mardi 14 février 2017

Présidentielle 2017. Jean-Louis Borloo ne se prononce pas en faveur de Fillon

Jean-Louis Borloo
Dans une longue interview au quotidien Le Figaro, Jean-Louis Borloo ne s’est pas prononcé en faveur de François Fillon.
Cet entretien, qui «tombait» très bien pour éventuellement (re)donner un coup de pouce au candidat LR empêtré dans le scandale du «Pénélope Gate» et mis sous pression par les élus de son propre parti, a tourné court à ce sujet.
Ce n’est pas faute pour le journaliste d’avoir essayé de faire parler l’ancien président et fondateur de l’UDI, parti qui s’est rangé derrière Fillon mais qui enregistre quotidiennement des défections de membres qui vont soutenir Emmanuel Macron, surtout depuis les soupçons de malhonnêteté du candidat LR.
Ainsi, à la question «Dans moins de 70 jours, ce sera le premier tour de l’élection présidentielle française. Allez-vous jouer un rôle? Comment voyez-vous votre avenir?», Jean-Louis Borloo a répondu:
«J’ai passé ma vie à défendre des causes. Quand j’étais avocat bien sûr, puis ce fut le redressement de la ville de Valenciennes dont j’ai été le maire, puis le logement et l’écologie comme ministre, et donc l’électrification de l’Afrique. Je souhaiterais maintenant me mettre au service d’une nouvelle action collective. Il faut lutter contre le déclassement de la France et se retrousser les manches pour sauver l’Europe. La France n’est grande que quand elle a des grands projets à relever devant elle. Malheureusement, nos élites actuelles n’ont pas l’autorité nécessaire ni un esprit suffisamment solidaire pour être à la hauteur…»
Pas une fois le nom de François Fillon n’est prononcé.
Pire, sa critique des élites engobe évidemment le candidat LR qui fait partie de la classe politique depuis plus de trente ans, sans doute plus, d’ailleurs qu’Emmanuel Macron.
Il faut se souvenir que Borloo avait donné une interview dans Le Parisien en octobre dernier dans lequel il disait qu’il s’exprimerait à un moment donné «sur les enjeux» et sur «ce que j'attends de la prochaine présidentielle».
Mais il donnait quelques éléments forts intéressants à la lumière de ce qui se passe actuellement.
Ainsi, il déclarait que ce qui est important pour lui, ce sont d’abord le «respect des valeurs» et «l'hygiène de comportement que doit avoir un président».
Ce qui ne semble pas correspondre à ce que montre actuellement François Fillon…
Il ajoutait que ce qui l’intéressait également, ce sont «quelles équipes» il choisira, «quels grands objectifs» il se fixera et «comment il rendra compte de son action et comment il remettra en marche l'ascenseur social».
Dans ce dernier domaine, il n’a pas du être totalement séduit par le programme thatchérien de François Fillon.
Il affirmait, en outre, qu’«En 2017, la France doit se choisir un président. Pas un chef de gouvernement, pas un ministre de tout» alors que l’on reproche à Fillon de tout décider lui-même avec une équipe de campagne très restreinte (même s’il tente depuis le Pénélope Gate de montrer qu’il est consensuel et qu’il écoute les autres).
Et de préciser le portrait du prochain hôte de l’Elysée: «Quel vivre-ensemble voudra favoriser le prochain président? Protéger nos clochers oui, mais il faut aussi regarder le monde comme il est. (…) Un président doit être capable de mobiliser les forces vives de la nation».
Dans cette interview il parlait d’Emmanuel Macron qui, selon lui a «des qualités, cela ne fait aucun doute» mais pas de Fillon, alors candidat de second ordre dans la primaire LR.
Enfin, à propos de tous ceux qui le font parler comme les dirigeants de l’UDI qui sous-entendent qu’ils lui parle tous les jours et qu’il serait d’accord avec eux, il remettait les pendules à l’heure:. «Ceux qui disent qu'ils ont dîné avec moi, qu'ils m'ont vu, racontent souvent n'importe quoi. Je ne participe d'aucun plan caché de soutien à tel ou tel. Mais le temps viendra...»
On attend donc ce temps mais force est de constater que si l’on prend en compte toutes les déclarations de Jean-Louis Borloo, on serait étonné qu’il soutienne François Fillon.
A moins que de très fortes pressions se fassent pour qu’il se prononce en sa faveur et/ou que la situation soit si grave qu’il doive s’y résoudre.
Mais l’homme est indépendant, surtout ne partage pas beaucoup de choses avec François Fillon, celui qui lui a barré la route de Matignon.


Alexandre Vatimbella



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