lundi 30 mars 2026

Propos centristes. France – Hausse de prix de l’énergie / Présidence française du G7: dialogue et renouveau du multilatéralisme / Présidentielle: pour une union Centre-droite / Soutien au Liban / Hostilités au Moyen-Orient…


Voici une sélection, ce 30 mars 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> J’apporte mon plein soutien au patriarche latin de Jérusalem et aux chrétiens de Terre Sainte, empêchés de célébrer la messe des Rameaux au Saint-Sépulcre. Je condamne cette décision de la police israélienne, qui s’ajoute à la multiplication préoccupante des violations du statut des Lieux Saints de Jérusalem. Le libre exercice du culte à Jérusalem doit être garanti pour toutes les religions.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Dans un contexte d’augmentation des prix des carburants, 3,8 millions de foyers - soit plus de 6 millions de Français - recevront automatiquement, dès cette semaine, le chèque énergie. 153 € en moyenne par foyer, pour 600 M€ mobilisés sur le budget de l’Etat. Un soutien concret depuis 2018 pour aider les Français les plus modestes à faire face aux dépenses d’énergie et à la pression sur le pouvoir d’achat. Ce chèque permet d’alléger directement les factures d’électricité, de gaz ou de fioul. Aucune démarche à faire : il est envoyé automatiquement aux Français concernés, pour un soutien immédiat. Et en 2026, nous élargissons le dispositif : grâce à un croisement complémentaire de données, près de 700 000 foyers supplémentaires recevront le chèque énergie dès le 1er mai. Un guichet est ouvert pour permettre à celles et ceux qui n’auraient pas été identifiés de faire valoir leurs droits.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)

> Face à la hausse des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient, nous agissons avec méthode et discernement.
Certaines filières subissent plus que d’autres les conséquences de cette crise. C’est pourquoi le Gouvernement a présenté, ce vendredi 27 mars 2026, un plan ciblé pour soutenir les secteurs les plus exposés à court terme.
Malgré ce choc extérieur, nous devons tenir nos engagements budgétaires.
Notre cap reste inchangé : réduire le déficit public sous les 3 % du PIB d’ici 2029. Parce que c’est en préservant notre équilibre économique que nous protégerons durablement les Français.

> Depuis le déclenchement de cette crise, notre préoccupation majeure consiste à agir vite et juste. Vite, parce que cette crise change tous les jours. Il faut donc la suivre au quotidien. Et juste, en observant au plus près les évolutions sur le terrain. Nous avons mis en place dès le 2 mars un dispositif de suivi à Bercy, où une cellule de crise se réunit tous les matins à 8 heures, ainsi que des entretiens chaque jour avec les représentants des filières pour faire le point sur les informations – des deux côtés – et sur leurs préoccupations. Sans oublier une réunion au moins une fois par semaine avec la filière pétrole-essence, pour vérifier l’absence d’excès à la pompe et suivre de très près les marges et les prix. Avant la mise en place de ces mesures, la libération des stocks stratégiques avait déjà permis de limiter la volatilité des marchés. Et de freiner la spéculation.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> Dans un monde où les conflits se multiplient, où les menaces transversales telles que la criminalité organisée et le narcotrafic s’intensifient, où l’ordre économique mondial se fragmente, la France entend placer au cœur de sa présidence du G7 le dialogue et le renouveau du multilatéralisme.
Aucune région du monde n’est épargnée par l’onde de choc des crises et des conflits. Ils affectent la sécurité, les équilibres économiques et les conditions de vie de tous les peuples. Chacun d’entre nous ressent les effets concrets de l’instabilité qui pèse sur le commerce mondial, la circulation maritime ou les prix de l’énergie.
Le rôle du G7 est de promouvoir des solutions mondiales pour résoudre les conflits et surmonter les crises. Trouver des réponses aux facteurs de déstabilisation, renforcer la résilience de nos sociétés et de nos économies, tels sont les objectifs qui ont guidé les travaux des ministres des Affaires étrangères du G7, réunis les 26 et 27 mars 2026 aux Vaux-de-Cernay. Dans ce vallon chargé d’histoire, façonné par des siècles de patience, de discipline et de quête d’équilibre, ce rendez-vous prend une résonance particulière : celle d’un temps de lucidité et d’action face aux désordres du monde.
Nous avons travaillé à faire émerger un nouvel ordre international, à édifier un système plus équilibré et plus juste, placé sous le signe d’un multilatéralisme renouvelé. La réforme de la gouvernance mondiale et la lutte contre les menaces transversales exigent un engagement collectif qui dépasse les seuls membres du G7. C’est pourquoi la présidence française a fait le choix d’associer les grandes économies émergentes et les partenaires régionaux à ses travaux : l’Arabie saoudite, le Brésil, la Corée du Sud, l’Inde et l’Ukraine se joindront ainsi aux discussions.
Fidèle à l’esprit du sommet fondateur de Rambouillet en 1975, la France souhaite démontrer que le G7, né du premier choc pétrolier, porte une vision commune – et résolument actuelle – de la prospérité mondiale. Une vision fondée sur trois principes : la solidarité entre les nations, la stabilité économique et la responsabilité collective. Comme l’a rappelé le Président de la République, le G7 a été inventé il y a 50 ans pour résoudre les crises économiques ; il doit redevenir un moteur d’équilibre face aux transformations du monde.
La présidence française du G7 se veut une présidence d’équilibre, de convergences et de résultats. Son ambition est d’aboutir à des avancées concrètes au service de la sécurité et de la prospérité de tous.

> [Propos lors de l’ouverture et de la clôture de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7]
- En novembre 1975, il y a 50 ans, presque jour pour jour, les dirigeants des six démocraties institutionnalisées les plus avancées du monde se réunissaient pour la première fois au sein d’une même enceinte. C’était il y a 50 ans, à quelques kilomètres d’ici. Entre les murs du château de Rambouillet, le G7 prenait forme.
Quelques mois plus tôt, les déchirements du Proche-Orient avaient conduit à la guerre. Les certitudes d’hier, nées de l’après-guerre, commençaient déjà à s’effriter.
Face à ces bouleversements, nos prédécesseurs firent un choix salutaire : celui du dialogue. L’intuition visionnaire du Président Valéry Giscard d’Estaing - qui fut l’architecte du G7, aux côtés du président américain Gérald Ford - tenait en deux mots : responsabilité commune.
50 ans plus tard, nous voici à nouveau dans ce territoire vallonné des Yvelines, dans cette région qui est aussi ma terre d’élection. Ici, aux Vaux-de-Cernay, dans cette abbaye cistercienne, qui a résisté au passage du temps, quelque chose s’élève au-dessus des pierres : une forme de sagesse. Celle d’un lieu où, depuis le XIIe siècle, on recherche l’équilibre entre l’homme et la nature, entre la réflexion et l’action. Une forme d’espérance.
Ce n’est pas un hasard si nous avons choisi ce lieu pour accueillir la première réunion des ministres des affaires étrangères de la présidence française du G7.
Le monde dans lequel nous vivons est à la recherche d’un équilibre. Une nouvelle fois. Dans les interstices du chaos, les menaces prospèrent : narcotrafic, criminalité organisée, ingérences étrangères. Les routes maritimes se transforment en goulets d’étranglement. Les chaînes d’approvisionnement deviennent des lignes de vie. Et lorsqu’une crise éclate, en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, dans les Amériques ou l’Indopacifique, l’onde de choc se propage à une vitesse inédite, et elle touche chacune et chacun d’entre nous.
Dans ce monde qui est désormais le nôtre, le G7 a plus que jamais un rôle à jouer. Fidèle à ses origines et à l’esprit de Rambouillet, instruit par 50 ans de soubresauts géopolitiques, décidé à faire primer le dialogue et la coopération sur la confrontation et la brutalité, le G7 se doit d’apporter des réponses.
C’est ainsi que le Président de la République a conçu cette présidence française. Une présidence qui s’empare de la question de la réduction des déséquilibres mondiaux. Une présidence qui renouvelle nos partenariats avec les pays en développement, sans lesquels aucune réponse durable n’est possible.
Une présidence qui jette des ponts avec les autres grandes puissances, pour conjurer les logiques de blocs. C’est la raison pour laquelle j’ai associé à nos travaux des partenaires essentiels : le Brésil, l’Inde, la Corée du Sud, et l’Arabie saoudite. J’ai également accueilli cet après-midi le ministre des affaires étrangères de l’Ukraine, avec qui je me suis entretenu pour réitérer le soutien de la France au peuple ukrainien.
Tout à l’heure, pour notre première séance de travail, j’ai accueilli mes homologues sous une verrière conçue par Gustave Eiffel, ici, sur le site des Vaux-de-Cernay. Une structure élancée qui nous rappelle combien les grands ouvrages, ceux qui résistent au temps, naissent de l’audace et de l’ingéniosité collective. Puisse cette exigence guider nos propres travaux.
La présidence française du G7 entend obtenir des résultats concrets au service de la sécurité et de la prospérité des pays du G7, et donc de la France et des Français. En somme, nous voulons, aux Vaux-de-Cernay, poser les bases d’un G7 d’équilibre, de convergence et de résultats.
Un G7 d’équilibre, d’abord. Concurrence prédatrice, surcapacités industrielles, sous-investissement chronique, surendettement, recul de la solidarité internationale… Ces déséquilibres macroéconomiques menacent la prospérité et la stabilité des nations. Ils fragilisent l’esprit de coopération entre les peuples. Ils favorisent les replis protectionnistes et portent en eux les germes des crises de demain.
Notre ambition est d’apporter ensemble des solutions à ces déséquilibres. Et pour ce faire, de contribuer collectivement à l’émergence d’un nouvel ordre international, reposant sur une coordination renforcée entre les grandes puissances économiques. Un multilatéralisme efficace et pragmatique. Car l’Histoire nous l’enseigne : les nations ont tout intérêt à coopérer en respectant les mêmes règles du jeu. Plus de prévisibilité, plus de stabilité, plus de prospérité. Cet équilibre, c’est celui d’un multilatéralisme refondé. Un système plus légitime et plus juste.
Un G7 de convergence, ensuite. Déjà à Munich, le mois dernier, nous avions convié l’Inde, grande puissance émergente, qui préside cette année le groupe des BRICS, avec lequel les pays du G7 veulent se coordonner plutôt que de s’affronter. Aujourd’hui, nous faisons à nouveau le choix d’ouvrir ce G7, en invitant, dès le début de nos travaux, l’Inde à nouveau et les autres grands pays émergents que je citais tout à l’heure. C’est une question de cohérence et c’est un choix stratégique. Refuser les logiques de blocs. Dessiner des convergences partout où cela est possible. Car ce n’est qu’ensemble que nous pourrons surmonter les défis de notre temps.
Un G7 de résultats, enfin. C’est ce à quoi nous avons travaillé tout au long de cette journée, et ce sur quoi nous travaillerons ce soir et toute la journée, demain. En matière de gouvernance mondiale, nous nous sommes accordés cet après-midi sur deux initiatives très concrètes.
D’abord, la réforme des opérations de maintien de la paix pour leur faire gagner en efficacité, avec la mise en place d’un comité de coordination. Ce comité réunira les membres du G7 et les grands pays contributeurs de troupes, des troupes de Casques bleus. Il sera chargé, dans un premier temps, d’examiner le rapport du secrétaire général des Nations unies sur l’avenir du maintien de la paix et de formuler des propositions d’amendement et d’améliorations, de manière à ce que ces opérations de maintien de la paix puissent atteindre les objectifs qui leur sont assignés.
Deuxième initiative en matière de gouvernance mondiale : accroître l’impact de l’aide humanitaire. D’abord en soutenant la réforme ONU80, la réforme interne des Nations unies. L’impact de cette réforme, notamment sur le Programme alimentaire mondial, doit générer des économies substantielles et permettre à l’aide alimentaire d’atteindre davantage de personnes. Elle doit permettre une économie de 200 millions de dollars chaque année, permettant de fournir une aide alimentaire à 1,2 millions de personnes supplémentaires par mois pendant un an.
Et donc ce que nous avons décidé, c’est de nous coordonner sur notre soutien aux huit plateformes humanitaires mondiales et à l’ensemble de leur réseau, pour répondre de manière plus rapide aux situations d’urgence. À titre national, la France soutiendra la plateforme de Dubaï et celle de Lyon. Et puis nous renforcerons la mobilisation du secteur privé, en conduisant des opérations d’acheminement d’aide humanitaire, en partenariat avec des entreprises, comme nous l’avons fait récemment pour le Liban.
Donc vous l’aurez compris, sur deux missions essentielles des Nations unies, les opérations de maintien de la paix et les opérations humanitaires, nous entendons faire des propositions et prendre des décisions pour accroître l’efficacité du système des Nations unies.
Ce soir, nous aurons également une session de travail dédiée à la reconstruction et à la stabilisation, pour penser les situations d’après-guerre. Nous échangerons là aussi sur des projets très concrets.
D’abord, la réparation du dôme de Tchernobyl, endommagé l’année dernière par une frappe de drone russe. Je me suis rendu sur place en juillet 2025 pour constater les dégâts de cette guerre sans limites. Ce soir, nous seront présentés les premiers bilans financiers des destructions provoquées par ce drone, qui se chiffrent aux alentours de 500 millions d’euros. Un drone russe, 500 millions d’euros de dommages sur le dôme de Tchernobyl. Le G7 doit jouer un rôle de catalyseur dans la levée de fonds, en lien étroit avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, dont la présidente viendra nous présenter le projet de reconstruction tout à l’heure.
Ensuite, la lutte contre le captagon, cette drogue de synthèse qui fait des ravages au Moyen-Orient. Produite autrefois à l’échelle industrielle par le régime de Bachar al-Assad, elle est aujourd’hui reprise par d’autres groupes armés. Ce trafic est une menace pour la stabilisation de la Syrie et l’ensemble de la région, mais aussi pour la sécurité de l’Europe, qui est devenue une zone de rebond. Je vous annonce que nous organiserons, d’ici à la fin de l’année, une conférence régionale de lutte contre le captagon, en partenariat avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime.
Et puis ce soir toujours, nous accorderons une attention particulière à la situation au Moyen-Orient, où les besoins de reconstruction, les besoins de développement sont immenses : il s’agit de dessiner les contours d’une intégration économique régionale qui puisse, par des projets et des institutions, lorsque les armes se seront tues, créer les conditions d’une paix et d’une stabilité durables.
Demain, nous chercherons à obtenir d’autres résultats.
D’abord, la lutte contre le terrorisme, qui évolue en profondeur, notamment en matière de financements. À ce sujet, nous organiserons à Paris, au mois de mai, la conférence « No Money For Terror », qui permettra de mieux identifier, traquer et tarir le financement du terrorisme.
Ensuite, le narcotrafic, dont la Caraïbe est une zone de transit et de destination. Nos territoires français d’Outre-mer sont très directement touchés. C’est pourquoi nous nous mobilisons pour éradiquer ce fléau à la racine. Avec nos partenaires du G7, nous organiserons une conférence régionale de sécurité dans la Caraïbe. Elle se tiendra en Martinique, au mois du juillet.
Enfin, la sécurité maritime et portuaire, avec la création d’un réseau des ports du G7 et des pays partenaires pour lutter contre le narcotrafic. Il permettra de favoriser le partage d’informations, notamment sur les modes opératoires des narcotrafiquants, pour renforcer l’efficacité de notre action collective et de celle de nos services de sécurité.
Vous l’aurez compris, face à des menaces qui ont désormais pris une dimension mondiale - le narcotrafic, la criminalité organisée, le terrorisme - les ministres des affaires étrangères du G7, en lien avec leurs collègues des ministères concernés, ont décidé d’élever le niveau de priorité qu’ils consacrent à ces sujets majeurs.
Voilà l’objectif de ce G7 d’équilibre, de converge et de résultats, qui évidemment, demain après-midi, nous amènera à aborder les crises internationales, à commencer par celle du Proche et du Moyen-Orient, mais qui ne nous détournent en aucun cas de la situation en Ukraine, où la résistance ukrainienne tient face à l’agression russe, et où nous allons réaffirmer notre soutien indéfectible à l’Ukraine et notre intention de continuer à accroître la pression sur la Russie de Vladimir Poutine.
Comme il y a 50 ans à Rambouillet, les pays du G7 et leurs partenaires entendent ici, aux Vaux-de-Cernay, agir ensemble pour faire bouger les lignes.
- Voilà que se clôture cette première réunion formelle des ministres des affaires étrangères du G7 dans un cadre exceptionnel, celui de l’Abbaye des Vaux-de-Cernay qui a certainement inspiré nos échanges et nos réflexions ces 48 dernières heures.
Dans le contexte actuel, avec un ordre international qui se fragmente et qui vacille, notre présidence se veut une présidence d’équilibre, de convergence et de résultats dont le but est d’aboutir à des avancées concrètes pour la sécurité et la prospérité de tous. C’est un programme de travail dense et ambitieux sur lequel nous nous sommes accordés collectivement et qui guidera nos échanges tout au long de l’année.
S’agissant des résultats, nous avons lancé quatre grandes initiatives :
1/ Réformer ensemble les opérations de maintien de la paix des Nations unies pour les rendre plus efficaces.
2/ Optimiser les chaînes d’approvisionnement humanitaires avec le secteur privé pour en augmenter le nombre de bénéficiaires et faire reculer la faim et la malnutrition dans le monde.
3/ Soutenir et participer à la levée de fonds en faveur de la reconstruction de l’arche de confinement de Tchernobyl perforée l’année dernière par un drone russe.
4/ Créer un réseau de ports des pays du G7 et de leurs partenaires, représentant un tiers de la capacité portuaire mondiale pour faire échec aux stratégies de plus en plus sophistiquées des narcotrafiquants et des criminels organisés.
Nous avons aussi décidé la tenue de trois conférences internationales ou régionales.

1/ Une conférence de lutte contre le trafic de captagon, cette drogue de synthèse qui fait des ravages au Moyen-Orient mais jusqu’en Europe.
2/ La conférence « No Money for Terror » qui se tiendra le 19 mai prochain à Paris pour assécher les nouvelles sources de financement du terrorisme.
3/ Une conférence régionale sur la sécurité dans la Caraïbe qui aura lieu en Martinique et qui associera donc les pays membres du G7.
Le G7 reste également et fondamentalement une enceinte utile pour nous coordonner étroitement et répondre aux grandes crises. C’est cette ambition qui a présidé à la création du G7, à l’initiative de la France, il y a 50 ans, à quelques kilomètres à peine d’ici, au château de Rambouillet.
Sur l’Ukraine, nous avons réaffirmé, comme les chefs d’État et de gouvernement du G7 l’ont fait le 24 février dernier, notre soutien indéfectible à l’Ukraine dans la défense de son intégrité territoriale, de son droit à exister, de sa liberté, de son indépendance.
Et puisque M. Lavrov a pu dérouler tranquillement sa propagande hier soir sur une chaîne de télévision française, permettez-moi de lui porter la contradiction. Non, la Russie ne défend pas le droit international. Ni en Iran, ni en Ukraine, ni ailleurs. M. Lavrov, on ne défend pas le droit international en lançant une guerre d’agression. On ne défend pas le droit international en envahissant un pays voisin. On ne défend pas le droit international en niant la souveraineté d’une nation. Et le recours débridé à la force, en dehors de tout cadre juridique, n’est rien d’autre qu’une expression bestiale de brutalité. Premier mensonge.
Non, la Russie n’épargne pas les civils. Et j’en veux pour preuve les charniers de Boutcha, les horreurs de Marioupol, les bombardements d’hôpitaux, de maternités ou d’écoles ukrainiennes. M. Lavrov, les enfants d’Ukraine que la Russie déporte dans des camps de redressement pour essayer d’effacer leur histoire et leur identité sont eux aussi des civils. Les faits sont là. Il s’agit de crimes de guerre documentés. Deuxième mensonge.
Non, les Européens ne ferment pas les yeux quand cela les arrange. Notre positionnement est très clair. Partout où elles adviennent, la France dénonce et se mobilise contre les violations du droit international et du droit international humanitaire : en Ukraine, par la Russie ; en Israël, par le Hamas ; à Gaza, par Israël ; au Liban, par Israël ; en Israël, par le Hezbollah ; au Soudan, par les forces armées ; en Syrie et en Irak, par les bourreaux des Yézidis, en Iran, par le régime des Mollah. M. Lavrov, si vous cherchez des preuves d’hypocrisie, n’allez pas loin, elles se trouvent dans votre propre camp. Troisième mensonge.
Non, la France ne muselle pas les journalistes. M. Lavrov, en Europe, on compte 20.000 médias d’information. Si seulement il y en avait autant en Russie. Chez vous, les rédactions indépendantes comme Novaïa Gazeta, Echo of Moscow ou Dojd TV ont été systématiquement fermées ou contraintes à l’exil. Et toute information allant contre la ligne officielle du Kremlin est tout simplement interdite. Les journalistes font face à des violences, des menaces et des intimidations. Je pense au sort réservé à la journaliste Anna Politkovskaïa et aux nombreux journalistes tués ou poursuivis, y compris notre compatriote Antoni Lallican, pris pour cible par un drone russe sur le front ukrainien. Voilà la réalité, M. Lavrov. Quatrième mensonge.
La liste est encore longue, je pourrais continuer longtemps. Comme j’ai été nominativement pris à partie par mon homologue russe, il me paraissait important de faire cette mise au point. Car répéter des mensonges à une heure de grande écoute n’en fait pas des vérités.
Sur l’Iran, depuis le début de la guerre, la mobilisation du G7 a été exceptionnelle. Le 28 février, au premier jour, nous nous sommes réunis, ministres des affaires étrangères, en visioconférence. Le 11 mars, le président de la République a tenu une visioconférence avec l’ensemble des chefs d’État et de gouvernement du G7 pour évoquer les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, notamment la situation énergétique, ainsi que les mesures pour les atténuer, y compris la libération des stocks stratégiques. Les ministres des affaires étrangères du G7 ont publié un communiqué le 21 mars 2026 rappelant leur soutien aux partenaires du Moyen-Orient face aux attaques injustifiables de la République islamique d’Iran et de ses supplétifs.
Et aujourd’hui même, nous adoptons une nouvelle déclaration sur l’Iran au niveau des ministres des affaires étrangères. La voilà ! Elle appelle un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures civiles. Rien ne justifie de prendre pour cible des civils de manière délibérée lors des conflits armés, ni de mener des attaques contre des installations diplomatiques. Et elle réaffirme la nécessité absolue de rétablir de manière permanente la liberté de navigation gratuite et sûre dans le détroit d’Ormuz, conformément à la résolution 2817 du Conseil de sécurité des Nations unies et conformément au droit de la mer.
Pour les temps à venir, nous nous sommes accordés sur le principe d’une réunion des ministres des affaires étrangères du G7 avec ceux du Conseil de coopération des États arabes du Golfe. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a accepté de briefer le Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne. Enfin, nous sommes convenus de poursuivre nos travaux pour contribuer à la résolution de la situation dans le détroit d’Ormuz.
Au sujet du Liban, j’ai souligné que la gravité de la conjoncture régionale renforçait la nécessité de préserver la stabilité du Liban, de soutenir ses institutions légitimes, de préserver les civils, de garantir la pleine restauration de sa souveraineté.
Enfin, nous avons pu échanger sur d’autres conflits et menaces sur la paix et la sécurité dans de nombreuses régions, en particulier le Soudan, où nous cherchons à soutenir les efforts en faveur d’une trêve humanitaire mais aussi la situation au Venezuela, à Cuba, en Haïti et sur l’importance d’un Indopacifique libre et ouvert fondé sur l’état de droit.
J’ai rappelé que notre attention devait continuer à se porter sur la situation à Gaza et que la crise au Moyen-Orient ne devait pas compromettre nos efforts pour la mise en œuvre de la deuxième phase du plan de paix.
À l’heure de clôturer cette première réunion formelle des ministres des affaires étrangères du G7, permettez-moi de dire quelques mots sur les perspectives pour la suite de la présidence française.
La prochaine étape sera bien sûr le sommet que le président de la République accueillera à Évian au mois de juin. Les questions géopolitiques y seront naturellement abordées, mais certaines de nos initiatives concrètes pourraient également y aboutir. Nous continuerons à échanger entre ministres des affaires étrangères du G7, une prochaine rencontre informelle est prévue en marge de l’Assemblée générale des Nations unies où je souhaite que nous poursuivions la dynamique de convergence avec les pays des BRICS, sur tous les sujets sur lesquels il est possible et utile d’avancer ensemble.
Enfin, pour conclure l’année, nous tiendrons la deuxième réunion formelle des ministres des affaires étrangères du G7 à Marseille, les 9 et 10 novembre, ce qui nous permettra de mettre en pratique les nombreuses initiatives concrètes sur lesquelles nous nous sommes mis d’accord au cours des 48 dernières heures ici, aux Vaux-de-Cernay. Et tout au long de l’année, la société civile, qui a un rôle primordial à jouer sur les questions de paix et de sécurité, sera associée à nos travaux.

> S’agissant du Liban, la France est sans aucun doute le pays du monde qui s’est le plus mobilisé et qui se tient aux côtés de ce peuple frère, dont le cœur n’a jamais cessé de battre au même rythme que celui de la France, comme le rappelait le général de Gaulle. C’est ainsi qu’après le chef d’état-major des armées, je me suis rendu moi-même sur place en fin de semaine dernière, et que dans quelques jours, c’est la ministre déléguée auprès de la ministre des armées qui s’y rendra à son tour.
Nous avons salué les décisions courageuses prises par le gouvernement libanais déjà l’été dernier pour adopter un plan de désarmement du Hezbollah qui a entraîné une nouvelle fois le pays dans une guerre qu’il n’avait pas choisie. Mais des décisions plus récentes également, celles de déclarer comme illégales les activités militaires et la branche militaire du Hezbollah ou plus récemment, ce mardi, la décision de retirer ses accréditations à l’ambassadeur d’Iran au Liban. Nous avons par ailleurs salué la proposition faite par le président Aoun au gouvernement israélien d’engager des discussions de haut-niveau, les premières dans l’histoire de ces deux pays, qui permettent d’avancer vers un cessez-le-feu, vers un processus ordonné et coordonné de désarmement du Hezbollah qui doit rendre ses armes et vers la résolution du différend qui oppose depuis 1949 Israël et le Liban. Nous avons évidemment appelé les autorités israéliennes, ce que j’ai fait en fin de semaine dernière à Jérusalem, à se saisir de cette opportunité historique de cheminer vers un règlement durable des tensions entre les deux pays et de coordonner leurs approches comme nous avons tenté de le faire après le cessez-le-feu que nous avons obtenu aux côtés des Américains au Liban, en novembre 2024, au sein du mécanisme, les Israéliens et Libanais dans cette nécessité pour leur sécurité collective de parvenir à un désarmement du Hezbollah.

> Nous avons toujours compté sur l’Afrique du Sud et respectons le rôle important qu’elle joue dans les affaires internationales. S’agissant du G7, nous avons fait le choix d’inviter le Kenya à Évian au titre du travail que nous faisons ensemble pour préparer le sommet Africa Forward, le sommet Afrique-France, qui se tiendra les 11 et 12 mai prochains à Nairobi. Nous n’avons cédé à aucune pression et nous avons fait un choix cohérent avec notre décision de tenir un G7 resserré et focalisé sur les questions géoéconomiques. Nous restons évidemment en contact étroit avec l’Afrique du Sud, qui demeure un partenaire essentiel de la France sur tous les grands enjeux mondiaux.

> La résistance ukrainienne tient et continue à tenir en échec l’armée de Vladimir Poutine, si on peut encore parler d’une armée, puisqu’après quatre ans de guerre, c’est plus d’un million de pertes humaines qu’accusent la Russie de Vladimir Poutine et qu’on ne trouve dans cette armée plus que des mercenaires recrutés aux quatre coins du monde. Et l’Ukraine a récemment repris plus de territoires que la Russie n’en a pris en Ukraine. On aurait donc tort de considérer que l’Ukraine est en train de reculer sous les coups de boutoir de l’envahisseur russe. C’est exactement le contraire qui est en train de se passer. Et après avoir traversé et survécu à l’hiver le plus rigoureux qu’elle ait connue depuis bien des années, sous le feu des missiles balistiques de la Russie dirigés à dessein contre des infrastructures énergétiques, ce qui est constitutif de crimes de guerre, je puis vous dire que la résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir, puisqu’aujourd’hui, c’est l’Europe qui constitue le premier soutien de l’Ukraine, et à le faire avec beaucoup de résolution. C’est vrai que le prêt de 90 milliards d’euros que nous avons agréé au mois de décembre dernier n’est pas encore débloqué, mais il le sera. En tout cas, ce n’est pas une question de savoir s’il le sera, mais quand il le sera. Et d’ici là, je suis certain que des solutions pourront être trouvées pour que d’ici là, les liquidités nécessaires puissent bénéficier à l’Ukraine. Et le plus important, c’est que ce prêt de 90 milliards d’euros place l’Ukraine à l’abri de toute difficulté financière pour les deux années qui viennent et place l’Ukraine en situation de force pour poursuivre les négociations en cours.

> S’agissant de liens entre la crise actuelle au Proche et Moyen-Orient, l’escalade militaire sur place, et la Russie, ce que je constate, c’est que ce qui s’est produit ces dernières semaines consacre l’isolement international définitif de Vladimir Poutine, qui, après Bachar al-Assad et après Nicolás Maduro, a perdu avec l’ayatollah Khamenei peut-être l’un de ses derniers alliés. Il est avéré que des coopérations ont existé et continuent d’exister entre la Russie et l’Iran dans les deux sens. Et nous savons parfaitement, j’ai moi-même obtenu que des sanctions européennes soient prises à ce sujet, que l’Iran a soutenu l’effort de guerre russe par la fourniture de drones ou de missiles à la Russie pour ses opérations militaires en Ukraine. Et inversement, on a des raisons de penser qu’aujourd’hui, la Russie soutient les efforts militaires de l’Iran, qui me semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines. Je pense que c’est à cela que la Haute représentante faisait référence tout à l’heure.

> Il y a évidemment une forme de mobilisation des capacités militaires américaines dans la guerre qui se déroule aujourd’hui dans la région du Golfe. Je dirais même qu’il y a une mobilisation des capacités militaires, y compris de nations comme la France, qui ne participent pas à ces opérations militaires, mais qui les ont déployées, ces capacités, pour défendre et protéger leurs alliés, leurs ressortissants et leurs emprises. Ce que je veux relever d’abord, c’est la présence en ce moment du président Zelensky dans le Golfe pour venir en soutien par ce savoir-faire qui a été développé en Ukraine, unique, en soutien des pays du Golfe qui sont attaqués aujourd’hui par l’Iran. Ce qui témoigne du génie ukrainien qui a su développer une véritable industrie nouvelle, émergente, pour se défendre contre la Russie. Et ce qui souligne l’importance pour les pays européens, l’Allemagne, la France et leurs partenaires, d’établir des coopérations de plus en plus denses avec nos partenaires ukrainiens, non seulement pour les soutenir face à l’envahisseur russe, mais aussi pour assurer la défense du continent européen. Et quant au soutien militaire à l’Ukraine, il va se poursuivre. Les pays européens sont mobilisés. On nous a annoncé depuis plus de quatre ans maintenant, à de très nombreuses reprises, que c’était la catastrophe parce que les livraisons en provenance d’ici ou de là allaient se tarir. Et comme je vous l’ai dit tout à l’heure, le résultat, c’est qu’au sortir de l’hiver le plus rigoureux de son histoire récente, l’Ukraine est en train de reprendre du terrain sur la Russie.

> Sur le détroit d’Ormuz, nous avons eu de nombreuses conversations tout au long de ces deux jours, non seulement entre pays du G7, avec les États-Unis d’Amérique, mais également avec les pays que nous avions invités, et notamment l’Inde et l’Arabie saoudite, qui sont intéressées au premier chef et pour différentes raisons. Il y a un consensus qui se retrouve, je crois, très largement au sein de la communauté internationale pour préserver un bien commun qui est la liberté de navigation. Il est hors de question de vivre dans un monde où les eaux internationales sont fermées à la navigation dans le cadre de conflits qui ne concernent pas les pays qui ont besoin que cette circulation puisse avoir lieu. Et la France a marqué sa disposition, dans le cadre d’une initiative lancée par le président de la République, à bâtir une mission internationale permettant la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, une fois le calme revenu, dans une posture strictement défensive et dans le cadre d’accords avec les principaux pays concernés.

> S’agissant du Liban, ma réponse, elle est simple, c’est que jamais le Liban n’aurait dû être entraîné dans cette guerre qu’il n’a pas choisie. Et c’est une responsabilité écrasante du Hezbollah que d’avoir fait ce choix qui plonge le pays une nouvelle fois au bord du précipice. Je crois qu’il n’y a pas de nécessité à ce que les deux théâtres soient associés, mais qu’au contraire, il faut redoubler nos efforts pour, d’une part, faire cesser les hostilités au Liban, faciliter un dialogue de haut-niveau qui serait historique entre les autorités libanaises et les autorités israéliennes, qui leur permettrait de s’accorder sur le processus de désarmement du Hezbollah qui doit rendre ses armes, et de cheminer vers un règlement du différend qui les oppose depuis 1949. D’ici là, il faut qu’Israël puisse s’abstenir de toute opération terrestre, s’abstenir de toute atteinte aux infrastructures civiles, de toute atteinte portée aux zones densément peuplées, notamment Beyrouth, pour qu’un chemin vers la paix reste possible. Je veux saluer une nouvelle fois, comme je l’ai fait hier, je crois, les décisions courageuses qui ont été prises par le gouvernement libanais. D’abord, de déclarer illégales les activités militaires du Hezbollah, d’ordonner à l’armée de procéder au désarmement de la milice et puis plus récemment de retirer ses accréditations à l’ambassadeur d’Iran au Liban. C’est bien une manière pour le Liban, je crois, d’exprimer très clairement, par ces décisions, qu’il ne souhaite en aucun cas être associé à cette guerre et qu’il ne souhaite pas que des puissances étrangères puissent faire de ce pays un théâtre secondaire d’une guerre qu’il n’a pas choisie.

> Sur les questions de médiation. Des échanges ont commencé, ils s’appuient sur la médiation du Pakistan, mais aussi d’autres pays comme l’Égypte et la Turquie. Nous soutenons ces efforts, nous souhaitons qu’ils puissent produire des résultats pour la réouverture du détroit d’Ormuz, pour la désescalade, bref, pour mettre fin à cette escalade qui entraîne avec elle des conséquences considérables et dangereuses pour l’économie mondiale.

> Sur le détroit d’Ormuz, l’objectif est largement partagé. Je vous invite, si vous vous intéressez vraiment à ces questions, à revenir sur l’adoption de la résolution 2817 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a reçu le parrainage d’une grande majorité des pays du monde, et qui touche justement à la question de la liberté de navigation et de la sécurité maritime. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les mers se divisent en deux parties. Il y a les eaux territoriales, qui sont placées sous la juridiction des États, et il y a les eaux internationales, qui sont un bien commun par lesquels les échanges d’un bout à l’autre de la planète peuvent se faire. Il est hors de question pour quiconque que ce bien commun, qui est protégé par le droit de la mer, puisse être remis en question par quiconque. Et donc cet objectif est largement partagé. Il passera nécessairement, d’une manière ou d’une autre, une fois le calme revenu, ou une fois que les objectifs militaires des États-Unis auront été atteints, ou une fois que le pic des hostilités aura été dépassé, passera nécessairement par un système d’escorte. Un système d’escorte qui permettra d’apporter la sécurité nécessaire pour que la circulation des navires puisse reprendre au plus vite. Vous voyez bien que chaque jour qui passe, la situation s’aggrave, faute de circulation des navires depuis le Golfe Persique vers le reste du monde. Et donc, pour que la reprise se fasse dans les meilleures conditions et au meilleur rythme possible, il faudra que, d’une manière ou d’une autre, cette mission internationale qu’a proposé le Président de la République puisse intervenir dans le respect du droit international et du droit de la mer. Et c’est ce à quoi nous voulons travailler.

> Sur la Russie et l’Ukraine. Ce que je peux vous dire, c’est que nous avons partagé au G7 un certain nombre de constats. Premier constat, la Russie était déjà en échec militaire et économique. Militaire parce que son opération spéciale, qui ne devait durer que quelques jours ou quelques semaines, s’est heurtée à un mur, le mur de la résistance ukrainienne ; que la Russie de Vladimir Poutine accuse des pertes humaines supérieures à un million, ce qui est supérieur à l’ensemble des pertes humaines de l’Union soviétique et de la Russie depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale ; et qu’aujourd’hui, c’est plus de 1.000 soldats russes sur le front qui sont tués. Donc c’est un échec militaire. Et dans les temps derniers, l’Ukraine a repris plus de territoires à la Russie que la Russie n’en a pris à l’Ukraine. Un échec économique également, structurellement, même si la hausse des prix des hydrocarbures va peut-être atténuer temporairement cette tendance très forte à l’appauvrissement de l’économie de la Russie de Vladimir Poutine, dont le secteur civil non militaire est asphyxié, dont les ressources budgétaires sont vides et qui devait, qui entrera sans doute en récession dans le courant de l’année. Mais à cet échec militaire et à cet échec économique s’ajoute un échec stratégique, puisqu’après Bachar al-Assad et Nicolás Maduro, la disparition de l’ayatollah Khamenei fait perdre à Vladimir Poutine celui qui était peut-être dernier de ses alliés.
Nous avons également fait un autre constat, qui est que depuis le 24 février 2022, le G7 a été le plus fidèle, si l’on peut dire, ou un groupe de pays fidèles à l’Ukraine pour soutenir sa résistance. Tous les pays du G7, sans exception, ont pris des sanctions ou ont livré des équipements militaires, ou ont apporté des contributions financières qui ont permis de soutenir la résistance héroïque du peuple ukrainien contre l’envahisseur. Il est vrai que l’administration américaine, l’administration Trump, a voulu, lorsqu’elle a pris ses fonctions, accélérer le processus de négociation, prendre en charge la médiation, cependant que l’Europe prenait une part plus importante du soutien à l’Ukraine, comme nous l’avons montré, à la fois sur le plan financier, avec les 90 milliards d’euros du prêt qui arrivera et qui mettra l’Ukraine à l’abri de toute difficulté financière pendant deux ans, mais aussi avec la Coalition des volontaires, rassemblant une trentaine de pays qui, pour la première fois dans leur histoire, pour beaucoup d’entre eux, mettent en commun leur expertise et leur capacité militaire pour que la paix, une fois conclue, puisse être garantie.
Ce sont ces constats que nous avons dressés, en cohérence avec la déclaration des chefs d’État et de gouvernement du 24 février dernier, et nous sommes résolus de continuer à soutenir l’Ukraine dans sa résistance contre l’envahisseur.

> Ce qu'il faut, c'est qu'une fois que les hostilités auront baissé en intensité, qu'immédiatement, dans le détroit d'Ormuz, une mission internationale se forme pour escorter les navires et que la circulation puisse reprendre le plus rapidement possible et dans les meilleures conditions. 

> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous ne sommes pas partis à cette guerre. La France « ne participe pas à cette guerre. Elle refuse des opérations militaires « dont le but n'était pas précisément défini et menées en dehors du droit international. (…)
Paris n’a aucune complaisance envers le régime iranien. (…)
Nous souhaitons éviter que cette escalade dégénère avec les conséquences majeures qu'elle a pour l'économie mondiale, pour le pouvoir d'achat et pour le fonctionnement de nos entreprises. 

> La France est sans doute le pays du monde qui se tient le plus fermement aux côtés du Liban. (…) Nous souhaitons que les autorités libanaises et israéliennes puissent engager pour la première fois dans leur histoire un dialogue politique de haut niveau pour aller vers un cessez-le-feu, pour traiter ensemble du désarmement du Hezbollah, et puis ensuite pour, je dirais, régler ce différend entre le Liban et Israël qui date de décennies et qui mérite d'être réglé pour la sécurité des deux pays. 

> Nous ne devons pas céder à la fascination pour la force. On vit dans des sociétés qui se polarisent, qui se radicalisent, et on finit par penser que la force brutale est la réponse à tous nos problèmes. Ce n'est pas vrai. Les grands principes sur lesquels nous avons bâti notre pays, sur lesquels nous avons bâti l'Europe, sont les seuls susceptibles de garantir la paix, la sécurité et la stabilité. 

> [Présidentielle] Le rassemblement c'est une condition nécessaire pour la victoire. Mais le préalable, c'est d'abord l'affirmation. L'affirmation de la vision que nous avons pour le pays, l'affirmation de la manière d'atteindre ses objectifs. (…)
Nous aurions tort de nous précipiter dans des rassemblements de partis au moment où le plus important c'est de rassembler tous les Français.

> Je souhaite que le Centre, le centre démocrate, présente pour 2027 un projet devant les Français. 

> L'objectif du rassemblement est le bon, mais le préalable, c'est l'affirmation des visions et des projets. 

> Le moment viendra où toutes celles et ceux qui veulent éviter que la France s'offre à des partis populistes d'extrême droite ou d'extrême gauche trouveront un projet enthousiasmant, un projet pour l'avenir, notre avenir et celui de nos enfants. 

> Nous avons exprimé avec beaucoup de clarté nos positions sur le Mercosur et une opposition sur son application provisoire. Nous y étions opposés. C'est toujours le cas. 

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> La Douane française entre dans un nouvel âge de contrôle. À Marseille, j’ai annoncé un plan douane massif, avec doublement du taux de marchandises scannées d'ici 2027. Objectif : une douane de combat pour fermer toutes les portes aux narcotrafiquants.

> Le déficit 2025 s’améliore à 5,1 %, grâce d’abord à l’effort de l’État. Transparence et sérieux sont gages d’efficacité. Prochaine étape : le Comité d’alerte du 21 avril pour poursuivre la trajectoire.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> [Agressions de femmes dans les transports] Je rappelle ce numéro trop peu connu, le #3117, pour signaler quelque chose que l'on aurait vu dans les transports en commun. On va aussi revoir la question de la formation des agents et des aménagements. (…)
Combien de femmes changent de trajet, de ligne, de tenue ou renoncent à sortir par peur de prendre les transports en commun ? Se déplacer, c'est une liberté fondamentale.

> Aucun élu de la République ne devrait jamais être menacé, insulté. Au soir des résultats des municipales, trop d'entre eux ont dû être protégés par les forces de l'ordre. Ces images sont une tâche sur notre démocratie.

> L'antisémitisme ne doit jamais être une variable d'ajustement. A Berlin, j'ai rencontré des enseignants inquiets : de plus en plus d'élèves en viennent à douter de l'existence même de la Shoah sous influence directe de l'AFD. L'AFD, ce sont les amis, les partenaires de Zemmour et Knafo. Comment envisager une seconde de s'allier à eux ?

> L'avertissement envoyé lors des élections municipales est sans appel : divisés, nous perdons ; unis, nous gagnons. S'unir est un impératif.

 

● Autres ministres
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)

> Les hausses des prix à la pompe nous impactent tous.
Récap des infos utiles sur ce qui vient d’être annoncé avec mes collègues pour faire face à la situation :
- Engagement des distributeurs de carburants de la grande distribution à des marges minimales et à répercuter « au plus tôt » toute baisse de coût.
- 70 millions d’euros mobilisés dès avril pour soutenir les secteurs les plus touchés.
- Toutes les entreprises touchées : reports de charges, étalements fiscaux, et des prêts jusqu’à 50 000 € via Bpifrance. N’attendez pas — les conseillers départementaux sont disponibles, leurs coordonnées sont en ligne.
- Transporteurs (TPE/PME) : une aide directe de 20 centimes par litre. Un guichet dédié sera ouvert.
- Pêcheurs : 20 centimes par litre remboursés sur les factures de carburant, pour que les bateaux puissent continuer à sortir en mer.
- Agriculteurs : le carburant agricole totalement exonéré de taxe en avril.
Face à un conflit que nous n’avons pas choisi, nous restons sur le pont. Très prochainement, sera présenté un plan d’électrification pour réduire notre dépendance au pétrole importé.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Hausse des prix du carburant] L'objectif de ces aides c'est de permettre aux secteurs économiques qui font face à des difficultés (...) de passer le cap ensemble (...) On aide ceux qui en ont le plus besoin, on assume de cibler ces aides.

> [Aides carburants] Il n'y a pas de professions ou de Français oubliés, il y a des choix qui ont été fait pour ces deux premières vagues de mesures (...) Evidemment qu'on adaptera ces mesures à la hausse ou à la baisse en fonction de l'évolution du confit.

> [Hausse des prix du carburant] Jamais l'Etat s'enrichit sur le dos d'une crise, et l'Etat ne s'enrichit absolument pas sur l'augmentation qu'on constate aujourd'hui.

> [Présidentielle] On est optimiste et surtout déterminé à ne pas laisser au pays le choix d'un second tour entre monsieur Mélenchon et monsieur Bardella

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> La guerre au Moyen Orient ne doit pas nous faire oublier l’agression russe: 3000 drones et 1500 bombardements ont frappé l’Ukraine cette semaine. Notre priorité : finaliser le prêt européen de 90 milliards et le 20eme paquet de sanctions.

> On continue de travailler avec les Ukrainiens, à les soutenir. La France est aujourd'hui le premier pays qui aide l'Ukraine sur le renseignement militaire.

> Vouloir combattre le régime iranien et lever les sanctions contre la Russie est contradictoire. La Russie et l’Iran sont alliés depuis des années : en Syrie en soutien au régime criminel d’Assad, en Ukraine ou les drones Shahed sont utilisés par Moscou, au Moyen Orient où les capacités russes appuient Téhéran.

> [Prix du carburant] Ce n'est pas le moment de lever les sanctions sur l'importation de pétrole et gaz russes alors que la Russie accélère son agression contre l'Ukraine et ses menaces de sécurité contre les Européens.

> Intimidations contre les élus, remise en cause de la neutralité du service public, communautarisme, antisémitisme: LFI instaure un climat de violence séditieuse dans ses municipalités. Je ne veux pas de cela pour mon pays.

> Plaçons toujours le pays avant les partis. Avec 90 voix de la Droite et du Centre, nous appelons à l’union dès le premier tour. (…)
Je ne veux pas d'un second tour entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon. À nous de nous organiser.

> La France est aujourd’hui le premier partenaire de l’Ukraine en matière de renseignement militaire, un appui décisif. Nous pouvons approfondir notre coopération avec l’industrie de défense ukrainienne en matière de drones et défense anti drone. C’est dans notre intérêt.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Quand Jean-Luc Mélenchon [qui dénonce le fait que des députés Renaissance, LR et PS aient des actions Total] prend une fois de plus les Français pour des imbéciles... On n’est plus étonné mais on ne peut qu’être attristé par de tels procédés indignes de notre débat public et de notre démocratie. Rappelons que 650 000 Français sont actionnaires à titre individuel de Total, à hauteur d’une part minoritaire de son capital (12 %), comme c’est le cas pour nombre de nos grandes entreprises. Je suis d'ailleurs fière de faire partie de ceux qui croient dans les entreprises françaises. Et ne nous y trompons pas : la fixation du prix de l'essence ne dépend pas du bon vouloir de ces 650 000 Français... Il n'y a que dans l'imaginaire LFI que nous nous réunirions tous les lundis soirs pour comploter. Par contre, en tant que Présidente de l’Assemblée, je suis résolument engagée pour contrôler l’action du Gouvernement dans la crise actuelle et je défends un principe simple : face à cette crise, il faut soutenir chacun de nos concitoyens à la hauteur de ses besoins.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Continuons à soutenir l’excellence industrielle française ! Au lancement du salon Global Industrie. Décarbonation, intelligence artificielle, souveraineté : autant de défis qui rassemblent l’ensemble de la filière industrielle autour de projets concrets. Loin des discours déclinistes, Global Industrie montre ce qui marche en France.

 

Marc Ferracci (député)
> L’industrie française ne doute pas. Elle avance. Elle accélère. Elle ne lâche rien. Au salon Global Industrie, un constat s’impose : notre industrie est debout, conquérante, et résolument tournée vers l’avenir.
J’ai eu le plaisir de retrouver ce salon que j’avais inauguré l’an dernier à Lyon. « On ne lâche rien » était le slogan du salon l’année dernière, c’est devenu le slogan de notre industrie.
- Des industriels qui innovent

- Des territoires qui se battent
- Une jeunesse engagée — et de plus en plus de jeunes femmes — qui choisit l’industrie et en fait un avenir.
Global Industrie est plus qu’un salon : c’est la preuve que l’industrie française et européenne est en mouvement.

 

Paul Midy (député)
> La recherche doit être au cœur de notre stratégie économique, parce qu’elle alimente l’innovation et, derrière, la compétitivité, la réindustrialisation et la souveraineté dans un contexte de compétition technologique accrue avec les États-Unis et la Chine. Aujourd’hui, la France consacre environ 2,2 % de son PIB à la recherche et développement, soit près de 60 milliards d’euros par an. C’est un effort significatif, mais encore en deçà de notre objectif de 3 % et surtout inférieur à celui de grandes économies comparables comme l’Allemagne, qui dépasse 3 %, ou les États-Unis, autour de 3,5 %. Nous disposons d’outils puissants, comme le crédit d’impôt recherche, qui représente à lui seul près de 7 milliards d’euros par an, ou encore France 2030, qui mobilise 54 milliards d’euros pour soutenir les technologies d’avenir, de l’intelligence artificielle à la transition énergétique. Mais ces dispositifs restent parfois complexes, et il faut aller plus loin.
Le vrai enjeu est donc double. D’une part, continuer à investir davantage, notamment pour rattraper notre retard par rapport aux grandes puissances technologiques. D’autre part, mieux transformer cet investissement en innovations concrètes, en facilitant le passage de la recherche au marché, en renforçant les liens entre laboratoires et entreprises, et en soutenant davantage les phases critiques de développement et d’industrialisation.
C’est à cette condition que la recherche deviendra pleinement le levier de croissance, de création d’emplois qualifiés et de souveraineté économique pour notre pays.

> Nous formons d’excellents docteurs mais nous ne les intégrons pas suffisamment dans nos entreprises, en particulier dans les PME et les start-up. Ce n’est pas un problème de compétence, c’est un problème de perception et d’incitation : beaucoup d’entreprises restent encore réticentes à recruter des docteurs, par méconnaissance de leurs compétences ou parce qu’elles perçoivent ce recrutement comme plus risqué ou plus coûteux qu’un profil issu par exemple d’une grande école. Résultat, nous nous privons de talents parmi les meilleurs et souvent les seuls capables de faire le lien entre recherche fondamentale et innovation concrète, précisément là où se joue la compétition économique mondiale.
C’est tout le sens de la proposition de loi que j’ai déposée pour rétablir le dispositif « jeune docteur » dans le cadre du crédit impôt recherche. Ce dispositif permettait de rendre plus attractif, pendant les deux premières années, le recrutement d’un docteur en CDI, en particulier pour les start-up et les PME innovantes. Sa suppression dans la loi de finances pour 2025 est une erreur stratégique. À l’heure où tous nos concurrents investissent massivement dans les talents scientifiques, nous envoyons un signal inverse. Rétablir ce dispositif, c’est soutenir concrètement l’emploi scientifique, renforcer les liens entre recherche publique et entreprises, et accélérer la transformation de nos découvertes en innovations.

> Le sujet est très concret, aujourd’hui encore, trop de recruteurs ne savent pas ce qu’est réellement un doctorat. Ils y voient un parcours académique, parfois théorique, alors qu’il s’agit en réalité de trois à cinq années de gestion de projet complexe, avec des objectifs, des contraintes, des résultats à produire et souvent une dimension d’innovation très forte.
La première priorité, c’est donc de mieux traduire les compétences des docteurs dans le langage de l’entreprise. Un docteur, c’est quelqu’un capable de gérer un projet long, d’analyser des données complexes, de résoudre des problèmes nouveaux et de transformer une idée en solution concrète. 
Il faut aussi former les recruteurs eux-mêmes, notamment dans les PME, pour qu’ils comprennent mieux la valeur ajoutée d’un doctorat. Et encourager les grandes entreprises à montrer l’exemple, en intégrant davantage de docteurs dans leurs équipes de direction, de R&D ou de stratégie.
Enfin, il faut multiplier les passerelles concrètes entre le monde académique et l’entreprise.

> Il n’y aura pas de transformation réussie sans innovation. Les docteurs apportent précisément cette capacité à traiter la complexité, produire de la connaissance et la transformer en décisions concrètes. Dans le numérique, ils structurent les projets liés à l’IA et à la donnée, dans l’écologie, ils trouvent les solutions pour réussir le zéro carbone à 2050 et permettent de mesurer réellement l’impact et d’éviter les effets d’annonce. Les docteurs sont un levier stratégique pour aider les entreprises françaises à innover de manière plus efficace, plus robuste et plus rapide.

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> L'union ne se décrète pas, elle se construit autour d'un projet. En 2017, Macron n'a pas gagné en obéissant aux appels à se ranger, il a gagné parce qu'il proposait une offre nouvelle. Le ni-ni n'est pas un programme.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Dans un geste pseudo patriotique, les nouveaux maires RN retirent les drapeaux européen et ukrainien des frontons de leur mairie. Ils s’opposent à l’Union européenne et veulent mettre fin à la contribution française. Un véritable Frexit qui ne dit pas son nom. Mais cela veut-il dire qu’ils vont rendre les millions d'euros de fonds européens accordés pour le développement de leurs territoires, l'aménagement des infrastructures comme l'aéroport de l'Aude, les aides de la PAC ou celles sociales ? Quant à leur argument du solde négatif de notre contribution, il est malhonnête et incomplet : chaque année, via le marché unique et ses différents programmes, l’Union européenne rapporte 124 milliards d’euros à la France.

> La Finlande partage 1300 km de frontière avec la Russie. Et ce n’est pas seulement la sienne : c’est celle de l’Union européenne toute entière. Face à l’agression russe contre l’Ukraine et dans le contexte d’instabilité géopolitique généralisée, nous devons renforcer l’Europe de la défense. C’est l’engagement de Renew Europe que nous avons vis-à-vis des Finlandais – nous l’avons rappelé au Président de la République et vis-à-vis des Européens. Mais notre sécurité ne se limite pas aux capacités militaires. Elle repose également sur l’autonomie stratégique de l’Union européenne et sur la résilience de nos sociétés face aux menaces. À cet égard, la population finlandaise – soumise à une guerre hybride menée par la Russie – est un exemple.

 

Bernard Guetta (député)
> [Opinion : Trump n’a plus les cartes] En Iran, Donald Trump n’a plus que de mauvaises solutions. La première serait de se proclamer vainqueur et de rappeler ses troupes. Rien ne le lui interdirait mais rien ne lui permettrait non plus d’accréditer cette fable. Non seulement son crédit personnel en serait atteint à huit mois des élections de mi-mandat mais celui des Etats-Unis le serait bien plus encore dans les pays du Golfe, l’ensemble du Proche-Orient et tout le reste du monde.
Le régime iranien, à l’inverse, en sortirait tout aussi gagnant que si Donald Trump se décidait à passer avec lui un accord en faux semblants. Comme elle l’a toujours fait, la République islamique s’engagerait à ne jamais se doter de la bombe. Il y aurait encore moins de raisons de la croire aujourd’hui qu’hier mais, en échange de garanties illusoires, elle obtiendrait une levée progressive des sanctions économiques qui la frappent. Ses dirigeants pourraient ainsi reprendre la main pour le plus grand malheur de leur peuple, la plus grande inquiétude de leurs voisins et la plus grande satisfaction de la Chine et de la Russie que renforcerait la victoire d’un pouvoir dont elles sont l’allié.
En lettres capitales, Donald Trump saurait bien sûr affirmer qu’il aurait imposé au régime iranien des concessions que personne d’autre que lui n’aurait su obtenir. Il s’en convaincrait lui-même mais aucune capitale ne serait dupe tant il serait évident qu’il aurait mené deux guerres pour parvenir à un accord autrement moins solide que celui que les Européens et Barack Obama avait négocié en 2015 et qu’il avait cru bon de dénoncer après sa première élection.
Là encore, le crédit des Etats-Unis et le sien en seraient gravement atteints mais la troisième solution, l’envoi de troupes au sol, présenterait d’énormes risques. Outre que ces hommes pourraient essuyer d’importantes pertes qu’aucun secteur de l’opinion américaine ne serait prêt à accepter, l’appareil iranien n’hésiterait plus à frapper toutes les infrastructures des monarchies, y compris leurs usines de désalinisation.
Les conséquences économiques de cette guerre devenue totale seraient telles que Donald Trump n’a envisagé, pour l’heure, qu’une occupation d’une des îles du Golfe persique, l’île de Kharg indispensable aux exportations de pétrole iranien. Il espérait, dans cette hypothèse, prendre un gage qu’il pourrait échanger ensuite contre de vraies concessions mais ce plan de la dernière chance a tout d’aléatoire car la République islamique n’ignore pas que la Maison-Blanche ne peut pas tenir la longueur.
Donald Trump ne peut aujourd’hui plus s’en sortir victorieux que si le pouvoir iranien s’effondrait soudain sous l’effet d’un épuisement de ses ressources et des dissensions internes qui s’ensuivraient. On peut d’autant moins l’exclure que ce ne serait nullement surprenant mais rien n’assure que ce régime s’essoufflera avant l’homme qui avait cru l’abattre en un week-end.
La popularité de Donald Trump connait un tel recul que l’institut Gallup a été conduit à ne plus la mesurer. Avec plus de 3000 cortèges défilant samedi dernier au cri de « Pas de roi ! » et des déchirements de plus en plus profonds entre grandes figures du mouvement Maga, ce président est toujours plus dos au mur. Sa fragilisation peut le conduire à surréagir comme il l’avait fait en lançant ses partisans à l’assaut du Congrès après sa défaite de 2020 contre Joe Biden.
Une incertitude menace les Etats-Unis alors qu’ils ont perdu leur hégémonie et que leurs consensus intérieurs ont cédé la place à de profondes divisions entre les deux Amérique qu’incarnent désormais le Texas et la Californie ou la Floride et New York.
Parce que le monde n’a plus de gendarme, l’Europe doit affirmer sa Défense, ses industries et ses ententes avec les si nombreux et puissants pays qui ne veulent plus dépendre ni de la Chine ni des Etats-Unis. C’est résolument qu’elle doit le faire car elle ne peut pas refuser les responsabilités que lui impose ce changement d’époque.

 

Pascal Canfin (député)
> Lutter contre le dérèglement climatique, c’est aussi protéger notre avenir et les conditions de notre prospérité future.
Comme le démontre Adrien Bilal lauréat du Prix du jeune économiste 2026, le réchauffement climatique va coûter 50 % du PIB d’ici 2100.
Ce qui décroissant ce n’est pas le Pacte vert comme le répètent inlassablement Jordan Bardella, Manfred Weber ou François-Xavier Bellamy au Parlement européen.
Ce qui est décroissant, c’est justement de ne rien faire pour le climat !

 

● Personnalités centristes

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> L’exploitation sexuelle des mineurs est trop souvent cachée derrière les tabous, alors qu'elle concerne tous les milieux et territoires.

 

● Propos collectifs
[Tribune «Pour un candidat unique de la droite et du centre en 2027»]
Au lendemain des élections municipales et à un an de l’élection présidentielle, la France est à la croisée des chemins. Rarement, dans notre histoire, les enjeux auxquels notre nation est confrontée ont été aussi cruciaux, entre la brutalisation du monde et le retour des impérialismes, la conquête de notre souveraineté industrielle, énergétique et financière, les révolutions écologiques et démographiques, les attentes grandissantes de nos concitoyens sur les services publics essentiels que sont la santé, l’école et la sécurité.
Dans le même temps, jamais le risque que les Français n’aient d’autre choix que les extrêmes pour relever ces défis n’a été aussi grand. Les enseignements nationaux des élections municipales résonnent comme un signal d’alarme que nul ne peut ignorer : nous sommes aujourd’hui à l’aube d’un duel probable opposant au second tour de l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon et le candidat du Rassemblement national.
Pour éviter cet aller simple vers le populisme, la démagogie et le communautarisme que nous refusons de toutes nos forces, nous, élus du bloc central et de la droite, prenons aujourd’hui la parole. Nous avons des histoires, des parcours, des sensibilités différentes. Nous nous sommes parfois affrontés. Mais face à l’urgence de la situation, nous savons nous retrouver sur l’essentiel.
Chaque jour, dans les exécutifs locaux, nous œuvrons pour améliorer la vie quotidienne de nos compatriotes. Surtout, depuis près de deux ans et la dissolution de juin 2024, nous travaillons ensemble pour faire avancer le pays malgré les invectives et les polémiques agitées sans relâche par le Rassemblement national et La France insoumise.
Nous sommes républicains, européens, démocrates et patriotes. Nous sommes attachés aux libertés fondamentales sur lesquelles reposent nos institutions. Nous défendons l’économie de marché. Nous refusons toutes les formes d’assignations culturelles, sociales ou géographiques.
C’est fort de ces valeurs partagées et de cette expérience de travail en commun que nous appelons à un sursaut d’unité pour créer les conditions d’un large rassemblement autour d’un projet et d’une candidature unique en 2027. Les élections municipales en ont d’ailleurs été une nouvelle démonstration : seule l’union permet la victoire de nos idées et de nos candidats.
Parce que nous ne voulons pas être les spectateurs impuissants d’un duel mortifère, parce que nous aimons trop notre pays pour le laisser à la merci de solutions vouées à l’échec, parce que nous refusons de nous réveiller avec la gueule de bois au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, nous demandons solennellement aux dirigeants de nos familles politiques, aux candidats déclarés et à celles et ceux qui pourraient demain y participer de dialoguer et de construire cette démarche.
Convaincus que l’union fait la force et que la force fait la dynamique, nous exhortons chacun à dépasser les querelles d’ego pour créer les conditions de ce rassemblement. L’unité n’est plus seulement une exigence stratégique et politique. Elle relève de l’intérêt national. Peu importent les modalités, peu comptent les chemins : nous la devons à la France et à tous nos compatriotes qui, dans nos circonscriptions, nous font confiance et s’inquiètent pour leur avenir et celui de leurs enfants. Ils nous regardent.
C’est pour eux qu’au poison des postures nous devons opposer l’exigence de dialogue et de construction commune. À l’autoroute vers le chaos, nous préférons le sursaut. L’union n’est ni une option ni un slogan. C’est notre devoir. Le temps presse.
[Signataires Renaissance et MoDem] Florent Boudié, député Renaissance de Gironde; Maud Bregeon, ministre déléguée en charge de l’Energie et porte-parole du gouvernement ; Samantha Cazebonne, sénatrice Renaissance des Français de l’étranger ; Pierre Cazeneuve, député Renaissance des Hauts-de-Seine ; Yannick Chenevard, député Renaissance du Var ; François Cormier-Bouligeon, député Renaissance du Cher ; Marc Ferracci, député Renaissance des Français de l’étranger ; Thomas Gassilloud, député Renaissance du Rhône ; Guillaume Gouffier Valente, député Renaissance du Val-de-Marne ; Benjamin Haddad, ministre délégué en charge de l’Europe ; Nadège Havet, sénatrice Renaissance du Finistère ; Sébastien Huyghe, député Renaissance du Nord ; Xavier Iacovelli, sénateur Renaissance des Hauts-de-Seine ; Jean-Michel Jacques, député Renaissance du Morbihan ; Sandrine Josso, députée MoDem de Loire-Atlantique ; Daniel Labaronne, député Renaissance d’Indre-et-Loire ; Sandrine Lalanne, députée Renaissance du Val-de-Marne ; Vincent Ledoux, député Renaissance du Nord ; Mathieu Lefèvre, ministre délégué en charge de la Transition climatique ; Martin Lévrier, sénateur Renaissance des Yvelines ; Constance Le Grip, députée Renaissance des Hauts-de-Seine ; Christine Le Nabour, députée Renaissance d’Ille-et-Vilaine ; Nicole Le Peih, députée Renaissance du Morbihan ; Delphine Lingemann, députée MoDem du Puy-de-Dôme ; Marie-Philippe Lubet, députée Renaissance du Loiret ; Sylvain Maillard, député Renaissance de Paris ; Emmanuel Mandon, député MoDem de la Loire ; Christophe Marion, député Renaissance du Loir-et-Cher ; Sandra Marsaud, députée Renaissance de Charente ; Denis Masséglia, député Renaissance du Maine-et-Loire;  Ludovic Mendes, député Renaissance de Moselle ; Nicolas Metzdorf, député Renaissance de Nouvelle-Calédonie ; Laure Miller, députée Renaissance de la Marne ; Joséphine Missoffe, députée Renaissance de Paris ; Thani Mohamed-Soilihi, sénateur Renaissance de Mayotte ; Christophe Mongardien, député Renaissance des Hauts-de-Seine ; Karl Olive, député Renaissance des Yvelines ; Astrid Panosyan-Bouvet, députée Renaissance de Paris ; Maud Petit, députée MoDem du Val-de-Marne ; Richard Ramos, député MoDem du Loiret ; Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées ; Véronique Riotton, députée Renaissance de Haute-Savoie ; Charles Rodwell, député Renaissance des Yvelines ; Anne-Sophie Ronceret, députée Renaissance des Yvelines ; Bertrand Sorre, député Renaissance de la Manche ; Stéphane Travert, député Renaissance de la Manche ; Annie Vidal, députée Renaissance de Seine-Maritime ; Corinne Vignon, députée Renaissance de Haute-Garonne ; Caroline Yadan, députée Renaissance des Français de l’étranger]

 


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