lundi 21 septembre 2020

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Le courage de la liberté

Le problème le plus profond de nos démocraties actuelles n’est-il pas que les personnes qui y naissent n’aient jamais eu à se battre pour conquérir la liberté qui leur est offerte si tant est qu’elles aient l’envie et le vouloir de l’exercer.

Or c’est bien là le point crucial: la liberté n’est pas gratuite et en l’offrant sans compensation autre qu’une promesse tacite d’en faire bon usage, on fait croire, en réalité qui n’en est qu’une fausse, que la liberté ne vaut rien.

Or la liberté a un prix qu’il faut accepter de payer pour la pratiquer.

Bien entendu, il n’est pas acceptable de supprimer la liberté de chaque humain qui nait en démocratie mais il faut que ceci s’accompagne, le plus précocement possible d’une éducation à la liberté qui passe par une sorte d’acquisition de celle-ci où chacun doit être conscient qu’il est redevable constamment de posséder ce bien si précieux.

Autrement, il ne peut que penser que la liberté est un objet de peu de valeur puisqu’on la lui donne sans aucune contrepartie et qu’il peut en faire ce qu’il veut même la jeter aux ordures, même la vendre au plus offrant, comme une sorte d’escroc, alors qu’il l’a acquise gratuitement!

Ceux qui ont du se battre pour acquérir la liberté savent très exactement son prix au cent près, notamment dans les pays qui furent des dictatures totalitaire lors de leur naissance et d’une parti de leur existence.

Mais ce n’est pas le cas de ceux qui l’on trouvé dans leur berceau à côté d’un ours en peluche et d’un hochet, bercés par la douce mélodie d’une boite à musique et des objets défilants devant ses yeux.

Dès lors, c’est par le courage d’être libre qu’ils doivent en payer le prix ou alors dire qu’ils y renoncent pour eux-mêmes mais ne pouvant évidemment jamais la rejeter pour les autres.

Parce que l’on est détenteur uniquement de sa propre liberté et rien ne nous permet de mettre en gage celle de l’autre.

Ce courage est de se mobiliser sans cesse pour, non seulement, protéger la liberté mais aussi la faire vivre dans le respect de la liberté de l’autre.

Oui, nous devons savoir que nous déboursons de nous-mêmes pour posséder cet extraordinaire mais exigeante compagne qu’est la liberté.

Si tel n’est pas le cas, elle est ramenée à une sorte d’objet publicitaire distribué par la démocratie et, comme tout objet de la sorte, on le ramasse, on le met dans un tiroir jusqu’au jour où on le jette faute de s’en être servi et de l’avoir entretenu.

En ce début de troisième millénaire où certains pensent que la liberté est une survivance néfaste du passé quand d’autres estiment qu’elle permet tout et n’importe quoi (ce qui, en l’occurrence, s’appelle la licence), qu’elle est l’absence de contraintes – ce qui soi dit en passant est ne rien comprendre à son essence – en oubliant que son autre face s’appelle responsabilité, nous devons devenir des courageux de la liberté si nous voulons, nous devons devenir des courageux de la liberté si nous voulons, nous et nos enfants et les générations futures, encore goûter à ses fruits délicieux mais qui comme presque tout ce qui est bon n’est jamais facile à attraper dans l’arbre de la vie parce qu’étant plus proche de la cime que du tronc même si elles vivent grâce aux racines profondes que d’autres courageux, avant nous, ont créées en semant les graines adéquates.

Parce qu’il vaut toujours mieux profiter de ce que l’on a que de devoir le conquérir faute d’avoir su sa valeur.

 

 

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