mardi 22 novembre 2016

Présidentielle 2017. Le tandem Juppé-Bayrou, perdant-perdant?

Alain Juppé & François Bayrou
Alain Juppé comptait sur le soutien de François Bayrou pour avoir une stature de candidat qui réunissait au-delà de son camp et l’emporter facilement lors de la primaire LR où les sondages l’ont longtemps donné facilement gagnant grâce au soutien des centristes.
François Bayrou avait besoin d’Alain Juppé pour reprendre une stature sur la scène politique française tout en ayant en vue sa propre candidature si le maire de Bordeaux ne passait pas la primaire comme il lui avait prédit, et il ne semble pas s’être trompé.
Or, tout se goupille, depuis la large victoire de François Fillon au premier tour de la primaire LR et l’élimination surprise de Nicolas Sarkozy, pour faire de cette alliance un accord perdant-perdant.
D’abord, perdant pour Alain Juppé.
Non seulement Bayrou ne l’a pas aidé à gagner mais il est peut-être celui qui sera la raison principale de sa défaite tellement il est rejeté par la très grande majorité des sympathisants de droite – qui, si ils n’ont pas autant voté pour Sarkozy, l’ont fait beaucoup pour Fillon – mais aussi une bonne partie de ceux de l’UDI.
Ensuite, perdant pour François Bayrou.
Non seulement, Juppé éliminé, Fillon ne garantira aucun nombre conséquent de députés au maire de Pau contre un soutien dont il ne semble pas se soucier mais Bayrou aura bien du mal à se présenter comme candidat du Centre avec une chance de bien figurer.
Car, pendant qu’il soutenait Alain Juppé, Emmanuel Macron lui a piqué sa place de représentant de l’espace centriste et a pris le large dans les sondages face à lui.
De plus, la défaite de Juppé serait un coup dur pour l’image de François Bayrou et il ne pourrait la contrebalancer comme le meilleur opposant d’un Sarkozy puisque ce dernier vient d’être battu sèchement à la primaire de LR.
Bien entendu, il pourrait se présenter comme un anti-Fillon, d’autant que celui-ci à un programme très conservateur en matière sociétale et néolibéral thatchérien en matière économique, sans oublier son programme en matière de politique étrangère où il compte se rapprocher de Poutine et d’Assad.
Cependant, une partie de l’électorat de l’UDI sur lequel il doit absolument compter pour pouvoir bien figurer et éventuellement se retrouver au second tour, rejoindra sans problème Fillon.
Et une autre partie, répondra à l’appel d’Emmanuel Macron comme le montre les sondages.
Quant à l’électorat de droite modérée, s’il avait une forte prévention à l’égard de Nicolas Sarkozy, il ne l’a pas, pour l’instant, vis-à-vis de François Fillon qui pourra sans doute réunir l’énorme majorité de la Droite derrière lui s’il l’emporte dimanche prochain.
De son côté, Alain Juppé pourrait mettre ses menaces à exécution de se présenter même battu à la primaire si celle-ci n’était pas honnête.
Or, si l’envie doit le titiller, tellement les sondages auprès des Français en font depuis des mois l’ultra-favori de la présidentielle, il n’y a pour l’instant aucun motif à dénoncer l’organisation, ni les résultats de cette primaire qui est plutôt un grand succès démocratique.
De la même façon, un Fillon candidat de la Droite retire à Juppé l’épouvantail Sarkozy qui aurait pu justifier sa candidature si l’ancien président de la république avait été désigné candidat de LR.
Et on voit mal Juppé se présenter avec comme seuls soutiens une partie de l’UDI, le MoDem et de quelques fidèles en espérant l’emporter en avril 2017.
Oui, par quelque bout qu’on le prenne, la défaite d’Alain Juppé le 27 novembre ferait de son alliance avec François Bayrou une machine infernale qui s’est retournée contre les deux hommes et enterrera peut-être leurs carrières politiques.


Alexandre Vatimbella



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