Voici une sélection, ce 30 mars 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> J’apporte mon plein soutien au patriarche latin de Jérusalem et aux
chrétiens de Terre Sainte, empêchés de célébrer la messe des Rameaux au
Saint-Sépulcre. Je condamne cette décision de la police israélienne, qui
s’ajoute à la multiplication préoccupante des violations du statut des Lieux
Saints de Jérusalem. Le libre exercice du culte à Jérusalem doit être garanti
pour toutes les religions.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> Dans un contexte d’augmentation des prix des carburants, 3,8 millions de
foyers - soit plus de 6 millions de Français - recevront automatiquement, dès
cette semaine, le chèque énergie. 153 € en moyenne par foyer, pour 600 M€
mobilisés sur le budget de l’Etat. Un soutien concret depuis 2018 pour aider
les Français les plus modestes à faire face aux dépenses d’énergie et à la
pression sur le pouvoir d’achat. Ce chèque permet d’alléger directement les
factures d’électricité, de gaz ou de fioul. Aucune démarche à faire : il est
envoyé automatiquement aux Français concernés, pour un soutien immédiat. Et en
2026, nous élargissons le dispositif : grâce à un croisement complémentaire de
données, près de 700 000 foyers supplémentaires recevront le chèque énergie dès
le 1er mai. Un guichet est ouvert pour permettre à celles et ceux qui
n’auraient pas été identifiés de faire valoir leurs droits.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté
industrielle, énergétique et numérique)
> Face à la hausse des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient,
nous agissons avec méthode et discernement.
Certaines filières subissent plus que d’autres les conséquences de cette crise.
C’est pourquoi le Gouvernement a présenté, ce vendredi 27 mars 2026, un plan
ciblé pour soutenir les secteurs les plus exposés à court terme.
Malgré ce choc extérieur, nous devons tenir nos engagements budgétaires.
Notre cap reste inchangé : réduire le déficit public sous les 3 % du PIB d’ici
2029. Parce que c’est en préservant notre équilibre économique que nous
protégerons durablement les Français.
> Depuis le déclenchement de cette crise, notre préoccupation majeure consiste à agir vite et juste. Vite, parce que cette crise change tous les jours. Il faut donc la suivre au quotidien. Et juste, en observant au plus près les évolutions sur le terrain. Nous avons mis en place dès le 2 mars un dispositif de suivi à Bercy, où une cellule de crise se réunit tous les matins à 8 heures, ainsi que des entretiens chaque jour avec les représentants des filières pour faire le point sur les informations – des deux côtés – et sur leurs préoccupations. Sans oublier une réunion au moins une fois par semaine avec la filière pétrole-essence, pour vérifier l’absence d’excès à la pompe et suivre de très près les marges et les prix. Avant la mise en place de ces mesures, la libération des stocks stratégiques avait déjà permis de limiter la volatilité des marchés. Et de freiner la spéculation.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Dans un monde où les conflits se multiplient, où les menaces transversales
telles que la criminalité organisée et le narcotrafic s’intensifient, où
l’ordre économique mondial se fragmente, la France entend placer au cœur de sa
présidence du G7 le dialogue et le renouveau du multilatéralisme.
Aucune région du monde n’est épargnée par l’onde de choc des crises et des
conflits. Ils affectent la sécurité, les équilibres économiques et les
conditions de vie de tous les peuples. Chacun d’entre nous ressent les effets
concrets de l’instabilité qui pèse sur le commerce mondial, la circulation
maritime ou les prix de l’énergie.
Le rôle du G7 est de promouvoir des solutions mondiales pour résoudre les
conflits et surmonter les crises. Trouver des réponses aux facteurs de
déstabilisation, renforcer la résilience de nos sociétés et de nos économies,
tels sont les objectifs qui ont guidé les travaux des ministres des Affaires
étrangères du G7, réunis les 26 et 27 mars 2026 aux Vaux-de-Cernay. Dans ce
vallon chargé d’histoire, façonné par des siècles de patience, de discipline et
de quête d’équilibre, ce rendez-vous prend une résonance particulière : celle
d’un temps de lucidité et d’action face aux désordres du monde.
Nous avons travaillé à faire émerger un nouvel ordre international, à édifier
un système plus équilibré et plus juste, placé sous le signe d’un
multilatéralisme renouvelé. La réforme de la gouvernance mondiale et la lutte
contre les menaces transversales exigent un engagement collectif qui dépasse
les seuls membres du G7. C’est pourquoi la présidence française a fait le choix
d’associer les grandes économies émergentes et les partenaires régionaux à ses
travaux : l’Arabie saoudite, le Brésil, la Corée du Sud, l’Inde et l’Ukraine se
joindront ainsi aux discussions.
Fidèle à l’esprit du sommet fondateur de Rambouillet en 1975, la France
souhaite démontrer que le G7, né du premier choc pétrolier, porte une vision
commune – et résolument actuelle – de la prospérité mondiale. Une vision fondée
sur trois principes : la solidarité entre les nations, la stabilité économique
et la responsabilité collective. Comme l’a rappelé le Président de la
République, le G7 a été inventé il y a 50 ans pour résoudre les crises
économiques ; il doit redevenir un moteur d’équilibre face aux transformations
du monde.
La présidence française du G7 se veut une présidence d’équilibre, de
convergences et de résultats. Son ambition est d’aboutir à des avancées
concrètes au service de la sécurité et de la prospérité de tous.
> [Propos lors de l’ouverture et de la clôture de la
réunion des ministres des Affaires étrangères du G7]
- En novembre 1975, il y a 50 ans, presque jour pour jour, les dirigeants des
six démocraties institutionnalisées les plus avancées du monde se réunissaient
pour la première fois au sein d’une même enceinte. C’était il y a 50 ans, à
quelques kilomètres d’ici. Entre les murs du château de Rambouillet, le G7
prenait forme.
Quelques mois plus tôt, les déchirements du Proche-Orient avaient conduit à la
guerre. Les certitudes d’hier, nées de l’après-guerre, commençaient déjà à
s’effriter.
Face à ces bouleversements, nos prédécesseurs firent un choix salutaire :
celui du dialogue. L’intuition visionnaire du Président Valéry Giscard
d’Estaing - qui fut l’architecte du G7, aux côtés du président américain Gérald
Ford - tenait en deux mots : responsabilité commune.
50 ans plus tard, nous voici à nouveau dans ce territoire vallonné des
Yvelines, dans cette région qui est aussi ma terre d’élection. Ici, aux
Vaux-de-Cernay, dans cette abbaye cistercienne, qui a résisté au passage du
temps, quelque chose s’élève au-dessus des pierres : une forme de sagesse.
Celle d’un lieu où, depuis le XIIe siècle, on recherche l’équilibre entre
l’homme et la nature, entre la réflexion et l’action. Une forme d’espérance.
Ce n’est pas un hasard si nous avons choisi ce lieu pour accueillir la première
réunion des ministres des affaires étrangères de la présidence française du G7.
Le monde dans lequel nous vivons est à la recherche d’un équilibre. Une
nouvelle fois. Dans les interstices du chaos, les menaces prospèrent :
narcotrafic, criminalité organisée, ingérences étrangères. Les routes maritimes
se transforment en goulets d’étranglement. Les chaînes d’approvisionnement
deviennent des lignes de vie. Et lorsqu’une crise éclate, en Europe, au
Moyen-Orient, en Afrique, dans les Amériques ou l’Indopacifique, l’onde de choc
se propage à une vitesse inédite, et elle touche chacune et chacun d’entre
nous.
Dans ce monde qui est désormais le nôtre, le G7 a plus que jamais un rôle à
jouer. Fidèle à ses origines et à l’esprit de Rambouillet, instruit par 50 ans
de soubresauts géopolitiques, décidé à faire primer le dialogue et la
coopération sur la confrontation et la brutalité, le G7 se doit d’apporter des
réponses.
C’est ainsi que le Président de la République a conçu cette présidence
française. Une présidence qui s’empare de la question de la réduction des
déséquilibres mondiaux. Une présidence qui renouvelle nos partenariats avec les
pays en développement, sans lesquels aucune réponse durable n’est possible.
Une présidence qui jette des ponts avec les autres grandes puissances, pour
conjurer les logiques de blocs. C’est la raison pour laquelle j’ai associé à
nos travaux des partenaires essentiels : le Brésil, l’Inde, la Corée du
Sud, et l’Arabie saoudite. J’ai également accueilli cet après-midi le ministre
des affaires étrangères de l’Ukraine, avec qui je me suis entretenu pour
réitérer le soutien de la France au peuple ukrainien.
Tout à l’heure, pour notre première séance de travail, j’ai accueilli mes
homologues sous une verrière conçue par Gustave Eiffel, ici, sur le site des
Vaux-de-Cernay. Une structure élancée qui nous rappelle combien les grands
ouvrages, ceux qui résistent au temps, naissent de l’audace et de l’ingéniosité
collective. Puisse cette exigence guider nos propres travaux.
La présidence française du G7 entend obtenir des résultats concrets au service
de la sécurité et de la prospérité des pays du G7, et donc de la France et des
Français. En somme, nous voulons, aux Vaux-de-Cernay, poser les bases d’un G7
d’équilibre, de convergence et de résultats.
Un G7 d’équilibre, d’abord. Concurrence prédatrice, surcapacités industrielles,
sous-investissement chronique, surendettement, recul de la solidarité
internationale… Ces déséquilibres macroéconomiques menacent la prospérité et la
stabilité des nations. Ils fragilisent l’esprit de coopération entre les
peuples. Ils favorisent les replis protectionnistes et portent en eux les
germes des crises de demain.
Notre ambition est d’apporter ensemble des solutions à ces déséquilibres. Et
pour ce faire, de contribuer collectivement à l’émergence d’un nouvel ordre
international, reposant sur une coordination renforcée entre les grandes
puissances économiques. Un multilatéralisme efficace et pragmatique. Car
l’Histoire nous l’enseigne : les nations ont tout intérêt à coopérer en
respectant les mêmes règles du jeu. Plus de prévisibilité, plus de stabilité,
plus de prospérité. Cet équilibre, c’est celui d’un multilatéralisme refondé.
Un système plus légitime et plus juste.
Un G7 de convergence, ensuite. Déjà à Munich, le mois dernier, nous avions
convié l’Inde, grande puissance émergente, qui préside cette année le groupe
des BRICS, avec lequel les pays du G7 veulent se coordonner plutôt que de
s’affronter. Aujourd’hui, nous faisons à nouveau le choix d’ouvrir ce G7, en
invitant, dès le début de nos travaux, l’Inde à nouveau et les autres grands
pays émergents que je citais tout à l’heure. C’est une question de cohérence et
c’est un choix stratégique. Refuser les logiques de blocs. Dessiner des
convergences partout où cela est possible. Car ce n’est qu’ensemble que nous
pourrons surmonter les défis de notre temps.
Un G7 de résultats, enfin. C’est ce à quoi nous avons travaillé tout au long de
cette journée, et ce sur quoi nous travaillerons ce soir et toute la journée,
demain. En matière de gouvernance mondiale, nous nous sommes accordés cet
après-midi sur deux initiatives très concrètes.
D’abord, la réforme des opérations de maintien de la paix pour leur faire
gagner en efficacité, avec la mise en place d’un comité de coordination. Ce
comité réunira les membres du G7 et les grands pays contributeurs de troupes,
des troupes de Casques bleus. Il sera chargé, dans un premier temps, d’examiner
le rapport du secrétaire général des Nations unies sur l’avenir du maintien de
la paix et de formuler des propositions d’amendement et d’améliorations, de
manière à ce que ces opérations de maintien de la paix puissent atteindre les
objectifs qui leur sont assignés.
Deuxième initiative en matière de gouvernance mondiale : accroître
l’impact de l’aide humanitaire. D’abord en soutenant la réforme ONU80, la
réforme interne des Nations unies. L’impact de cette réforme, notamment sur le
Programme alimentaire mondial, doit générer des économies substantielles et
permettre à l’aide alimentaire d’atteindre davantage de personnes. Elle doit
permettre une économie de 200 millions de dollars chaque année, permettant de
fournir une aide alimentaire à 1,2 millions de personnes supplémentaires par
mois pendant un an.
Et donc ce que nous avons décidé, c’est de nous coordonner sur notre soutien
aux huit plateformes humanitaires mondiales et à l’ensemble de leur réseau,
pour répondre de manière plus rapide aux situations d’urgence. À titre
national, la France soutiendra la plateforme de Dubaï et celle de Lyon. Et puis
nous renforcerons la mobilisation du secteur privé, en conduisant des
opérations d’acheminement d’aide humanitaire, en partenariat avec des
entreprises, comme nous l’avons fait récemment pour le Liban.
Donc vous l’aurez compris, sur deux missions essentielles des Nations unies,
les opérations de maintien de la paix et les opérations humanitaires, nous
entendons faire des propositions et prendre des décisions pour accroître
l’efficacité du système des Nations unies.
Ce soir, nous aurons également une session de travail dédiée à la
reconstruction et à la stabilisation, pour penser les situations
d’après-guerre. Nous échangerons là aussi sur des projets très concrets.
D’abord, la réparation du dôme de Tchernobyl, endommagé l’année dernière par
une frappe de drone russe. Je me suis rendu sur place en juillet 2025 pour
constater les dégâts de cette guerre sans limites. Ce soir, nous seront
présentés les premiers bilans financiers des destructions provoquées par ce
drone, qui se chiffrent aux alentours de 500 millions d’euros. Un drone russe,
500 millions d’euros de dommages sur le dôme de Tchernobyl. Le G7 doit jouer un
rôle de catalyseur dans la levée de fonds, en lien étroit avec la Banque
européenne pour la reconstruction et le développement, dont la présidente
viendra nous présenter le projet de reconstruction tout à l’heure.
Ensuite, la lutte contre le captagon, cette drogue de synthèse qui fait des
ravages au Moyen-Orient. Produite autrefois à l’échelle industrielle par le
régime de Bachar al-Assad, elle est aujourd’hui reprise par d’autres groupes
armés. Ce trafic est une menace pour la stabilisation de la Syrie et l’ensemble
de la région, mais aussi pour la sécurité de l’Europe, qui est devenue une zone
de rebond. Je vous annonce que nous organiserons, d’ici à la fin de l’année,
une conférence régionale de lutte contre le captagon, en partenariat avec
l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime.
Et puis ce soir toujours, nous accorderons une attention particulière à la
situation au Moyen-Orient, où les besoins de reconstruction, les besoins de
développement sont immenses : il s’agit de dessiner les contours d’une
intégration économique régionale qui puisse, par des projets et des
institutions, lorsque les armes se seront tues, créer les conditions d’une paix
et d’une stabilité durables.
Demain, nous chercherons à obtenir d’autres résultats.
D’abord, la lutte contre le terrorisme, qui évolue en profondeur, notamment en
matière de financements. À ce sujet, nous organiserons à Paris, au mois de mai,
la conférence « No Money For Terror », qui permettra de mieux
identifier, traquer et tarir le financement du terrorisme.
Ensuite, le narcotrafic, dont la Caraïbe est une zone de transit et de
destination. Nos territoires français d’Outre-mer sont très directement
touchés. C’est pourquoi nous nous mobilisons pour éradiquer ce fléau à la
racine. Avec nos partenaires du G7, nous organiserons une conférence régionale
de sécurité dans la Caraïbe. Elle se tiendra en Martinique, au mois du juillet.
Enfin, la sécurité maritime et portuaire, avec la création d’un réseau des
ports du G7 et des pays partenaires pour lutter contre le narcotrafic. Il
permettra de favoriser le partage d’informations, notamment sur les modes
opératoires des narcotrafiquants, pour renforcer l’efficacité de notre action
collective et de celle de nos services de sécurité.
Vous l’aurez compris, face à des menaces qui ont désormais pris une dimension
mondiale - le narcotrafic, la criminalité organisée, le terrorisme - les
ministres des affaires étrangères du G7, en lien avec leurs collègues des
ministères concernés, ont décidé d’élever le niveau de priorité qu’ils
consacrent à ces sujets majeurs.
Voilà l’objectif de ce G7 d’équilibre, de converge et de résultats, qui
évidemment, demain après-midi, nous amènera à aborder les crises
internationales, à commencer par celle du Proche et du Moyen-Orient, mais qui
ne nous détournent en aucun cas de la situation en Ukraine, où la résistance
ukrainienne tient face à l’agression russe, et où nous allons réaffirmer notre
soutien indéfectible à l’Ukraine et notre intention de continuer à accroître la
pression sur la Russie de Vladimir Poutine.
Comme il y a 50 ans à Rambouillet, les pays du G7 et leurs partenaires
entendent ici, aux Vaux-de-Cernay, agir ensemble pour faire bouger les lignes.
- Voilà que se clôture cette
première réunion formelle des ministres des affaires étrangères du G7 dans un
cadre exceptionnel, celui de l’Abbaye des Vaux-de-Cernay qui a certainement
inspiré nos échanges et nos réflexions ces 48 dernières heures.
Dans le contexte actuel, avec un ordre international qui se fragmente et
qui vacille, notre présidence se veut une présidence d’équilibre, de
convergence et de résultats dont le but est d’aboutir à des avancées concrètes
pour la sécurité et la prospérité de tous. C’est un programme de travail dense
et ambitieux sur lequel nous nous sommes accordés collectivement et qui guidera
nos échanges tout au long de l’année.
S’agissant des résultats, nous avons lancé quatre grandes
initiatives :
1/ Réformer ensemble les opérations de maintien de la paix des Nations
unies pour les rendre plus efficaces.
2/ Optimiser les chaînes d’approvisionnement humanitaires avec le secteur
privé pour en augmenter le nombre de bénéficiaires et faire reculer la faim et
la malnutrition dans le monde.
3/ Soutenir et participer à la levée de fonds en faveur de la
reconstruction de l’arche de confinement de Tchernobyl perforée l’année
dernière par un drone russe.
4/ Créer un réseau de ports des pays du G7 et de leurs partenaires,
représentant un tiers de la capacité portuaire mondiale pour faire échec aux
stratégies de plus en plus sophistiquées des narcotrafiquants et des criminels
organisés.
Nous avons aussi décidé la tenue de trois conférences internationales ou
régionales.
1/ Une conférence de lutte contre le trafic de captagon, cette drogue de
synthèse qui fait des ravages au Moyen-Orient mais jusqu’en Europe.
2/ La conférence « No Money for Terror » qui se tiendra le 19 mai
prochain à Paris pour assécher les nouvelles sources de financement du
terrorisme.
3/ Une conférence régionale sur la sécurité dans la Caraïbe qui aura lieu
en Martinique et qui associera donc les pays membres du G7.
Le G7 reste également et fondamentalement une enceinte utile pour nous
coordonner étroitement et répondre aux grandes crises. C’est cette ambition qui
a présidé à la création du G7, à l’initiative de la France, il y a 50 ans, à
quelques kilomètres à peine d’ici, au château de Rambouillet.
Sur l’Ukraine, nous avons réaffirmé, comme les chefs d’État et de
gouvernement du G7 l’ont fait le 24 février dernier, notre soutien indéfectible
à l’Ukraine dans la défense de son intégrité territoriale, de son droit à
exister, de sa liberté, de son indépendance.
Et puisque M. Lavrov a pu dérouler tranquillement sa propagande hier
soir sur une chaîne de télévision française, permettez-moi de lui porter la
contradiction. Non, la Russie ne défend pas le droit international. Ni en Iran,
ni en Ukraine, ni ailleurs. M. Lavrov, on ne défend pas le droit
international en lançant une guerre d’agression. On ne défend pas le droit
international en envahissant un pays voisin. On ne défend pas le droit
international en niant la souveraineté d’une nation. Et le recours débridé à la
force, en dehors de tout cadre juridique, n’est rien d’autre qu’une expression
bestiale de brutalité. Premier mensonge.
Non, la Russie n’épargne pas les civils. Et j’en veux pour preuve les
charniers de Boutcha, les horreurs de Marioupol, les bombardements d’hôpitaux,
de maternités ou d’écoles ukrainiennes. M. Lavrov, les enfants d’Ukraine
que la Russie déporte dans des camps de redressement pour essayer d’effacer
leur histoire et leur identité sont eux aussi des civils. Les faits sont là. Il
s’agit de crimes de guerre documentés. Deuxième mensonge.
Non, les Européens ne ferment pas les yeux quand cela les arrange. Notre
positionnement est très clair. Partout où elles adviennent, la France dénonce
et se mobilise contre les violations du droit international et du droit
international humanitaire : en Ukraine, par la Russie ; en Israël,
par le Hamas ; à Gaza, par Israël ; au Liban, par Israël ; en
Israël, par le Hezbollah ; au Soudan, par les forces armées ; en
Syrie et en Irak, par les bourreaux des Yézidis, en Iran, par le régime des
Mollah. M. Lavrov, si vous cherchez des preuves d’hypocrisie, n’allez pas
loin, elles se trouvent dans votre propre camp. Troisième mensonge.
Non, la France ne muselle pas les journalistes. M. Lavrov, en Europe,
on compte 20.000 médias d’information. Si seulement il y en avait autant en
Russie. Chez vous, les rédactions indépendantes comme Novaïa Gazeta, Echo of
Moscow ou Dojd TV ont été systématiquement fermées ou contraintes à l’exil. Et
toute information allant contre la ligne officielle du Kremlin est tout
simplement interdite. Les journalistes font face à des violences, des menaces
et des intimidations. Je pense au sort réservé à la journaliste Anna
Politkovskaïa et aux nombreux journalistes tués ou poursuivis, y compris notre
compatriote Antoni Lallican, pris pour cible par un drone russe sur le front
ukrainien. Voilà la réalité, M. Lavrov. Quatrième mensonge.
La liste est encore longue, je pourrais continuer longtemps. Comme j’ai été
nominativement pris à partie par mon homologue russe, il me paraissait
important de faire cette mise au point. Car répéter des mensonges à une heure
de grande écoute n’en fait pas des vérités.
Sur l’Iran, depuis le début de la guerre, la mobilisation du G7 a été
exceptionnelle. Le 28 février, au premier jour, nous nous sommes réunis,
ministres des affaires étrangères, en visioconférence. Le 11 mars, le président
de la République a tenu une visioconférence avec l’ensemble des chefs d’État et
de gouvernement du G7 pour évoquer les conséquences économiques de la guerre au
Moyen-Orient, notamment la situation énergétique, ainsi que les mesures pour
les atténuer, y compris la libération des stocks stratégiques. Les ministres
des affaires étrangères du G7 ont publié un communiqué le 21 mars 2026
rappelant leur soutien aux partenaires du Moyen-Orient face aux attaques
injustifiables de la République islamique d’Iran et de ses supplétifs.
Et aujourd’hui même, nous adoptons une nouvelle déclaration sur l’Iran au
niveau des ministres des affaires étrangères. La voilà ! Elle appelle un
arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures
civiles. Rien ne justifie de prendre pour cible des civils de manière délibérée
lors des conflits armés, ni de mener des attaques contre des installations
diplomatiques. Et elle réaffirme la nécessité absolue de rétablir de manière
permanente la liberté de navigation gratuite et sûre dans le détroit d’Ormuz,
conformément à la résolution 2817 du Conseil de sécurité des Nations unies et
conformément au droit de la mer.
Pour les temps à venir, nous nous sommes accordés sur le principe d’une
réunion des ministres des affaires étrangères du G7 avec ceux du Conseil de
coopération des États arabes du Golfe. Le secrétaire d’État américain, Marco
Rubio, a accepté de briefer le Conseil des affaires étrangères de l’Union
européenne. Enfin, nous sommes convenus de poursuivre nos travaux pour
contribuer à la résolution de la situation dans le détroit d’Ormuz.
Au sujet du Liban, j’ai souligné que la gravité de la conjoncture régionale
renforçait la nécessité de préserver la stabilité du Liban, de soutenir ses
institutions légitimes, de préserver les civils, de garantir la pleine
restauration de sa souveraineté.
Enfin, nous avons pu échanger sur d’autres conflits et menaces sur la paix
et la sécurité dans de nombreuses régions, en particulier le Soudan, où nous
cherchons à soutenir les efforts en faveur d’une trêve humanitaire mais aussi
la situation au Venezuela, à Cuba, en Haïti et sur l’importance d’un
Indopacifique libre et ouvert fondé sur l’état de droit.
J’ai rappelé que notre attention devait continuer à se porter sur la
situation à Gaza et que la crise au Moyen-Orient ne devait pas compromettre nos
efforts pour la mise en œuvre de la deuxième phase du plan de paix.
À l’heure de clôturer cette première réunion formelle des ministres des
affaires étrangères du G7, permettez-moi de dire quelques mots sur les
perspectives pour la suite de la présidence française.
La prochaine étape sera bien sûr le sommet que le président de la
République accueillera à Évian au mois de juin. Les questions géopolitiques y
seront naturellement abordées, mais certaines de nos initiatives concrètes
pourraient également y aboutir. Nous continuerons à échanger entre ministres
des affaires étrangères du G7, une prochaine rencontre informelle est prévue en
marge de l’Assemblée générale des Nations unies où je souhaite que nous
poursuivions la dynamique de convergence avec les pays des BRICS, sur tous les
sujets sur lesquels il est possible et utile d’avancer ensemble.
Enfin, pour conclure l’année, nous tiendrons la deuxième réunion formelle
des ministres des affaires étrangères du G7 à Marseille, les 9 et 10 novembre,
ce qui nous permettra de mettre en pratique les nombreuses initiatives
concrètes sur lesquelles nous nous sommes mis d’accord au cours des 48
dernières heures ici, aux Vaux-de-Cernay. Et tout au long de l’année, la
société civile, qui a un rôle primordial à jouer sur les questions de paix et
de sécurité, sera associée à nos travaux.
> S’agissant du Liban, la France est sans aucun
doute le pays du monde qui s’est le plus mobilisé et qui se tient aux côtés de
ce peuple frère, dont le cœur n’a jamais cessé de battre au même rythme que
celui de la France, comme le rappelait le général de Gaulle. C’est ainsi
qu’après le chef d’état-major des armées, je me suis rendu moi-même sur place
en fin de semaine dernière, et que dans quelques jours, c’est la ministre
déléguée auprès de la ministre des armées qui s’y rendra à son tour.
Nous avons salué les décisions courageuses prises par le gouvernement libanais
déjà l’été dernier pour adopter un plan de désarmement du Hezbollah qui a
entraîné une nouvelle fois le pays dans une guerre qu’il n’avait pas choisie.
Mais des décisions plus récentes également, celles de déclarer comme illégales
les activités militaires et la branche militaire du Hezbollah ou plus
récemment, ce mardi, la décision de retirer ses accréditations à l’ambassadeur
d’Iran au Liban. Nous avons par ailleurs salué la proposition faite par le
président Aoun au gouvernement israélien d’engager des discussions de
haut-niveau, les premières dans l’histoire de ces deux pays, qui permettent
d’avancer vers un cessez-le-feu, vers un processus ordonné et coordonné de
désarmement du Hezbollah qui doit rendre ses armes et vers la résolution du
différend qui oppose depuis 1949 Israël et le Liban. Nous avons évidemment
appelé les autorités israéliennes, ce que j’ai fait en fin de semaine dernière
à Jérusalem, à se saisir de cette opportunité historique de cheminer vers un
règlement durable des tensions entre les deux pays et de coordonner leurs
approches comme nous avons tenté de le faire après le cessez-le-feu que nous
avons obtenu aux côtés des Américains au Liban, en novembre 2024, au sein du
mécanisme, les Israéliens et Libanais dans cette nécessité pour leur sécurité
collective de parvenir à un désarmement du Hezbollah.
> Nous avons toujours compté sur l’Afrique du Sud et respectons le rôle important qu’elle joue dans les affaires internationales. S’agissant du G7, nous avons fait le choix d’inviter le Kenya à Évian au titre du travail que nous faisons ensemble pour préparer le sommet Africa Forward, le sommet Afrique-France, qui se tiendra les 11 et 12 mai prochains à Nairobi. Nous n’avons cédé à aucune pression et nous avons fait un choix cohérent avec notre décision de tenir un G7 resserré et focalisé sur les questions géoéconomiques. Nous restons évidemment en contact étroit avec l’Afrique du Sud, qui demeure un partenaire essentiel de la France sur tous les grands enjeux mondiaux.
> La résistance ukrainienne tient et continue à tenir en échec l’armée de Vladimir Poutine, si on peut encore parler d’une armée, puisqu’après quatre ans de guerre, c’est plus d’un million de pertes humaines qu’accusent la Russie de Vladimir Poutine et qu’on ne trouve dans cette armée plus que des mercenaires recrutés aux quatre coins du monde. Et l’Ukraine a récemment repris plus de territoires que la Russie n’en a pris en Ukraine. On aurait donc tort de considérer que l’Ukraine est en train de reculer sous les coups de boutoir de l’envahisseur russe. C’est exactement le contraire qui est en train de se passer. Et après avoir traversé et survécu à l’hiver le plus rigoureux qu’elle ait connue depuis bien des années, sous le feu des missiles balistiques de la Russie dirigés à dessein contre des infrastructures énergétiques, ce qui est constitutif de crimes de guerre, je puis vous dire que la résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir, puisqu’aujourd’hui, c’est l’Europe qui constitue le premier soutien de l’Ukraine, et à le faire avec beaucoup de résolution. C’est vrai que le prêt de 90 milliards d’euros que nous avons agréé au mois de décembre dernier n’est pas encore débloqué, mais il le sera. En tout cas, ce n’est pas une question de savoir s’il le sera, mais quand il le sera. Et d’ici là, je suis certain que des solutions pourront être trouvées pour que d’ici là, les liquidités nécessaires puissent bénéficier à l’Ukraine. Et le plus important, c’est que ce prêt de 90 milliards d’euros place l’Ukraine à l’abri de toute difficulté financière pour les deux années qui viennent et place l’Ukraine en situation de force pour poursuivre les négociations en cours.
> S’agissant de liens entre la crise actuelle au Proche et Moyen-Orient, l’escalade militaire sur place, et la Russie, ce que je constate, c’est que ce qui s’est produit ces dernières semaines consacre l’isolement international définitif de Vladimir Poutine, qui, après Bachar al-Assad et après Nicolás Maduro, a perdu avec l’ayatollah Khamenei peut-être l’un de ses derniers alliés. Il est avéré que des coopérations ont existé et continuent d’exister entre la Russie et l’Iran dans les deux sens. Et nous savons parfaitement, j’ai moi-même obtenu que des sanctions européennes soient prises à ce sujet, que l’Iran a soutenu l’effort de guerre russe par la fourniture de drones ou de missiles à la Russie pour ses opérations militaires en Ukraine. Et inversement, on a des raisons de penser qu’aujourd’hui, la Russie soutient les efforts militaires de l’Iran, qui me semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines. Je pense que c’est à cela que la Haute représentante faisait référence tout à l’heure.
> Il y a évidemment une forme de mobilisation des capacités militaires américaines dans la guerre qui se déroule aujourd’hui dans la région du Golfe. Je dirais même qu’il y a une mobilisation des capacités militaires, y compris de nations comme la France, qui ne participent pas à ces opérations militaires, mais qui les ont déployées, ces capacités, pour défendre et protéger leurs alliés, leurs ressortissants et leurs emprises. Ce que je veux relever d’abord, c’est la présence en ce moment du président Zelensky dans le Golfe pour venir en soutien par ce savoir-faire qui a été développé en Ukraine, unique, en soutien des pays du Golfe qui sont attaqués aujourd’hui par l’Iran. Ce qui témoigne du génie ukrainien qui a su développer une véritable industrie nouvelle, émergente, pour se défendre contre la Russie. Et ce qui souligne l’importance pour les pays européens, l’Allemagne, la France et leurs partenaires, d’établir des coopérations de plus en plus denses avec nos partenaires ukrainiens, non seulement pour les soutenir face à l’envahisseur russe, mais aussi pour assurer la défense du continent européen. Et quant au soutien militaire à l’Ukraine, il va se poursuivre. Les pays européens sont mobilisés. On nous a annoncé depuis plus de quatre ans maintenant, à de très nombreuses reprises, que c’était la catastrophe parce que les livraisons en provenance d’ici ou de là allaient se tarir. Et comme je vous l’ai dit tout à l’heure, le résultat, c’est qu’au sortir de l’hiver le plus rigoureux de son histoire récente, l’Ukraine est en train de reprendre du terrain sur la Russie.
> Sur le détroit d’Ormuz, nous avons eu de nombreuses conversations tout au long de ces deux jours, non seulement entre pays du G7, avec les États-Unis d’Amérique, mais également avec les pays que nous avions invités, et notamment l’Inde et l’Arabie saoudite, qui sont intéressées au premier chef et pour différentes raisons. Il y a un consensus qui se retrouve, je crois, très largement au sein de la communauté internationale pour préserver un bien commun qui est la liberté de navigation. Il est hors de question de vivre dans un monde où les eaux internationales sont fermées à la navigation dans le cadre de conflits qui ne concernent pas les pays qui ont besoin que cette circulation puisse avoir lieu. Et la France a marqué sa disposition, dans le cadre d’une initiative lancée par le président de la République, à bâtir une mission internationale permettant la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, une fois le calme revenu, dans une posture strictement défensive et dans le cadre d’accords avec les principaux pays concernés.
> S’agissant du Liban, ma réponse, elle est simple, c’est que jamais le Liban n’aurait dû être entraîné dans cette guerre qu’il n’a pas choisie. Et c’est une responsabilité écrasante du Hezbollah que d’avoir fait ce choix qui plonge le pays une nouvelle fois au bord du précipice. Je crois qu’il n’y a pas de nécessité à ce que les deux théâtres soient associés, mais qu’au contraire, il faut redoubler nos efforts pour, d’une part, faire cesser les hostilités au Liban, faciliter un dialogue de haut-niveau qui serait historique entre les autorités libanaises et les autorités israéliennes, qui leur permettrait de s’accorder sur le processus de désarmement du Hezbollah qui doit rendre ses armes, et de cheminer vers un règlement du différend qui les oppose depuis 1949. D’ici là, il faut qu’Israël puisse s’abstenir de toute opération terrestre, s’abstenir de toute atteinte aux infrastructures civiles, de toute atteinte portée aux zones densément peuplées, notamment Beyrouth, pour qu’un chemin vers la paix reste possible. Je veux saluer une nouvelle fois, comme je l’ai fait hier, je crois, les décisions courageuses qui ont été prises par le gouvernement libanais. D’abord, de déclarer illégales les activités militaires du Hezbollah, d’ordonner à l’armée de procéder au désarmement de la milice et puis plus récemment de retirer ses accréditations à l’ambassadeur d’Iran au Liban. C’est bien une manière pour le Liban, je crois, d’exprimer très clairement, par ces décisions, qu’il ne souhaite en aucun cas être associé à cette guerre et qu’il ne souhaite pas que des puissances étrangères puissent faire de ce pays un théâtre secondaire d’une guerre qu’il n’a pas choisie.
> Sur les questions de médiation. Des échanges ont commencé, ils s’appuient sur la médiation du Pakistan, mais aussi d’autres pays comme l’Égypte et la Turquie. Nous soutenons ces efforts, nous souhaitons qu’ils puissent produire des résultats pour la réouverture du détroit d’Ormuz, pour la désescalade, bref, pour mettre fin à cette escalade qui entraîne avec elle des conséquences considérables et dangereuses pour l’économie mondiale.
> Sur le détroit d’Ormuz, l’objectif est largement partagé. Je vous invite, si vous vous intéressez vraiment à ces questions, à revenir sur l’adoption de la résolution 2817 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a reçu le parrainage d’une grande majorité des pays du monde, et qui touche justement à la question de la liberté de navigation et de la sécurité maritime. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les mers se divisent en deux parties. Il y a les eaux territoriales, qui sont placées sous la juridiction des États, et il y a les eaux internationales, qui sont un bien commun par lesquels les échanges d’un bout à l’autre de la planète peuvent se faire. Il est hors de question pour quiconque que ce bien commun, qui est protégé par le droit de la mer, puisse être remis en question par quiconque. Et donc cet objectif est largement partagé. Il passera nécessairement, d’une manière ou d’une autre, une fois le calme revenu, ou une fois que les objectifs militaires des États-Unis auront été atteints, ou une fois que le pic des hostilités aura été dépassé, passera nécessairement par un système d’escorte. Un système d’escorte qui permettra d’apporter la sécurité nécessaire pour que la circulation des navires puisse reprendre au plus vite. Vous voyez bien que chaque jour qui passe, la situation s’aggrave, faute de circulation des navires depuis le Golfe Persique vers le reste du monde. Et donc, pour que la reprise se fasse dans les meilleures conditions et au meilleur rythme possible, il faudra que, d’une manière ou d’une autre, cette mission internationale qu’a proposé le Président de la République puisse intervenir dans le respect du droit international et du droit de la mer. Et c’est ce à quoi nous voulons travailler.
> Sur la Russie et l’Ukraine. Ce que je peux vous
dire, c’est que nous avons partagé au G7 un certain nombre de constats. Premier
constat, la Russie était déjà en échec militaire et économique. Militaire parce
que son opération spéciale, qui ne devait durer que quelques jours ou quelques
semaines, s’est heurtée à un mur, le mur de la résistance ukrainienne ;
que la Russie de Vladimir Poutine accuse des pertes humaines supérieures à un
million, ce qui est supérieur à l’ensemble des pertes humaines de l’Union
soviétique et de la Russie depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale ;
et qu’aujourd’hui, c’est plus de 1.000 soldats russes sur le front qui sont
tués. Donc c’est un échec militaire. Et dans les temps derniers, l’Ukraine a
repris plus de territoires à la Russie que la Russie n’en a pris à l’Ukraine.
Un échec économique également, structurellement, même si la hausse des prix des
hydrocarbures va peut-être atténuer temporairement cette tendance très forte à
l’appauvrissement de l’économie de la Russie de Vladimir Poutine, dont le
secteur civil non militaire est asphyxié, dont les ressources budgétaires sont
vides et qui devait, qui entrera sans doute en récession dans le courant de
l’année. Mais à cet échec militaire et à cet échec économique s’ajoute un échec
stratégique, puisqu’après Bachar al-Assad et Nicolás Maduro, la disparition de
l’ayatollah Khamenei fait perdre à Vladimir Poutine celui qui était peut-être
dernier de ses alliés.
Nous avons également fait un autre constat, qui est que depuis le 24 février
2022, le G7 a été le plus fidèle, si l’on peut dire, ou un groupe de pays
fidèles à l’Ukraine pour soutenir sa résistance. Tous les pays du G7, sans
exception, ont pris des sanctions ou ont livré des équipements militaires, ou
ont apporté des contributions financières qui ont permis de soutenir la
résistance héroïque du peuple ukrainien contre l’envahisseur. Il est vrai que
l’administration américaine, l’administration Trump, a voulu, lorsqu’elle a
pris ses fonctions, accélérer le processus de négociation, prendre en charge la
médiation, cependant que l’Europe prenait une part plus importante du soutien à
l’Ukraine, comme nous l’avons montré, à la fois sur le plan financier, avec les
90 milliards d’euros du prêt qui arrivera et qui mettra l’Ukraine à l’abri de
toute difficulté financière pendant deux ans, mais aussi avec la Coalition des
volontaires, rassemblant une trentaine de pays qui, pour la première fois dans
leur histoire, pour beaucoup d’entre eux, mettent en commun leur expertise et
leur capacité militaire pour que la paix, une fois conclue, puisse être
garantie.
Ce sont ces constats que nous avons dressés, en cohérence avec la déclaration
des chefs d’État et de gouvernement du 24 février dernier, et nous sommes
résolus de continuer à soutenir l’Ukraine dans sa résistance contre
l’envahisseur.
> Ce qu'il faut, c'est qu'une fois que les hostilités auront baissé en intensité, qu'immédiatement, dans le détroit d'Ormuz, une mission internationale se forme pour escorter les navires et que la circulation puisse reprendre le plus rapidement possible et dans les meilleures conditions.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous ne
sommes pas partis à cette guerre. La France « ne participe pas à cette
guerre. Elle refuse des opérations militaires « dont le but n'était pas
précisément défini et menées en dehors du droit international. (…)
Paris n’a aucune complaisance envers le régime iranien. (…)
Nous souhaitons éviter que cette escalade
dégénère avec les conséquences majeures qu'elle a pour l'économie mondiale,
pour le pouvoir d'achat et pour le fonctionnement de nos entreprises.
> La France est sans doute le pays du monde qui se tient le plus fermement aux côtés du Liban. (…) Nous souhaitons que les autorités libanaises et israéliennes puissent engager pour la première fois dans leur histoire un dialogue politique de haut niveau pour aller vers un cessez-le-feu, pour traiter ensemble du désarmement du Hezbollah, et puis ensuite pour, je dirais, régler ce différend entre le Liban et Israël qui date de décennies et qui mérite d'être réglé pour la sécurité des deux pays.
> Nous ne devons pas céder à la fascination pour la force. On vit dans des sociétés qui se polarisent, qui se radicalisent, et on finit par penser que la force brutale est la réponse à tous nos problèmes. Ce n'est pas vrai. Les grands principes sur lesquels nous avons bâti notre pays, sur lesquels nous avons bâti l'Europe, sont les seuls susceptibles de garantir la paix, la sécurité et la stabilité.
> [Présidentielle] Le rassemblement c'est une condition
nécessaire pour la victoire. Mais le préalable, c'est d'abord l'affirmation.
L'affirmation de la vision que nous avons pour le pays, l'affirmation de la
manière d'atteindre ses objectifs. (…)
Nous aurions tort de nous précipiter dans
des rassemblements de partis au moment où le plus important c'est de rassembler
tous les Français.
> Je souhaite que le Centre, le centre démocrate, présente pour 2027 un projet devant les Français.
> L'objectif du rassemblement est le bon, mais le préalable, c'est l'affirmation des visions et des projets.
> Le moment viendra où toutes celles et ceux qui veulent éviter que la France s'offre à des partis populistes d'extrême droite ou d'extrême gauche trouveront un projet enthousiasmant, un projet pour l'avenir, notre avenir et celui de nos enfants.
> Nous avons exprimé avec beaucoup de clarté nos positions sur le Mercosur et une opposition sur son application provisoire. Nous y étions opposés. C'est toujours le cas.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> La Douane française entre dans un nouvel âge de contrôle. À Marseille,
j’ai annoncé un plan douane massif, avec doublement du taux de marchandises
scannées d'ici 2027. Objectif : une douane de combat pour fermer toutes les
portes aux narcotrafiquants.
> Le déficit 2025 s’améliore à 5,1 %, grâce d’abord à l’effort de l’État. Transparence et sérieux sont gages d’efficacité. Prochaine étape : le Comité d’alerte du 21 avril pour poursuivre la trajectoire.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> [Agressions de femmes dans les transports] Je rappelle ce numéro trop peu
connu, le #3117, pour signaler quelque chose que l'on aurait vu dans les
transports en commun. On va aussi revoir la question de la formation des agents
et des aménagements. (…)
Combien de femmes changent de trajet, de ligne, de tenue ou renoncent à sortir
par peur de prendre les transports en commun ? Se déplacer, c'est une liberté
fondamentale.
> Aucun élu de la République ne devrait jamais être menacé, insulté. Au soir des résultats des municipales, trop d'entre eux ont dû être protégés par les forces de l'ordre. Ces images sont une tâche sur notre démocratie.
> L'antisémitisme ne doit jamais être une variable d'ajustement. A Berlin, j'ai rencontré des enseignants inquiets : de plus en plus d'élèves en viennent à douter de l'existence même de la Shoah sous influence directe de l'AFD. L'AFD, ce sont les amis, les partenaires de Zemmour et Knafo. Comment envisager une seconde de s'allier à eux ?
> L'avertissement envoyé lors des élections municipales est sans appel : divisés, nous perdons ; unis, nous gagnons. S'unir est un impératif.
● Autres ministres
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de
l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> Les hausses des prix à la pompe nous impactent tous.
Récap des infos utiles sur ce qui vient d’être annoncé avec mes collègues pour
faire face à la situation :
- Engagement des distributeurs de carburants de la grande distribution à des
marges minimales et à répercuter « au plus tôt » toute baisse de
coût.
- 70 millions d’euros mobilisés dès avril pour soutenir les secteurs les plus
touchés.
- Toutes les entreprises touchées : reports de charges, étalements fiscaux, et
des prêts jusqu’à 50 000 € via Bpifrance. N’attendez pas — les conseillers
départementaux sont disponibles, leurs coordonnées sont en ligne.
- Transporteurs (TPE/PME) : une aide directe de 20 centimes par litre. Un
guichet dédié sera ouvert.
- Pêcheurs : 20 centimes par litre remboursés sur les factures de carburant,
pour que les bateaux puissent continuer à sortir en mer.
- Agriculteurs : le carburant agricole totalement exonéré de taxe en avril.
Face à un conflit que nous n’avons pas choisi, nous restons sur le pont. Très
prochainement, sera présenté un plan d’électrification pour réduire notre
dépendance au pétrole importé.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> [Hausse des prix du carburant] L'objectif de ces aides c'est de permettre
aux secteurs économiques qui font face à des difficultés (...) de passer le cap
ensemble (...) On aide ceux qui en ont le plus besoin, on assume de cibler ces
aides.
> [Aides carburants] Il n'y a pas de professions ou de Français oubliés, il y a des choix qui ont été fait pour ces deux premières vagues de mesures (...) Evidemment qu'on adaptera ces mesures à la hausse ou à la baisse en fonction de l'évolution du confit.
> [Hausse des prix du carburant] Jamais l'Etat s'enrichit sur le dos d'une crise, et l'Etat ne s'enrichit absolument pas sur l'augmentation qu'on constate aujourd'hui.
> [Présidentielle] On est optimiste et surtout déterminé à ne pas laisser au pays le choix d'un second tour entre monsieur Mélenchon et monsieur Bardella
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> La guerre au Moyen Orient ne doit pas nous faire oublier l’agression
russe: 3000 drones et 1500 bombardements ont frappé l’Ukraine cette semaine.
Notre priorité : finaliser le prêt européen de 90 milliards et le 20eme paquet
de sanctions.
> On continue de travailler avec les Ukrainiens, à les soutenir. La France est aujourd'hui le premier pays qui aide l'Ukraine sur le renseignement militaire.
> Vouloir combattre le régime iranien et lever les sanctions contre la Russie est contradictoire. La Russie et l’Iran sont alliés depuis des années : en Syrie en soutien au régime criminel d’Assad, en Ukraine ou les drones Shahed sont utilisés par Moscou, au Moyen Orient où les capacités russes appuient Téhéran.
> [Prix du carburant] Ce n'est pas le moment de lever les sanctions sur l'importation de pétrole et gaz russes alors que la Russie accélère son agression contre l'Ukraine et ses menaces de sécurité contre les Européens.
> Intimidations contre les élus, remise en cause de la neutralité du service public, communautarisme, antisémitisme: LFI instaure un climat de violence séditieuse dans ses municipalités. Je ne veux pas de cela pour mon pays.
> Plaçons toujours le pays avant les partis. Avec 90
voix de la Droite et du Centre, nous appelons à l’union dès le premier tour. (…)
Je ne veux pas d'un second tour entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon. À
nous de nous organiser.
> La France est aujourd’hui le premier partenaire de l’Ukraine en matière de renseignement militaire, un appui décisif. Nous pouvons approfondir notre coopération avec l’industrie de défense ukrainienne en matière de drones et défense anti drone. C’est dans notre intérêt.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Quand Jean-Luc Mélenchon [qui dénonce le fait que des députés Renaissance,
LR et PS aient des actions Total] prend une fois de plus les Français pour des
imbéciles... On n’est plus étonné mais on ne peut qu’être attristé par de tels
procédés indignes de notre débat public et de notre démocratie. Rappelons que
650 000 Français sont actionnaires à titre individuel de Total, à hauteur d’une
part minoritaire de son capital (12 %), comme c’est le cas pour nombre de nos
grandes entreprises. Je suis d'ailleurs fière de faire partie de ceux qui
croient dans les entreprises françaises. Et ne nous y trompons pas : la fixation
du prix de l'essence ne dépend pas du bon vouloir de ces 650 000 Français... Il
n'y a que dans l'imaginaire LFI que nous nous réunirions tous les lundis soirs
pour comploter. Par contre, en tant que Présidente de l’Assemblée, je suis
résolument engagée pour contrôler l’action du Gouvernement dans la crise
actuelle et je défends un principe simple : face à cette crise, il faut
soutenir chacun de nos concitoyens à la hauteur de ses besoins.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Continuons à soutenir l’excellence industrielle française ! Au lancement
du salon Global Industrie. Décarbonation, intelligence artificielle,
souveraineté : autant de défis qui rassemblent l’ensemble de la filière
industrielle autour de projets concrets. Loin des discours déclinistes, Global
Industrie montre ce qui marche en France.
Marc Ferracci (député)
> L’industrie française ne doute pas. Elle avance. Elle accélère. Elle ne
lâche rien. Au salon Global Industrie, un constat s’impose : notre industrie
est debout, conquérante, et résolument tournée vers l’avenir.
J’ai eu le plaisir de retrouver ce salon que j’avais inauguré l’an dernier à
Lyon. « On ne lâche rien » était le slogan du salon l’année dernière,
c’est devenu le slogan de notre industrie.
- Des industriels qui innovent
- Des territoires qui se battent
- Une jeunesse engagée — et de plus en plus de jeunes femmes — qui choisit
l’industrie et en fait un avenir.
Global Industrie est plus qu’un salon : c’est la preuve que l’industrie
française et européenne est en mouvement.
Paul Midy (député)
> La recherche doit être au cœur de notre stratégie économique, parce
qu’elle alimente l’innovation et, derrière, la compétitivité, la
réindustrialisation et la souveraineté dans un contexte de compétition
technologique accrue avec les États-Unis et la Chine. Aujourd’hui, la France
consacre environ 2,2 % de son PIB à la recherche et développement, soit près de
60 milliards d’euros par an. C’est un effort significatif, mais encore en deçà
de notre objectif de 3 % et surtout inférieur à celui de grandes économies
comparables comme l’Allemagne, qui dépasse 3 %, ou les États-Unis, autour de
3,5 %. Nous disposons d’outils puissants, comme le crédit d’impôt recherche,
qui représente à lui seul près de 7 milliards d’euros par an, ou encore France
2030, qui mobilise 54 milliards d’euros pour soutenir les technologies
d’avenir, de l’intelligence artificielle à la transition énergétique. Mais ces
dispositifs restent parfois complexes, et il faut aller plus loin.
Le vrai enjeu est donc double. D’une part, continuer à investir davantage,
notamment pour rattraper notre retard par rapport aux grandes puissances
technologiques. D’autre part, mieux transformer cet investissement en
innovations concrètes, en facilitant le passage de la recherche au marché, en
renforçant les liens entre laboratoires et entreprises, et en soutenant
davantage les phases critiques de développement et d’industrialisation.
C’est à cette condition que la recherche deviendra pleinement le levier de
croissance, de création d’emplois qualifiés et de souveraineté économique pour
notre pays.
> Nous formons d’excellents docteurs mais nous ne
les intégrons pas suffisamment dans nos entreprises, en particulier dans les
PME et les start-up. Ce n’est pas un problème de compétence, c’est un problème
de perception et d’incitation : beaucoup d’entreprises restent encore
réticentes à recruter des docteurs, par méconnaissance de leurs compétences ou
parce qu’elles perçoivent ce recrutement comme plus risqué ou plus coûteux
qu’un profil issu par exemple d’une grande école. Résultat, nous nous privons
de talents parmi les meilleurs et souvent les seuls capables de faire le lien
entre recherche fondamentale et innovation concrète, précisément là où se joue
la compétition économique mondiale.
C’est tout le sens de la proposition de loi que j’ai déposée pour rétablir le
dispositif « jeune docteur » dans le cadre du crédit impôt recherche. Ce
dispositif permettait de rendre plus attractif, pendant les deux premières
années, le recrutement d’un docteur en CDI, en particulier pour les start-up et
les PME innovantes. Sa suppression dans la loi de finances pour 2025 est une
erreur stratégique. À l’heure où tous nos concurrents investissent massivement
dans les talents scientifiques, nous envoyons un signal inverse. Rétablir ce
dispositif, c’est soutenir concrètement l’emploi scientifique, renforcer les
liens entre recherche publique et entreprises, et accélérer la transformation
de nos découvertes en innovations.
> Le sujet est très concret, aujourd’hui encore,
trop de recruteurs ne savent pas ce qu’est réellement un doctorat. Ils y voient
un parcours académique, parfois théorique, alors qu’il s’agit en réalité de
trois à cinq années de gestion de projet complexe, avec des objectifs, des
contraintes, des résultats à produire et souvent une dimension d’innovation
très forte.
La première priorité, c’est donc de mieux traduire les compétences des docteurs
dans le langage de l’entreprise. Un docteur, c’est quelqu’un capable de gérer
un projet long, d’analyser des données complexes, de résoudre des problèmes
nouveaux et de transformer une idée en solution concrète.
Il faut aussi former les recruteurs eux-mêmes, notamment dans les PME, pour
qu’ils comprennent mieux la valeur ajoutée d’un doctorat. Et encourager les
grandes entreprises à montrer l’exemple, en intégrant davantage de docteurs
dans leurs équipes de direction, de R&D ou de stratégie.
Enfin, il faut multiplier les passerelles concrètes entre le monde académique
et l’entreprise.
> Il n’y aura pas de transformation réussie sans innovation. Les docteurs apportent précisément cette capacité à traiter la complexité, produire de la connaissance et la transformer en décisions concrètes. Dans le numérique, ils structurent les projets liés à l’IA et à la donnée, dans l’écologie, ils trouvent les solutions pour réussir le zéro carbone à 2050 et permettent de mesurer réellement l’impact et d’éviter les effets d’annonce. Les docteurs sont un levier stratégique pour aider les entreprises françaises à innover de manière plus efficace, plus robuste et plus rapide.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> L'union ne se décrète pas, elle se construit autour d'un projet. En 2017,
Macron n'a pas gagné en obéissant aux appels à se ranger, il a gagné parce
qu'il proposait une offre nouvelle. Le ni-ni n'est pas un programme.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Dans un geste pseudo patriotique, les nouveaux maires RN retirent les
drapeaux européen et ukrainien des frontons de leur mairie. Ils s’opposent à
l’Union européenne et veulent mettre fin à la contribution française. Un
véritable Frexit qui ne dit pas son nom. Mais cela veut-il dire qu’ils vont
rendre les millions d'euros de fonds européens accordés pour le développement
de leurs territoires, l'aménagement des infrastructures comme l'aéroport de
l'Aude, les aides de la PAC ou celles sociales ? Quant à leur argument du solde
négatif de notre contribution, il est malhonnête et incomplet : chaque année,
via le marché unique et ses différents programmes, l’Union européenne rapporte
124 milliards d’euros à la France.
> La Finlande partage 1300 km de frontière avec la Russie. Et ce n’est pas seulement la sienne : c’est celle de l’Union européenne toute entière. Face à l’agression russe contre l’Ukraine et dans le contexte d’instabilité géopolitique généralisée, nous devons renforcer l’Europe de la défense. C’est l’engagement de Renew Europe que nous avons vis-à-vis des Finlandais – nous l’avons rappelé au Président de la République et vis-à-vis des Européens. Mais notre sécurité ne se limite pas aux capacités militaires. Elle repose également sur l’autonomie stratégique de l’Union européenne et sur la résilience de nos sociétés face aux menaces. À cet égard, la population finlandaise – soumise à une guerre hybride menée par la Russie – est un exemple.
Bernard Guetta (député)
> [Opinion : Trump n’a plus les cartes] En Iran, Donald Trump n’a plus
que de mauvaises solutions. La première serait de se proclamer vainqueur et de
rappeler ses troupes. Rien ne le lui interdirait mais rien ne lui permettrait
non plus d’accréditer cette fable. Non seulement son crédit personnel en serait
atteint à huit mois des élections de mi-mandat mais celui des Etats-Unis le
serait bien plus encore dans les pays du Golfe, l’ensemble du Proche-Orient et
tout le reste du monde.
Le régime iranien, à l’inverse, en sortirait tout aussi gagnant que si
Donald Trump se décidait à passer avec lui un accord en faux semblants. Comme
elle l’a toujours fait, la République islamique s’engagerait à ne jamais se
doter de la bombe. Il y aurait encore moins de raisons de la croire aujourd’hui
qu’hier mais, en échange de garanties illusoires, elle obtiendrait une levée
progressive des sanctions économiques qui la frappent. Ses dirigeants
pourraient ainsi reprendre la main pour le plus grand malheur de leur peuple,
la plus grande inquiétude de leurs voisins et la plus grande satisfaction de la
Chine et de la Russie que renforcerait la victoire d’un pouvoir dont elles sont
l’allié.
En lettres capitales, Donald Trump saurait bien sûr affirmer qu’il aurait
imposé au régime iranien des concessions que personne d’autre que lui n’aurait
su obtenir. Il s’en convaincrait lui-même mais aucune capitale ne serait dupe
tant il serait évident qu’il aurait mené deux guerres pour parvenir à un accord
autrement moins solide que celui que les Européens et Barack Obama avait
négocié en 2015 et qu’il avait cru bon de dénoncer après sa première élection.
Là encore, le crédit des Etats-Unis et le sien en seraient gravement
atteints mais la troisième solution, l’envoi de troupes au sol, présenterait
d’énormes risques. Outre que ces hommes pourraient essuyer d’importantes pertes
qu’aucun secteur de l’opinion américaine ne serait prêt à accepter, l’appareil
iranien n’hésiterait plus à frapper toutes les infrastructures des monarchies,
y compris leurs usines de désalinisation.
Les conséquences économiques de cette guerre devenue totale seraient telles que
Donald Trump n’a envisagé, pour l’heure, qu’une occupation d’une des îles du
Golfe persique, l’île de Kharg indispensable aux exportations de pétrole
iranien. Il espérait, dans cette hypothèse, prendre un gage qu’il pourrait
échanger ensuite contre de vraies concessions mais ce plan de la dernière
chance a tout d’aléatoire car la République islamique n’ignore pas que la
Maison-Blanche ne peut pas tenir la longueur.
Donald Trump ne peut aujourd’hui plus s’en sortir victorieux que si le pouvoir
iranien s’effondrait soudain sous l’effet d’un épuisement de ses ressources et
des dissensions internes qui s’ensuivraient. On peut d’autant moins l’exclure
que ce ne serait nullement surprenant mais rien n’assure que ce régime
s’essoufflera avant l’homme qui avait cru l’abattre en un week-end.
La popularité de Donald Trump connait un tel recul que l’institut Gallup a été
conduit à ne plus la mesurer. Avec plus de 3000 cortèges défilant samedi
dernier au cri de « Pas de roi ! » et des déchirements de plus en plus
profonds entre grandes figures du mouvement Maga, ce président est toujours
plus dos au mur. Sa fragilisation peut le conduire à surréagir comme il l’avait
fait en lançant ses partisans à l’assaut du Congrès après sa défaite de 2020
contre Joe Biden.
Une incertitude menace les Etats-Unis alors qu’ils ont perdu leur hégémonie et
que leurs consensus intérieurs ont cédé la place à de profondes divisions entre
les deux Amérique qu’incarnent désormais le Texas et la Californie ou la
Floride et New York.
Parce que le monde n’a plus de gendarme, l’Europe doit affirmer sa Défense, ses
industries et ses ententes avec les si nombreux et puissants pays qui ne
veulent plus dépendre ni de la Chine ni des Etats-Unis. C’est résolument
qu’elle doit le faire car elle ne peut pas refuser les responsabilités que lui
impose ce changement d’époque.
Pascal Canfin (député)
> Lutter contre le dérèglement climatique, c’est aussi protéger notre avenir
et les conditions de notre prospérité future.
Comme le démontre Adrien Bilal lauréat du Prix du jeune économiste 2026, le
réchauffement climatique va coûter 50 % du PIB d’ici 2100.
Ce qui décroissant ce n’est pas le Pacte vert comme le répètent inlassablement
Jordan Bardella, Manfred Weber ou François-Xavier Bellamy au Parlement
européen.
Ce qui est décroissant, c’est justement de ne rien faire pour le climat !
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> L’exploitation sexuelle des mineurs est trop souvent cachée derrière les
tabous, alors qu'elle concerne tous les milieux et territoires.
● Propos collectifs
[Tribune «Pour un candidat unique de la droite et du centre en 2027»]
Au lendemain des élections municipales et à un an de l’élection présidentielle,
la France est à la croisée des chemins. Rarement, dans notre histoire, les
enjeux auxquels notre nation est confrontée ont été aussi cruciaux, entre la
brutalisation du monde et le retour des impérialismes, la conquête de notre
souveraineté industrielle, énergétique et financière, les révolutions
écologiques et démographiques, les attentes grandissantes de nos concitoyens
sur les services publics essentiels que sont la santé, l’école et la sécurité.
Dans le même temps, jamais le risque que les Français n’aient d’autre choix que
les extrêmes pour relever ces défis n’a été aussi grand. Les enseignements
nationaux des élections municipales résonnent comme un signal d’alarme que nul
ne peut ignorer : nous sommes aujourd’hui à l’aube d’un duel probable opposant
au second tour de l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon et le candidat
du Rassemblement national.
Pour éviter cet aller simple vers le populisme, la démagogie et le
communautarisme que nous refusons de toutes nos forces, nous, élus du
bloc central et de la droite, prenons aujourd’hui la parole. Nous avons des
histoires, des parcours, des sensibilités différentes. Nous nous sommes parfois
affrontés. Mais face à l’urgence de la situation, nous savons nous retrouver
sur l’essentiel.
Chaque jour, dans les exécutifs locaux, nous œuvrons pour améliorer la vie
quotidienne de nos compatriotes. Surtout, depuis près de deux ans et la
dissolution de juin 2024, nous travaillons ensemble pour faire avancer le pays
malgré les invectives et les polémiques agitées sans relâche par le
Rassemblement national et La France insoumise.
Nous sommes républicains, européens, démocrates et patriotes. Nous sommes
attachés aux libertés fondamentales sur lesquelles reposent nos institutions.
Nous défendons l’économie de marché. Nous refusons toutes les formes
d’assignations culturelles, sociales ou géographiques.
C’est fort de ces valeurs partagées et de cette expérience de travail en commun
que nous appelons à un sursaut d’unité pour créer les conditions d’un large
rassemblement autour d’un projet et d’une candidature unique en 2027. Les
élections municipales en ont d’ailleurs été une nouvelle démonstration : seule
l’union permet la victoire de nos idées et de nos candidats.
Parce que nous ne voulons pas être les spectateurs impuissants d’un duel
mortifère, parce que nous aimons trop notre pays pour le laisser à la merci de
solutions vouées à l’échec, parce que nous refusons de nous réveiller avec la
gueule de bois au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, nous
demandons solennellement aux dirigeants de nos familles politiques, aux
candidats déclarés et à celles et ceux qui pourraient demain y participer de
dialoguer et de construire cette démarche.
Convaincus que l’union fait la force et que la force fait la dynamique, nous
exhortons chacun à dépasser les querelles d’ego pour créer les conditions de ce
rassemblement. L’unité n’est plus seulement une exigence stratégique et
politique. Elle relève de l’intérêt national. Peu importent les modalités, peu
comptent les chemins : nous la devons à la France et à tous nos compatriotes
qui, dans nos circonscriptions, nous font confiance et s’inquiètent pour leur
avenir et celui de leurs enfants. Ils nous regardent.
C’est pour eux qu’au poison des postures nous devons opposer l’exigence de
dialogue et de construction commune. À l’autoroute vers le chaos, nous
préférons le sursaut. L’union n’est ni une option ni un slogan. C’est notre
devoir. Le temps presse.
[Signataires Renaissance et MoDem] Florent Boudié, député Renaissance de
Gironde; Maud Bregeon, ministre déléguée en charge de l’Energie et porte-parole
du gouvernement ; Samantha Cazebonne, sénatrice Renaissance des Français
de l’étranger ; Pierre Cazeneuve, député Renaissance des Hauts-de-Seine ;
Yannick Chenevard, député Renaissance du Var ; François Cormier-Bouligeon,
député Renaissance du Cher ; Marc Ferracci, député Renaissance des
Français de l’étranger ; Thomas Gassilloud, député Renaissance du Rhône ;
Guillaume Gouffier Valente, député Renaissance du Val-de-Marne ; Benjamin
Haddad, ministre délégué en charge de l’Europe ; Nadège Havet, sénatrice
Renaissance du Finistère ; Sébastien Huyghe, député Renaissance du Nord ;
Xavier Iacovelli, sénateur Renaissance des Hauts-de-Seine ; Jean-Michel
Jacques, député Renaissance du Morbihan ; Sandrine Josso, députée MoDem de
Loire-Atlantique ; Daniel Labaronne, député Renaissance d’Indre-et-Loire ;
Sandrine Lalanne, députée Renaissance du Val-de-Marne ; Vincent Ledoux,
député Renaissance du Nord ; Mathieu Lefèvre, ministre délégué en charge
de la Transition climatique ; Martin Lévrier, sénateur Renaissance des
Yvelines ; Constance Le Grip, députée Renaissance des Hauts-de-Seine ;
Christine Le Nabour, députée Renaissance d’Ille-et-Vilaine ; Nicole Le
Peih, députée Renaissance du Morbihan ; Delphine Lingemann, députée MoDem
du Puy-de-Dôme ; Marie-Philippe Lubet, députée Renaissance du Loiret ;
Sylvain Maillard, député Renaissance de Paris ; Emmanuel Mandon, député
MoDem de la Loire ; Christophe Marion, député Renaissance du Loir-et-Cher ;
Sandra Marsaud, députée Renaissance de Charente ; Denis Masséglia, député
Renaissance du Maine-et-Loire; Ludovic Mendes, député Renaissance de Moselle ; Nicolas Metzdorf, député
Renaissance de Nouvelle-Calédonie ; Laure Miller, députée Renaissance de
la Marne ; Joséphine Missoffe, députée Renaissance de Paris ; Thani
Mohamed-Soilihi, sénateur Renaissance de Mayotte ; Christophe Mongardien,
député Renaissance des Hauts-de-Seine ; Karl Olive, député Renaissance des
Yvelines ; Astrid Panosyan-Bouvet, députée Renaissance de Paris ;
Maud Petit, députée MoDem du Val-de-Marne ; Richard Ramos, député MoDem du
Loiret ; Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées ; Véronique Riotton, députée
Renaissance de Haute-Savoie ; Charles Rodwell, député Renaissance des
Yvelines ; Anne-Sophie Ronceret, députée Renaissance des Yvelines ;
Bertrand Sorre, député Renaissance de la Manche ; Stéphane Travert, député
Renaissance de la Manche ; Annie Vidal, députée Renaissance de
Seine-Maritime ; Corinne Vignon, députée Renaissance de Haute-Garonne ;
Caroline Yadan, députée Renaissance des Français de l’étranger]

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