jeudi 21 juillet 2022

Vues du Centre. Lagarde-Morin, le tandem déchu qui a sali le Centre

Par Jean-François Borrou

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes.

Il fut un temps où Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin faisaient partie de l’UDF alors dirigée par François Bayrou dont ils avaient la confiance puisqu’ils occupaient des postes à responsabilité.

Puis, comme c’est souvent le cas avec le maire de Pau qui ne sait pas toujours très bien s’entourer et dont les «amitiés» n’ont qu’un temps et se transforment souvent en fortes inimitiés, les deux hommes ont quitté le navire après 2007 et les 18,6% de Bayrou à la présidentielle et la création du Mouvement démocrate dans la foulée, pour s’en aller rejoindre un de ses ennemis, Nicolas Sarkozy, qui venait de se faire élire président de la république.

Si l’on pouvait douter, déjà, du centrisme d’Hervé Morin qui était déjà très soft durant son appartenance à l’UDF, celui de Jean-Christophe Lagarde – qui se définissait comme un démocrate chrétien et un humaniste – semblait plus résistant malgré des prises de position souvent iconoclastes.

Les deux hommes se retrouvèrent donc dans le Nouveau centre, une formation alliée de l’UMP (LR aujourd’hui) où ils devaient se partager le pouvoir.

Or, il faut savoir que Lagarde et Morin se haïsse véritablement et que leur accord vola en éclat lorsque le dernier nommé refusa la présidence tournante du Nouveau centre au profit de Lagarde en niant qu’un deal avait été passé entre eux.

Cela ne les empêcha pas ensuite de se retrouver dans l’UDI que venait de créer Jean-Louis Borloo en 2012 après la défaite de Sarkozy et la victoire de Hollande, fédération de partis dont l’ambition était de réunir les centristes et les modérés de droite tout en faisant concurrence au MoDem (Mouvement démocrate) de François Bayrou.

Mais l’UDI ne parvint jamais à sortir d’un cartel électoral et Borloo, face à la guerre de position que livraient sans cesse Lagarde et Morin, préféra la quitter avec, en privé, des mots très durs envers les deux protagonistes, ce qui ouvrit une autre guerre, celle de la succession qui fut remportée par Lagarde mais dont Morin contesta la victoire en estimant qu’il y avait eu de multiples fraudes, accusations récurrentes contre les pratiques de Lagarde.

Peu de temps après, Morin quitta l’UDI avec ses troupes du Nouveau centre qui devint ensuite Les centristes alors que Lagarde mettait la main sur celle-ci en en faisant sa «chose» pour ses ambitions nationales lui qui ne parvint jamais à être ministre à l’opposé de Morin qui fut ministre de la Défense sous Sarkozy.

Mais ce qui nous intéresse ici est la constante dérive vers la droite qui anima dès lors, et l’UDI, et Les centristes (dont le nom était déjà une supercherie).

Ce fut manifeste lors de la présidentielle de 2017 où, au lieu de soutenir de soutenir Emmanuel Macron, candidat de l’axe central, et l’UDI, et Les centristes s’engagèrent sans une once de réserve derrière le candidat LR, François Fillon, alors très radicalisé et soutenant des positions complètement à l’opposé de la pensée centriste.

L’échec de Fillon et la victoire de Macron renvoya l’UDI et Les centriste dans l’opposition et, au lieu, de saisir les mains tendues par la nouvelle majorité centriste et centrale, s’enfoncèrent de plus en plus, au fil du temps, dans une confrontation dure alors même que dans cette majorité se trouvaient des formations soi-disant plus à droite qu’elles comme Agir et les amis d’Edouard Philippe…

Ici, les ambitions contrariées des deux hommes ainsi que leur haine de Macron mais aussi le passif avec Bayrou ont guidé plus sûrement leur comportement que leur soi-disant centrisme qui n’est plus désormais que de façade.

C’est là qu’ils ont commencé – pour certains, continué – à instrumentaliser le Centre et le Centrisme en se cachant derrière ses appellations alors même qu’ils n’ont plus rien à voir avec la pensée centriste mais plus certainement avec la Droite.

Pourquoi continuer à se prétendre centristes?

Etre de droite n’est pas une infamie…

Parce qu’il s’agit d’un positionnement électoraliste qui leur permet de négocier lors d’élections des élus et des postes avec LR dont ils sont depuis toujours, en réalité, des satellites voire de simples excroissances.

Mais, avec la présence du Centre au pouvoir et la radicalisation de la Droite, cela n’a plus du tout le même intérêt pour LR comme on l’a vu lors des négociations pour les législatives de cette année où l’UDI et Les centriste furent mal servis et sont aujourd’hui proche de la disparition à l’Assemblée, obligé de s’affilier à des intergroupes ou au groupe LR.

Si Hervé Morin ne s’est pas présenté – il est président de la région Normandie grâce au bon vouloir de LR –, Jean-Christophe Lagarde, lui, a été battu dans sa circonscription de Seine-Saint-Denis malgré le système qu’il a mis en place depuis des années et que certains comparent à celui des mafieux.

Toujours est-il que ni Lagarde, ni Morin n’ont l’intention après une telle claque de quitter la politique ou, à tout le moins, de démissionner de la présidence de leurs partis.

Pire, ils continuent à se prétendre centriste ou à laisser les médias le prétendre.

Donc à continuer à salir le Centre et le Centrisme.

Jean-François Borrou

 

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