mercredi 23 novembre 2016

Présidentielle 2017. Les règlements de compte de l’UDI s’invitent à la primaire de LR

Lagarde-Morin, le duo de la haine à l'UDI
Pathétique est certainement le premier mot qui vient à l’esprit quand on voit que le deuxième tour de la primaire LR va également être un lieu d’affrontement entre les clans  de l'UDI dans cette confrontation qui menacent le parti centriste d’implosion depuis sa création.
D’un côté Jean-Christophe Lagarde et ses troupes qui soutiennent Alain Juppé depuis l’été.
De l’autre, Hervé Morin et ses alliés qui ont choisi François Fillon après être allés voir du côté de Nicolas Sarkozy et de Bruno Le Maire.
Ils ont ainsi pondu un texte de trois pages pour expliquer leur choix dans un verbiage qui a plus à voir parfois avec celui d’une droite dure que d’un Centre du juste équilibre aux valeurs humanistes.
Mais nous savons bien que le choix de Fillon n’a pas grand-chose à voir avec son programme conservateur et ultralibéral.
Car, au-delà de savoir qui est le meilleur candidat ou le plus centro-compatible, cette énième coupure de la confédération centriste est une nouvelle démonstration de sa faiblesse et de sa disparition programmée dans des règlements de compte minables qui s’invitent désormais dans une primaire de la Droite…
Comme par hasard, les soutiens de François Fillon sont tous les adversaires les plus déterminés de Jean-Christophe Lagarde à l’intérieur de l’UDI (mais aussi de François Bayrou pour la grande majorité).
Et le texte de soutien au premier ministre de Nicolas Sarkozy est signé Nouveau centre, c’est-à-dire le parti d’Hervé Morin qui appartient à l’UDI et non de membres de cette dernière, ce qui est très révélateur (même si le communiqué de presse de Morin qui le présente parle aussi des Bâtisseurs de l'UDI, un groupe informel qui regroupe tous les anti-Lagarde, uniquement membres du Nouveau centre).
Que Morin choisisse Fillon après Le Maire et après avoir fait les yeux doux à Bayrou afin de faire la nique à Lagarde, sans oublier qu’il avait qualifié Juppé de candidat le plus centro-compatible, cela le regarde mais ne le rehausse certainement pas et le fait plutôt passer pour un vulgaire politicien animé par le ressentiment et la vengeance que par une volonté d’action et de cohérence.
Mais il n’en a cure et c’est son droit même si l’on peut se demander comment il peut encore se dire centriste s’il a vraiment lu le programme de François Fillon (le programme de Juppé contient également des propositions peu centristes mais sa philosophie est plutôt orientée droite modérée et réformatrice).
Reste que tout cela montre un Centre en totale déshérence puisque du côté de Jean-Christophe Lagarde – aussi haineux envers Morin que celui-ci l’est envers lui – on tape sans cesse sur François Bayrou, affirmant qu’on ne le rejoindra pas dans une candidature si Juppé perd.
Un Bayrou qui ignore superbement, dans une attitude des plus condescendantes, Lagarde, estimant qu’il ne vaut pas grand-chose (il pense la même chose de Morin).
Au moment où la France a certainement besoin d’un vrai projet centriste pour la sortir de ses problèmes et aborder le futur avec espoir tout en construisant un présent sur des bases solides, tout cela est bien misérable et à de quoi plonger les sympathisants du Centre dans des questionnements déprimants.
Mais ce n’est pas la première fois et sans doute pas la dernière.


Alexandre Vatimbella



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