dimanche 16 avril 2017

Présidentielle 2017. A une semaine du premier tour Macron tient la corde

Les 11 candidats à la présidentielle 2017
Dans une semaine, jour pour jour, se déroulera le premier tour de l’élection présidentielle française.
Quelle est la situation à sept jours du scrutin?
- Emmanuel Macron demeure le favori même s’il a perdu un peu d’intentions de vote dans certains sondages ces dernières semaines.
Ainsi, dans la plupart des enquêtes d’opinions ainsi que dans l’agrégateur de sondages (sondage des sondages) du site internet Huffington post, il est en tête ou très proche de Marine Le Pen, se qualifiant pour le second tour où il bat facilement la candidate d’extrême-droite, parfois avec plus de 30 points d’avance.
- Emmanuel Macron possède aussi d’autres avantages par rapport aux autres candidats.
Ainsi, auprès des Français, il est vu comme le candidat ayant le plus les qualités ou la stature d’un président de la république, son projet est considéré comme le meilleur (ainsi que son projet économique), il arrive en tête dans les souhaits et les pronostics de victoire.
En outre, il possède le potentiel électoral le plus important (ceux qui votent pour vous et ceux qui pourraient voter pour vous en second).
La sûreté du vote en sa faveur est en augmentation constante.
Quand on analyse son électorat, il n’y a quasiment aucune faille que ce soit dans les tranches d’âge, dans les catégories sociales et il est le seul à capter autant d’électeurs à droite, à gauche et au centre, démontrant la transversalité de sa candidature et de son offre politique.
Enfin, il est le seul de la «bande des quatre» (Macron, Le Pen, Mélenchon, Fillon) à battre les trois autres candidats lors du deuxième tour.
- Les faiblesses d’Emmanuel Macron sont donc limitées à sept jours du vote mais, néanmoins, elles existent.
Il pourrait ainsi pâtir, non d’un vote utile qu’il représente mais d’un vote partisan si l’idéologie et le clientélisme se font prégnants pour une raison ou une autre, en cas d’événement exceptionnel, voire de révélation sensationnelle à son encontre.
Il pourrait également pâtir d’une grosse bourde de sa part même si l’on doute qu’il s’embarque dans ce genre d’erreurs si près du scrutin.
- Les extrêmes vont sans doute faire un score historiques puisqu’avec des sondages où Le Pen dépasse les 20%, Mélenchon les frôlent et où les petits  candidats extrémistes tournent ensemble autour de 10%, on atteint un score de plus de 50% d’intentions de vote en leur faveur.
- Le second tour devrait opposer Emmanuel Macron à Marine Le Pen car, même si les scores des quatre premiers se resserrent, aucun sondage n’a donné, en ce dimanche 16 avril, soit François Fillon, soit Jean-Luc Mélenchon en première ou seconde position.
Mais, bien entendu, les intentions de vote Macron, le Pen, Mélenchon et Fillon se trouvent dans les marges d’erreurs qui permettent aux deux derniers d’espérer et aux analystes de ne pas se risquer à prédire le résultat final…
Reste qu’il faudrait, par exemple, un concours de circonstances incroyable – mais pas impossible – pour que les deux finalistes s’appellent Mélenchon et Fillon.
- La démocratie républicaine se trouve face à un danger certain.
Ainsi, un second tour Le Pen-Mélenchon ne peut être totalement exclu, c’est-à-dire la présence de deux populistes démagogues dont les modèles de société ne sont absolument pas la démocratie libérale telle que nous la connaissons aujourd’hui dans le monde occidental.
Un duel qui aurait des répercussions énormes sur la place de la France dans le monde.
Mais un second tour Le Pen-Fillon serait tout aussi désastreux puisqu’il opposerait deux candidats accusés de détournements de fonds, la première vient de voir la justice demander au Parlement européen de levée son immunité parlementaire et le second est mis en examen.
Ce serait du jamais vu dans une élection présidentielle en France et aurait certainement un impact dévastateur sur le climat politique du pays ainsi que sur l’image de celui-ci dans le monde.
- L’importance du vote blanc et de l’abstention est problématique alors même que les menaces que nous venons de voir sont si importantes.
Car il ne faut pas se leurrer, celui qui ne vient pas voter et celui qui, dans les circonstances présentes, vote blanc, font le jeu des candidats extrêmes ou malhonnêtes puisqu’ils refusent de choisir avec responsabilité et acceptent a priori qu’un de ceux-ci soit élu à l’Elysée.
- Quoi qu’il arrive, le paysage politique d’après le premier tour sera très largement impacté.
Peut-être pas dans le sens d’une instabilité et d’une désorganisation totale comme l’affirment certains mais plutôt dans une recomposition qui devrait voir, surtout, l’émergence de l’axe central (allant de la droite réformiste à la gauche réformiste en passant par le Centre libéral social) que Macron soit élu ou non et peut-être, dans le même temps, un rapprochement des radicaux et des extrêmes, tant à droite qu’à gauche.

Alexandre Vatimbella



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