jeudi 23 février 2017

Présidentielle 2017. L’UDI joue contre une victoire de l’axe central

Jean-Christophe Lagarde
Aujourd’hui, pour les centristes de l’UDI, la problématique n’est plus avec qui s’allier pour avoir quelques députés à l’Assemblée nationale mais bien si une coalition de l’axe central peut remporter la prochaine élection présidentielle.
Maintenant que Macron et Bayrou devrait sceller une alliance dans les prochains jours, l’UDI doit se demander comment elle va justifier une alliance avec François Fillon auprès des sympathisants et des électeurs centristes alors même que le moment pourrait être historique pour le Centre avec un homme totalement centro-compatible qui pourrait s’installer à l’Elysée, ce même homme qu’elle appelait, par la voix de ses dirigeants, voici quelques mois, à la rejoindre!
Les réactions extrêmement agressives à la nouvelle que Bayrou ne se représentait pas une quatrième fois à la présidentielle et donc qu’il ne prendrait pas des voix à Macron ainsi et surtout que de son rapprochement avec ce dernier reflète en grande partie cet embarras.
Mais aussi cette terrible fuite en avant pour défendre ce qui apparait désormais comme l’indéfendable, c’est-à-dire à un ralliement pur et simple à un homme absolument pas centro-compatible, qui n’aime pas les centristes, qui est englué dans des affaires de détournement d’argent public – un domaine où les centristes sont pourtant d’une extrême sensibilité – et proposant un programme de droite radicale totalement antinomique avec les positions centristes sur de nombreux points.
D’autant qu’une partie des troupes de l’UDI a déjà franchi le Rubicon en rejoignant Emmanuel Macron, bien avant Bayrou et le MoDem, ainsi que quelques personnalités qui comptent comme Jean Arthuis.
Il suffit de lire l’inanité et l’incohérence des propos de Jean-Christophe Lagarde lors d’un entretien au Point en réaction à cette alliance Bayrou-Macron.
Il affirme d’abord, que toutes les troupes du MoDem étaient déjà chez Macron, ce qui est contredit par tous les sondages.
Ensuite que Bayrou vise Matignon – ce qui est faux, la seule ambition réelle du président du MoDem est l’Elysée – mais qu’il ne pourra pas être de toute façon premier ministre parce qu’il faut être le chef du parti majoritaire à l’Assemblée nationale pour y prétendre, ce qui est une pure invention puisque c’est le président qui est dans ce cas et qu’un homme comme Raymond Barre, que Lagarde prétend admirer ne, l’était pas quand il est devenu premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing qu’il prétend également admirer.
Enfin que Bayrou en rejoignant un homme qui n’a pas de programme – ce qui est faux –  et qui est dans une posture bonapartiste – ce qu’aucun comportement de Macron n’étaye –, tout en expliquant que lui, Lagarde, disait du bien de Macron voici peu (sic!), n’est pas une démarche centriste oubliant évidemment son propre ralliement au seul parti bonapartiste de l’échiquier politique, LR!
Avec de tels arguments, c’est sûr que les dirigeants de l’UDI vont passer pour de vulgaires politiciens, pire des clowns tristes.
Mais n’est-ce pas la réalité, eux qui n’ont même pas attendu une seule seconde pour faire allégeance à François Fillon lorsqu’il gagna la primaire LR alors que son programme était, selon leurs dires, beaucoup trop à droite la veille…
S’il ne faut pas être dupe du renoncement de Bayrou qui concerne moins l’avenir de la France, malgré ses dires, que son impossibilité de bien figurer dans la présidentielle, il ne le faut pas, non plus, de la posture de l’UDI qui s’est rangée uniquement derrière Fillon pour ramasser des sièges de députés et récupérer des strapontins ministériels sans trop se préoccuper du programme de Fillon et des gens qui l’entourent en laissant de côté ce qui leur reste de convictions et qui auraient du les amener à envisager une alliance (et non pas un ralliement comme avec Fillon) avec Emmanuel Macron, en tout cas, l’ouverture de discussions sérieuses pour savoir s’il était possible de s’entendre.
Dès lors, si, à l’issu du premier tour, il manque quelques points au fondateur d’En marche! pour se retrouver au second tour, l’UDI portera une lourde responsabilité dans l’échec d’une candidature de l’axe central et indiscutablement centro-compatible.

Alexandre Vatimbella


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