lundi 24 mai 2021

Propos centristes. France – Pass sanitaire; immigration; langues régionales; pass culture; réforme de la fonction publique; maltraitance animale…

Voici une sélection, ce 24 mai 2021, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.


Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Jean-Yves Le Drian (ministre de l'Europe et des Affaires étrangères)

- Le détournement par les autorités biélorusses d’un vol de Ryanair est inacceptable. Une réponse ferme et unie des Européens est indispensable. Tous les passagers de ce vol, dont les opposants biélorusses éventuels, doivent être autorisés sans délai à quitter la Biélorussie.

- [Dette Covid19] Il faut mettre l'ensemble de la dette sur la table et faire en sorte qu'elle soit partagée le mieux possible.

- L'Europe doit se doter d'une vraie politique migratoire, avec des centres de filtrage dans les pays de première entrée. Il faut filtrer, accompagner ceux qui sont en situation irrégulière dans leur pays d'origine, et permettre à ceux qui sont bénéficiaires du droit d'asile de se retrouver en Europe. On doit avoir un traitement différent sur les migrants réguliers et irréguliers. Il faut un effort de développement considérable des pays d'origine.

- [Conflit israélo-palestinien] Pour la première fois, on a pu constater une conflictualité dans les localités israéliennes.  Les communautés se sont affrontées. (…) Le risque d'apartheid est fort si on continue à aller dans une logique à un État ou du statu quo. (…) Il faut engager une politique de petits pas. Il faut faire en sorte qu'il y ait une logique de confiance qui puisse s'instaurer.

 

Jean-Michel Blanquer (ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports)

- J’ai soutenu le principe de cette loi sur l’enseignement des langues régionales dès le début. J’avais alors simplement indiqué qu’avoir la possibilité de l’enseignement immersif sans limite pouvait poser problème, ce que confirme le Conseil constitutionnel. (…) L’essentiel de la loi est validé. Le Conseil constitutionnel rejette le mot « immersif » mais consacre le bilinguisme, ce dont les partisans de l’enseignement des langues régionales – dont je suis – doivent se réjouir. Le bilinguisme, qui consiste à travailler deux langues en même temps, est plus bénéfique que l’apprentissage en une seule langue. Plus de 85 % des élèves qui pratiquent une langue régionale aujourd’hui le font d’ailleurs sous cette forme. La décision du Conseil constitutionnel offre un socle clair et solide pour développer l’enseignement des langues régionales.

- Il faut que l’on évite les faux clivages et dissiper les malentendus. Certains essayent de déformer nos positions. J’ai moi-même été beaucoup caricaturé, alors que j’ai œuvré pour la renaissance de langues amérindiennes lorsque j’étais recteur d’académie en Guyane, que j’ai développé l’enseignement du créole dans celle de Créteil et que je suis un fervent partisan du développement des langues régionales.

- La Loi Gatel nous permet d’empêcher des ouvertures d’écoles hors contrat qui suivent une logique séparatiste. La loi confortant les principes de la République nous permettra de fermer celles qui dérivent. La décision du Conseil constitutionnel contribue aussi sur ce point à un cadre cohérent.

- La Constitution reconnaît déjà les langues régionales au travers de l’article 75. Elles sont encouragées en France. Nous avons beaucoup fait en ce sens depuis 2017. Rien que pour la région Bretagne, c’est 57 millions d’euros par an et sur trente postes créés dans le premier degré à la dernière rentrée, vingt-quatre l’ont été pour l’enseignement des langues régionales. Nous les avons dynamisées à l’école primaire, au collège et grâce à la réforme du bac, avec la possibilité de suivre quatre heures de cours hebdomadaires en première et six heures en terminale, ce qui est totalement inédit. Et nous ferons plus encore dans les temps qui viennent. D’abord d’écouter et de retenir des propositions des acteurs. Ainsi, j’entends ce que l’on me dit sur la baisse du nombre d’élèves prenant l’option au lycée. Nous allons donc relancer l’option langues régionales au lycée, en attribuant des points supplémentaires au baccalauréat aux élèves qui obtiennent une note au-dessus de la moyenne, comme pour le latin et le grec. J’ai également demandé aux recteurs de travailler à un plan volontariste de réimplantation de ces options, et nous allons développer l’enseignement « distanciel synchrone » dès la rentrée prochaine. C’est la possibilité de donner des cours simultanés à plusieurs classes, par visioconférence. Nous pourrons étendre l’option à des lycées qui ne l’ont pas et avoir aussi plus d’élèves concernés. Cela s’ajoute à l’enseignement du breton, du basque, du corse et de l’occitan désormais proposé par le Cned [Centre national d’enseignement à distance] au niveau première et terminale. Une extension est prévue aux classes de seconde l’an prochain. Et nous allons encourager le développement des langues régionales dans l’enseignement périscolaire, au niveau du Plan mercredi, avec les communes qui le souhaiteront. Nous pourrions proposer aux enfants des activités ludiques, sportives ou culturelles en breton. Nous écoutons les élus de nouveau sur ces questions, comme Richard Ferrand, Bruno Studer et Yannick Kerlogot [députés LaREM] qui font déjà des propositions très intéressantes.

- Alors même que le monde vit un grand trou d’air éducatif, très grave pour les enfants, notre but a été d’épargner aux enfants de France cette réalité, et nous y sommes parvenus pour l’essentiel. Cela reste la ligne directrice d’ici au début du mois de juillet, et bien sûr pour l’année scolaire prochaine. L’évolution, positive, de la situation sanitaire permet progressivement d’alléger les choses. Nous restons aujourd’hui dans un cadre volontairement très strict, en fermant les classes dès le premier cas, raison pour laquelle nous avons 5 000 classes fermées à ce jour. Si la situation s’améliore, un protocole de fermeture allégé et le retour aux jauges pleines pourrait être mis en place, mais on n’en est pas encore là.

- La vaccination des professeurs et des agents en contact avec les enfants, tous âges confondus est pour la semaine prochaine. On s’achemine là aussi vers un contexte plus favorable. Il n’y a pas de réticences. La population des professeurs, très consciente des enjeux de santé publique, est encline à se faire vacciner.

- [Autotests] À chaque fois qu’il y a eu des mesures nouvelles dans la crise Covid, il y a eu un démarrage en plusieurs temps parce qu’il faut accoutumer l’ensemble des nombreux acteurs. Là, on parle de millions d’élèves. On a fait un effort important avec cette distribution des autotests, qui succèdent aux tests antigéniques et aux tests salivaires déjà déployés. Elle se déroule convenablement sur un plan logistique. Nous avons atteint l’objectif de deux tests par semaine pour chaque adulte à l’école, au collège et au lycée. En revanche, pour les lycéens, c’est plus lent : nous ne sommes pas encore à un autotest par semaine et par lycéen. Les autotests sont là. Reste la question de l’acceptation par les familles, qui est variable d’un lycée à un autre.

- [Bac] Beaucoup d’élèves ont dit qu’ils étaient favorables au maintien d’épreuves terminales. Rappelons qu’il y a deux ans, j’avais des protestations contre le contrôle continu ; désormais, j’ai des protestations pour le contrôle continu… Pour ma part, j’ai toujours défendu l’idée que, dans l’intérêt des élèves, il était bon d’avoir une combinaison des deux. Il y avait des craintes sur l’épreuve de philosophie. Nous avons décidé d’offrir la possibilité de garder la meilleure des deux notes (contrôle continu ou épreuve terminale). Nous avons également maintenu le Grand oral, qui consacre le choix des enseignements de spécialité, c’est-à-dire le choix des passions des élèves. En ce moment même, des centaines de milliers d’élèves en France s’entraînent à mieux s’exprimer, mieux argumenter. Ces compétences vont leur être utiles toute la vie. Ma boussole, c’est l’intérêt des élèves. Et leur intérêt, c’est d’avoir la possibilité de vivre ce moment-là, d’être fiers de le réussir.

- La question de l’équité entre les établissements a toujours été une question. La réforme du baccalauréat a eu le mérite de prendre ce sujet à bras-le-corps en apportant plus de transparence. Nous avons créé des commissions d’harmonisation, nous avons édité toute une série de standards de référence pour la notation. Depuis la loi « pour l’école de la confiance », nous avons créé le Conseil d’Évaluation de l’École qui a commencé à passer en revue les méthodes de chaque établissement, dans le but de les harmoniser. L’évaluation n’est jamais un but en soi, elle est là pour faire progresser l’élève, pour faire progresser le système.

- Je rendrai les premières conclusions mercredi 26 mai 2021. Ce sera un moment extrêmement intéressant qui permettra de présenter une vision complètement renouvelée de la gestion des ressources humaines, dans le sens de la personnalisation du parcours de chacun et dans le sens d’un esprit d’équipe plus affirmé, autour de l’enfant. L’amélioration de la rémunération des personnels de l’Éducation nationale sera également très attendue – je rappelle que dès la fin de ce mois de mai, les professeurs les plus jeunes verront une augmentation sur leur bulletin de paie.

- [Pass culture] Nous avons travaillé avec le ministère de la Culture pour bâtir ce système révolutionnaire qui va donner les moyens de développer très fortement les sorties scolaires culturelles des élèves, de renouer avec « le 10 % », cette idée qu’une partie du temps doit être dédiée à des activités culturelles à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement. Nous souhaitons donner à tous les élèves, toutes classes sociales confondues, l’habitude de pratiques culturelles riches et éclectiques. Ce qui est cohérent avec le but poursuivi par Roselyne Bachelot : renouveler la fréquentation des lieux de culture par les enfants comme par le reste de la population.

 

Gérald Darmanin (ministre de l'Intérieur)

- Nous avons décidé de mener une lutte implacable contre les trafics de drogue.

- La lutte que nous menons contre la drogue dérange et cela produit malheureusement des difficultés dans certains quartiers. Mais cela ne nous arrêtera pas.

- Face aux rodéos urbains qui gangrènent la vie des habitants de certains quartiers, nous agissons.

- Les propos de Madame Pulvar dépassent le simple cadre d’une campagne électorale et viennent profondément diffamer la police de la République. Je porte plainte au nom du ministère de l’Intérieur.

 

Eric Dupond-Moretti (Garde des Sceaux, ministre de la Justice)

Il y a bien un laxisme qui se répand et qui empoisonne notre société : c’est le laxisme envers le mensonge, et il faut le combattre.

 

Julien Denormandie (ministre de l'Agriculture et de l'alimentation)

Avec France relance, nous allons replanter plus de 7000 km de haies pour plus biodiversité sur notre territoire !

 

Amélie de Montchalin (ministre de la Transformation et de la fonction publique)

- Cette réforme [de la fonction publique] est profondément gaullienne et républicaine. Elle met fin à des années d’inaction de la droite et de la gauche qui ont beaucoup parlé des hauts fonctionnaires, en les prenant comme boucs émissaires pour justifier leur impuissance politique. Et maintenant, elle est la cible d’attaques antirépublicaines du Rassemblement national dans un contexte de précampagne présidentielle.

- [Lettre de Marine Le Pen aux préfets « antirépublicaine »] Elle a franchi un pas de plus, et je le dis avec gravité, dans son chemin hors de la République. Ce qu’elle a fait par cette lettre aux préfets, c’est une tentative de manipulation très grave dans la perspective de 2022, une tentative de sédition pour essayer de faire tomber la Ve République. Elle a déjà essayé de récupérer les militaires, puis les policiers, et maintenant les hauts fonctionnaires. On voit bien qu’elle est en train de recycler des vieux procédés très grossiers, classiques de l’extrême droite. Nous n’y céderons pas.

- Les hauts fonctionnaires sont des serviteurs de l’Etat guidés par des principes très forts d’impartialité et de neutralité. Ils s’engagent à mettre en œuvre les politiques décidées par un gouvernement démocratiquement élu. Mais je vous rappelle qu’en 2017, Marine Le Pen avait déjà fait la polémique en disant qu’elle voulait un « Etat patriote ». Elle ne veut pas un Etat républicain, neutre et impartial, mais un Etat à sa botte.

- Nous ne remettons en aucun cas en cause [la haute fonction publique]! Le système de recrutement et de formation des hauts fonctionnaires est inchangé depuis 75 ans. Mais le monde a changé, la France a changé, les défis ont changé. Un chiffre dit tout : 90 % des fonctionnaires travaillent hors du périphérique, et 90 % des hauts fonctionnaires travaillent à Paris.

- Xavier Bertrand nous dit qu’il veut une République des territoires qui remplacerait l’Etat, au profit des seuls élus à qui il veut confier toutes les manettes du pays. Mais ça n’a aucun sens puisque, s’il y a bien une chose que les Français savent, c’est que l’Etat et les collectivités ont besoin de travailler ensemble pour avancer. On l’a d’ailleurs bien vu pendant la crise sanitaire. Quant à madame Pécresse, elle a quand même mis en œuvre la RGPP (Révision générale des politiques publiques) en 2011, une politique qui a dépecé l’Etat, qui a vidé nos préfectures et sous-préfectures et dont on a beaucoup de mal à se remettre. En fait, la droite ne veut rien changer, mais tout détruire.

- Il est temps de faire cette réforme [de la fonction publique]. Et je trouve cela absolument cynique que ceux qui nous expliquent qu’ils seront les grands réformateurs de la France de demain, au premier coup de vent venu sur un sujet aussi complexe, nous disent qu’il ne faut absolument rien changer.

 

Marc Fesneau (ministre chargé des relations avec le Parlement et de la participation citoyenne)

Je veux saluer les collectivités qui agissent pour intégrer les produits de nos territoires dans les cantines : les collectivités doivent être exemplaires et poursuivre ce travail pour l'appliquer à l'ensemble d'entre elles.

 

Jean-Baptiste Djebbari (ministre chargé des Transports)

Détourner un avion est inacceptable. En lien avec l’Union européenne et l’OACI, la France demande une enquête immédiate sur les agissements présumés des autorités biélorusses.

 

Nadia Hai (ministre chargée de la Ville)

- Honorée de représenter le Premier ministre pour rendre hommage aux victimes de l’esclavage colonial en cette journée qui commémore la marche organisée le 23 mai 1998 pour la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité. Les commémorations ne sont pas uniquement une pensée emplie d’émotion à l’endroit de ceux qui nous ont précédés. Elles sont un temps pour regarder notre histoire en face. Entre le passé et l’avenir, nous saisissons le présent pour redonner leur place aux enfants de la République.

- Faire cité », c’est construire ensemble des parcours propres à chaque territoire, pour mieux accompagner les enfants des quartiers, de la petite enfance jusqu’à l’insertion professionnelle.

 

Clément Beaune (secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes)

- [Pass sanitaire] Il y a un cadre européen précis et nous travaillons à ce qu’il y ait le plus d’harmonisation possible entre pays européens. Tous les pays de l’Union européenne devront reconnaître le test PCR et le vaccin à partir du 1er juillet.

- [Détournement d’un avion de ligne par la Biélorussie] C’est une affaire sidérante et scandaleuse, c’est un acte de piraterie d’Etat, qui ne peut pas rester impuni. (…) Nous prendrons toutes les mesures de sécurité pour qu'il n'y ait aucun danger en Europe ou ailleurs quand on prend l'avion.

- On doit avoir une politique migratoire plus européenne.

- La première semaine de juin, on définira une liste de pays verts, dans laquelle la situation sanitaire est suffisamment bonne pour les laisser rentrer en France

 

Bérangère Abba (secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité)

Heureuse de lancer aujourd’hui le volet consultation citoyenne de la Stratégie Nationale Biodiversité pour les dix prochaines années! Participez en partageant vos idées pour la nature jusqu’au 5 juillet.

 

Nathalie Elimas (secrétaire d’Etat chargée de l’Education prioritaire)

- [Covid19] A l’école, la règle est simple: 1 cas positif = 1 classe fermée. La semaine dernière, nous avions 5000 classes fermées soit moins de 1 classe sur 1000. Pendant une semaine minimum, les élèves des classes fermées suivent les cours à distance.

- Les cités éducatives mettent tout le monde autour de la table pour accompagner nos jeunes adultes pendant et en dehors du parcours scolaire. L'objectif est de labelliser 200 citées l'année prochaine. C'est du pilotage territorial.

 

Cédric O (secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques)

- On s’inquiète souvent de la domination des entreprises étasuniennes. Pour une fois que nous avons une entreprise leader en France et en Europe, qui a ses effectifs en France, qui paye ses impôts en France, qui a sa recherche et développement en France… soyons fiers de doctolib!

- J’ai vécu de l’intérieur l’explosion du Parti socialiste. Les Républicains rejouent la même partition. Ils ne pensent rien en commun. Ils sont condamnés soit au mensonge, soit au même destin.

 

Olivia Grégoire (secrétaire d’Etat chargée de l’Economie sociale, solidaire et responsable)

- Je vous souhaite un bon lundi de Pentecôte et je remercie tous les travailleurs et travailleuses qui en font la journée de solidarité grâce à laquelle nous finançons l’autonomie des personnes âgées et handicapées. C'est aussi ça l'économie sociale et solidaire.

- Dès 2017, en tant qu’élue, je me suis intéressée à la future loi PACTE [Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises] et me suis mobilisée pour la croissance et la transformation des entreprises pour des raisons claires. Je fais partie de celles et de ceux qui sont convaincus que le capitalisme a certes des défauts et des faiblesses mais que, pour autant, c’est le moins mauvais régime économique. Il a permis le développement de classes moyennes dans les pays en voie de développement, la diffusion du progrès médical comme de l’éducation. Il a connu ces dernières années, notamment avec la crise de Lehman Brothers, des épisodes qui ont démontré ses excès. J’ai souhaité m’investir sur la responsabilisation du capitalisme et sur ce qu’il faut faire changer encore pour qu’il soit plus adapté à la société dans laquelle nous évoluons aujourd’hui. On est passé d’une société de la consommation à une société de la responsabilisation : en réalité le citoyen est tout à la fois client, épargnant, salarié et dans chacun de ses domaines d’expression, il ne cherche plus uniquement le meilleur prix, le meilleur rendement, le meilleur salaire, mais il se préoccupe de plus en plus du sens et de l’impact de ses actes. Partant de ce constat, plutôt que de se focaliser uniquement sur les règles, il faut songer à changer les outils qui sont à la disposition des entreprises. Avec la loi PACTE, nous avons essayé de faire évoluer de multiples outils dans la boîte à outils à la disposition des entreprises : avec dans le chapitre 3 des outils de gouvernance avec la mise en place de la raison d’être, de la société à mission mais aussi des fondations d’actionnaires, avec dans le chapitre 2 des outils au service du financement avec le fléchage de l’épargne retraite et de l’assurance-vie vers des produits responsables. C’est grâce à la loi PACTE depuis le 1er janvier 2020 et à compter du 1er janvier 2022 que chaque Français disposera dans chacun de ses contrats d’épargne-retraite ou d’assurance-vie d’une unité de compte aujourd’hui, de trois unités de compte à partir de 2022, pour venir financer de la finance solidaire, des labels ISR ou verts. On a commencé avec la loi PACTE à faire évoluer l’orientation de l’épargne de l’ensemble des Français vers des produits plus responsables au service de la transition écologique ou sociale. Ce texte porte aussi deux autres dimensions : le partage de la valeur avec la suppression et la baisse du forfait social sur l’intéressement et la participation, l’actionnariat salarié ainsi que le partage du pouvoir dans l’entreprise avec l’augmentation du nombre des administrateurs salariés au sein des conseils d’administration. La loi PACTE m’a donc permis de poser toute une boite à outils pour accompagner les entreprises au service d’un capitalisme plus responsable.

- À l’aune des derniers textes de loi, la loi PACTE [Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises] est plutôt bien passée avec des oppositions dont, pour chacune d’entre elles, nous avons, avec Bruno Le Maire, réussi à embarquer certaines des propositions et amendements. Le groupe communiste a présenté des amendements en matière d’information des salariés et de transparence concernant la possible évolution du Groupe ADP, que nous avons retenus. On a embarqué des propositions de la gauche sur les administrateurs salariés et la nécessité de mettre à leur disposition des formations pour qu’ils puissent mener à bien leur rôle de façon pleine et entière. Néanmoins le texte a fait l’objet de résistances, évidemment au sujet du Groupe ADP, mais ce n’était pas le coeur du texte et elle a surtout été le moyen pour une opposition en mal d’arguments d’en faire un point d’achoppement. Car qu’il s’agisse de l’allégement des seuils de 50 salariés, de l’orientation de l’épargne au service d’actifs plus verts, plus solidaires, de la raison d’être et des sociétés à mission, l’ensemble des groupes parlementaires étaient plutôt en soutien de ces trois fondamentaux. Il y a même eu certains points d’unanimité notamment lorsque j’ai porté avec Laure de La Raudière des propositions concernant les conjoints collaborateurs afin de protéger les femmes des artisans.

- La loi PACTE [Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises] est une loi de responsabilisation du capitalisme qui a le mérite d’être extrêmement opérationnelle. C’est une clé de douze pour faire pivoter son modèle capitalistique au service d’un modèle qui intègre mieux les salariés, qui partage plus la valeur et le pouvoir et qui se positionne sur les enjeux d’aujourd’hui, notamment en matière de transition écologique et sociale.

- La loi PACTE [Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises]  apporte des modifications en profondeur et lance des chantiers dans le temps, nous avons donc souhaité prévoir dans la loi un bilan de sa mise en œuvre. Il s’est amorcé dès l’année dernière avec France Stratégie.

- Il y a toujours un décalage entre la loi votée par le Parlement et ce que l’opinion publique, les salariés, les chefs d’entreprise ressentent dans leur quotidien. Il y a toujours un temps de latence pour que l’ensemble des acteurs se l’approprient. Depuis la promulgation de la loi, je me rends compte que les solutions que l’on a mises en place intéressent mais il faut lever les freins sur certaines craintes par rapport à l’engagement que cela suppose des entreprises. Faire bouger ses statuts et introduire une raison d’être dans ses statuts, c’est aussi faire bouger et réaffirmer le positionnement de son entreprise.

J’ai entendu des interrogations sur les conséquences d’un non-respect de la raison d’être ou si la mission ne converge pas bien avec ce qui avait été annoncé. On doit rassurer sur le fait que c’est une démarche volontaire et non coercitive. La loi ne prévoit pas de sanction, de menace, si jamais la raison d’être ou le statut d’entreprise à mission n’est pas exactement respecté. C’est une question d’équilibre à tenir : rassurer les entreprises qui veulent prendre ce virage tout en leur expliquant que ce n’est pas l’absence de mesure coercitive qui devrait le faire considérer comme un gadget. Les entreprises doivent comprendre qu’elles prennent cet engagement, bien sûr par rapport à leur communauté interne, mais surtout vis-à-vis de leurs communautés externes et des parties prenantes. Il n’était pas nécessaire de prévoir de menace parce que c’est le regard des parties prenantes sur la réalité de leur engagement qui évaluera la véracité de ce dernier. Enfin, n’oublions pas le sujet de l’attractivité des talents en France. On n’attire plus les talents par les seuls salaires, notamment pour les jeunes diplômés. La rémunération n’est plus le seul élément d’arbitrage et donc le positionnement d’une entreprise en matière de raison d’être ou de société à mission constitue un outil formidable pour attirer des talents, qui sont prêts à s’engager, mais avec du sens. Être une société à mission est un élément extrêmement fort pour rendre plus attractive la marque employeur et donc attirer des talents dans un contexte général plus difficile.

- La loi PACTE [Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises]  est faite aussi pour des entreprises qui sont au coeur de la bataille de la mondialisation. Devenir entreprise à mission ne signifie pas accéder à un statut d’entreprise hors sol, détachée des concepts de pertes, de profit, de compétitivité. Une entreprise à mission, comme n’importe quelle autre, aura à traiter des sujets sur les licenciements ou sa masse salariale. On peut être une société à mission et en même temps être complétement insérée, comme Danone, dans la guerre économique globale. On ne devient pas une entreprise à mission parce que cela rapporte de l’argent mais parce que cela rapporte du sens. L’essentiel est de ne pas se détourner de la mission économique que l’on s’est donnée. Danone a fait énormément au service de la responsabilisation du capitalisme en devenant une société à mission, en revanche il faut être vigilant sur les assertions qui ont pu être celles du groupe. Ce n’est pas son statut d’entreprise en mission qui est en cause, ce sont des affirmations comme celle selon laquelle le groupe n’opérerait jamais de licenciement dans le futur sous la pression des actionnaires, qui ont pu semer quelques troubles. Soyons vigilants sur les expressions qui engagent l’avenir. Mais qu’une entreprise à mission puisse être amenée à devoir licencier, cela ne me choque pas !

- Sous le dernier quinquennat, nous n’avons pas été assaillis de propositions en matière de responsabilisation du capitalisme pour les entreprises au quotidien. J’ai l’habitude de travailler sur ce sujet avec certains parlementaires de droite comme de gauche, dont certains ont, je le sais, des choses à dire, ce sont de toute façon des sujets d’avenir. Je constate que les entrepreneurs que je rencontre estiment que la suppression du seuil des 50, la réorientation de l’épargne, tout ce qu’on leur a ouvert au chapitre 3 de la loi PACTE, constituent pour eux une boîte à outils fort utile. Bien sûr, comme dans toute dynamique, il existe toujours quelques filous qui pourront en faire du marketing mais la loi mise sur des sujets d’avenir : transparence des entreprises, mise en place d’un indicateur d’égalité professionnelle femmes-hommes qui est en train de se déployer, libre accès des comités de mission aux résultats de l’entreprise ou présence accrue des administrateurs salariés. J’ai du mal avec la métaphore du coup de bluff quand on met justement toutes les cartes sur la table. Avec la société à mission, on est obligé de donner ses preuves. Avec la performance extra-financière, il va falloir même évaluer, quantifier ces preuves. Donc un coup de bluff effectué avec autant de transparence ne peut pas être un coup de bluff !

- Je reprendrai la formule attribuée à Churchill : « Never let a good crisis go to waste ». Ne surtout pas gâcher une crise ! Pour une fois la régulation a posé avant la crise un cadre qui est conforté et même revigoré avec cette crise. Par exemple, sur le chapitre 2 de la loi PACTE [Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises]  avec l’orientation de l’épargne des Français et le fléchage d’unités de compte dans chaque contrat d’assurance-vie pour le financement d’actifs ESG. Évidemment cette crise a constitué un choc et un frein, mais sur certains éléments, elle a été un accélérateur, notamment pour la réorientation de l’épargne et pour la gouvernance des entreprises dont on voit que celles-ci veulent associer de plus en plus les salariés et les consommateurs.

- L’écosystème de l’économie sociale et solidaire est bien sûr propice pour intégrer et développer la loi PACTE [Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises]  puisque l’ESS est une économie qui depuis des décennies a placé les valeurs sociales, environnementales, de gouvernance et de transparence, devant la seule valeur lucrative, pécuniaire, de profit. Son ADN est justement cette recherche d’impact dans ces domaines et elle a dans son ADN des ferments de ce qui est déployé par la loi PACTE. Cette loi met à disposition de tous les acteurs de l’économie traditionnelle des outils qui étaient jusqu’ici ceux de l’ESS. Par exemple le secteur coopératif et mutualiste, par son essence et son histoire, apporte depuis longtemps des réponses à ces valeurs qui sont au coeur de leur positionnement. Avec la crise, on peut souligner la manière dont les mutuelles se sont comportées au regard de certains assureurs ou encore la façon dont des coopératives, notamment agricoles, ont apporté des solutions à des problèmes engendrés par l’économie de plateformes et l’ubérisation. Je suis très agréablement surprise, depuis plusieurs mois, par la maturité de l’écosystème ESS. Les acteurs de l’ESS sont disposés à étendre leurs valeurs, leurs pratiques, leurs méthodes et à s’ouvrir au reste de l’économie pour l’inspirer. Ils ne sont pas préoccupés de garder un monopole. C’est très encourageant de voir comment les échanges que l’on insuffle entre l’ESS et l’économie traditionnelle sont devenus très riches. Je me félicite d’une vraie ouverture de l’ESS pour inspirer l’économe conventionnelle.

- L’ESS n’est surtout pas une petite économie, une économie à part. Jean- Marc Borello démontre depuis des années avec le Groupe SOS, devenu aujourd’hui la première entreprise sociale européenne, qu’on peut être durable, positionné sur ces sujets d’ESS, et en même temps rentable. En décembre, j’étais par exemple avec lui dans un Ehpad non lucratif où chacun paie en fonction de ses revenus. Le Groupe SOS promeut des modèles économiques et sociaux mais il ne s’agit pas de pro bono, il s’agit d’un champ économique à part entière. Je pense à une autre entreprise inspirante, Phénix, créée par Jean Moreau. Cette société de l’ESS récupère les invendus des entreprises pour les distribuer à des associations. On évolue ici dans une activité de la tech, génératrice de revenus et d’emplois, mais qui a un fort impact social et solidaire. Cet entrepreneur social engagé et ses équipes lèvent des fonds, attirent des investisseurs. Leur démarche correspond à ma conception d’une économie plus responsable, à savoir, mettre la finance au service de ces acteurs qui pensent « impact » et qui sont utiles aux autres et à la planète. En pleine crise de confinement, les équipes de Phénix, à la rentrée, ont recruté entre octobre et novembre plus d’une dizaine de collaborateurs dans toutes les régions de France. Voilà une entreprise de l’ESS résiliente, moderne, portée par des gens qui font à la fois de la rentabilité et de l’utilité sociale. C’est à ce modèle économique-là auquel je crois dans l’avenir !

- Il ne faut pas faire dévier les actions économiques de leurs objectifs. Le plan de relance vise à sauver nos entreprises, nos emplois et préparer la France de 2030 en matière de business. Il est déjà intégralement conditionné : pas de prime jeune, de prime handicapé ou de prime apprenti si l’entreprise n’embauche pas ce type de profil, pas d’accès à MaPrimeRénov’ sans rénovation globale de son logement, etc. Le seul sujet non conditionné est la baisse des impôts de production car on doit faire baisser le coût du travail en France. Il ne faut pas corréler des évolutions de gouvernance à un plan dont l’objectif est de sauver économiquement la France percutée par une crise historique. Si on établissait ce lien entre plan de relance et raison d’être, les entreprises ne viendraient pas chercher les aides et préféreraient mettre la clé sous la porte plutôt que de se faire aider par l’État. On doit éviter tout contre-signal qui effraierait des entrepreneurs qui ont besoin actuellement de l’État.

- [Résolution de l’UE sur la gouvernance durable des entreprises] Le vote de cette résolution a tous les attributs d’un débat de technocrates, mais c’est en réalité un vrai débat de société. La résolution européenne marque un tournant dans une conception européenne de l’entreprise sur laquelle la France a été pionnière, notamment avec la loi PACTE. L’Europe a une place à prendre, pour ses entreprises, et pour ses consommateurs dans la régulation de la performance extra-financière. Si on se laisse dicter les règles du jeu par l’Asie ou les États-Unis, c’est demain toute une conception de société à laquelle il faudra nous plier. Mais le débat ne pourra pas se traiter en un claquement de doigts.

 

► Partis politiques

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]

Christophe Castaner (président du groupe à l’Assemblée nationale)

Distinguer ses adversaires politiques des extrêmes est indispensable. Le Front Républicain s’impose pour faire face au RN. En 2015, la gauche l’a fait. Je l’ai fait. Si c’était à refaire, je n’hésiterais pas. J’espère que toute la gauche ferait pareil.

 

Aurore Bergé (présidente déléguée du groupe à l’Assemblée nationale)

- "Le débat public ne peut pas se faire en crachant à la figure des policiers." (Gérald Darmanin).Chacun est face à ses responsabilités. Certains considèrent qu'il est de bon temps de se lâcher et de lyncher nos forces de l'ordre. C'est insupportable. (…) Un nouveau cap est franchi avec de graves diffamations à l'encontre de nos forces de l'ordre. On pensait que c'était l'apanage de LFI. Cela déteint sur une partie de la gauche. Et ça suffit. Total soutien à notre police républicaine.

- je souhaite que le Sénat se saisisse désormais de la proposition de loi Animaux que nous avons déposée puis votée en janvier 2021. Il en va de l’adoption définitive et de l’application de mesures clés pour lutter contre la maltraitance animale.

 

Laurianne Rossi (députée)

Notre démocratie et nos institutions ont plus que jamais besoin de pratiques nouvelles & d’initiatives citoyennes.

 

► Autres

● Organisations centristes
♦ Renaissance
(Députés français du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen)

 

Nathalie Loiseau

En détournant un avion de ligne, le Bélarus se met au ban des nations. Dictature aux abois, le régime de Loukachenko est prêt à tout pour faire taire un journaliste. Minsk montre ainsi qu’il est un État voyou, mais aussi un État faible. L’Union européenne doit fermer son espace aérien à tout trafic commercial venant du Bélarus sans délai.

 

Stéphane Séjourné

Détourner un avion de ligne pour arrêter un journaliste d'opposition qui se trouvait à bord.... Le Bélarus de Loukachenko se comporte comme un État voyou, c’est une grave violation du droit international que nous devons dénoncer au niveau européen. Des sanctions doivent suivre !

 

● Personnalités centristes
Jean-Pierre Raffarin (ancien premier ministre)

- Tout se discute dans la démocratie mais le combat contre l’abstention et l’indifférence devrait rassembler. La politique doit rétablir des liens avec tous les citoyens qui sont éloignés de la République. La participation électorale est la clé de la survie démocratique.

- Dans notre démocratie tout fait débat. C’est la France! Mais attention ne perdons pas de vue l’essentiel: la sortie de la pandémie. Vaccins+Précautions = la vraie Vie.

 

 

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