samedi 9 juillet 2022

Propos centristes. France – Construire des compromis / Agir contre l’inflation et pour le pouvoir d’achat / Pas de nouveaux impôts / Mesures d’urgence pour l’hôpital / Guerre de Poutine contre l’Ukraine…

Voici une sélection, ce 9 juillet 2022, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

Emmanuel Macron (Président de la République)
> Profondément choqué par l’attaque odieuse dont Shinzo Abe a été victime. Pensées à la famille et aux proches d’un grand Premier ministre. La France se tient aux côtés du peuple japonais.

> Nous voilà face à une situation politique très atypique. (…) Il faudra entendre les oppositions pour travailler ensemble [à l’Assemblée nationale]. (…) Il  faudra construire des majorités de rassemblement.

> Pour construire des compromis, nous devons amener les oppositions à l’esprit de responsabilité. (…) L’important, c’est d’être sur un chemin qui fait sortir des postures vos interlocuteurs et d’être cohérents.

> Si j’ai fondé En marche! et que nous en sommes là, c’est parce que j’ai bâti un projet et une loi avec des femmes et des hommes de droite et de gauche. C’est dans notre ADN. (…) Il faut construire à nouveau ce dépassement.

> Les chantiers devant nous sont immenses. Ils donnent un peu le vertige.

 

Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Elisabeth Borne (Première ministre)
> En ces temps difficiles, nous restons mobilisés pour les Français. Quatre millions de Français ont bénéficié des primes exceptionnelles de pouvoir d'achat en 2021. Nous allons permettre aux entreprises de tripler le plafond de ces primes.

> [Déclaration de politique générale à l’Assemblée] C’est un moment important pour donner le cap du quinquennat. J’ai dit aux parlementaires, notamment aux groupes d’opposition, notre volonté de travailler ensemble, de construire les bons compromis pour pouvoir continuer à faire avancer le pays. C’est vraiment le message que je veux passer aux Français : ce n’est pas parce qu’on a une majorité relative qu’on ne va pas agir.

> On voit qu’il y a des groupes [à l’Assemblée nationale] qui sont ouverts au dialogue, qui ne veulent, ni une coalition ni un accord de gouvernement, mais qui nous ont dit qu’ils étaient d’accord pour travailler texte par texte. C’est ce qu’on va faire. Effectivement, aux deux extrêmes de l’hémicycle, on a des groupes qui étaient dans l’invective, dans la posture et ce n’est pas avec eux que l’on compte construire. Ce qui laisse un large arc républicain au sein de l’Assemblée avec lequel je suis déterminée à travailler, notamment car des sujets ne peuvent attendre.

> On doit absolument continuer à agir pour les Français. Chacun doit être responsable, conscient de la situation dans laquelle on est, avec une volonté d’avancer car les Français attendent des actes pas des postures.

> [Comment peut-on réconcilier les Français] D’abord en arrêtant de les diviser. Certaines forces politiques consacrent leur énergie, leurs prises de parole à marquer nos différences plutôt ce qui nous rassemble. On a un pays qui a fait preuve d’une capacité de rebond, de résistance face aux crises, qui est extraordinaire. On a protégé les Français dans la crise, on a protégé les entreprises et les emplois, notre pays a tenu. Les soignants ont tenu, les enseignants ont tenu, les commerçants ont tenu. Notre économie est repartie. Elle a la plus forte croissance en 2021 de la zone euro. On a le taux de chômage le plus bas depuis 15 ans, il y a des emplois à pourvoir… notre pays est dynamique. Je connais les difficultés des Français mais c’est aussi important de montrer ce qu’on a su faire et ce qu’on va pouvoir faire, ensemble, pour les rassembler.

> Une partie importante des Français ne croient plus en la politique et ne pensent pas que leur vote à une élection peut avoir un impact sur leur vie. Il est très important qu’on puisse changer ça, parce que la guerre aux portes de l’Europe nous montre à quel point la démocratie, et la paix sont fragiles et précieuses. Il faut démontrer aux Français qu’on peut concrètement changer leur vie, faire avancer le pays, répondre à leurs difficultés. C’est le sens de ce que je veux faire.

> Dans les prochaines semaines et dans les prochains mois, les Français verront quels groupes parlementaires prennent leurs responsabilités, qui travaillent ensemble pour faire avancer le pays et quels sont les groupes dans la posture, parfois, dans des manifestations très bruyantes. Je pense que c’est important que les Français le voient.

> La guerre en Ukraine a un impact très concret sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens. Très tôt, le précédent gouvernement avait pris des mesures fortes. Ce projet de loi prolonge un certain nombre de mesures tels que le bouclier tarifaire sur le gaz et l’électricité et apporte des mesures complémentaires : baisse de charges sur les indépendants, triplement de la prime Macron, revalorisation des retraites et des prestations sociales, indemnité carburant pour les travailleurs. Contrairement à l’automne dernier, ce n’est pas uniquement la flambée des prix de l’énergie, nous faisons face à une inflation qui touche des produits de première nécessité, pouvant mettre en difficulté les Français modestes.

> Les économistes pensent qu’on est aujourd’hui dans un pic d’inflation. Il y a la guerre en Ukraine et il y a eu dans le même temps une désorganisation des productions en Chine avec des confinements. Cette guerre désorganise des chaînes d’approvisionnement, crée des tensions, des pénuries sur un certain nombre de produits. Elle se traduit par une flambée des prix. Je pense qu’il y a un consensus pour dire que l’inflation devrait commencer à baisser à partir de début 2023. C’est dans ce contexte-là qu’on prend des mesures assez générales, mais qui ont vocation à être limitées dans le temps. Et puis, on va passer progressivement à des mesures plus ciblées et davantage pérennes.

> Le «quoi qu’il en coûte», ça a permis à notre pays de rebondir et que si on ne l’avait pas fait, je suis convaincue qu’on aurait dû dépenser 2 à 3 fois plus pour réparer les difficultés qui seraient apparues. On aurait eu des défaillances d’entreprises, une explosion du nombre de demandeurs d’emploi… C’était, dans le contexte du Covid19, ce qu’il fallait faire pour notre pays. Et aujourd’hui, les dépenses qui sont liées à ce projet de loi pouvoir d’achat sont très largement temporaires. On retrouvera ensuite le niveau de dépenses habituelles. J’ajoute qu’elles sont financées par un certain nombre d’économies. Je note que les oppositions oublient qu’au début du quinquennat, avant la crise sanitaire, la France était sortie pour la première fois depuis des années, de la procédure de déficit excessif et que ces mêmes oppositions nous proposent des suppressions de taxes sur des énergies fossiles qui coûtent entre 35 à 40 milliards d’euros par an.

> Quand je dis qu’on va chercher à trouver des accords sur les textes ou sur des parties de textes, ça ne veut pas dire qu’on est prêt à renoncer aux axes structurants qu’on porte : l’équilibre des finances publiques, le plein-emploi, la transition écologique ou l’égalité des chances.

> Je rappelle que le Smic a été revalorisé et il le sera sans doute à nouveau à la rentrée, compte tenu de l’inflation. Il y a aussi la prime d’activité qu’on a augmentée de 90 € dans le précédent quinquennat, donc beaucoup de salariés qui sont au Smic ne sont pas loin de ces 1 500 €. Mais par ailleurs, augmenter le coût du travail entraîne des destructions d’emplois, je pense que ça n’est pas comme ça qu’on peut améliorer la situation des Français. Nous n’irons pas sur ces propositions.

> Je n’ai pas encore vu les propositions de la Nupes, mais je ne suis pas sûre qu’ils veuillent même rechercher des convergences avec les propositions du Gouvernement, si j’en crois leur propos d’hier. Nous allons poursuivre le travail avec les groupes de l’arc républicain, à gauche comme à droite. J’entends parler d’allégements de charges sur les heures supplémentaires, regardons, mais regardons aussi les montants concernés. Il faut dire la vérité aux Français : il n’y a pas d’argent magique. Nous devons tenir et préparer l’avenir. On ne peut pas laisser une dette insoutenable à nos enfants. Il faut poursuivre sur une trajectoire responsable en matière de finances publiques.

> Nous voulons continuer à encourager le travail. La revalorisation de la prime d’activité, le triplement de la prime Macron, l’indemnité carburants pour les travailleurs concernent aussi les Français de la classe moyenne.

> [«Radicalité » en matière d’environnement] J’ai utilisé cette expression parce que certains nous accusent d’être dans une politique des petits pas, alors que c’est la France, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, qui a rallié les pays européens à l’objectif de neutralité carbone en 2050 et de baisse des émissions de gaz à effet de serre de 50% à horizon 2030. Les transformations que cela implique sont radicales. Nous sommes déterminés à tenir ces trajectoires. Tous les secteurs d’activité seront concernés. La façon dont nous nous déplaçons, nous nous logeons, notre façon de consommer, le fonctionnement de nos entreprises… Rien que la sortie du tout jetable et du plastique à usage unique a des implications considérables. Nous devons accompagner les entreprises, les territoires et les citoyens dans ces changements extrêmement profonds.

> Nous voulons apporter des solutions aux Françaises et aux Français pour qu’ils puissent s’engager pleinement dans la transition écologique. Qu’ils aient accès à des modes de déplacement moins carbonés ou qu’ils aient la possibilité d’isoler leur logement. Nous allons continuer à soutenir le développement des transports en commun. Nous avons investi énormément dans le ferroviaire, en relançant des petites lignes, les trains de nuit, le fret ferroviaire… S’agissant des entreprises, la moitié des investissements prévus dans France 2030 sont consacrés à la décarbonation de notre économie. Nous allons promouvoir des nouvelles technologies, innovantes et décarbonées.

> Nous devrons élaborer une nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie, avec une stratégie nationale bas carbone. C’est un document de planification qui fixe des objectifs précis de réduction des émissions de gaz à effet de serre à chaque secteur. Sa préparation, à partir de l’automne prochain, sera précédée de débats, de consultations, de concertations avec les Français et toutes les forces vives du pays.

> La place que mon gouvernement accorde à la Transition écologique est clairement marquée par le fait que je suis personnellement en charge de la planification écologique. C’est la première fois que la Première ministre à une telle responsabilité. Sur la place de l’écologie dans le gouvernement, je pense que les choses sont claires. Il est vrai que l’ordre protocolaire tient aussi compte du parcours du ministre. Amélie de Montchalin était ministre depuis plusieurs années. Je peux toutefois vous assurer que ça n’empêchera pas Christophe Béchu d’agir.

> Les collectivités locales ont la responsabilité des politiques de mobilité, d’aménagement d’habitat, de gestion des déchets… Donc beaucoup de leviers en main. Plusieurs sont déjà en pointe en la matière, et peuvent servir de référence aux autres. Il faut travailler de manière différenciée avec elles, leur redonner des marges de manœuvre, en passant contrat avec elles.

> Il faut qu’on tire les enseignements des années passées. On a vu pendant la crise Covid19 à quel point, quand l’État et les collectivités travaillent main dans la main, on peut tout surmonter. Je suis persuadée que nous relèverons les défis à venir ensemble.

> L’épidémie de la covid19 est repartie, avec plus de 150.000 cas recensés mercredi 6 juillet, mais elle n’a qu’un impact très limité sur l’hôpital pour le moment, et c’est cela qui est important. Nous n’envisageons pas de reprendre les outils de contraintes mis en œuvre lors des vagues précédentes. Mais il faut que chacun fasse preuve de responsabilité. Les Français connaissent parfaitement les mesures qui permettent de se protéger face au virus. Il faut porter le masque dans les transports en commun, ou lorsque l’on participe à des rassemblements dans des espaces fermés. Les vacances vont démarrer. Je le dis aux plus de 60 ans, les grands-parents qui vont retrouver les petits-enfants et la famille : il faut faire votre deuxième rappel.

> [Covid19] Je pense que nous sommes un pays responsable. Tout le monde a les bonnes informations. Une loi sur le sujet est en cours d’examen à l’Assemblée, de façon à maintenir les dispositifs techniques de suivi de l’épidémie et de pouvoir réactiver le passe sanitaire aux frontières si un nouveau variant apparaissait dans certains pays mais cette loi ne prévoit ni obligation du port du masque ni passe sanitaire sur notre territoire.

>Nous allons apporter des solutions de court terme [en faveur de l’hôpital]. Nous les avons présentées vendredi dernier, au terme de la mission confiée au Dr François Braun. L’impératif est d’éviter de saturer les urgences en rappelant aux Français qu’il faut d’abord appeler le 15. Ce numéro permet d’être orienté vers la bonne réponse en fonction de sa situation. On peut y joindre un médecin qui apporte des conseils, qui apprécie dans l’échange qu’il a avec vous s’il faut un soin immédiat ou s’il peut vous aider à prendre un rendez-vous dans les jours qui viennent. Nous voulons aussi mobiliser tous les professionnels de santé. Nous élargissons, par exemple, les actes que les pharmaciens peuvent faire, par exemple un renouvellement d’ordonnance.
Nous mobilisons toutes les ressources pour, effectivement, avoir la meilleure offre de soins possibles. Pour cet été, nous facilitons ainsi les démarches pour que des médecins retraités puissent reprendre une activité. (…)
Les bonnes réponses doivent être construites dans les territoires, entre les élus, les professionnels de santé, les représentants des patients. C’est dans chaque territoire que se trouvent les bonnes réponses.
Cette concertation sert, je le répète, à trouver des bonnes organisations, en attendant que la suppression du numerus clausus, décidée en 2018, produise ses effets. Ce n’est pas à Paris que nous allons pouvoir trouver les bonnes réponses à apporter aux personnels soignants sur l’articulation entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle, sur les freins que nous pouvons peut lever, par exemple en termes de garde d’enfants.
Nous allons aussi travailler sur d’autres mesures. Nous voulons, par exemple, recruter 50 000 infirmiers, infirmières, aides-soignants et aides-soignantes pour les Ephad. Il va falloir continuer à travailler sur l’attractivité de ces métiers. Nous voulons aussi continuer à développer la télémédecine qui est une réponse bien adaptée aux territoires où les médecins spécialistes ne sont pas forcément en proximité.

> Nous avons vu, ces derniers mois, de nombreux soignants renoncer à leur métier. Nous devons donc redonner du sens au travail en particulier à l’hôpital. Nous souhaitons absolument arrêter cette hémorragie de départs. Nous sommes déterminés à faire ce travail, en proximité toujours, territoire par territoire.

> Le discours de vérité, c’est de dire aux Français, en effet, qu’il ne va pas y avoir demain matin des médecins supplémentaires en grand nombre. Il nous faudra à peu près dix ans pour constater les effets de la levée du numérus clausus décidé en 2018. Mais nous sommes déterminés à offrir des soins de qualité, en trouvant des solutions innovantes et territoriales comme celle qui consiste à donner un référent santé à chaque Français.

> [Prévention] C’est vraiment un enjeu majeur. Évidemment, on peut soigner, et il faut soigner. Mais il faut aussi prévenir. Si nous remettons davantage de sport à l’école, si nous encourageons les mobilités actives, si nous agissons sur la qualité de l’air, si nous voulons permettre à tous les Français d’accéder à une alimentation de qualité, c’est aussi pour se préparer à avoir une meilleure santé demain.

> Je suis très fière de diriger une équipe composée à la fois de ministres expérimentés ; de députés qui se sont engagés tout au long du quinquennat précédent ; d’élus locaux connaissant, en proximité, ce que vivent des Français ; de personnes de la société civile sur les sujets aussi complexes que la santé et la solidarité.

> Damien Abad était empêché d’exercer sa mission. Je pense que c’est bien qu’il puisse se défendre sereinement. Dans le cas de Chrysoula Zacharopoulou, nous sommes sur un sujet totalement différent portant sur la façon dont sont pratiqués des actes médicaux. C’est un sujet qui concerne beaucoup de soignants. Je souhaite donc qu’on mette les choses à plat. J’ai saisi le Conseil consultatif national d’éthique pour voir comment on peut bien appréhender cette question. On ne peut pas tout mélanger.
La manière dont peuvent être reçus les actes médicaux par les patients est un sujet extrêmement complexe. Je pense que c’est très important de saisir le Conseil national d’éthique, pour être éclairé sur ces sujets.

> [Femme première ministre] C’est quelque chose qu’il avait déjà en tête lors du précédent quinquennat. Le sentiment que l’Histoire s’était arrêtée à Édith Cresson avait quelque chose de choquant pour nous toutes. Symboliquement, c’est important que cette fonction soit incarnée par des hommes et des femmes. 

> C’est normal quand on est nommée à Matignon d’être critiquée par tous ceux qui auraient pu s’y voir. Cela montre aussi qu’il reste une forme de machisme en politique. La parité a progressé, mais je ne pense pas qu’il faille considérer que le sujet est derrière nous. Le débat pour me qualifier de « techno »–« pas techno » est assez surréaliste. Les Français attendent de leurs responsables politiques qu’ils soient à l’écoute, qu’ils soient engagés et qu’ils aient des résultats. 

> [Lutte contre le machisme en politique] Ça progresse, mais ça reste quand même dans l’intérêt des hommes de commencer par écarter la moitié de l’humanité, de sortir du jeu la moitié des concurrents. 

> Chacun a sa façon d’exercer ses responsabilités. Mais oui, d’expérience, les femmes sont plus à l’écoute que ne peuvent l’être les hommes, qui sont parfois un peu plus autocentrés.

> J’ai demandé à ce que l’on dise « Madame la Première ministre », et il a fallu insister pour que le changement soit fait sur tous les supports, jusqu’aux blocs-notes. Les appellations sont masculines parce que, pendant des années, elles ont concerné des hommes. Les temps changent. Dire « Madame le directeur général », ça me paraît insensé. 

> Il est essentiel que la parole des femmes se libère, et qu’elles portent plainte. Il est aussi essentiel que la définition et la recherche des responsabilités soient le travail de la justice. Il y a un devoir d’exemplarité des responsables politiques, et en même temps c’est la justice qui doit pouvoir se prononcer et ne pas en rester à des témoignages anonymes par voie de presse. Après, un certain nombre de témoignages méritent d’être pris en compte.

> Il faut que chacun porte l’exemplarité mais il faut aussi être attentifs à ce que ce soit la justice qui se prononce. Hors du gouvernement, Damien Abad pourra se défendre et la justice pourra faire son travail sereinement.

> De façon générale, je pense que l’on n’attend pas simplement des hommes politiques ou des responsables qu’ils ne soient pas pénalement répréhensibles. On attend d’eux qu’ils soient exemplaires. Il faut que chacun prenne conscience que le monde a changé, et heureusement. Y compris dans le champ de ce qui n’est pas pénalement répréhensible, il y a des comportements que l’on n’a pas envie de voir.

> Qu’il y ait des femmes qui ressortent d’examens médicaux en ayant souffert et avec le sentiment de ne pas avoir été respectées, c’est grave, et il faut bien sûr traiter le sujet. Mais j’entends aussi un certain nombre de médecins qui se sont exprimés pour dire qu’il fallait faire attention aux mots employés, notamment au terme de viol. Là encore, je ne me prononcerai pas sur ce cas précis. Mais il est très important, lorsqu’il y a des examens intrusifs, de prendre le temps de recueillir le consentement. (…)
Les patientes attendent que l’on puisse leur expliquer quels sont les examens pratiqués, dans quel intérêt… Mais aussi que l’on recueille leur consentement. C’est pour ça que j’ai saisi le Comité consultatif national d’éthique, pour nous éclairer sur le sujet. Il faut être attentif à ce que des jeunes femmes ne vivent pas les examens médicaux de cette façon.

> Il est important d’acter que l’IVG est un droit fondamental. Récemment, lors d’un déplacement dans un Planning familial, des jeunes femmes m’ont dit une phrase très juste : « Ce n’est pas quand la maison brûle que l’on se demande si on a pris une assurance. » On connaît la décision prise par la Cour suprême américaine. Il faut prendre ça comme un avertissement sévère. Dans le même temps, on voit des régressions au sein même de l’Europe, en Hongrie, en Pologne, où l’extrême droite revient sur des choses qui paraissaient acquises. Il faut se dire que rien ne l’est définitivement, et c’est le bon moment pour inscrire ce droit fondamental, qui a sa place dans notre Constitution comme dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. 

> L’émancipation économique [des femmes] en entraîne beaucoup d’autres. Au-delà de l’égalité salariale, qui devrait exister depuis longtemps, il s’agit d’accompagner les femmes pour sortir des stéréotypes de genre. Le monde actuel fait qu’il y a un besoin de soutien particulier afin que les jeunes femmes s’orientent vers les métiers scientifiques et techniques, mais aussi pour qu’elles prennent des responsabilités. 

> Je crois beaucoup au mentorat. Vous n’imaginez pas à quel point la relation aux responsabilités reste différente entre la plupart des femmes et la plupart des hommes. Quand vous cherchez un responsable, un dirigeant d’une entreprise publique, vous recevez vingt-cinq noms de messieurs qui s’y voient très bien. Il y a d’ailleurs souvent un décalage entre leur perception de leur capacité et de la réalité mais passons… Et vous appelez une femme qui vous répond : « Ah non, mais dans tel domaine, je ne suis pas la plus compétente. » On a absolument besoin de leur apporter un soutien.

> C’est ce que l’on fait quand on introduit des quotas de femmes parmi les cadres dirigeants. Il faut donner un coup de pouce pour rééquilibrer les choses. Je suis pour les quotas, il ne faut pas hésiter. 

> Au ministère du Travail, il y avait plus de femmes que d’hommes dans mon équipe. Évidemment que je fais attention ! Des équipes trop genrées nuisent à la richesse de la vision.

> Mon parcours personnel a été rude. Quand, petite fille, vous perdez votre papa dans des circonstances difficiles, vous cherchez des repères. Vous avez l’impression de vivre dans un monde absurde. Les mathématiques ont été structurantes et rassurantes. Beaucoup de choses sont à améliorer dans notre pays. Mais le fait que vous soyez fille d’immigré, que vous perdiez votre père jeune, que vous vous retrouviez avec votre mère sans ressources, et que vous puissiez être aidée pour faire des études, accéder à des responsabilités, préfète, pédégère, cela veut dire qu’il y a des choses qui sont formidables dans notre pays. Mon souhait est de renforcer l’égalité des chances. C’est mon combat. Je suis infiniment reconnaissante à mon pays de m’avoir permis cela.

> Il y a beaucoup de jeunes très inquiets, notamment au sujet des dérèglements climatiques. Ils sont convaincus que l’on n’en fait pas assez, qu’il faut agir davantage, et c’est vrai. Mais attention à ne pas verser dans l’angoisse et le désespoir. On se doit de les convaincre que nous sommes déterminés à préparer une planète vivable. En même temps, cette jeunesse a une énergie que ma génération n’avait pas. Ceux qui créent des start-up, qui innovent… vous dites « Waouh ! » J’espère que les jeunes continuent à voir tout ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise.

> Pour que les Français aillent bien, il faut que la France aille bien. Que l’on se dise d’abord que l’on appartient à la même nation, et que nous voulons nous engager les uns et les autres en apportant quelque chose à notre pays. Que l’on est dans un pays qui reconnaît chacun dans la communauté nationale, avec nos différences. Mais l’on ne bâtit pas uniquement en cherchant les différences. Nous avons beaucoup de choses à partager ensemble. Je suis totalement universaliste.

> Pour une justice plus accessible, compréhensible et rapide, une concertation inédite et inspirante entre citoyens et professionnels a permis la remise du rapport des États généraux de la justice. Avec Eric Dupond-Moretti, nous serons attentifs à la mise en œuvre des mesures proposées.

 

Bruno Le Maire (ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et Numérique)
> Je garantis aux Français qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts. Bien au contraire, nous continuons à les baisser : fin de la redevance audiovisuelle, fin de la suppression de la taxe d’habitation, poursuite de la baisse des impôts de production.

> Nous sommes aujourd’hui au cœur du pic d’inflation. Il est juste et nécessaire d’aider les Français qui en ont le plus besoin et ceux qui utilisent leur voiture pour aller travailler. C’est tout l’objectif de ce paquet pouvoir d’achat.

 

Gérald Darmanin (ministre de l’Intérieur et des Outre-mer)
> Nous n’avons certes pas de majorité absolue, mais le devoir absolu d’agir. Il faut écouter ce que nous ont dit les Français : ils ont réélu le président de la République et ils ont voulu une Assemblée nationale qui le soutienne, mais avec la culture du compromis. Cela ne veut pas dire la culture de l’inaction. La première ministre [Elisabeth Borne] a une phrase très mesurée. Elle a dit : « La majorité dans la confiance, cela se construit. » C’est en discutant avec les oppositions, texte par texte, que l’on y arrivera.

> Mercredi, la cheffe du gouvernement a tendu la main à deux reprises aux oppositions, lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale, puis au Sénat. En face, j’ai entendu Marine Le Pen du Rassemblement national (RN) et Mathilde Panot de La France insoumise (LFI), répondre par l’insulte. Mais d’autres patrons de groupe, en dehors de la majorité, ont dit vouloir que le pays avance. C’est le cas de celui des députés Les Républicains (LR) Olivier Marleix. Idem au Sénat avec le centriste Hervé Marseille, Bruno Retailleau (LR), et même Patrick Kanner du Parti socialiste (PS). En dehors des deux extrêmes, la réaction des partis de gouvernement laisse donc présager que l’on peut trouver des compromis. Laissons donc du temps au temps, comme disait le président Mitterrand.

> Comme il ne serait ni souhaitable ni acceptable de faire des alliances avec le RN et LFI, nous devons trouver un compromis avec les partis de gouvernement. Il en existe à droite et à gauche. Parce que si leurs électeurs n’ont sans doute pas fait le choix de la majorité présidentielle aux législatives, ils n’ont pas non plus fait le choix du blocage. Avec eux, il y a la possibilité de discuter de plein de sujets sur lesquels nous pouvons trouver des accords. Quand je propose d’augmenter les effectifs de police, par exemple, je ne pense pas qu’un député de la gauche républicaine ou de la droite républicaine soit contre. Et il nous faut constater que les LR sont plus nombreux à l’Assemblée et qu’ils ont la majorité au Sénat.
L’important, dans le moment politique, c’est de montrer à l’opinion que le gouvernement a entendu avec humilité le résultat des urnes et qu’il tend la main aux oppositions. Devant des propositions de progrès économique, social, régalien ou écologique, le bon sens doit être accompagné par le Parlement, dans une culture de compromis. Si nos textes ne sont pas acceptés ou que l’on nous renvoie des crachats, tout le monde constatera que le blocage viendra de l’opposition, dans une forme de revanche malsaine.

> Si dès le début, alors même que l’on n’a pas encore discuté un seul texte, la première ministre avait dit aux oppositions « c’est ça ou je m’en vais », cela nous aurait sans doute fait entrer dans un rapport de force inutile et un peu arrogant ! Beaucoup de gouvernements ont été dans cette situation de majorité relative et cela ne les a pas empêchés de faire voter des grandes avancées politiques, économiques ou institutionnelles.

> Les Français sont un peuple très politique qui sait ce qu’il fait. En donnant une majorité au président de la République, mais sans lui donner une majorité absolue, il a donné un signe qui consiste à corriger, sans doute, un certain nombre de choses programmatiques, de comportements que nous avons eus.
J’ai toujours dit que l’on devait avoir, comme Emmanuel Macron nous l’a demandé, davantage de pâte humaine et de contact dans notre politique. On s’était, à l’époque, moqué de moi lorsqu’il y a deux ans j’avais dit : « Il faut plus de bistrots et moins de visio. »
Il est important que l’empathie et la compréhension soient aussi fortes que la raison et la technique. N’être que dans l’émotion, c’est démagogique. Mais n’être que dans la rationalité, c’est parfois être éloigné de ce qui fait le principal de la politique, c’est-à-dire les gens.
Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen parlent aux tripes. Dans la majorité, nous devons aussi parler aux tripes des Français, mais différemment. Eux divisent et exploitent les peurs. Nous, nous devons être dans l’émotion positive, l’empathie, l’écoute… C’est ça la politique. Le président de la République le fait très bien. Si les partis de gouvernement ne le font pas, cela laissera un champ immense aux extrêmes et préparera une alternance populiste dans le pays.

> Il y a cinq ans, j’ai quitté ma famille politique parce que j’étais scandalisé qu’elle ne soit pas capable de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Ce n’est pas pour finalement dire aujourd’hui que l’on peut discuter avec les élus du Front national, voter avec eux et accepter la normalisation de Marine Le Pen. Si nous faisons ça, si nous acceptons que le RN est un parti comme les autres, alors nous n’aurons plus d’arguments politiques pour empêcher une alternance populiste.

 Il est très important que les digues soient claires entre les partis qui ont une culture républicaine et ceux qui n’en ont pas.

> Entre l’une qui considère que les étrangers seraient intrinsèquement mauvais et l’autre qui dit que « la police tue », on voit bien que l’extrême droite et l’extrême gauche sont dangereuses toutes les deux. D’ailleurs, les extrêmes se rejoignent électoralement. Il suffit de regarder les cartes électorales, où l’on constate la porosité de leur électorat. Ou leur absence de vote pour les candidats républicains, au sens large du terme. Très franchement, l’intervention de Mathilde Panot, mercredi, à l’Assemblée nationale, valait, dans l’outrance, celle de Marine Le Pen.

> Sous Lionel Jospin déjà, les outre-mer étaient associés à l’intérieur. Etre rattaché au ministre de l’intérieur, qui est le ministère de la solidarité territoriale, du cœur battant de la République, permet aux territoires ultramarins de retrouver un ministère avec un poids politique important. Ils pourront ainsi obtenir plus de moyens.

> Il y aura, l’année prochaine, dans le projet de loi de finances pour 2023, une augmentation de 1,25 milliard d’euros pour le ministère de l’intérieur, en plus du budget alloué aux outre-mer et aux collectivités locales. C’est une avancée absolument considérable, mais, en contrepartie, le ministère doit se moderniser. C’est ce que nous faisons : en deux ans, 4 000 policiers et gendarmes ont été remis sur la voie publique grâce au remplacement par du personnel civil. Nous tiendrons la promesse du président de doubler les forces sur le terrain en dix ans.
Nous allons aussi créer 200 nouvelles brigades de gendarmerie, onze unités de forces mobiles et 3 500 assistants d’enquête – des personnels civils qui vont accomplir une partie du travail procédural réalisé aujourd’hui par les effectifs de terrain : accueillir un avocat, remplir tel document…
Et puis il y a le cyber, qui a totalement transformé la délinquance. Sur 15 milliards d’euros prévus par la Lopmi, plus de la moitié sera consacrée au numérique. Toutes ces mesures seront présentées dès la rentrée.

> Nous sommes prêts à discuter, à amender et à trouver des compromis avec les LR, les centristes et même une partie de la gauche, sans dénaturer le projet. Nous sommes prêts à reprendre un certain nombre de propositions comme la loi anticasseurs de Bruno Retailleau (LR) ou, en matière d’immigration, à réfléchir aux conclusions de l’excellent rapport Buffet (LR), voté à l’unanimité au Sénat.
Aujourd’hui, un étranger qui a commis des actes graves n’est pas expulsable dès lors qu’il remplit certaines conditions, comme une arrivée sur le territoire national avant l’âge de 13 ans. Je vais être explicite : nous voulons permettre l’expulsion de tout étranger reconnu coupable d’un acte grave par la justice, quelle que soit sa condition de présence sur le territoire national. Je pense que c’est quelque chose qui correspond au programme régalien que le président a présenté aux Français.
Nous en sommes d’ailleurs à 2 761 étrangers avec un casier judiciaire expulsés depuis que je suis ministre de l’intérieur, dont 60 % sortaient de prison. C’est une multiplication par cinq des chiffres des années précédentes. En six mois, on a augmenté de 27 % les éloignements : nous en sommes à près de 7 000. La fermeté est là.

> Il faut encore améliorer un certain nombre de choses dans le suivi de l’intégration et de l’accueil, mais, quelle que soit sa couleur de peau, sa religion, son pays d’origine, un étranger qui ne respecte pas la République doit être expulsé. Nous considérons les étrangers pour ce qu’ils font, et pas pour ce qu’ils sont, contrairement au RN.

> [Suivi du rapatriement des femmes et des enfants de djihadistes depuis la zone irako-syrienne] D’abord, les enfants font l’objet de fortes mesures d’accompagnement adaptées. Les adultes rapatriés, eux, sont placés en détention et présentés à des magistrats dès leur arrivée sur le sol national. Quant à leur suivi, et sans entrer dans le détail, je peux vous garantir que des moyens supplémentaires très importants sont alloués à la DGSI [Direction générale de la sécurité intérieure] par le ministère de l’intérieur, à la demande du chef de l’Etat.

> [Placer tous les services de police de chaque département sous l’autorité d’un chef unique] Cette grande réforme voulue déjà par Pierre Joxe était en panne depuis trente ans. Elle est désormais lancée et aboutira en 2023. Je suis prêt à continuer à écouter et à modifier un certain nombre de choses, mais il est temps que la police nationale arrête de travailler en silo, avec un chef différent pour les CRS, la PJ ou la sécurité publique dans chaque département… Un seul responsable, ce sera plus simple pour les élus, pour le préfet, dans les rapports entre police et gendarmerie, et un meilleur service public rendu. Cela nous permettra aussi de mutualiser un certain nombre de moyens. Mais il y aura toujours en France une grande police judiciaire ; loin de tuer Clemenceau, qui l’a fondée, nous la modernisons.

> La question de la succession du président de la République, tout juste réélu, n’est absolument pas à l’ordre du jour. Mon énergie est entièrement tournée vers la réussite de son quinquennat parce que ce sera notre réussite collective. Dans la majorité, personne ne pourra réussir en 2027 si le président de la République n’a pas lui-même réussi son quinquennat. Ni ses anciens premiers ministres, ni ses anciens ministres, ni ses anciens parlementaires. Chacun le sait.

> Il y a une exigence de moralité et d’exemplarité de plus en plus forte, qui est tout à fait compréhensible. Cependant, je pense qu’il est extrêmement délicat de ne pas, en même temps, être profondément attaché à l’idée qu’il y a une présomption d’innocence, fondement de notre Etat de droit, que la justice se rend dans les tribunaux.
Il se peut, parfois, qu’il y ait des gens qui soient accusés à tort. Dominique Baudis  est la démonstration que l’emballement médiatico-moral n’est pas toujours gage de procès équitable. On doit peser avec équilibre, l’exemplarité et la présomption d’innocence. Sinon c’est le tribunal médiatique, de la rue et de Twitter, qui l’emporte. Et je ne suis pas sûr que ce soit une avancée démocratique.

 

Catherine Colonna (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Tribune: Le G20 ne peut pas laisser la Russie prendre en otage l’économie mondiale]
Le G20 est à la croisée des chemins. L’un de ses membres, la Russie, a violé de manière flagrante les valeurs fondamentales qui sous-tendent le système multilatéral bâti après la Seconde Guerre mondiale.
L’esprit de coopération entre les membres du G20 repose sur une idée simple : il est toujours possible de régler nos différends par la coopération et le dialogue, voire par la concurrence, plutôt que par l’emploi de la force.
Le G20 a été créé en 2008, pas au 19e siècle. Il n’appartient pas à ces temps anciens où la raison du plus fort dictait sa loi et où les puissances pouvaient défendre leurs intérêts en conquérant de nouveaux territoires par la force et en déniant le droit d’exister à leurs voisins. Le G20 est fermement attaché au droit international et à l’intégrité territoriale, à la défense de la paix, à la protection des droits de l’Homme, et à la préservation de la sécurité et de l’état de droit.
Pour la plupart des membres du G20, la Russie a perdu toute légitimité en tant que membre de ce groupe, lorsque le Président Vladimir Poutine a pris la décision de violer les frontières de l’Ukraine. Cela ne changera pas tant que ce pays continuera ses attaques délibérées contre un État souverain et ses civils : le comportement de l’armée russe nous ramène à l’une des périodes les plus sombres de l’histoire, celle des viols, des exécutions sommaires et d’autres crimes de guerre.
Le G20 ne peut pas détourner le regard de la guerre en Ukraine pour une autre raison essentielle : celle-ci a des répercussions sur l’économie mondiale qui nous concernent tous et qui pourraient entraîner une récession mondiale et un recul considérable dans nos efforts de lutte contre la pauvreté si nous n’agissions pas.
Les chefs d’État et de gouvernement du G20 se sont réunis en 2008 parce que l’effondrement des marchés financiers rendait nécessaire la coordination des mesures de riposte. Une dizaine d’années plus tard, la pandémie de covid19 a montré aux grandes économies du monde non seulement qu’elles avaient réellement besoin de coopérer pour lutter contre le virus (personne n’est à l’abri tant que tout le monde ne l’est pas), mais aussi qu’elles devaient moderniser leur stratégie macro-économique pour garantir la résilience et la sécurité de leurs chaînes de valeur.
Au cours des vingt dernières années, il est apparu clairement aux États qu’ils devaient renforcer de toute urgence leur coopération pour remédier aux défaillances du marché. L’économie mondiale est de plus en plus sujette à des chocs, les risques climatiques constituant la menace la plus importante, et le G20 doit y faire face pour que la mondialisation demeure soutenable.
La guerre d’agression contre l’Ukraine est un nouveau choc pour l’économie mondiale. Tous les indicateurs sont au rouge. Depuis le 24 février, le prix des matières premières flambe, faisant peser sur des millions de personnes la menace de la famine, l’inflation est en hausse partout et les conditions de financement se durcissent, faisant peser un fardeau disproportionné sur les économies en développement. La responsabilité en incombe exclusivement à la Russie.
Les répercussions mondiales de la guerre en Ukraine ont entraîné un changement de paradigme qui constitue un défi sans précédent à relever par le G20, le Président Poutine ayant décidé de se servir comme d’une arme de l’accès à l’alimentation et à l’énergie comme jamais auparavant.
La Russie prend la population mondiale en otage en bloquant les exportations de céréales ukrainiennes. Non seulement la Russie vole des céréales dans les territoires ukrainiens occupés et détruit volontairement les infrastructures agricoles, mais elle s’est lancée dans une « diplomatie du blé » qui risque de déstabiliser les pays vulnérables en raison de sa stratégie économique coercitive, quel qu’en soit le prix humain.
Il en va de même pour les exportations énergétiques : la Russie fait le choix de créer des pénuries artificielles d’’approvisionnement afin de provoquer une envolée des prix pour que le Président Poutine puisse alimenter son trésor de guerre.
Le G20 ne peut pas se taire. Il doit agir rapidement. Il n’est dans l’intérêt d’aucune économie du G20 de tolérer la prise en otage des chaînes de valeur mondiales par la Russie.
En premier lieu, le G20 ne peut pas décider de continuer comme si de rien n’était. Il ne s’agit pas de créer des divisions, mais de préserver le système multilatéral et l’économie mondiale face à la stratégie unilatérale de la Russie. Le G20 doit exhorter la Russie à mettre fin au conflit et à retirer ses troupes immédiatement. Il s’agit purement et simplement de respecter le droit international, comme l’a rappelé la Cour internationale de justice.
En deuxième lieu, le G20 doit lutter contre la désinformation et bâtir sa réponse sur des évaluations objectives et vérifiées des situations, et non sur la propagande. Ainsi, ce ne sont pas les pays européens, ou d’autres pays, qui ont mis le grenier du monde à feu et à sang par leurs sanctions, qui ne concernent ni les produits alimentaires, ni les intrants agricoles, mais bien la Russie, par ses attaques multiples et délibérées contre les infrastructures agricoles, comme les silos à grain, et son blocus des ports ukrainiens sur la mer Noire.
En troisième lieu, le monde a besoin que le G20 remédie aux défaillances du marché découlant des tensions et des incertitudes provoquées par la guerre de la Russie. Le G20 doit adopter des comportements responsables et transparents conformes aux engagements pris dans le cadre de l’OMC, notamment s’abstenir d’ériger des obstacles inutiles au commerce et lutter contre les comportements spéculatifs : nous ne pouvons permettre aucun profit de guerre.
L’OPEP+ a un rôle déterminant à jouer à cet égard pour préserver la stabilité et la transparence du marché de l’énergie.
En quatrième lieu, le G20 doit se montrer réellement solidaire. Compte tenu du durcissement des conditions de financement, le G20 doit continuer de renforcer l’appui financier aux pays les plus vulnérables qui ne doivent pas payer le prix d’une guerre injuste.
Soyons clair : c’est la crédibilité du G20 qui est en jeu aujourd’hui. Nous avons toute confiance dans l’autorité de l’Indonésie, l’une des plus grandes démocraties du monde, en ce moment historique. L’Indonésie peut compter sur la France et ses partenaires pour que le Sommet de Bali marque une étape décisive en faveur de la paix, de la stabilité et du rétablissement de la confiance dans la coopération mondiale.

 

Sébastien Lecornu (ministre des Armées)
> Devant les députés , j’ai rappelé nos engagements :
- Confirmation de la hausse du budget des Armées : en 2023, c’est 3Mds € de plus ;
- Renforcement de notre système industriel et technologique ;

- Hausse du point d’indice de 3,5% pour nos militaires.

 

Olivier Dussopt (ministre du Travail, du Plein emploi et de l'Insertion)
> Nous avons présenté en Conseil des ministres le projet de loi pouvoir d’achat. Cette période de forte inflation appelle un effort inédit du gouvernement afin que les Français puissent continuer à vivre dignement de leur travail.
Cette priorité se traduit notamment par :
- La revalorisation anticipée de la prime d’activité
- La création d’une prime pérenne de partage de la valeur
- La facilitation des dispositifs d’intéressement
- La baisse des charges sociales des travailleurs indépendants à revenus modestes
- Des possibilités renforcées de restructuration des branches dont les minima sont durablement inférieurs au SMIC.

> Notre ambition est de mieux accompagner les jeunes et les actifs dans leurs transitions et particulierement les plus fragiles d'entre eux.

> Je réunissais aujourd’hui le Comité de suivi de la négociation salariale de branches. Notre objectif est d’avancer avec les partenaires sociaux, dans le cadre de la négociation collective, pour résorber totalement les situations de minima de branche inférieurs au SMIC.

 

Pap Ndiaye (ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse)
> [Maternelles] Créer les conditions d’une première scolarisation réussie et donner à chaque élève le désir d’apprendre est essentiel.

 

Sylvie Retailleau (ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche)
> Le pouvoir d'achat est la priorité des Français. C'est aussi une préoccupation pour nos étudiants. Pour vous accompagner dans cette période économique marquée par l'inflation, le Gouvernement déploie des mesures fortes, dont certaines spécifiquement dédiées aux étudiants.
- Les bourses sur critères sociaux seront revalorisées de 4% dès la rentrée 2022. C’est une hausse historique, qui s’ajoute aux revalorisations de 3,3% décidées lors du précédent quinquennat.
- L’aide exceptionnelle de solidarité de 100€ sera versée aux étudiants : boursiers, bénéficiaires de l’aide CNOUS, bénéficiaires des APL
- Le repas à
1€ pour les étudiants précaires sera maintenu toute l’année universitaire 2022-2023 ! Depuis 2020, près de 32 millions de repas à 1€ ont été servis par les CROUS. Cela représente un gain de près de 100€/mois.
Ces trois mesures exceptionnelles viennent compléter les mesures de soutien et de protection déjà annoncées :
- Gel des droits d’inscription à l’université et des loyers dans les résidences des CROUS
- Extension du PassSport aux étudiants boursiers.

 

Marc Fesneau (ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire)
> L’augmentation des prix agricoles est le produit de la crise en Ukraine. Ce n’est pas une inflation d’emballement du moteur économique, c’est une inflation importée, principalement par la hausse du coût de l’énergie.

> il faut construire le prix à partir du coût producteur, et non pas du prix distributeur. Sur les promotions, on peut aller jusqu’à 34%, or la grande distribution n’est qu’à 21% dans la plupart des cas. Donc ils ont des marges, ils peuvent prendre leur part dans l’effort. On ne peut pas revenir sur des dizaines d’années où, à la fin, c’est l’agriculteur ou le producteur qui ne trouvait pas sa marge.

> [Chèque alimentaire] Cela paraît simple de le mettre en place, mais c’est techniquement compliqué, et il faut se demander: pour quels types de produits?

> La volonté, c’est d’agir sur tous les leviers qui permettent de tracer une perspective. Dans les 10 ans qui viennent, 60% des agriculteurs vont pouvoir partir à la retraite (autour de 200 000 personnes). La rémunération est un premier élément. Deuxième élément, on a à travailler sur un modèle qui permet de mieux intégrer les jeunes qui n’ont pas de parents agriculteurs. (…) On a un enseignement agricole qui est formidable, très spécifique à la France, qui doit accompagner pour le métier mais aussi dans les grandes transitions qui sont à l’œuvre.

> [Utilisation des néonicotinoïdes sur les betteraves sucrières] On a décidé d’une dérogation parce que nous étions dans une impasse technique, on a donné trois ans pour trouver une alternative nationale. On a trois ans de dérogation, jusqu’en 2023. On aura une troisième année d’expérimentation, j’ai bon espoir qu’on puisse s’en sortir puisque c’est la volonté des agriculteurs et la nôtre.

 

Christophe Béchu (ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires)
> La rénovation urbaine est un levier pour la transition écologique. Maîtrise de l’étalement urbain, désimperméabilisation, réutilisation de matériaux pour bâtir des quartiers qui répondent à l’urgence sociale et environnementale : une méthode qui fait ses preuves.

 

Agnès Pannier-Runacher (ministre de la Transition énergétique)
> En nationalisant EDF, nous ne faisons pas une opération financière mais stratégique.

> EDF est le bras armé de notre politique énergétique. Monter à 100% au capital est une décision stratégique forte pour notre souveraineté et nos objectifs climatiques.

> Je demande aux entreprises de réduire leur consommation d'énergie.

> Face au réchauffement climatique mais aussi aux risques de ruptures d’approvisionnement, nous anticipons. Le levier le plus immédiat: la sobriété, la chasse anti-gaspi de l’énergie. Etat et entreprises doivent être exemplaires. Objectif, une baisse de 10% notre consommation d’énergie en deux ans.

> J’attends des énergéticiens qu’ils soient exemplaires et qu’ils aillent plus loin en matière de sobriété énergétique, en proposant aux Français des contrats avantageux qui valorisent leurs efforts de sobriété et leur permettent de faire plus d’économie.

> La situation actuelle le démontre, libérer les Français des énergies fossiles est aussi bon pour le pouvoir d'achat.

> Le Plan sobriété énergétique avance ! Nous avons réuni avec Olivia Grégoire les représentants des commerces, enseignes de la grande distribution et centres commerciaux, afin de les aider à déterminer ensemble les actions concrètes pour baisser leur consommation d’énergie de 10% d’ici 2024.

 

François Braun (ministre de la Santé et de la Prévention)
> J’ai vu en Côte-d’Or des professionnels de terrain en ville et à l’hôpital, qui coopèrent et innovent pour mieux répondre aux besoins de santé des Français. Nous déploierons dans chaque territoire, dès les prochains jours, les outils qui permettront de multiplier ces initiatives.

> Conformément aux recommandations Haute autorité de santé, une vaccination préventive sera proposée aux personnes à haut risque d’être contaminées par la variole du singe. Nous nous organiserons pour qu’elle puisse être disponible, pour ceux qui le souhaitent, dès le début de la semaine prochaine.

> En ce jour de grands départs en vacances, je demande aux Français de porter un masque dans les bus, les trains et les lieux bondés. Ensemble, adoptons les bons réflexes face au virus.

 

Olivier Véran (ministre délégué chargé du Renouveau démocratique, porte-parole du Gouvernement)
> Se loger, se nourrir, se déplacer, se chauffer, s’éclairer : partout où les prix augmentent, nous sommes là pour aider les Français à boucler leurs fins de mois.

> Des amendements de l’opposition seront adoptés et c’est très sain : nous allons discuter et trouver des équilibres. Chaque parlementaire sera responsable de son vote devant les Français : nous avons tous intérêt à avancer dans cet esprit de compromis.

> Le quinquennat peut pleinement commencer. Le gouvernement est à l’action, avec une méthode claire : dialogue, compromis et ouverture. C’est ce que les Français attendent de nous.

 

Gabriel Attal (ministre délégué chargé des Comptes publics)
> [Suppression de la redevance audiovisuelle] Nous donnerons des garanties sur les moyens, la visibilité et l'indépendance de l'audiovisuel public.

> Pourquoi est-ce que l'on propose la suppression de la contribution à l'audiovisuel public ? Parce que c'est cohérent avec notre choix politique de baisser les impôts des Français, et quand nous le pouvons, d'en supprimer.

> La revalorisation du point d'indice a été adoptée par voie réglementaire. Pour la fonction publique d'Etat, cela s'appliquera dès la feuille de paie de juillet, et pour les fonctions publiques territoriale et hospitalière, du mois d'août.

 

Roland Lescure (ministre délégué chargé de l’Industrie)
> Le paquet pouvoir d’achat protègera les Françaises et les Français face à l’inflation. Et il soutiendra l’activité et l’emploi. Nous agissons !

> Face à un pic d’inflation nous adapterons le dispositif en passant à des mesures temporaires et ciblées.

 

Olivia Grégoire (ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme)
> À tous les acteurs du tourisme : avec 20 à 30% de réservations de plus par rapport à 2019, l’été devrait être beau Et l’État continue à accompagner le secteur vers un tourisme d’excellence et plus durable. Nous le ferons grâce aux 2 milliards d’euros issus du plan.

 

Clément Beaune (ministre délégué chargé des Transports)
> [Pouvoir d’achat] Il faut un dispositif plus ciblé. Les Français qui roulent beaucoup et qui gagnent mal leur vie, il faut les aider en priorité.

> C’est mon premier engagement depuis lundi : éviter des mouvements sociaux. Ma priorité, c’est de poursuivre ce dialogue social et que les vacances des Français et des touristes ne soient pas perturbées.

 

Olivier Klein (ministre délégué chargé de la Ville et du Logement)
>  La politique de la ville c’est conjuguer l’urbain et l’humain. C’est la condition de l’égalité réelle.

 

Charlotte Caubel (secrétaire d’Etat chargée de l’Enfance)
> Mon combat pour les enfants dépasse les frontières. J’étais aujourd’hui à Prague à l’occasion de la conférence sur la Garantie européenne pour l’enfance. Un objectif essentiel : lutter contre la pauvreté des familles. 3 millions d’enfants en France sont concernés.
Nous avons 3 leviers pour y parvenir :
- Assurer l’accès de chaque enfant aux services essentiels (crèches, éducation, alimentation, logement, santé)
- Travailler ensemble avec les autorités nationales et locales, et les associations
- Compter sur l’appui de l’UE.

> Encore trop de jeunes quittent le système sans avoir trouvé leur voie. Notre école doit être capable de révéler leur excellence et leur permettre de s’émanciper dans notre société.

> Les GAFAM portent atteinte à l’équilibre de nos enfants. Il faut réguler, lutter et sanctionner si nécessaire. Ma feuille de route est claire, le président me demande de décliner le DSA pour protéger nos enfants des violences numériques. C’est une priorité.
Nous avons besoin d’une prise de conscience collective et d’avancées concrètes. Je ne suis pas seule à porter cette ambition. Dès la rentrée, avec
Jean-Noël Barrot, nous réunirons les acteurs du numérique et nous poursuivrons ce qui a été lancé par l’Appel de Christchurch.

> Dans tous mes échanges avec les ministres et députés européens à Prague, j’ai rappelé le soutien indéfectible de la France à l’Ukraine, son peuple et ses enfants. Nous devons leur assurer affection et protection dans notre pays.

> Sortons du silence ! De plus en plus d’enfants et d’adolescents se retrouvent dans une détresse psychologique profonde, parfois prêts à mourir. Nous en ferons une priorité.

 

Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Je reçois Didier Migaud, Président de la HATVP [Haute Autorité pour la transparence de la vie publique], pour la remise de son rapport sur la transparence de la vie publique J’en suis convaincue : la transparence est essentielle pour nos concitoyens et notre vie démocratique. C’est d’elle que naît la confiance !

 

Partis politiques

● LaREM (futur Renaissance)
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]
Aurore Bergé (présidente du groupe à l’Assemblée nationale)
> [Adoption du projet de loi sur le pouvoir d’achat] Pour y parvenir, nous avons acté qu’il n’existe pas d’autres choix que d’établir des compromis avec l’opposition. Nous sommes à l’écoute, prêts à étudier les amendements des autres groupes dans un esprit d’ouverture. On l’a fait sur le projet de loi sanitaire, discuté cette semaine à l’Assemblée. C’est comme cela que l’on a réussi à avoir un accord à l’unanimité en Commission des lois. Ce qui n’était pas acquis au départ. Pour le reste, ce projet de loi répond à l’inflation, qui frappe durement les Français, même si nous résistons mieux que nos voisins européens.
Les oppositions auront beaucoup de mal à récuser la philosophie générale de ce texte. Parce que nous ne sommes pas tous égaux devant l’inflation, il nous apparaît légitime de mettre en place des aides ciblées (revalorisation des minima sociaux, APL, gel de la hausse des loyers…) dont la vocation est temporaire. Si demain, dans six mois ou dans un an, l’inflation tombe de 6 à 1%, ces dispositifs seront arrêtés. Il faut avoir conscience que les 18 centimes de remise sur l’essence, cela coûte 750 millions d’euros par mois au pays. Même si ça peut paraître insuffisant à certains Français, c’est une dépense extrêmement importante.

> On ne pourra pas voter le blocage du prix de l’essence. Cela coûterait 35 milliards d’euros. Ce sujet ne pourra pas faire consensus. De plus, je doute que le groupe écologiste soit prêt à voter une mesure si favorable aux énergies fossiles, malgré son appartenance à la Nupes. Pour le reste, quand un autre groupe proposera une mesure qui nous convient, il n’y a pas de raison que la majorité ne la soutienne pas.
Nous l’avons déjà fait lors du précédent quinquennat : par exemple sur la revalorisation des retraites agricoles. Il s’agissait initialement d’une proposition de loi du député communiste André Chassaigne. De toute façon, la vie parlementaire est faite de compromis. Vous connaissez des projets ou propositions de lois sur lesquels il n’y a pas de débat parlementaire, de modifications entre le projet du gouvernement et le texte adopté au Parlement, de discussions entre l’Assemblée nationale et le Sénat, d’amendements de l’opposition ? Ça n’existe pas.

> On a posé un principe très clair : ni dette supplémentaire, ni impôts supplémentaires. Nous sommes, au contraire, sur une dynamique de baisse des prélèvements. Nous allons continuer à baisser les impôts de production, mais aussi supprimer la redevance télé… C’est possible car on a tenu, avant la crise sanitaire, une trajectoire budgétaire de réduction des déficits. Notre déficit continue à baisser : on sera à 5% du PIB cette année (6,5% en 2021). Notre objectif, c’est aussi de continuer à faire baisser le chômage pour arriver au plein emploi. Une telle situation, ce sont des recettes supplémentaires pour les caisses de l’Etat et des dépenses sociales en moins.

> Par principe, on ne veut pas d’impôts supplémentaires. Un superprofit, c’est quoi ? Quel type d’entreprises sont concernées ? Quels sont les effets de bord ? Quel est le risque que ces entreprises délocalisent ? On peut se faire plaisir sur des déclarations de principe. Mais, le risque, c’est d’avoir un environnement fiscal qui change sans arrêt, alors que nous avons apporté de la stabilité pour que la France redevienne attractive notamment pour les investissements étrangers. Je pense qu’il ne faut pas envoyer ce genre de signal. Tout ce qui comporte une hausse d’impôts, par principe, j’y suis défavorable.

> Je comprends que ces préoccupations existent mais elles ne sont pas fondées. L’indépendance de l’audiovisuel public est un principe constitutionnel. Nous la garantirons en maintenant le niveau des ressources de l’audiovisuel public, qui seront directement prélevées sur le budget de l’Etat. Pour le reste, dans cette période, le fait de rendre 138 euros par an aux Français en supprimant cette taxe est une mesure de justice.

> Dans son discours de politique générale, la Première ministre a rappelé que la réforme des retraites est indispensable pour pérenniser le système par répartition. Avec cette mesure, nous voulons garantir sur le long terme le financement des retraites, augmenter les pensions minimales à 1.100 euros par mois et prendre en compte les critères comme la pénibilité et les carrières longues. Ce sont des principes intangibles. Après, il y a la négociation avec les partenaires sociaux et, à partir de l’automne a priori, l’examen du projet de loi. Pour que ce texte soit mis en œuvre en septembre 2023, ce qui est l’objectif, cet examen doit commencer avant la fin de l’année.
Concernant les modalités précises de la réforme, notre porte est grande ouverte : si les partenaires sociaux se mettent d’accord sur une durée de cotisation, si un consensus sur l’âge de départ, à 64 ans, par exemple, se dégage... nous sommes prêts à amender notre projet initial. Notre majorité relative justifie la mise en place d’un vrai dialogue, avec les partenaires sociaux et les parlementaires d’opposition.

> [Revenu universel d’activité (RUA)] Au départ, nous cherchions à simplifier l’accès aux aides sociales, à les rendre plus lisibles, en luttant contre le non-recours. En France, il y a des dispositifs d’aides qui sont supposés extrêmement puissants, mais à l’arrivée, le compte n’y est pas : on a des personnes qui fraudent d’un côté, et, de l’autre, des bénéficiaires qui ne demandent pas leurs aides. Avec le versement des aides à la source, que nous allons mettre en place, cette problématique va être résolue. Est-ce qu’une deuxième étape du projet peut aller jusqu’au revenu universel d’activité ? Peut-être… L’idée n’est pas abandonnée du tout.

> La suppression de postes de fonctionnaires n’est pas dans notre projet. C’est un choix pleinement assumé. La crise des Gilets jaunes et la crise sanitaire ont montré combien les services publics de qualité sont jugés essentiels pour tous les Français. En revanche, nous devons continuer à suivre le principe qui nous a guidés durant le premier quinquennat. C’est-à-dire déployer davantage de fonctionnaires sur le terrain, dans les territoires, quitte à en avoir moins dans les administrations centrales.

> Le compromis s’arrête à l’arc républicain, qui va des communistes aux Républicains. En aucun cas, on ne se compromettra avec le RN ou LFI. Je suis en combat politique contre les 89 députés RN, même si je ne peux pas faire comme s’ils n’existaient pas. Du point de vue institutionnel, je trouve donc logique que ce parti ait obtenu des postes de vice-présidents de l’Assemblée (Sébastien Chenu et Hélène Laporte, ndlr). Après, c’est autre chose d’aller négocier sur le fond des sujets, sur des amendements, des compromis et des votes. Comme présidente de groupe, je n’irai jamais négocier un vote avec le RN ou LFI, quel que soit le sujet. Jamais ! Après, bien sûr, je ne vais pas vous dire que pendant 5 ans ni l’extrême droite ni l’extrême gauche ne vont voter des textes que l’on va présenter. Si demain, les députés RN ou LFI votent la revalorisation des pensions de retraite, ce sera parce que c’est une mesure nécessaire.

 

● Parti radical
David Valence (député)
> Les mobilités du quotidien seront bien présentes dans la loi « pouvoir d’achat » : création d’une aide ciblée pour les Français qui vont travailler en voiture et doublement du plafond de la prime de transport individuel défiscalisée.

 

Autres

● Organisations centristes
♦ Renaissance
(Députés français du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen)
Stéphane Séjourné (président du groupe Renew Europe au Parlement européen)
> Victoire contre les réactionnaires ! À l’initiative de Renew Europe, le Parlement vient de demander officiellement la révision de la Charte européenne des droits fondamentaux pour inclure le droit à l’avortement. Nous ne laisserons aucun parti, aucun juge remettre en cause ce droit.

> Le RN, Marine Le Pen et Jordan Bardella n’osent pas vous dire qu’ils sont contre le droit à l’avortement. Pour ne pas montrer leur vrai visage, ils n’ont pas participé au vote final sur l’avortement au Parlement européen alors qu’ils étaient…dans l’hémicycle. Ils n’ont pas changé.

 

Nathalie Loiseau
> La Nupes, marche-pied du RN ? Les outrances verbales de LFI feraient-elles passer l’extrême-droite pour des gens raisonnables ? Et si les démocrates se réveillaient enfin et sortaient de leur torpeur ?

> L’armée russe met le feu aux champs de blé dans la région de Zaporizhzhia. La prochaine fois qu’on vous dira que ce sont les sanctions qui sont la cause de tous nos maux, vous saurez quoi penser de ce qu’on vous dit et de qui vous le dit. Le cynisme russe est sans limites.

> Bombarder des silos à grains. Décider de son propre chef de priver des populations entières de nourriture, voilà ce que fait la Russie de Vladimir Poutine.

 

 

 

 

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