samedi 4 juillet 2026

Propos centristes. France – Protection des enfants / Lutte contre le narcotrafic / Canicule / Aide à mourir / Justice criminelle / Pour une nouvelle planification / Feux de forêts…


Voici une sélection, ce 4 juillet 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Propos introductif à l’occasion de la cinquième réunion de suivi consacrée à la lutte contre le narcotrafic] J'ai souhaité qu'on puisse se réunir pour la cinquième fois depuis le mois de novembre dernier pour faire un point global sur la lutte contre le narcotrafic et à la suite aussi de l'actualité récente à Nice, Marseille, Nantes ou Grenoble, qui nous a rappelé que, même si on avait des résultats déjà obtenus par l'action résolue du gouvernement et de l'ensemble des services, il y a encore beaucoup à faire. La réponse, on le sait, est pleinement interministérielle, avec un plan massif à la hauteur d'un phénomène qui a changé d'échelle ces dernières années et pas simplement en France.
La dynamique que nous avons enclenchée il y a maintenant sept mois et la mobilisation inédite ont commencé à produire des résultats concrets qui sont le fruit des lois récemment votées. Le parquet national anticriminalité organisée, qui est opérationnel depuis le 5 janvier, l'état-major interministériel de lutte contre la criminalité organisée qui est en place, les opérations type Octopus contre la DZ Mafia, qui ont produit une quarantaine d'interpellations, l'affaire Kessaci qui a donné lieu à six mises en examen et autant d'incarcérations, la réduction du nombre de points de deal, qui est tangible et visible sur le terrain, ce qui est une bonne chose, mais on le sait, avec une évolution des pratiques et une multiplication aussi des livraisons à domicile, si je puis utiliser cette formule.
À cela s'ajoute aussi la préparation de différentes actions, ce qu'on a décidé sur nos ports, y compris des ports qui n'étaient pas suffisamment couverts jusqu'alors, comme le port de Sète, puis les plans d'urgence dans nos Outre-mer, comme l'évolution de notre douane, et je vais y revenir.
Le narcotrafic continue de progresser chaque jour et est véritablement un marché criminel qui pèse plus de 7 milliards d'euros par an et qui, on le sait, alimente la délinquance criminelle, elle l'alimente dans nos quartiers, dans nos territoires ultramarins et chez beaucoup de nos voisins. C'est pourquoi il ne faut absolument pas lâcher cette action. Donc les priorités pour moi sont les suivantes, ce qui impose une action complète et déterminée. D'abord, poursuivre les actions de terrain, mobiliser pleinement nos services, on y reviendra, et je veux vraiment qu'on ait là, dans la priorisation de ce que font nos services de renseignement, une action renforcée sur le narco, l'action de la police, de la gendarmerie, en lien avec le continuum de sécurité, évidemment, les polices municipales, et évidemment l'action justice derrière pour traquer partout sur le terrain et ne laisser aucune tranquillité, aucun répit à qui que ce soit.
Deuxièmement, la coopération internationale, qui est un levier très important. On a renforcé les choses, mais l'action que nous avons à mener avec l'Algérie, le Maroc, les Émirats arabes unis, la Tunisie, pour obtenir des résultats sur des cibles priorisées est clé. On a commencé à avoir des résultats, c'est essentiel pour le démantèlement de filières internationales, on le sait ô combien.
Troisièmement, c'est renforcer la pression qu'on met sur les routes d'approvisionnement. C'est là aussi où le plan douane qui a été demandé et que vous avez finalisé, le Premier ministre y reviendra, je le sais, avec les ministres compétents, est clé, en particulier pour nos ports et nos aéroports. Parce qu'il doit produire un choc capacitaire avec un renforcement très concret des moyens, dès maintenant et dans les années qui viennent, avec, si je puis dire, des nouvelles capacités, des nouveaux équipements, en plus de ce que nous avons décidé sur les arrivées dans nos aéroports pour être plus efficaces dans les actions conduites. Et je vous en remercie.
Quatrième axe d'action, à mes yeux, c'est les Outre-mer. On a évidemment le plan d'urgence Antilles-Guyane. On a une situation sécuritaire marquée par la forte augmentation des homicides qui sont liés au narcotrafic et au trafic d'armes. Donc, dès janvier dernier, on a établi un plan d'urgence avec plusieurs axes. Il faut accélérer son déploiement et je demande qu'on regarde l'ensemble des territoires ultramarins parce qu'on voit les fragilités qu'il y a aussi, évidemment, en Polynésie. En tout cas, il n'y a pas de négligence à avoir.
Cinquième élément, c'est la pression à mettre sur les consommateurs, à travers à la fois la réforme qu'on fait sur les amendes forfaitaires délictuelles, leur mise en œuvre, les évolutions qui ont été décidées, les campagnes de communication, la pression qu'on doit mener. Il n'y a pas de trafic de drogue dans les quartiers s'il n'y a pas de consommateurs, généralement, dans les beaux quartiers. Soyons clairs. Donc, c'est quand même la grande différence avec d'autres formes de banditisme ou de criminalité, c'est que là, on a des gens qui nourrissent, quelque part, le crime qu'ils peuvent déplorer. Donc, la pression sur le consommateur, la prise de responsabilité, les éléments clés pour véritablement accroître la pression et les sanctions et les éléments de prévention sur le plan sanitaire sont clés. Donc, il y a ce continuum prévention-sanction, mais la pression sur le consommateur est clé. Puis, le dernier point, c'est en matière d'éducation, où il faut évidemment continuer de renforcer le travail. Merci de ce qui a déjà été fait, mais où il faut avancer.
Tout ça pour dire qu'au fond, nous ne devons absolument pas relâcher l'effort. Je vous remercie de tout ce qui a été fait ces derniers mois et qui a permis de, pas simplement transformer le paysage institutionnel, mais d'avoir des premiers résultats extrêmement structurants. Mais cette action, elle est profondément interministérielle. C'est pour ça qu'elle suppose la coordination sous la houlette du Premier ministre et je l’en remercie. Elle suppose, sur les axes d'effort que je viens d'évoquer, d'intensifier, d'accélérer. C'est clé. Donc, sur cette base-là, je voudrais donner d'abord la parole au Premier ministre pour pouvoir revenir sur les points qu'il souhaite détailler, en particulier le suivi des cellules interministérielles qu'il a animées. Et puis, on reviendra sur chacun des éléments que je viens d'évoquer.

> La France a déployé au Moyen-Orient des moyens de déminage, avec notamment deux chasseurs de mines. Accompagnés de deux frégates et d’un avion de patrouille maritime, ces moyens sont prêts à contribuer, avec nos partenaires, à la pleine reprise de la navigation et à garantir la sécurité du trafic dans le détroit d’Ormuz. La signature, le 17 juin dernier, du mémorandum d’accord entre les États-Unis et l’Iran constitue une avancée importante en faveur de la stabilité régionale, en réaffirmant notamment la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Compte tenu de cette évolution favorable et de l’évolution des besoins, à l’issue des échanges constructifs que j’ai eus avec le Sultan d’Oman, j’ai décidé d’adapter notre dispositif. Le porte-avions Charles de Gaulle rejoint ainsi son port d’attache à Toulon, tandis que nos moyens de déminage et leur escorte demeurent déployés et prêts à intervenir avec nos partenaires. La France reste pleinement mobilisée et continuera d’ajuster ses moyens en fonction de l’évolution de la situation et des besoins de sécurité dans la région.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Feux forêts] Je veux avoir quelques mots retransmis par l'intermédiaire des médias pour aussi rendre compte de la mobilisation et d'avoir une réunion importante avec l'ensemble de l'état-major de la zone de défense sud. Les différents élus d'ailleurs, des Bouches-du-Rhône que je remercie, toutes les forces de sécurité civile, civile et militaire, l'ensemble des forces de sécurité intérieures sur évidemment la suite des événements climatiques qui nous amènent à devoir traiter très prématurément, il faut bien le reconnaître, des épisodes de feu de forêt assez violents, alors à la fois, je laisserai la parole sous le contrôle du ministre de l'Intérieur au directeur général de la sécurité civile dans quelques instants.
Ce sont des phénomènes qui sont bien connus, bien planifiés, bien anticipés par l'ensemble des acteurs locaux. On a encore pu s’en rendre compte, là, évidemment ici, à Marseille. Mais donc il faut bien reconnaître qu'ils arrivent pratiquement 15 jours, 3 semaines en amont des périodes habituelles et qui donc évidemment vont nous donner du fil à retordre, c'est le moins que l'on puisse dire, en matière d'endurance, pratiquement 7 000 départs de feu depuis le début de la saison, déjà 8 700 hectares brûlés dont 1 200 seulement hier non loin d'ici, et c'est pratiquement chaque jour 2 000 sapeurs-pompiers professionnels, volontaires, civils, militaires qui ont été mobilisés aujourd'hui et hier. Et la situation est assez tendue, et notamment à chaque fois en fin de journée.
Donc, on aura l'occasion d'y revenir. Je laisserai la parole dans un instant au directeur général de la sécurité civile parce que je vous rappelle que 9 départs sur 10 de ces feux sont toujours d'origine humaine, alors volontaires ou involontaires, mais enfin toujours d'origine humaine, 9 sur 10 c'est absolument évidemment considérable.
Cette cellule de crise va également nous permettre de faire un point sur la situation de la canicule, évidemment sur la suite du volet sanitaire. On va maintenir le niveau ORSAN 3 pour l'ensemble du week-end, pour permettre aux hôpitaux de continuer à traiter dans les meilleures conditions possibles, en tout cas nous faisons tout pour l'ensemble des personnes qui ont été touchées par l'épisode particulièrement violent de canicule la semaine dernière.
Et puis on fera aussi un point avec Météo France dans lequel on voit bien que la chaleur va repartir ce week-end à la hausse, mais heureusement du dernier bulletin qui vient d'être confirmé sur la moitié du pays, et pas du tout dans les extrêmes chaleurs, peut-être comme on a pu le connaître la semaine dernière, puisque aucun
département devrait être classifié en rouge pour ce week-end.
Enfin, il va falloir nous rester évidemment être très prudents, puisqu'on voit bien les prévisions et les différents modèles, laissent avoir une même chaleur qui peut repartir dans le milieu de la semaine prochaine, ce qui nous amènera aussi évidemment à devoir traiter de la question de la sécheresse, des différents impacts, y compris pour notre agriculture et toutes les questions liées aux événements divers et variés qui sont organisés sur le territoire national, et puis aussi bien sûr la question de la ressource en eau.
Cette CIC va nous permettre de commencer à endosser les plans qui ont été préparés par les équipes suite aux commandes que j'avais données en début de semaine, notamment la création de ce plan ORSEC de chaleur extrême, qui va nous permettre aussi d'imaginer un réseau de centres de mise en protection des personnes fragiles.
Je le redis, on a une particularité qui est difficile d'ailleurs à appréhender : c'est que la plupart, en tout cas un nombre important de nos concitoyennes et nos concitoyens qui sont décédés… sont décédés à leur domicile. C'est en cela d'ailleurs la grande différence avec 2003 où on s'en souvient évidemment la question des EHPAD. Aujourd'hui on voit bien que, et notamment sur la plaque parisienne, en Île-de-France, beaucoup de personnes seules, c'est aussi un sujet sociétal, social très important, se sont retrouvées livrées à elles-mêmes et sont décédées à domicile. Donc, pour nous, c'est aussi une évolution de la posture parce que c'est quelque chose qui pour le coup est nouveau. Et donc c'est de sortir ces personnes de leur domicile si besoin en était pour qu'elles ne soient pas en danger.
Et donc, on y reviendra parce que beaucoup de choses ont été préparées sur l'identification de bâtiments qui sont rafraîchis, un système de sécurité civile renforcé, des systèmes également d'alerte numérique avec de l'intelligence artificielle pour être capables de venir questionner régulièrement les personnes à domicile.
Rien ne remplacera jamais la solidarité de proximité familiale, en tout cas moi je crois à la fraternité républicaine et celle aussi des voisins. Enfin, on le voit bien que malheureusement cette fraternité-là ne fonctionne pas toujours bien pour tout le monde, c'est le moins que l’on puisse dire. Et donc il va nous falloir aussi imaginer des réponses… en tout cas de nouvelles générations de réponses pour s'adapter à cette situation et de manière la plus rapide possible.
On fera également un point sur l'hôpital où j'avais annoncé l'acquisition de plus de 30.000 climatiseurs dans des délais assez brefs et je peux vous confirmer qu'on a déjà 6 000 climatiseurs qui sont en livraison au moment où on se parle et 7 000 ventilateurs. Donc, ça, c'est une priorité absolue, avec aussi une méthode qui a été donnée de confier aux hôpitaux le soin de pouvoir acheter ces matériels. Le ministère va les rembourser, ce qui est là aussi beaucoup plus moderne de fonctionner en proximité avec des centrales d'achat qui nous permettent de regrouper évidemment ces acquisitions et de les faire à meilleur prix.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> Dans l’Aude, auprès des sapeurs-pompiers et de l’ensemble des forces mobilisées : après 48h d’un combat acharné contre un incendie de plus de 900 hectares, le feu est désormais fixé. Je remercie les 900 sapeurs-pompiers engagés, les pilotes d’avion et d’hélicoptère, les gendarmes, l’office national des forêts, les élus et tous les services de l’Etat pour leur grande mobilisation et leur dévouement. Cette saison des feux est particulièrement préoccupante : nous avons près d’un mois d’avance, sous l’effet de la canicule, d’une végétation abondante et de vents qui favorisent une propagation rapide des flammes. Hier encore, 26 feux étaient en cours simultanément sur le territoire. Face à cette menace, l’État est pleinement mobilisé. J’appelle aussi chacun à la plus grande vigilance : 9 feux sur 10 sont d’origine humaine. Un comportement responsable peut éviter un drame.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> Je suis allée à la rencontre des équipes de Fabentech à Saint-Priest. Cette visite illustre l’engagement de la France face aux menaces biologiques et notre capacité à transformer l’innovation en véritable atout stratégique. Grâce au soutien du ministère, des partenariats solides se construisent avec des entreprises de nos territoires. Accompagner le développement d’entreprises françaises capables de produire des antidotes contre des agents comme la ricine, c’est renforcer la supériorité de nos armées, mieux protéger notre pays face aux risques biologiques et consolider notre souveraineté. Développer et produire des médicaments jusqu’ici inexistants, c’est servir concrètement la Nation et l’intérêt général.

> Aux premières Assises régionales des correspondants défense, j’ai rappelé l’importance que j’accorde à ce maillon essentiel du lien Armées-Nation. Dès mon arrivée au ministère des Armées, j’ai souhaité faire du renforcement du lien entre les armées, les territoires et la Nation une priorité. Je connais la force des communes, le rôle irremplaçable des élus de proximité et leur capacité à mobiliser nos concitoyens. (…)
Les 35 000 correspondants défense présents sur notre territoire, c’est la force d’un réseau unique au service de la cohésion nationale et l’adhésion des Français à leurs armées.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Relations franco-brésiliennes] Nous voulons approfondir cette relation si dense et si riche, dont nous avons marqué le 200e anniversaire en 2025, et qui a vocation à se projeter dans les décennies qui viennent. En tout cas, c'est la volonté du Président de la République et du président Lula. Et cela couvre un grand nombre de dimensions : économique, nous sommes le deuxième investisseur au Brésil ; culturel, avec cette saison France-Brésil qui a beaucoup de retentissements ; mais aussi stratégique, puisqu'on voit en matière de défense, en matière d'énergie, de spatiale, des coopérations nouvelles émergent. Premier objectif. Le deuxième objectif, c'est effectivement de sceller un accord qui était attendu depuis très longtemps sur la question de la frontière entre la France et le Brésil. Le Brésil est le pays avec lequel la France partage la plus grande frontière, 700 km. Avec les questions de sécurité et de mobilité qui se posaient, nous avons abouti à un compromis avec la suspension de l'obligation de visa de court séjour pour les ressortissants brésiliens, à compter du 31 juillet prochain, en contrepartie d'un renforcement de notre coopération pour la sécurité avec le déploiement d'officiers de liaison dans un certain nombre de services au Brésil pour lutter contre les trafics, contre la migration illégale, contre l’orpaillage illégal et la criminalité environnementale. (…)
Nous avons face à nous une menace nouvelle, qui est celle de la criminalité organisée, des réseaux transnationaux qui se livrent à du trafic de drogue, du trafic d'armes, de la traite d'êtres humains et de la criminalité environnementale. Pour leur faire échec, nous avons besoin de coopération internationale. Il faut que les États travaillent ensemble pour entraver l'activité des trafiquants. Et donc, l'entraide judiciaire, notamment entre la France et le Brésil, qui fait partie de cet accord sur la sécurité intérieure, la présence désormais d'officiers français placés dans les aéroports, dans les centres de coordination auprès de la police brésilienne, va permettre, à la fois par l'échange d’information à tous les niveaux, mais aussi par des opérations conjointes, d'être plus rapide et plus agile que les trafiquants eux-mêmes et de pouvoir ainsi leur faire échec.

> [Relations franco-brésiliennes] D'abord, il faut le rappeler, la France et le Brésil, mais je pourrais aller au-delà, l'Union européenne et le Mercosur sont des partenaires privilégiés. Je prends la France et le Brésil. Aujourd'hui, nous sommes le deuxième investisseur au Brésil, nous sommes le premier investisseur européen au Brésil, avec 1.400 entreprises françaises au Brésil qui emploient plus de 500.000 personnes. Parmi les 40 plus grandes entreprises françaises, 38 sont aujourd'hui présentes au Brésil. Donc il y a des liens économiques sans équivalent entre nos deux pays. Et ça va continuer, puisqu'on le voit, y compris dans le domaine numérique, avec des relations qui existent déjà et des investissements qui ont déjà été faits, avec Bull par exemple sur les supercalculateurs, mais aussi avec nos acteurs de l'intelligence artificielle, qui s'intéressent au potentiel au Brésil et qui explorent, prospectent pour saisir les opportunités qui s'y présentent. Et réciproquement. Ce que nous voulons aussi, c'est que les entreprises brésiliennes puissent se déployer en Europe et en France. 
S'agissant plus particulièrement de la mesure qui a été prise par l'Union européenne, qui n'a en réalité pas de lien direct avec l'accord du Mercosur, elle concerne la protection du marché unique, du marché européen, contre un certain nombre de substances qui sont interdites aux producteurs en Union européenne, dont chacun peut comprendre qu'on ne peut pas accepter que leurs concurrents, eux, les utilisent. Et il est vrai que certains produits ou certaines productions agricoles brésiliennes se sont retrouvées sur cette liste européenne pour l'avenir. Les autorités brésiliennes sont en dialogue avec l'Union européenne pour fournir toutes les informations nécessaires, le cas échéant, pour que ces productions agricoles soient jugées conformes par les autorités.

> [Relations franco-brésiliennes] S'agissant des technologies existantes, prenons les réseaux sociaux, par exemple. Il est important, je crois, que dans des grandes et anciennes démocraties comme le Brésil ou la France, on sache imposer et faire appliquer un certain nombre de règles pour protéger notamment les plus jeunes, les enfants et les adolescents, mais aussi le débat public. C'est ce que nous avons fait en Europe, en montrant la voie avec des règles, des lois européennes qui imposent des obligations aux grandes plateformes de réseaux sociaux. Et plus récemment, lors du G7 que la France préside cette année et auquel le président Lula a participé, une déclaration a été faite, à laquelle le Brésil s'est joint, qui appelle à une protection plus grande de l'enfance et de l'adolescence dans l'espace des réseaux sociaux. L'Europe avance vers une interdiction des réseaux sociaux pour les enfants adolescents de moins de 15 ans, ou en tout cas en dessous d'un certain âge. Un certain nombre d'autres pays dans le monde se sont ralliés à cette idée, et je crois que c'est indispensable, tant les dégâts causés par l'exposition excessive aux réseaux sociaux sont considérables. Ensuite, il y a les technologies émergentes, celles qui n'ont pas encore tout à fait mûri. Je pense en particulier à l'intelligence artificielle générative. Là, nous avons deux modèles. Le modèle américain, que vous avez cité, mais il y a aussi le modèle chinois. Ce qui est essentiel, avant même de songer aux questions de régulation, c'est qu'on puisse s'ouvrir une autre voie qui corresponde de manière plus nette aux aspirations de pays démocratiques comme le Brésil, comme l'Europe notamment. Et l'enjeu pour nous, c'est d'avoir la taille suffisante pour faire émerger nos propres modèles, des modèles qui soient forgés au feu de la culture française, de la culture européenne, de la culture brésilienne et d'autres pays. Ne pas avoir à subir des outils qui ont été conçus ailleurs. Parce que chacun le sent bien, celui qui conçoit l'outil a toujours plus d'influence, d'impact sur la manière dont il est utilisé que celui qui le régule. Il est donc indispensable que nous puissions développer nos propres outils. Et c'est pourquoi je citais tout à l'heure et que nous encourageons l'entreprise Mistral qui a développé un modèle qui rivalise avec ceux des très grandes entreprises chinoises ou américaines, et qui s'intéressent au Brésil. Et je crois qu'il y a là peut-être des coopérations à venir.

> [Relations franco-brésiliennes] L'intuition qui a été celle du Président de la République face au blocage du multilatéralisme, ça a été de construire des coalitions. Je donne un exemple récent d'une coalition qui a fonctionné, à laquelle le Brésil a participé, qui est celle sur la protection de l'océan. Nous avons, avec un certain nombre de pays affinitaires, qui avaient le même avis que nous, engagé un effort, d'abord dans un petit cercle de pays, pour nous donner collectivement des règles et un traité pour la protection de ce qu'on appelle la haute mer, tout ce qui est au-delà des juridictions nationales. Progressivement, le cercle s'est élargi. Et à Nice, l'année dernière, lors de la troisième Conférence des Nations unies pour l'océan, le plus grand événement jamais organisé consacré à la préservation des océans, en présence du président Lula, nous avons obtenu les ratifications nécessaires pour que ce traité entre en vigueur. Et donc on a commencé par un cercle étroit et on l'a finalement élargi ensemble à la communauté internationale. Je donne un deuxième exemple, qui est porté par le Brésil : la coalition qui a été lancée contre la criminalité environnementale, et dont j'ai annoncé aujourd'hui que la France la rejoindrait. Là aussi, on commence avec un cercle de pays qui considèrent que ce problème est majeur. Et progressivement, d'autres nous rejoignent jusqu'à ce que nous soyions en capacité de créer des règles qui vont s'imposer à l'ensemble de la communauté internationale. 

> [Crise au Moyen-Orient] La France agit non pas pour être protagoniste, la France agit parce qu'elle a la responsabilité principale de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. De ce point de vue-là, quel que soit le conflit et où qu'il se situe, elle se doit de tenter d'apporter une réponse et une contribution à sa résolution. La France agit par ailleurs au Proche et au Moyen-Orient car c'est notre voisinage immédiat, et ce qui se produit au Proche et au Moyen-Orient, les convulsions, les crises, tout cela a des conséquences directes pour la vie quotidienne des Françaises et des Français. C'est une deuxième raison pour agir. Et s'agissant plus particulièrement du Liban, le général de Gaulle le disait, « le peuple libanais est le seul peuple du monde dont le cœur bat au même rythme que celui de la France ». Il y a, comme avec le Brésil, une relation ancrée dans l'histoire et dans les cœurs aussi. Et c'est pourquoi nous nous tenons aux côtés des autorités libanaises, au moment où elles ont pris des décisions extrêmement courageuses pour restaurer l'autorité de l'État et cheminer vers la souveraineté et l'intégrité de son territoire. Nous sommes à un moment décisif où un dialogue s'est noué entre le gouvernement libanais et le gouvernement israélien, qui prévoit une cessation des hostilités, le désarmement du Hezbollah, le retrait d'Israël du Liban et la restauration du monopole des armes entre les mains d’un État fort, capable d'assurer la protection de l'ensemble des populations. Nous organiserons prochainement une conférence internationale de soutien aux forces armées libanaises. J'en ai parlé tout à l'heure avec mon homologue et ami Mauro Viera, ministre des Affaires étrangères du Bésil, parce qu'ensemble, nous devons justement nous tenir aux côtés du gouvernement libanais et de son armée pour lui permettre de construire un monde de paix et de stabilité pour ce pays auquel nous sommes si attachés.

> [Déclaration en marge du déplacement au Brésil] Bonjour à toutes et tous. Nous sommes aujourd'hui, avec le ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, à Oiapoque, à la frontière entre le Brésil et la France, qui est la plus grande de nos frontières avec un pays voisin. 730 km et des enjeux très importants. 
Hier, à Brasilia, nous avons signé un accord majeur de sécurité publique. Celui-ci permettra à la fois de juguler l'immigration irrégulière entre le Brésil et la France, de lutter plus efficacement contre la criminalité environnementale, contre l'orpaillage illégal, mais aussi de faciliter les mobilités légales entre le Brésil et la France pour permettre à la Guyane, notamment, de s'intégrer dans son environnement régional au bénéfice de nos ressortissants, de nos compatriotes établis de l'autre côté du fleuve Oyapock, juste du côté de la Guyane, en France. 
C'est l'aboutissement d'un travail de longue haleine qui a associé le ministère de l'Intérieur, le ministère des Affaires étrangères et leurs interlocuteurs au Brésil, et c'est une nouvelle étape qui s'ouvre, à la fois pour garantir la sécurité de nos compatriotes mais aussi d'assurer les conditions du développement économique de la Guyane, en l'ouvrant vers son voisin brésilien, en particulier l'État de l’Amapá. C'est la raison pour laquelle nous sommes accompagnés ce matin par le maire d’Oiapoque, mais aussi par les représentants de cet État brésilien voisin de la Guyane. (…)
L'accord que nous avons trouvé hier permet d'abord de renforcer notre coopération pour juguler l'immigration irrégulière, lutter contre la criminalité environnementale, mais aussi contre l’orpaillage illégal. Concrètement, vous allez voir des officiers français déployés auprès d'un certain nombre de cellules de coopération policière, à la fois ici, mais aussi à Belém, s'agissant de la lutte contre la pêche illégale. Vous allez voir un dialogue migratoire se nouer, qui permettra d'ailleurs d'évaluer les conséquences de l'accord que nous avons trouvé. Et vous allez voir aussi les opérations conjointes entre les forces de sécurité françaises et brésiliennes se multiplier. Tout cela va permettre de lutter plus efficacement contre l'immigration irrégulière et de nous permettre, c'est la contrepartie dans cet accord, pendant une période de six mois à compter du 31 juillet prochain, de suspendre l'obligation qui est faite aux ressortissants brésiliens d'avoir un visa pour entrer sur le territoire national. Vous m'interrogez sur un autre point, qui est évidemment très important et le Garde des sceaux y accorde beaucoup d'attention, qui est celui du transfèrement des détenus brésiliens en France et de leur retour au Brésil. C'est un sujet sur lequel nous continuons de travailler pour trouver des solutions pragmatiques, qui respectent les règles, les normes en vigueur dans nos deux pays.

> Ce que nous voyons, c'est le développement de groupes transnationaux, de multinationales du crime et du trafic de drogue, d'armes et de la traite des êtres humains. C'est la raison pour laquelle, sous l'autorité du Président de la République et du Premier ministre, nous avons lancé à l'automne dernier, pour la première fois, un plan international de lutte contre le narcotrafic et la criminalité organisée qui est en train de se mettre en œuvre. Concrètement, nous avons signé un grand nombre d'accords de coopération, que ce soit en matière judiciaire, en matière de douane, en matière militaire ou policière, avec les États de la région d'Amérique latine et des Caraïbes, qui est une zone majeure de production et de transit. Nous avons renforcé nos effectifs spécialisés dans les ambassades de la région avec des postes d'attachés douaniers, des postes d'attachés de sécurité intérieure qui nous permettent, par leur présence sur le terrain, d'échanger le renseignement avec les pays concernés et puis de coordonner les manœuvres visant à faire échec à tous ces trafics. Troisième élément, nous avons ciblé notre aide publique au développement sur les cultures de substitution à la feuille de coca, notamment, sur la sécurisation des ports et sur la lutte contre le blanchiment d'argent. Et puis, nous avons lancé une académie régionale qui permettra aux pays de la région de former aussi leurs experts sécuritaires dans la lutte contre le narcotrafic. 
J'ajoute à ça que nous avons proposé à l'Union européenne la création d'un nouveau régime de sanctions contre les narcotrafiquants et les criminels organisés qui permettra, il est en cours de finalisation, de prendre des sanctions à leur encontre, d'immobiliser leurs actifs, d'interdire toute transaction avec eux, et de leur interdire l'accès au territoire de l'Union européenne. Tout cela avance et s'inscrit évidemment dans un plan plus large que le ministre de l'Intérieur et le ministre délégué supervisent pour lutter contre le déferlement des produits stupéfiants sur le territoire national. 
Dans quelques heures, nous serons avec Jean-Didier Berger en Martinique pour une conférence régionale de sécurité, qui abordera notamment ces questions-là, parce que nous avons non seulement conscience, mais nous avons changé d'échelle dans notre bataille contre le narcotrafic, en donnant une part très importante à la coopération internationale, qui est la seule manière d'éradiquer le mal à la racine.

> Nous avons été à l'initiative d'un régime inédit de sanctions européennes contre les narcotrafiquants, les criminels organisés qui échappent à l'arrestation en trouvant refuge dans tel ou tel pays. C'est une première étape. Je souhaite vivement que ce travail mené par la Commission européenne puisse être finalisé au plus vite pour que nous puissions sans délai prendre les premières sanctions.

> Merci à la Jamaïque et au Suriname qui se joignent à l'initiative franco-mexicaine visant à encadrer le droit de véto au Conseil de sécurité de l'ONU face aux atrocités de masse, portant le nombre de soutiens à 120 pays du monde. La mobilisation doit s'amplifier.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Hôpitaux] Une enveloppe de 100 millions d’euros a été débloquée pour l’achat de climatiseurs. Entre 6 000 et 10 000 appareils arriveront dès ce week-end.

> [Décès liés à la canicule] Une augmentation nette observée chez les personnes de plus de 45 ans.

> Nous avons réuni les sept Ordres des professions de santé pour signer une charte d’engagement contre les violences sexistes et sexuelles en santé. Les professionnels de santé sont souvent les premiers à recueillir la parole des victimes. Ils doivent pouvoir les protéger, les orienter et les accompagner. Ils doivent aussi être eux-mêmes protégés lorsqu’ils sont confrontés à ces violences. Cette charte concrétise un engagement commun de l’État et des Ordres pour renforcer la prévention, améliorer le traitement des signalements, développer la formation et garantir une réponse à la hauteur des enjeux. Aucune violence n’a sa place dans notre système de santé.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> La douane est notre première ligne de défense face au narcotrafic.108 tonnes de stupéfiants saisies en 2025, dont 31 tonnes de cocaïne. Face au tsunami de la cocaïne, véritable choc d’offre, nous changeons d'échelle, avec un choc capacitaire.
À la demande du Président de la République, et sous l’autorité du Premier ministre, j'ai présenté ce jeudi le plan Douane 2030 : 25 scanners supplémentaires, doublement de nos capacités de contrôle dès 2027, 545 emplois créés d’ici 2030, 42 pôles régionaux d'investigation, modernisation de nos moyens en mer et dématérialisation complète de nos procédures d'ici 2030. Un nouvel âge pour la douane. Plus forte, plus moderne, pour protéger les Français.

 

Marina Ferrari (ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative)
> [Paris truqués] Je ne veux pas jeter le problème sur tout le milieu du sport, mais en tout cas, les manipulations sportives dans le cadre des paris sportifs, oui, c'est une réalité aujourd'hui dans le monde du sport. (…)
On travaille sur ça, bien évidemment, au niveau mondial aujourd'hui, européen, puisque grâce à des algorithmes, on observe aussi ce qui se passe sur les plateformes de jeu. (…)
La cellule est en veille opérationnelle très haute, puisque dans le cadre de la Coupe du Monde également on sait qu'on a des pics qui peuvent intervenir, donc nous sommes en grande vigilance aujourd'hui. (…)
Il faut remettre de l'éthique dans le sport.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> Médecin, sage-femme, pharmacien, podologue, kiné, infirmier, chirurgien-dentiste : les professionnels de santé sont aux avant-postes pour détecter et signaler les violences sexuelles. Ils peuvent aussi devenir le premier maillon de la protection. Nous avons signé avec les 7 Ordres nationaux des professions médicales et paramédicales des engagements pour former, repérer, protéger et signaler.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> L’été de toutes les responsabilités commence maintenant. Notre priorité est claire : permettre à chacun de profiter des vacances en toute sécurité. La prévention est le premier des gestes qui sauvent. C’est dans cet esprit que je me suis rendue auprès de la brigade fluviale de Paris, à la rencontre de ces femmes et de ces hommes qui surveillent nos cours d’eau, préviennent les risques et interviennent lorsque chaque seconde compte. Je porte une conviction simple : face aux noyades, nous devons agir avant le drame. Informer, sensibiliser, sécuriser et mobiliser tous les acteurs sont au cœur de notre action. La prévention n’est pas un message de plus : c’est une politique publique qui sauve des vies. Je tiens à saluer l’engagement exemplaire de la brigade fluviale, ainsi que celui de l’ensemble des forces de sécurité, des sauveteurs, des associations, des collectivités et de tous les professionnels mobilisés pour protéger les Français. Mais leur engagement ne peut remplacer la vigilance de chacun. Une baignade dans une zone interdite, un saut depuis un quai, quelques secondes d’inattention ou une surestimation de ses capacités peuvent avoir des conséquences dramatiques. Adopter les bons réflexes, c’est déjà protéger sa vie et celle des autres. Faisons de cet été, l’été de toutes les responsabilités : un été où chacun profite pleinement des vacances, en faisant le choix de la prudence, de la vigilance et du respect des consignes. Parce qu’un bon réflexe peut sauver une vie.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> La mondialisation, c’est aussi quand nous ne sommes plus capables de produire en France à raison de notre complexité administrative. Simplifier, comme nous le faisons au bénéfice des éleveurs, est donc enjeu de souveraineté. Souveraineté et écologie, car produire en France, c’est produire selon nos normes.

 

Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Canicule : les personnes en situation de handicap vivant en établissements sont au cœur de nos préoccupations.
Rencontre avec les équipes et les résidents de l’établissement d’accueil médicalisé GAÏA à Noisy-le-Grand et présentation des nombreuses actions mises en œuvre pour adapter l’accompagnement des personnes accueillies :
- Programme spécifique et personnalisé
- Pictogrammes canicule
- Adaptation du programme d’activités : salle d’eau, piscine, activités dans les salle climatisée
- Fiche de suivi de l’hydratation de chaque résident.
Pour faire face à la canicule : des actions centrées sur le bien-être et le rafraîchissement de chaque personne accompagnée.

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> Le choix stratégique du nucléaire, engagé par le président Macron, a fait de la France l’un des pays les plus décarbonés au monde. Ce virage essentiel permet de limiter drastiquement les émissions de CO
. C’est bien cette électricité propre qui nous permet aussi de climatiser sans polluer davantage et sans aggraver la situation climatique. La motion de censure déposée par les écologistes est une manœuvre politicienne. Je suis concentré sur ma mission : protéger les travailleurs tout en maintenant l’activité du pays.

> J'ai réuni hier les représentants des livreurs et les plateformes de livraison pour leur demander des mesures d’urgence face aux fortes chaleurs : réduire les distances des courses, laisser davantage de temps pour les livraisons sans pénaliser la rémunération des livreurs, leur donner accès à des abris face aux fortes chaleurs… La responsabilité est aussi collective. Clients et restaurateurs peuvent, par des gestes simples, contribuer à les protéger : éviter de les faire attendre en bas des immeubles, leur proposer un verre d'eau fraîche, éviter de commander des packs d’eau aux heures les plus chaudes de la journée. Je fais le pari de la responsabilité. Mais si les mesures nécessaires ne sont pas tenues, nous prendrons des décisions contraignantes.

> L'intégration passe d'abord par le travail. C'est ce que j'ai rappelé aujourd’hui à l'Institut du monde arabe. Dans un contexte où de nombreux secteurs stratégiques pour l’économie peinent à recruter, nous devons collectivement identifier les besoins en main d’œuvre qualifiée et structurer des filières de talents, pour fluidifier des mobilités mutuellement bénéfiques. C'est tout le sens de l'action que l'État mène avec France Travail, les entreprises, les partenaires sociaux et le monde associatif. Parce que la mobilité professionnelle repose sur des parcours et des compétences, nous devons construire une coopération exigeante avec nos partenaires de la Méditerranée, fondée sur la formation, la qualité de l'accompagnement et des intérêts réciproques.

> À compter d’aujourd’hui, le congé supplémentaire de naissance entre en vigueur : jusqu'à 2 mois de congé rémunéré en plus pour chaque parent dans les 9 mois suivant la naissance d'un enfant et un droit qui s’intègre dans le calcul de votre retraite. Cette mesure permet de mieux concilier parentalité et travail. Les entreprises sont conscientes de cet enjeu et je tiens à souligner leur mobilisation. Nous devons construire ensemble les contours d’un nouveau monde du travail moderne! On est bien au travail quand on est bien dans sa vie personnelle. Ce congé est une très bonne nouvelle pour toutes les familles et les futurs parents !

 

Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
> L’Île-de-France concentre à elle seule les défis climatiques de notre pays.
Un territoire urbain, où la densité et le béton amplifient les canicules.
Un territoire agricole, où près de la moitié des terres est cultivée et où l’eau devient plus rare.
Un territoire économique majeur, qui produit près de 30 % des richesses nationales et doit, lui aussi, s’adapter.
La canicule des derniers jours l’a rappelé avec force.
Elle a touché tout le pays, mais avec une intensité particulière en Île-de-France.
Et demain, ce sont près de 24 jours de canicule par an qui pourraient frapper Paris, contre environ 7 aujourd’hui.
Face à cela, une réalité : nous devons accélérer.
Mais l’Île-de-France est aussi un territoire qui agit.
C’est ici qu’a été signé l’Accord de Paris.
C’est ici que la France a inscrit dans la loi la neutralité carbone à horizon 2050.
Et c’est ici que les COP régionales prennent aujourd’hui tout leur sens.
En deux ans, 13 feuilles de route et 175 actions concrètes ont été construites.
Elles dessinent une trajectoire claire : transformer nos mobilités, nos logements et nos infrastructures pour réduire les émissions.
Les objectifs sont déjà engagés :
- 417 000 logements à rénover d’ici 2030
- -26 % d’émissions liées aux mobilités
- un doublement de la production d’électricité renouvelable
Mais l’enjeu majeur est désormais celui de l’adaptation.
Les derniers épisodes montrent que nous progressons : sur la qualité de l’air, sur la gestion des pics d’ozone, sur les bons réflexes collectifs.
Ils montrent aussi des avancées concrètes pour renaturer nos villes : 60 hectares restaurés grâce au Fonds vert, un million d’arbres plantés depuis 2021.
Mais nous devons rester lucides : beaucoup d’infrastructures ne sont pas encore adaptées à l’intensification des épisodes climatiques. Je pense aux patients, aux soignants, et à toutes celles et ceux qui ont été en première ligne lors de ces derniers jours.
L’adaptation ne repose pas sur une solution unique.
Oui, la climatisation sauve des vies. Elle doit être déployée dans les hôpitaux, les EHPAD et les écoles.
Mais elle ne suffit pas. Elle ne protège ni les plus vulnérables, ni les récoltes, ni nos territoires face aux incendies ou aux inondations.
S’adapter, c’est agir sur tout : aménager, construire, relier autrement nos territoires.
C’est tout le sens des feuilles de route élaborées ici : passer de la stratégie à l’action.
Dans cette troisième année de COP, nous devons accélérer : mobiliser les financements, accompagner les territoires, et mieux articuler les politiques publiques nationales.
L’Île-de-France est un territoire de contrastes, mais aussi un territoire de solutions.
Elle a un rôle majeur à jouer pour montrer qu’une transition écologique efficace est possible.
Merci à toutes et à tous pour votre engagement.
Ensemble, faisons de l’Île-de-France un territoire plus résilient et plus vivable.

 

Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> Avec les députés, nous avons débattu de nombreuses heures, de manière constructive, pour permettre d’accélérer la justice criminelle et de mieux prendre en compte les besoins des victimes. Les deux textes, ordinaire et organique, sont ainsi validés. La loi ordinaire, qui sera votée définitivement mardi prochain, permet de nombreuses avancées : tout d’abord, elle va nous permettre de réformer et d’étendre les cours criminelles départementales, en créant plus de 60 cours supplémentaires, pour réduire les délais de jugement. L’usage de la généalogie génétique pour résoudre les affaires criminelles anciennes et complexes sera désormais possible. Le déroulement des autopsies judiciaires, précisant notamment les conditions de restitution des corps, sera clarifié. Les intérêts civils pourront être jugés avec plus d'efficacité, sans multiplier les audiences. Un statut spécifique de psychologue judiciaire sera créé, qui leur permettra d’avoir accès aux dossiers pour aider les enquêteurs à améliorer leurs investigations. Les délais de requête en nullité devant la chambre de l'instruction et le tribunal correctionnel seront encadrés. Les procédures relatives à la détention provisoire seront sécurisées afin d'éviter des remises en liberté automatiques de personnes dangereuses. Des mesures concrètes, adoptées dans un état d’esprit de consensus et de rassemblement, pour une justice plus rapide et plus sûre.
Sécurisation des procédures de détention provisoire : l'article 9 du projet de loi « Justice criminelle et respect des victimes » a été adopté. Il sécurise les procédures relatives à la détention provisoire afin d'éviter des remises en liberté automatiques de personnes dangereuses, tout en maintenant l'intervention rapide d'un juge et le débat contradictoire.
Encadrement des délais des requêtes en nullité devant la chambre de l'instruction et le tribunal correctionnel : avec l’adoption par les députés de l'article 7 du projet de loi « Justice criminelle et respect des victimes », les délais de procédure devant les juridictions pénales seront désormais encadrés tout en préservant les droits de la défense.
L’Assemblée nationale a voté la création d’un statut spécifique de psychologue judiciaire. Un statut particulier qui leur permettra d’avoir accès aux dossiers et de pouvoir participer à certains actes d'enquête pour aider les enquêteurs à améliorer leurs investigations.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> La santé mentale est un enjeu majeur de santé publique : un Français sur quatre est confronté à un trouble psychique au cours de sa vie. C’est pourquoi le gouvernement en a fait la Grande cause nationale en 2025, un engagement renouvelé en 2026. Parce que nos jeunes sont particulièrement vulnérables, l’École a un rôle essentiel à jouer pour repérer précocement les situations de souffrance psychique et accompagner celles et ceux qui en ont besoin. C’est pourquoi nous mettons en place dans les écoles et les établissements, en lien avec les acteurs de la santé, un système de « coupe-file » qui permet d’agir plus tôt, plus vite et plus efficacement, grâce à trois niveaux de réponse :
- Une orientation vers des structures adaptées dès qu’une souffrance psychique est détectée.
- Un accès prioritaire aux professionnels de santé lorsqu’une prise en charge rapide est nécessaire.
- Une prise en charge immédiate et une évaluation globale en cas de crise ou de danger imminent. Chaque élève doit pouvoir bénéficier d’une réponse adaptée à sa situation, au bon moment et au bon niveau de prise en charge.

> Quels sont les nouveaux choix de la jeunesse ? Aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, j’ai eu le plaisir d’échanger avec 130 étudiants et jeunes actifs. Une discussion libre sur leurs préoccupations, leurs convictions et leur désir d’agir face aux grands défis de notre époque. C’est précisément le rôle de l’École : un lieu qui donne les clés pour comprendre le monde et les moyens de le transformer. À la jeunesse, je veux dire ceci : vous n’êtes pas seulement l’avenir, vous êtes aussi le présent. Et vous avez le pouvoir de faire bouger les lignes !

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Qui pense sérieusement que la solution aux épisodes climatiques extrêmes et à leurs conséquences serait la censure du Gouvernement ? Le Premier ministre gère la crise, EELV
l’entretient.

> On constate une surmortalité chez les personnes seules, âgées, en ville. Ça doit nous interroger sur la solidarité collective.

> Dire que rien n'a été fait depuis la canicule de 2003, c'est honteux.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Regardons sans tabou ce que font nos voisins. L’Allemagne reforme son modèle social en indexant l’âge de départ à la retraite sur la démographie. Comme la Suède, elle introduit une part de capitalisation pour créer des fonds de pension et financer ses entreprises.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Notre démocratie n'est pas à vendre, ni à manipuler. Face aux ingérences étrangères, nous devons nous doter de tous les outils nécessaires. L'intelligence artificielle peut nous aider à mieux détecter et contrer ces tentatives de déstabilisation.

> La Constitution est notre bien commun le plus précieux. Elle garantit nos droits, protège nos libertés et fixe les règles de notre démocratie. Protéger l'État de droit, c'est protéger ce qui nous unit.

> Il faut déconstruire l'idée qu'il y a des élites qui sont déconnectées de la réalité.

> Il y a 45 ans, la France faisait le choix de l’abolition de la peine de mort. Un choix de civilisation.
Aujourd'hui, alors que certains voudraient rouvrir cette page, le 9ᵉ Congrès mondial contre la peine de mort, réuni à Paris, porte une ambition : faire de l'abolition une conquête universelle. La France doit continuer d'en être l'une des voix.

> Le Parlement vote les lois. L'exécutif doit les appliquer. La prise en charge du cancer du sein devait être effective en 6 mois. 18 mois après, les femmes attendent toujours leurs remboursements. Une loi qui ne change rien à la vie des gens nourrit la défiance. Et la défiance nourrit les populismes.

> La tentation est grande, aujourd'hui, de réduire chaque débat à une opposition binaire.
Croissance ou climat. Commerce ou souveraineté. Compétitivité ou solidarité. Innovation ou protection.
Je ne crois pas que ces combats s’opposent.
L'action publique consiste précisément à tenir ensemble des exigences qui semblent parfois contradictoires : préparer l'avenir sans abandonner les plus fragiles, soutenir notre compétitivité sans renoncer à nos ambitions climatiques, renforcer notre souveraineté tout en construisant des réponses européennes.
C'est ce qui fait l'intérêt des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence. Responsables publics, chercheurs, entrepreneurs, économistes, représentants du monde associatif et responsables européens confrontent leurs analyses. Personne n'y détient seul la vérité. Mais chacun apporte une partie de la réponse.
À l'Assemblée nationale, j'ai la même conviction : lorsque les débats sont exigeants, lorsque les points de vue se croisent réellement, lorsque chacun accepte d'écouter avant de convaincre, alors la démocratie remplit pleinement sa mission.

> Souveraineté industrielle, IA, concurrence internationale : les défis auquel notre monde économique fait face ne s'arrêtent pas aux frontières nationales ! Avec Antonio Costa et Christine Lagarde, j’ai rappelé ma conviction : notre Europe protège nos intérêts économiques et préserve notre indépendance !

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Aujourd'hui, on utilise la carte de crédit de nos enfants et petits-enfants pour financer un modèle à bout de souffle. Je propose un changement profond pour redresser nos finances.

> Avec Antonio Costa, Président du Conseil européen, nous partageons une même conviction : l’Europe doit revendiquer sa puissance et ses valeurs sur tous les plans. Sur le commerce international. Sur l’industrie. Sur la défense. Sur le respect de nos normes sociales et environnementales.

> Aux Rencontres Économiques d'Aix, j'ai rappelé une urgence : la guerre a changé de visage et de dimension. Face à l’accélération technologique, notre priorité doit être d'investir massivement dans les drones et l’IA, de sortir de la dépendance aux États-Unis et de bâtir de nouvelles coalitions européennes.

> 496 drones et 74 missiles en une nuit. Alors qu’il y a quelques jours un responsable du RN nous expliquait que soutenir l’Ukraine, c’est « mettre du carburant dans la guerre », la Russie lance la pire attaque sur Kyiv depuis le début de l’invasion. Au moins 25 morts. 85 blessés. Soutenir l’Ukraine, ce n’est pas alimenter la guerre. C’est permettre à un peuple de se défendre face à un agresseur qui continue de frapper aveuglément, de bombarder des civils. Soutien total et indéfectible au peuple ukrainien.

 

Marc Ferracci (député)
> J'ai voté pour le droit à l'aide à mourir. Ce mardi 30 juin, l'Assemblée nationale s'est prononcée en nouvelle lecture sur la proposition de loi qui crée ce nouveau droit. Un texte attendu, nourri par la Convention citoyenne, plus de cent heures de débats et trois lectures successives. J’assume pleinement ce vote. Reconnaître l'aide à mourir, c'est reconnaître que la liberté est un principe essentiel à la vie humaine. C’est reconnaître à chaque personne une dignité et une capacité à choisir, jusque dans les moments les plus douloureux, lorsque certaines souffrances demeurent réfractaires à tout traitement. Ce droit est étroitement encadré, et repose sur plusieurs conditions cumulatives : affection grave et incurable engageant le pronostic vital, volonté libre et éclairée, procédure collégiale, délais de réflexion, clause de conscience pour les soignants, commission de contrôle a posteriori. Il ne s'oppose pas au renforcement des soins palliatifs, auquel je suis pleinement attaché. J'ai une pensée pour les malades qui attendaient ce droit, et pour les soignants qui les accompagnent chaque jour. Ce texte ne fait pas l'unanimité, et je respecte la sensibilité de chacun sur ce sujet. Mais la démocratie consiste justement à affronter les questions difficiles, avec gravité et respect.

 

Jean-René Cazeneuve (député)
> Très fier du travail de la Caisse des dépôts pour accélérer la rénovation de nos écoles. Déjà 7 400 projets accompagnés et 1 500 achevés avec 4 300 collectivités, au profit de 2,5 millions de bénéficiaires. Un investissement concret pour la réussite de nos enfants. École par école, la transition avance.

> Préserver La Poste, c’est préserver un lien de proximité indispensable.
17 000 points de contact, plus de 250 000 salariés et plus de 4 Md€ de sous-compensations depuis 2018 : sans réforme, c’est l’avenir de nos services publics de proximité qui est en jeu.
En vue d’une nouvelle loi postale, nous proposons des solutions concrètes pour préserver durablement la présence postale dans nos territoires.

> Nous y voilà ! Avec l’adoption définitive de l’actualisation de la loi de programmation militaire, nous faisons le choix d’une défense forte, crédible et souveraine.
36 Md€ supplémentaires seront consacrés à nos armées d’ici 2030, portant l’effort total de la Nation à 436 Md€ sur la période 2024-2030.
Cet effort permettra de répondre aux besoins prioritaires de nos forces armées : munitions, drones souverains, innovation, capacité intermédiaire de char de combat, futur porte-avions « France Libre », mais aussi modernisation de la réserve militaire. Un texte clair : donner à nos armées les moyens de protéger la France, de défendre l’Europe et de garantir notre souveraineté.

> Avec une dette à 115% du PIB et des charges de la dette de 74 milliards d'euros par an, nous devons adapter nos dépenses à nos recettes.
Pourtant, une fois une dépense engagée, elle devient presque impossible à réduire : elle crée ses bénéficiaires, qui en deviennent aussitôt les défenseurs.

 

Pierre Cazeneuve (député)
> Si Marine Le Pen devient sa tutrice, alors cela signifie que Jordan Bardella serait... sous tutelle. Inquiétant pour un prétendant à la Présidence de la République.

> Année blanche en 2028, règle d'or dans la Constitution, responsabilité réelle devant nos choix budgétaires, réforme de l’assurance chômage : voici un cap clair [de Gabriel Attal], courageux et crédible pour nos finances publiques, loin des mensonges et du populisme des extrêmes.

 

Prisca Thevenot (députée)
> [Présidentielle] Avec Gabriel Attal, nous voulons que cette campagne soit celle de l’avenir. Depuis trop longtemps, notre pays est enfermé dans des débats qui opposent le passé au présent, alors que notre responsabilité est de préparer les décennies qui viennent. L’ambition est simple : redonner aux Français la certitude que leurs enfants vivront mieux qu’eux.
Cette conviction s’articule autour de quatre grandes priorités. D’abord, l’École. Parce que tout commence par elle : c’est la condition de l’égalité des chances, de la liberté et de la fraternité, de la transmission des savoirs, de la préparation aux métiers de demain. Ensuite, les salaires, avec un objectif clair : faire en sorte que le travail paie réellement et permette à chacun de vivre dignement de son engagement. Troisième priorité, les frontières. Qu’il s’agisse de notre défense, de notre indépendance énergétique, industrielle et agricole, ou de notre capacité à maîtriser les flux migratoires avec une politique à la fois ferme, efficace et fidèle à nos valeurs. Concrètement : une immigration choisie sous l’angle du travail et plus subie sous l’angle du regroupement familial.
Enfin, Gabriel Attal veut faire de la France la première puissance européenne de l’intelligence artificielle (IA) et des technologies de rupture, parce que c’est là que se joue une grande partie de notre avenir économique, scientifique et stratégique. Au-delà de ces priorités, nous voulons remettre au cœur du débat des principes simples : la confiance, le refus du déclin, la valorisation du travail, de l’innovation et de l’investissement dans les générations futures. La France dispose de tous les atouts pour réussir, à condition de retrouver la force d’agir et de faire des choix courageux. Cette campagne ne sera pas celle de la nostalgie, mais celle de l’optimisme, de l’action et de la préparation de l’avenir.

> Je crois qu’il faut toujours savoir regarder un bilan avec lucidité. Depuis 2017, des réformes importantes ont été engagées. Nous avons fait reculer le chômage, renforcé l’attractivité de notre économie, traversé des crises inédites, modernisé une partie de notre pays et assumé des choix difficiles dans un contexte exceptionnel. Nous avons également fait évoluer notre cadre juridique avec, et ce n’est pas une moindre avancée, l’inscription de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution, une avancée majeure en matière de droits fondamentaux. Mais la lucidité impose aussi de reconnaître que le monde a profondément changé. Les attentes des Français ont évolué, les défis se sont transformés, qu’il s’agisse de la transition écologique, de la dette publique, de la souveraineté ou encore de la compétitivité.
Les réponses d’hier ne suffisent plus toujours aux défis de demain. Il ne s’agit donc pas, à mes yeux, de faire un procès du passé, ni de renier ce qui a été accompli. Il s’agit d’ouvrir une nouvelle étape. Assumer les réussites, reconnaître ce qui doit être corrigé et proposer un nouveau projet adapté aux réalités de 2027.

> [Présidentielle] Je crois qu’il faut d’abord sortir d’une logique d’appareils. Les Français ne choisiront pas un candidat parce qu’il est seul dans son espace politique, ils choisiront celui qui leur paraîtra le plus crédible, le plus solide, le plus capable de répondre à leurs attentes et aux défis du pays. Il est donc naturel que plusieurs personnalités portent une ambition et présentent leur projet. C’est même la base de la vie démocratique. Ce qui serait dangereux, en revanche, ce serait que ces débats se transforment en affrontements personnels ou en querelles d’ego. Les Français ne veulent pas de cela. Ils en ont assez. Ils attendent des réponses sur le pouvoir d’achat, l’école, la sécurité, l’avenir de notre économie ou encore la transition technologique et écologique.
Depuis le début de cette campagne, Gabriel Attal défend une idée simple : le rassemblement ne se décrète pas, il se construit. C’est dans cet esprit qu’il a proposé l’organisation d’un comité de liaison, regroupant les partis Renaissance, Horizons, le MoDem, l’UDI et le Parti radical. Ce comité s’est déjà réuni à plusieurs reprises depuis quelques mois. Notre conviction : au moment venu, il faudra savoir se rassembler. Notre responsabilité collective est de proposer une alternative crédible face aux extrêmes. Je me permets néanmoins d’insister sur un point : avant de parler de « bloc central », encore faut-il savoir qui partage réellement le même socle de valeurs. Le rassemblement ne peut pas être une simple addition de personnalités ou de partis. Il doit reposer sur des convictions communes.
À titre personnel, je ne me vois pas mener campagne aux côtés de responsables qui défendent des positions aussi éloignées des miennes sur des sujets fondamentaux. Je pense notamment aux droits des femmes, à l’attachement sans ambiguïté à l’IVG, à l’égalité des droits, au refus des thérapies de conversion, à notre engagement européen.

> Les Français n’en peuvent plus de voter contre. Contre les extrêmes. Contre le scénario du pire. Contre les projets de haine et de division. Gabriel Attal n’est pas candidat pour faire barrage mais pour redonner espoir aux Français. Nous voulons à tout prix empêcher un duel entre le RN, aux racines antisémites, et La France insoumise (LFI), qui ont fait de l’antisémitisme un ressort de leur stratégie politique. Mais je refuse de considérer ce duel uniquement comme une fatalité. Ce serait précisément céder à cette logique du déclin et de la résignation que nous combattons. Oui, les extrêmes progressent depuis plusieurs années. Oui, la colère, les inquiétudes et parfois la défiance sont profondes. Mais la politique ne consiste pas à commenter les sondages, elle consiste à offrir une perspective et à convaincre.
Gabriel Attal veut démontrer qu’il existe une autre voie : une voie qui assume les réformes, qui protège sans promettre l’impossible, qui prépare l’avenir sans opposer les Français les uns aux autres. C’est pourquoi nous ne voulons pas mener une campagne défensive, construite uniquement contre les extrêmes. Les barrages ont leur utilité, mais ils ne suffisent plus. Ce qui fera gagner demain, c’est un projet qui redonne espoir, qui parle de réussite, de travail, d’École, de souveraineté, d’innovation, d’écologie et de transmission. Les électeurs ne se mobiliseront pas par défaut : ils se mobiliseront s’ils retrouvent une espérance. Le rassemblement que propose Gabriel Attal ne se limite pas aux formations politiques qui ont gouverné ensemble. Il s’adresse à tous les Français qui refusent le déclassement, qui veulent préserver notre modèle républicain et qui croient encore que notre pays peut réussir. Notre responsabilité est donc de construire un projet suffisamment puissant pour briser la tenaille entre les extrêmes. Non pas en alimentant la peur, mais en recréant un mouvement d’adhésion.
Je suis convaincue que la France n’est pas condamnée à choisir entre deux extrêmes. Elle peut choisir l’action, l’espoir et la préparation de l’avenir, à condition que nous sachions incarner cette ambition avec clarté, avec courage et avec constance. Je crois profondément que le peuple Français a la force de la résistance, et que 2027 le prouvera.

> Le message de Marc Bloch conserve aujourd’hui une force particulière. Être français ne relève ni d’une origine, ni d’une religion, ni d’un héritage ethnique : c’est une adhésion à un destin commun, à des valeurs et à une histoire partagée. C’est cette conception de la Nation qu’il nous faut réaffirmer face à toutes les formes d’assignation identitaire. Oui malheureusement, en 2026, nous devons encore rappeler que l’antisémitisme n’est pas une opinion parmi d’autres : c’est un délit. C’est un poison qui s’attaque à la République elle-même.
Depuis le 7 octobre 2023, nous avons assisté à une recrudescence insupportable des actes, des menaces et des intimidations visant nos compatriotes juifs. Beaucoup aujourd’hui doivent cacher qui ils sont, modifier leurs habitudes et vivre dans la crainte. C’est inacceptable. La réponse doit d’abord être celle de la fermeté. Chaque acte antisémite doit être poursuivi, sanctionné et condamné sans ambiguïté. Il ne peut y avoir ni complaisance, ni relativisme, ni hiérarchie entre les haines. La République protège chacun de ses enfants avec la même détermination. Il faut aussi combattre ce que l’on appelle cet « antisémitisme d’atmosphère ». Oui, l’antisémitisme se banalise. Oui, il tue. Et s’il progresse aujourd’hui en France, c’est aussi parce qu’il trouve des relais, des complaisances ou des silences coupables dans une partie du débat politique.
À l’extrême gauche, les membres de La France insoumise voient l’islamophobie partout et l’antisémitisme nulle part. En important sur notre sol des conflits étrangers et en alimentant une lecture communautaire des tensions internationales, ils contribuent à fracturer notre société. En minimisant, en relativisant ou en contestant la réalité de la flambée antisémite que connaît notre pays depuis le 7 octobre 2023, ils affaiblissent notre vigilance collective et nourrissent un climat où la haine prospère.
À l’extrême droite, le constat est tout aussi préoccupant. Le Rassemblement national tente depuis plusieurs années un ravalement de façade. Mais ne soyons pas amnésiques : les faits parlent d’eux-mêmes. Encore en 2023, Jordan Bardella déclarait ne pas croire que Jean-Marie Le Pen soit antisémite, alors même que ce dernier a été condamné à six reprises pour des propos antisémites. Ces déclarations ne relèvent pas de la maladresse, elles traduisent une prise de position politique. Et les actes ont suivi. Lors des élections législatives de 2024, le Rassemblement national a investi plusieurs candidats ayant diffusé ou relayé des messages explicitement antisémites. Les fameuses « brebis galeuses » évoquées par Jordan Bardella. Parmi elles, Joseph Martin qui écrivait fin 2018 que « le gaz a rendu justice aux victimes de la Shoah ». Ce n’était pas une erreur isolée.
Derrière l’opération de normalisation, les vieux réflexes demeurent. La responsabilité des représentants politiques est immense. Les mots comptent. Ils peuvent apaiser, ou fracturer. Pourtant, c’est précisément la promesse universaliste de notre République, et qui fait la singularité de notre pays, qui devrait guider notre action. Cela passe notamment par l’École, qui doit transmettre l’histoire de la Shoah, le sens de la laïcité, le goût du débat et le respect de l’autre. Le devoir de mémoire doit être expliqué, rappelé et transmis aux jeunes générations. Les œuvres qui racontent notre histoire et montrent les conséquences de la haine doivent être pleinement mobilisées comme outils pédagogiques.

 

Pieyre-Alexandre Anglade (député) 
> J’ai à nouveau voté pour la loi relative au droit à l’aide à mourir. Un texte équilibré, fondé sur des critères stricts et des garanties indispensables pour accompagner les personnes concernées. Une avancée pour la dignité, la liberté et le respect de la volonté de chacun.

 

Violette Spillebout (députée)
> En commission spéciale sur le projet de loi protection de l’enfance, j'ai soutenu un amendement afin de mieux protéger les enfants confiés à un membre de leur famille ou à un tiers digne de confiance.
Lorsqu'un enfant peut être accueilli par un proche, c'est souvent la solution qui préserve le mieux ses repères, son histoire et ses liens affectifs. Encore faut-il que le juge dispose rapidement de tous les éléments nécessaires pour prendre sa décision. Aujourd'hui, lorsque l'évaluation tarde à être transmise, l'enfant peut rester trop longtemps dans une situation provisoire. Cet amendement permet au juge de débloquer la situation et précise le contenu minimal de l'évaluation afin que le délai de trois mois soit réellement respecté et utile.
Notre objectif est simple : éviter les blocages administratifs et permettre que les décisions soient prises plus rapidement, toujours dans l'intérêt supérieur de l'enfant.
Amendement adopté.

> En commission spéciale sur le projet de loi protection de l’enfance, j'ai défendu l'article 2 du projet de loi sur la protection de l'enfance en m'appuyant sur la réalité que nous connaissons dans le Nord.
Les chiffres sont alarmants :
- +28 % d'informations préoccupantes depuis 2021 ;
- +1 750 enfants confiés à l'Aide sociale à l'enfance entre 2021 et 2024 ;
Chaque mois, entre 180 et 200 enfants restent sans solution d'accompagnement. Face à cette réalité, nous devons donner aux départements les moyens d'agir. Lorsque des fratries sont déjà connues des services sociaux, que toutes les évaluations ont été réalisées et que l'intérêt de l'enfant est établi, nous ne pouvons pas laisser des procédures inutilement longues retarder leur accès à un cadre de vie stable.
Cet article ne crée aucune automaticité. Il offre simplement aux magistrats et aux départements des outils supplémentaires, notamment pour faciliter, lorsque c'est dans l'intérêt de l'enfant, le recours à l'adoption simple. Notre responsabilité est de protéger les enfants, tout en faisant confiance aux professionnels qui les accompagnent au quotidien.

> Nous avons réuni le comité de suivi de la commission d’enquête sur les violences en milieu scolaire, un an après l’adoption de notre rapport et quelques semaines après l’adoption à l’unanimité de notre proposition de loi visant à mieux protéger les enfants et à lutter contre les violences en milieu scolaire.
Merci aux collectifs de victimes, associations, fédérations de parents d’élèves, syndicats et chercheurs pour leurs contributions. Ensemble, nous poursuivons ce combat.

> Après 18 ans d’attente des associations de protection de l’enfance, un grand moment d’émotion ce jour à l’Assemblée nationale : j’ai voté pour la proposition de loi qui assure le droit de chaque enfant d’être assisté d’un avocat, lors des audiences des juges des enfants. C’est une avancée significative, un droit extrêmement important pour la protection de tous les enfants de notre pays.

 

Marie Lebec (députée)
> À l’arrivée d’un enfant, chaque parent doit pouvoir choisir d’être présent. Le congé supplémentaire de naissance entre en vigueur aujourd’hui. C'est jusqu’à deux mois de plus pour chaque parent. Une avancée de plus pour soutenir les familles et l’égalité femmes-hommes.

> La Chine constitue un marché immense et une opportunité majeure pour nos entreprises, notamment pour le Made in France qui y bénéficie d’une forte attractivité. Le partenariat entre Business France et Alibaba ouvre des débouchés concrets et accélère leur accès à ce marché stratégique. Continuons d’accompagner nos entreprises pour renforcer leur présence à l’international !

> La proposition de loi relative à la fin de vie a été adoptée une nouvelle fois à l’Assemblée nationale. Lors de cette troisième lecture, j’ai fait le choix de m’abstenir. Ce vote n’ignore ni les années de réflexion et de travail qui ont précédé ce texte, auxquelles je suis fière d’avoir participé, ni l’espoir qu’il représente pour de nombreux Français. Ce sujet touche à des convictions profondes et à des histoires personnelles souvent douloureuses. Ce texte suscite également des inquiétudes, des peurs et des questionnements que je ne peux pas ignorer. Vous êtes nombreux à m’avoir fait part de vos attentes comme de vos inquiétudes, que ce soit lors de rendez-vous ou par des messages et des courriers. Beaucoup d’entre vous sont également venus suivre les débats à l’Assemblée nationale à mon invitation. Vos actions ont contribué à ma réflexion et je tiens à vous en remercier. Mon abstention n’est pas un renoncement : elle constitue une manière responsable de porter cette part équilibrée du débat. Le 15 juillet, nous serons appelés à nous prononcer définitivement sur ce texte.

 

Anne Genetet (députée)
> Soutenir le redressement de nos finances, c'est protéger notre souveraineté et l'avenir de nos enfants. Merci Gabriel Attal d'avoir le courage de poser ce débat. L'État doit montrer l'exemple mais ce redressement est l'affaire de tous.

> À Hangzhou, j’ai visité une Dark Factory où les robots produisent presque sans intervention humaine. Face au vieillissement de sa population, la Chine mise sur l’automatisation. La France devra aussi relever ce défi en gardant l’humaine avant la technologie.

 

Paul Midy (député)
> Préparer l’avenir, c’est refuser de laisser la facture à nos enfants. La France doit retrouver des comptes publics à l’équilibre : 0% de déficit en 2037. Il est urgent de réformer l’État, simplifier le millefeuille territorial, réduire la dépense publique et en finir avec les gaspillages. La rigueur budgétaire n’est pas l’austérité. C’est la condition pour continuer à investir, financer notre défense, préserver notre souveraineté et transmettre aux générations futures un pays plus fort, plus libre et plus prospère.

> Il faut maintenir l'ambition du 28ᵉ régime européen ! L'Europe doit défendre trois avancées essentielles : simplifier la création d'entreprise, attirer les talents et permettre à nos start-ups de grandir sur notre continent.

> On ne peut pas bâtir le premier pôle scientifique et technologique d’Europe en fragilisant les communes qui le font vivre. Ce matin, à l’appel du maire d’Orsay, Rémi Darmon, j’étais aux côtés des élus du Plateau de Saclay pour alerter sur une situation préoccupante. Les communes accompagnent le développement de Paris-Saclay, accueillent de nouveaux habitants et investissent dans les écoles, les crèches, les équipements publics et les services de proximité. Elles ont besoin de moyens à la hauteur de ces responsabilités. À Orsay, c’est une baisse de 40% de la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) qui a été annoncée au dernier moment au maire, sans aucune anticipation, et qui pénalise une commune qui contribue pleinement au développement de Paris-Saclay. Bien sûr que toutes les collectivités doivent participer à l’effort de maîtrise des dépenses. Mais pas de cette façon, et pas quand il s’agit d’investir pour le siècle qui vient. Investir dans Paris-Saclay, c’est investir dans un levier pour notre pays pour assurer sa prospérité, faire sa transition écologique et assurer sa souveraineté. Il faut mettre les moyens à la hauteur de l’enjeu. J'apporte tout mon soutien à Rémi Darmon et à l’ensemble des élus qui défendent, avant tout, les habitants, leurs services publics, et l’avenir de notre territoire.

 

Laure Miller (députée)
> [Editorial : Gouverner c’est choisir] Affaire Lyhanna, passage à tabac du jeune Louis, canicule... Ce mois de juin aura malheureusement été marqué par une série d'événements tragiques, auxquels sont aussitôt venues se greffer des polémiques politiciennes, portées par celles et ceux qui cherchent à tirer des gains électoraux à court terme de drames puisant souvent leurs racines dans des défaillances systémiques de long terme. Je suis convaincue que les Français attendent bien autre chose de leurs élus. Lorsque j'échange avec les habitants de la circonscription, aucun ne me parle de la sortie saillante de tel ou tel contre le Premier ministre, aucun ne me demande la tête de tel ou tel ministre en réponse à un problème de société. Ce qu'on me demande, c' est de travailler ensemble sur  les sujets où des consensus peuvent être dégagés. C'est, dans ce paysage politique morcelé, de reléguer enfin nos appartenances partisanes au second plan, pour mettre en avant des idées qui, dénuées de tout dogmatisme, convergent bien plus souvent qu' on ne le pense  vers des objectifs communs. C' est ce à quoi je m ' attache, humblement, en proposant des textes transpartisans. Et le  constat est encourageant : deux d'  entre eux ont été adoptés par l'Assemblée nationale ces  derniers mois. J'encourage donc mes collègues à s'engager dans cette voie, et je sais que  nombre d'entre eux le font déjà, sans nécessairement attirer les regards médiatiques. Pour conclure, je voudrais attirer votre attention sur un aspect moins connu du travail parlementaire : les journées de « niche ». Concrètement, chaque groupe politique dispose d' une journée par an durant laquelle il est pleinement maître de l'ordre du jour de l'Assemblée, de 9h à minuit. Si vous voulez vraiment distinguer les groupes et les députés qui œuvrent à faire avancer le pays de ceux qui instrumentalisent leur mandat au service de futures ambitions électorales, je vous invite à consulter les intitulés des textes inscrits à l'ordre du jour de ces niches parlementaires. Vous y verrez, en toute transparence, les priorités réelles des uns et des autres : les faits, au-delà des discours.

 

Charles Rodwell (député)
> Depuis deux ans, la famille de Philippine attend des réponses. Depuis deux ans, les fautes et les dysfonctionnements administratifs et judiciaires qui ont conduit au meurtre de Philippine, n’ont toujours pas été publiquement établis. Cette attente insupportable n’a que trop duré. L’État doit publier sans délai le rapport d’inspection, demandé légitimement par la famille. Notre pression collective sera maximale, jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur ce crime qui, jamais, n’aurait dû avoir lieu dans un État de droit qui assure la sécurité de ses concitoyens.

 

Daniel Labaronne (député)
> Un enfant ne devrait jamais affronter seul la justice. Aujourd’hui, nous avons adopté une avancée majeure : le droit pour chaque mineur concerné par une mesure d’assistance éducative d’être assisté par un avocat. J’ai voté pour. Protéger les enfants, c’est agir.

> La fraude n'est plus artisanale, elle est industrielle. Notre réponse ne peut plus être isolée, elle doit être collective, européenne, rapide. C'est le message que j'ai porté aujourd'hui aux Rencontres sur la fraude : coopérer plus vite pour protéger plus efficacement les Français.

> Adoption de l'actualisation de la loi de programmation militaire. Dans un monde où les menaces s'intensifient, la France doit tenir son rang. J'ai voté pour une défense plus forte, des armées mieux équipées et une souveraineté renforcée. Protéger les Français, c'est aussi investir dans nos armées.

 

Olga Givernet (députée)
> Il existe des souffrances que la médecine ne peut plus apaiser. Face à ces situations exceptionnelles, notre responsabilité est de donner le choix, dans un cadre strict et protecteur. J’ai donc voté en faveur de la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir.

 

Constance Le Grip (députée)
> Nous avons reçu à l'Assemblée nationale NGO Monitor, un institut de recherche internationalement reconnu, qui publie régulièrement des recherches factuelles et des analyses documentées sur des ONG, leurs bailleurs de fond et autres parties prenantes. Leur dernier rapport, édifiant, est consacré aux dynamiques d'influence et d'infiltration du Hamas au sein de plusieurs ONG opérant à Gaza.

> Alors que se termine le 9ième Congrès mondial pour l'abolition de la peine de mort, qui s'est tenu cette année à Paris, je parraine Karim Khojasteh, prisonnier politique iranien condamné à mort par le régime des mollahs et des Gardiens de la Révolution Islamique.

> J'ai pris la parole en commission des Affaires étrangères à l'occasion d'un échange avec des représentants de l'opposition bélarusse en exil, pour réaffirmer avec force mon soutien aux combattants de la liberté au Bélarus ! Nous avons notamment auditionné Mme Alena Prykhodzka, présidente de la commission électorale qui s'est chargée des récentes élections au Conseil de coordination du "Nouveau Bélarus", rassemblant les différents mouvements de l'opposition au régime autoritaire de Loukachenko. Vive le Bélarus libre et démocratique !

> Comme je m'y étais engagée, j'ai voté contre la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir. Je l'avais déjà fait lors des précédentes lectures. Ce texte introduit une rupture avec la philosophie du soin et les principes éthiques sur lesquels repose notre pacte social. De surcroît, je crains fort qu'il ne fragilise le développement des soins palliatifs, qui me semble devoir être la priorité absolue.

> Le Groupe d'études de l'Assemblée nationale contre l'antisémitisme, que je préside, a auditionné aujourd'hui le collectif Nous vivrons. Bilan de l'antisémitisme en 2025 dans notre pays, mobilisation et actions à venir, «fresque de l'antisémitisme», propositions de nature législative ou réglementaire : l'engagement tous azimuts et sur le terrain des militantes et militants de Nous vivrons est à saluer et à soutenir !

 

● MoDem 
François Bayrou (président)

>
Si l’on excepte les deux guerres mondiales et la  guerre d’Algérie , c’est bien l’épreuve la plus grave que nous ayons à affronter – d’où le titre de mon livre, Alerte sur la France qui vient. Personne, dans le monde politique, ne mesure ce qui nous attend, ni ne veut le mesurer. Depuis que j’ai lancé ma campagne sur la  dette , les Français en ont tout au plus une idée vague. Ils pensent que c’est préoccupant, mais pas urgent. Nous sommes pourtant, aujourd’hui même, dans ce que j’appelle la dévitalisation du pays. Ses ressources, sa capacité de travail, son intelligence, ses inventions seront captées par l’obligation de payer à nos créanciers les intérêts de cette dette. 
Or ces créanciers sont étrangers, pour près de 60 %. L’année prochaine, la totalité de l’impôt sur le revenu payé par tous nos compatriotes ne suffira pas à couvrir les seuls intérêts de la dette. Je ne sais pas si l’on mesure ce que représente cette hémorragie de ce qui fait la substance du pays, au moment même où nous aurions tant besoin de cet argent pour affronter les grandes mutations qui viennent. Je crois être le premier à décrire aussi précisément le mécanisme de la dette et ses conséquences. Je raconte aussi, dans ce livre, mon passage à Matignon. Après avoir fait baisser le déficit de la France de plus de 0,70 point – baisse que l’on n’avait pas connue depuis plus de dix ans –, j’ai voulu engager une véritable épreuve de vérité sur la dette. Les partis politiques ont refusé de me suivre. Ils préfèrent ignorer la réalité sur ce sujet, comme sur tant d’autres.

> Il y a, dans ce livre, un chapitre que je crois essentiel sur l’immigration et la coexistence. Mais j’ai avec Éric Zemmour une différence majeure. Son raisonnement conduit à la guerre civile. Je pense même qu’il y songe, pour dire la vérité – je le connais depuis longtemps, je suis ses déclarations. Au bout de son chemin, il y a un peuple qui nous envahirait. Si tel est le cas, que faire ? Sa réponse est la « remigration », c’est-à-dire obliger ces personnes à partir. Mais si l’on croit pouvoir dire à des Français qui, pour beaucoup d’entre eux, détiennent cette nationalité depuis trois ou quatre générations, qu’ils doivent partir, il n’y a que deux issues possibles. La première est la guerre civile. La seconde est l’essor d’acteurs dotés d’une stratégie très réfléchie en matière d’immigration : La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon. 
S’ils le pouvaient, ils allumeraient chaque jour des cierges pour qu’Éric Zemmour continue de dire que ces Français-là devront partir. En effet, pensez à ceux à qui l’on dit : « Bien que vous soyez des Français en règle – et non des Français de papier –, bien que vous soyez des Français de nationalité, de droit, de service, vous devez partir ». Ils se rassembleront en se déclarant : « La nouvelle France, c’est nous ! » Le moment que nous vivons est crucial – c’est pour cela que j’y consacre quarante pages dans mon livre. J’estime, en effet, que nous nous situons à un carrefour. Cette appropriation du débat par les frères siamois que sont Éric Zemmour d’un côté et Jean-Luc Mélenchon de l’autre – les deux faces d’une même médaille, qui emploient d’ailleurs presque les mêmes mots, « France éternelle » contre « Nouvelle France » – laisse entendre que l’on va faire partir certaines personnes, et les Juifs aussi. Je le dis parce que, cette semaine, Jean-Luc Mélenchon a prononcé un discours dans lequel, pour qui l’écoute bien, ce qu’il insinue à l’intention de certaines populations est très clair. Cette logique favorise incroyablement l’extrême gauche, ainsi que le « On est chez nous » que l’on entend crier dans toutes les tribunes de rugby.

> Premièrement : la dette nous condamne à quelque chose de terrible, une impuissance publique générale, à laquelle nous ne pourrons pas échapper. Deuxièmement : qui en seront les principales victimes ? Les jeunes, car il y aura derrière tout cela une véritable guerre de générations. Troisièmement : ces jeunes devront affronter un monde devenu infiniment plus difficile.
Cela est dû au fait qu’une violence incroyable y règne, à tous égards. Par exemple, sur les réseaux sociaux, on assiste à un affrontement généralisé. Certains déversent leur haine sur chaque événement et sur chaque personnalité qui émerge. Ils lancent presque des appels au meurtre. En outre, cela pose la question essentielle du pluralisme, et notamment du pluralisme culturel au sein d’un même pays. C’est la question de l’immigration. Elle consiste à se demander si nous pourrons vivre ensemble. Mon affirmation est simple : nous allons devoir vivre ensemble ! En effet, à quoi nous mènerait la guerre civile, dont je soutiens qu’Éric Zemmour est le promoteur ? À la mort de la France.

> Sur les 1000 milliards que nous avons empruntés, 500 sont partis vers les retraites. J’ai, à cet égard, été le premier, en tant que haut-commissaire au Plan, à montrer que les cotisations ne couvrent que 70 à 80 % des pensions, l’État finançant le reste.

> Il est nécessaire de faire des économies partout, bien que ce ne soit pas qu’une question d’économies. Il faut surtout rendre l’action publique plus efficace, car elle est devenue, depuis des décennies, largement inefficace.

 

Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> 2025 : la gauche fait tomber le gouvernement, puis s'enorgueillit d'avoir obtenu la suspension de la réforme et la réindexation de toutes les retraites, même les plus élevées. Coût : +4 Mds€. 2026 : elle s'indigne de la baisse de 2 Mds€ du Fonds vert, qu'elle conspuait jadis. Choisir les retraites d'aujourd'hui contre le climat de demain, c'est toujours sacrifier l’avenir des générations futures.

> La loi d'urgence agricole apporte des réponses attendues : eau, bâtiment, loup, etc. Mais ces avancées seront condamnées si le Sénat s’arc-boute sur la réintroduction de l’acétamipride, contrairement à tous les engagements pris. Tout excès nous empêchera de trouver une majorité à l'Assemblée nationale ni dans le pays. Or, nous devons œuvrer à la réconciliation. J’alerte : nous ne pouvons sacrifier des avancées concrètes pour un sujet devenu totem pour les uns, comme pour les autres !

 

Erwan Balanant (député)
> On s'appelle Mouvement Démocrate parce que nous sommes sûrs que la démocratie est la meilleure des façons de faire vivre un peuple ensemble.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
> Les petits colis se déversent en quantité colossale dans l’Union européenne. En 2024, c’était 4,6 milliards de colis d’une valeur inférieure à 150 euros qui entraient sur le territoire européen. C’est trois fois plus qu’en 2022. Les produits importés, souvent venus de plateformes d’e-commerce comme Shein, AliExpress ou Temu, inondent notre marché en surfant sur une concurrence déloyale aux répercussions néfastes pour nos petits commerces et notre artisanat européen. Ce sont aussi des produits qui ne respectent pas toujours les normes européennes et qui peuvent donc être dangereux pour la santé des consommateurs. L’Europe se devait d’agir pour protéger les Européens, leur santé et leurs emplois mais aussi les entreprises européennes. C’est pourquoi l’UE a mis en place un droit de douane européen de 3 euros, applicable depuis aujourd’hui, dans les 27 États membres de l’UE. Une taxe harmonisée et donc bien plus efficace que des mesures nationales. Cette avancée, portée par la France, est une victoire ! Prochaine étape : dès 2028, ces plateformes pourront être sanctionnées à hauteur de 6 % de la valeur des importations annuelles en cas de produits non-conformes à nos standards européens. C’est la nouvelle Autorité douanière européenne, basée à Lille, qui assurera la coordination entre les pays européens pour des contrôles efficaces. Nous mettons fin à l’impunité de ces plateformes. Nous protégeons les Européens.

 

Pascal Canfin (député)
> Je me suis rendu chez Doctolib pour échanger avec les équipes sur la souveraineté technologique, la place de l'IA dans la santé et le rôle de l'Europe dans cette chaîne de valeur globalisée.
Doctolib est une pépite made in France qui devient un acteur de référence en Europe, aujourd'hui présent en Allemagne, au Royaume-Uni et en Italie.
C'est exactement ce que nous voulons permettre avec EU Inc, texte dont je suis négociateur pour Renew Europe: donner à nos entreprises nationales les moyens de devenir des champions européens, en simplifiant leur accès au marché unique européen.

 

Jérémy Decerle (député)
> Nous avons besoin pour cette PAC d'engagements politiques courageux, forts et respectés pour redonner des perspectives aux agriculteurs et transmettre l’envie aux jeunes générations d'exercer ce magnifique métier. Leur faciliter l'installation c’est leur donner les moyens de s'engager durablement pour l'agriculture.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> Et certains voudraient ralentir sur la montée en puissance des voitures électriques ! Ce serait une double faute : une faute écologique et une faute industrielle. Il est urgent de relancer le leasing social, que je suis fier d’avoir lancé en 2023.

> La loi des grandes options : pour une nouvelle planification à la française
1. Le temps des choix
Il y a un paradoxe que nos concitoyens expriment en France plus qu’ailleurs : leur vie quotidienne leur semble stable, leur avenir collectif, en péril. Interrogés sur le devenir du pays, ils décrivent leur quotidien de 2050 dans une forme de continuité, voire de routine : les voitures, les maisons individuelles, les cinémas, tout cela sera encore là. Sur le plan politique, c’est la stabilité, voire un optimisme prudent qui prévaut : 75 % pensent que la démocratie organisera toujours nos choix par l’élection, autant que l’Union européenne existera toujours en 2050. Mais sur le plan social, un pessimisme radical l’emporte : 73 % des Français considèrent que le système de retraite par répartition aura disparu, 64 % que la Sécurité sociale n’existera plus dans sa forme actuelle1. Stabilité du quotidien, confiance dans nos institutions politiques, mais effondrement annoncé du collectif, au sens du modèle social : c’est l’horizon que nos concitoyens imaginent pour eux-mêmes et leurs enfants. Non pas une catastrophe, mais une érosion silencieuse de ce qui nous tient ensemble. Ce fossé entre la vie ordinaire et le destin commun est peut-être le signe le plus révélateur de notre époque. Nous n’avons jamais autant parlé de changement et d’avenir : transition écologique, intelligence artificielle, vieillissement démographique, réarmement, menace sur les démocraties. Sous cette effervescence de surface, ou à cause d’elle, quelque chose résiste : une difficulté croissante à se projeter collectivement, à transformer la conscience des défis en décisions durables, à tenir un cap dans la durée. C’est de ce constat qu’est né le projet « France 2035, France 2050 », conduit par le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan. Dans la lignée historique des grands exercices de prospective nationale – de Pierre Massé à Jean Pisani-Ferry, du Commissariat général du Plan à France Stratégie –, j’ai souhaité renouer avec une ambition que la France a longtemps incarnée mieux qu’aucune autre démocratie : celle de penser l’avenir du pays à l’horizon d’une génération, non pour le prédire mais pour se donner les moyens de l’orienter et de l’infléchir, d’agir en conscience aujourd’hui. Pendant dix mois, le Plan a réuni experts, personnalités du monde économique et social, représentants de l’administration, artistes et écrivains pour tracer un cap pour la France à deux horizons : 2035 et 2050, à travers dix grands chapitres – de l’économie à la démographie, de la défense à la démocratie. Vieillissement de la population, rapport au risque, fracture territoriale, dépendances stratégiques : ce travail dresse un tableau sans concession de la France qui vient, mais aussi de ses atouts pour l’affronter. Dix chapitres thématiques. Une consultation citoyenne organisée avec le Conseil économique, social et environnemental. Des contributions de jeunes élèves ou étudiants. Plus d’une centaine de personnes mobilisées. Le rapport qui en résultera sera remis au président de la République et publié par le Plan dans les prochaines semaines, avant de paraître en librairie, à l’automne, aux éditions Tallandier. Sans déflorer l’ensemble des analyses à venir, j’en retiens un constat qui traverse l’ensemble de ce travail : la France entre dans une période d’arbitrages qui ne peuvent être ni contournés ni reportés. Les grandes transitions qui la traversent – démographique, écologique, technologique, stratégique – sont simultanées, et les ressources pour les conduire toutes en même temps n’existent pas. Face à cette réalité, la France n’est pourtant pas démunie. Ce rapport décrit une France capable, forte, qui dispose des atouts pour surmonter tous les défis face à elle : une tradition industrielle et des savoir-faire préservés, une recherche de rang mondial, des institutions stables et une administration de haut niveau, une jeunesse mobile et formée, un territoire vaste et divers, une influence forte sur la scène européenne et une place dans les enceintes où se décide l’ordre du monde. Ces atouts ne garantissent rien, mais ils rendent tout possible. À condition d’être lucide sur les choix à faire et résolu à les mettre en œuvre. Elle l’a d’ailleurs déjà prouvé, dans des circonstances bien plus difficiles. Rappelons qu’en 1946, la France du premier Plan quinquennal, celui de l’après-guerre, vivait encore sous le rationnement, au milieu des ruines. Elle sortait de l’Occupation, de l’humiliation, des destructions. Elle a pourtant choisi l’ardente obligation plutôt que l’étrange défaite, la reconstruction plutôt que la gestion du déclin. Nous n’avons pas d’excuse de ne pas en faire autant. Cette résolution s’est incarnée dans un instrument précis : la planification indicative à la française. C’est cet instrument que la France a, par étapes, démantelé, et c’est avec lui qu’il nous faut aujourd’hui renouer, en le réinventant à la mesure des transformations de notre temps.
2. Le morcellement de la planification française
Les premiers plans quinquennaux ont joué un rôle décisif dans la reconstruction du pays, sa modernisation industrielle, l’aménagement de son territoire, l’essor de ses grandes infrastructures, la construction de notre modèle social. Ils ne furent pas seulement des instruments techniques. Ils incarnèrent une certaine conception de l’action publique : la conviction que les grandes transformations exigent une vision d’ensemble pour le pays, des arbitrages forts, des priorités assumées et une continuité dans l’effort. Au fil des décennies, sous l’effet conjugué de la construction européenne, de la décentralisation et des privatisations, la France a progressivement perdu une partie de cette capacité. Cette difficulté n’est pas le fruit du hasard ou d’une simple négligence. Elle est, pour une part, le résultat d’un choix intellectuel et politique assumé. Non sans raisons : la planification à la française avait elle-même montré ses limites, et les années 1980 semblaient lui donner tort sur presque tous les fronts. Pendant trois décennies, de la fin des années 1970 au choc financier de 2008, la confiance dans les mécanismes de marché, l’ouverture des économies et l’intégration européenne ont conduit à considérer que nombre d’ajustements pouvaient être laissés aux acteurs économiques seuls. Planifier paraissait largement inutile, désuet, voire présomptueux. Anticiper risquait d’être perçu comme une forme d’intervention excessive. L’État devait plutôt chercher à se retirer, réguler à la marge, laisser les marchés allouer les ressources mieux qu’il ne saurait lui-même le faire. Cette vision a produit des résultats réels. Elle a aussi produit des angles morts. La désindustrialisation silencieuse de pans entiers du territoire, les déserts médicaux, la dépendance technologique : autant de conséquences prévisibles d’un État qui avait cessé de penser à voix haute et en chœur son propre avenir industriel et stratégique. Le paradoxe est saisissant : nous planifions en apparence davantage aujourd’hui qu’il y a quarante ans. Stratégie nationale bas-carbone, programmation pluriannuelle de l’énergie, lois de programmation militaire, stratégies nationales de recherche, contrats de filière, engagements européens : la France n’a jamais produit autant de documents destinés à préparer l’avenir. Et pourtant, jamais peut-être nous n’avons autant donné le sentiment de courir derrière les événements. Le problème n’est donc pas l’absence de planification. C’est son morcellement. À force de multiplier les stratégies, nous avons perdu la stratégie. À force de juxtaposer les objectifs, nous avons cessé de les hiérarchiser. À force de vouloir tout faire, nous peinons à agir.
3. Une loi des grandes options
Ce que nous proposons ici n’est pas un retour en arrière. Ce n’est ni une lubie ni une nostalgie. C’est la reconnaissance d’une réalité simple : certains choix, ceux dont les effets ne se mesurent qu’à l’échelle d’une génération, n’ont pas d’autre gardien que la puissance publique. Non parce que l’État saurait mieux que les autres, mais parce qu’il est le seul acteur à pouvoir rassembler les idées, les forces, les horizons de temps. Il peut à cet égard le meilleur ou le pire : obsédé par l’urgence, le buzz, les sondages d’opinion, ou concentré sur l’intérêt général et le temps long. Le temps long n’est pourtant pas l’opposé de l’urgence ou de la nécessaire gestion des crises ; l’attachement au temps long n’est pas le mépris du temps court. Mais il ne doit pas être écrasé ou effacé par les enjeux de l’instant. Un pays a besoin d’un cap, ses entreprises ont besoin de visibilité pour investir, ses territoires ont besoin de cohérence pour se projeter. Mais ce cap doit pouvoir s’ajuster sans se perdre, car les crises seront plus nombreuses et les transitions plus rapides. Ce qui fait aujourd’hui défaut, c’est le moment où les analyses se transforment en engagements politiques assumés, hiérarchisés, publiquement débattus. Ce qui manque, ce sont des arbitrages, des priorités, de la stabilité. Ce verrou n’est pas technique mais démocratique. C’est pourquoi la réponse ne peut pas être une institution de plus : elle doit être un acte législatif. Un moment où la représentation nationale dit explicitement ce qu’elle choisit, et ce à quoi elle renonce. C’est pourquoi la France pourrait se doter, à nouveau, d’un rendez-vous régulier : une loi quinquennale des grandes options, débattue et votée au Parlement au début de chaque mandat présidentiel et législatif. Le cadre existe : la loi de 1982 permet toujours l’adoption d’une loi fixant, pour cinq ans, les grandes orientations stratégiques de la Nation. Adossée à un rapport stratégique, elle permettrait de structurer le débat démocratique, d’éclairer les arbitrages du quinquennat à venir et de redonner de la cohérence à l’action publique. Son objet ne serait pas de détailler l’ensemble de l’action gouvernementale, mais de répondre à une question simple : quelles sont les priorités de la France ? Politique énergétique et climatique, soutien à l’innovation, effort de défense, transition démographique, aménagement du territoire : autant de domaines où un cap assumé, fixé démocratiquement, change la nature de l’action publique. Ce cap, beaucoup d’acteurs économiques l’ont déjà, quand l’État en manque encore. Lorsque j’ai pris mes fonctions de Haut-commissaire, j’ai été frappé par le nombre de dirigeants d’entreprise qui m’ont contacté pour échanger sur les grandes tendances de long terme et leurs implications pour leur secteur. Nombre d’entre eux planifient à dix ou vingt ans, avec une rigueur que l’État peine parfois à s’imposer à lui-même ; il lui revient de leur offrir, enfin, la même visibilité en retour, en stabilisant les grands choix politiques, budgétaires, réglementaires ou fiscaux, bien au-delà de l’année en cours. Cette proposition n’est pas sans précédent. La France a déjà, par touches successives, développé de nombreux instruments de programmation. Les lois de programmation militaire offrent aux armées et aux industriels une visibilité pluriannuelle sur les priorités de défense. Les lois de programmation des finances publiques cherchent à inscrire les choix budgétaires dans une trajectoire de moyen terme. Les lois Grenelle ont montré qu’un débat national approfondi pouvait déboucher sur des orientations écologiques largement partagées. Ce qui manque aujourd’hui n’est donc pas l’expérience de la programmation sectorielle. C’est l’échelon qui permet d’ordonner les priorités, d’arbitrer entre les trajectoires et de les inscrire dans une cohérence d’ensemble. Un rôle que seul un échelon interministériel, placé sous l’autorité du Premier ministre comme l’est le Plan depuis 1946, peut assumer. La loi des grandes options rendrait caduques la plupart des lois sectorielles, trop nombreuses et mal respectées, qui sont devenues le plus souvent des lois d’affichage. Elle permettrait aussi de traiter les grandes transformations de société, comme la démographie, qui commande tout à la fois la carte scolaire, le financement des retraites ou encore les tensions de recrutement, dans la fonction publique comme dans l’armée. La France ne serait d’ailleurs pas isolée en la matière. Le Portugal pratique depuis les années 1990 une Lei das Grandes Opções votée par le Parlement, qui fixe pour quatre à cinq ans les grandes orientations stratégiques de la Nation. L’Australie publie depuis 2002 un rapport intergénérationnel qui projette à quarante ans l’évolution de son économie et de ses finances publiques. L’Espagne s’est dotée en 2020 d’un organisme de prospective stratégique rattaché directement au chef du gouvernement et chargé d’éclairer ses choix de long terme. D’autres démocraties européennes s’interrogent sur des dispositifs comparables. La question n’est pas franco-française : elle est commune à toutes les démocraties qui cherchent à tenir un cap dans un monde qui change plus vite que les habitudes nationales. On nous objectera que, dans un contexte de défiance croissante envers les institutions, une telle loi risque de n’être qu’un instrument de plus que les gouvernants s’imposent à eux-mêmes, sans vraiment s’y tenir. Un document solennel promis à l’oubli sitôt le débat d’inauguration passé. L’objection est sérieuse. Elle appelle deux réponses. La première tient à la méthode. La légitimité de la loi dépend moins de la manière dont elle est votée que de la manière dont elle est construite. C’est précisément là que la tradition du Plan offre un modèle éprouvé : non pas une consultation formelle en aval des arbitrages, mais un processus organisé – réunissant élus, entreprises, syndicats, experts, société civile… – en amont et comme condition de la décision. Ce que le Plan permettait, dans sa grande période, c’est que les acteurs qui allaient mettre en œuvre les choix collectifs participent à les former. La loi des grandes options ne trouverait sa légitimité réelle que si elle était précédée d’un tel processus, ouvert, accueillant de multiples idées avant de les filtrer, de les sélectionner et de les ordonner dans un plan remis au Premier ministre. La seconde est politique. La défiance démocratique ne naît pas principalement des objectifs fixés, mais des promesses non tenues et des arbitrages que l’on a préféré taire. Une loi qui hiérarchise explicitement – qui dit non seulement ce que la France choisit de faire, mais ce à quoi elle renonce –, assortie d’indicateurs publics et d’une évaluation annuelle devant le Parlement, change la nature du contrat entre gouvernants et gouvernés. Ce n’est plus une promesse de bonne volonté mais un engagement mesurable. La défiance ne disparaît pas par décret, mais elle s’érode lorsque les priorités sont explicitées, les engagements pris peuvent être vérifiés, et lorsque le manquement à ces engagements devient politiquement coûteux. Dans une démocratie où les majorités absolues deviennent plus rares, cette loi pourrait également devenir un instrument de stabilisation politique. Les partenaires appelés à gouverner ensemble s’engageraient sur une trajectoire commune, quelques priorités partagées et des objectifs explicites. Autrement dit, la pluriannualité n’est pas seulement un instrument de bonne gestion mais aussi un outil de stabilisation démocratique : dans un paysage politique marqué par la fin du fait majoritaire, elle permet de substituer à la renégociation permanente, ou aux votes de hasard, un véritable contrat de législature.
4. Une chaîne du temps long
Cette loi constituerait le sommet d’une véritable chaîne du temps long. De ses grandes orientations découleraient une loi-cadre des finances publiques impérative, engageant le gouvernement sur une trajectoire et des priorités pluriannuelles, et s’imposant aux budgets annuels, qui s’effaceraient largement. Cela suppléerait aux lois de programmation sectorielles actuelles, qui ne contraignent pas le législateur et dont l’addition, assortie d’engagements financiers peu réalistes, les conduit à une caducité quasi immédiate. Précisément parce qu’elle serait impérative, cette loi-cadre financière supposerait une révision constitutionnelle – la piste avait déjà été avancée en 2011 et fait l’objet d’un vote dans les deux chambres. De quoi substituer enfin, à l’affichage actuel, une véritable programmation financière des priorités, cohérente et lisible, et donner la priorité à l’investissement. Ces orientations se déclineraient ensuite dans des feuilles de route ministérielles : chaque membre du gouvernement recevrait ainsi du Premier ministre les objectifs directement issus des choix fixés collectivement. Quatre ou cinq priorités claires, sur trois à cinq ans. Sur cette base, les directeurs d’administration centrale seraient nommés – tous reconduits ou changés en début de mandat – avec une lettre de mission de leur ministre déclinant ces objectifs. La logique se prolongerait enfin dans tout le territoire, par deux canaux distincts : les services déconcentrés de l’État lorsque la compétence lui revient d’une part ; possiblement les contrats pluriannuels avec les collectivités territoriales, à l’image des contrats de plan État- région, d’autre part. Pour que les engagements de l’État à l’égard des collectivités, notamment financiers, soient plus précis et plus stables. L’enjeu n’est pas de créer un machin supplémentaire ; il est d’en supprimer beaucoup ! Il est surtout de redonner une architecture d’ensemble et lisible à des instruments aujourd’hui dispersés. Aligner l’action publique, mettre fin au sentiment de zigzag, d’impuissance publique qui nourrit la défiance, la colère et le populisme. La loi des grandes options constituerait la colonne vertébrale de l’action publique, le point d’appui à partir duquel les différentes stratégies sectorielles pourraient s’articuler et cesser de fonctionner comme des constructions séparées. La même logique vaut à l’échelle européenne. Avec une exigence supplémentaire, celle de la cohérence entre vingt-sept agendas nationaux. Un plan septennal, adossé au prochain cadre financier pluriannuel pour la période 2028-2034, pourrait fixer un nombre limité de priorités stratégiques communes avec des moyens identifiés et des objectifs mesurables. Le Conseil européen en définirait les orientations, la Commission en assurerait la mise en œuvre. Débattu au Parlement européen, il donnerait à l’action de la Commission une solidité politique que les traités seuls ne lui confèrent pas.
5. La leçon des autres puissances
« Nous n’avons que le choix entre les changements dans lesquels nous serons entraînés et ceux que nous aurons su vouloir et accomplir », écrivait Jean Monnet. Le défi du XXIe siècle n’est plus de reconstruire un pays détruit par la guerre. Il est de conduire simultanément, dans une démocratie ouverte, européenne et décentralisée, des transitions dont les effets ne se mesureront qu’à l’horizon d’une génération, et dont les décisions structurantes doivent pourtant être prises maintenant. C’est précisément ce type de défi que le court terme ne peut pas résoudre, et que seule la maîtrise du temps long permet d’affronter. Les autres grandes puissances l’ont compris, chacune à leur manière. La Chine a fait du plan quinquennal un instrument central de sa spectaculaire montée en puissance industrielle et technologique ; les États-Unis ont redécouvert la vertu des grands programmes d’investissement public sur dix ou vingt ans. Et leurs agences fédérales – comme la NASA ou la DARPA – n’ont en fait jamais abandonné la planification, le soutien public et l’engagement pluriannuel. Sans calquer leurs modèles, il serait imprudent d’ignorer ce que la cohérence stratégique et la continuité dans l’action permettent d’accomplir.
L’histoire de France en témoigne aussi. Le Plan d’après-guerre, celui de Monnet, puis de Massé, a montré qu’une démocratie pouvait se donner une vision et la tenir. Les Trente Glorieuses ne se sont pas construites dans l’improvisation. Elles ont été le fruit d’une volonté collective délibérée, inscrite dans des priorités assumées et des institutions capables de les porter dans la durée. Les démocraties ne sont pas condamnées au court-termisme, pas plus qu’elles ne sont condamnées à la faiblesse, face aux régimes autoritaires. Oui, il est possible de combiner démocratie et planification, liberté de choix et stabilité dans l’action. Jacques Delors définissait le Plan comme un « carrefour » et une « boîte nationale à idées ». C’est cette ambition que « France 2035, France 2050 » a voulu ranimer. « Les pays qui réfléchissent à leur avenir sont en avance sur les autres », disait François Mitterrand. La planification démocratique n’est pas une anomalie française : elle est, dans un monde redevenu compétitif et conflictuel, l’une des conditions de la souveraineté. Non pas une contrainte, mais une promesse : celle de ne pas subir son avenir pour le penser et l’organiser collectivement.

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Soutenir les parents, c’est protéger les enfants. La parentalité ne doit plus être un parcours d’obstacles mais un accompagnement à chaque étape de la vie de l’enfant. Les propositions présentées nourriront une feuille de route ambitieuse dès la rentrée.

 

 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires anonymes ne sont pas publiés ainsi que ceux qui seraient insultants ou qui ne concernent pas le Centre et le Centrisme.