mardi 28 mai 2019

L’Humeur du Centriste. L’UDI sait (et nous savons) ce qu’elle vaut: 2,5%!

Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI
Le croirez-vous? Cela fait sept ans que l’UDI existe et c’est la première fois, pour les élections européennes, que la formation centriste est allée seule à une élection.
Car, voyez vous, l’UDI a toujours eu un peu peur de se compter et on comprend pourquoi aujourd’hui avec ses malheureux 2,5% de voix!
Et encore, c’est un bon résultat par rapport à ce qui lui promettaient les sondages.
Lors des précédentes européennes, en 2014, l’angoisse de se prendre une claque retentissante avait amené son président d’alors, Jean Louis Borloo, à conclure une alliance avec le Mouvement démocrate de François Bayrou – qui avait lui aussi un peu la même crainte – dans une alliance aussi baroque qu’éphémère, L’Alternative (à quoi, on ne saura vraiment jamais…).
Mais, que ce soient pour les législatives, pour les régionales, pour les municipales, l’UDI n’a jamais osé aller seule à la bataille.
Et, en 2017, malgré les promesses de son président, Jean-Christophe Lagarde, elle s’était bien gardée d’aller voir ce qu’elle valait lors des présidentielles, comme le font tout parti qui se respecte et qui prétend incarner une vision propre, et avait préféré s’allier avec le triste sire François Fillon, c’est dire sa peur de son éventuel score.
Il faut dire que le précédent parti où Lagarde officiait en tant que vice-président, Le nouveau centre, n’avait, lui aussi, en cinq années d’existence, jamais osé se présenter seul à une élection.
Tout juste son président, le pathétique Hervé Morin, avait annoncé son intention de se présenter à la présidentielle de 2012 mais n’avait jamais réussi à dépasser les 1% dans les sondages et n’avaient même pas réussi à obtenir les signatures nécessaires auprès de son propre parti pour officialiser sa candidature.
Oui, mais pour ces européennes de 2019, ledit Lagarde avait pris une décision «historique», l’UDI allait au combat seule, forte de ses idées, de ses convictions, de ses valeurs et sûre de représenter seule le «centre indépendant».
Quoique la vérité soit un peu différente…
En réalité, l’UDI n’avait guère le choix.
D’une part, en critiquant sans cesse le Président de la République, le Gouvernement et la majorité présidentielle, elle ne pouvait espérer être sur la liste Renaissance et sauver les meubles avec un ou deux élus et la chance encore une fois de ne pas se compter devant le pays.
D’autre part, en ayant comparé Laurent Wauquiez à Marine Le Pen, il était difficile pour le président de l’UDI de nouer alliance avec le président de LR, il y a quand même des limites.
Mais, l’option d’y aller seule n’était pas vraiment une heureuse nouvelle pour l’UDI.
D’ailleurs, en annonçant leur intention de faire une liste, ses dirigeants ont martelé pendant des mois qu’il ne s’agirait pas d’une liste UDI mais d’une coalition «très large» allant de la social-démocratie à la droite libérale progressiste dans une alliance qui allait tout bousculer sur son passage.
Et, nous promettait alors Lagarde, on allait voir ce qu’on allait voir avec le ralliement de «personnalités» de «premier plan» qui seraient candidats sur cette liste.
En fait de stars de la politique, on eu, en raclant bien les fonds de tiroir, la seule et totalement inconnue du grand public, Nora Berra, ancienne et obscure secrétaire d’Etat de Sarkozy qui doit encore se demander ce qu’elle est allée faire dans cette galère.
Il faut dire que les sondages de la liste qui allait être baptisée Les Européens n’étaient pas très alléchants pour que d’éventuelles grosses pointures face acte de candidature.
Oscillant ente 1% et 2,5%, parfois mais très rarement atteignant les 3% et une fois les 4%, les intentions de vote n’étaient guère au rendez-vous.
Cette liste était tellement plombée que même le créateur de l’UDI, Jean-Louis Borloo ne l’a pas soutenu.
Et pour tenter de l’associer quand même, tout en voulant instrumentaliser une grande centriste, on a fait parler une morte, Simone Veil, -que l’on s’est approprié en rappelant que c’est dans son salon et en compagnie de Borloo que l’UDI avait été créé et qu’elle avait eu sa carte portant le numéro un (mais en oubliant de dire qu’elle n’avait jamais milité pour le parti et qu’elle l’avait fait uniquement par amitié à Borloo).
Lagarde a même essayé de s’approprier le socialiste Jacques Delors, un comble pour une liste qui se présentait in fine comme celle du centre et de la droite progressistes!
Mais rien n’y a fait auprès de Français et de centristes vraiment peu intéressés d’accorder leurs voix à ce qui apparaissait comme une entreprise politicienne, plus occupée à s’en prendre sans nuance à d’autres centristes (LREM, MoDem, Mouvement radical) et même des alliés (Agir), tous sur la liste Renaissance, qu’à proposer un avenir européen quelconque, voire à critiquer les ennemis de l’Union européenne comme le Rassemblement national.
Or donc, le bilan de la candidature de l’UDI aux européennes du fait de la volonté du seul Jean-Christophe Lagarde est un flop complet.
Et pas seulement pour cette élection.
Car Lagarde et ses proches martèlent depuis 2017, qu’en termes d’élus nationaux, l’UDI est la quatrième formation derrière LREM, LR, le PS et le MoDem.
Or, il faudra qu’ils nous expliquent comment on peut revendiquer d’être un grand parti quand on fait 2,5% des voix et qu’on se retrouve en huitième position lors de ces européennes avec 0,01% de plus que le Parti communiste et 0,33% de mieux que le Parti animaliste!
C’est bien et uniquement parce qu’il s’agit d’une formation satellisée (en l’occurrence à l’UMP puis à LR lors de toutes les dernières élections) qu’elle peut se gargariser d’un nombre d’élus démesuré par rapport à ce qu’elle représente dans l’électorat, ce que l’on sait maintenant avec précision...
Mais, en écoutant parler Jean-Christophe Lagarde après les résultats, on a bien compris qu’il n’en tirerait aucune conséquence pour sa personne.
On n’en attendait pas moins de lui.

Centristement votre

Le Centriste


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