Voici une sélection, ce 4 juillet 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Propos introductif à
l’occasion de la cinquième réunion de suivi consacrée à la lutte contre le
narcotrafic] J'ai souhaité qu'on
puisse se réunir pour la cinquième fois depuis le mois de novembre
dernier pour faire un point global sur la lutte contre le narcotrafic et à la
suite aussi de l'actualité récente à Nice, Marseille, Nantes ou Grenoble, qui
nous a rappelé que, même si on avait des résultats déjà obtenus par l'action
résolue du gouvernement et de l'ensemble des services, il y a encore beaucoup à
faire. La réponse, on le sait, est pleinement interministérielle, avec un plan
massif à la hauteur d'un phénomène qui a changé d'échelle ces dernières années
et pas simplement en France.
La dynamique que nous avons enclenchée il y a maintenant sept mois et la
mobilisation inédite ont commencé à produire des résultats concrets qui sont le
fruit des lois récemment votées. Le parquet national anticriminalité organisée,
qui est opérationnel depuis le 5 janvier, l'état-major interministériel de
lutte contre la criminalité organisée qui est en place, les opérations type
Octopus contre la DZ Mafia, qui ont produit une quarantaine d'interpellations,
l'affaire Kessaci qui a donné lieu à six mises en examen et autant
d'incarcérations, la réduction du nombre de points de deal, qui est tangible et
visible sur le terrain, ce qui est une bonne chose, mais on le sait, avec une
évolution des pratiques et une multiplication aussi des livraisons à domicile,
si je puis utiliser cette formule.
À cela s'ajoute aussi la préparation de différentes actions, ce qu'on a décidé
sur nos ports, y compris des ports qui n'étaient pas suffisamment couverts
jusqu'alors, comme le port de Sète, puis les plans d'urgence dans nos
Outre-mer, comme l'évolution de notre douane, et je vais y revenir.
Le narcotrafic continue de progresser chaque jour et est véritablement un
marché criminel qui pèse plus de 7 milliards d'euros par an et qui, on le sait,
alimente la délinquance criminelle, elle l'alimente dans nos quartiers, dans
nos territoires ultramarins et chez beaucoup de nos voisins. C'est pourquoi il
ne faut absolument pas lâcher cette action. Donc les priorités pour moi sont
les suivantes, ce qui impose une action complète et déterminée. D'abord,
poursuivre les actions de terrain, mobiliser pleinement nos services, on y
reviendra, et je veux vraiment qu'on ait là, dans la priorisation de ce que
font nos services de renseignement, une action renforcée sur le narco, l'action
de la police, de la gendarmerie, en lien avec le continuum de sécurité, évidemment,
les polices municipales, et évidemment l'action justice derrière pour traquer
partout sur le terrain et ne laisser aucune tranquillité, aucun répit à qui que
ce soit.
Deuxièmement, la coopération internationale, qui est un levier très important.
On a renforcé les choses, mais l'action que nous avons à mener avec l'Algérie,
le Maroc, les Émirats arabes unis, la Tunisie, pour obtenir des résultats sur
des cibles priorisées est clé. On a commencé à avoir des résultats, c'est
essentiel pour le démantèlement de filières internationales, on le sait ô
combien.
Troisièmement, c'est renforcer la pression qu'on met sur les routes d'approvisionnement.
C'est là aussi où le plan douane qui a été demandé et que vous avez finalisé,
le Premier ministre y reviendra, je le sais, avec les ministres compétents, est
clé, en particulier pour nos ports et nos aéroports. Parce qu'il doit produire
un choc capacitaire avec un renforcement très concret des moyens, dès
maintenant et dans les années qui viennent, avec, si je puis dire, des
nouvelles capacités, des nouveaux équipements, en plus de ce que nous avons
décidé sur les arrivées dans nos aéroports pour être plus efficaces dans les
actions conduites. Et je vous en remercie.
Quatrième axe d'action, à mes yeux, c'est les Outre-mer. On a évidemment le
plan d'urgence Antilles-Guyane. On a une situation sécuritaire marquée par la
forte augmentation des homicides qui sont liés au narcotrafic et au trafic
d'armes. Donc, dès janvier dernier, on a établi un plan d'urgence avec
plusieurs axes. Il faut accélérer son déploiement et je demande qu'on regarde
l'ensemble des territoires ultramarins parce qu'on voit les fragilités qu'il y
a aussi, évidemment, en Polynésie. En tout cas, il n'y a pas de négligence à
avoir.
Cinquième élément, c'est la pression à mettre sur les consommateurs, à travers
à la fois la réforme qu'on fait sur les amendes forfaitaires délictuelles, leur
mise en œuvre, les évolutions qui ont été décidées, les campagnes de
communication, la pression qu'on doit mener. Il n'y a pas de trafic de drogue
dans les quartiers s'il n'y a pas de consommateurs, généralement, dans les
beaux quartiers. Soyons clairs. Donc, c'est quand même la grande différence
avec d'autres formes de banditisme ou de criminalité, c'est que là, on a des
gens qui nourrissent, quelque part, le crime qu'ils peuvent déplorer. Donc, la
pression sur le consommateur, la prise de responsabilité, les éléments clés
pour véritablement accroître la pression et les sanctions et les éléments de prévention
sur le plan sanitaire sont clés. Donc, il y a ce continuum prévention-sanction,
mais la pression sur le consommateur est clé. Puis, le dernier point, c'est en
matière d'éducation, où il faut évidemment continuer de renforcer le travail.
Merci de ce qui a déjà été fait, mais où il faut avancer.
Tout ça pour dire qu'au fond, nous ne devons absolument pas relâcher l'effort.
Je vous remercie de tout ce qui a été fait ces derniers mois et qui a permis
de, pas simplement transformer le paysage institutionnel, mais d'avoir des
premiers résultats extrêmement structurants. Mais cette action, elle est
profondément interministérielle. C'est pour ça qu'elle suppose la coordination
sous la houlette du Premier ministre et je l’en remercie. Elle suppose, sur les
axes d'effort que je viens d'évoquer, d'intensifier, d'accélérer. C'est clé.
Donc, sur cette base-là, je voudrais donner d'abord la parole au Premier
ministre pour pouvoir revenir sur les points qu'il souhaite détailler, en
particulier le suivi des cellules interministérielles qu'il a animées. Et puis,
on reviendra sur chacun des éléments que je viens d'évoquer.
> La France a déployé au Moyen-Orient des moyens de déminage, avec notamment deux chasseurs de mines. Accompagnés de deux frégates et d’un avion de patrouille maritime, ces moyens sont prêts à contribuer, avec nos partenaires, à la pleine reprise de la navigation et à garantir la sécurité du trafic dans le détroit d’Ormuz. La signature, le 17 juin dernier, du mémorandum d’accord entre les États-Unis et l’Iran constitue une avancée importante en faveur de la stabilité régionale, en réaffirmant notamment la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Compte tenu de cette évolution favorable et de l’évolution des besoins, à l’issue des échanges constructifs que j’ai eus avec le Sultan d’Oman, j’ai décidé d’adapter notre dispositif. Le porte-avions Charles de Gaulle rejoint ainsi son port d’attache à Toulon, tandis que nos moyens de déminage et leur escorte demeurent déployés et prêts à intervenir avec nos partenaires. La France reste pleinement mobilisée et continuera d’ajuster ses moyens en fonction de l’évolution de la situation et des besoins de sécurité dans la région.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Feux forêts] Je veux avoir quelques mots retransmis par l'intermédiaire
des médias pour aussi rendre compte de la mobilisation et d'avoir une réunion
importante avec l'ensemble de l'état-major de la zone de défense sud. Les
différents élus d'ailleurs, des Bouches-du-Rhône que je remercie, toutes les
forces de sécurité civile, civile et militaire, l'ensemble des forces de
sécurité intérieures sur évidemment la suite des événements climatiques qui
nous amènent à devoir traiter très prématurément, il faut bien le reconnaître,
des épisodes de feu de forêt assez violents, alors à la fois, je laisserai la
parole sous le contrôle du ministre de l'Intérieur au directeur général de la
sécurité civile dans quelques instants.
Ce sont des phénomènes qui sont bien connus, bien planifiés, bien anticipés par
l'ensemble des acteurs locaux. On a encore pu s’en rendre compte, là,
évidemment ici, à Marseille. Mais donc il faut bien reconnaître qu'ils arrivent
pratiquement 15 jours, 3 semaines en amont des périodes habituelles et qui donc
évidemment vont nous donner du fil à retordre, c'est le moins que l'on puisse
dire, en matière d'endurance, pratiquement 7 000 départs de feu depuis le début
de la saison, déjà 8 700 hectares brûlés dont 1 200 seulement hier non loin
d'ici, et c'est pratiquement chaque jour 2 000 sapeurs-pompiers professionnels,
volontaires, civils, militaires qui ont été mobilisés aujourd'hui et hier. Et
la situation est assez tendue, et notamment à chaque fois en fin de journée.
Donc, on aura l'occasion d'y revenir. Je laisserai la parole dans un instant au
directeur général de la sécurité civile parce que je vous rappelle que 9
départs sur 10 de ces feux sont toujours d'origine humaine, alors volontaires
ou involontaires, mais enfin toujours d'origine humaine, 9 sur 10 c'est
absolument évidemment considérable.
Cette cellule de crise va également nous permettre de faire un point sur la
situation de la canicule, évidemment sur la suite du volet sanitaire. On va
maintenir le niveau ORSAN 3 pour l'ensemble du week-end, pour permettre aux
hôpitaux de continuer à traiter dans les meilleures conditions possibles, en
tout cas nous faisons tout pour l'ensemble des personnes qui ont été touchées
par l'épisode particulièrement violent de canicule la semaine dernière.
Et puis on fera aussi un point avec Météo France dans lequel on voit bien que
la chaleur va repartir ce week-end à la hausse, mais heureusement du
dernier bulletin qui vient d'être confirmé sur la moitié du pays, et pas du
tout dans les extrêmes chaleurs, peut-être comme on a pu le connaître la
semaine dernière, puisque aucun département
devrait être classifié en rouge pour ce week-end.
Enfin, il va falloir nous rester évidemment être très prudents, puisqu'on
voit bien les prévisions et les différents modèles, laissent avoir une même
chaleur qui peut repartir dans le milieu de la semaine prochaine, ce qui nous
amènera aussi évidemment à devoir traiter de la question de la sécheresse, des
différents impacts, y compris pour notre agriculture et toutes les questions
liées aux événements divers et variés qui sont organisés sur le territoire
national, et puis aussi bien sûr la question de la ressource en eau.
Cette CIC va nous permettre de commencer à endosser les plans qui ont été
préparés par les équipes suite aux commandes que j'avais données en début de
semaine, notamment la création de ce plan ORSEC de chaleur extrême, qui va nous
permettre aussi d'imaginer un réseau de centres de mise en protection des
personnes fragiles.
Je le redis, on a une particularité qui est difficile d'ailleurs à appréhender
: c'est que la plupart, en tout cas un nombre important de nos concitoyennes et
nos concitoyens qui sont décédés… sont décédés à leur domicile. C'est en cela
d'ailleurs la grande différence avec 2003 où on s'en souvient évidemment la
question des EHPAD. Aujourd'hui on voit bien que, et notamment sur la plaque
parisienne, en Île-de-France, beaucoup de personnes seules, c'est aussi un
sujet sociétal, social très important, se sont retrouvées livrées à elles-mêmes
et sont décédées à domicile. Donc, pour nous, c'est aussi une évolution de la
posture parce que c'est quelque chose qui pour le coup est nouveau. Et donc
c'est de sortir ces personnes de leur domicile si besoin en était pour qu'elles
ne soient pas en danger.
Et donc, on y reviendra parce que beaucoup de choses ont été préparées sur
l'identification de bâtiments qui sont rafraîchis, un système de sécurité
civile renforcé, des systèmes également d'alerte numérique avec de
l'intelligence artificielle pour être capables de venir questionner
régulièrement les personnes à domicile.
Rien ne remplacera jamais la solidarité de proximité familiale, en tout cas moi
je crois à la fraternité républicaine et celle aussi des voisins. Enfin, on le
voit bien que malheureusement cette fraternité-là ne fonctionne pas toujours
bien pour tout le monde, c'est le moins que l’on puisse dire. Et donc il va
nous falloir aussi imaginer des réponses… en tout cas de nouvelles générations
de réponses pour s'adapter à cette situation et de manière la plus rapide
possible.
On fera également un point sur l'hôpital où j'avais annoncé l'acquisition de
plus de 30.000 climatiseurs dans des délais assez brefs et je peux vous
confirmer qu'on a déjà 6 000 climatiseurs qui sont en livraison au moment où on
se parle et 7 000 ventilateurs. Donc, ça, c'est une priorité absolue, avec
aussi une méthode qui a été donnée de confier aux hôpitaux le soin de pouvoir
acheter ces matériels. Le ministère va les rembourser, ce qui est là aussi
beaucoup plus moderne de fonctionner en proximité avec des centrales d'achat
qui nous permettent de regrouper évidemment ces acquisitions et de les faire à
meilleur prix.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Dans l’Aude, auprès des sapeurs-pompiers et de l’ensemble des forces
mobilisées : après 48h d’un combat acharné contre un incendie de plus de 900
hectares, le feu est désormais fixé. Je remercie les 900 sapeurs-pompiers
engagés, les pilotes d’avion et d’hélicoptère, les gendarmes, l’office national
des forêts, les élus et tous les services de l’Etat pour leur grande
mobilisation et leur dévouement. Cette saison des feux est particulièrement
préoccupante : nous avons près d’un mois d’avance, sous l’effet de la canicule,
d’une végétation abondante et de vents qui favorisent une propagation rapide
des flammes. Hier encore, 26 feux étaient en cours simultanément sur le
territoire. Face à cette menace, l’État est pleinement mobilisé. J’appelle
aussi chacun à la plus grande vigilance : 9 feux sur 10 sont d’origine humaine.
Un comportement responsable peut éviter un drame.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Je suis allée à la rencontre des équipes de Fabentech à Saint-Priest.
Cette visite illustre l’engagement de la France face aux menaces biologiques et
notre capacité à transformer l’innovation en véritable atout stratégique. Grâce
au soutien du ministère, des partenariats solides se construisent avec des
entreprises de nos territoires. Accompagner le développement d’entreprises
françaises capables de produire des antidotes contre des agents comme la
ricine, c’est renforcer la supériorité de nos armées, mieux protéger notre pays
face aux risques biologiques et consolider notre souveraineté. Développer et
produire des médicaments jusqu’ici inexistants, c’est servir concrètement la
Nation et l’intérêt général.
> Aux premières Assises régionales des
correspondants défense, j’ai rappelé l’importance que j’accorde à ce maillon
essentiel du lien Armées-Nation. Dès mon arrivée au ministère des Armées, j’ai
souhaité faire du renforcement du lien entre les armées, les territoires et la
Nation une priorité. Je connais la force des communes, le rôle irremplaçable
des élus de proximité et leur capacité à mobiliser nos concitoyens. (…)
Les 35 000 correspondants défense présents sur notre territoire, c’est la force
d’un réseau unique au service de la cohésion nationale et l’adhésion des
Français à leurs armées.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> [Relations franco-brésiliennes] Nous voulons approfondir cette relation si
dense et si riche, dont nous avons marqué le 200e anniversaire en 2025, et qui
a vocation à se projeter dans les décennies qui viennent. En tout cas, c'est la
volonté du Président de la République et du président Lula. Et cela couvre un
grand nombre de dimensions : économique, nous sommes le deuxième investisseur
au Brésil ; culturel, avec cette saison France-Brésil qui a beaucoup de
retentissements ; mais aussi stratégique, puisqu'on voit en matière de défense,
en matière d'énergie, de spatiale, des coopérations nouvelles émergent. Premier
objectif. Le deuxième objectif, c'est effectivement de sceller un accord qui
était attendu depuis très longtemps sur la question de la frontière entre la
France et le Brésil. Le Brésil est le pays avec lequel la France partage la
plus grande frontière, 700 km. Avec les questions de sécurité et de mobilité
qui se posaient, nous avons abouti à un compromis avec la suspension de
l'obligation de visa de court séjour pour les ressortissants brésiliens, à
compter du 31 juillet prochain, en contrepartie d'un renforcement de notre
coopération pour la sécurité avec le déploiement d'officiers de liaison dans un
certain nombre de services au Brésil pour lutter contre les trafics, contre la
migration illégale, contre l’orpaillage illégal et la criminalité
environnementale. (…)
Nous avons face à nous une menace nouvelle, qui est celle de la criminalité
organisée, des réseaux transnationaux qui se livrent à du trafic de drogue, du
trafic d'armes, de la traite d'êtres humains et de la criminalité
environnementale. Pour leur faire échec, nous avons besoin de coopération
internationale. Il faut que les États travaillent ensemble pour entraver
l'activité des trafiquants. Et donc, l'entraide judiciaire, notamment entre la
France et le Brésil, qui fait partie de cet accord sur la sécurité intérieure,
la présence désormais d'officiers français placés dans les aéroports, dans les
centres de coordination auprès de la police brésilienne, va permettre, à la
fois par l'échange d’information à tous les niveaux, mais aussi par des
opérations conjointes, d'être plus rapide et plus agile que les trafiquants
eux-mêmes et de pouvoir ainsi leur faire échec.
> [Relations franco-brésiliennes] D'abord, il faut
le rappeler, la France et le Brésil, mais je pourrais aller au-delà, l'Union
européenne et le Mercosur sont des partenaires privilégiés. Je prends la France
et le Brésil. Aujourd'hui, nous sommes le deuxième investisseur au Brésil, nous
sommes le premier investisseur européen au Brésil, avec 1.400 entreprises
françaises au Brésil qui emploient plus de 500.000 personnes. Parmi les 40 plus
grandes entreprises françaises, 38 sont aujourd'hui présentes au Brésil. Donc
il y a des liens économiques sans équivalent entre nos deux pays. Et ça va
continuer, puisqu'on le voit, y compris dans le domaine numérique, avec des
relations qui existent déjà et des investissements qui ont déjà été faits, avec
Bull par exemple sur les supercalculateurs, mais aussi avec nos acteurs de
l'intelligence artificielle, qui s'intéressent au potentiel au Brésil et qui
explorent, prospectent pour saisir les opportunités qui s'y présentent. Et
réciproquement. Ce que nous voulons aussi, c'est que les entreprises brésiliennes
puissent se déployer en Europe et en France.
S'agissant plus particulièrement de la mesure qui a été prise par l'Union
européenne, qui n'a en réalité pas de lien direct avec l'accord du Mercosur,
elle concerne la protection du marché unique, du marché européen, contre un
certain nombre de substances qui sont interdites aux producteurs en Union
européenne, dont chacun peut comprendre qu'on ne peut pas accepter que leurs
concurrents, eux, les utilisent. Et il est vrai que certains produits ou
certaines productions agricoles brésiliennes se sont retrouvées sur cette liste
européenne pour l'avenir. Les autorités brésiliennes sont en dialogue avec
l'Union européenne pour fournir toutes les informations nécessaires, le cas
échéant, pour que ces productions agricoles soient jugées conformes par les
autorités.
> [Relations franco-brésiliennes] S'agissant des technologies existantes, prenons les réseaux sociaux, par exemple. Il est important, je crois, que dans des grandes et anciennes démocraties comme le Brésil ou la France, on sache imposer et faire appliquer un certain nombre de règles pour protéger notamment les plus jeunes, les enfants et les adolescents, mais aussi le débat public. C'est ce que nous avons fait en Europe, en montrant la voie avec des règles, des lois européennes qui imposent des obligations aux grandes plateformes de réseaux sociaux. Et plus récemment, lors du G7 que la France préside cette année et auquel le président Lula a participé, une déclaration a été faite, à laquelle le Brésil s'est joint, qui appelle à une protection plus grande de l'enfance et de l'adolescence dans l'espace des réseaux sociaux. L'Europe avance vers une interdiction des réseaux sociaux pour les enfants adolescents de moins de 15 ans, ou en tout cas en dessous d'un certain âge. Un certain nombre d'autres pays dans le monde se sont ralliés à cette idée, et je crois que c'est indispensable, tant les dégâts causés par l'exposition excessive aux réseaux sociaux sont considérables. Ensuite, il y a les technologies émergentes, celles qui n'ont pas encore tout à fait mûri. Je pense en particulier à l'intelligence artificielle générative. Là, nous avons deux modèles. Le modèle américain, que vous avez cité, mais il y a aussi le modèle chinois. Ce qui est essentiel, avant même de songer aux questions de régulation, c'est qu'on puisse s'ouvrir une autre voie qui corresponde de manière plus nette aux aspirations de pays démocratiques comme le Brésil, comme l'Europe notamment. Et l'enjeu pour nous, c'est d'avoir la taille suffisante pour faire émerger nos propres modèles, des modèles qui soient forgés au feu de la culture française, de la culture européenne, de la culture brésilienne et d'autres pays. Ne pas avoir à subir des outils qui ont été conçus ailleurs. Parce que chacun le sent bien, celui qui conçoit l'outil a toujours plus d'influence, d'impact sur la manière dont il est utilisé que celui qui le régule. Il est donc indispensable que nous puissions développer nos propres outils. Et c'est pourquoi je citais tout à l'heure et que nous encourageons l'entreprise Mistral qui a développé un modèle qui rivalise avec ceux des très grandes entreprises chinoises ou américaines, et qui s'intéressent au Brésil. Et je crois qu'il y a là peut-être des coopérations à venir.
> [Relations franco-brésiliennes] L'intuition qui a été celle du Président de la République face au blocage du multilatéralisme, ça a été de construire des coalitions. Je donne un exemple récent d'une coalition qui a fonctionné, à laquelle le Brésil a participé, qui est celle sur la protection de l'océan. Nous avons, avec un certain nombre de pays affinitaires, qui avaient le même avis que nous, engagé un effort, d'abord dans un petit cercle de pays, pour nous donner collectivement des règles et un traité pour la protection de ce qu'on appelle la haute mer, tout ce qui est au-delà des juridictions nationales. Progressivement, le cercle s'est élargi. Et à Nice, l'année dernière, lors de la troisième Conférence des Nations unies pour l'océan, le plus grand événement jamais organisé consacré à la préservation des océans, en présence du président Lula, nous avons obtenu les ratifications nécessaires pour que ce traité entre en vigueur. Et donc on a commencé par un cercle étroit et on l'a finalement élargi ensemble à la communauté internationale. Je donne un deuxième exemple, qui est porté par le Brésil : la coalition qui a été lancée contre la criminalité environnementale, et dont j'ai annoncé aujourd'hui que la France la rejoindrait. Là aussi, on commence avec un cercle de pays qui considèrent que ce problème est majeur. Et progressivement, d'autres nous rejoignent jusqu'à ce que nous soyions en capacité de créer des règles qui vont s'imposer à l'ensemble de la communauté internationale.
> [Crise au Moyen-Orient] La France agit non pas pour être protagoniste, la France agit parce qu'elle a la responsabilité principale de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. De ce point de vue-là, quel que soit le conflit et où qu'il se situe, elle se doit de tenter d'apporter une réponse et une contribution à sa résolution. La France agit par ailleurs au Proche et au Moyen-Orient car c'est notre voisinage immédiat, et ce qui se produit au Proche et au Moyen-Orient, les convulsions, les crises, tout cela a des conséquences directes pour la vie quotidienne des Françaises et des Français. C'est une deuxième raison pour agir. Et s'agissant plus particulièrement du Liban, le général de Gaulle le disait, « le peuple libanais est le seul peuple du monde dont le cœur bat au même rythme que celui de la France ». Il y a, comme avec le Brésil, une relation ancrée dans l'histoire et dans les cœurs aussi. Et c'est pourquoi nous nous tenons aux côtés des autorités libanaises, au moment où elles ont pris des décisions extrêmement courageuses pour restaurer l'autorité de l'État et cheminer vers la souveraineté et l'intégrité de son territoire. Nous sommes à un moment décisif où un dialogue s'est noué entre le gouvernement libanais et le gouvernement israélien, qui prévoit une cessation des hostilités, le désarmement du Hezbollah, le retrait d'Israël du Liban et la restauration du monopole des armes entre les mains d’un État fort, capable d'assurer la protection de l'ensemble des populations. Nous organiserons prochainement une conférence internationale de soutien aux forces armées libanaises. J'en ai parlé tout à l'heure avec mon homologue et ami Mauro Viera, ministre des Affaires étrangères du Bésil, parce qu'ensemble, nous devons justement nous tenir aux côtés du gouvernement libanais et de son armée pour lui permettre de construire un monde de paix et de stabilité pour ce pays auquel nous sommes si attachés.
> [Déclaration en marge du déplacement au Brésil] Bonjour
à toutes et tous. Nous sommes aujourd'hui, avec le ministre délégué auprès du
ministre de l'Intérieur, à Oiapoque, à la frontière entre le Brésil et la
France, qui est la plus grande de nos frontières avec un pays voisin. 730 km et
des enjeux très importants.
Hier, à Brasilia, nous avons signé un accord majeur de sécurité publique.
Celui-ci permettra à la fois de juguler l'immigration irrégulière entre le
Brésil et la France, de lutter plus efficacement contre la criminalité
environnementale, contre l'orpaillage illégal, mais aussi de faciliter les
mobilités légales entre le Brésil et la France pour permettre à la Guyane,
notamment, de s'intégrer dans son environnement régional au bénéfice de nos
ressortissants, de nos compatriotes établis de l'autre côté du fleuve Oyapock,
juste du côté de la Guyane, en France.
C'est l'aboutissement d'un travail de longue haleine qui a associé le ministère
de l'Intérieur, le ministère des Affaires étrangères et leurs interlocuteurs au
Brésil, et c'est une nouvelle étape qui s'ouvre, à la fois pour garantir la
sécurité de nos compatriotes mais aussi d'assurer les conditions du
développement économique de la Guyane, en l'ouvrant vers son voisin brésilien,
en particulier l'État de l’Amapá. C'est la raison pour laquelle nous sommes
accompagnés ce matin par le maire d’Oiapoque, mais aussi par les représentants
de cet État brésilien voisin de la Guyane. (…)
L'accord que nous avons trouvé hier permet d'abord de renforcer notre
coopération pour juguler l'immigration irrégulière, lutter contre la
criminalité environnementale, mais aussi contre l’orpaillage illégal.
Concrètement, vous allez voir des officiers français déployés auprès d'un
certain nombre de cellules de coopération policière, à la fois ici, mais aussi
à Belém, s'agissant de la lutte contre la pêche illégale. Vous allez voir un
dialogue migratoire se nouer, qui permettra d'ailleurs d'évaluer les
conséquences de l'accord que nous avons trouvé. Et vous allez voir aussi les
opérations conjointes entre les forces de sécurité françaises et brésiliennes
se multiplier. Tout cela va permettre de lutter plus efficacement contre
l'immigration irrégulière et de nous permettre, c'est la contrepartie dans cet
accord, pendant une période de six mois à compter du 31 juillet prochain, de
suspendre l'obligation qui est faite aux ressortissants brésiliens d'avoir un
visa pour entrer sur le territoire national. Vous m'interrogez sur un autre
point, qui est évidemment très important et le Garde des sceaux y accorde
beaucoup d'attention, qui est celui du transfèrement des détenus brésiliens en
France et de leur retour au Brésil. C'est un sujet sur lequel nous continuons
de travailler pour trouver des solutions pragmatiques, qui respectent les
règles, les normes en vigueur dans nos deux pays.
> Ce que nous voyons, c'est le développement de
groupes transnationaux, de multinationales du crime et du trafic de drogue,
d'armes et de la traite des êtres humains. C'est la raison pour laquelle, sous
l'autorité du Président de la République et du Premier ministre, nous avons
lancé à l'automne dernier, pour la première fois, un plan international de
lutte contre le narcotrafic et la criminalité organisée qui est en train de se
mettre en œuvre. Concrètement, nous avons signé un grand nombre d'accords de
coopération, que ce soit en matière judiciaire, en matière de douane, en
matière militaire ou policière, avec les États de la région d'Amérique latine
et des Caraïbes, qui est une zone majeure de production et de transit. Nous
avons renforcé nos effectifs spécialisés dans les ambassades de la région avec
des postes d'attachés douaniers, des postes d'attachés de sécurité intérieure
qui nous permettent, par leur présence sur le terrain, d'échanger le
renseignement avec les pays concernés et puis de coordonner les manœuvres
visant à faire échec à tous ces trafics. Troisième élément, nous avons ciblé
notre aide publique au développement sur les cultures de substitution à la
feuille de coca, notamment, sur la sécurisation des ports et sur la lutte
contre le blanchiment d'argent. Et puis, nous avons lancé une académie
régionale qui permettra aux pays de la région de former aussi leurs experts
sécuritaires dans la lutte contre le narcotrafic.
J'ajoute à ça que nous avons proposé à l'Union européenne la création d'un
nouveau régime de sanctions contre les narcotrafiquants et les criminels
organisés qui permettra, il est en cours de finalisation, de prendre des
sanctions à leur encontre, d'immobiliser leurs actifs, d'interdire toute
transaction avec eux, et de leur interdire l'accès au territoire de l'Union
européenne. Tout cela avance et s'inscrit évidemment dans un plan plus large
que le ministre de l'Intérieur et le ministre délégué supervisent pour lutter
contre le déferlement des produits stupéfiants sur le territoire
national.
Dans quelques heures, nous serons avec Jean-Didier Berger en Martinique pour
une conférence régionale de sécurité, qui abordera notamment ces questions-là,
parce que nous avons non seulement conscience, mais nous avons changé d'échelle
dans notre bataille contre le narcotrafic, en donnant une part très importante
à la coopération internationale, qui est la seule manière d'éradiquer le mal à
la racine.
> Nous avons été à l'initiative d'un régime inédit de sanctions européennes contre les narcotrafiquants, les criminels organisés qui échappent à l'arrestation en trouvant refuge dans tel ou tel pays. C'est une première étape. Je souhaite vivement que ce travail mené par la Commission européenne puisse être finalisé au plus vite pour que nous puissions sans délai prendre les premières sanctions.
> Merci à la Jamaïque et au Suriname qui se joignent à l'initiative franco-mexicaine visant à encadrer le droit de véto au Conseil de sécurité de l'ONU face aux atrocités de masse, portant le nombre de soutiens à 120 pays du monde. La mobilisation doit s'amplifier.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Hôpitaux] Une enveloppe de 100 millions d’euros a été débloquée pour
l’achat de climatiseurs. Entre 6 000 et 10 000 appareils arriveront dès ce
week-end.
> [Décès liés à la canicule] Une augmentation nette observée chez les personnes de plus de 45 ans.
> Nous avons réuni les sept Ordres des professions de santé pour signer une charte d’engagement contre les violences sexistes et sexuelles en santé. Les professionnels de santé sont souvent les premiers à recueillir la parole des victimes. Ils doivent pouvoir les protéger, les orienter et les accompagner. Ils doivent aussi être eux-mêmes protégés lorsqu’ils sont confrontés à ces violences. Cette charte concrétise un engagement commun de l’État et des Ordres pour renforcer la prévention, améliorer le traitement des signalements, développer la formation et garantir une réponse à la hauteur des enjeux. Aucune violence n’a sa place dans notre système de santé.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> La douane est notre première ligne de défense face au narcotrafic.108
tonnes de stupéfiants saisies en 2025, dont 31 tonnes de cocaïne. Face au
tsunami de la cocaïne, véritable choc d’offre, nous changeons d'échelle, avec
un choc capacitaire.
À la demande du Président de la République, et sous l’autorité du Premier
ministre, j'ai présenté ce jeudi le plan Douane 2030 : 25 scanners
supplémentaires, doublement de nos capacités de contrôle dès 2027, 545 emplois
créés d’ici 2030, 42 pôles régionaux d'investigation, modernisation de nos
moyens en mer et dématérialisation complète de nos procédures d'ici 2030. Un
nouvel âge pour la douane. Plus forte, plus moderne, pour protéger les
Français.
Marina Ferrari (ministre des Sports, de la Jeunesse et
de la Vie associative)
> [Paris truqués] Je ne veux pas jeter le problème sur tout le
milieu du sport, mais en tout cas, les manipulations sportives dans le cadre
des paris sportifs, oui, c'est une réalité aujourd'hui dans le monde du sport.
(…)
On travaille sur ça, bien évidemment, au
niveau mondial aujourd'hui, européen, puisque grâce à des algorithmes, on
observe aussi ce qui se passe sur les plateformes de jeu. (…)
La cellule est en veille opérationnelle
très haute, puisque dans le cadre de la Coupe du Monde également on sait qu'on
a des pics qui peuvent intervenir, donc nous sommes en grande vigilance
aujourd'hui. (…)
Il faut remettre de l'éthique dans le
sport.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Médecin, sage-femme, pharmacien, podologue, kiné, infirmier,
chirurgien-dentiste : les professionnels de santé sont aux avant-postes pour
détecter et signaler les violences sexuelles. Ils peuvent aussi devenir le
premier maillon de la protection. Nous avons signé avec les 7 Ordres nationaux
des professions médicales et paramédicales des engagements pour former,
repérer, protéger et signaler.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> L’été de toutes les responsabilités commence maintenant. Notre priorité
est claire : permettre à chacun de profiter des vacances en toute sécurité. La
prévention est le premier des gestes qui sauvent. C’est dans cet esprit que je
me suis rendue auprès de la brigade fluviale de Paris, à la rencontre de ces
femmes et de ces hommes qui surveillent nos cours d’eau, préviennent les
risques et interviennent lorsque chaque seconde compte. Je porte une conviction
simple : face aux noyades, nous devons agir avant le drame. Informer,
sensibiliser, sécuriser et mobiliser tous les acteurs sont au cœur de notre
action. La prévention n’est pas un message de plus : c’est une politique
publique qui sauve des vies. Je tiens à saluer l’engagement exemplaire de la
brigade fluviale, ainsi que celui de l’ensemble des forces de sécurité, des
sauveteurs, des associations, des collectivités et de tous les professionnels
mobilisés pour protéger les Français. Mais leur engagement ne peut remplacer la
vigilance de chacun. Une baignade dans une zone interdite, un saut depuis un
quai, quelques secondes d’inattention ou une surestimation de ses capacités
peuvent avoir des conséquences dramatiques. Adopter les bons réflexes, c’est
déjà protéger sa vie et celle des autres. Faisons de cet été, l’été de toutes
les responsabilités : un été où chacun profite pleinement des vacances, en
faisant le choix de la prudence, de la vigilance et du respect des consignes.
Parce qu’un bon réflexe peut sauver une vie.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> La mondialisation, c’est aussi quand nous ne sommes plus capables de
produire en France à raison de notre complexité administrative. Simplifier,
comme nous le faisons au bénéfice des éleveurs, est donc enjeu de souveraineté.
Souveraineté et écologie, car produire en France, c’est produire selon nos
normes.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Canicule : les personnes en situation de handicap vivant en établissements
sont au cœur de nos préoccupations.
Rencontre avec les équipes et les résidents de l’établissement d’accueil
médicalisé GAÏA à Noisy-le-Grand et présentation des nombreuses actions mises
en œuvre pour adapter l’accompagnement des personnes accueillies :
- Programme spécifique et personnalisé
- Pictogrammes canicule
- Adaptation du programme d’activités : salle d’eau, piscine, activités dans
les salle climatisée
- Fiche de suivi de l’hydratation de chaque résident.
Pour faire face à la canicule : des actions centrées sur le bien-être et le
rafraîchissement de chaque personne accompagnée.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> Le choix stratégique du nucléaire, engagé par le président Macron, a fait
de la France l’un des pays les plus décarbonés au monde. Ce virage essentiel
permet de limiter drastiquement les émissions de CO₂. C’est
bien cette électricité propre qui nous permet aussi de climatiser sans polluer
davantage et sans aggraver la situation climatique. La motion de censure déposée
par les écologistes est une manœuvre politicienne. Je suis concentré sur ma
mission : protéger les travailleurs tout en maintenant l’activité du pays.
> J'ai réuni hier les représentants des livreurs et les plateformes de livraison pour leur demander des mesures d’urgence face aux fortes chaleurs : réduire les distances des courses, laisser davantage de temps pour les livraisons sans pénaliser la rémunération des livreurs, leur donner accès à des abris face aux fortes chaleurs… La responsabilité est aussi collective. Clients et restaurateurs peuvent, par des gestes simples, contribuer à les protéger : éviter de les faire attendre en bas des immeubles, leur proposer un verre d'eau fraîche, éviter de commander des packs d’eau aux heures les plus chaudes de la journée. Je fais le pari de la responsabilité. Mais si les mesures nécessaires ne sont pas tenues, nous prendrons des décisions contraignantes.
> L'intégration passe d'abord par le travail. C'est ce que j'ai rappelé aujourd’hui à l'Institut du monde arabe. Dans un contexte où de nombreux secteurs stratégiques pour l’économie peinent à recruter, nous devons collectivement identifier les besoins en main d’œuvre qualifiée et structurer des filières de talents, pour fluidifier des mobilités mutuellement bénéfiques. C'est tout le sens de l'action que l'État mène avec France Travail, les entreprises, les partenaires sociaux et le monde associatif. Parce que la mobilité professionnelle repose sur des parcours et des compétences, nous devons construire une coopération exigeante avec nos partenaires de la Méditerranée, fondée sur la formation, la qualité de l'accompagnement et des intérêts réciproques.
> À compter d’aujourd’hui, le congé supplémentaire de naissance entre en vigueur : jusqu'à 2 mois de congé rémunéré en plus pour chaque parent dans les 9 mois suivant la naissance d'un enfant et un droit qui s’intègre dans le calcul de votre retraite. Cette mesure permet de mieux concilier parentalité et travail. Les entreprises sont conscientes de cet enjeu et je tiens à souligner leur mobilisation. Nous devons construire ensemble les contours d’un nouveau monde du travail moderne! On est bien au travail quand on est bien dans sa vie personnelle. Ce congé est une très bonne nouvelle pour toutes les familles et les futurs parents !
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique,
de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la
nature
> L’Île-de-France concentre à elle seule les défis climatiques de notre
pays.
Un territoire urbain, où la densité et le béton amplifient les canicules.
Un territoire agricole, où près de la moitié des terres est cultivée et où
l’eau devient plus rare.
Un territoire économique majeur, qui produit près de 30 % des richesses
nationales et doit, lui aussi, s’adapter.
La canicule des derniers jours l’a rappelé avec force.
Elle a touché tout le pays, mais avec une intensité particulière en
Île-de-France.
Et demain, ce sont près de 24 jours de canicule par an qui pourraient frapper
Paris, contre environ 7 aujourd’hui.
Face à cela, une réalité : nous devons accélérer.
Mais l’Île-de-France est aussi un territoire qui agit.
C’est ici qu’a été signé l’Accord de Paris.
C’est ici que la France a inscrit dans la loi la neutralité carbone à horizon
2050.
Et c’est ici que les COP régionales prennent aujourd’hui tout leur sens.
En deux ans, 13 feuilles de route et 175 actions concrètes ont été construites.
Elles dessinent une trajectoire claire : transformer nos mobilités, nos
logements et nos infrastructures pour réduire les émissions.
Les objectifs sont déjà engagés :
- 417 000 logements à rénover d’ici 2030
- -26 % d’émissions liées aux mobilités
- un doublement de la production d’électricité renouvelable
Mais l’enjeu majeur est désormais celui de l’adaptation.
Les derniers épisodes montrent que nous progressons : sur la qualité de l’air,
sur la gestion des pics d’ozone, sur les bons réflexes collectifs.
Ils montrent aussi des avancées concrètes pour renaturer nos villes : 60
hectares restaurés grâce au Fonds vert, un million d’arbres plantés depuis
2021.
Mais nous devons rester lucides : beaucoup d’infrastructures ne sont pas encore
adaptées à l’intensification des épisodes climatiques. Je pense aux patients,
aux soignants, et à toutes celles et ceux qui ont été en première ligne lors de
ces derniers jours.
L’adaptation ne repose pas sur une solution unique.
Oui, la climatisation sauve des vies. Elle doit être déployée dans les
hôpitaux, les EHPAD et les écoles.
Mais elle ne suffit pas. Elle ne protège ni les plus vulnérables, ni les
récoltes, ni nos territoires face aux incendies ou aux inondations.
S’adapter, c’est agir sur tout : aménager, construire, relier autrement nos
territoires.
C’est tout le sens des feuilles de route élaborées ici : passer de la stratégie
à l’action.
Dans cette troisième année de COP, nous devons accélérer : mobiliser les
financements, accompagner les territoires, et mieux articuler les politiques
publiques nationales.
L’Île-de-France est un territoire de contrastes, mais aussi un territoire de
solutions.
Elle a un rôle majeur à jouer pour montrer qu’une transition écologique
efficace est possible.
Merci à toutes et à tous pour votre engagement.
Ensemble, faisons de l’Île-de-France un territoire plus résilient et plus
vivable.
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> Avec les députés, nous avons débattu de nombreuses heures, de manière
constructive, pour permettre d’accélérer la justice criminelle et de mieux
prendre en compte les besoins des victimes. Les deux textes, ordinaire et
organique, sont ainsi validés. La loi ordinaire, qui sera votée définitivement
mardi prochain, permet de nombreuses avancées : tout d’abord, elle va nous
permettre de réformer et d’étendre les cours criminelles départementales, en
créant plus de 60 cours supplémentaires, pour réduire les délais de jugement.
L’usage de la généalogie génétique pour résoudre les affaires criminelles
anciennes et complexes sera désormais possible. Le déroulement des autopsies
judiciaires, précisant notamment les conditions de restitution des corps, sera
clarifié. Les intérêts civils pourront être jugés avec plus d'efficacité, sans
multiplier les audiences. Un statut spécifique de psychologue judiciaire sera
créé, qui leur permettra d’avoir accès aux dossiers pour aider les enquêteurs à
améliorer leurs investigations. Les délais de requête en nullité devant la
chambre de l'instruction et le tribunal correctionnel seront encadrés. Les
procédures relatives à la détention provisoire seront sécurisées afin d'éviter
des remises en liberté automatiques de personnes dangereuses. Des mesures
concrètes, adoptées dans un état d’esprit de consensus et de rassemblement,
pour une justice plus rapide et plus sûre.
Sécurisation des procédures de détention provisoire : l'article 9 du projet de
loi « Justice criminelle et respect des victimes » a été adopté. Il
sécurise les procédures relatives à la détention provisoire afin d'éviter des
remises en liberté automatiques de personnes dangereuses, tout en maintenant
l'intervention rapide d'un juge et le débat contradictoire.
Encadrement des délais des requêtes en nullité devant la chambre de
l'instruction et le tribunal correctionnel : avec l’adoption par les députés de
l'article 7 du projet de loi « Justice criminelle et respect des
victimes », les délais de procédure devant les juridictions pénales seront
désormais encadrés tout en préservant les droits de la défense.
L’Assemblée nationale a voté la création d’un statut spécifique de psychologue
judiciaire. Un statut particulier qui leur permettra d’avoir accès aux dossiers
et de pouvoir participer à certains actes d'enquête pour aider les enquêteurs à
améliorer leurs investigations.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> La santé mentale est un enjeu majeur de santé publique : un Français sur
quatre est confronté à un trouble psychique au cours de sa vie. C’est pourquoi
le gouvernement en a fait la Grande cause nationale en 2025, un engagement
renouvelé en 2026. Parce que nos jeunes sont particulièrement vulnérables,
l’École a un rôle essentiel à jouer pour repérer précocement les situations de
souffrance psychique et accompagner celles et ceux qui en ont besoin. C’est
pourquoi nous mettons en place dans les écoles et les établissements, en lien
avec les acteurs de la santé, un système de « coupe-file » qui permet d’agir
plus tôt, plus vite et plus efficacement, grâce à trois niveaux de réponse :
- Une orientation vers des structures adaptées dès qu’une souffrance psychique
est détectée.
- Un accès prioritaire aux professionnels de santé lorsqu’une prise en charge
rapide est nécessaire.
- Une prise en charge immédiate et une évaluation globale en cas de crise ou de
danger imminent. Chaque élève doit pouvoir bénéficier d’une réponse adaptée à
sa situation, au bon moment et au bon niveau de prise en charge.
> Quels sont les nouveaux choix de la jeunesse ? Aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, j’ai eu le plaisir d’échanger avec 130 étudiants et jeunes actifs. Une discussion libre sur leurs préoccupations, leurs convictions et leur désir d’agir face aux grands défis de notre époque. C’est précisément le rôle de l’École : un lieu qui donne les clés pour comprendre le monde et les moyens de le transformer. À la jeunesse, je veux dire ceci : vous n’êtes pas seulement l’avenir, vous êtes aussi le présent. Et vous avez le pouvoir de faire bouger les lignes !
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> Qui pense sérieusement que la solution aux épisodes climatiques extrêmes
et à leurs conséquences serait la censure du Gouvernement ? Le Premier ministre
gère la crise, EELV l’entretient.
> On constate une surmortalité chez les personnes seules, âgées, en ville. Ça doit nous interroger sur la solidarité collective.
> Dire que rien n'a été fait depuis la canicule de 2003, c'est honteux.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Regardons sans tabou ce que font nos voisins. L’Allemagne reforme son
modèle social en indexant l’âge de départ à la retraite sur la démographie.
Comme la Suède, elle introduit une part de capitalisation pour créer des fonds
de pension et financer ses entreprises.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Notre démocratie n'est pas à vendre, ni à manipuler. Face aux ingérences
étrangères, nous devons nous doter de tous les outils nécessaires.
L'intelligence artificielle peut nous aider à mieux détecter et contrer ces
tentatives de déstabilisation.
> La Constitution est notre bien commun le plus précieux. Elle garantit nos droits, protège nos libertés et fixe les règles de notre démocratie. Protéger l'État de droit, c'est protéger ce qui nous unit.
> Il faut déconstruire l'idée qu'il y a des élites qui sont déconnectées de la réalité.
> Il y a 45 ans, la France faisait le choix de
l’abolition de la peine de mort. Un choix de civilisation.
Aujourd'hui, alors que certains voudraient rouvrir cette page, le 9ᵉ Congrès
mondial contre la peine de mort, réuni à Paris, porte une ambition : faire de
l'abolition une conquête universelle. La France doit continuer d'en être l'une
des voix.
> Le Parlement vote les lois. L'exécutif doit les appliquer. La prise en charge du cancer du sein devait être effective en 6 mois. 18 mois après, les femmes attendent toujours leurs remboursements. Une loi qui ne change rien à la vie des gens nourrit la défiance. Et la défiance nourrit les populismes.
> La tentation est grande, aujourd'hui, de réduire
chaque débat à une opposition binaire.
Croissance ou climat. Commerce ou souveraineté. Compétitivité ou solidarité.
Innovation ou protection.
Je ne crois pas que ces combats s’opposent.
L'action publique consiste précisément à tenir ensemble des exigences qui
semblent parfois contradictoires : préparer l'avenir sans abandonner les plus
fragiles, soutenir notre compétitivité sans renoncer à nos ambitions
climatiques, renforcer notre souveraineté tout en construisant des réponses
européennes.
C'est ce qui fait l'intérêt des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
Responsables publics, chercheurs, entrepreneurs, économistes, représentants du
monde associatif et responsables européens confrontent leurs analyses. Personne
n'y détient seul la vérité. Mais chacun apporte une partie de la réponse.
À l'Assemblée nationale, j'ai la même conviction : lorsque les débats sont
exigeants, lorsque les points de vue se croisent réellement, lorsque chacun
accepte d'écouter avant de convaincre, alors la démocratie remplit pleinement
sa mission.
> Souveraineté industrielle, IA, concurrence internationale : les défis auquel notre monde économique fait face ne s'arrêtent pas aux frontières nationales ! Avec Antonio Costa et Christine Lagarde, j’ai rappelé ma conviction : notre Europe protège nos intérêts économiques et préserve notre indépendance !
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Aujourd'hui, on utilise la carte de crédit de nos enfants et petits-enfants
pour financer un modèle à bout de souffle. Je propose un changement profond
pour redresser nos finances.
> Avec Antonio Costa, Président du Conseil européen, nous partageons une même conviction : l’Europe doit revendiquer sa puissance et ses valeurs sur tous les plans. Sur le commerce international. Sur l’industrie. Sur la défense. Sur le respect de nos normes sociales et environnementales.
> Aux Rencontres Économiques d'Aix, j'ai rappelé une urgence : la guerre a changé de visage et de dimension. Face à l’accélération technologique, notre priorité doit être d'investir massivement dans les drones et l’IA, de sortir de la dépendance aux États-Unis et de bâtir de nouvelles coalitions européennes.
> 496 drones et 74 missiles en une nuit. Alors qu’il y a quelques jours un responsable du RN nous expliquait que soutenir l’Ukraine, c’est « mettre du carburant dans la guerre », la Russie lance la pire attaque sur Kyiv depuis le début de l’invasion. Au moins 25 morts. 85 blessés. Soutenir l’Ukraine, ce n’est pas alimenter la guerre. C’est permettre à un peuple de se défendre face à un agresseur qui continue de frapper aveuglément, de bombarder des civils. Soutien total et indéfectible au peuple ukrainien.
Marc Ferracci (député)
> J'ai voté pour le droit à l'aide à mourir. Ce mardi 30 juin, l'Assemblée
nationale s'est prononcée en nouvelle lecture sur la proposition de loi qui
crée ce nouveau droit. Un texte attendu, nourri par la Convention citoyenne,
plus de cent heures de débats et trois lectures successives. J’assume
pleinement ce vote. Reconnaître l'aide à mourir, c'est reconnaître que la
liberté est un principe essentiel à la vie humaine. C’est reconnaître à chaque
personne une dignité et une capacité à choisir, jusque dans les moments les
plus douloureux, lorsque certaines souffrances demeurent réfractaires à tout
traitement. Ce droit est étroitement encadré, et repose sur plusieurs
conditions cumulatives : affection grave et incurable engageant le pronostic
vital, volonté libre et éclairée, procédure collégiale, délais de réflexion,
clause de conscience pour les soignants, commission de contrôle a posteriori.
Il ne s'oppose pas au renforcement des soins palliatifs, auquel je suis
pleinement attaché. J'ai une pensée pour les malades qui attendaient ce droit,
et pour les soignants qui les accompagnent chaque jour. Ce texte ne fait pas
l'unanimité, et je respecte la sensibilité de chacun sur ce sujet. Mais la
démocratie consiste justement à affronter les questions difficiles, avec
gravité et respect.
Jean-René Cazeneuve (député)
> Très fier du travail de la Caisse des dépôts pour accélérer la rénovation
de nos écoles. Déjà 7 400 projets accompagnés et 1 500 achevés avec 4 300
collectivités, au profit de 2,5 millions de bénéficiaires. Un investissement
concret pour la réussite de nos enfants. École par école, la transition avance.
> Préserver La Poste, c’est préserver un lien de
proximité indispensable.
17 000 points de contact, plus de 250 000 salariés et plus de 4 Md€ de
sous-compensations depuis 2018 : sans réforme, c’est l’avenir de nos services
publics de proximité qui est en jeu.
En vue d’une nouvelle loi postale, nous proposons des solutions concrètes pour
préserver durablement la présence postale dans nos territoires.
> Nous y voilà ! Avec l’adoption définitive de
l’actualisation de la loi de programmation militaire, nous faisons le choix
d’une défense forte, crédible et souveraine.
36 Md€ supplémentaires seront consacrés à nos armées d’ici 2030, portant
l’effort total de la Nation à 436 Md€ sur la période 2024-2030.
Cet effort permettra de répondre aux besoins prioritaires de nos forces armées
: munitions, drones souverains, innovation, capacité intermédiaire de char de
combat, futur porte-avions « France Libre », mais aussi modernisation de la
réserve militaire. Un texte clair : donner à nos armées les moyens de protéger
la France, de défendre l’Europe et de garantir notre souveraineté.
> Avec une dette à 115% du PIB et des charges de la
dette de 74 milliards d'euros par an, nous devons adapter nos dépenses à nos
recettes.
Pourtant, une fois une dépense engagée, elle devient presque impossible à
réduire : elle crée ses bénéficiaires, qui en deviennent aussitôt les
défenseurs.
Pierre Cazeneuve (député)
> Si Marine Le Pen devient sa tutrice, alors cela signifie que Jordan
Bardella serait... sous tutelle. Inquiétant pour un prétendant à la Présidence
de la République.
> Année blanche en 2028, règle d'or dans la Constitution, responsabilité réelle devant nos choix budgétaires, réforme de l’assurance chômage : voici un cap clair [de Gabriel Attal], courageux et crédible pour nos finances publiques, loin des mensonges et du populisme des extrêmes.
Prisca Thevenot (députée)
> [Présidentielle] Avec Gabriel Attal, nous voulons que cette campagne soit
celle de l’avenir. Depuis trop longtemps, notre pays est enfermé dans des
débats qui opposent le passé au présent, alors que notre responsabilité est de
préparer les décennies qui viennent. L’ambition est simple : redonner aux
Français la certitude que leurs enfants vivront mieux qu’eux.
Cette conviction s’articule autour de quatre grandes priorités. D’abord,
l’École. Parce que tout commence par elle : c’est la condition de l’égalité des
chances, de la liberté et de la fraternité, de la transmission des savoirs, de
la préparation aux métiers de demain. Ensuite, les salaires, avec un objectif
clair : faire en sorte que le travail paie réellement et permette à chacun de
vivre dignement de son engagement. Troisième priorité, les frontières. Qu’il
s’agisse de notre défense, de notre indépendance énergétique, industrielle et
agricole, ou de notre capacité à maîtriser les flux migratoires avec une
politique à la fois ferme, efficace et fidèle à nos valeurs. Concrètement : une
immigration choisie sous l’angle du travail et plus subie sous l’angle du
regroupement familial.
Enfin, Gabriel Attal veut faire de la France la première puissance européenne
de l’intelligence artificielle (IA) et des technologies de rupture, parce que
c’est là que se joue une grande partie de notre avenir économique, scientifique
et stratégique. Au-delà de ces priorités, nous voulons remettre au cœur du
débat des principes simples : la confiance, le refus du déclin, la valorisation
du travail, de l’innovation et de l’investissement dans les générations
futures. La France dispose de tous les atouts pour réussir, à condition de
retrouver la force d’agir et de faire des choix courageux. Cette campagne ne
sera pas celle de la nostalgie, mais celle de l’optimisme, de l’action et de la
préparation de l’avenir.
> Je crois qu’il faut toujours savoir regarder un
bilan avec lucidité. Depuis 2017, des réformes importantes ont été engagées.
Nous avons fait reculer le chômage, renforcé l’attractivité de notre économie,
traversé des crises inédites, modernisé une partie de notre pays et assumé des
choix difficiles dans un contexte exceptionnel. Nous avons également fait
évoluer notre cadre juridique avec, et ce n’est pas une moindre avancée,
l’inscription de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution,
une avancée majeure en matière de droits fondamentaux. Mais la lucidité impose
aussi de reconnaître que le monde a profondément changé. Les attentes des
Français ont évolué, les défis se sont transformés, qu’il s’agisse de la
transition écologique, de la dette publique, de la souveraineté ou encore de la
compétitivité.
Les réponses d’hier ne suffisent plus toujours aux défis de demain. Il ne
s’agit donc pas, à mes yeux, de faire un procès du passé, ni de renier ce qui a
été accompli. Il s’agit d’ouvrir une nouvelle étape. Assumer les réussites,
reconnaître ce qui doit être corrigé et proposer un nouveau projet adapté aux
réalités de 2027.
> [Présidentielle] Je crois qu’il faut d’abord
sortir d’une logique d’appareils. Les Français ne choisiront pas un candidat
parce qu’il est seul dans son espace politique, ils choisiront celui qui leur
paraîtra le plus crédible, le plus solide, le plus capable de répondre à leurs
attentes et aux défis du pays. Il est donc naturel que plusieurs personnalités
portent une ambition et présentent leur projet. C’est même la base de la vie
démocratique. Ce qui serait dangereux, en revanche, ce serait que ces débats se
transforment en affrontements personnels ou en querelles d’ego. Les Français ne
veulent pas de cela. Ils en ont assez. Ils attendent des réponses sur le
pouvoir d’achat, l’école, la sécurité, l’avenir de notre économie ou encore la
transition technologique et écologique.
Depuis le début de cette campagne, Gabriel Attal défend une idée simple : le
rassemblement ne se décrète pas, il se construit. C’est dans cet esprit qu’il a
proposé l’organisation d’un comité de liaison, regroupant les partis Renaissance,
Horizons, le MoDem, l’UDI et le Parti radical. Ce comité s’est déjà réuni à
plusieurs reprises depuis quelques mois. Notre conviction : au moment venu, il
faudra savoir se rassembler. Notre responsabilité collective est de proposer
une alternative crédible face aux extrêmes. Je me permets néanmoins d’insister
sur un point : avant de parler de « bloc central », encore faut-il savoir qui
partage réellement le même socle de valeurs. Le rassemblement ne peut pas être
une simple addition de personnalités ou de partis. Il doit reposer sur des
convictions communes.
À titre personnel, je ne me vois pas mener campagne aux côtés de responsables
qui défendent des positions aussi éloignées des miennes sur des sujets
fondamentaux. Je pense notamment aux droits des femmes, à l’attachement sans
ambiguïté à l’IVG, à l’égalité des droits, au refus des thérapies de
conversion, à notre engagement européen.
> Les Français n’en peuvent plus de voter contre.
Contre les extrêmes. Contre le scénario du pire. Contre les projets de haine et
de division. Gabriel Attal n’est pas candidat pour faire barrage mais pour
redonner espoir aux Français. Nous voulons à tout prix empêcher un duel entre
le RN, aux racines antisémites, et La France insoumise (LFI), qui ont fait de
l’antisémitisme un ressort de leur stratégie politique. Mais je refuse de
considérer ce duel uniquement comme une fatalité. Ce serait précisément céder à
cette logique du déclin et de la résignation que nous combattons. Oui, les
extrêmes progressent depuis plusieurs années. Oui, la colère, les inquiétudes
et parfois la défiance sont profondes. Mais la politique ne consiste pas à
commenter les sondages, elle consiste à offrir une perspective et à convaincre.
Gabriel Attal veut démontrer qu’il existe une autre voie : une voie qui assume
les réformes, qui protège sans promettre l’impossible, qui prépare l’avenir
sans opposer les Français les uns aux autres. C’est pourquoi nous ne voulons
pas mener une campagne défensive, construite uniquement contre les extrêmes.
Les barrages ont leur utilité, mais ils ne suffisent plus. Ce qui fera gagner
demain, c’est un projet qui redonne espoir, qui parle de réussite, de travail,
d’École, de souveraineté, d’innovation, d’écologie et de transmission. Les
électeurs ne se mobiliseront pas par défaut : ils se mobiliseront s’ils
retrouvent une espérance. Le rassemblement que propose Gabriel Attal ne se
limite pas aux formations politiques qui ont gouverné ensemble. Il s’adresse à
tous les Français qui refusent le déclassement, qui veulent préserver notre
modèle républicain et qui croient encore que notre pays peut réussir. Notre
responsabilité est donc de construire un projet suffisamment puissant pour
briser la tenaille entre les extrêmes. Non pas en alimentant la peur, mais en
recréant un mouvement d’adhésion.
Je suis convaincue que la France n’est pas condamnée à choisir entre deux
extrêmes. Elle peut choisir l’action, l’espoir et la préparation de l’avenir, à
condition que nous sachions incarner cette ambition avec clarté, avec courage
et avec constance. Je crois profondément que le peuple Français a la force de
la résistance, et que 2027 le prouvera.
> Le message de Marc Bloch conserve aujourd’hui une
force particulière. Être français ne relève ni d’une origine, ni d’une
religion, ni d’un héritage ethnique : c’est une adhésion à un destin commun, à
des valeurs et à une histoire partagée. C’est cette conception de la Nation
qu’il nous faut réaffirmer face à toutes les formes d’assignation identitaire.
Oui malheureusement, en 2026, nous devons encore rappeler que l’antisémitisme
n’est pas une opinion parmi d’autres : c’est un délit. C’est un poison qui s’attaque
à la République elle-même.
Depuis le 7 octobre 2023, nous avons assisté à une recrudescence insupportable
des actes, des menaces et des intimidations visant nos compatriotes juifs.
Beaucoup aujourd’hui doivent cacher qui ils sont, modifier leurs habitudes et
vivre dans la crainte. C’est inacceptable. La réponse doit d’abord être celle
de la fermeté. Chaque acte antisémite doit être poursuivi, sanctionné et
condamné sans ambiguïté. Il ne peut y avoir ni complaisance, ni relativisme, ni
hiérarchie entre les haines. La République protège chacun de ses enfants avec
la même détermination. Il faut aussi combattre ce que l’on appelle cet «
antisémitisme d’atmosphère ». Oui, l’antisémitisme se banalise. Oui, il tue. Et
s’il progresse aujourd’hui en France, c’est aussi parce qu’il trouve des
relais, des complaisances ou des silences coupables dans une partie du débat
politique.
À l’extrême gauche, les membres de La France insoumise voient l’islamophobie
partout et l’antisémitisme nulle part. En important sur notre sol des conflits
étrangers et en alimentant une lecture communautaire des tensions
internationales, ils contribuent à fracturer notre société. En minimisant, en
relativisant ou en contestant la réalité de la flambée antisémite que connaît
notre pays depuis le 7 octobre 2023, ils affaiblissent notre vigilance
collective et nourrissent un climat où la haine prospère.
À l’extrême droite, le constat est tout aussi préoccupant. Le Rassemblement
national tente depuis plusieurs années un ravalement de façade. Mais ne soyons
pas amnésiques : les faits parlent d’eux-mêmes. Encore en 2023, Jordan Bardella
déclarait ne pas croire que Jean-Marie Le Pen soit antisémite, alors même que
ce dernier a été condamné à six reprises pour des propos antisémites. Ces
déclarations ne relèvent pas de la maladresse, elles traduisent une prise de
position politique. Et les actes ont suivi. Lors des élections législatives de
2024, le Rassemblement national a investi plusieurs candidats ayant diffusé ou
relayé des messages explicitement antisémites. Les fameuses « brebis galeuses »
évoquées par Jordan Bardella. Parmi elles, Joseph Martin qui écrivait fin 2018
que « le gaz a rendu justice aux victimes de la Shoah ». Ce n’était pas une
erreur isolée.
Derrière l’opération de normalisation, les vieux réflexes demeurent. La
responsabilité des représentants politiques est immense. Les mots comptent. Ils
peuvent apaiser, ou fracturer. Pourtant, c’est précisément la promesse
universaliste de notre République, et qui fait la singularité de notre pays,
qui devrait guider notre action. Cela passe notamment par l’École, qui doit
transmettre l’histoire de la Shoah, le sens de la laïcité, le goût du débat et
le respect de l’autre. Le devoir de mémoire doit être expliqué, rappelé et
transmis aux jeunes générations. Les œuvres qui racontent notre histoire et
montrent les conséquences de la haine doivent être pleinement mobilisées comme
outils pédagogiques.
Pieyre-Alexandre Anglade (député)
> J’ai à nouveau voté pour la loi relative au droit à l’aide à mourir. Un
texte équilibré, fondé sur des critères stricts et des garanties indispensables
pour accompagner les personnes concernées. Une avancée pour la dignité, la
liberté et le respect de la volonté de chacun.
Violette Spillebout (députée)
> En commission spéciale sur le projet de loi protection de l’enfance, j'ai
soutenu un amendement afin de mieux protéger les enfants confiés à un membre de
leur famille ou à un tiers digne de confiance.
Lorsqu'un enfant peut être accueilli par un proche, c'est souvent la solution
qui préserve le mieux ses repères, son histoire et ses liens affectifs. Encore
faut-il que le juge dispose rapidement de tous les éléments nécessaires pour
prendre sa décision. Aujourd'hui, lorsque l'évaluation tarde à être transmise,
l'enfant peut rester trop longtemps dans une situation provisoire. Cet
amendement permet au juge de débloquer la situation et précise le contenu
minimal de l'évaluation afin que le délai de trois mois soit réellement
respecté et utile.
Notre objectif est simple : éviter les blocages administratifs et permettre que
les décisions soient prises plus rapidement, toujours dans l'intérêt supérieur
de l'enfant.
Amendement adopté.
> En commission spéciale sur le projet de loi
protection de l’enfance, j'ai défendu l'article 2 du projet de loi sur la
protection de l'enfance en m'appuyant sur la réalité que nous connaissons dans
le Nord.
Les chiffres sont alarmants :
- +28 % d'informations préoccupantes depuis 2021 ;
- +1 750 enfants confiés à l'Aide sociale à l'enfance entre 2021 et 2024 ;
Chaque mois, entre 180 et 200 enfants restent sans solution d'accompagnement.
Face à cette réalité, nous devons donner aux départements les moyens d'agir.
Lorsque des fratries sont déjà connues des services sociaux, que toutes les
évaluations ont été réalisées et que l'intérêt de l'enfant est établi, nous ne
pouvons pas laisser des procédures inutilement longues retarder leur accès à un
cadre de vie stable.
Cet article ne crée aucune automaticité. Il offre simplement aux magistrats et
aux départements des outils supplémentaires, notamment pour faciliter, lorsque
c'est dans l'intérêt de l'enfant, le recours à l'adoption simple. Notre
responsabilité est de protéger les enfants, tout en faisant confiance aux
professionnels qui les accompagnent au quotidien.
> Nous avons réuni le comité de suivi de la
commission d’enquête sur les violences en milieu scolaire, un an après
l’adoption de notre rapport et quelques semaines après l’adoption à l’unanimité
de notre proposition de loi visant à mieux protéger les enfants et à lutter
contre les violences en milieu scolaire.
Merci aux collectifs de victimes, associations, fédérations de parents
d’élèves, syndicats et chercheurs pour leurs contributions. Ensemble, nous
poursuivons ce combat.
> Après 18 ans d’attente des associations de protection de l’enfance, un grand moment d’émotion ce jour à l’Assemblée nationale : j’ai voté pour la proposition de loi qui assure le droit de chaque enfant d’être assisté d’un avocat, lors des audiences des juges des enfants. C’est une avancée significative, un droit extrêmement important pour la protection de tous les enfants de notre pays.
Marie Lebec (députée)
> À l’arrivée d’un enfant, chaque parent doit pouvoir choisir d’être
présent. Le congé supplémentaire de naissance entre en vigueur aujourd’hui.
C'est jusqu’à deux mois de plus pour chaque parent. Une avancée de plus pour
soutenir les familles et l’égalité femmes-hommes.
> La Chine constitue un marché immense et une opportunité majeure pour nos entreprises, notamment pour le Made in France qui y bénéficie d’une forte attractivité. Le partenariat entre Business France et Alibaba ouvre des débouchés concrets et accélère leur accès à ce marché stratégique. Continuons d’accompagner nos entreprises pour renforcer leur présence à l’international !
> La proposition de loi relative à la fin de vie a été adoptée une nouvelle fois à l’Assemblée nationale. Lors de cette troisième lecture, j’ai fait le choix de m’abstenir. Ce vote n’ignore ni les années de réflexion et de travail qui ont précédé ce texte, auxquelles je suis fière d’avoir participé, ni l’espoir qu’il représente pour de nombreux Français. Ce sujet touche à des convictions profondes et à des histoires personnelles souvent douloureuses. Ce texte suscite également des inquiétudes, des peurs et des questionnements que je ne peux pas ignorer. Vous êtes nombreux à m’avoir fait part de vos attentes comme de vos inquiétudes, que ce soit lors de rendez-vous ou par des messages et des courriers. Beaucoup d’entre vous sont également venus suivre les débats à l’Assemblée nationale à mon invitation. Vos actions ont contribué à ma réflexion et je tiens à vous en remercier. Mon abstention n’est pas un renoncement : elle constitue une manière responsable de porter cette part équilibrée du débat. Le 15 juillet, nous serons appelés à nous prononcer définitivement sur ce texte.
Anne Genetet (députée)
> Soutenir le redressement de nos finances, c'est protéger notre
souveraineté et l'avenir de nos enfants. Merci Gabriel Attal d'avoir le courage
de poser ce débat. L'État doit montrer l'exemple mais ce redressement est
l'affaire de tous.
> À Hangzhou, j’ai visité une Dark Factory où les robots produisent presque sans intervention humaine. Face au vieillissement de sa population, la Chine mise sur l’automatisation. La France devra aussi relever ce défi en gardant l’humaine avant la technologie.
Paul Midy (député)
> Préparer l’avenir, c’est refuser de laisser la facture à nos enfants.
La France doit retrouver des comptes publics à l’équilibre : 0% de déficit en
2037. Il est urgent de réformer l’État, simplifier le millefeuille territorial,
réduire la dépense publique et en finir avec les gaspillages. La rigueur
budgétaire n’est pas l’austérité. C’est la condition pour continuer à investir,
financer notre défense, préserver notre souveraineté et transmettre aux
générations futures un pays plus fort, plus libre et plus prospère.
> Il faut maintenir l'ambition du 28ᵉ régime européen ! L'Europe doit défendre trois avancées essentielles : simplifier la création d'entreprise, attirer les talents et permettre à nos start-ups de grandir sur notre continent.
> On ne peut pas bâtir le premier pôle scientifique et technologique d’Europe en fragilisant les communes qui le font vivre. Ce matin, à l’appel du maire d’Orsay, Rémi Darmon, j’étais aux côtés des élus du Plateau de Saclay pour alerter sur une situation préoccupante. Les communes accompagnent le développement de Paris-Saclay, accueillent de nouveaux habitants et investissent dans les écoles, les crèches, les équipements publics et les services de proximité. Elles ont besoin de moyens à la hauteur de ces responsabilités. À Orsay, c’est une baisse de 40% de la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) qui a été annoncée au dernier moment au maire, sans aucune anticipation, et qui pénalise une commune qui contribue pleinement au développement de Paris-Saclay. Bien sûr que toutes les collectivités doivent participer à l’effort de maîtrise des dépenses. Mais pas de cette façon, et pas quand il s’agit d’investir pour le siècle qui vient. Investir dans Paris-Saclay, c’est investir dans un levier pour notre pays pour assurer sa prospérité, faire sa transition écologique et assurer sa souveraineté. Il faut mettre les moyens à la hauteur de l’enjeu. J'apporte tout mon soutien à Rémi Darmon et à l’ensemble des élus qui défendent, avant tout, les habitants, leurs services publics, et l’avenir de notre territoire.
Laure Miller (députée)
> [Editorial : Gouverner c’est choisir] Affaire Lyhanna, passage à
tabac du jeune Louis, canicule... Ce mois de juin aura malheureusement été
marqué par une série d'événements tragiques, auxquels sont aussitôt venues se
greffer des polémiques politiciennes, portées par celles et ceux qui cherchent
à tirer des gains électoraux à court terme de drames puisant souvent leurs
racines dans des défaillances systémiques de long terme. Je suis convaincue que
les Français attendent bien autre chose de leurs élus. Lorsque j'échange avec
les habitants de la circonscription, aucun ne me parle de la sortie saillante
de tel ou tel contre le Premier ministre, aucun ne me demande la tête de tel ou
tel ministre en réponse à un problème de société. Ce qu'on me demande, c' est
de travailler ensemble sur les sujets où
des consensus peuvent être dégagés. C'est, dans ce paysage politique morcelé, de
reléguer enfin nos appartenances partisanes au second plan, pour mettre en
avant des idées qui, dénuées de tout dogmatisme, convergent bien plus souvent qu'
on ne le pense vers des objectifs
communs. C' est ce à quoi je m ' attache, humblement, en proposant des textes
transpartisans. Et le constat est
encourageant : deux d' entre eux ont été
adoptés par l'Assemblée nationale ces derniers
mois. J'encourage donc mes collègues à s'engager dans cette voie, et je sais
que nombre d'entre eux le font déjà,
sans nécessairement attirer les regards médiatiques. Pour conclure, je voudrais
attirer votre attention sur un aspect moins connu du travail parlementaire :
les journées de « niche ». Concrètement, chaque groupe politique dispose d' une
journée par an durant laquelle il est pleinement maître de l'ordre du jour de l'Assemblée,
de 9h à minuit. Si vous voulez vraiment distinguer les groupes et les députés
qui œuvrent à faire avancer le pays de ceux qui instrumentalisent leur mandat
au service de futures ambitions électorales, je vous invite à consulter les
intitulés des textes inscrits à l'ordre du jour de ces niches parlementaires.
Vous y verrez, en toute transparence, les priorités réelles des uns et des
autres : les faits, au-delà des discours.
Charles Rodwell (député)
> Depuis deux ans, la famille de Philippine attend des réponses. Depuis
deux ans, les fautes et les dysfonctionnements administratifs et judiciaires
qui ont conduit au meurtre de Philippine, n’ont toujours pas été publiquement
établis. Cette attente insupportable n’a que trop duré. L’État doit publier
sans délai le rapport d’inspection, demandé légitimement par la famille. Notre
pression collective sera maximale, jusqu’à ce que toute la lumière soit faite
sur ce crime qui, jamais, n’aurait dû avoir lieu dans un État de droit qui
assure la sécurité de ses concitoyens.
Daniel Labaronne (député)
> Un enfant ne devrait jamais affronter seul la justice. Aujourd’hui,
nous avons adopté une avancée majeure : le droit pour chaque mineur concerné
par une mesure d’assistance éducative d’être assisté par un avocat. J’ai voté
pour. Protéger les enfants, c’est agir.
> La fraude n'est plus artisanale, elle est industrielle. Notre réponse ne peut plus être isolée, elle doit être collective, européenne, rapide. C'est le message que j'ai porté aujourd'hui aux Rencontres sur la fraude : coopérer plus vite pour protéger plus efficacement les Français.
> Adoption de l'actualisation de la loi de programmation militaire. Dans un monde où les menaces s'intensifient, la France doit tenir son rang. J'ai voté pour une défense plus forte, des armées mieux équipées et une souveraineté renforcée. Protéger les Français, c'est aussi investir dans nos armées.
Olga Givernet (députée)
> Il existe des souffrances que la médecine ne peut plus apaiser. Face à
ces situations exceptionnelles, notre responsabilité est de donner le choix,
dans un cadre strict et protecteur. J’ai donc voté en faveur de la proposition
de loi relative au droit à l’aide à mourir.
Constance Le Grip (députée)
> Nous avons reçu à l'Assemblée nationale NGO Monitor, un institut de
recherche internationalement reconnu, qui publie régulièrement des recherches
factuelles et des analyses documentées sur des ONG, leurs bailleurs de fond et
autres parties prenantes. Leur dernier rapport, édifiant, est consacré aux
dynamiques d'influence et d'infiltration du Hamas au sein de plusieurs ONG
opérant à Gaza.
> Alors que se termine le 9ième Congrès mondial pour l'abolition de la peine de mort, qui s'est tenu cette année à Paris, je parraine Karim Khojasteh, prisonnier politique iranien condamné à mort par le régime des mollahs et des Gardiens de la Révolution Islamique.
> J'ai pris la parole en commission des Affaires étrangères à l'occasion d'un échange avec des représentants de l'opposition bélarusse en exil, pour réaffirmer avec force mon soutien aux combattants de la liberté au Bélarus ! Nous avons notamment auditionné Mme Alena Prykhodzka, présidente de la commission électorale qui s'est chargée des récentes élections au Conseil de coordination du "Nouveau Bélarus", rassemblant les différents mouvements de l'opposition au régime autoritaire de Loukachenko. Vive le Bélarus libre et démocratique !
> Comme je m'y étais engagée, j'ai voté contre la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir. Je l'avais déjà fait lors des précédentes lectures. Ce texte introduit une rupture avec la philosophie du soin et les principes éthiques sur lesquels repose notre pacte social. De surcroît, je crains fort qu'il ne fragilise le développement des soins palliatifs, qui me semble devoir être la priorité absolue.
> Le Groupe d'études de l'Assemblée nationale contre l'antisémitisme, que je préside, a auditionné aujourd'hui le collectif Nous vivrons. Bilan de l'antisémitisme en 2025 dans notre pays, mobilisation et actions à venir, «fresque de l'antisémitisme», propositions de nature législative ou réglementaire : l'engagement tous azimuts et sur le terrain des militantes et militants de Nous vivrons est à saluer et à soutenir !
● MoDem
François Bayrou (président)
> Si l’on excepte les deux
guerres mondiales et la guerre d’Algérie , c’est bien l’épreuve la plus
grave que nous ayons à affronter – d’où le titre de mon livre, Alerte sur la
France qui vient. Personne, dans le monde politique, ne mesure ce qui nous
attend, ni ne veut le mesurer. Depuis que j’ai lancé ma campagne sur la
dette , les Français en ont tout au plus une idée vague. Ils pensent que c’est
préoccupant, mais pas urgent. Nous sommes pourtant, aujourd’hui même, dans ce
que j’appelle la dévitalisation du pays. Ses ressources, sa capacité de
travail, son intelligence, ses inventions seront captées par l’obligation de
payer à nos créanciers les intérêts de cette dette.
Or ces créanciers sont étrangers, pour près de 60 %. L’année prochaine, la
totalité de l’impôt sur le revenu payé par tous nos compatriotes ne suffira pas
à couvrir les seuls intérêts de la dette. Je ne sais pas si l’on mesure ce que
représente cette hémorragie de ce qui fait la substance du pays, au moment même
où nous aurions tant besoin de cet argent pour affronter les grandes mutations
qui viennent. Je crois être le premier à décrire aussi précisément le mécanisme
de la dette et ses conséquences. Je raconte aussi, dans ce livre, mon passage à
Matignon. Après avoir fait baisser le déficit de la France de plus de 0,70
point – baisse que l’on n’avait pas connue depuis plus de dix ans –, j’ai voulu
engager une véritable épreuve de vérité sur la dette. Les partis politiques ont
refusé de me suivre. Ils préfèrent ignorer la réalité sur ce sujet, comme sur
tant d’autres.
> Il
y a, dans ce livre, un chapitre que je crois essentiel sur l’immigration et la
coexistence. Mais j’ai avec Éric Zemmour une différence majeure. Son
raisonnement conduit à la guerre civile. Je pense même qu’il y songe, pour dire
la vérité – je le connais depuis longtemps, je suis ses déclarations. Au bout
de son chemin, il y a un peuple qui nous envahirait. Si tel est le cas, que
faire ? Sa réponse est la « remigration », c’est-à-dire obliger ces
personnes à partir. Mais si l’on croit pouvoir dire à des Français qui, pour
beaucoup d’entre eux, détiennent cette nationalité depuis trois ou quatre
générations, qu’ils doivent partir, il n’y a que deux issues possibles. La
première est la guerre civile. La seconde est l’essor d’acteurs dotés d’une
stratégie très réfléchie en matière d’immigration : La France insoumise et
Jean-Luc Mélenchon.
S’ils le pouvaient, ils allumeraient chaque jour des cierges pour qu’Éric
Zemmour continue de dire que ces Français-là devront partir. En effet, pensez à
ceux à qui l’on dit : « Bien que vous soyez des Français en règle – et non des
Français de papier –, bien que vous soyez des Français de nationalité, de
droit, de service, vous devez partir ». Ils se rassembleront en se déclarant :
« La nouvelle France, c’est nous ! » Le moment que nous vivons est crucial
– c’est pour cela que j’y consacre quarante pages dans mon livre. J’estime, en
effet, que nous nous situons à un carrefour. Cette appropriation du débat par
les frères siamois que sont Éric Zemmour d’un côté et Jean-Luc Mélenchon de
l’autre – les deux faces d’une même médaille, qui emploient d’ailleurs presque
les mêmes mots, « France éternelle » contre « Nouvelle France » – laisse
entendre que l’on va faire partir certaines personnes, et les Juifs aussi. Je
le dis parce que, cette semaine, Jean-Luc Mélenchon a prononcé un discours dans
lequel, pour qui l’écoute bien, ce qu’il insinue à l’intention de certaines
populations est très clair. Cette logique favorise incroyablement l’extrême
gauche, ainsi que le « On est chez nous » que l’on entend crier dans toutes les
tribunes de rugby.
> Premièrement
: la dette nous condamne à quelque chose de terrible, une impuissance publique
générale, à laquelle nous ne pourrons pas échapper. Deuxièmement : qui en
seront les principales victimes ? Les jeunes, car il y aura derrière tout
cela une véritable guerre de générations. Troisièmement : ces jeunes devront
affronter un monde devenu infiniment plus difficile.
Cela est dû au fait qu’une violence incroyable y règne, à tous égards. Par
exemple, sur les réseaux sociaux, on assiste à un affrontement généralisé.
Certains déversent leur haine sur chaque événement et sur chaque personnalité
qui émerge. Ils lancent presque des appels au meurtre. En outre, cela pose la
question essentielle du pluralisme, et notamment du pluralisme culturel au sein
d’un même pays. C’est la question de l’immigration. Elle consiste à se demander
si nous pourrons vivre ensemble. Mon affirmation est simple : nous allons
devoir vivre ensemble ! En effet, à quoi nous mènerait la guerre civile,
dont je soutiens qu’Éric Zemmour est le promoteur ? À la mort de la
France.
> Sur les 1000 milliards que nous avons empruntés, 500 sont partis vers les retraites. J’ai, à cet égard, été le premier, en tant que haut-commissaire au Plan, à montrer que les cotisations ne couvrent que 70 à 80 % des pensions, l’État finançant le reste.
> Il est nécessaire de faire des économies partout, bien que ce ne soit pas qu’une question d’économies. Il faut surtout rendre l’action publique plus efficace, car elle est devenue, depuis des décennies, largement inefficace.
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à
l’Assemblée nationale)
> 2025 : la gauche fait tomber le gouvernement, puis s'enorgueillit d'avoir
obtenu la suspension de la réforme et la réindexation de toutes les retraites,
même les plus élevées. Coût : +4 Mds€. 2026 : elle s'indigne de la baisse de 2
Mds€ du Fonds vert, qu'elle conspuait jadis. Choisir les retraites
d'aujourd'hui contre le climat de demain, c'est toujours sacrifier l’avenir des
générations futures.
> La loi d'urgence agricole apporte des réponses attendues : eau, bâtiment, loup, etc. Mais ces avancées seront condamnées si le Sénat s’arc-boute sur la réintroduction de l’acétamipride, contrairement à tous les engagements pris. Tout excès nous empêchera de trouver une majorité à l'Assemblée nationale ni dans le pays. Or, nous devons œuvrer à la réconciliation. J’alerte : nous ne pouvons sacrifier des avancées concrètes pour un sujet devenu totem pour les uns, comme pour les autres !
Erwan Balanant (député)
> On s'appelle Mouvement Démocrate parce que nous sommes sûrs que la
démocratie est la meilleure des façons de faire vivre un peuple ensemble.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
> Les petits colis se déversent en quantité colossale dans l’Union
européenne. En 2024, c’était 4,6 milliards de colis d’une valeur inférieure à
150 euros qui entraient sur le territoire européen. C’est trois fois plus qu’en
2022. Les produits importés, souvent venus de plateformes d’e-commerce comme
Shein, AliExpress ou Temu, inondent notre marché en surfant sur une concurrence
déloyale aux répercussions néfastes pour nos petits commerces et notre
artisanat européen. Ce sont aussi des produits qui ne respectent pas toujours
les normes européennes et qui peuvent donc être dangereux pour la santé des
consommateurs. L’Europe se devait d’agir pour protéger les Européens, leur
santé et leurs emplois mais aussi les entreprises européennes. C’est pourquoi
l’UE a mis en place un droit de douane européen de 3 euros, applicable depuis
aujourd’hui, dans les 27 États membres de l’UE. Une taxe harmonisée et donc bien
plus efficace que des mesures nationales. Cette avancée, portée par la France,
est une victoire ! Prochaine étape : dès 2028, ces plateformes pourront être
sanctionnées à hauteur de 6 % de la valeur des importations annuelles en cas de
produits non-conformes à nos standards européens. C’est la nouvelle Autorité
douanière européenne, basée à Lille, qui assurera la coordination entre les
pays européens pour des contrôles efficaces. Nous mettons fin à l’impunité de
ces plateformes. Nous protégeons les Européens.
Pascal Canfin (député)
> Je me suis rendu chez Doctolib
pour échanger avec les équipes sur la souveraineté technologique, la place de
l'IA dans la santé et le rôle de l'Europe dans cette chaîne de valeur
globalisée.
Doctolib est une pépite made in France qui devient un acteur de référence en
Europe, aujourd'hui présent en Allemagne, au Royaume-Uni et en Italie.
C'est exactement ce que nous voulons permettre avec EU Inc, texte dont je suis
négociateur pour Renew Europe: donner à nos entreprises nationales les moyens
de devenir des champions européens, en simplifiant leur accès au marché unique
européen.
Jérémy Decerle (député)
> Nous avons besoin pour cette PAC d'engagements politiques courageux,
forts et respectés pour redonner des perspectives aux agriculteurs et
transmettre l’envie aux jeunes générations d'exercer ce magnifique métier. Leur
faciliter l'installation c’est leur donner les moyens de s'engager durablement
pour l'agriculture.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Et certains voudraient ralentir sur la montée en puissance des voitures
électriques ! Ce serait une double faute : une faute écologique et une faute
industrielle. Il est urgent de relancer le leasing social, que je suis fier
d’avoir lancé en 2023.
> La loi des grandes options : pour une nouvelle planification
à la française
1. Le temps des choix
Il y a un paradoxe que nos concitoyens expriment en France plus qu’ailleurs :
leur vie quotidienne leur semble stable, leur avenir collectif, en péril.
Interrogés sur le devenir du pays, ils décrivent leur quotidien de 2050 dans
une forme de continuité, voire de routine : les voitures, les maisons
individuelles, les cinémas, tout cela sera encore là. Sur le plan politique,
c’est la stabilité, voire un optimisme prudent qui prévaut : 75 % pensent que
la démocratie organisera toujours nos choix par l’élection, autant que l’Union
européenne existera toujours en 2050. Mais sur le plan social, un pessimisme radical
l’emporte : 73 % des Français considèrent que le système de retraite par répartition
aura disparu, 64 % que la Sécurité sociale n’existera plus dans sa forme actuelle1.
Stabilité du quotidien, confiance dans nos institutions politiques, mais effondrement
annoncé du collectif, au sens du modèle social : c’est l’horizon que nos
concitoyens imaginent pour eux-mêmes et leurs enfants. Non pas une catastrophe,
mais une érosion silencieuse de ce qui nous tient ensemble. Ce fossé entre la
vie ordinaire et le destin commun est peut-être le signe le plus révélateur de
notre époque. Nous n’avons jamais autant parlé de changement et d’avenir :
transition écologique, intelligence artificielle, vieillissement démographique,
réarmement, menace sur les démocraties. Sous cette effervescence de surface, ou
à cause d’elle, quelque chose résiste : une difficulté croissante à se projeter
collectivement, à transformer la conscience des défis en décisions durables, à
tenir un cap dans la durée. C’est de ce constat qu’est né le projet « France
2035, France 2050 », conduit par le Haut-commissariat à la Stratégie et au
Plan. Dans la lignée historique des grands exercices de prospective nationale –
de Pierre Massé à Jean Pisani-Ferry, du Commissariat général du Plan à France
Stratégie –, j’ai souhaité renouer avec une ambition que la France a longtemps
incarnée mieux qu’aucune autre démocratie : celle de penser l’avenir du pays à
l’horizon d’une génération, non pour le prédire mais pour se donner les moyens
de l’orienter et de l’infléchir, d’agir en conscience aujourd’hui. Pendant dix
mois, le Plan a réuni experts, personnalités du monde économique et social,
représentants de l’administration, artistes et écrivains pour tracer un cap pour
la France à deux horizons : 2035 et 2050, à travers dix grands chapitres – de l’économie
à la démographie, de la défense à la démocratie. Vieillissement de la population,
rapport au risque, fracture territoriale, dépendances stratégiques : ce travail
dresse un tableau sans concession de la France qui vient, mais aussi de ses atouts
pour l’affronter. Dix chapitres thématiques. Une consultation citoyenne organisée
avec le Conseil économique, social et environnemental. Des contributions de
jeunes élèves ou étudiants. Plus d’une centaine de personnes mobilisées. Le
rapport qui en résultera sera remis au président de la République et publié par
le Plan dans les prochaines semaines, avant de paraître en librairie, à l’automne,
aux éditions Tallandier. Sans déflorer l’ensemble des analyses à venir, j’en
retiens un constat qui traverse l’ensemble de ce travail : la France entre dans
une période d’arbitrages qui ne peuvent être ni contournés ni reportés. Les
grandes transitions qui la traversent – démographique, écologique,
technologique, stratégique – sont simultanées, et les ressources pour les
conduire toutes en même temps n’existent pas. Face à cette réalité, la France
n’est pourtant pas démunie. Ce rapport décrit une France capable, forte, qui
dispose des atouts pour surmonter tous les défis face à elle : une tradition
industrielle et des savoir-faire préservés, une recherche de rang mondial, des
institutions stables et une administration de haut niveau, une jeunesse mobile
et formée, un territoire vaste et divers, une influence forte sur la scène
européenne et une place dans les enceintes où se décide l’ordre du monde. Ces
atouts ne garantissent rien, mais ils rendent tout possible. À condition d’être
lucide sur les choix à faire et résolu à les mettre en œuvre. Elle l’a
d’ailleurs déjà prouvé, dans des circonstances bien plus difficiles. Rappelons qu’en
1946, la France du premier Plan quinquennal, celui de l’après-guerre, vivait encore
sous le rationnement, au milieu des ruines. Elle sortait de l’Occupation, de l’humiliation,
des destructions. Elle a pourtant choisi l’ardente obligation plutôt que
l’étrange défaite, la reconstruction plutôt que la gestion du déclin. Nous n’avons
pas d’excuse de ne pas en faire autant. Cette résolution s’est incarnée dans un
instrument précis : la planification indicative à la française. C’est cet
instrument que la France a, par étapes, démantelé, et c’est avec lui qu’il nous
faut aujourd’hui renouer, en le réinventant à la mesure des transformations de
notre temps.
2. Le morcellement de la planification française
Les premiers plans quinquennaux ont joué un rôle décisif dans la reconstruction
du pays, sa modernisation industrielle, l’aménagement de son territoire,
l’essor de ses grandes infrastructures, la construction de notre modèle social.
Ils ne furent pas seulement des instruments techniques. Ils incarnèrent une
certaine conception de l’action publique : la conviction que les grandes
transformations exigent une vision d’ensemble pour le pays, des arbitrages
forts, des priorités assumées et une continuité dans l’effort. Au fil des
décennies, sous l’effet conjugué de la construction européenne, de la décentralisation
et des privatisations, la France a progressivement perdu une partie de cette
capacité. Cette difficulté n’est pas le fruit du hasard ou d’une simple négligence.
Elle est, pour une part, le résultat d’un choix intellectuel et politique assumé.
Non sans raisons : la planification à la française avait elle-même montré ses
limites, et les années 1980 semblaient lui donner tort sur presque tous les
fronts. Pendant trois décennies, de la fin des années 1970 au choc financier de
2008, la confiance dans les mécanismes de marché, l’ouverture des économies et l’intégration
européenne ont conduit à considérer que nombre d’ajustements pouvaient être
laissés aux acteurs économiques seuls. Planifier paraissait largement inutile,
désuet, voire présomptueux. Anticiper risquait d’être perçu comme une forme
d’intervention excessive. L’État devait plutôt chercher à se retirer, réguler à
la marge, laisser les marchés allouer les ressources mieux qu’il ne saurait
lui-même le faire. Cette vision a produit des résultats réels. Elle a aussi
produit des angles morts. La désindustrialisation silencieuse de pans entiers
du territoire, les déserts médicaux, la dépendance technologique : autant de
conséquences prévisibles d’un État qui avait cessé de penser à voix haute et en
chœur son propre avenir industriel et stratégique. Le paradoxe est saisissant :
nous planifions en apparence davantage aujourd’hui qu’il y a quarante ans.
Stratégie nationale bas-carbone, programmation pluriannuelle de l’énergie, lois
de programmation militaire, stratégies nationales de recherche, contrats de
filière, engagements européens : la France n’a jamais produit autant de
documents destinés à préparer l’avenir. Et pourtant, jamais peut-être nous
n’avons autant donné le sentiment de courir derrière les événements. Le
problème n’est donc pas l’absence de planification. C’est son morcellement. À
force de multiplier les stratégies, nous avons perdu la stratégie. À force de
juxtaposer les objectifs, nous avons cessé de les hiérarchiser. À force de vouloir
tout faire, nous peinons à agir.
3. Une loi des grandes options
Ce que nous proposons ici n’est pas un retour en arrière. Ce n’est ni une lubie
ni une nostalgie. C’est la reconnaissance d’une réalité simple : certains
choix, ceux dont les effets ne se mesurent qu’à l’échelle d’une génération,
n’ont pas d’autre gardien que la puissance publique. Non parce que l’État
saurait mieux que les autres, mais parce qu’il est le seul acteur à pouvoir
rassembler les idées, les forces, les horizons de temps. Il peut à cet égard le
meilleur ou le pire : obsédé par l’urgence, le buzz, les sondages d’opinion, ou
concentré sur l’intérêt général et le temps long. Le temps long n’est pourtant
pas l’opposé de l’urgence ou de la nécessaire gestion des crises ; l’attachement
au temps long n’est pas le mépris du temps court. Mais il ne doit pas être
écrasé ou effacé par les enjeux de l’instant. Un pays a besoin d’un cap, ses entreprises
ont besoin de visibilité pour investir, ses territoires ont besoin de cohérence
pour se projeter. Mais ce cap doit pouvoir s’ajuster sans se perdre, car les crises
seront plus nombreuses et les transitions plus rapides. Ce qui fait aujourd’hui
défaut, c’est le moment où les analyses se transforment en engagements
politiques assumés, hiérarchisés, publiquement débattus. Ce qui manque, ce sont
des arbitrages, des priorités, de la stabilité. Ce verrou n’est pas technique
mais démocratique. C’est pourquoi la réponse ne peut pas être une institution
de plus : elle doit être un acte législatif. Un moment où la représentation nationale
dit explicitement ce qu’elle choisit, et ce à quoi elle renonce. C’est pourquoi
la France pourrait se doter, à nouveau, d’un rendez-vous régulier : une loi
quinquennale des grandes options, débattue et votée au Parlement au début de
chaque mandat présidentiel et législatif. Le cadre existe : la loi de 1982 permet
toujours l’adoption d’une loi fixant, pour cinq ans, les grandes orientations stratégiques
de la Nation. Adossée à un rapport stratégique, elle permettrait de structurer
le débat démocratique, d’éclairer les arbitrages du quinquennat à venir et de
redonner de la cohérence à l’action publique. Son objet ne serait pas de détailler
l’ensemble de l’action gouvernementale, mais de répondre à une question simple
: quelles sont les priorités de la France ? Politique énergétique et
climatique, soutien à l’innovation, effort de défense, transition
démographique, aménagement du territoire : autant de domaines où un cap assumé,
fixé démocratiquement, change la nature de l’action publique. Ce cap, beaucoup
d’acteurs économiques l’ont déjà, quand l’État en manque encore. Lorsque j’ai
pris mes fonctions de Haut-commissaire, j’ai été frappé par le nombre de
dirigeants d’entreprise qui m’ont contacté pour échanger sur les grandes
tendances de long terme et leurs implications pour leur secteur. Nombre d’entre
eux planifient à dix ou vingt ans, avec une rigueur que l’État peine parfois à
s’imposer à lui-même ; il lui revient de leur offrir, enfin, la même visibilité
en retour, en stabilisant les grands choix politiques, budgétaires,
réglementaires ou fiscaux, bien au-delà de l’année en cours. Cette proposition
n’est pas sans précédent. La France a déjà, par touches successives, développé
de nombreux instruments de programmation. Les lois de programmation militaire
offrent aux armées et aux industriels une visibilité pluriannuelle sur les
priorités de défense. Les lois de programmation des finances publiques
cherchent à inscrire les choix budgétaires dans une trajectoire de moyen terme.
Les lois Grenelle ont montré qu’un débat national approfondi pouvait déboucher
sur des orientations écologiques largement partagées. Ce qui manque aujourd’hui
n’est donc pas l’expérience de la programmation sectorielle. C’est l’échelon
qui permet d’ordonner les priorités, d’arbitrer entre les trajectoires et de les
inscrire dans une cohérence d’ensemble. Un rôle que seul un échelon interministériel,
placé sous l’autorité du Premier ministre comme l’est le Plan depuis 1946, peut
assumer. La loi des grandes options rendrait caduques la plupart des lois sectorielles,
trop nombreuses et mal respectées, qui sont devenues le plus souvent des lois
d’affichage. Elle permettrait aussi de traiter les grandes transformations de société,
comme la démographie, qui commande tout à la fois la carte scolaire, le financement
des retraites ou encore les tensions de recrutement, dans la fonction publique
comme dans l’armée. La France ne serait d’ailleurs pas isolée en la matière. Le
Portugal pratique depuis les années 1990 une Lei das Grandes Opções votée par
le Parlement, qui fixe pour quatre à cinq ans les grandes orientations
stratégiques de la Nation. L’Australie publie depuis 2002 un rapport
intergénérationnel qui projette à quarante ans l’évolution de son économie et
de ses finances publiques. L’Espagne s’est dotée en 2020 d’un organisme de
prospective stratégique rattaché directement au chef du gouvernement et chargé
d’éclairer ses choix de long terme. D’autres démocraties européennes
s’interrogent sur des dispositifs comparables. La question n’est pas franco-française
: elle est commune à toutes les démocraties qui cherchent à tenir un cap dans
un monde qui change plus vite que les habitudes nationales. On nous objectera
que, dans un contexte de défiance croissante envers les institutions, une telle
loi risque de n’être qu’un instrument de plus que les gouvernants s’imposent à
eux-mêmes, sans vraiment s’y tenir. Un document solennel promis à l’oubli sitôt
le débat d’inauguration passé. L’objection est sérieuse. Elle appelle deux
réponses. La première tient à la méthode. La légitimité de la loi dépend moins
de la manière dont elle est votée que de la manière dont elle est construite.
C’est précisément là que la tradition du Plan offre un modèle éprouvé : non pas
une consultation formelle en aval des arbitrages, mais un processus organisé –
réunissant élus, entreprises, syndicats, experts, société civile… – en amont et
comme condition de la décision. Ce que le Plan permettait, dans sa grande
période, c’est que les acteurs qui allaient mettre en œuvre les choix
collectifs participent à les former. La loi des grandes options ne trouverait
sa légitimité réelle que si elle était précédée d’un tel processus, ouvert,
accueillant de multiples idées avant de les filtrer, de les sélectionner et de
les ordonner dans un plan remis au Premier ministre. La seconde est politique.
La défiance démocratique ne naît pas principalement des objectifs fixés, mais
des promesses non tenues et des arbitrages que l’on a préféré taire. Une loi
qui hiérarchise explicitement – qui dit non seulement ce que la France choisit
de faire, mais ce à quoi elle renonce –, assortie d’indicateurs publics et
d’une évaluation annuelle devant le Parlement, change la nature du contrat
entre gouvernants et gouvernés. Ce n’est plus une promesse de bonne volonté
mais un engagement mesurable. La défiance ne disparaît pas par décret, mais
elle s’érode lorsque les priorités sont explicitées, les engagements pris peuvent
être vérifiés, et lorsque le manquement à ces engagements devient politiquement
coûteux. Dans une démocratie où les majorités absolues deviennent plus rares,
cette loi pourrait également devenir un instrument de stabilisation politique.
Les partenaires appelés à gouverner ensemble s’engageraient sur une trajectoire
commune, quelques priorités partagées et des objectifs explicites. Autrement
dit, la pluriannualité n’est pas seulement un instrument de bonne gestion mais
aussi un outil de stabilisation démocratique : dans un paysage politique marqué
par la fin du fait majoritaire, elle permet de substituer à la renégociation
permanente, ou aux votes de hasard, un véritable contrat de législature.
4. Une chaîne du temps long
Cette loi constituerait le sommet d’une véritable chaîne du temps long. De ses grandes
orientations découleraient une loi-cadre des finances publiques impérative,
engageant le gouvernement sur une trajectoire et des priorités pluriannuelles,
et s’imposant aux budgets annuels, qui s’effaceraient largement. Cela
suppléerait aux lois de programmation sectorielles actuelles, qui ne contraignent
pas le législateur et dont l’addition, assortie d’engagements financiers peu
réalistes, les conduit à une caducité quasi immédiate. Précisément parce qu’elle
serait impérative, cette loi-cadre financière supposerait une révision constitutionnelle
– la piste avait déjà été avancée en 2011 et fait l’objet d’un vote dans les
deux chambres. De quoi substituer enfin, à l’affichage actuel, une véritable programmation
financière des priorités, cohérente et lisible, et donner la priorité à
l’investissement. Ces orientations se déclineraient ensuite dans des feuilles
de route ministérielles : chaque membre du gouvernement recevrait ainsi du
Premier ministre les objectifs directement issus des choix fixés
collectivement. Quatre ou cinq priorités claires, sur trois à cinq ans. Sur
cette base, les directeurs d’administration centrale seraient nommés – tous
reconduits ou changés en début de mandat – avec une lettre de mission de leur
ministre déclinant ces objectifs. La logique se prolongerait enfin dans tout le
territoire, par deux canaux distincts : les services déconcentrés de l’État
lorsque la compétence lui revient d’une part ; possiblement les contrats pluriannuels
avec les collectivités territoriales, à l’image des contrats de plan État- région,
d’autre part. Pour que les engagements de l’État à l’égard des collectivités, notamment
financiers, soient plus précis et plus stables. L’enjeu n’est pas de créer un
machin supplémentaire ; il est d’en supprimer beaucoup ! Il est surtout de
redonner une architecture d’ensemble et lisible à des instruments aujourd’hui
dispersés. Aligner l’action publique, mettre fin au sentiment de zigzag,
d’impuissance publique qui nourrit la défiance, la colère et le populisme. La
loi des grandes options constituerait la colonne vertébrale de l’action
publique, le point d’appui à partir duquel les différentes stratégies sectorielles
pourraient s’articuler et cesser de fonctionner comme des constructions
séparées. La même logique vaut à l’échelle européenne. Avec une exigence supplémentaire,
celle de la cohérence entre vingt-sept agendas nationaux. Un plan septennal,
adossé au prochain cadre financier pluriannuel pour la période 2028-2034,
pourrait fixer un nombre limité de priorités stratégiques communes avec des
moyens identifiés et des objectifs mesurables. Le Conseil européen en définirait
les orientations, la Commission en assurerait la mise en œuvre. Débattu au
Parlement européen, il donnerait à l’action de la Commission une solidité
politique que les traités seuls ne lui confèrent pas.
5. La leçon des autres puissances
« Nous n’avons que le choix entre les changements dans lesquels nous serons entraînés
et ceux que nous aurons su vouloir et accomplir », écrivait Jean Monnet. Le
défi du XXIe siècle n’est plus de reconstruire un pays détruit par la guerre.
Il est de conduire simultanément, dans une démocratie ouverte, européenne et décentralisée,
des transitions dont les effets ne se mesureront qu’à l’horizon d’une génération,
et dont les décisions structurantes doivent pourtant être prises maintenant.
C’est précisément ce type de défi que le court terme ne peut pas résoudre, et
que seule la maîtrise du temps long permet d’affronter. Les autres grandes
puissances l’ont compris, chacune à leur manière. La Chine a fait du plan
quinquennal un instrument central de sa spectaculaire montée en puissance
industrielle et technologique ; les États-Unis ont redécouvert la vertu des grands
programmes d’investissement public sur dix ou vingt ans. Et leurs agences fédérales
– comme la NASA ou la DARPA – n’ont en fait jamais abandonné la planification,
le soutien public et l’engagement pluriannuel. Sans calquer leurs modèles, il
serait imprudent d’ignorer ce que la cohérence stratégique et la continuité
dans l’action permettent d’accomplir.
L’histoire de France en témoigne aussi. Le Plan d’après-guerre, celui de
Monnet, puis de Massé, a montré qu’une démocratie pouvait se donner une vision
et la tenir. Les Trente Glorieuses ne se sont pas construites dans
l’improvisation. Elles ont été le fruit d’une volonté collective délibérée,
inscrite dans des priorités assumées et des institutions capables de les porter
dans la durée. Les démocraties ne sont pas condamnées au court-termisme, pas
plus qu’elles ne sont condamnées à la faiblesse, face aux régimes autoritaires.
Oui, il est possible de combiner démocratie et planification, liberté de choix
et stabilité dans l’action. Jacques Delors définissait le Plan comme un «
carrefour » et une « boîte nationale à idées ». C’est cette ambition que «
France 2035, France 2050 » a voulu ranimer. « Les pays qui réfléchissent à leur
avenir sont en avance sur les autres », disait François Mitterrand. La
planification démocratique n’est pas une anomalie française : elle est, dans un
monde redevenu compétitif et conflictuel, l’une des conditions de la
souveraineté. Non pas une contrainte, mais une promesse : celle de ne pas subir
son avenir pour le penser et l’organiser collectivement.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Soutenir les parents, c’est protéger les enfants. La parentalité ne doit
plus être un parcours d’obstacles mais un accompagnement à chaque étape de la
vie de l’enfant. Les propositions présentées nourriront une feuille de route
ambitieuse dès la rentrée.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Les commentaires anonymes ne sont pas publiés ainsi que ceux qui seraient insultants ou qui ne concernent pas le Centre et le Centrisme.