Voici une sélection, ce 15 avril 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Dans la conquête spatiale, l’humanité a montré qu’elle savait unir ses
forces pour accomplir l’extraordinaire. Des défis communs, une même ambition,
une science en partage. Rendez-vous les 9 et 10 septembre 2026 au Grand Palais
à Paris pour avancer ensemble.
> Je me suis entretenu hier avec le Président iranien Massoud Pezeshkian, ainsi qu'avec le Président américain Donald Trump. J’ai appelé à reprendre les négociations interrompues à Islamabad, à clarifier les malentendus, et éviter de nouvelles phases d'escalade. Il est essentiel en particulier que le cessez-le-feu soit strictement respecté par tous, et qu'il inclue le Liban. Il est tout aussi important que soit rouvert le détroit d’Ormuz, de manière inconditionnelle, sans contrôles ni péages, dans les plus brefs délais. À ces conditions, les négociations devraient pouvoir reprendre rapidement, avec le soutien des principales parties prenantes. La France et le Royaume-Uni accueilleront par ailleurs ce vendredi, à Paris, une conférence qui réunira en visioconférence des pays non-belligérants prêts à contribuer à nos côtés à une mission multilatérale et purement défensive, destinée à restaurer la liberté de navigation dans le détroit lorsque les conditions de sécurité le permettront.
> J’ai reçu Maria Corina Machado, Prix Nobel de la paix. Ensemble, nous avons évoqué son engagement pour la liberté et l’importance de parvenir au Venezuela à une transition démocratique, pacifique et respectueuse de la volonté de son peuple.
> Heureux d’accueillir en visite d’État mon ami le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Face à la destabilisation du monde et aux défis communs, la Mauritanie et la France sont deux partenaires de confiance. Nous renforçons notre partenariat : répondre aux conséquences de la déstabilisation régionale et de la crise humanitaire, protéger nos biens communs, ouvrir des perspectives à la jeunesse, renforcer nos investissements économiques croisés, et bâtir des projets très concrets au service des peuples. À un mois du sommet Africa Forward de Nairobi, cette rencontre porte une conviction simple : entre l’Afrique et la France, l’avenir se construit par le respect, l’ambition et l’action. Projetés vers l’avenir. Ensemble.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> Le gouvernement souhaite un dialogue social approfondi avec les
partenaires sociaux sur le périmètre des activités et commerces concernés par
un travail le 1er Mai. Seul un dialogue de branche le permettra. Ce dialogue
social est indispensable sur les sujets importants concernant le monde du
travail : il a d’ailleurs encore porté ses fruits récemment sur la réforme de
l’Assurance chômage. Le résultat est là. Il est également urgent dans cette
démarche de se recentrer et de prioriser les commerces indépendants de la
boulangerie et des fleuristes. C’était notre priorité : force est de constater
qu’elle s’est diluée, créant des inquiétudes qui ont fragilisé la proposition
de loi. Le gouvernement fera des propositions - de court et moyen terme - pour
ces commerçants de proximité en lien avec les partenaires sociaux. Il faut être
pragmatique. Les professions concernées seront reçues à Matignon dès cette
semaine. Les réformes sont possibles : dans le respect, et avec une méthode.
> [Travail le 1er mai / Intervention à l’Assemblée]
La question me permettra, je l’espère, de synchroniser l’ensemble des membres
de cet hémicycle sur un sujet qui passionne les débats – entre
autres actualités brûlantes.
Soyons dorénavant plus précis qu’on ne l’a été jusqu’à présent. Une initiative
prospère dans le débat public, depuis maintenant de nombreux mois, voire de
nombreuses années : elle vise à sécuriser quelque chose qui a toujours
existé, l’application d’une convention collective qui protégeait l’activité spécifique
des boulangeries.
Il se trouve que cette convention collective a été fragilisée. Une initiative
politique, que vous avez soutenue, monsieur Marcangeli, a alors été prise. Le
président Wauquiez et son groupe l’ont défendue. Le groupe Renaissance l’a
défendue, tout comme le groupe Modem. Partout, on s’est mis à discuter et à se
poser la question suivante : comment ce qui était possible depuis des
années pour nos boulangers peut-il être remis en question du jour au
lendemain ?
Une proposition de loi a été votée par le Sénat, avant d’être examinée ici
même. Si j’en crois la tournure qu’a prise le débat public dans les dernières
quarante-huit heures, tout le monde n’a pas lu cette proposition de loi. Elle
traite des boulangeries, c’est entendu. Des fleuristes – je regarde Laurent
Wauquiez –, c’est entendu. Et d’une autre liste de commerces, beaucoup plus
longue que celle qu’on aurait pu déduire des anciennes conventions collectives
que j’évoquais.
Non, les boulangeries artisanales n’étaient pas les seules concernées : la
proposition de loi tendait à s’appliquer à l’ensemble des chaînes de
boulangeries industrielles.
Au nom du gouvernement, je n’ai jamais dit que j’étais favorable à
l’autorisation du travail le 1er mai pour les filières
industrielles ! (Mêmes mouvements.)
Une motion de rejet a ensuite été adoptée.
Je n’y reviens pas. On l’observe, depuis le lendemain des municipales, la
tentative d’obstruction quasiment systématique de La France insoumise crée le
malaise dans l’hémicycle. Elle rompt l’équilibre que nous avions réussi à
trouver, à l’automne dernier, à l’occasion des discussions budgétaires.
On le sait pourtant tous : on ne touche au code du travail qu’avec une
main tremblante !
Monsieur Marcangeli, vous avez été ministre de la fonction publique. Dimanche,
il n’y a pas eu qu’un syndicat à prendre la plume, en voyant que nous allions
droit à une commission mixte paritaire qui autoriserait le travail le 1er mai
dans des filières entières – des boulangeries industrielles et des Fnac –
tout en renvoyant certaines dispositions à des décrets, sans le moindre débat.
Le renvoi à des décrets a créé un doute et une peur, qui ont poussé l’ensemble
des syndicats de ce pays à saisir le premier ministre, le ministre du travail
et le gouvernement.
Il faut assumer une certaine culture politique. Lorsque toutes les
organisations syndicales du pays vous écrivent, faut-il les envoyer promener ou
faut-il les écouter ? C’est à l’ancien ministre de la fonction publique
que je pose la question.
Sans surprise – c’est ce que j’ai affirmé lors de ma déclaration
de politique générale –, je considère qu’il faut respecter le dialogue
social et le paritarisme.
À la suite du ministre du travail, j’espère que cette position marquera
l’ambiance et le résultat de l’examen du projet de loi portant avenant au
protocole d’accord relatif à l’assurance chômage, prévu cette semaine. En
effet, cette méthode a fonctionné !
Avançons. Si nous souhaitons une ouverture large, nous ne pourrons pas faire
l’économie d’un dialogue branche par branche, qui permettra de faire émerger de
nouvelles conventions collectives qui pourront, le cas échéant, être
transcrites dans la loi – le ministre du travail l’a dit et je le
maintiens. Dans cette hypothèse, rien ne pourra être fait avant le 1er mai
2027.
Si nous choisissons de revenir à l’esprit initial de la proposition, mais avec
rigueur et précision, sans faux-semblant.
Je tâche de resynchroniser l’ensemble de l’hémicycle avec les objectifs que
nous nous fixons. Si l’on veut, que l’ouverture des commerces le 1er mai
ne concerne que les seuls fleuristes et boulangers – les
boulangers artisanaux, indépendants, de proximité – ce qui était l’intuition
initiale, mandat a été donné au ministre du travail de mener, de manière
accélérée, un dialogue social ad hoc afin de trouver une solution. Nous
pouvons y arriver, car je crois que personne, même à gauche de l’hémicycle, ne
songe un seul instant à mettre en difficulté nos boulangers de proximité et
que, cette question ayant déjà été tranchée par nos anciens, il s’agit
simplement de resécuriser juridiquement un dispositif après qu’une
jurisprudence l’a remis en cause.
Je souhaite convoquer à nouveau l’esprit dans lequel se sont déroulés nos
débats à l’automne dernier et qui nous a permis de faire des choses. Personne,
ici, n’a intérêt à balayer le dialogue social d’un revers de la main.
Je forme le vœu que le calme revienne dans cet hémicycle, ce qui permettra de
retravailler sereinement au service de l’intérêt général des Françaises et des
Français !
> [Travail le 1er mai / Intervention au
Sénat] Dans l'affaire du 1er mai, il y a d'abord un
non-sens : la convention collective de la boulangerie, qui fonctionnait, a
été cassée par la Cour de cassation. Vous avez fait partie de ceux qui ont
souhaité sécuriser cette convention par la loi - je vous en remercie.
Chemin faisant, votre proposition de loi est parvenue à l'Assemblée nationale.
Mais l'ambiance à l'Assemblée nationale est bien différente de celle qui règne
au Sénat, avec l'obstruction de LFI - et à nouveau, cet après-midi, sur la
proposition de loi Rodwell... L'opposition est normale, pas l'obstruction...
Face à cela, une motion de rejet tactique a été adoptée.
Le problème, c'est que notre initiative collective allait bien au-delà des
boulangers et des fleuristes. Le décret d'exception auquel elle renvoyait
faisait 13 pages, incluant fromageries, étuves, industries chimiques,
papetières, casinos... Ce n'est pas le Gouvernement qui a préparé ce
décret !
C'est ici qu'il a été préparé. Ensuite, vous avez voté une proposition de loi
qui a refermé le jeu, mais laissé néanmoins de nombreux métiers n'ayant rien à
voir avec la boulangerie, et qui ne faisait aucune distinction entre les
boulangeries artisanales et les autres.
La motion de rejet à l'Assemblée nationale a créé une tension importante avec
les syndicats, qui m'ont tous demandé des comptes !
Comme le président Larcher lorsqu'il était ministre du travail, je reviendrai
toujours à l'article 1er du code du travail : nulle
modification du code sans dialogue social. Certes, cela ne s'applique pas aux
propositions de loi, mais permettre le dialogue social, y compris pour les
initiatives parlementaires, me semble essentiel.
Soit toute la classe politique veut rester sur un périmètre large d'exceptions,
et nous n'échapperons pas à des négociations par banche, à transposer dans la
loi, donc en 2027 ; soit nous nous recentrons avec bon sens sur les
seuls boulangers artisanaux, pour sécuriser la convention collective, et auquel
cas nous trouverons une solution négociée, sécurisante et pragmatique. Je vous
associerai, monsieur le président Marseille, à la dernière ligne droite de ces
négociations.
Cet épisode donne une leçon au Gouvernement et à la chambre haute : en ces
temps de bicamérisme délicat, sachons revenir à la sagesse.
> [Agenda parlementaire / Intervention au Sénat] Il
ne me semble pas que l'agenda parlementaire soit léger. Allons-y, alors :
hydroélectricité, restitution des biens culturels, justice criminelle, CMP sur
la simplification de la vie économique, proposition de loi Rodwell, réforme de
l'assurance chômage... Le Gouvernement est disponible pour siéger davantage le
vendredi et pour tenir une session extraordinaire en juillet. Il y a donc
plutôt un trop-plein de textes ! Sans oublier les nombreuses propositions
de loi qui, pour n'être pas toutes suffisamment bien bordées, conduisent à
quelques déraillements...
L'absence de majorité à l'Assemblée nationale n'est pas une ligne de
défense ; c'est un état de fait. Ce n'est peut-être pas le problème du
Sénat, mais c'est celui du pays. Les Français assistent au spectacle désolant
de l'obstruction violente de La France insoumise et je m'étonne qu'elle ne soit
pas plus dénoncée : commencerions-nous à nous y habituer ? La France
insoumise met en panne l'Assemblée nationale et ce n'est pas la faute du
Gouvernement.
Même nos groupes sont divisés - sur l'Alsace, sur la simplification... Et
l'alignement bicaméral entre les groupes n'est pas non plus toujours au
rendez-vous. Ce n'est pas une critique, mais un constat.
Parlons aussi de l'éléphant dans la pièce : on me reproche beaucoup de
travailler avec la gauche républicaine. Or vous savez que je suis de droite.
Cette Assemblée nationale, les Français l'ont choisie. Au banc des ministres,
quand vous êtes de la droite républicaine, vous avez deux solutions : soit
vous essayez de faire des compromis avec la gauche républicaine, soit vous vous
tournez vers le Rassemblement national. Moi, j'ai choisi ! Et je l'assume.
Le Gouvernement avance, en essayant de bâtir des compromis.
Je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle. Aussi n'ayez pas de
problème avec ce gouvernement qui va faire tout ce qu'il peut pour faire
avancer le pays pendant un an.
Messieurs Retailleau et Darnaud, à ma place, feriez-vous des compromis avec le
Rassemblement national ou avec la gauche républicaine ? Voilà venu le
moment de la grande clarification !
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> [Protoxyde d’azote / Intervention à l’Assemblée] Le protoxyde d’azote et
sa consommation, notamment par les plus jeunes, représentent un vrai fléau.
Nous avons pris le problème à bras-le-corps. Le projet de loi dit Ripost, qui
sera débattu bientôt, comprend une série de mesures, parmi lesquelles la création
de trois délits : transport de protoxyde d’azote sans motif légitime,
consommation de ce produit et conduite sous son emprise, génératrice
d’accidents. Il contient également une mesure de police administrative
essentielle : la possibilité, pour les préfets, de fermer
administrativement les commerces qui se livrent illégalement à la
commercialisation de ce type de produits réservés à un usage particulier. Ce
projet de loi sera très prochainement soumis à la représentation nationale,
d’abord au Sénat puis à l’Assemblée.
En attendant, je ne veux pas laisser à penser que rien n’est fait :
beaucoup de maires et de préfets prennent des arrêtés, mais la sanction reste
contraventionnelle – c’est pourquoi il faut créer un délit. La
consommation, d’ailleurs, pourra également faire l’objet d’une verbalisation,
avec une amende forfaitaire délictuelle. Il faut, dans ce domaine, un choc
d’autorité, et nous l’organisons.
Je vous rejoins sur un autre point : la réponse doit être globale et
assortie de mesures de prévention. Je vous remercie à ce propos d’avoir salué
l’action de la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne qui parcourt le pays
pour expliquer aux plus jeunes les risques, notamment sanitaires, liés à la
consommation du protoxyde d’azote. Nous avons mis en ligne et diffusé à la
télévision des vidéos chocs décrivant les conséquences de la consommation de ce
produit.
Comptez sur nous pour poursuivre cette action déterminée contre la consommation
de protoxyde d’azote !
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Aujourd'hui à Paris, sous la co-présidence du Gabon et de la France, nous
ouvrons les travaux du Groupe G7++ des Amis du Golfe de Guinée sur la sécurité
maritime. Piraterie, pêche illégale, trafics : ces menaces ne connaissent pas
de frontières et affectent directement les populations et les milieux. La
réponse à ces défis ne peut être que collective. C'est tout le sens de notre
engagement commun dans ce G7++.
> Échange ce matin avec le cofondateur et PDG de Mistral AI, autour d’un enjeu stratégique: notre souveraineté en matière d’intelligence artificielle. Maîtrise des algorithmes et des capacités de calcul : la France et l’Europe doivent être au rendez-vous. Pour la défense, trois priorités structurantes : le C2, l’autonomie des systèmes et l’IA appliquée à la cyberdéfense.
> À l’occasion de Yom HaShoah, le mémorial de la Shoah ouvrait ce soir 24 heures de lecture publique des noms des déportés juifs de France. Joseph. Lotte. Mordko. Icek. Et tant d’autres hommes, femmes et enfants. Les nommer, c’est refuser l’oubli. Les honorer, c’est faire vivre leur mémoire.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> N'oublions pas le Soudan. C'est là-bas que depuis 3 ans, une guerre
dévastatrice provoque la crise humanitaire la plus grave du monde. Jamais,
depuis le début du siècle, autant de personnes ont été exposées à la famine et
à la faim. Des millions de déplacés fuyant les combats, les violences sexuelles
et les exactions. Des millions de femmes, d'enfants qui manquent de tout : de
nourriture, de médicaments, de tentes pour s'abriter dans des camps où des
centaines de milliers de réfugiés vivent dans le dénuement le plus absolu.
Pourtant, un autre avenir est possible pour ce pays : il est entre les mains
des Soudanaises et des Soudanais. Entre les mains de celles et ceux qui par
leur mobilisation il y a 7 ans, en 2019, ont fait naître l'espoir d'un
Printemps Soudanais. Ce sont eux que j'ai conviés au Quai d'Orsay, à la veille
du tragique anniversaire de cette guerre, pour écouter leurs attentes et leurs
revendications. C'est leur voix que je porterai aujourd'hui, lors de la
conférence internationale que la France présidera avec l'Allemagne, l'Union
européenne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l'Union africaine. N'oublions pas
le Soudan, car c’est là-bas que se joue une part de notre humanité.
> [Blocus du détroit d’Ormuz] La circulation des
navires dans les eaux internationales est un bien commun de l'humanité qui doit
être respecté partout et en toutes circonstances. Il est donc urgent que ce
blocus puisse être levé. Je crois que c'était d'ailleurs au cœur des échanges
entre les États-Unis et l'Iran qui se sont tenus au Pakistan ce week-end. (…)
Ce que je crains c'est que le blocus ou le blocage de ce détroit continue de
produire les conséquences très négatives sur l'économie mondiale, mais aussi
sur notre pouvoir d'achat, sur la vie de nos entreprises, que nous voulons
évidemment éviter. Et c'est la raison pour laquelle nous avons, sur le plan
diplomatique comme sur le plan opérationnel, initié, ouvert un certain nombre
de chantiers à l'initiative du président de la République pour apporter des
réponses : sur le plan diplomatique, en exhortant les parties au conflit à
libérer la circulation des navires dans le détroit et sur le plan opérationnel,
en associant un grand nombre de pays à une mission ou à la préparation, la
préfiguration d'une mission internationale, pacifique et strictement défensive
qui vise, dès que le calme sera revenu, à faciliter le passage des navires. (…)
Les eaux internationales, elles sont navigables en tout lieu et en toutes
circonstances. C'est un principe du droit international, du droit de la mer qui
doit être respecté.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous ne devons pas laisser l'économie mondiale être prise en otage par ce conflit. Conflit auquel, par exemple, la France et l'Europe ne sont pas parties, n'ont pas approuvé, ne sont pas engagées dans ces hostilités, et donc nous n'avons pas à en payer les conséquences. Il faut donc que les grands principes du droit de la mer, la sécurité maritime, la liberté de circulation, soient respectés.
> [Iran] La France constate que seul un changement radical de posture de ce régime, des concessions majeures, est susceptible d'apporter la paix et la stabilité pour l'Iran et pour la région.
> Il faut que soient traitées les menaces que soulève la politique menée par le régime iranien depuis de nombreuses années, son programme nucléaire, son programme de missiles, son programme balistique, son soutien à des groupes qui, dans la région, ont profondément déstabilisé les pays qui la composent, mais aussi la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, et je le disais, le droit fondamental et imprescriptible du peuple iranien à construire librement son propre avenir.
> Nous avons dit très clairement les choses depuis le début de la guerre. Nous reconnaissons le droit d'Israël à se défendre, conformément au droit international. Mais nous avons condamné avec la plus grande fermeté les frappes qui ont ensanglanté le Liban la semaine dernière, avec plus de 300 morts décomptées dans des opérations dévastatrices qui s'ajoutent effectivement aux 1.500 morts provoquées par les représailles israéliennes depuis le début de cette guerre. Des attaques qui sont d'autant plus intolérables qu'au fond, elles fragilisent le cessez-le-feu trouvé entre les États-Unis et l'Iran, et surtout qu'elles renforcent le Hezbollah. Parce que détruire le Liban, s’en prendre à l'État libanais, ce n'est pas affaiblir le Hezbollah, tout au contraire, c'est le renforcer.
> [Hongrie] C'est une défaite pour Viktor Orbán, c'est une défaite aussi pour un certain nombre de ses soutiens de l'internationale réactionnaire, au premier rang desquels Vladimir Poutine qui perd son cheval de Troie dans l'Union européenne. (…) Le peuple hongrois a donné une leçon magistrale à tous ceux qui voulaient écrire son histoire, son destin à sa place. Et ce que nous attendons, c'est tout simplement de faire ce qu'il a dit le nouveau dirigeant hongrois, c'est-à-dire de reconstruire un certain nombre de piliers de l'état de droit que Victor Orbán avait démantelé, d'amener la Hongrie à retrouver sa place dans le concert des nations européennes, de lever un certain nombre de vetos sans aucune justification.
> [Liban / Intervention à l’Assemblée] La France
reconnaît en Israël un peuple ami, un pays à la sécurité duquel nous sommes
attachés depuis longtemps, un peuple qui a été frappé dans sa chair par
l’attentat terroriste du 7 octobre. Mais la France condamne avec fermeté
le gouvernement israélien et la politique qu’il mène, chaque fois qu’elle
contrevient au droit international et qu’elle hypothèque, ce faisant, la
sécurité du peuple israélien.
Cela a été le cas – vous l’avez rappelé – le 8 avril
dernier, lorsque le Liban a été ensanglanté par des frappes massives qui, à
Beyrouth et dans d’autres villes du pays, en moins de dix minutes, ont fait
plus de 300 morts, qui s’ajoutent aux 1 500 morts depuis le début
de la guerre d’Israël et des États-Unis contre l’Iran, ainsi que des
destructions d’infrastructures, de villages et le risque d’une occupation
prolongée du pays.
C’est le cas à Gaza, où l’aide humanitaire entre très insuffisamment, et ne
parvient pas à la population gazaouie et palestinienne qui en a tant besoin. C’est
le cas en Cisjordanie, où le gouvernement israélien maintient un blocus
financier inacceptable, alors que s’accélère la colonisation illégale et
qu’explosent les violences des colons extrémistes, en toute impunité.
Face à cela, à plusieurs reprises, nous avons pris des sanctions au niveau
national, comme au niveau européen.
Un troisième paquet de sanctions contre les colons extrémistes et violents est
sur la table, mais il a été bloqué jusqu’à dimanche dernier par un vote, celui
de la Hongrie.
La Commission européenne dispose d’autres outils, comme le réexamen de l’accord
d’association proposé l’été dernier, que nous avions soutenu. Si la situation
n’évolue pas, elle garde cette carte en main. En tout état de cause, le
gouvernement israélien doit changer sa politique, respecter le droit
international et abandonner ses guerres sans fin.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Avec Aurore Bergé, nous avons réuni aujourd’hui le comité de suivi
interministériel de la stratégie nationale de lutte contre le système
prostitutionnel et l’exploitation sexuelle. Dix ans après la loi du 13 avril
2016, notre mobilisation reste totale face à un phénomène qui évolue et touche
des publics toujours plus jeunes. Face à cela, notre action s’intensifie avec
des résultats concrets :
- plus de 900 personnes accompagnées dans les parcours de sortie de la
prostitution, dont 96 % de femmes
- 5,5 millions d’euros mobilisés pour les associations en 2025
- plus de 1 100 condamnations prononcées en 2024
- près de 4 millions d’euros d’avoirs criminels confisqués et reversés à des
associations via l’AGRASC
- plus de 220 contrôles réalisés en 2025 contre les faux salons de massage, à
l’origine de nombreuses procédures judiciaires
Nous faisons aussi face à une réalité préoccupante, avec une entrée dans la
prostitution toujours plus précoce et une forte emprise exercée via les réseaux
sociaux et les plateformes numériques.
Pour mieux protéger les mineures et les mineurs, nous traitons deux angles
morts prioritaires :
- en outre-mer, avec la mise en place d’un axe dédié à l’exploitation et à la
prédation sexuelle des mineures et mineurs
- dans le numérique, avec le lancement de deux recherches-actions nationales
sur les liens entre prédation sexuelle et réseaux sociaux, ainsi que la refonte
du site « Je protège mon enfant »
Ces mesures feront l’objet d’un financement dédié d’1 million d’euros. En tant
que ministre de la Santé et des Familles, ma priorité est de protéger les
mineurs et de garantir un accès réel et effectif aux soins et à
l’accompagnement.
> [Santé mentale des jeunes / Intervention à l’Assemblée]
La santé mentale, en particulier de nos jeunes, est un
enjeu pour le gouvernement et notre société – vous
avez raison. Comme l’a annoncé le premier ministre, un nouveau délégué
interministériel à la santé mentale et à la psychiatrie sera nommé
prochainement. Ce n’est pas tout, car pendant qu’on échange, ici ou sur les réseaux,
les gens agissent sur le terrain.
En matière de santé mentale, en particulier celle des jeunes, nous avons
augmenté les moyens financiers : en dix ans, ce sont 1 000 psychologues
et 1 000 psychiatres en plus, malgré une baisse du numerus clausus.
Ce n’est pas tout, puisque nous sommes en train d’instruire le rapport sur la
santé mentale des jeunes qui m’a été remis. Nous en reprendrons certaines
propositions, comme celles portant sur le repérage sur les réseaux sociaux, que
nous inclurons dans les contrats locaux de santé mentale. Pour repérer et
accompagner les jeunes, nous nous appuierons sur les professionnels de terrain
– psychiatres, pédopsychiatres, infirmières en pratique avancée, qui
améliorent les parcours de soins, médecins généralistes –, afin de
proposer une vraie force de soutien.
Il faudra aussi lutter contre les addictions.
Au mois de mai, j’aurai l’occasion, dans le cadre de l’année de la santé mentale,
de réunir tous les acteurs qui le souhaitent, y compris les parlementaires,
pour dresser le bilan de l’année 2025 en matière de santé mentale et présenter
les perspectives pour 2026. Je serai accompagnée de mes collègues, puisqu’il
s’agit d’un sujet qui concerne plusieurs ministères et sur lequel nous
continuons de travailler. C’est ensemble que nous y arriverons.
> [Santé mentale / Intervention à l’Assemblée]
Nous convenons tous de la nécessité d’agir en faveur
de la santé mentale. Entre 2022 et 2024, le nombre de prises en charge a
augmenté de 100 000 patients dans la file active ambulatoire. En
octobre 2024, Michel Barnier, alors premier ministre, en a fait une grande
cause nationale. Le premier ministre Sébastien Lecornu l’a reprise pour l’année
2026. J’aurai l’occasion, avec l’ensemble des acteurs, mes collègues ministres
et les élus qui le souhaitent, de dresser le bilan de l’année 2025 et d’annoncer
les perspectives pour 2026.
En attendant, nous agissons. Ces dix dernières années, malgré la contrainte du
numerus clausus et une démographie médicale en baisse, nous comptons
1 000 psychiatres supplémentaires. Le nombre de psychologues a
doublé, ce qui représente 35 000 professionnels de plus. Nous avons
créé et développé la filière d’infirmiers en pratique avancée en psychiatrie,
et le budget des centres médico-psychologiques a augmenté de 38 millions
d’euros en deux ans, permettant le recrutement de 630 professionnels.
Des actions transversales ont également été menées, je pense à la formation de
300 000 personnes aux premiers secours en santé mentale. Je rappelle
également l’existence du numéro national de prévention du suicide, le 3114 – il
est en cours de refondation, mais il fonctionne.
Enfin, pour répondre à votre question sur les jeunes, j’instruis les
propositions du rapport, commandé par Yannick Neuder, qui m’a été remis récemment.
J’en retiens notamment l’idée de réseaux nationaux de repérage, sans oublier
d’autres propositions à destination des jeunes. Sachez aussi que nous
renforçons parallèlement les maisons des adolescents et que nous prenons des
mesures en matière de lutte contre les addictions.
> [Filière de la petite enfance / Intervention au
Sénat] Je partage votre diagnostic sur les fragilités que traverse la filière
de la petite enfance. L'équilibre économique des établissements, l'attractivité
des métiers et la qualité de l'accueil doivent être traités de manière globale.
Des mesures financières ont été prises pour soutenir ce secteur, dont la
revalorisation de 2 % de la PSU. Dans le cadre des discussions sur le
fonds national d'action sociale (Fnas), nous envisageons une nouvelle
revalorisation.
Nous travaillons aussi à un plan Rebond Attractivité, finançant des validations
d'acquis de l'expérience et de l'alternance, et préparons une réforme du
financement des établissements pour sécuriser durablement l'existant, lever les
freins à la création de places et mieux valoriser la qualité de l'accueil.
Les exigences renforcées en matière d'encadrement et de qualité, notamment dans
les micro-crèches, entreront en vigueur progressivement d'ici à
septembre 2027, accompagnées d'outils opérationnels pour les
professionnels.
C'est une transformation d'ensemble que nous voulons mener pour garantir un
accueil sûr, de qualité et accessible à toutes les familles.
> [Sans-abri / Intervention au Sénat] Le
Gouvernement est déterminé à lutter contre le sans-abrisme.
À Paris, le 115 est la principale porte d'entrée vers l'hébergement d'urgence.
Plusieurs milliers de demandes sont traitées chaque jour. J'exprime toute ma
reconnaissance aux équipes du Samu social, dont l'engagement est essentiel dans
un contexte où les besoins dépassent les capacités d'orientation immédiates.
Le service travaille constamment à faire évoluer son organisation en renforçant
ses effectifs et en priorisant les appels. Il reste que, en période de tension,
les temps d'attente peuvent être longs. Le service intégré d'accueil et
d'orientation déploie donc une logique multicanale : téléphone, mais aussi
sites 115Paris et du Samu social. En outre, des équipes mobiles vont au-devant
des personnes pendant la nuit. Une vingtaine d'autres maraudes professionnelles
se déploient de manière coordonnée dans la capitale, jour et nuit.
Cette politique ne peut être mise en œuvre sans l'engagement de la Ville de
Paris. Nous devons y arriver ensemble.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> [Accès aux services publics / Intervention à l’Assemblée] Vous avez
mentionné à juste titre le rapport de la Défenseure des droits, qui souligne
l’augmentation de plus de 20 % des réclamations faites au sujet de l’accès
aux services publics.
Parmi ces réclamations, 45 % sont relatives au droit des étrangers. À la
demande du premier ministre, Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur, a engagé
la modernisation du traitement des demandes de titres de séjour, afin de
l’accélérer. De nombreux étrangers en situation régulière sont confrontés à un
véritable parcours du combattant ; les préfectures sont engorgées et la
situation les plonge dans d’importantes difficultés.
La question du numérique se pose. Il est source de progrès, notamment la
simplicité des démarches accomplies par nos compatriotes, mais aussi de
difficultés : certaines personnes sont éloignées des outils numériques et
ceux qui en sont familiers peuvent avoir à traiter des situations complexes,
difficiles, qui n’entrent pas dans les cases habituelles. Aussi le tout-digital
ne sera-t-il jamais la solution : on a besoin d’avoir une personne face à
soi, qu’on peut interroger et qui peut nous répondre.
Le réseau des maisons France Services a été conçu à cette fin. Aujourd’hui,
2 800 maisons ont été créées ; elles accompagnent chaque mois
plus de 1 million de Français. Nous continuerons de renforcer le réseau,
dans une logique d’aménagement du territoire, pour le rendre disponible
partout, et dans une logique d’accès au droit.
Les Français peuvent aussi accéder aux services publics par téléphone – c’est
souvent le premier moyen de contact qu’ils utilisent. Après les progrès
accomplis ces dernières années, le premier ministre a souhaité déployer un plan
« téléphone » dans l’ensemble des services publics. J’en profite pour
saluer la Direction générale des services publics et l’assurance maladie qui,
dans ce domaine, ont réalisé de grands progrès ces derniers mois.
> [Prix des carburants] Il faut d'abord voir
comment la situation évolue dans les prochains jours, puisque vous l'avez dit,
on a quand même, jour après jour, nuit après nuit, des allers-retours, dans les
deux sens, de la position américaine, des négociations avec l'Iran, et c'est la
raison pour laquelle, depuis le début de la crise, on s'adapte. (…)
Il y a d'abord une chose qu'on sait, c'est que Donald Trump est quand même
particulièrement imprévisible, parce que je vous rappelle qu'il y a une
semaine, il annonçait la destruction, je crois, de la civilisation iranienne,
dans ses termes, et puis ensuite, pendant la nuit, il y a eu la négociation du
cessez-le-feu avec l'Iran. On apprend effectivement hier soir qu'il annonce un
blocus du détroit d'Ormuz, semble-t-il, pour les bateaux iraniens. On verra ce
qu'il en est dans les prochains jours, mais depuis le début, effectivement, on
se prépare à toutes les éventualités.
On a d'ores et déjà mis en place un certain nombre d'aides sectorielles pour
les professions qui sont le plus touchées, c'est-à-dire pour ceux qui risquent
de perdre leur travail à cause de la crise du carburant : les transporteurs,
les agriculteurs, les pêcheurs.
> [Prix des carburants] Depuis le début, on a deux
principes importants. Le premier, c'est que les aides doivent être ciblées vers
ceux qui en ont le plus besoin. On l'a fait pour les métiers que j'ai évoqués.
On l'a fait aussi pour les ménages les plus vulnérables. C'est le renforcement
du chèque énergie à partir du 1er mai. Et le deuxième, c'est que les aides
soient financées. Évidemment, on verra s'il y a besoin de renforcer dans les
prochains jours. (…)
Si ça dure des mois, il y aura évidemment un renforcement des aides, mais à
nouveau avec ces principes clairs, ces ciblages et financements. Parce que
sinon, ce serait promettre aux Français de l'argent que l'on n'a pas, et donc,
aller, demain, leur reprendre dans une poche ce qu'on leur aurait promis de
l'autre.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Le coût sur la
croissance est en cours d'évaluation. On le présentera la semaine prochaine aux
organisations politiques, aux forces syndicales, aux représentants des élus
locaux. (…)
Il y aura un impact sur la croissance, évidemment. Il y aura un impact sur l'inflation.
Le montant précis, vous l'avez dit au début de l'interview, ça dépend vraiment
de l'évolution de la situation du conflit. Et ce qu'on présentera d'ailleurs
aux forces politiques, aux forces syndicales, aux forces économiques, c'est les
différents scénarios.
Marina Ferrari (ministre des Sports, de la Jeunesse et
de la Vie associative)
> Les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver des Alpes françaises 2030
doivent être à la hauteur des défis environnementaux auxquels nos territoires
de montagne sont confrontés. Nous faisons le choix d’un modèle exigeant, qui
conjugue excellence sportive, innovation et responsabilité écologique. Au-delà
de l’événement, notre ambition est d’embarquer durablement l’ensemble des
territoires alpins dans la transition écologique, en mobilisant les acteurs
locaux, les collectivités, les entreprises et les citoyens. Ces Jeux seront un
levier concret pour transformer les pratiques, accélérer les dynamiques déjà
engagées et construire un héritage utile aux générations futures.
> [Associations / Intervention au Sénat] Les
associations et leurs bénévoles jouent un rôle essentiel dans nos territoires. L'engagement
du Gouvernement est fort et stable : le fonds pour le développement de la
vie associative (FDVA) est resté à 68 millions d'euros et le fonds de
coopération de la jeunesse et de l'éducation populaire (Fonjep), à
37 millions d'euros ; en 2026, les financements des associations
de jeunesse et d'éducation populaire ont été maintenus à leur niveau
de 2025.
Les dépenses consolidées totales de l'État à destination des associations ont
crû de 44 % entre 2019 et 2023 et s'élèvent à plus de
9,5 milliards d'euros en 2024. S'y ajoutent les dépenses fiscales
pour 4,98 milliards d'euros en 2026 : le dispositif Coluche a
été doublé, ce qui était attendu.
L'État aide aussi les associations à se structurer, car elles sont très
dépendantes du financement public. Le réseau Guid'Asso, dont les guichets sont
en train de couvrir l'ensemble du territoire, les aide dans leurs démarches et
ses 7 millions d'euros de crédits ont été sanctuarisés.
Les conventions pluriannuelles d'objectifs peuvent aller jusqu'à quatre ans
pour donner de la visibilité budgétaire aux associations.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> À ceux qui ont signé la pétition s’opposant à la loi contre les
nouvelles formes d’antisémitisme : lisez ce texte, lisez-le vraiment. Cette loi
ne vise qu'à une chose: protéger nos compatriotes juifs qui s'interrogent
sur leur avenir dans leur pays, notre pays. Face à l'antisémitisme, aucune
ambiguïté.
> La prostitution broie et détruit des vies. Et aujourd’hui elle prend de plus en plus de vies d'enfants. Elle s'est déplacée en ligne et derrière un écran, un téléphone, une plateforme et des réseaux criminels qui prospèrent. Nous agissons. Depuis 2024, une stratégie nationale claire : frapper les réseaux, protéger les victimes, répondre à la bascule numérique. Accompagner vers la sortie, y compris les mineurs. Renforcer les associations. Responsabiliser les plateformes. Pénaliser les clients. La prostitution n'est pas « le plus vieux métier du monde ». Elle est le plus ancien système de domination au monde. C'est le plus vieux système de domination du monde.
> Mordka Eisner, Mordka Ejzenberg, Hersz Ejzenfisz, Moszek Ekchajzer, Daniel Eksztajn, Jojna Elbaum, Wolf Eldat… Des noms lus pour que le fil de la mémoire ne se perde jamais. Pour que nos consciences collectives ne s’éteignent pas.
> [Pétition contre la proposition de loi sur l’antisémitisme
/ Intervention à l’Assemblée] La France, depuis le 7 octobre 2023, a tenu
une ligne claire et sans aucune ambiguïté : la condamnation sans appel des
attentats terroristes perpétrés par le Hamas, qui a coûté la vie à
cinquante-et-un de nos compatriotes, et une demande claire de soutien à la
population civile par le gouvernement d’Israël.
La France a été le premier pays à se mobiliser en faveur d’une aide humanitaire
à Gaza.
Le premier pays à apporter son aide humanitaire à Gaza.
Notre pays doit, avec clarté, condamner la souffrance des civils et leur
apporter un soutien. Avec la même clarté, il doit combattre l’antisémitisme,
partout où il se trouve et tout le temps. J’invite celles et ceux qui ont signé
la pétition à lire le texte de la proposition de loi Yadan, qu’ils appellent à
rejeter – je doute qu’ils l’aient tous fait. Ils
constateront que le mot Israël n’y figure pas une seule fois !
Que faites-vous des droits humains ?
Le mot Israël n’y figure jamais ! Lisez ce texte et votez ce texte, qui
tend à protéger nos compatriotes juifs. Ils s’interrogent sur leur avenir dans
notre pays, le leur.
Il ne doit y avoir aucune ambiguïté dans notre combat contre
l’antisémitisme !
> [Droit à l’avortement / Intervention à l’Assemblée]
C’est l’honneur du Parlement d’avoir inscrit le droit
et la liberté d’accès à l’avortement dans la Constitution, à l’issue d’un
travail transpartisan que nous avons réussi à mener ensemble – je
le dis devant la présidente de votre groupe, Cyrielle Chatelain.
Cependant, les anti-droits et les anti-choix n’ont jamais désarmé dans notre
pays. Ils continuent à taguer, à menacer, à intimider, à financer et à tenter
de désorienter les jeunes femmes qui souhaiteraient avoir simplement accès à
leur liberté, désormais constitutionnellement garantie.
Face à cela, nous agissons. D’abord, en protégeant les lieux – je
suis en contact très régulier avec la présidente du Planning familial pour
garantir, en lien avec le ministère de l’intérieur, la protection de ses
structures et les accompagner vers des dépôts de plainte systématiques. Vous
avez raison de rappeler que le Planning familial, notamment à Strasbourg, a été
particulièrement ciblé, à plusieurs reprises – je
m’y étais justement rendue pour témoigner du soutien du gouvernement et de
l’État. Ensuite, les moyens alloués aux associations ont plus que triplé en dix
ans – même s’il est vrai que ceux que leur allouent certaines collectivités
locales ont parfois baissé.
Dans le budget pour 2026 que nous avons présenté, le soutien de l’État aux
associations continue d’augmenter.
La mobilisation est donc générale pour nos libertés, nos droits, nos choix
d’accès à l’IVG partout sur le territoire. Nous mettons tout en œuvre pour
garantir le libre accès à l’avortement, soutenir les associations et lutter
fermement contre ceux qui préfèrent désinformer, désorienter et manipuler – en
France, ils ne doivent pas pouvoir gagner !
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> L’expérience n’est pas un coût pour les entreprises, elle est une
richesse nationale. Une entreprise qui marginalise ses femmes expérimentées
affaiblit sa propre compétitivité, et ce message doit être porté avec force.
Notre responsabilité est aujourd’hui d’ouvrir une nouvelle étape : celle de la
pleine reconnaissance des femmes dans la seconde partie de carrière.
> Gouverner, c’est savoir écouter. Soutenir la
liberté de travailler sur la base du volontariat est une nécessité. Mais le
faire dans le respect du dialogue social est un devoir. Le Gouvernement
souhaite qu’une solution juste soit trouvée rapidement, car les demandes des
boulangers et des fleuristes sont légitimes.
SébastienLecornu refuse le passage en force pour privilégier la concertation,
sans briser le contrat social. Il choisit la voie de la sagesse et de
l’efficacité. Ce n’est pas reculer, c’est agir en responsable pour éviter la
fracture. On ne construit rien de durable par la force. Nous continuons
d'avancer pour la liberté de travailler, avec respect et méthode. Laissons les
polémiques aux cyniques, nous choisissons la méthode et l'apaisement.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Avec les Jeux des Alpes françaises 2030, nous ne visons pas seulement la
performance sportive mais aussi la performance environnementale. Nous nous
donnons tous les moyens pour que ce grand événement international s’inscrive
pleinement dans notre trajectoire de transition écologique. Face aux défis
spécifiques des territoires de montagne, nous faisons le choix de l’exemplarité
: réduire notre empreinte, préserver nos écosystèmes et accompagner des
transformations durables, en lien étroit avec les acteurs locaux. Notre
ambition est claire : faire de ces Jeux un héritage utile et concret pour nos
territoires.
> [Pollution / Intervention à l’Assemblée] Voici
l’heure de vérité pour ce texte déposé il y a plus de deux ans sur le bureau de
votre assemblée. Je salue d’abord votre travail, mesdames et messieurs les
députés, ainsi que celui des rapporteurs ; il a permis d’enrichir
considérablement le projet de loi.
J’évoquerai deux articles – sur les quatre-vingt que compte le texte –,
qui concentrent l’attention politique et médiatique : ceux relatifs au ZAN
et aux ZFE.
Le gouvernement vous proposera un amendement de compromis sur les ZFE. Il
consiste à faire confiance aux maires et aux intercommunalités pour leur mise
en œuvre. Je reviendrai ensuite sur le ZAN, afin de vous dire ce que prévoit
vraiment le projet de loi tel que l’a adopté la commission mixte paritaire.
Mesdames et messieurs les députés, simplifier n’est ni détricoter, ni
déréguler. Nous pouvons simplifier sans rien renier de nos standards
environnementaux. Voilà l’essence même de ce texte : faire plus vite, plus
simple et plus efficace, au service de la transition écologique. Cela est
évidemment possible, souhaitable et nécessaire.
Le gouvernement a pris ses responsabilités concernant les ZFE. Il a travaillé
avec l’ensemble des parties prenantes. Il a entendu les élus locaux et les
Français, notamment les plus modestes, pour qui ces dispositifs peuvent
représenter une réelle contrainte administrative et financière.
Nous avons cependant une responsabilité : protéger la santé publique et
améliorer la qualité de l’air. J’insiste sur le coût que représente la
pollution de l’air, évaluée par le Trésor à plus de 1 milliard d’euros par
an. C’est pourquoi nous avons proposé un compromis clair et assumé : il
maintient l’ensemble des exigences environnementales des ZFE et ne renonce ni à
nos objectifs sanitaires, ni à nos engagements écologiques, mais il redonne de
la souplesse et du pouvoir aux maires nouvellement élus.
Demain, les intercommunalités définiront les dispositifs les plus adaptés à
leur territoire. Le périmètre sera resserré, ciblé sur les zones où les enjeux
de qualité de l’air sont réels. Les élus locaux auront la main pour adapter les
mesures en fonction des réalités sociales et locales de leur territoire.
Surtout, ils pourront choisir les solutions les plus efficaces, ZFE ou
politiques alternatives – développement des transports en commun, mobilités
propres, politique de stationnement, ou encore accompagnement des usagers.
Bref, nous passons d’un dispositif uniforme à une approche territorialisée,
pragmatique et efficace. Cet effort s’accompagne évidemment de moyens. Je pense
aux aides à l’acquisition de véhicules peu polluants, qui figurent dans la loi
de finances pour 2026, ou à celles très ambitieuses en faveur de
l’électrification, évoquées la semaine dernière par le premier ministre.
Le gouvernement a donc fait sa part en construisant un compromis équilibré,
responsable, fidèle à ses engagements environnementaux. C’est désormais au
Parlement de décider. C’est à vous de dire si vous souhaitez conserver ce cap – celui
d’une écologie exigeante, mais adaptée aux réalités du terrain.
Sur le ZAN, l’exigence est maintenue.
L’exception faite dans ce texte est encadrée. Il faut rétablir ici quelques
vérités. L’article 15 ne remet pas en cause l’indispensable lutte contre
l’artificialisation des sols. Les inondations que nous venons de vivre
suffisent à nous convaincre de leur nécessité.
Il ne s’agit pas d’un recul mais d’une exception ciblée, strictement encadrée,
pour des projets indispensables à notre souveraineté et à la transition
écologique, uniquement pour ce type de projet.
Soyons précis dans les chiffres : l’industrie ne représente que 4 %
de la consommation d’espace. Conformément à la loi, les besoins identifiés, qui
restent limités, seront définis par arrêtés ministériels. Ainsi, nous parlons
d’un ajustement et non d’un renoncement. L’article 15 ne fait que
reprendre la marge d’appréciation de 20 % déjà prévue par voie
réglementaire. Dès lors, même si l’article est adopté et malgré les
imperfections qu’il présente ça et là, la réforme sera préservée dans ses
principes généraux.
Si le ZAN est nécessaire, il ne doit pas devenir un outil de blocage
stratégique. C’est tout le sens de l’article 15 : préserver la
trajectoire de zéro artificialisation, tout en permettant à la France
d’investir, de produire et de se transformer.
Au fond, la question qui vous est posée est simple : voulons-nous une
écologie qui bloque parfois ou une écologie qui sert à transformer ?
Voulons-nous des règles uniformes ou des solutions adaptées à chacun des
territoires de notre beau pays ? Le gouvernement a choisi la voie de la
responsabilité, du compromis et de l’efficacité.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Un cap historique est franchi : la fonction publique dépasse le seuil des
6 % d’emploi direct des agents en situation de handicap dans ses trois
versants.
Cette étape importante montre que la mobilisation collective porte ses fruits,
à commencer par l'exemplarité des employeurs publics. L’échange d’hier avec le FIPHFP,
acteur incontournable de cette dynamique, a aussi rappelé l’ampleur du chemin
qui reste à parcourir.
Ce résultat nous oblige pour la suite : il doit être un exemple du chemin qu’il
reste à parcourir pour progresser dans chacune des trois fonctions publiques et
garantir à chacun des parcours professionnels pleinement inclusifs.
> Se battre contre « la présomption
d’incompétence » vécue par sa fille porteuse de Trisomie 21.
C’est pour cette raison que le directeur d’une école de commerce à Écully a
imaginé un diplôme d’employé polyvalent du commerce et de la distribution
ouvert à des jeunes porteurs de troubles du neurodéveloppement.
J’ai eu le plaisir de rencontrer et d’échanger avec la première promotion de 17
étudiantes et étudiants : du magasin pédagogique à l’alternance, tout est pensé
pour préparer l’accès à l’emploi en milieu ordinaire.
Ce projet pédagogique, qui a abouti grâce à des partenariats publics et privés,
permet à ces étudiants « extraordinaires » d’étudier aux côtés des
étudiants « ordinaires ».
Un modèle à essaimer pour développer partout des formations professionnelles
adaptées et ouvertes à toutes et tous et, construire ensemble une société où
chacun peut s’épanouir et trouver sa place !
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> [Travail le 1er mai / Intervention à l’Assemblée] Les
inquiétudes exprimées par les organisations syndicales, à l’approche de cette
échéance, sont légitimes tout comme – vous l’avez souligné – les demandes visant à
sécuriser la situation des salariés et des artisans, notamment fleuristes et
boulangers. Vous connaissez la position du gouvernement, que j’ai rappelée ce
matin, à l’occasion d’une réunion de groupe à laquelle vous m’avez invité.
J’ai parfaitement conscience de la signification particulière du 1er mai,
de son statut spécial dans le code du travail, mais aussi de la nécessité de
sécuriser juridiquement l’activité de nos fleuristes et de nos boulangers.
Personne, ici, n’a voulu remettre en cause le caractère chômé, férié, rémunéré,
pour l’immense majorité des salariés, du 1er mai, ni – encore
moins – voler le 1er mai aux Français. Notre
objectif est clair et constant : apporter une réponse durable à ce
problème. C’est la raison pour laquelle la méthode que nous suivons, avec le
premier ministre, depuis vendredi, l’est tout autant : privilégier un
dialogue social de construction, ancré au plus près des réalités du terrain,
pour trouver des solutions.
J’ai réuni hier les organisations syndicales, je rencontrerai tout à l’heure
les organisations patronales, professionnelles et demain les fédérations
professionnelles, notamment les fleuristes et les boulangers artisanaux. Les
services du ministère seront informés des évolutions à venir, ainsi que des
orientations retenues dans les accords de branche qui seront négociés.
Quand ces accords seront finalisés, nous les inscrirons dans une loi. Dès 2026,
le problème sera réglé pour le 1er mai 2027. Certes, la
question du 1er mai 2026 se pose, vous l’avez rappelé. Le
gouvernement activera tous les leviers à sa disposition pour garantir la
sécurité et la sérénité du travail des commerces de proximité. Nous en
appellerons à l’intelligence collective de toutes les parties prenantes.
> [Travail le 1er mai / Intervention à l’Assemblée]
Je tiens aussi à rappeler qu’il existe déjà des dérogations dans la loi, qui
permettent à certains employeurs de faire appel à leurs salariés le 1er mai
afin d’assurer la continuité de l’activité des établissements dans lesquels
elle ne peut être interrompue. Sur la base de ces constats, j’ai réuni les
syndicats hier après-midi, je réunirai les organisations patronales ce soir à
17 heures 30 et demain les fédérations professionnelles,
particulièrement celles des fleuristes et des boulangers artisanaux. Avec le
premier ministre, nous avons choisi de respecter le message exprimé par les
partenaires sociaux, car le dialogue social est un principe essentiel de notre
action pour apporter des solutions solides aux difficultés rencontrées par les
Français.
Une intervention législative sera nécessaire pour boucler ce sujet du 1er mai.
Comme vous êtes, vous aussi, attaché au dialogue social, j’espère que vous le
montrerez en votant l’accord conclu dans le projet de loi que nous présenterons
bientôt pour réformer l’assurance chômage.
> [Travail le 1er mai / Intervention à l’Assemblée]
La Cour de cassation a confirmé dans sa décision du 14 mars 2006 que nous
nous trouvons dans une impasse. Soyons clairs, la loi a besoin d’être modifiée
pour résoudre une insécurité juridique. C’était l’objectif de la proposition de
loi : j’en partageais l’ambition et j’y étais favorable.
Le gouvernement est clair, son ambition n’a pas changé, mais il privilégiera
davantage le dialogue social, puisque la réponse sociale a été très forte. Tous
les syndicats, quelle que soit leur sensibilité, ont exprimé leur
incompréhension. L’absence de convergence s’explique peut-être par un
élargissement mal compris de la possibilité pour les entreprises d’ouvrir le 1er mai.
Le 1er mai n’est pas un jour comme les autres. Il a son
histoire : c’est le jour des travailleuses et des travailleurs. On ne
touche donc pas au 1er mai sans prendre de précautions, notamment
sans en avoir discuté suffisamment avec les partenaires sociaux.
L’ambition du gouvernement n’a pas changé, mais sa méthode passera par
davantage de dialogue social. Nous avons discuté avec les partenaires sociaux
des accords de branche qui préciseront la façon dont s’organiseront les
dérogations. Une loi transposera ces accords. Certes, cela prendra quelques
mois, mais la situation sera réglée d’ici au 1er mai 2027. Je
m’y engage.
La valeur travail m’est chère. Je suis tout à fait conscient que, pour
redresser le pays, il faudra que tous travaillent davantage – jeunes,
seniors, hommes, femmes, travailleurs en situation de handicap – et nous
préparons plusieurs lois pour y inciter plus fortement. En ce qui concerne le 1er mai,
le dialogue social sera indispensable si nous souhaitons faire les choses
proprement, compte tenu de la sensibilité du sujet.
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes
entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> [Simplification de la vie économique / Intervention à l’Assemblée] À
l’époque où le projet de loi de simplification de la vie économique a vu le
jour, j’étais bien loin de m’imaginer dans cet hémicycle, à cette tribune, prêt
à m’adresser à la représentation nationale. J’étais plutôt habitué à échanger
avec mes anciens collègues commerçants ou mes amis entrepreneurs. De quoi
parlions-nous ? De leur fatigue, bien réelle, qui use et conduit à
l’épuisement.
Elle est d’abord liée au stress : celui, pour un commerçant, de trouver un
local et de devoir avancer des sommes parfois astronomiques – quatre
ou cinq mois de dépôt de garantie, avant même d’avoir commencé à travailler.
Une fois installé, le stress continue, car il faut payer les loyers. Or en
payer trois d’un coup au début du mois représente un énorme trou dans la trésorerie.
Par exemple, à La Rochelle, pour un commerçant classique, cela peut représenter
8 000 euros, à sortir en début de mois. Il s’agit souvent du premier
poste de dépenses pour ces entreprises, en particulier pour celles qui démarrent
leur activité. Parfois, cela fragilise tout.
Lorsque l’activité s’arrête, il y a le stress de ne pas savoir si, quand et
dans quelles conditions le dépôt de garantie sera restitué.
Face à cette situation, que propose le texte sur lequel vous vous prononcerez
cet après-midi ? L’article 24 comporte trois avancées notables pour
les petits commerçants : la mensualisation des loyers, l’encadrement des
garanties, qui ne pourront pas dépasser trois mois de loyer, et leur
restitution plus rapide à la fin de la location, sous trois mois au maximum.
Cependant, les causes de la fatigue dont je vous parlais ne s’arrêtent
cependant pas là. Outre le stress, les chefs d’entreprise connaissent le
surmenage : ils tiennent leur boîte à bout de bras et doivent affronter
des heures de paperasse, de formulaires et de déclarations, avec la peur
d’oublier quelque chose ou celle d’un contrôle qui tombe et les sanctionne,
alors même que la règle était incompréhensible, voire absurde. Cela n’est pas
tenable.
L’administration ne doit pas être vue comme un obstacle, elle peut et doit
devenir un partenaire. Et sur ce point, le texte propose aussi des mesures.
L’article 27 crée le « test PME » ou « test
entreprises ». Le principe est simple : on arrête de créer des normes
sans regarder leurs effets ni prendre en compte le regard des premiers
concernés. L’objectif est de mieux associer les entreprises, surtout les plus
petites, à la création de la norme. Ce test leur donne la possibilité d’évaluer
qualitativement et quantitativement l’impact des nouvelles normes, avant leur
adoption.
Pour quoi faire ? Pour vérifier qu’elles sont applicables, pour en mesurer
les coûts et pour éclairer les décisions. Il s’agit à la fois d’associer
davantage les entreprises en amont – dès la création des normes –, et de mieux
les traiter en aval, lorsque ces normes sont appliquées, en évitant par exemple
une pénalisation excessive de la vie économique – qui
constitue un frein pour ceux qui veulent entreprendre ou investir. L’article 10
prévoit ainsi la suppression des peines d’emprisonnement – excusez
du peu – en cas de manquement déclaratif mineur.
Il existe enfin un troisième facteur de fatigue : le découragement face à
la lenteur. Prenons l’exemple de la commande publique. Actuellement, tout est
trop compliqué et trop lent. Demain, avec le projet de loi, ce sera différent.
L’article 4 prévoit la généralisation du recours à la plateforme publique
Place, qui offre un grand nombre de services gratuits.
Concrètement, une entreprise d’électricité pourra être prévenue, grâce à des
notifications, de l’ouverture de marchés publics dans son secteur d’activité et
dans sa région, puis elle pourra déposer sa candidature sur la plateforme
publique sécurisée et gratuite. Voilà une mesure concrète qui simplifierait la
vie des très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME).
Les seuils de dispense, de mise en concurrence et de publicité seront relevés,
ce qui allégera également les charges associées pour les entreprises. Il est
prévu de rehausser les seuils pour les marchés publics.
Ces mesures sont loin d’être anecdotiques : la commande publique
représente 170 milliards d’euros, et 60 % des marchés en volume sont
attribués à des PME.
Le découragement peut aussi être ressenti par un petit professionnel quand il
se sent piégé par un contrat qu’il ne peut pas résilier avant le terme annuel,
alors même qu’une offre plus avantageuse existe. Cette réalité concerne
notamment les contrats d’assurance dommages. Ce texte corrige cela et accorde
aux artisans, aux commerçants et aux petits professionnels les mêmes droits
qu’aux particuliers : la résiliation du contrat sera désormais possible à
tout moment après la première année. Oui, mesdames et messieurs les députés,
cela change la situation.
Nous posons une question simple : comment rendre les Français moins
fatigués, moins stressés et moins découragés ?
Depuis cinquante ans, ils ont perdu trente heures de sommeil mensuel. Dans le
même temps, les entrepreneurs passent plus d’une trentaine d’heures par mois à
effectuer des tâches administratives.
La réponse est donc claire : simplifions, rendons des heures aux Français
pour libérer la production car l’enjeu se trouve là : il s’agit de
produire à nouveau en France. Je mène ce combat à la tête de mon ministère afin
de défendre le « fabriqué en France », y compris pour les produits du
quotidien.
Derrière cette idée, il y a l’objectif essentiel de garantir notre souveraineté
industrielle et numérique, en facilitant l’installation d’usines de production
d’hydrogène, de recyclage des plastiques, ou encore de centres de données,
reconnus comme des projets industriels d’intérêt national majeur.
Nous devons disposer d’infrastructures à la hauteur pour garantir la qualité du
quotidien, en permettant l’accès au réseau partout, comme le demandent les
habitants de nombreux territoires ruraux ou périurbains qui souffrent de
l’existence de zones blanches.
L’installation des pylônes mobiles sera ainsi facilitée, car le projet de loi
met fin à un mécanisme spéculatif grâce auquel des propriétaires fonciers
imposaient des loyers prohibitifs aux opérateurs. Le texte rétablit
l’équilibre, afin de concilier transition numérique et protection des
territoires.
Ce projet de loi, qui aura coûté des heures de sommeil à plusieurs d’entre
nous, permet donc de garantir notre souveraineté. Il a été élaboré patiemment
et collectivement. Je salue d’ailleurs la méthode de coconstruction avec les
parlementaires, voulue, au moment de l’élaboration du texte, par Bruno
Le Maire et Olivia Grégoire ; elle a conduit au texte que nous
étudions aujourd’hui.
Cette méthode a également reposé sur de larges consultations publiques et sur
les apports de nombreuses fédérations et organisations professionnelles et
syndicales. Il y a aussi eu les apports de citoyens qui sont nombreux à saluer
ce projet de loi, à l’attendre pour soulager leur quotidien, et à appeler à sa
promulgation rapide.
Alors, mesdames et messieurs les députés, allons au bout de ce texte. Vous
l’avez compris : c’est une première étape pour rendre du temps aux
Français, pour leur donner de l’air, pour libérer l’envie d’entreprendre, de
travailler et d’avancer, pour en finir avec les tracas inutiles, les stress qui
n’ont pas lieu d’être, tout ce qui freine, sans jamais créer. Il permettra
enfin à nos artisans, à nos entrepreneurs, à nos commerçants et à nos chefs
d’entreprise de faire ce qu’ils savent faire : accompagner leurs salariés,
travailler pleinement et librement, et ressentir le soir non de l’épuisement mais
la bonne fatigue du travail bien fait.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Ma boussole : redonner à l’École la sérénité dont elle a besoin.
> Toute l’éducation consiste à éveiller la conscience avant l’exposition au contenu. Avec le numérique, en donnant un téléphone à un enfant de 8 ans, on l’expose au contenu avant d’éveiller sa conscience. Remettons les choses dans le bon ordre.
> Les mathématiques sont un élément clé de notre souveraineté. Nous en avons besoin pour rester une grande nation scientifique. Depuis 2018, beaucoup a été fait : focalisation sur les savoirs fondamentaux dans le premier degré, formation de tous les professeurs des écoles en mathématiques, classes à horaires aménagés, épreuve au concours général des collèges, actions en faveur de la parité filles - garçons dans les sciences… Tous les jours, l’Éducation nationale tend vers cet objectif.
> Une école, un collège ou un lycée ne se construisent pas en 8 jours. Oui, la baisse démographique nous impose de nous adapter. Dans 10 ans, l’École comptera 1,7 million d’élèves en moins. Faisons de cette baisse une opportunité de long terme : nous proposons de penser le maillage territorial de l’École à partir des besoins exprimés par les territoires. Anticiper, pour ne pas subir.
> J’ai décidé de diligenter une enquête de l’inspection générale de l’Éducation nationale, du sport et de la recherche sur le cas de l’enfant de 9 ans qui a été retrouvé séquestré dans une camionnette. Elle devra établir les éventuelles responsabilités administratives et dire pourquoi personne n’a été capable de repérer cet enfant plus tôt.
> Promouvoir la culture scientifique ! C’est l’ambition du partenariat que nous avons signé avec la présidente d’Univers science. En développant la culture scientifique, technique et industrielle de nos élèves dès le plus jeune âge, nous contribuons à éveiller leur goût pour les sciences, à nourrir leur esprit critique et à susciter des vocations. C’est en cultivant cet intérêt que nous ferons émerger les futurs scientifiques, ingénieurs et techniciens dont notre pays a besoin, notamment parmi les jeunes filles !
> Aux côtés du Medef pour soutenir « Code F », une initiative concrète pour encourager les filles à s’orienter vers les carrières scientifiques et techniques. Plus de 1 300 femmes scientifiques et technologiques se mobilisent partout en France pour aller à la rencontre des collégiens et lycéens, et donner envie aux jeunes filles de se projeter dans ces métiers d’avenir. C’est le sens de la convention que nous signons aujourd’hui, pour faire évoluer les représentations dès le collège, mais aussi renforcer le lien entre l’École et l’entreprise, au service de l’égalité des chances et de l’insertion professionnelle.
> [Baisse du nombre des élèves / Intervention à l’Assemblée]
Je le répète depuis plusieurs semaines : nous sommes dans une situation
démographique générale alarmante. J’ai fait établir et publier des projections
qui montrent que dans les dix prochaines années nous perdrons 1,7 million
d’élèves sur les 11,8 millions que compte notre pays.
Si on examine la situation à Paris, on constate une baisse de 20 % du
nombre d’élèves en huit ans, et on estime à 30 % la baisse supplémentaire
d’ici à 2035. Autrement dit, Paris aura perdu quasiment 45 % de ses élèves
en quinze ans. C’est la réalité.
Nous essayons à la fois de tenir compte de la situation démographique et de
diminuer le nombre d’élèves par classe. À Paris, pour rester sur le même
exemple, il est passé, en l’espace de quelques années, de 23,7 élèves par
classe à 20,1.
Le taux d’encadrement dans l’académie de Paris est donc l’un des plus élevés. S’agissant
de l’exemple précis que vous avez évoqué, dans le cadre de la nouvelle carte
scolaire des fermetures ont été annoncées – ainsi
que des ouvertures, ne l’oublions pas. À ma demande, le conseil départemental
de l’éducation nationale est revenu, après évaluation, sur une quinzaine de
fermetures. S’il s’avère que les calculs comportent des erreurs ou que de
nouvelles inscriptions ont fait suite à des déménagements, il sera toujours
possible de faire des ajustements, aux mois de juin et d’août, pour ouvrir des
classes là où c’est nécessaire – y compris pour l’exemple que vous avez évoqué.
Si besoin, nous le ferons. Mais n’oublions pas que nous subissons une chute démographique
majeure, en particulier à Paris.
> [Education prioritaire / Intervention à l’Assemblée]
La question se présente ainsi : notre carte de l’éducation prioritaire
comporte 1 097 réseaux, dont 361 réseaux renforcés, les REP+,
qui tiennent compte des concentrations géographiques de grande pauvreté. Cette
carte, qui a vocation à être révisée périodiquement, l’a été pour la dernière
fois en 2014, si bien qu’elle est aujourd’hui, objectivement, en partie
obsolète. Je l’ai dit dès ma prise de fonction.
Nous rencontrons cependant une petite difficulté : pour réviser cette
carte, il faut à la fois définir les critères de révision – les
critères de 2014 étant eux-mêmes obsolètes – et travailler avec les
collectivités locales qui sont, curieusement, tout comme les équipes pédagogiques,
d’ailleurs, parfois assez favorables au fait d’entrer dans un réseau d’éducation
prioritaire, mais beaucoup moins à l’idée d’en sortir, quand bien même leur
situation s’est largement améliorée entre-temps.
Enfin, nous devons aussi nous synchroniser avec le mouvement des enseignants.
En effet, je ne peux pas m’amuser – pardonnez-moi l’expression – à faire sortir
un établissement d’un réseau d’éducation prioritaire sans avoir donné la
possibilité aux enseignants de postuler au mouvement pour se réorienter, s’ils
le souhaitent, vers un autre réseau d’éducation prioritaire.
Pour que le processus aille à son terme, il faut donc compter, en moyenne,
entre quinze et dix-huit mois. Ajoutez à cela la période de réserve des
élections municipales, puis celle de l’élection présidentielle, et vous
constaterez que je dispose devant moi d’un délai assez court ! Enfin, et
accessoirement, il se trouve que j’ai tendance à respecter le verdict des
urnes : je ne voudrais pas préempter une décision qui sera potentiellement
au cœur du débat public l’année prochaine. Donc voilà ce que je vais
faire : commencer un travail technique portant sur les critères et la
carte, afin que tout soit prêt pour mon successeur, quel qu’il soit. La carte
pourra être ainsi modifiée en temps utile, en synchronisation avec le prochain
mouvement des professeurs. Je ne pourrai pas faire davantage dans le délai qui
est le mien !
> [Baisse du nombre d’élèves / Intervention à l’Assemblée]
Nous faisons face à une baisse massive des effectifs scolaires. Nous ne pouvons
pas totalement l’ignorer. Quand on perd 25 % de ses élèves en quinze ans,
on ne peut pas faire comme si on n’était pas confrontés à une secousse d’ordre
sismique ! Quand, en certains endroits, la chute est de 40 à 50 %
d’élèves, on ne peut pas faire comme si de rien n’était !
Ensuite, vous avez raison, notre contrat social en matière de système éducatif
repose historiquement, depuis Guizot, sur l’accessibilité territoriale de l’école
– principe que nous ne cherchons pas à fragiliser, au contraire. Je
rappelle qu’aujourd’hui, 30 % des écoles se situent en zone rurale, pour
seulement 18 % des élèves ; et que 8 % des établissements ne
comportent qu’une seule classe. Vous évoquiez les classes multiniveaux, sachez
que dans certaines classes, il arrive qu’un élève fasse toute sa scolarité en étant
le seul représentant de son niveau, ce qui n’est pas forcément un service pédagogique
à lui rendre !
À voir ! Il reste qu’il faut trouver un équilibre entre l’offre scolaire
et l’aménagement du territoire. À cet égard, nous devons changer de braquet et
transformer la difficulté en occasion – j’en conviens –, en réduisant le nombre d’élèves
par classes. Vous noterez d’ailleurs avec intérêt qu’en Saône-et-Loire, vous êtes
passés, en l’espace de cinq ans, de 22,2 élèves par classe à 20,6 ; c’est
donc bien la direction prise, ce n’est pas inintéressant de le mesurer.
Nous devons surtout inverser la logique qui nous enferme depuis des années dans
une gestion budgétaire annuelle. Nous nous attelons à ce changement de
logiciel. Jusqu’à présent, le nombre de postes supprimés ou octroyés en loi de
finances se traduisait chaque année par une répartition ministérielle au niveau
académique, puis à l’échelon départemental.
Cette année sera expérimentale. J’ai inversé la méthode, en partant de quinze
départements – dont je communiquerai la liste la semaine
prochaine –, qui feront remonter eux-mêmes leur projet de carte scolaire à
un, deux et trois ans, ce qui permettra de déterminer les besoins à inscrire
dans le projet de loi de finances. Si cette expérimentation est concluante, je
généraliserai cette méthode l’année prochaine.
> [Violences dans le périscolaire / Intervention à
l’Assemblée] Sur cette situation criminelle : il ne s’agit pas seulement
de dysfonctionnements administratifs mais bien de crimes commis sur des
mineurs, avec toutes les conséquences que vous avez rappelées.
Si un problème de frontière administrativo-juridique se pose effectivement, il
ne nous empêche pas d’agir. Du côté de l’éducation nationale, j’ai engagé
depuis plusieurs semaines plusieurs actions fortes. En matière de détection et
de repérage, nous avons diffusé un guide unique facilitant les signalements au
procureur – au titre de l’article 40 du code de procédure
pénale – et les dépôts de plainte. Nous avons formé à ce sujet tous les
directeurs d’école de la Ville de Paris. J’ai également institué une déléguée à
la protection des enfants à l’école, qui pourra être saisie quelle que soit la
personne responsable, qu’elle relève du scolaire ou du périscolaire. Enfin,
dans le cadre du projet de loi relatif à la protection de l’enfance, nous défendrons
des dispositions concernant le contrôle d’honorabilité ainsi que
l’établissement d’une liste noire : celle-ci recenserait les agents
publics qui se seraient rendus coupables d’actes sur mineurs non pénalement
répréhensibles, néanmoins inacceptables, afin qu’ils ne puissent plus être réembauchés
ni au sein de l’éducation nationale ni au contact des mineurs de manière
générale.
Du côté du périscolaire, la situation relève des collectivités territoriales,
mais cela n’interdit pas des contrôles. Je réponds au nom de Marina Ferrari,
qui est en charge de ce portefeuille : en trois ans, nous avons augmenté
les contrôles de 70 % et cent agents supplémentaires y seront dédiés.
S’agissant plus particulièrement du périscolaire parisien, le maire de Paris a
annoncé un nouveau plan. Nous étudions la faisabilité d’une mission conjointe
qui serait menée par les différentes inspections générales. Pour être tout à
fait honnête avec vous, nous sommes en train d’expertiser son périmètre
juridique, car les droits d’accès varient en fonction de la nature du service rendu.
Marina Ferrari reviendra vers vous très prochainement à ce sujet, mais sachez
qu’il est à l’étude.
> [Baisse du nombre d’élèves / Intervention au Sénat]
Nous poursuivons la baisse des effectifs par classe. Mais il faut comparer ce
qui est comparable : la dernière fois que l'Italie a affiché le même taux
de fécondité que la France - 1,6 enfant par femme -, c'était
en 1980 et le taux de fécondité de l'Allemagne est de 1,3 enfant par
femme depuis la fin des années 1990.
Si l'on décidait de maintenir le nombre d'enseignants pour réduire
drastiquement le nombre d'enfants par classe, dans sept ou huit ans, mon
successeur, quelle que soit sa couleur politique, sera confronté à une
ingérable crise du recrutement : on ne saura pas rallumer le moteur quand
il faudra réembaucher des professeurs. Voilà pourquoi je privilégie un
atterrissage en douceur.
Le principe « pas de fermeture d'école sans accord du maire » est
intangible. Je ne sais pas où vous m'avez entendu tenir des propos ambigus...
Nos projections à dix ans nous permettent de travailler avec plus de visibilité
sur la carte scolaire de demain, dans une double logique : offre scolaire
et aménagement du territoire. Mais ce travail reste toujours soumis à
l'annualité budgétaire.
> [Durée des cours dans le secondaire / Intervention
au Sénat] Les établissements disposent d'une autonomie pédagogique pour
organiser le temps scolaire, dans le respect des volumes horaires
réglementaires dus à chaque élève et des obligations de service des
enseignants.
Les cours de 45 minutes, expérimentés dans plusieurs établissements,
posent la question du temps réglementaire dû aux élèves. Le code de l'éducation
fixe le cadre d'une expérimentation : durée limitée, évaluation
rigoureuse, accord des équipes pédagogiques.
Il a effectivement été décidé de mettre fin à cette expérimentation au collège
international de Noisy-le-Grand, car les emplois du temps ne garantissaient pas
aux élèves la totalité des heures d'enseignement dues. En outre, nulle
évaluation externe objectivée. Enfin, les équipes pédagogiques sont
majoritairement favorables à l'arrêt du dispositif. Néanmoins, les
enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) seront maintenus.
J'ai toutefois commandé une évaluation nationale sur les cours de
45 minutes, afin de voir s'il y a lieu ou non d'inscrire de manière plus
pérenne cette possibilité dans les textes.
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> Entretien avec Clément Beaune, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan.
Un échange ouvert sur les grandes évolutions scientifiques et technologiques à
l’œuvre. Dans un monde en transformation rapide, une conviction partagée : la
science doit pleinement éclairer l’action publique.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> [Prix des carburants] Nous n'avons pris aucune décision sur l'encadrement
des marges des distributeurs.
> [Prix des carburants] Si la situation venait à perdurer en mai, nous ne lâcherons pas les secteurs économiques les plus exposés.
> [Prix des carburants / Intervention à l’Assemblée]
Nous ne procéderons pas au blocage des prix du carburant. Nous le
répétons chaque semaine : une divergence de fond nous oppose [avec LFI].
Dans une économie de marché, le prix dépend des conditions de la production et
des transports internationaux – en l’occurrence, de l’ouverture ou non du détroit
d’Ormuz. Dans ces conditions, un blocage franco-français des prix, qui ferait
fi de toutes les augmentations de coût pesant sur les produits raffinés,
notamment les coûts de transport, reviendrait à nier le fonctionnement même du
marché.
Vous évoquez régulièrement un prix autour de 1,70 euro. Mais si ce prix
devenait inférieur aux coûts réels de production et de marché ? les
risques de pénurie seraient réels. Je ne peux donc que répéter ce que nous vous
disons depuis plusieurs semaines maintenant.
> [Prix des carburants / Intervention à l’Assemblée]
Depuis le début de la crise, vous le savez, nous avons les yeux rivés sur ce
qui se passe au Moyen-Orient – c’est par cela que vous auriez dû commencer. La
situation est volatile, les prix fluctuant en fonction des prises de parole des
chefs des grandes puissances, en premier lieu de Donald Trump.
Dès les premiers jours du conflit, nous avons réagi. D’abord, à la demande du
Premier ministre, nous nous sommes tenus aux côtés des agriculteurs et des pêcheurs
– vous l’avez souligné, ils traversent une phase difficile – ainsi
que des transporteurs, leur apportant une aide d’urgence susceptible de rendre
l’activité économique soutenable. En effet, il y va d’emplois, de salaires et
d’autres enjeux sociaux importants. Nous adapterons ce dispositif autant que
nécessaire dans les jours et les semaines à venir, suivant l’évolution de la
situation – qui dépasse le cadre franco-français. Ces aides,
nous l’avons dit, peuvent être reconduites et au besoin amplifiées.
Parmi les pistes pour faire baisser durablement le prix des carburants, vous
évoquez la réduction de la TVA à 5,5 %, mais les 12 milliards d’euros
que coûterait cette mesure ne sont pas financés dans vos propositions
Quant à l’exploration de nouveaux gisements d’hydrocarbures, nous avons un
désaccord fondamental. Notre approche de l’énergie implique de décarboner et
d’électrifier les usages et, pour cela, de recourir aux énergies renouvelables
et à l’énergie nucléaire, certainement pas d’aller chercher de nouveaux
gisements de pétrole ou de gaz de schiste.
> [Fraude aux C2E / Intervention au Sénat] J'étais
ce matin avec les agents de la direction générale de l'énergie et du climat.
Nous avons échangé sur la fraude aux C2E, qui est inacceptable : c'est un
vol d'argent public.
Les effectifs de l'État alloués au contrôle des C2E ont été renforcés, mais
demeurent insuffisants au regard de l'ampleur du dispositif. La loi du
30 juin 2025 a introduit des sanctions plus rapides, des plafonds de
pénalités plus élevés, ainsi que la possibilité de recourir au name and
shame. Là encore, pour mettre en application cette loi, il faut des
effectifs suffisants. La coopération entre les services s'est intensifiée, avec
un recours accru à l'intelligence artificielle et au contrôle à distance.
Fin 2025, des fraudes ont été détectées sur des opérations de rénovation
d'éclairage extérieur, particulièrement en outre-mer. Le Gouvernement a réagi
rapidement en supprimant certains avantages et en limitant ces aides à
l'éclairage public. Des vérifications sur site ont été demandées et donneront
lieu à des rejets d'opérations et à des sanctions si nécessaire. Par ailleurs,
les dispositifs liés à l'éclairage des bâtiments ont été supprimés
début 2026 en raison de nombreuses anomalies constatées.
Des ajustements ont également été réalisés sur les déstratificateurs, à la
suite d'alertes de la filière. Désormais, l'intégralité de ces opérations fait
l'objet de contrôles sur site.
Nous prenons en compte ces éléments dans l'élaboration des nouvelles fiches.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> [Défaite d’Orban] C'est d'abord une victoire pour le peuple hongrois, qui
a fait le choix de tourner le dos à la corruption, à la remise en cause de
l'État de droit, au populisme illibéral. Ça montre d'ailleurs qu'il n'y a
aucune fatalité : les populistes ne l'emportent pas quand la population se
mobilise, quand on a un message porteur d'espérance. C'est aussi une victoire
pour l'unité européenne. On le sait, on est dans un contexte d'agression russe
contre l'Ukraine. La Hongrie de Viktor ORBÁN bloquait un certain nombre de dispositifs
de soutien à l'Ukraine. Je pense par exemple aux près de 90 milliards pour
l'Ukraine sur le plan économique et militaire, alors que pourtant Viktor Orban
l'avait soutenu en décembre, mais le bloquait. Il bloque l'avancée du processus
d'élargissement. Il était le relais, au fond, de l'administration Trump et de
la Russie de Poutine en Europe. Donc, c'est une avancée pour l'unité européenne
et pour la sécurité des Européens.
> Monsieur Bardella veut peut-être faire oublier qu'il est l'allié de Viktor Orban au Parlement européen, c'est-à-dire du groupe Patriotes, que Marine Le Pen est allée soutenir Viktor Orban, comme J.D. Vance ces derniers jours en Hongrie. Donc quand on parle d'ingérence, c'est plutôt celle des alliés de Monsieur Orban, à l'extrême droite de l'échiquier politique, qui sont allés le soutenir. Mais une fois de plus, le plus important, c'est qu'on a vu la mobilisation de la population hongroise, qui a décidé d'un nouveau chemin, d'un nouvel élan, qui a décidé de tourner le dos à la corruption, à la remise en cause de l'État de droit et à l'illibéralisme.
> Les Européens voient le monde qui les entoure. Ils voient une Amérique qui nous tourne le dos et qui, parfois, nous cible. Ils voient la menace de la Russie - non seulement l'agression de la Russie contre l'Ukraine, mais les ingérences, les attaques cyber, les menaces et intimidations de la part de Vladimir Poutine et un monde qui devient plus dangereux. Il faut se poser des questions très simples : est-ce qu'on est plus forts en partant cavalier seul, en étant isolés ? Ou est-ce qu'on doit travailler ensemble, à 27, pour exercer, pour assumer une puissance et une souveraineté européennes, et défendre nos intérêts collectivement sur la scène internationale ? Et c'est pour ça que les voix eurosceptiques, les voix populistes d'extrême droite, qui sont souvent le relais d'ailleurs de Vladimir Poutine ou de Donald Trump en Europe, sont sur le recul. Donc, une fois de plus, cette élection d'hier et les autres exemples que vous avez donnés montrent qu'il n'y a absolument aucune fatalité au populisme, au nationalisme, et qu'on doit continuer de porter haut et fort nos valeurs et d'assumer aussi cette idée européenne. On ne va pas décrocher les drapeaux européens sur les parvis des mairies, comme l'ont fait les maires du Rassemblement national, mais assumer que c'est l'intérêt de notre pays : qu'on a fièrement le drapeau français aux côtés du drapeau européen, qu'on est patriotes, qu'on est pro-européens. C'est comme ça qu'on va aussi défendre notre civilisation sur la scène internationale.
> Une excellente nouvelle pour notre industrie. Sous impulsion française, un accord ambitieux a été trouvé pour protéger l’industrie sidérurgique en Europe. Dès juillet, la quantité de produits sidérurgiques qui pourra entrer sans taxe sera fortement réduite et des droits de douane seront appliqués au-delà de certains quotas. La naïveté commerciale, c’est fini. L’Europe protège ses intérêts et lutte contre la concurrence déloyale.
> Le rapprochement de l'Arménie avec l'UE est son choix souverain. Son peuple souhaite la démocratie et la paix. Face aux tentatives de déstabilisation russes, nous travaillons à ses côtés pour lutter contre les ingérences et renforcer la cybersécurité de ses institutions.
> J’ai rendu aujourd’hui hommage aux victimes du génocide arménien et à la renaissance de la nation arménienne au mémorial du génocide d’Erevan. Il n’y aura jamais pour la France ni oubli ni déni.
> Ce matin au musée national de l’Arménie pour visiter l’exposition « Dialogues sacrés ». Une exposition qui met en lumière toute la richesse et la diversité de la production de l’Arménie et de l’Orient chrétien à travers les siècles. C’est un moment historique, avec la venue pour la première fois en Arménie de trésors venant du Louvre.
> Je mets la tech au cœur de tous mes déplacements. Pas de puissance sans innovation, sans entrepreneurs, sans risque. À Erevan , accompagné de pépites françaises de l’IA, j’ai rencontré l’écosystème arménien, très dynamique. Les start up arméniennes seront présentes cette année à Vivatech.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Pour 2027 je ne crois pas au Père Noël ! Il y a beaucoup d’hommes et de
femmes de grand talent : travaillons en équipe à un projet pour la France et
pensons aux Français avant de penser aux ambitions personnelles.
> Il faut écouter le Parlement, il faut écouter les organisations syndicales. On ne peut pas réformer le pays si l’on ne se parle pas !
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Promesse tenue. Grâce à mon groupe, l'Assemblée examinera dès le 1er juin
la proposition de loi sur les violences en milieu scolaire issue de la
commission d'enquête. Tous mobilisés.
> [Travail le 1er mai] Je déplore évidemment cette décision qui pénalise l'ensemble des artisans boulangers et fleuristes. De quoi parlait-on ? De permettre à leurs salariés volontaires de travailler le 1er mai en étant payés double et avec un jour de congé supplémentaire. Loin, très loin de la casse sociale. L’engagement qui avait été pris envers eux, par le Gouvernement lui-même, ne sera donc pas tenu. Je comprends la colère et la déception de nos artisans. Il faudra revenir sur les causes profondes de l'absurdité politique et technocratique de cette situation, et sur ce que ce débat dit des blocages qui entravent notre pays. En France, en 2026, des grandes surfaces ou des chaînes de fast food peuvent ouvrir le 1er mai, mais pas les fleuristes ou les boulangers indépendants qui le veulent. Et le scandale serait de leur permettre de travailler. Quelque chose ne tourne pas rond. Ce texte n'était un texte contre personne, mais un texte pour la liberté, pour le travail, pour le pouvoir d'achat, pour nos artisans. Pour sortir par le haut de cette situation, nous appelons le Gouvernement à donner instruction aux administrations et aux inspections concernées de ne pas sanctionner les artisans qui feront le choix d’ouvrir le 1er mai prochain.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Je regrette vivement ce qui vient de se passer à l’Assemblée
nationale. Sous prétexte de « simplification », l’Assemblée nationale
vient de voter la fin du « Zéro artificialisation nette », la
politique publique qui vise à réduire la bétonisation de notre pays. Elle a
également voté la fin des « Zones à faibles émissions », la politique
publique qui vise à limiter la pollution de l’air et son impact délétère sur la
santé de dizaines de milliers de Français, notamment des enfants. Une
disposition qui est présente dans toutes les autres grandes démocraties
européennes. Cela me désole. Ces votes portés par l’extrême droite posent un
double problème. Sur le fond, d’abord. Ces remises en cause ne vont pas dans le
sens de l’intérêt des Français. Le ZAN est une réponse concrète à des réalités
que chacun peut constater : la disparition progressive des terres agricoles,
l’aggravation des inondations du fait de l’artificialisation et du dérèglement
climatique, l’intensification des sécheresses. Les mêmes qui se réjouissent de
ces régressions législatives viennent cyniquement au chevet des sinistrés après
chaque catastrophe naturelle, et promettent d’en tirer les leçons. Les mêmes
qui prétendent défendre les élus locaux créent une instabilité juridique
majeure pour leurs documents d’urbanisme. Les zones à faibles émissions visent,
pour leur part, à réduire les milliers de décès précoces et les dizaines de
milliers de pathologies liées à cette pollution : asthme, cancers, diabète,
infarctus ou AVC. Sur la forme ensuite. Ces remises en cause majeures sont le
fait d’amendements dont la constitutionnalité est douteuse car sans rapport
avec l’objet du texte. Tous les groupes politiques le savent mais ça n’empêche
pas certains de les soutenir bruyamment. Et ne soyons pas surpris si demain les
mêmes se récrieront si les articles de la loi concernée sont invalidés par le
Conseil constitutionnel en s’en prenant « au gouvernement des
juges ». Ce n’est pas l’honneur des députés de maltraiter la constitution
et ceux qui en sont les gardiens. Et c’est dangereux pour la démocratie.
Catherine Ibled (députée)
> [Violences dans le périscolaire à Paris / Intervention à l’Assemblée] Ces
derniers mois, des témoignages bouleversants ont révélé les violences sexuelles
et physiques subies par des enfants de la part d’animateurs du périscolaire
parisien, au sein même des écoles maternelles et élémentaires. En tant que
vice-présidente de la commission d’enquête sur l’inceste, je peux témoigner de
la violence inouïe et de la destruction que provoquent les agressions sexuelles
sur les enfants. Le groupe Ensemble pour la République soutiendra d’ailleurs la
proposition de loi visant à lutter contre les violences en milieu scolaire,
déposée par notre collègue Violette Spillebout.
Derrière ces révélations se trouvent des enfants qui auraient dû être protégés,
entourés, écoutés, et qui ne l’ont pas été ; derrière ces révélations, il
y a des familles meurtries. Des agents mis en cause auraient même été changés
d’établissement plutôt que suspendus et signalés ! Nous ne sommes pas face
à des faits isolés : depuis janvier, soixante-dix-huit animateurs ont été
suspendus. Cette crise révèle une faille structurelle majeure : si les
activités périscolaires se déroulent dans l’enceinte des écoles, elles
dépendent exclusivement de la Ville de Paris, sans véritable articulation avec
l’éducation nationale.
Qui est responsable de la sécurité des enfants dans les écoles ? Cette
organisation cloisonnée crée un angle mort, qui nuit au contrôle, au
signalement et à la prévention. Monsieur le ministre de l’éducation nationale,
face à l’inaction de la Ville de Paris et à son refus de saisir son inspection
générale, le gouvernement est-il prêt à saisir conjointement l’Inspection
générale des affaires sociales et l’Inspection générale de l’éducation, du
sport et de la recherche, pour faire toute la lumière sur les défaillances du
périscolaire parisien et instaurer un continuum entre le scolaire et le
périscolaire ? (
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Motions de rejet abusives,
textes mal écrits, Assemblée otage des ambitions de chacun : nommons les choses
et proposons une alternative démocrate avant 2027. Le Gouvernement semble
reprendre les choses en main. Très bien !
> [Travail le 1er mai] Nous sommes d’accord sur le fond, mais il faut que le texte réponde à son
objectif initial : éviter la situation comme celles des boulangers de Vendée,
verbalisés pour avoir ouvert le 1er mai. Pas pour ouvrir grand la voie au
travail pour tous en ce jour férié particulier.
Sur la forme en revanche, l’usage qui a
été fait de la motion de rejet par les propres défenseurs du texte pour
contourner une obstruction, réelle mais relative par rapport à d’autres
épisodes récents, s’apparente à un « auto 49.3 », où l’on refuse de
débattre du texte et l’on empêche les députés de faire leur travail.
C’est le dévoiement du
travail parlementaire et de son règlement. Or, on assiste à une accumulation de
dérives : abus du droit d’amendement, textes manifestement inconstitutionnels,
comptant sur le seul juge constitutionnel pour les corriger et, maintenant, détournement
de la motion de rejet.
On crée des précédents dangereux. Nous
sommes dans une configuration atypique, sans majorité. Faut-il pour autant
bafouer tous les principes sur lesquels nous vivons depuis près de 70 ans ?
Il faut arrêter ce jeu de massacre. Que
se passera-t-il si dans un an, d’autres forces accèdent au pouvoir et ont envie
d’en abuser ? A chaque fois que l’on détourne les règles, on renforce ceux qui
veulent s’en affranchir. Nous aurions pu siéger tout le week-end pour examiner
un peu plus de 140 amendements. Moi, je ne réponds pas aux partisans du
désordre en contournant les règles.
> Nous faisons mal
la loi. Sur la transformation de la Collectivité d’Alsace en région, trois
articles sur les quatre ont été supprimés ou réécrits totalement. La loi de
Caroline Yadan sur les « formes renouvelées de l’antisémitisme » en est déjà à
plusieurs réécritures, après un passage tardif par le Conseil d’Etat. Rien ne
va ! Quand vous écrivez mal la loi, vous prenez le risque d’avoir une loi
faible, dans laquelle se glisseront les contentieux et ceux qui veulent la
dévoyer.
Nous sommes législateurs, nous ne sommes
pas élus pour faire des tribunes déclamatives ou des coups médiatiques.
> [Présidentielle] L’idéal serait qu’un candidat ou une dynamique se détache à l’automne. Dans ce cadre, le MoDem affirmera ses valeurs et son projet, comme à l’Assemblée nationale. Nous ne manquerons pas de rappeler ce que nous avons fait ensemble pendant neuf ans, ni de défendre les principes élémentaires de droit et de la démocratie, ce qui nous rassemble, en veillant à mettre à distance tout ce qui nous divise.
Philippe Bolo (député)
> [Protoxyde d’azote / Intervention à l’Assemblée] Je souhaite alerter
sur un phénomène en pleine explosion, qui ne peut plus être minimisé et qui n’a
rien d’anodin : la consommation de protoxyde d’azote. Ce que certains
présentent encore comme un simple divertissement est devenu un véritable fléau
de santé publique. Aujourd’hui, plus d’un jeune de moins de 35 ans sur dix
en a déjà consommé. Derrière l’image trompeuse du gaz hilarant, la réalité est
tout autre : atteintes neurologiques graves, paralysies, pertes de
sensations, troubles de la vision et de la coordination.
Ces usages mettent aussi en danger la vie d’autrui. Sous l’emprise du
« proto », des conducteurs provoquent des accidents, parfois
dramatiques, qui brisent des vies et endeuillent des familles.
À ces conséquences sanitaires s’ajoute un coût croissant pour la collectivité.
Les bonbonnes abandonnées s’accumulent dans l’espace public, dégradent le cadre
de vie, provoquent des explosions dans les incinérateurs, perturbent les
chaînes de traitement des déchets et mobilisent, à grands frais, les services
municipaux, les syndicats de déchets et les forces de l’ordre.
Face à une banalisation inquiétante, nous ne pouvons plus attendre. Des
initiatives parlementaires émergent, des propositions de loi sont déposées, et
le gouvernement lui-même envisage de légiférer. Il est désormais impératif
d’unir tous nos efforts pour adapter notre droit à ce défi. La réponse doit
être globale : renforcer la prévention, encadrer strictement la vente,
prévoir des sanctions dissuasives, donner davantage de moyens aux forces de
l’ordre et créer de nouveaux délits pour l’inhalation, le transport sans motif
légitime, la vente illégale et la conduite sous l’emprise de de produit. Il
s’agit d’endiguer un phénomène avant qu’il nous échappe, pour protéger notre
jeunesse.
Je salue la campagne de prévention lancée par la ministre Marie-Pierre
Vedrenne, qui entend montrer, par des images chocs, les dégâts causés par ce
fléau.
Pascal Lecamp (député)
> [Hongrie / Intervention à l’Assemblée] Dimanche, le peuple hongrois a quitté
un long hiver. J’ai eu l’honneur d’observer ce moment de l’histoire dans le
cadre de la mission de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, aux côtés de
plusieurs collègues de cet hémicycle. Dans une mobilisation massive, le peuple
hongrois a choisi, à travers Péter Magyar et le Tisza, l’Europe. Il a scandé
longuement son nom sur les bords du Danube, face au Parlement, à l’issue du
résultat. Cela faisait chaud au cœur. Les députés Démocrates, pour leur part,
ne peuvent que saluer ce choix pro-européen avec la même clarté qu’il a été
exprimé – tout comme la première décision ce matin de
lever le veto au prêt européen de 90 milliards à l’Ukraine.
En infligeant une défaite cinglante aux forces nationalistes qui avaient fait
de Victor Orbán leur modèle et leur horizon, les Hongrois envoient un message d’une
portée qui dépasse largement leurs frontières. Ce signal arrive à un moment
crucial. Après la grande montée des populismes aux quatre coins du monde, jusqu’aux
portes de notre propre pays, et à l’aube d’échéances électorales déterminantes
en 2027, ce vote est un rappel salutaire : la démocratie illibérale est
une arnaque, une impasse, un ensemble de fausses promesses au service de la
conquête du pouvoir. Les Hongrois l’ont débusquée, non sans difficulté, après
de nombreuses attaques contre les universités et les libertés fondamentales. La
parenthèse refermée, la Hongrie doit maintenant reprendre toute sa place dans
le concert européen.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Cela fait 50 ans que les Français subissent les fluctuations des cours du
pétrole liées à l’instabilité géopolitique comme celle en Iran. Contrairement à
ce que veut le RN, nous devons accélérer sur le Pacte vert européen pour
décarboner nos économies : c’est la garantie de notre indépendance énergétique
et de notre compétitivité. Un chiffre : chaque année, l’Union européenne
dépense 400 milliards d’euros dans l’importation d’hydrocarbures.
> La défaite de Viktor Orbán est un coup dur pour le RN qui se marginalise idéologiquement et politiquement. Orbán est celui qui a théorisé le concept de démocratie illibérale dont s’inspire le RN. Ce modèle a été rejeté par les Hongrois. Et le RN perd un allié précieux au sein de l’Union européenne.
> Péter Magyar est un conservateur qui ne partage pas toutes nos convictions. Mais sur nos fondamentaux, ce qui fait le cœur même du projet européen, il a été extrêmement clair : Lutte contre la corruption, retour à l’état de droit, désalignement de la Hongrie avec la Russie et coopération sincère avec les partenaires européens.
> Dimanche, en Hongrie, il y a eu des grands vainqueurs : le peuple hongrois, l’Union européenne, l’Ukraine. Et des grands perdants : Viktor Orbán lui-même, son régime illibéral et corrompu, Donald Trump, Vladimir Poutine et le RN.
Bernard Guetta (député)
> [Opinion : La défaite hongroise de Donald Trump] Le soulagement est
immense mais tout reste à faire. Cette défaite de Viktor Orban a tout pour
réjouir puisque la Hongrie peut aujourd’hui sortir d’une semi-dictature aussi
admirée par Vladimir Poutine qu’applaudie par Donald Trump et les
extrêmes-droites européennes qui en avaient fait un modèle à suivre.
Les Hongrois en ont fini avec la sujétion de la Justice, la mainmise sur la
presse et les Universités, le détournement des crédits européens et
l’attribution systématique des commandes publiques à des proches du Premier
ministre soudain devenus si riches.
Pour la Hongrie au moins, c’en est fini de « l’illibéralisme »
que cet homme avait inventé en privant la démocratie de ses contre-pouvoirs.
C’en est fini des ministres renseignant le Kremlin dans l’heure sur les
délibérations des dirigeants européens. C’en est fini de ce Premier ministre
qui déclarait en octobre dernier à Vladimir Poutine : « Je suis à
votre service » et bloquait le débours des 90 milliards d’euros que
l’Union avait pourtant décidé en décembre dernier, à l’unanimité et donc avec
sa voix, de prêter à l’Ukraine.
Oui, c’en est enfin fini des seize années de pouvoir ininterrompu de
l’enfant chéri de Donald Trump et de Vladimir Poutine mais comment oublier que
les raisons qui avaient fait le succès de Viktor Orban restent profondes et
partout porteuses du nationalisme et du rejet de la démocratie libérale ?
En Hongrie comme dans tous les pays de l’ancien bloc soviétique, c’est la
brutalité du passage à l’économie de marché qui avait permis la résurgence de
l’extrême-droite. Sorties d’un système qui leur interdisait le bien-être et la
liberté mais leur assurait une complète stabilité socio-politique, les
populations de l’URSS et de l’Europe centrale avaient dû faire face, du jour au
lendemain, au chômage, à l’envolée des prix et à un spectaculaire développement
des inégalités sociales.
Tandis que les jeunes urbains s’épanouissaient dans le changement, les
ruraux et les plus fragiles avaient cherché refuge dans les traditions et les
frontières nationales. Unité européenne et ouverture à la compétition
internationale contre peur de l’étranger et exaltation de la nation, deux
grands courants antagonistes se sont ainsi formés dans ces pays tandis que
l’ancien monde libre connaissait une évolution très semblable.
En Europe occidentale comme aux Etats-Unis, c’est la réduction de l’emploi
industriel par la concurrence des pays à bas coûts de production, le recul des
services publics et la progression de l’immigration qui ont suscité cette même
peur du monde extérieur et cette même nostalgie de passés mythifiés. Un même
malaise masculin devant l’évolution de la place des femmes s’est partout ajouté
à cela et c’est ainsi que l’illibéralisme de Viktor Orban était devenu
l’avant-garde d’une internationale réactionnaire alliant la Maison-Blanche et
le Kremlin.
L’ampleur de la corruption et l’usure du pouvoir ont fini par avoir raison
de l’extrême-droite en Hongrie mais elle progresse en Allemagne et s’enracine
en France, en Grande-Bretagne et en Autriche. Elle restera durablement
incontournable et les démocrates ne pourront l’endiguer qu’à deux conditions.
La première est de réinventer la promesse sociale que la démocratie avait
su incarner de la fin de la Guerre aux années 80. Le monde libre, ce n’était
alors pas seulement la liberté mais aussi la constante progression des classes
moyennes et du niveau de vie.
Tant que la liberté ne redeviendra pas synonyme de progrès et d’équité, ce
droit « à la recherche du bonheur » qu’a sacralisé la
Constitution américaine restera le grand atout, mensonger mais si puissant, des
nouvelles extrêmes-droites.
La partie reste longue. Elle est et demeurera incertaine et les démocrates
ne la gagneront pas sans que centristes et sociaux-démocrates ne convergent
dans une bataille commune pour la justice et la liberté. Ce n’est qu’à cette
seconde condition que l’internationale réactionnaire connaitra d’autres
défaites.
Pascal Canfin (député)
> Bonne nouvelle pour l’acier européen !
Hier soir, le Parlement et le Conseil ont trouvé un accord sur la nouvelle
mesure européenne de protection du secteur de l’acier face à la surcapacité
mondiale, grâce notamment à l'action de Stéphane Séjourné.
Le timing était critique : la mesure de sauvegarde existante expire en juillet.
Sans accord rapide, notre industrie se serait retrouvée exposée. Preuve que
l'Europe peut agir vite quand elle le décide !
Avec cette nouvelle mesure :
- Nous protégeons notre production d’acier européenne grâce à une réduction des
quotas d’importations. Il s’agit d’une réduction de plus de 47% par rapport aux
quotas d’acier de 2024. En cas de dépassement, un droit de douane de 50% sera
appliqué.
- Nous assurons une meilleure traçabilité pour lutter contre les contournements
et garantir l’origine de l’acier.
- Nous sauvegardons 2,5 millions d’emplois dans le secteur.
Ce n'est qu'une première étape : d'autres mesures sont en cours de négociation,
dont le CBAM, qui contribueront ensemble à garantir une concurrence équitable
pour un secteur qui doit à la fois rester compétitif et accélérer sa
décarbonation.
> L’Europe est un merveilleux incubateur... Pour
les futures entreprises américaines. Nous dépensons l’argent des contribuables
pour développer l’innovation, mais la valeur créée finit par se retrouver aux
États-Unis.
Cela doit changer et c’est pourquoi EU Inc. existe.
La proposition de la Commission envoie un signal positif : 48 heures pour créer
une société, 100 % en ligne, sans exigence minimale de capital, moins de 100 €,
et intervention minimale des notaires. Ce sont de véritables changements dans
l’harmonisation et la simplification, pour lutter contre le « Flip » vers les
États-Unis que les investisseurs encouragent les entreprises européennes à
faire.
Mais ce n’est qu’un point de départ et vous pouvez compter sur moi pour faire
avancer cette proposition. Il reste encore du travail à faire pour garantir que
l’adoption se fasse rapidement. Nous devons garantir que le régime soit fiable
pour les investisseurs, recommandé par les avocats. Les PEO de l’UE sont
essentiels, mais comment se connectent-ils aux dispositifs nationaux des
entreprises existantes?
J’attends avec impatience les négociations parlementaires des semaines à venir,
afin de garantir que l’UE Inc. devienne un succès. L’ensemble de l’écosystème
technologique européen est à l’affût.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> [Violences dans le périscolaire : mise en place d'une liste noire des
personnes jugées problématiques] Cette liste est une avancée ! La protection
des enfants ne doit souffrir d’aucune faille et pour cela la précaution prime.
Une priorité : la généralisation et l’harmonisation des dispositifs de
vérification d’antécédents de tous ceux qui exercent auprès des enfants.
> [Cyberproxénétisme] Tiktok ne doit
pas devenir un espace d'impunité pour les réseaux criminels.

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