recourir à l’aide à mourir, sans jamais la banaliser.
Disons-le clairement : ce second texte ne se substitue pas aux soins palliatifs ; au contraire, il les renforce. Nous tenons à rappeler que les soins palliatifs demeurent la règle ; l’aide à mourir doit être l’exception, le dernier recours, un droit ultime lorsque la médecine ne parvient plus à aider à vivre en soulageant les douleurs. Preuve en est l’adoption à l’unanimité, lors de sa première lecture l’an passé, du texte relatif aux soins palliatifs.
Certains ont exprimé de légitimes inquiétudes, notamment à propos de la liberté des soignants. Là encore, le texte apporte des garanties. La clause de conscience est pleinement respectée et aucun professionnel ne sera contraint d’accomplir un acte contraire à ses convictions. Le Conseil national de l’Ordre des médecins sera consulté pour la rédaction du décret précisant la mise en œuvre de l’aide à mourir. D’autres ont craint des dérives, notamment à l’égard des personnes les plus vulnérables. Pour les éviter, nous avons adopté un délit d’incitation à recourir à l’aide à mourir, dans le cas où des pressions seraient exercées sur une personne malade.
Refuser toute évolution reviendrait à ignorer les situations concrètes de souffrance auxquelles certaines personnes sont confrontées, parfois sans solution. Il faut donc trouver une voie médiane, qui protège sans enfermer, qui encadre sans nier la liberté individuelle, qui reconnaît la complexité des situations humaines.
Le texte relatif au droit à l’aide à mourir ne prétend pas apporter une réponse simple à une question qui ne l’est pas. Il fixe un cadre fondé sur la prudence, la responsabilité, l’écoute et la compassion. Comme pour beaucoup ici, ma réflexion a évolué, au contact des réalités humaines, des témoignages et des débats que nous avons eus ensemble. C’est pourquoi chaque membre du groupe Les Démocrates votera en toute indépendance, en son âme et conscience.
À titre personnel, je considère que ce texte a atteint un point d’équilibre, respectueux à la fois des personnes, des soignants et des malades. Je le dis avec gravité, lucidité et humilité : une préoccupation doit toujours guider notre action, celle de la dignité de la personne humaine.

 

● Parti radical
> Fin de vie : le Partiradical se félicite de cette nouvelle étape franchie avec le vote de l'Assemblée pour le développement des soins palliatifs et la création d'un nouveau droit à l'aide à mourir, qui doit protéger les patients comme les professionnels de santé.

 

 

► Autres 
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)

> Je prends acte du retrait par Amazon d’un livre de dark romance qui banalise la pédocriminalité. Protéger nos enfants n’admet ni faiblesse ni complaisance. Nous ne laisserons pas passer. La justice est saisie.