Voici une sélection, ce 11 avril 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Très heureux de rencontrer Sa Sainteté le Pape Léon XIV. Nous portons une
même conviction : face aux fractures du monde, l’action pour la paix est
un devoir et une exigence. La France œuvrera toujours pour le dialogue, la
justice et la fraternité entre les peuples.
> Je viens d’échanger avec le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed Ben Salmane, sur la situation au Proche et Moyen-Orient. J’ai rappelé mon soutien au cessez-le-feu, qui doit être pleinement respecté et étendu sans délai au Liban. Nous avons évoqué la nécessité de restaurer une navigation pleinement libre et sûre dans le détroit d’Ormuz le plus rapidement possible. Alors que des discussions viennent de s’ouvrir à Islamabad, nous sommes convenus de rester en contact étroit pour contribuer à la désescalade, à la liberté de navigation et à la conclusion d’un accord permettant d’assurer une paix et une sécurité durables dans la région.
> Je viens de m’entretenir avec le président Erdogan. Nous avons d'abord évoqué la situation au Proche et au Moyen-Orient, pour appeler au respect du cessez-le-feu et à son application au Liban, au respect de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, et souligner la nécessité d'une solution diplomatique robuste et durable. Nous avons également abordé la situation en Ukraine, et notre travail commun au sein de la Coalition des volontaires pour contribuer à la recherche d'une paix juste et durable qui devra nécessairement être conforme aux principes de la Charte des Nations Unies et adossée à des garanties de sécurité robustes pour l'Ukraine. J'ai rappelé dans la perspective notamment du Sommet de la Communauté politique européenne qui se tiendra à Erevan le 4 mai prochain, le soutien de la France à la dynamique de paix dans le sud-Caucase qui doit permettre à la région d'ouvrir un nouveau chapitre, avec des frontières ouvertes et un renforcement de la coopération régionale. Nous sommes enfin convenus de la nécessité de continuer à approfondir notre dialogue et notre coopération bilatérale.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Discours sur l'électrification de la France] Depuis plusieurs semaines,
le Moyen-Orient a vécu, encore une fois, dans la guerre. Ces derniers jours,
une accalmie semble se dessiner. Un cessez-le-feu a été annoncé. Nous verrons
comment le détroit d’Ormuz peut réouvrir. Les marchés ont commencé à se détendre.
C’est une bonne nouvelle.
Mais chacun le sait : cette détente est fragile. Elle est partielle, comme on
le voit hélas au Liban. C’est précisément pour cela que je veux tirer avec vous
les leçons de ce que nous venons de vivre.
Ce que nous avons vu, ce n’est pas une crise lointaine. C’est un monde où tout
se tient.
Le détroit d’Ormuz est menacé, et ce sont les pleins, les factures, les
dépenses quotidiennes qui augmentent.
Et la première leçon de tout cela - au fond - n’est pas nouvelle. C’est
celle que la France a déjà apprise dans son histoire. Un pays n’est réellement
libre que s’il est capable de tenir quand le monde vacille.
Et aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de détruire pour fragiliser.
Il suffit simplement de menacer, de perturber. Et tout se dérègle très vite.
La deuxième leçon est tout aussi évidente.
L’énergie n’est pas seulement un marché. C’est un enjeu de sécurité
nationale. Un rapport de force. Quand nous importons du pétrole ou du gaz, nous
importons en même temps les crises des autres. La guerre au Moyen-Orient n’est
pas la nôtre. Et pourtant elle nous affecte très directement.
Heureusement, la France a un atout : Une électricité produite sur son sol,
issue de choix stratégiques faits il y a des décennies, par nos anciens. À
l’époque déjà, la France avait fait le choix de l’indépendance énergétique.
Et c’est le sens des décisions que le Gouvernement a prises il y a tout
juste deux mois :
- Relancer le nucléaire, y compris d’ailleurs celui de nouvelle génération
;
- Développer les énergies renouvelables les plus utiles ;
- Et produire davantage.
La crise – il faut bien le dire - a validé ces choix. Je remercie les
experts, les industriels qui les ont accompagnés. Je remercie aussi les forces
politiques, qui, lucidement, ont rejeté les motions de censure déposées par
certains groupes politiques qui voulaient l'empêcher.
C’est un choix fort : électrifier la France, pour la rendre indépendante.
Désormais, il nous faut transformer notre consommation d’énergie. Remplacer
le pétrole et le gaz, par de l’électricité.
Troisième leçon : il faut toujours s’adapter. Ne jamais être immobile. Ne
jamais déconnecter notre action intérieure – de politique intérieure - des
réalités du monde. Peu importe que ces réalités nous plaisent d’ailleurs, ou
nous déplaisent.
En gestion de crise, il faut être pragmatique. C’est donc agir vite.
Les services de l’Etat – vous le savez - contrôlent tous les jours les
marges, les délais, les prix. Quand les cours du carburant baissent, les prix
doivent baisser aussi en station. Aussi vite que lorsqu’ils ont augmenté. C’est
une question de justice. C’est une question de transparence. C’est aussi une
question de bon sens.
Parce que gérer une crise, c'est garder son sang-froid. Ne céder ni à la
panique, ni à la démagogie.
On ne peut pas d’un côté dénoncer les déficits publics et, en même temps,
proposer des baisses généralisées de taxes. Ces mesures paraissent certes
simples, elles semblent être un remède facile, mais elles ne fonctionnent pas.
On le sait. Cela a été démontré dans le passé et dans d’autres pays.
Elles coûtent, non seulement, très cher. Et elles profitent toujours aux
pays exportateurs de pétrole – c’est à dire principalement les Etats-Unis,
l’Algérie ou le Kazakhstan pour ne citer que ces pays, – et donc non à la
France ou aux Français.
Il nous faut donc être prêts. Et être prêt, c’est anticiper les prochaines
crises.
Nous n’allons pas vous dire comment vivre, comment gérer votre manière de
vivre. Nous n’allons pas vous faire la morale, chacun est bien libre. Nous
n’allons pas non plus refaire ce qui ne marche pas. Et encore moins ce qui ne
marche plus.
Notre responsabilité, c’est d’agir là où c’est utile. En faisant le lien
entre l’intérêt individuel de chacun, et l’intérêt général du pays.
Car au fond, le problème est simple. Tant que nous dépendrons du pétrole et
du gaz, nous continuerons de payer le prix des guerres des autres. Et ces
crises vont malheureusement se poursuivre. On le sait. Elles vont nous
appauvrir. Et tout cela n’est pas une parenthèse.
La France a déjà su, dans son histoire, prendre des décisions
structurantes. Elle l’a fait pour son énergie. Je le disais.
Elle l’a fait pour son industrie.
Elle l’a fait pour son modèle agricole.
Elle l’a fait pour son armée.
Elle l’a fait aussi d’ailleurs pour son modèle culturel.
Nous devons donc le faire à nouveau. Avec une forme de “pragmatisme
français” qui peut nous caractériser.
Aujourd’hui, 60 % de notre consommation d’énergie reste d’origine fossile.
Alors même que nous produisons plus d’électricité que nous n’en consommons, et
que cette électricité est trois fois moins chère que le pétrole ! Cela devient
clairement un non-sens.
Nous allons donc devoir changer d’échelle, et avec méthode. Non pas à coups
de mesures dispersées. Mais avec une véritable planification, comme la France a
su le faire dans les moments décisifs de son histoire.
Une planification sérieuse, suivie dans la durée, avec une exigence simple
: n’abandonner personne.
Cela signifie des aides ciblées, efficaces, qui doivent aller à celles et
ceux qui en ont réellement besoin. C’est à dire les travailleurs qui ont besoin
de leur voiture, les familles, les retraités qui ont besoin de chauffer leur
maison ou leur appartement.
Cela signifie aussi refuser les dispositifs trop généraux, trop coûteux,
qui créent bien souvent des effets d’aubaine et même parfois des rentes, sans
pour autant résoudre les problèmes sur le fond.
Aussi, d’ici à 2030, le soutien à l’électrification sera multiplié par
deux, et passera de 5,5 milliards d’euros à 10 milliards d’euros par an. C’est
une somme absolument considérable.
Pour autant, cela ne se fera pas avec de l’argent nouveau. Mais en
utilisant mieux l’argent des Français. Car nous tiendrons – et nous devons
tenir - nos cibles de déficits.
En visant un objectif : réduire les dépenses énergétiques de l'Etat et des
Français. En fixant cette priorité : les différentes aides publiques seront
réorientées vers l’électrification.
Investir aujourd’hui, c’est donner à chacun du pouvoir d’achat, redonner
aux entreprises françaises de la compétitivité. L’électricité en France est
moins chère qu’ailleurs en Europe.
Électrifier la France, c’est une nécessité, ce sera un atout. Et je le
disais, c’est autant un enjeu individuel que collectif. Patriotique en somme.
Et cela commence évidemment par votre logement. C’est là que se joue, concrètement,
une part essentielle de notre dépendance.
Une famille chauffée au gaz, quand les prix montent : elle ne peut que
subir. Et souvent, ce sont les mêmes Français : les plus modestes, actifs ou
retraités, les classes moyennes, et les habitants du logement social.
Nous allons donc engager une bascule claire. Dès la fin de cette année
2026, il ne sera plus possible d’installer des chaudières au gaz dans les
constructions neuves.
Dans le même temps, toutes les aides publiques pour les particuliers
accompagneront l’installation de pompes à chaleur pour remplacer les chaudières
au gaz et au pétrole.
Aujourd’hui, une part très importante des logements sociaux sont chauffés
au gaz. Cela signifie concrètement que celles et ceux qui ne peuvent pas
décider de leur mode de chauffage, sont ceux qui - à la fin - paient le plus.
C’est une aberration. Une aberration sociale. Une aberration économique.
Une aberration écologique. Et même, une aberration politique.
Nous ne pouvons pas demander aux Français de sortir des énergies fossiles,
tout en maintenant des millions de logements dans cette dépendance.
C’est pourquoi, pour le logement social, l’électrification sera
spécifiquement accélérée, organisée et financée : 2 millions de logements
sociaux sortiront ainsi du gaz d’ici à 2050.
Avec un but simple : protéger d’abord celles et ceux qui sont aujourd’hui
les plus vulnérables.
Nous allons organiser cette transformation territoire par territoire. Et en
évitant une planification centralisée, qui viendrait d’en haut, c’est-à-dire
seulement depuis Paris.
Aussi 100 premiers territoires seront sélectionnés pour s’engager d’ici à
2030 dans une trajectoire «zéro gaz», avec un accompagnement complet. Là aussi
l’objectif est clair, vous l’avez compris: changer d’échelle. Mais en assumant
une approche locale et sociale.
Ce changement d’échelle se traduira concrètement par l’Installation d’un
million de pompes à chaleur par an d’ici à 2030. Ces pompes à chaleur
permettent de diminuer par deux le coût du chauffage. Elles sont fabriquées en
France. C’est une filière nationale d’avenir, avec des dizaines de milliers
d'emplois à la clé.
Nous allons donc faire du chauffage électrique la norme, là où il est
encore l’exception. D’ici 2030, nous remplacerons ainsi 85 Térawatts-heures de
gaz par de l’énergie purement française.
Présenté comme cela, cela ne veut certainement rien dire ou pas grand-chose.
Mais c’est pourtant l’équivalent de 20 % de nos importations de gaz. C’est donc
un levier majeur pour notre avenir.
Avec le logement, le deuxième poste, ce sont évidemment les transports.
Nous devons - là aussi - changer de modèle et changer d’échelle.
Non pas tellement pour notre système ferroviaire, puisque 80% est déjà
électrifié. Mais évidemment pour nos voitures.
D’ici 2030, deux voitures neuves sur trois devront être électriques.
Il y a cinq ans, la France ne produisait pas de voitures électriques.
Désormais, grâce à nos industriels, mais aussi au système des bonus, un
véhicule électrique n’est pas plus cher à l’achat qu’un véhicule thermique. La
voiture électrique peut désormais être celle de tout le monde.
Le gain pour le pouvoir d’achat est évident, pour ne pas dire édifiant :
faire 100 km en véhicule électrique coûte en moyenne quelque chose entre 2 et 3
euros, contre 11 euros en moyenne avec du diesel !
Les constructeurs français pourront produire plus : 400 000 véhicules par
an l’an prochain, 1 million en 2030. Il faut accélérer. Et nous le savons tous,
c’est le moment.
Pour les ménages les plus modestes, c’est un outil de leasing social –
c'est-à-dire des voitures à loyer mensuel modéré – qui va être de nouveau
proposé dès ce mois de juin. Avec une première offre d’au moins 50 000
véhicules électriques supplémentaires.
Et pour les gros rouleurs issus des classes moyennes, - et en particulier
pour celles et ceux qui travaillent -, le gouvernement veut aller plus loin
avec un nouveau dispositif.
Là encore, 50 000 véhicules électriques supplémentaires – en plus – vont
ainsi être subventionnés dès 2026, notamment pour : les aides à domicile, les
aides-soignantes, les infirmières, les artisans, et plus globalement tous les
salariés ou agents publics de notre pays.
La transition doit être une solution, plus une contrainte. Et certainement
pas une punition.
Il faut donc aller jusqu’au bout de la logique.
Le gouvernement va donc également mettre en place des outils dédiés aux
entreprises, et peut être plus spécifiquement d’ailleurs pour les PME.
Avec, pour la première fois, des dispositifs pour les véhicules utilitaires
et même les poids lourds, avec des aides pouvant aller jusqu’à 100 000 euros
par véhicule.
Nous devrons aussi mieux agir pour décarboner les grands sites industriels
énergivores ou l’industrie agro-alimentaire.
J’ai également demandé aux ministres compétents de mettre en place des
dispositifs dédiés à l’électrification des outils de travail des artisans, des
commerçants, comme les fours des boulangers ou des restaurateurs, les
rotisseries des charcutiers. Mais aussi les équipements des pêcheurs, des
agriculteurs ou de la filière des travaux publics.
Aucune activité ne doit rester sous dépendance durable.
C’est aussi une question de protection de pouvoir d’achat des ménages, pour
limiter les répercussions du coût des énergies fossiles sur le reste des prix
de la vie de tous les jours.
Électrifier, oui. Mais en insistant évidemment sur la production en France.
Ces aides ont donc pour deuxième objectif assumé de participer à notre
réindustrialisation. De créer des emplois en France.
Parce que remplacer le pétrole importé par des véhicules importés ne serait
pas une solution.
Parce que l’indépendance énergétique sans indépendance industrielle n’est
tout simplement pas une indépendance.
Cela est désormais une urgence.
Les annonces de ce soir ne sont qu’une première étape de cette
planification.
Mais sortir de cette dépendance à des pays tiers au pétrole et au gaz doit
aussi nous rendre plus forts sur le terrain géopolitique.
Cette stratégie complète notre politique de renforcement de notre défense
nationale, pour nous protéger des dangers du monde.
Parce que les menaces évoluent. Parce que les conflits changent. Parce que,
si nous ne sommes pas en guerre, nous ne sommes plus tout à fait en paix.
La France, dans cette nouvelle crise, est le seul État d'Europe qui a pris
des initiatives diplomatiques importantes. Essentiellement par fidélité à notre
histoire, mais aussi parce que nous sommes le seul État d’Europe à avoir une
présence militaire de cette importance au Moyen-Orient.
C’est un atout. C’est une sécurité.
N’être dépendant de personne exige une politique de l’énergie, une
politique militaire, une diplomatie fiable, une solidité budgétaire.
Rien de tout cela n’aurait d’ailleurs été possible sans l’adoption d’un
budget pour cette année, et en ce début d’année.
Je remercie celles et ceux qui l’ont compris au sein de la classe politique
et qui ont accepté de faire passer l'intérêt du pays avant leurs intérêts
partisans.
Mes chers compatriotes,
La France a toujours su prendre ses responsabilités quand l’histoire
s’accélère. Nous devons le faire à nouveau.
La souveraineté ne se découpe pas. C’est un tout. Elle est énergétique.
Elle est industrielle. Elle est militaire.
C’est pourquoi - en plus de ces premières décisions sur l’énergie que je
vous annonce ce soir - nous venons de présenter en conseil des ministres une
actualisation et une accélération massive de notre programmation militaire.
Celle-ci devra rapidement être discutée puis adoptée au Parlement. Il y a
urgence.
La guerre change. Elle devient diffuse, continue. Et la sécurité,
désormais, ne se découpe plus. C’est l’avènement des guerres hybrides, celles
qui se servent des enjeux civils pour les détourner à des fins militaires.
Cette guerre se joue partout : Elle touche nos infrastructures, nos
réseaux. Des trafics peuvent être instrumentalisés. Des réseaux criminels sont
mobilisés par des puissances étrangères, comme on l’a vu récemment. Des menaces
hybrides sont activées.
Alors il faut le dire clairement : terrorisme, narcotrafic, cybersécurité,
défense nationale, énergie, industrie, tout cela ne forme désormais qu’un seul
ensemble.
Nous devons donc nous adapter.
Vous le savez, je vous l’ai dit à de nombreuses reprises. Le gouvernement
est libre de toute contrainte politique partisane. Il n’a aucun rendez-vous
électoral.
Après la crise politique et budgétaire que nous avons connue à l’automne et
l’hiver dernier, nous affrontons désormais les effets de cette crise nouvelle.
De cette guerre.
Les urgences énergétiques et militaires sont des urgences de souveraineté :
elles ne peuvent donc pas attendre l’élection présidentielle.
Mais ce sont aussi des urgences de la vie quotidienne.
Et quotidiennement, le gouvernement travaille pour affronter chaque crise
au jour le jour, mais aussi pour anticiper les crises de demain.
Les ministres reviendront dans les jours qui viennent devant vous, pour
préciser l’ensemble des mesures, dans le détail.
Je le dis là aussi. Rien n’est et ne sera définitif : chaque jour nous
saurons nous adapter.
Y compris, si les prix des carburants devaient remonter durablement, pour
aider les travailleurs et les travailleuses les plus impactés.
Mais, au-delà de ces aides d’urgence, il faut savoir faire de chaque crise
une opportunité.
Il faut savoir ne pas gâcher une crise, si je puis me permettre cette
expression.
Et lier chaque mesure nouvelle à une vision globale pour l’avenir.
Voilà les premières leçons que nous tirons. Il y en aura d’autres.
Et pendant ce temps, les ministres se concentrent sur les autres urgences
du pays, pour votre vie quotidienne. Je veux les citer : accès aux soins ; défi
démographique pour notre Education nationale ; lutte contre l’insécurité, la
délinquance ; modernisation de notre système judiciaire ; réforme de
l’Assurance chômage ; préparation de textes de lois pour les services publics
locaux et les collectivités locales, en ce début de mandat municipal.
Et bien entendu la préparation des prochains budgets. Le soutien à
l’économie, à l’emploi, à notre croissance.
Sans oublier l’avenir de la Nouvelle-Calédonie.
Nous aurons l’occasion d’y revenir.
> La guerre au Moyen-Orient pèse directement sur nos agriculteurs : le coût du carburant et des engrais met certaines exploitations en difficulté. 20 millions d’euros supplémentaires sont mobilisés pour soutenir les plus fragiles, avec une prise en charge exceptionnelle de leurs cotisations sociales. Cette aide complète les premières mesures ciblées déjà engagées pour protéger l’activité : suspension de la taxe sur le carburant, reports de charges, prêts de trésorerie. Nous agissons vite et de manière ciblée pour protéger nos exploitations, notre production agricole.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> [Actualisation de la loi de programmation militaire] Dans le monde qui est
le nôtre, les certitudes d’hier se sont effacées. La guerre est revenue
durablement sur le continent européen avec l’agression russe contre l’Ukraine. Au
Proche et au Moyen-Orient, les foyers de crise se multiplient et font peser sur
notre sécurité collective des risques d’embrasement durables. D’autres
tensions, ailleurs dans le monde, démontrent que les équilibres géostratégiques
sont désormais plus instables et plus brutaux. Le Président de la République
l’a rappelé récemment : nous vivons une période de rupture, qui appelle à un
durcissement de notre modèle. Face à cette réalité, la France, sous l’impulsion
du Président de la République, a fait dès 2017 un choix clair : celui d’un
effort de réarmement porté par deux lois de programmation militaire sans
précédent. La LPM 2019-2025 a permis de réparer un modèle abîmé par plusieurs décennies
de coupes budgétaires ininterrompues, tandis que la LPM 2024-2030 est venue
concrétiser la modernisation capacitaire de nos armées. Ces lois ont permis de
fixer un cap inédit pour transformer nos armées, renforcer notre autonomie
stratégique et préparer l’avenir. Les conflits récents ont confirmé la
pertinence de ces choix déjà visibles, notamment à travers le renouvellement
massif des équipements de nos trois armées. Mais l’évolution profonde et
brutale des équilibres internationaux nous commande aujourd’hui d’aller plus
vite et plus fort. C’est le sens de cette actualisation que j’ai l’honneur de
présenter au Parlement. Elle porte prioritairement sur les capacités dont
l’urgence opérationnelle s’impose à nous : les munitions, les drones, la guerre
électronique, la préparation opérationnelle, la défense sol-air, l’espace. Elle
assume des choix forts pour une armée moderne et complète : l’alerte avancée,
les feux dans la profondeur, la capacité à détecter plus tôt, décider plus vite
et frapper plus loin. Elle permet la montée en puissance du Service national,
annoncé par le Président de la République le 27 novembre dernier. Ce projet de
loi s’inscrit également dans la continuité du discours du chef de l’État
prononcé à l’Île Longue le 2 mars dernier. Notre modèle de défense repose sur
une dissuasion nucléaire crédible, qui demeure la garantie ultime de la
protection de nos intérêts vitaux. Cette actualisation viendra la renforcer,
notamment par l’augmentation du nombre de têtes nucléaires de notre arsenal.
Plus que jamais, la dissuasion jouera un rôle central dans la sécurité de la
Nation et dans la stabilité stratégique du continent. Ces orientations
répondent aux enseignements des conflits en cours comme aux exigences des
affrontements de demain. Elles sont cohérentes avec les accords de défense
signés avec nos alliés pour consacrer davantage de ressources à notre
souveraineté et à notre sécurité. Elles permettent de répondre à un engagement
majeur et de rester maîtres de notre destin. Notre réarmement n’a de sens que
s’il s’inscrit aussi dans une ambition européenne. Il appartient désormais au
Parlement de débattre de cette ambition, de l’enrichir, de l’amender et de la
voter. Dans notre démocratie, c’est le rôle du Parlement de définir avec le
Gouvernement et sous l’autorité du Président de la République les moyens que la
Nation consent à sa défense. Dans la période que nous traversons, ce débat est
essentiel. Actualiser la loi de programmation militaire, c’est faire le choix
lucide et résolu de protéger les Français, de donner à la France les moyens de
préserver sa souveraineté, de permettre à celles et ceux qui la défendent
d’accomplir pleinement leur mission, et de tenir pleinement son rang face à
l’Histoire.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Nous accélérons l’électrification de notre pays.
D’ici à 2030, nous doublons le soutien à l’électrification : de 5,5 milliards
d’euros à 10 milliards d’euros par an.
Industrie, logements, transports : en décarbonant nos outils de travail et
notre quotidien, nous continuons à bâtir notre indépendance et notre résilience
face aux crises.
> [Financement de la Base Industrielle et Technologique de Défense / Editorial cosigné avec Catherine Vautrin] Dans le monde qui est le nôtre, les certitudes d’hier sont effacées. La guerre de haute intensité est revenue durablement sur le continent européen depuis la guerre d’agression russe contre l’Ukraine en 2022. Ailleurs dans le monde, notamment au Moyen- Orient, les stratégies d’usure à bas coût des capacités de défense adverses redonnent toute son acuité à la dimension industrielle de la guerre. La France a pris la mesure de ce basculement du monde vers une conflictualité durable et multiforme. Pour défendre ses intérêts stratégiques et tenir son rang, elle doit se donner les moyens industriels de sa sécurité. Ces moyens, ceux de la Base industrielle et technologique de défense (BITD), se forgent dans la durée. Ils nécessitent des investissements, et des financements, donc une acculturation mutuelle des industriels et des financeurs. C’est le sens de la mobilisation du 20 mars 2025, appelée par le Premier ministre Sébastien Lecornu lorsqu’il était minister des Armées, à laquelle vous avez répondu présent. Soyez-en de nouveau remerciés. Depuis un an, nous avons avancé collectivement en accélérant la cadence dans un élan de coopération inédit. Nous saluons à ce titre le mouvement d’ampleur des acteurs du financement vers ceux de la défense. En quelques mois, la France a vu naître plus de véhicules d’investissement estampillés défense qu’au cours des trente dernières années. Cette effusion exceptionnelle qui anime la Nation doit permettre de renforcer notre outil de défense, par l’actualisation de la loi de programmation militaire, et par l’implication de chacun des acteurs de notre système, en particulier financeurs et industriels. Il reste toutefois beaucoup à faire, et c’est pourquoi nous avons souhaité vous rassembler pour continuer ensemble : car c’est bien dans la durée, par une mobilisation collective, que nous rendrons notre industrie de défense plus forte, plus agile et plus souveraine. Dans le monde qui vient, il n’y aura pas de souveraineté stratégique sans puissance industrielle ; il n’y aura pas de puissance industrielle sans un écosystème de financement souverain et mobilisé pour faire œuvre commune. Il n’y aura pas d’autonomie européenne sans effort, sans engagement, sans courage.
> En conciliant responsabilité budgétaire et engagement international pour l'environnement, la contribution financière de la France exprime tout notre soutien au Fonds pour l'Environnement Mondial qui demeure un outil puissant et efficace pour réduire la fragmentation de l'aide, abaisser les coûts de transaction et maximiser les impacts. J'appelle tous les pays en capacité de contribuer à formaliser leur soutien financier dès que possible pour ensemble lutter contre la triple crise planétaire.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Le cessez-le-feu qui a été trouvé, mercredi 8 avril, est temporaire,
fragile. Tout reste à faire pour que la paix et la stabilité soient restaurées
dans la région. Cela suppose notamment que le régime iranien se résolve à des
concessions majeures et à un changement radical de posture afin que Téhéran
coexiste pacifiquement avec son environnement régional et laisse son peuple
construire librement son avenir.
> [Frappes israéliennes sur le Liban] Nous condamnons fermement ces frappes massives qui, comme vous l'avez dit, en dix minutes, ont fait plus de 250 morts qui s'ajoutent aux 1500 victimes de ce conflit initié par le Hezbollah contre Israël le 2 mars dernier. Et ces attaques sont d'autant plus intolérables qu'elles fragilisent le cessez-le-feu temporaire qui a été trouvé hier entre les États-Unis et l'Iran. Et pour toutes celles et ceux qui ont un lien particulier, un lien d'affection et d'amitié avec le Liban, c'est évidemment un choc très profond. C'est aujourd'hui une journée de deuil national au Liban et nous nous y associons pleinement.
> L'Iran doit cesser de terroriser Israël par l'intermédiaire du Hezbollah qui doit être impérativement désarmé, rendre ses armes à l'État libanais. Mais non, le Liban ne doit la victime expiatoire d'un gouvernement contrarié parce qu'un cessez-le-feu a été trouvé entre les États-Unis et l'Iran. Et la destruction du Liban, la destruction de l'État libanais, ne détruira pas le Hezbollah. Au contraire, elle le renforcerait.
> Le Liban doit être impérativement couvert par
cette trêve, ce cessez-le-feu temporaire, qui reste fragile, doit permettre à
des négociations de s'ouvrir. Et sans attendre que cela se produise, la France
se tient évidemment aux côtés du Liban et aux côtés du peuple libanais, comme
elle le fait depuis le premier jour. La France, comme beaucoup de pays
européens, a exigé que le Liban soit inclus dans cette trêve. (…)
Ce que nous disons est très simple, ce n'est pas l'intérêt d'Israël que de
pilonner le Liban. Et nous l'avons vu dans l'histoire du Liban. En 1982, c'est
sur les ruines de la guerre menée par Israël au Liban et de l'occupation qu'est
né le Hezbollah. Et donc cette destruction systématique à laquelle nous
assistons ces derniers jours et qui s'est amplifiée hier avec ces frappes
massives est contraire à l’intérêt d’Israël. (…)
Nous avons agi depuis le premier jour pour nous tenir aux côtés du peuple
libanais, notamment en acheminant plusieurs dizaines de tonnes d'aide
humanitaire, notamment grâce à la présence de nos valeureux Casques bleus
français au sein de la FINUL pour acheminer ces convois d'aide humanitaire vers
les villages, et notamment les villages du sud du Liban qui sont isolés et qui
sont menacés toujours par les bombardements israéliens. Et nous avons soutenu
les décisions historiques du gouvernement libanais et nous avons appelé Israël
à saisir la main tendue du gouvernement libanais pour avancer au plus vite vers
des négociations, des discussions, un dialogue qui serait historique entre le
gouvernement israélien et le gouvernement libanais pour traiter du cessez-le-feu,
du désarmement du Hezbollah, qui est une priorité, et du règlement définitif du
différend qui oppose Israël et le Liban depuis des décennies.
> [Hostilités au Moyen-Orient] C'est un cessez-le-feu temporaire, c'est un cessez-le-feu fragile qui doit être consolidé par une négociation permettant de traiter l'ensemble des menaces que représente le régime iranien pour la région et pour le monde. La question de son programme nucléaire, la question de ses armes balistiques, de ses missiles, la question de son soutien à des groupes terroristes qui, dans la région, déstabilisent la situation. Et puis, bien sûr, la question du détroit d'Ormuz, sans oublier, bien sûr, les droits fondamentaux des Iraniens.
> [Moyen-Orient] Depuis le 7 octobre 2023, la
région s'embrase et les opérations militaires israéliennes et américaines en
Iran, les représailles de l'Iran vis-à-vis de tous les pays du Golfe qui
n'étaient parties à cette guerre créent évidemment une très forte tension qui
va devoir être surmontée pour qu'un accord puisse être trouvé. Autrement dit,
les négociations vont être plus exigeantes encore, plus difficiles encore
qu'elles ne l'auraient été auparavant. (…)
C'est toujours la même chose. La guerre entraîne la guerre et les positions se
radicalisent et se durcissent. Et donc pour parvenir à un accord, il faudra
redoubler d'efforts tant les positions se sont figées.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Je ne crois pas que
l'on puisse parler de vainqueur dans cette guerre. Il y a un cessez-le-feu, la
négociation doit s'engager, le détroit d'Ormuz doit être réouvert pour que le
reste du monde ne soit pas la victime indirecte de ce conflit qu'il n'a pas choisi.
(…)
Ce qui est certain, c’est que la paix et la stabilité dans la région et donc en
Iran passeront nécessairement, obligatoirement, par un changement radical de
posture du régime iranien et des concessions majeures qui permettent à l'Iran
de coexister de manière pacifique avec son environnement régional et qui
permettent au peuple iranien de construire librement son avenir. (…)
Ce que j'ai compris des autorités américaines qui sont mes interlocutrices,
c'est que le but principal poursuivi par les États-Unis était d'affaiblir
l'arsenal balistique, l'arsenal de missiles de l'Iran. Et de toute évidence, ça
a été fait, même si les experts estiment que l'Iran dispose encore de capacités
balistiques, de capacités de missiles et de drones, donc ces capacités n’ont
pas été anéanties. Et c'est un sujet qui nécessitera d'être encadré de manière
à ce que les pays du Golfe, notamment, qui n'avaient rien demandé et qui se
sont fait pilonner par les missiles et les drones iraniens, puissent retrouver
le niveau de confiance nécessaire avec leur voisin iranien pour qu'une
coexistence pacifique puisse être possible.
> L’Iran doit renoncer à disposer d'une arme nucléaire et à se doter des moyens pour y parvenir ; renoncer à utiliser ses missiles et ses drones pour menacer les pays de la région, les pays du voisinage ; renoncer à soutenir les groupes qui, comme le Hezbollah, le Hamas, les Houthis, déstabilisent la région ; rendre au peuple iranien les clés de son propre avenir, respecter ses droits fondamentaux ; et puis bien sûr, respecter le droit international, le droit de la mer, ouvrir la circulation sur le détroit d'Ormuz.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Les populations civiles au Proche-Orient sont les grands perdants qui ont été pris entre les feux des belligérants depuis le 7 octobre 2023. Et au peuple iranien, nous disons que nous reconnaissons en lui un grand peuple qui mérite de pouvoir construire librement son avenir, que nous n'oublions rien et qu'il ne peut y avoir aucune impunité pour les auteurs des crimes de masse qui se sont abattus sur lui au début du mois de janvier. Nous resterons à ses côtés dans les épreuves qu'il traverse pour lui donner toutes les chances, en quelque sorte, de maîtriser son destin.
> [Détroit d’Ormuz] De toute évidence, la
circulation des navires n'est pas encore fluide. De toute évidence, elle ne le
sera pas tant qu'un accord, un protocole n’aura été trouvé, notamment entre les
belligérants. Parce que vous savez, il ne suffit pas simplement que tel ou tel
gouvernement indique qu'un navire puisse passer. Il faut aussi que les
opérateurs maritimes acceptent de prendre les risques associés à la circulation
dans une zone de forte tension. Il faut que les compagnies d'assurance
acceptent d'assurer ces navires. Et tout cela ne sera possible qu'avec le
confort nécessaire d'un cadre, mais aussi sans doute d'un système d'escorte,
comme il en existe en mer Rouge, pas très loin du détroit d'Ormuz, système
d'escorte auquel nous avons participé. Et c'est pourquoi le président de la
République a voulu que nous travaillions sur une mission internationale,
strictement défensive, qui a vocation à se déployer une fois le calme revenu. (…)
La liberté de navigation dans les eaux internationales est un bien commun. Un
bien commun de l'humanité qui ne doit être contrarié par aucune entrave et
aucun droit de passage. (…) Les eaux internationales sont libres à la
circulation des navires.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Ce qui est clair,
c'est que la politique qui est menée par les États-Unis au Proche-Orient est
source d'une très grande imprévisibilité, d'une très grande incertitude, on l'a
vu, qui s'invite d'ailleurs dans nos vies quotidiennes. (…)
Nous devons être pleinement conscients que cette imprévisibilité, que ces
crises vont se multiplier à l'avenir parce qu'elles sont, au fond, liées au
défi géopolitique majeur de notre époque, qui est la rivalité grandissante
entre les États-Unis et la Chine. Et plutôt que de regarder ailleurs, et plutôt
que de rester, je dirais, spectateur de ce que nous voyons sur les chaînes de
télé en continu. (…)
Je pense que l'on oublie l'essentiel. Et l'essentiel, que l'Europe doit
aujourd'hui se renforcer, se défaire de toutes ses dépendances, dépendance aux
hydrocarbures, dépendance au numérique, dépendance militaire, pour n'avoir
jamais à subir les conséquences de conflits auxquels elle ne participe pas et
qu'elle n'a pas choisis.
> [Elections en Hongrie] Nous n'acceptons aucune
ingérence dans nos processus électoraux, ce n'est pas pour nous ingérer dans
les affaires des autres. Mais en revanche, vous avez dit l'essentiel. Ce que
nous attendons de M. Orbán, c'est, premièrement, qu’il tienne sa parole. Il a
dit être d'accord pour le prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine, il doit
lever son veto pour que ce prêt puisse être finalisé. Et, deuxièmement, nous
attendons de la solidarité européenne. Et si, effectivement, il est avéré que
des documents confidentiels ont été transférés par son ministre des Affaires
étrangères au Kremlin, c'est tout simplement intolérable. (…)
C'est une trahison de l'exigence de solidarité qui s'impose entre les pays de
l'Union européenne. Si nous voulons être forts dans un monde où se dressent les
nouveaux empires, alors nous devons être unis et nous devons être solidaires.
Et il nous arrive d'avoir des désaccords entre nous, y compris des désaccords
stratégiques, mais c'est l'unité qui doit prévaloir, sans quoi nous deviendrons
les vassaux, les jouets des empires, ce que nous refusons. (…)
Nous appelons Victor Orbán non seulement à tenir sa parole, mais aussi à faire
respecter le principe de solidarité européenne.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Proposition de loi visant à garantir le bénéfice des prestations
familiales aux enfants placés / Intervention à l’Assemblée nationale] Cette
proposition de loi part d’une intention que nous partageons toutes et tous ici:
faire en sorte que les aides destinées aux enfants soient utilisées dans leur
intérêt par ceux qui en assument la charge.
Cependant, il nous faut être lucides sur les moyens à utiliser pour y parvenir.
L’article 1er de la proposition de loi vise d’abord à ce que
les allocations familiales soient versées au service ou à la personne qui
assurent la charge effective de l’enfant – non seulement l’aide sociale à l’enfance mais
aussi le membre de la famille ou le tiers digne de confiance. Le droit en
vigueur le prévoit certes déjà mais votre disposition permet de clarifier la
situation des proches ou des tiers dignes de confiance. En cela, cette mesure
est pleinement cohérente avec la philosophie que défend le gouvernement,
notamment dans le cadre du projet de loi que nous présenterons mi-mai, en
conseil des ministres, avec Gérald Darmanin.
Ce texte vise précisément à privilégier, chaque fois que possible, un cadre
familial, et à faire appel, chaque fois que possible, à l’entourage de
l’enfant.
Les échanges avec Mme la rapporteure ont permis de lever un certain nombre
de réticences que le gouvernement pouvait avoir concernant la mesure dans sa
rédaction initiale.
L’article 1er supprimait la possibilité pour le juge de
maintenir d’office le versement de ces allocations à la famille et renforçait
l’encadrement de la possibilité d’y déroger. Au contraire, restreindre la
capacité du juge à apprécier ces situations, c’est lui ôter la souplesse dont
il a besoin, dans l’intérêt de l’enfant. Le juge des enfants statue seulement
au regard de la situation de l’enfant, de ce qui le protège, lui apporte de la
stabilité et lui permet de se construire. Par ailleurs, le maintien des
allocations familiales aux parents peut être justifié dans certaines
situations. Je pense aux placements de courte durée, aux placements séquentiels
ou modulaires, aux situations où les parents conservent un droit de visite
élargi, ou encore aux cas où le maintien des allocations permet de préparer le
retour de l’enfant dans sa famille.
Limiter le maintien des allocations familiales aux seuls cas où la charge
matérielle serait strictement partagée entre parents et tiers, c’est risquer de
produire l’effet inverse de celui recherché. Favoriser le retour de l’enfant
dans sa famille, quand c’est possible et souhaitable, suppose de ne pas couper
brutalement les parents de toute ressource liée à l’enfant. Collectivement,
nous ne devons pas perdre de vue cette cohérence.
J’en viens à l’article 2. Dans sa rédaction initiale, il visait à
supprimer le système actuel de consignation de l’allocation de rentrée
scolaire, pour que celle-ci soit versée directement au service ou au tiers qui
accueille l’enfant. Certes, le système actuel fonctionne mal : il est peu
lisible, trop intriqué, il implique de façon confuse un trop grand nombre
d’acteurs et ne bénéficie pas à tous les enfants placés. Cependant, lorsqu’une
famille d’accueil ou un proche assume réellement la charge de l’enfant, et
remplit les conditions de ressources, ils peuvent déjà percevoir l’allocation
de rentrée scolaire. Ensuite, cette allocation serait versée au budget général
du conseil départemental, sans qu’elle puisse être fléchée pour garantir son
usage pour l’enfant.
Il nous faut donc réfléchir, au risque de créer de l’incohérence et de
l’injustice. C’est pourquoi nous travaillons sur l’amélioration du dispositif,
notamment avec la Caisse des dépôts.
Dans l’attente de l’aboutissement de ces travaux, nous avons engagé à l’automne
dernier un travail d’aller vers, pour mieux informer les jeunes concernés et
leur permettre d’accéder à ce qui leur est dû. Ainsi, le nombre de jeunes
majeurs qui ont perçu ces sommes a crû de 45 % entre 2024 et 2025.
Je termine avec l’article 3 qui prévoyait que la part de majoration du
revenu de solidarité active (RSA) pour un enfant confié à l’aide sociale à
l’enfance soit versée directement au service ou au tiers qui prend en charge
l’enfant. Là encore, cette proposition comporte des risques. Elle ne correspond
pas à une demande des départements, dont la charge administrative sera accrue
par ce dispositif. Elle conduit à prendre l’argent à une famille précaire pour
financer une institution politique. Avec ce dispositif, seuls les parents modestes
percevant le RSA contribueraient au financement de l’ASE.
Elle revient enfin sur le principe d’incessibilité et d’insaisissabilité du
RSA.
Nous partageons le diagnostic sur les difficultés de la protection de
l’enfance. C’est pourquoi nous sommes engagés dans sa refondation. Je veux
remercier à nouveau la rapporteure de mettre en lumière les difficultés comme
celles liées à l’allocation de rentrée scolaire qu’il nous faut mieux prendre
en compte. Mais nous ne pouvons pas rigidifier un dispositif qui repose avant
tout sur l’appréciation individualisée et protectrice du juge des enfants.
Nous devons nous rappeler que notre politique de protection de l’enfance doit
préparer l’avenir, restaurer les capacités parentales, reconstruire les liens,
lorsque cela est possible et souhaitable. Pour toutes ces raisons, le
gouvernement soutiendra cette proposition de loi dans son principe, mais sous
la réserve de l’adoption des amendements de la rapporteure sur l’article 1er.
> Au CHU d’Orléans, j’ai annoncé une mesure forte pour les personnels hospitalo-universitaires : la revalorisation des astreintes, avec un plafond porté jusqu’à 500€, afin de mieux reconnaître leur engagement, notamment dans les situations les plus exigeantes. Une enveloppe de 18M€ a été débloquée pour cette revalorisation.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> L'État ne peut plus se contenter de constater sa dépendance, il
doit en sortir. Nous devons nous désensibiliser des outils américains et
reprendre le contrôle de notre destin numérique. Nous ne pouvons plus accepter
que nos données, nos infrastructures et nos décisions stratégiques dépendent de
solutions dont nous ne maîtrisons ni les règles, ni les tarifs, ni les
évolutions, ni les risques. La transition est en marche : nos ministères, nos
opérateurs et nos partenaires industriels s'engagent aujourd'hui dans une
démarche sans précédent pour cartographier nos dépendances et renforcer notre
souveraineté numérique. La souveraineté numérique n'est pas une option.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> 16 400 actes racistes, xénophobes ou antireligieux en 2025. Des écoles
touchées. Des lieux de culte visés. Des Français frappés dans leur dignité. Ce
n'est pas une statistique. C'est une réalité inacceptable. Le racisme n'est pas
un débat. L'antisémitisme n'est pas une opinion. La haine n'est pas une
fatalité. En réponse, ma boussole est claire : l'universalisme républicain. Et
le gouvernement agit. Une politique structurée, financée pour objectiver,
signaler, former, sanctionner. 100 % des élèves policiers et gendarmes formés à
la détection et au traitement des actes discriminatoires. Des agents publics
mieux formés et sensibilisés. 500 000 élèves qui ont visité un lieu de mémoire
parce qu'on ne combat pas ce qu'on ne connaît pas. Une nouvelle phase s'ouvre :
contre la haine en ligne, pour un meilleur signalement, des sanctions plus
effectives, une société civile pleinement mobilisée. Je présenterai le nouveau
plan d'actions en juin. La République ne transige pas avec ceux qui en sapent
les fondements.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Un drame effroyable a frappé cet après-midi un lycée polyvalent à
Ancenis, en Loire-Atlantique. Une lycéenne a été gravement blessée à l’arme
blanche par l’un de ses camarades. J’exprime tout mon soutien à la victime et à
ses proches, ainsi qu’à l’ensemble du personnel de cet établissement, dont je
salue le sang-froid et la réactivité pour avoir maîtrisé l’agresseur. La Nation
tout entière partage la douleur et le choc des familles, des proches et de la
communauté éducative.
> Aucun jeune ne doit rester sans solution à
l'issue de sa formation. C'est l'ambition du Président de la République que
nous concrétisons avec la généralisation d'AvenirPro dans nos 2 200 lycées
professionnels. Ce dispositif, c'est :
- un accompagnement complet des élèves pendant leur dernière année pour
favoriser leur insertion dans le monde professionnel
- un filet de sécurité de 4 mois après l'examen pour ceux qui n'ont pas encore
trouvé leur voie, tout en conservant leur statut scolaire
Ce trait d'union entre l'école et l'entreprise, nous le construisons au plus
près des besoins des territoires, grâce à la coopération de France Travail et
des missions locales.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Un plan d’électrification massif, ambitieux et inédit pour nous prémunir
des crises à venir : le Premier ministre apporte des réponses concrètes aux
Français pour réduire nos dépendances, plus d’emplois et de pouvoir d’achat.
> Personne ne devrait se réjouir de pouvoir continuer à utiliser du plastique dans les cantines scolaires. Le Gouvernement soutient pleinement l’initiative parlementaire qui vise à sécuriser juridiquement cet encadrement indispensable à notre santé.
> Lutte contre les PFAS: agir avec méthode et
transparence pour garantir la santé environnementale des Français. Aujourd’hui
dans les Ardennes pour présenter un projet de circulaire sur l’épandage des
boues
Défini en 2024 le Plan d’action interministériel sur les PFAS structure la
réponse de l'État :
- Connaître les mesures/expositions
- Renforcer la surveillance
- Réduire les risques
- Soutenir l'innovation
- Informer pour agir
Le projet de circulaire présenté aujourd'hui s'inscrit directement dans cette
stratégie. L'objectif est de passer d'une logique curative à une logique
préventive sur la gestion des boues de stations d’épuration afin d'anticiper
les risques de pollution.
Le dispositif prévoit un calendrier progressif :
- Dès 2026 : Mesures systématiques dans les boues des grandes stations.
- Dès 2027 : Élargissement aux petites installations.
Sécurisation : Arrêt de l’épandage en cas de dépassement des seuils de
référence.
Le gouvernement prévoit aussi un accompagnement pour les acteurs locaux :
- Collectivités : +135 millions d'€ pour les agences de l’eau en 2026.
- Agriculteurs : Fonds d’indemnisation de 3,7 millions d'€ mobilisé pour
soutenir les professionnels qui seraient impactés.
Avec une cartographie publique et 3 000 sites industriels déjà sous
surveillance, la France dispose d’un cadre parmi les plus protecteurs au monde.
L'enjeu est clair : agir avec méthode et transparence pour garantir la sécurité
sanitaire de tous les Français.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Aujourd’hui, j’ai rencontré les équipes de RSF, mobilisées depuis 1985
dans la défense de la liberté de la presse. Dans un contexte où les
manipulations de l’information se multiplient, et où les journalistes sont de
plus en plus menacés, l’engagement de RSF est plus indispensable que jamais. Nous
avons notamment échangé sur les réponses à apporter pour défendre la fiabilité
de l’information, le pluralisme et la liberté d’opinion.
> J’ai présidé ce matin la réunion plénière du CNDSI, instance essentielle de dialogue entre l’Etat et les acteurs de la solidarité internationale. Dans un contexte international et budgétaire exigeant, j’ai renouvelé mon soutien aux organisations de la société civile, dont les préoccupations sont légitimes. À l’approche de la réunion des ministres du développement du G7, nous avons échangé sur nos priorités : renouveler l’approche du développement, rendre nos actions plus efficaces, renforcer la résilience de nos partenaires.
> Entretien avec le Directeur de l’Organisation panaméricaine de la santé. Au lendemain du Sommet One Health, cet échange a permis de réaffirmer l’engagement de la France en faveur de la santé mondiale et du multilatéralisme. J’ai rappelé notre soutien concret à l’OPS : mobilisation d’experts sur le terrain, contribution à la lutte contre le paludisme dans la région et dialogue politique renforcé. Nous avons également échangé sur les défis de la gouvernance mondiale en santé, la nécessité d’agir à l’échelle régionale et la situation sanitaire à Cuba. Plus que jamais, la France reste mobilisée pour une action collective, coordonnée et solidaire en faveur de la santé mondiale.
> Entretien avec le Ministre de la Santé et de la Population d’Égypte. Dans le contexte de la crise humanitaire à Gaza, l’Égypte joue un rôle essentiel pour accueillir et soigner les blessés et les malades. La France est pleinement mobilisée à ses côtés : 16 tonnes de matériel médical d’urgence ont été acheminées vers les hôpitaux égyptiens en 2024 et 2025. Nous avons également évoqué le renforcement de notre coopération dans le cadre de l’approche « Une seule santé », ainsi que notre engagement commun en faveur de la francophonie. Enfin, nous avons souligné l’importance de poursuivre nos efforts en matière de couverture santé universelle, portée par l’Agence Française de Développement.
> J’ai participé au Forum « Investir en Afrique »
avec le député. Nous avons échangé sur la place de l’Afrique dans le nouvel
ordre mondial, le continent s’imposant comme un acteur clé des grandes
transformations du 21ème siècle. Renforcer sa place dans la gouvernance
mondiale est aujourd’hui indispensable. La France est pleinement engagée pour
bâtir des partenariats d’égal à égal, fondés sur des bénéfices partagés. La
mobilisation du secteur privé sera essentielle !
Le Sommet Africa Forward, co-organisé avec le Kenya, permettra également
d’avancer concrètement sur des priorités communes : climat, souveraineté
alimentaire, industrialisation verte et intelligence artificielle.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> [Permettre aux salariés de certains établissements et services de
travailler le 1er mai / Intervention à l’Assemblée] Vous allez
examiner une initiative législative venant du Sénat, visant à permettre aux
salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai,
soutenue par le président Hervé Marseille et la sénatrice Annick Billon et
votée le 3 juillet 2025 dans la chambre haute. Soyons clairs,
contrairement à ce que l’on peut entendre, ce texte ne signifie pas la fin du 1er mai
dans notre pays.
J’ai conscience de la signification sociale et historique de ce jour
particulier et de son statut à part dans le code du travail. Vous avez été
nombreux à en rappeler l’origine. Le 1er mai, comme jour
obligatoirement chômé et donc payé, remonte à l’adoption de la journée de huit
heures en avril 1919. C’est une conquête du monde ouvrier, en pleine période
d’industrialisation. Il symbolise les grandes avancées sociales visant à
encadrer les conditions de travail et à donner aux travailleurs une vie digne.
Quand on est ministre du travail et des solidarités, on est attaché à cette
journée de cohésion, d’autant que les défilés des principales confédérations
syndicales du pays qui ont lieu ce jour-là rappellent la vitalité de notre
démocratie sociale.
C’est une fête célébrée dans le monde entier. On parle bien de Journée
internationale des travailleurs. Dans le contexte géopolitique actuel, soyons
sensibles à cette dimension universaliste du 1er mai porteuse
d’espoir pour de nombreux travailleurs, en particulier dans les pays où ils
restent confrontés au travail forcé, au travail des enfants, aux mauvaises
conditions de travail ou à la négation de leurs droits. Je souhaite donc redire
avec force l’attachement du gouvernement au 1er mai, aux
valeurs, aux conquêtes sociales, au symbole qu’il véhicule en France et dans le
monde. Cet attachement est partagé par une grande majorité de ces bancs.
À ceux qui s’inquiètent d’une possible libéralisation du travail le 1er mai,
je réponds qu’il ne s’agit pas de l’intention du gouvernement.
Ce n’est pas celle non plus des sénateurs auteurs de cette proposition de loi ni
des députés qui ont choisi de l’inscrire dans leur journée d’initiative
parlementaire.
Il nous faut trouver un équilibre pour répondre aux inquiétudes des
professionnels qui ne comprennent pas pourquoi ce qu’ils ont fait de manière
consensuelle pendant des années leur est désormais reproché, comme aux
objections des organisations syndicales qui y voient une remise en cause du
caractère férié et chômé du 1er mai. Avec ce texte, vous allez
débattre du besoin légitime de clarifier les possibilités d’employer des
salariés le 1er mai exprimées par de nombreux professionnels,
dont une majorité d’artisans et de petits commerçants. Je pense notamment à la
réaction des boulangers, l’année dernière, devant des contrôles qui
interrogeaient une pratique ancienne et considérée jusqu’à alors comme
consensuelle et d’usage.
L’équilibre de ce texte, c’est celui de la clarification du droit applicable,
pour sécuriser des établissements sur des secteurs très limités, afin de
répondre à des besoins du public s’inscrivant dans la tradition du 1er mai
ou la continuité de la vie sociale.
Pour que le débat soit le plus apaisé possible, calme et constructif, il me
semble utile d’avoir une photographie claire de l’état du droit et des
pratiques en vigueur. D’abord, il existe déjà une dérogation permettant à
certains employeurs de faire appel à leurs salariés le 1er mai,
dès lors que l’activité de leur établissement ne peut être interrompue. Les
salariés concernés reçoivent comme contrepartie une rémunération doublée, il
est donc erroné de dire qu’aucun salarié ne travaille le 1er mai.
Je pense aux salariés de droit privé qui contribuent à des missions
essentielles de service public dans le transport de voyageurs ou dans les
établissements sanitaires et médico-sociaux.
On l’imagine également pour les activités d’hébergement ou de restauration.
Tout le monde comprend que, même le 1er mai, il est nécessaire
d’assurer la continuité de la vie sociale et économique du pays et de nos
services publics. Ce principe a justifié qu’un nombre très restreint de
professionnels fassent appel à leurs salariés ce jour-là. Pour la plupart, ce
sont des entreprises de proximité, où nos concitoyens vont acheter leur pain ou
du muguet. Au total, dans l’hypothèse où tous les employeurs concernés
décideraient de faire travailler leurs salariés ce jour-là et que tous ces
salariés seraient volontaires, cela représenterait moins de 2 % des
salariés.
Longtemps, ces professionnels ont bénéficié d’une forme de tolérance
consensuelle – je veux insister sur ce point – tant de la
part des représentants des salariés que de celle de l’administration qui
considérait, dans les années 1980, que les établissements bénéficiaient d’une
dérogation de fait.
Toutefois, la Cour de cassation a remis en cause cette doctrine de
l’administration en 2006, en précisant qu’il n’existait pas de base légale
permettant, de droit, à des catégories d’établissements de bénéficier d’une
dérogation au principe du repos du 1er mai. Le juge a été
clair : le 1er mai n’est pas un dimanche, si bien que les
règles de dérogation de droit pour le repos dominical ne s’appliquent pas.
Depuis, artisans et entreprises de proximité, qui employaient des salariés ce
jour-là parce que leur activité participe à la continuité de la vie sociale et
économique de notre pays, sont placés dans une forme d’insécurité juridique. La
justification au cas par cas que permet le code du travail, outre qu’elle ne
nécessite pas le recours au volontariat, soulève des questions. Je saisis donc
l’incompréhension des employeurs, mais aussi celle des salariés concernés, qui
attendent que nous soyons clairs. Si la proposition de loi permet de répondre à
cette attente, elle ne changera pas les pratiques passées, d’autant qu’elle
impose le consentement du salarié pour les établissements des secteurs visés de
manière limitative par le texte. Ce recueil du consentement devra être effectué
sur une base annuelle.
Il appartient au gouvernement de prendre l’engagement, si cette proposition de
loi est adoptée, que le décret d’application s’inscrira dans le cadre des
critères limitatifs fixés par la loi. Le ministère du travail, dans le décret,
veillera à avoir une lecture stricte des secteurs concernés au plus proche des
pratiques actuelles.
Le gouvernement n’a pas l’intention de permettre aux hypermarchés, par exemple,
de faire travailler leurs salariés le 1er mai. Le contenu du
décret sera présenté aux partenaires sociaux en amont de la publication et nous
ferons le maximum pour avoir un cadre sécurisé d’ici au 1er mai.
Cette position rejoint celle des commissions des affaires sociales de
l’Assemblée nationale et du Sénat.
Pour conclure, le gouvernement n’entend pas revenir sur l’acquis du 1er mai
chômé pour l’immense majorité des salariés de notre pays, pas plus que les
auteurs de cette proposition de loi.
Ce texte encadre strictement, mais clairement, les conditions dans lesquelles
certains établissements et services peuvent, à titre dérogatoire, faire appel à
leurs salariés le 1er mai. Il ne s’agit en aucun cas de
remettre en cause le caractère férié et chômé de cette journée, mais de
reconnaître la spécificité de certaines activités à l’instar de celles des
boulangeries ou des fleuristes. En conséquence, le gouvernement s’en remettra à
la sagesse de l’Assemblée nationale pour examiner ce texte de façon apaisée et
responsable et recommande de le voter de manière conforme pour accompagner la
mise en cohérence de notre droit et donner ainsi un cadre juridique clair et
sécurisé pour le 1er mai 2026. J’ai la conviction que ce cadre
protège les droits sociaux des travailleurs et préserve le symbole que
représente la fête des travailleurs dans notre histoire. Ce texte ne signifie
en aucun cas la fin du 1er mai et ne constitue pas davantage
une attaque délibérée contre les droits sociaux dans notre pays, contrairement
à ce que certains ici cherchent à faire croire aux Françaises et aux Français.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Face à la hausse des coûts liés à la crise au Moyen-Orient, le
Gouvernement renforce son soutien aux agriculteurs les plus touchés. J’annonce
aujourd’hui la prise en charge exceptionnelle des cotisations sociales
agricoles à hauteur de 20 millions d’euros. Comme je m’y suis engagée, les
agriculteurs ne traverseront pas seuls ces difficultés.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Confiance en soi, CV, entretiens... l'insertion professionnelle, ça se
prépare ! Et nous y aidons nos élèves de la Voie professionnelle.
Je me suis rendu aujourd'hui au lycée Lycée La Tournelle – La Garenne-Colombes à
la rencontre des équipes et des élèves. Un lycée engagé de longue date,
notamment avec le dispositif P-tech.
Ce lycée forme chaque année des jeunes aux métiers dont nos entreprises ont
besoin, dans l’industrie (notamment en cybersécurité) comme dans le secteur
tertiaire (bravo aux élèves de terminale bac pro métiers de l'accueil !). Pour
mieux préparer leur insertion professionnelle, ces élèves bénéficient depuis
trois ans d’AvenirPro, un parcours renforcé en partenariat avec France Travail et
l’ Union nationale des missions locales.
Ateliers collectifs, échanges individuels et rencontres avec des professionnels
favorisent leur insertion sur le marché du travail.
La convention signée aujourd’hui généralise cette ambition à tous les lycées
professionnels et l’ancre dans un partenariat durable, au plus près des
réalités de chaque territoire.
Permettre une véritable insertion professionnelle à l'issue des études, c'est
aussi cela, la voie pro.
> Séminaire des médiateurs : chaque jour, la
médiatrice de l'éducation nationale et les médiateurs académiques contribuent à
la qualité du service public d’éducation.
Dans une société où le dialogue est parfois fragilisé, ils écoutent,
expliquent, apaisent, proposent des solutions et retissent le lien entre
l'institution et ceux de ses personnels ou des familles qui les saisissent.
Désormais, une déléguée à la protection des enfants à l’Ecole agit chaque jour
auprès de la médiatrice de l’éducation nationale. Elle pourra s’appuyer sur
l'expertise de ces médiateurs académiques.
J'ai souhaité échanger aujourd'hui avec eux à l'occasion de leur séminaire de
formation annuel, et les remercier pour leur engagement quotidien. Pour les
élèves, les familles et les personnels. Pour l'École.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> À Lyon, ministres, chercheurs et organisations internationales venus de
nombreux pays réunis pour le sommet OneHealth. Un constat partagé : les crises
sanitaires, environnementales et alimentaires sont liées. Réponse : une
convergence entre pays, disciplines, des sciences biologiques aux sciences
sociales, et décideurs. Science, coopération et données au cœur de l’action.
Anne Le Henanff (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique chargée de l’Intelligence artificielle et du
Numérique)
> La souveraineté numérique n'est pas une option, c'est une nécessité
stratégique. L'Europe doit se doter des moyens de ses ambitions, et la France
montre l'exemple en accélérant la bascule vers des solutions souveraines,
interopérables et durables. En réduisant nos dépendances à des solutions
extra-européennes, l'État envoie un message clair : celui d'une puissance
publique qui reprend la main sur ses choix technologiques au service de sa
souveraineté numérique.
> [Proposition de loi visant à instaurer une
procédure simplifiée de recouvrement des créances commerciales incontestées /
Intervention à l’Assemblée] La présente proposition de loi s’inscrit dans une
dynamique que le gouvernement assume et promeut : celle de la
simplification du droit, de la modernisation de l’action publique et de la
justice.
Le texte répond à des attentes anciennes du monde économique et des professions
du droit, auxquelles il nous faut rapidement répondre en instaurant une
procédure simplifiée de recouvrement des créances commerciales incontestées.
Je souhaite remercier les sénateurs qui ont adopté à l’unanimité le texte le
29 janvier dernier, démontrant ainsi le caractère consensuel des
dispositions prévues, et en particulier le sénateur François Patriat, à
l’initiative de cette proposition de loi à laquelle le gouvernement apporte un
soutien clair et sincère.
L’objectif est simple : faciliter le recouvrement des créances impayées
mais incontestées en instaurant une procédure rapide, déjudiciarisée et
sécurisée qui permette la délivrance d’un titre exécutoire sans mobilisation
inutile du juge. Il s’agit de répondre à une difficulté bien identifiée du
monde économique, à savoir les retards de paiement et les impayés qui
fragilisent la trésorerie des entreprises, en particulier les très petites,
petites et moyennes entreprises (TPE-PME), et qui constituent l’un des facteurs
récurrents de défaillance économique.
Il s’agit également de répondre à une attente ancienne de plusieurs
professionnels du droit, notamment les commissaires de justice, qui ont
souligné les limites pratiques de la procédure d’injonction de payer, jugée
trop lente, comme de la procédure simplifiée de recouvrement des petites
créances, qui reste peu utilisée.
La proposition de loi apporte une réponse ciblée, pragmatique et proportionnée
à ces constats. Elle comporte, à mes yeux, trois enjeux majeurs.
Le premier est économique. Les impayés commerciaux, qui représentent une perte
de trésorerie évaluée à 15 milliards d’euros en 2024, ont des conséquences
très concrètes sur la vie des entreprises : tensions de trésorerie,
ralentissement de l’investissement ou encore fragilisation de l’emploi.
Dans un contexte économique encore marqué par des incertitudes, offrir aux
entreprises un outil de recouvrement plus rapide et plus efficace, lorsqu’il
n’existe aucune contestation des créances, est un levier de sécurisation de
l’activité. Ce texte contribue ainsi à l’amélioration du climat des affaires, à
la prévisibilité des relations commerciales et à la confiance entre les acteurs
économiques.
Le deuxième enjeu est celui de la modernisation de la justice. Il ne s’agit pas
de dessaisir la justice de ses missions essentielles, mais de réserver
l’intervention du juge aux situations où elle est réellement nécessaire,
c’est-à-dire là où il existe un litige, une contestation ou une difficulté
d’interprétation. C’est un retour au bon sens posé par l’adage de minimis
non curat praetor – pour
le dire avec les mots d’aujourd’hui : on ne dérange pas le juge pour des
broutilles.
Lorsque la créance est incontestée et que le débiteur ne s’y oppose pas, on a
du mal à comprendre pourquoi les acteurs économiques se voient imposer un
parcours procédural lent et lourd, lequel contribue à l’embolisation notre
justice, qui doit pourtant être un service public plus performant au service
des justiciables.
Le troisième et dernier enjeu est celui de la sécurité juridique. Cette
simplification ne peut se concevoir sans garanties solides. La procédure
proposée doit être respectueuse des droits de chacun et clairement encadrée
dans ses conditions comme dans ses effets. Sur ce point, le travail de la
commission des lois a été déterminant ; je tiens à le saluer. La version
votée par le Sénat permet plusieurs évolutions majeures, telles que le
resserrement du champ d’application aux créances ayant fait l’objet d’une
facturation entre commerçants, qui permet de limiter la procédure à des
créances objectivables et aisément vérifiables, compatibles avec un contrôle
rapide et déjudiciarisé.
Notons également la simplification du schéma procédural, avec la suppression du
circuit – inutilement complexe et coûteux – de
délivrance du titre exécutoire par le commissaire de justice en cas d’accord
entre les parties, ainsi que la clarification du rôle du greffier, dont le
contrôle est désormais strictement limité à la vérification de la régularité de
la procédure.
Ces évolutions traduisent une volonté commune : aller vite et soutenir nos
entreprises tout en restant juste. Le gouvernement considère que cette
proposition de loi constitue une avancée utile, pragmatique et équilibrée. Elle
répond à un besoin économique réel, s’inscrit dans une démarche assumée de
modernisation de la justice et repose sur des garanties juridiques solides.
Nous restons donc très favorables à cette initiative sénatoriale.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Visite ce matin du champion européen des constellations satellitaire Eutelsat.
La France est déterminée à soutenir cet acteur clé de notre autonomie
stratégique. Futur pilier du programme spatial IRIS2, Eutelsat incarne une
ambition portée activement par la France: bâtir une Europe toujours plus
tournée vers l'avenir, et plus souveraine dans le domaine spatial.
> IA, quantique, spatial : l’innovation est la clé
de la souveraineté face aux États-Unis et la Chine. Voilà ce que la France
porte au niveau européen pour soutenir nos starts ups:
- Créer le 28e régime de droit des sociétés, simple, ambitieux pour permettre
aux PME, ETI et start-ups qui le souhaitent de passer à l’échelle européenne ;
- Alléger massivement la charge administrative qui étouffe nos entreprises à
travers les textes de simplification;
- Assumer clairement la préférence européenne dans la commande publique ;
- Investir massivement dans les secteurs stratégiques dans le cadre du prochain
budget européen: défense, IA, quantique, spatial, clean tech ;
- Approfondir le marché intérieur européen avec l’union pour l’épargne et
l’investissement ;
Grâce aux financements de France 2030 et Horizon Europe en soutien à des
acteurs comme Mistral AI et aux super-calculateurs, nous avons commencé à bâtir
une vraie politique pour un cloud souverain; nous ne devons pas subir.
L’Europe doit protéger, investir et assumer sa puissance dans ce nouvel ordre
mondial.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Le Premier ministre a dévoilé les grands axes du plan
d’électrification de la France et un doublement des moyens : c’est une
excellente nouvelle. Accélérer l’électrification, c’est renforcer notre
souveraineté, sortir de notre dépendance aux énergies fossiles qui viennent de
Russie ou des États-Unis, protéger le pouvoir d’achat face aux crises au
Moyen-Orient et agir concrètement pour limiter le dérèglement climatique. Avec
10 milliards d’euros par an d’ici 2030, le signal est fort. Des moyens qui
doivent bénéficier de manière prioritaire aux ménages qui en ont le plus
besoin, notamment en ruralité.
> Je salue le plan d’électrification annoncé par EDF. Avec 240 millions d’euros investis dans l’électrification des usages, c’est de l’argent directement injecté pour accompagner les ménages, les transporteurs et les industriels dans la transition énergétique. C’est un signal fort qui donne un coup d’accélérateur à la sortie des énergies fossiles, tout en renforçant notre souveraineté énergétique et en soutenant notre pouvoir d’achat. Oui, l’électrification est un levier clé de la transition écologique. Mais EDF montre aujourd’hui qu’elle peut aussi être une opportunité industrielle pour la France.
Marc Ferracci (député)
> Belfort, février 2022 : la France a changé de cap énergétique. Depuis ce
discours du président Emmanuel Macron, une conviction s’impose : notre
souveraineté énergétique passe par une stratégie claire et assumée.
Sortir de notre dépendance aux énergies fossiles, c’est avancer sur deux jambes
: le nucléaire, avec 6 nouveaux réacteurs déjà actés et potentiellement jusqu’à
14 au total.
Les énergies renouvelables, indispensables dès maintenant.
Car soyons lucides : les premiers nouveaux réacteurs ne seront opérationnels
qu’à partir de 2038. D’ici là, pour passer de 450 à 650 TWh de production
d’électricité d’ici 2035, nous avons besoin d’un relais solide.
Ce relais, ce sont les renouvelables. Opposer les deux n’a pas de sens. Les
articuler, c’est garantir notre indépendance, notre compétitivité et notre
avenir énergétique.
> Voiture électrique : la peur de la panne n’a plus lieu d’être. En 2020, 30 000 bornes de recharge. Aujourd’hui, 160 000. Demain, près de 400 000 d’ici 2030.
Et des millions de points de recharge chez les particuliers. Oui, il faut encore accélérer, notamment dans les copropriétés. Mais une chose est claire : les infrastructures suivent, et les coûts baissent. Rouler électrique devient facile, plus accessible et plus économique.
Prisca Thevenot (députée)
> 20.000 boulangers et fleuristes demandent à travailler le 1er mai. Avec Gabriel
Attal nous voulons leur donner enfin cette possibilité : volontariat et mieux
payé. La gauche préfère ignorer le terrain. Respecter le 1er mai n’empêche pas
de corriger des règles absurdes.
Marie Lebec (députée)
> Le 1er mai, on peut acheter du pain industriel, mais pas celui de
l’artisan-boulanger. Le 1er mai, on peut acheter un brin de muguet sur la voie
publique, mais pas chez son fleuriste. Les représentants de ces professions
souhaitent pouvoir ouvrir avec des salariés volontaires. Les Français veulent
pouvoir se rendre dans ces commerces de proximité le 1er mai. Mais des
responsables politiques et syndicalistes ne le veulent pas...
> Obstruction, suspensions en série, rappels au règlement… et même une chorale à l’Assemblée ce matin ! Face aux manœuvres ridicules de la gauche, nous sommes restés déterminés : respecter ceux qui veulent travailler le 1er mai et avancer sans céder aux provocations.
Paul Midy (député)
> Bonne nouvelle pour tous salariés des boulangers et fleuristes qui
veulent pouvoir travailler le 1er mai ! Le vote de ce matin permet de faire
avancer notre proposition de loi pour permettre son entrée en vigueur dès le
1er mai 2026.
Olga Givernet (députée)
> 20.000 boulangers et fleuristes souhaitent travailler le 1er mai. Nos
députés les soutiennent avec :
- Le volontariat
- La rémunération doublée
- Le repos compensatoire
Face à l’obstruction des oppositions, nous prenons nos responsabilités.
> Le cessez-le-feu en Iran fait redescendre le prix à la pompe. Bien. Mais ce choc nous rappelle une réalité : la France dépend encore à 60 % des énergies fossiles importées. PPE3, électrification, nucléaire : ce ne sont pas des options. Ce sont des urgences.
Constance Le Grip (députée)
> En commission des Affaires étrangères ce matin, après avoir donné un
avis favorable à la prochaine nomination de Christophe Lecourtier comme
Directeur Général de l'AFD, nous avons échangé sur la dramatique situation au
Liban. J'ai rappelé que c'est le Hezbollah qui a déclenché des frappes contre
Israël, entraînant le malheureux peuple libanais dans une guerre qu'il ne
voulait pas. J'ai salué les paroles courageuses du Président Aoun, appelant au
désarmement du Hezbollah. Ce qui est le vrai enjeu. J'ai tenu à réaffirmer que
la riposte israélienne massive, qui a déjà provoqué la mort de plus de 1500
Libanais et en a déplacé 1 million, porte atteinte à la souveraineté et à
l'intégrité territoriale du Liban, un pays frère de la France. Et, comme le
Président Macron, j'appelle à un dialogue entre Israël et le Liban, et au
cessez-le-feu.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Nos députés ont voté contre la motion de rejet sur la proposition de loi
concernant le 1er mai, déposée par ses propres auteurs. Nous soutenons ce texte
et nous voulions en débattre. Or, il a été confisqué par deux fois : d’abord et
avant tout par l’obstruction de LFI, mais aussi par ce détournement du
Règlement qui ne grandit personne. Nous dénonçons les méthodes de LFI depuis le
premier jour. L’obstruction est insupportable : c'est l’inverse du débat
démocratique. Nous ne tomberons pas dans le piège qui nous est tendu par les
extrêmes, celui de nous abaisser à leurs méthodes. Sinon toutes les digues
céderont.
> Le MoDem ne se fait pas « chèrement payer ». Simplement parce que nous ne sommes pas à vendre. Ni nos idées, ni notre indépendance. Rien. Notre vocation est de défendre un projet humaniste, démocrate et européen respectant nos valeurs. C'est ce que nous faisons avec François Bayrou. Nous continuerons à le faire avec lui en 2027 et bien au-delà.
Erwan Balanant (député)
> [Commission d'enquête sur l'audiovisuel public] C'est un gâchis intégral. Les
questions autour de l'importance de l'audiovisuel et de son fonctionnement sont
légitimes. Mais la façon dont cela a été mené est catastrophique. Aucun des
vrais sujets n'a été abordé. Pour le rapporteur, cela tournait toujours autour
d'un sujet : cela coûte trop cher. C'est une question légitime mais je pourrais
aussi expliquer le contraire et que cela rapporte énormément. (…)
Les questions autour de ce qu'est une information, de ce que peut être la
différence entre l'information de l'audiovisuel public et l'information des
médias privés, pourquoi nous avons une régulation, etc., n'ont pas vraiment été
abordées.
(...)
Cette commission a connu plusieurs
dérapages parce que le rapporteur
a énormément de pouvoirs. Je le sais, je l'ai moi-même été sur d'autres sujets.
Et si vous ne prenez pas garde, vous pouvez très vite faire des abus de
pouvoir. C'est ce qu'il a fait. Au-delà, même, en prononçant des mensonges.
Charles Alloncle [extrême-droite] a détourné la réalité. Un rapporteur doit
respecter une éthique et une déontologie. Il ne l'a pas fait. (…)
J'assume encore aujourd'hui de démonter son rapport et les idées mortifères
qu'il va sans doute proposer. J'assume aussi d'être une personne avec un peu
d'affect, de sensibilité et de garder la possibilité parfois de m'énerver.
● Parti radical
> Proposition de loi sur le travail le 1er mai : un texte de
clarification
Alors que la proposition de loi visant à autoriser certains salariés à
travailler le 1er mai sur la base du volontariat devait être
débattue à l’Assemblée nationale ce jour, le grand nombre d’amendements déposés
par les oppositions ont contraint au vote par les députés d’une motion de rejet
préalable. Le Parti radical dénonce cette obstruction. La proposition de loi
devrait être examinée en commission mixte paritaire la semaine prochaine.
Le Parti radical rappelle son attachement à la symbolique du 1er
mai, célébrant les conquêtes sociales des travailleurs.
La proposition de loi visant à clarifier le type d’établissements pouvant
proposer à leurs salariés, sur la base du volontariat, d’avoir une activité
salariée, représente une occasion de circonscrire les secteurs concernés et de
protéger les travailleurs du risque d’élargissement à d’autres secteurs.
Au-delà des établissements qui, d’ores et déjà fonctionnent en continuité le 1er
mai (santé, sécurité, tourisme…), le Parti radical soutient la volonté
d’exercer des commerçants, entrepreneurs et artisans pour lesquels l’activité
du 1er mai est « naturelle », voire primordiale : petits
commerces de bouche, boulangeries, fleuristes et activités de divertissement
(cinéma, théâtre…). « Cette proposition permet de supprimer le flou dans
lequel certains commerçants proposent habituellement leurs services à la
population, tout en limitant les secteurs et le type d’établissements habilités »,
précise Sylvie Roisné, secrétaire nationale du Parti radical à la croissance
économique, emploi, pouvoir d’achat.
> Mettre fin au « devoir conjugal » n’est
pas une option. C’est une nécessité républicaine !
Depuis trop longtemps, une ambiguïté juridique persiste dans notre droit.
Sous couvert de tradition ou d’interprétation, l’idée qu’un époux pourrait être
tenu à des relations sexuelles n’a jamais été clairement écartée. Cette zone
grise est indigne d’un État de droit. Elle entretient, en silence, l’idée qu’un
engagement matrimonial pourrait emporter une forme de disponibilité du corps.
« Cette conception est inacceptable. Elle est contraire à la liberté
individuelle, à l’égalité entre les femmes et les hommes, et au principe
fondamental selon lequel nul ne dispose du corps d’autrui. » indique Patricia
FIDI, Secrétaire nationale chargée de la famille au Parti radical.
Répondant à cette clarification nécessaire de notre droit, et conformément
à la décision de la Cour européenne des droits de l’homme du 23 janvier 2025
qui précise que sanctionner l’absence de relations sexuelles dans le couple
constitue une atteinte au droit au respect de la vie privée, l’Assemblée
nationale a adopté en janvier dernier à l’unanimité une proposition de loi
visant à mettre fin au devoir conjugal.
Or, la commission des lois du Sénat, en modifiant le texte des députés, a
choisi de reculer : le remplacement de la notion de « relations sexuelles » par
celle de « relations intimes » ou la suppression de l’article précisant que le
refus ou l’absence de relations sexuelles ne peut constituer une faute, n’est
pas une nuance. C’est un affaiblissement. C’est introduire de l’imprécision là
où la loi doit protéger sans ambiguïté.
C’est pourquoi les Sénateurs radicaux défendront jeudi prochain les
amendements rétablissant la version initiale de l’Assemblée nationale.
« Quand la loi hésite à protéger, elle expose. Maintenir une ambiguïté sur
le devoir conjugal, c’est accepter qu’une contrainte puisse subsister là où
seule la liberté doit prévaloir. La République ne peut pas transiger avec la
dignité et les droits fondamentaux des femmes » précise la sénatrice Nathalie Delattre,
présidente du Parti radical.
> Alsace-Grand Est : la bonne question, la
mauvaise méthode
L’Assemblée nationale examine aujourd’hui la proposition de loi Klinkert,
visant à doter la Collectivité européenne d’Alsace des compétences d’un
département et d’une région, la détachant de fait de la région Grand-Est.
Adoptée en commission des lois le 30 mars, elle arrive en séance sans étude
d’impact et sans concertation formelle avec les collectivités concernées et
avec, inscrite dans le texte lui-même, une taxe pour financer la transition.
Il y a dix ans, la création de nouvelles régions était imposée par le même
législateur, avec la même précipitation, la même absence de dialogue. Ce texte
entend corriger une erreur de méthode par une nouvelle erreur de méthode.
« On ne réforme pas les territoires contre eux ou sans
eux. On les réforme avec eux, par la concertation, le dialogue et dans la durée »
précise Samuel Roullé, secrétaire national du Parti radical aux institutions et
à l’autonomie des territoires.
Le Parti radical, attaché historiquement à des régions fortes et défenseur
de l’autonomie des territoires, privilégie une réflexion globale sur les
évolutions territoriales et appelle à une véritable République décentralisée,
avec une répartition claire et lisible des compétences, des ressources propres
stables et des libertés locales accrues.
Nathalie Delattre (présidente)
> Fière que le Sénat ait adopté la loi mettant fin au « devoir conjugal
». J’ai cosigné l’amendement du groupe RDSE qui rétablit un texte conforme à
celui voté à l’unanimité par l’Assemblée nationale et aligné sur la décision de
la Cour européenne des droits de l’homme du 23/01/25.
Il y avait urgence à lever une ambiguïté juridique indigne d’un État de droit,
qui laissait encore planer l’idée qu’un engagement matrimonial pouvait emporter
une forme de « disponibilité du corps ».
En affirmant que le refus ou l’absence de relations sexuelles ne peut
constituer une faute, nous faisons le choix de la clarté et de la protection.
Quand la loi hésite à protéger, elle expose. Maintenir une ambiguïté sur le
devoir conjugal, c’était accepter qu’une contrainte puisse subsister là où
seule la liberté doit prévaloir. La République ne peut pas transiger avec la
dignité, les droits et les libertés des femmes.
> Aux côtés de Véronique Lesvignes, maire de
Loupes, et d’Axel Dumas, président exécutif du groupe Hermès, pour
l’inauguration de la 25ᵉ maroquinerie française.
Après le premier atelier girondin implanté à Saint-Vincent-de-Paul, ce nouveau
site formera et emploiera à terme 260 artisans, avec une fabrication intégrale
de A à Z.
Oui, on peut produire en France.
Oui, on peut créer des emplois qualifiés et durables.
Oui, on peut faire vivre nos territoires par les métiers d’art.
Ces implantations structurent de véritables écosystèmes locaux, renforcent
notre souveraineté économique & redonnent des perspectives à nos bassins de
vie. Soutenir l’industrie, la formation & l’ancrage local, c’est faire le
choix du travail bien fait & de la France qui produit.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> [Hongrie] Il est étrange qu'un vice-président de la Commission européenne
ne puisse pas commenter les élections, alors que le vice-président américain le
peut.
> Avec le Président du gouvernement espagnol nous avons discuté :
- de la décarbonation comme stratégie économique et de résilience
- du besoin de réduire nos dépendances tout en restant un continent ouvert
> Avec ses outils pour évaluer la qualité des investissements étrangers, ses mesures de décarbonation et le “made in Europe” de son plan auto, l’Espagne est à l’avant-garde de la souveraineté industrielle européenne.
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Cette semaine, j'étais à Rabat, au Maroc, pour rencontrer des partenaires
du mouvement libéral africain.
Je suis ici car, dans un monde en constante évolution, la résilience et l'innovation sont essentielles. Bâtir des partenariats libéraux solides à travers les continents nous aide à défendre les valeurs démocratiques. Nous devons promouvoir des sociétés ouvertes et offrir de réelles opportunités à nos citoyens.
Pour l'Europe, cela signifie aussi devenir plus forte et plus indépendante, tout en restant ouverte, coopérative et engagée auprès de ses partenaires. Une collaboration plus étroite est un élément fondamental de cette vision.
En travaillant ensemble, nous pouvons développer le mouvement libéral et façonner un avenir fondé sur la liberté, la stabilité et une prospérité partagée. Ensemble, nous pouvons lutter contre le changement climatique, combattre le terrorisme et trouver des moyens de contrer la montée du populisme.
Avec Renew Europe, nous sommes le seul groupe à avoir publié un document sur l'importance de cette collaboration. Grâce à cela, nous ouvrons la voie au renforcement des relations UE-Afrique et à leur passage à la vitesse supérieure.
Sandro Gozi (député)
> Le 12 avril en Hongrie oppose deux visions : Europe souveraine ou
soumission à Poutine, Pékin et MAGA. Orbán trahit l’UE, abuse du veto et bloque
notre avenir. Stop à ce sabotage. Réforme des traités, fin de l’unanimité,
défense ferme de la démocratie européenne.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> L'enfant n'est pas l'accessoire des adultes ! Protéger est notre devoir et
se taire face à l’inacceptable, c’est déjà être responsable. Partout où les
prédateurs exercent: obligeons les travailleurs à présenter une attestation
d'honorabilité.

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