Voici une sélection, ce 10 juillet 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Les émissions de gaz à effet de serre baissent encore ! On continue.
> [Propos lors du sommet de l’OTAN] On vient de
terminer ce sommet de l’Otan. Ça a permis de réaffirmer des choses assez
simples, je les ai évoquées ce matin, je peux vous en rendre compte.
D'abord, le fait que les Européens investissent de plus en plus et agissent de
plus en plus pour leur défense. Je le porte, pour ma part, depuis 9 ans,
considérant que nous devons le faire pour nous-mêmes, et c'est le cœur de
cette autonomie stratégique européenne à la fois en dépensant davantage,
la France est un bon exemple à travers nos deux lois de programmation militaire
et l'avenant qui vient d'être voté à l'Assemblée nationale, nous aurons
doublé en 10 ans le budget des armées françaises, doublé.
Ensuite, on prend nos responsabilités. Nous prenons la tête de beaucoup de
missions de l'OTAN. On l'a fait en Roumanie. Vous savez notre présence
aussi dans plusieurs pays du flanc Est. Nous avons annoncé aujourd'hui
notre participation aux opérations justement de forces terrestres avancées
dans le cadre de l'OTAN en Finlande, en accord avec la Finlande et la
Suède. La France participera à ces rotations. Donc on est projetés aussi,
on participe aux opérations pour la sécurité du territoire européen, en
Européens. Et quand les Américains repositionnent leurs efforts et
retirent leurs moyens maritimes, nous sommes là aussi pour les remplacer.
La France à elle seule a couvert 80 % des besoins maritimes qui avaient
été ouverts par le repositionnement américain.
Ensuite, on développe aussi nos propres solutions. Vous savez qu'en plus du
réinvestissement, nous Français poussons depuis plusieurs années le fait
que les Européens doivent défendre et pousser une industrie européenne de
défense. Si on dépense plus, ce n'est pas pour acheter du non-européen. Il
y a eu beaucoup d'efforts qui ont été faits ces derniers temps. Ce qu'on a
su structurer, qu'on va continuer avec d'ailleurs plusieurs initiatives
qui ont été ici annoncées ou confirmées, en matière de défense sol-air, en
matière de tirs de longue portée et de précision, en matière d'alerte
avancée, ce sont des solutions européennes. Ce qu'on fait avec le Rafale,
ce qu'on fait avec le SAMP/T, ce qu'on fait avec justement nos tirs dans
la profondeur avec d'autres Européens, ce qu'on fait avec l'initiative
dite JEWELS avec les Allemands sont des choses très concrètes, mais on
développe des capacités européennes et il faut les défendre, comme
d'ailleurs dans les systèmes de commande en matière d'IA. Donc une Europe
qui investit, qui défend sa souveraineté et son autonomie stratégique au
sein de l'OTAN. À cet égard, ce que la France a proposé il y a quelques
mois en matière de dissuasion nucléaire avancée est une de
ces composantes. On a aujourd'hui une discussion comme ça, structurée avec
10 pays, qui nous permet vraiment de proposer des solutions nouvelles et de
créer des dilemmes stratégiques chez nos compétiteurs.
Le deuxième élément, c'est que cette alliance est une alliance de paix et
d'équilibre. Elle est là pour la paix du continent européen. C'est
exactement ce que nous défendons quand il s'agit de l'Ukraine ou du Proche
et Moyen-Orient. Donc sur l'Ukraine, nous avons réaffirmé évidemment nos
engagements, réaffirmé aussi les moyens que nous y mettons. Le 13 juillet
prochain, à Paris, la coalition des volontaires se réunira à nouveau. Ce
sera l'occasion, sur la lutte contre la flotte fantôme, des initiatives capacitaires
nouvelles, la mobilisation de notre industrie au soutien de l'Ukraine, de faire
des annonces supplémentaires et de programmer aussi des
exercices ensemble. Évidemment, les forces des pays présents seront
invitées le lendemain à notre défilé national, et c'est une bonne chose
pour leur montrer aussi le patriotisme français, cette force, et pour
pouvoir les inviter aussi à défiler et à être à nos côtés parce que la sécurité
et la liberté du continent européen se jouent aussi dans ce qui
aujourd'hui se passe en Ukraine et notre capacité à nous défendre de
manière unie. Donc, le rendez-vous du 13 juillet prochain est, à mes
yeux, très important. La consolidation des initiatives à l'occasion de ce
sommet a permis de le préparer.
Enfin, je veux ici souligner que nous avons réussi au G7 à Évian à entamer
cette reconvergence, je l'évoquais comme telle, mais Américains,
Européens, Asiatiques et Canadiens parlons d'une même voix sur l'Ukraine
comme sur le Proche et Moyen-Orient. C'est une bonne chose, c'est-à-dire celle
qui défend la souveraineté, la stabilité et le respect du droit international.
C'est ça que nous devons défendre et c'est le sens de cette alliance. Je
vais maintenant répondre à vos questions.
> [Cessez-le-feu au Moyen-Orient] Je pense qu'il y a eu une violation de cet accord par les frappes iraniennes qui ont conduit à une réponse américaine. Je pense que les Iraniens ont eu tort de faire ces frappes qui contreviennent à ce qu'ils ont eux-mêmes signé, qui a été préparé à Islamabad et signé à Lucerne. Pour autant, aujourd'hui, nous sommes toujours dans le cadre des 60 jours. Ma compréhension, c'est que les réunions qui sont prévues dans ce cadre vont continuer de se tenir et il faut continuer d'avancer avec beaucoup de calme, de sang-froid et de patience. Et nous, nous défendons toujours le même agenda : la paix et la stabilité, la réouverture du détroit d'Ormuz sans conditions ni péage, la paix et la stabilité au Liban, c'est-à-dire le retrait des armes du Hezbollah, le retrait de toute force étrangère du sol libanais, et les capacités offertes au Liban pour se protéger lui-même, et un cadre de sécurité pour tout le monde avec des négociations qui aboutissent sur le nucléaire et le balistique iranien. Et donc les discussions vont se poursuivre.
> [Agression des Etats-Unis au Groenland] Non, je ne fais pas de politique-fiction. Et si c'était le cas, je ne pense pas que le président américain aurait été présent aujourd'hui. Dans notre alliance, il y a non seulement des règles de solidarité si l'un est agressé, mais il y a évidemment des règles de solidarité pour ne pas s'agresser les uns avec les autres. Non, je ne crois pas à cela. Donc il faut être calmes et il y a suffisamment de sujets de vraie préoccupation. Les groupes techniques qui avaient été prévus depuis février dernier continuent de se tenir, les exercices aussi de l'Alliance se font. Nous y participons. Et dans le cadre d'Arctic Sentry, il y a eu Arctic Endurance, qui est un des exercices prévus auxquels nos forces ont participé. Ce qui me permet de saluer nos chasseurs alpins, entre autres, et l'ensemble des forces qui ont pris part.
> [Présidentielle] De là où je suis, de par notre Constitution, je ne suis pas amené à participer à cette élection. Par contre, je suis amené à être Président jusqu'à la dernière seconde. Donc, je ne suis pas un commentateur de la vie politique française. Je suis là pour défendre, protéger, représenter notre pays, prendre des décisions, agir et être garant de notre unité. Donc à cet égard, je serai le garant que les opérations électorales se fassent dans un cadre sain, apaisé, sans ingérence étrangère et que chacun puisse exprimer sa voix et défendre sa position. Ce n'est pas la mienne qui compte aujourd'hui parce que je ne serai pas devant le suffrage des Français au mois de mai prochain.
> [Maintien des Etats-Unis dans l’OTAN] La présence du Président Trump ici, ce qu'il a vu du réinvestissement de chacun, des choix qui sont faits et la clarté des discussions que nous avons pu avoir sur différents sujets ne doit même pas laisser planer le doute sur cette matière. Les États-Unis ont annoncé et sont en train de mettre en œuvre un redéploiement de leurs efforts, qui me paraît tout à fait légitime, sur le sol européen et qui suppose que les Européens s'organisent. Mais j'ai déjà dit à plusieurs reprises, on ne doit pas le faire parce que quelqu'un nous le demande, on doit le faire pour nous-mêmes. Donc tout ça me paraît cohérent et je ne commente pas les commentaires. Donc non, il n'y a pas de question là-dessus. Il faut avancer. On a suffisamment de défis à nos portes qui touchent nos sociétés et d'instabilité dans le monde pour nous concentrer sur les vrais sujets.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> Les ingérences étrangères sont une menace réelle pour notre démocratie. Ce
n’est pas théorique, nous l'avons déjà vu lors des dernières élections
municipales. Faux médias locaux, campagnes de calomnies, contenus générés par
l'intelligence artificielle, mercenariat numérique : les modes opératoires
évoluent. Notre doctrine et nos services sont solides. Mais notre arsenal
juridique doit être renforcé. Cela passe notamment par l'extension du référé
anti-manipulation à toutes les élections locales et par une loi courte,
présentée en Conseil des ministres d'ici la fin du mois de juillet, pour
tripler les peines contre la production de faux contenus en période électorale.
Aucun parti politique, aucun candidat, quel que soit son territoire, ne peut
aujourd'hui prétendre être totalement à l'abri d'une opération d'ingérence.
C'est un combat qui nous concerne tous. Pour notre démocratie.
> J'assume la politique de testing que j'ai initiée pour les membres des cabinets ministériels, les préfets, les recteurs et l'ensemble des personnes nommées en Conseil des ministres. Non pas tant à des fins d'exemplarité, même si c'est indispensable. Mais parce que consommer de la drogue dure, c'est porter une vulnérabilité. Lorsqu'on est à la tête ou au service de l'État, on n'a pas le droit d'emmener avec soi cette vulnérabilité. Les personnes testées positives seront immédiatement écartées de ces fonctions, sans publicité, dans le respect du secret médical. J'assume aussi de regarder en face la réalité de la corruption liée au narcotrafic. Là où il y a autant d'argent, la tentation existe. Nous la combattrons aussi plus durement en droit. Je proposerai un projet de loi très court pour durcir les sanctions contre les agents de l'État qui se rendent coupables de corruption passive en lien avec le narcotrafic.
> Le narcotrafic se mondialise et s'ubérise. L'adversaire évolue. Il utilise les nouvelles technologies, les cryptomonnaies et les messageries cryptées. Il recrute parmi les jeunes les plus fragiles, y compris ceux confiés à l'aide sociale à l'enfance. Nous devons donc vite réagir : 1. En refondant nos outils d'analyse pour comprendre comment évolue l'adversaire et mieux prendre en compte les réalités de chaque territoire 2. En continuant la montée en puissance de l'État, c'est tout le sens de la loi contre le narcotrafic 3. En décloisonnant les ministères 4. En contrôlant les flux venant de l'étranger. C'est le sens du plan Douanes 2030 5. En renforçant la coopération judiciaire et policière internationale 6. En utilisant des outils nouveaux : c'est pour cela que j'ai autorisé, pour la première fois, que l'intelligence artificielle militaire du ministère des Armées soit mobilisée à des fins de lutte contre le narcotrafic Objectif : combattre un adversaire qui évolue constamment pour mieux protéger les Français.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Drôme, Pyrénées-Orientales, Hérault, Cher, Loir-et-Cher, Haute-Loire,
Gard, Aude, Indre, Ardèche… et bien d’autres départements sont aujourd’hui
touchés par des feux de forêt et de végétation. Hier, plus de 325 départs de
feu ont été recensés sur l’ensemble du territoire. Après des jours d’une
mobilisation exceptionnelle face à la canicule, nos sapeurs-pompiers sont
aujourd’hui engagés pour protéger les populations et nos territoires contre ces
incendies ! Pour soutenir cet engagement, j'ai demandé à tous les préfets
d’engager, avec les services d’incendie et de secours, une démarche auprès des
entreprises afin de faciliter la mobilisation des sapeurs-pompiers volontaires
en les libérant sur leur temps de travail lorsque la situation l’exige. Je
remercie les employeurs qui le font déjà. Cette solidarité est indispensable
pour permettre à nos secours de tenir dans la durée.
> En cette Journée de la Police nationale, je veux rendre hommage aux 153.000 femmes et hommes qui, tous les jours de l’année, se mettent au service de la République et de la sécurité de nos concitoyens. Vous avez ma constante gratitude et mon invariable soutien. Que la Police nationale vive pour que vive la République ! Et vive la France !
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Avec mon homologue David Mc Guinty, nous venons de signer un accord sur le
Conseil franco-canadien de coopération en matière de défense, permettant de
faciliter notre coopération opérationnelle. Avec le Canada, nous partageons un
attachement fort à la stabilité de la zone euroatlantique et au respect du
droit international. Nous sommes déterminés à continuer à soutenir l'Ukraine,
en première ligne de la sécurité européenne.
> A Ankara, j'ai échangé avec le ministre d'Etat émirien aux affaires de Défense. La France et les Emirats arabes unis entretiennent une relation de défense privilégiée et basée sur la confiance mutuelle, que nous souhaitons renforcer en particulier dans sa dimension industrielle et capacitaire. Ce nouvel échange nous a permis d'aborder les enjeux de sécurité régionale, du Liban au détroit d'Ormuz. J'ai réitéré l'attachement de la France au respect de la liberté de navigation.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> [Crise au Moyen-Orient] L'Iran a violé l'accord qui a été trouvé avec les
États-Unis, violé aussi le droit international en s'en prenant à des navires
qui circulaient à l'extérieur des eaux iraniennes. S’en est suivi un cycle de
représailles, qui doit cesser pour que, dans ces soixante jours que les deux
parties se sont donnés, les engagements soient tenus, que le détroit d'Ormuz
soit réouvert, que les hostilités cessent et que s'engage enfin cette négociation
dont nous avons besoin pour encadrer strictement le programme nucléaire
iranien.
> [Crise au Moyen-Orient] Ce n'est pas la première fois qu'on entend le président des États-Unis tenir ce genre de propos [sur l’Iran]. On l'a aussi entendu, à l'occasion du sommet de l'OTAN, où il s'est rendu, exprimer son intention, en quelque sorte, que les pourparlers se poursuivent, ce qui est évidemment très important. Puisqu'on l'a dit à de multiples reprises, cette guerre n'a fait que des perdants, à commencer par le peuple iranien, mais aussi les Américains, du fait de l'augmentation du prix de l'essence, et nous aussi. Et nous n'avons aucune intention de continuer à payer le prix de guerres qui ne sont pas les nôtres.
> [Crise au Moyen-Orient] C'est dans le même état d'esprit que nous restons, en souhaitant bien sûr que le calme revienne, que ces opérations de déminage puissent intervenir le plus rapidement possible pour que la navigation reprenne et que, si l'on peut dire, la pression qui s'est exercée sur le prix des hydrocarbures cesse.
> [Crise au Moyen-Orient] La liberté de navigation, c'est un bien commun
de l'humanité. Il est hors de question de laisser quiconque pouvoir la prendre
en otage. Et nous ne sommes pas les seuls à tenir cette position. C'est
l'ensemble de la communauté internationale qui voit le péril que représenterait
un blocage ou un péage imposé par l’Iran. (…)
Ce qui a fait frémir les marchés, c'est la reprise des hostilités, et c'est ce
cycle de représailles qui s'est enclenché après les opérations iraniennes sur
des navires. C'est la raison pour laquelle il est essentiel que ce cycle de
représailles cesse et que les discussions reprennent.
> [Crise au Moyen-Orient] Parmi tous les efforts que nous avons déployés depuis le début de cette crise, il y a aussi l'idée de préparer des voies alternatives pour que nous ne soyons pas dépendants de blocages, ici ou là. Et la Syrie, après avoir renversé le dictateur sanguinaire Bachar al-Assad il y a un an et demi maintenant, est en train de se réunifier, de se renforcer et de devenir potentiellement, en tout cas c'est ce que nous souhaitons, un carrefour pour les échanges économiques, que ce soit dans le domaine de l'énergie, mais aussi dans le transfert des données. Et on peut imaginer d'autres domaines dans lesquels une Syrie renforcée, souveraine et réunifiée, à l'écart de l'emprise de l'Iran et sans ingérence étrangère, puisse être un foyer de stabilité, en quelque sorte, pour le Proche-Orient.
> Nous n'avons jamais cessé de nous tenir aux côtés du peuple syrien, qui a été meurtri par des années de répression sanglante. C'était le premier message que nous venions apporter, avec le Président de la République en Syrie. Nous sommes aux côtés du peuple syrien. Le deuxième élément, c'est que notre vision pour la Syrie., comme c'est le cas pour l'Irak et le Liban, c'est que nous avons besoin, pour notre propre sécurité - vous vous souvenez que c'est depuis le théâtre syrien qu'ont été fomentés certains des attentats les plus barbares dont la France a été victime -, que des pays renforcés, souverains, maîtres de leur destin, c'est la meilleure des choses que nous pouvons espérer pour notre propre sécurité. Et puis les échanges économiques, vous l'avez dit. C'est tout cela que nous sommes allés développer et approfondir avec le gouvernement syrien.
> [Présidentielle] Nous combattrons Marine Le Pen et ses idées.
> [Présidentielle] Il ne faut pas regarder les sondages un an avant l'élection ou même neuf mois avant l'élection.
> [Projet du RN] C'est un projet qui considère que la France a déjà perdu, qui ne fait pas confiance en la France dans sa capacité à relever tous les défis, qui au fond est un poison mortel pour le pays parce qu'ayant perdu tout espoir, son seul projet, c'est de dresser les Français les uns contre les autres, de désigner des boucs émissaires.
> [Propos lors de sa rencontre avec Radosław Sikorski,
Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Pologne] Il y a 18
mois, c’était vous, cher Radek, qui me faisiez l’amitié de participer à la
conférence des ambassadrices et des ambassadeurs de France à Paris.
Ces participations croisées sont la marque du lien de confiance qui unit nos
deux diplomaties.
Elles incarnent l’esprit du Traité de Nancy signé par le Président de la
République et le Premier ministre Tusk à Nancy le 9 mai 2025, date on ne peut
plus forte en symbole.
Elles sont aussi le prolongement naturel du Sommet franco-polonais que le
Président de la République et le Premier ministre ont tenu à Gdańsk le 20 avril
dernier, journée de l’amitié franco-polonaise, dans une ville que je sais chère
à votre cœur, mon cher Radek.
Car c’est cela le partenariat exceptionnel entre la France et la Pologne
:
- une amitié ancrée dans l’histoire et tournée vers l’avenir ;
- une amitié - je cite le traité de Nancy - scellée par nos deux peuples dans «
leur fraternité d’armes et leur lutte commune contre les régimes totalitaires »
;
- une amitié animée d’une « responsabilité particulière pour l’avenir de
l’Union européenne », celle de faire advenir une Europe plus sûre, plus
souveraine, plus démocratique.
Pour faire progresser l’Europe dans cette voie, il faut être lucides sur la
situation. Le monde est en pleine bascule géopolitique et cognitive. Partout
nous voyons la brutalisation avancer :
- brutalisation du droit international, comme encore les nuits dernières en
Ukraine où les missiles balistiques de Vladimir Poutine continuent de cibler
des immeubles résidentiels ;
- brutalisation de l’architecture internationale de stabilité ;
- brutalisation des relations commerciales.
Mais, face à cette brutalisation, l’Europe ne doit ni se résigner, ni se
renier. Elle doit assumer ce qu’elle est :
- une grande puissance démocratique et économique, où l’on vit mieux que dans
les autres régions du monde, qu’en Chine, qu’aux États-Unis ;
- une civilisation de l’esprit qui a donné naissance à l’une des constructions
politiques les plus abouties de l’Histoire en mettant fin à des décennies de
guerres fratricides ;
- une construction politique désirée aujourd’hui par dix pays candidats pour la
rejoindre, et peut-être plus.
Pour paraphraser un célèbre Polonais : l’Europe ne doit pas avoir peur.
Elle ne doit pas avoir peur de conforter les fondations de son autonomie
stratégique dans les secteurs clés pour sa souveraineté.
Elle ne doit pas avoir peur d’investir dans tous ces secteurs, à travers un
budget européen ambitieux, tout en préservant les politiques traditionnelles
telles que la politique agricole commune.
Elle ne doit pas avoir peur d’utiliser le levier de son marché intérieur, de
mieux protéger les secteurs émergents mais aussi les secteurs fragilisés par la
concurrence déloyale.
En un mot, elle ne doit pas avoir peur de prendre son destin en main. Car
l’autonomie stratégique est la condition pour que l’Europe s’évite à elle-même
les conséquences délétères de la rivalité croissante entre les superpuissances.
C’est le sens de l’engagement du Président de la République, depuis bientôt dix
ans.
C’est la raison pour laquelle la France
- a doublé en dix ans le budget de ses armées;
- a soutenu le développement d’une industrie européenne de défense forte ;
-a annoncé hier au sommet de l’OTAN, à Ankara, sa participation aux Forces
terrestres avancées de l’OTAN en Finlande et en Suède.
Pour relever ces défis, la France et la Pologne sont déterminées à agir
ensemble.
La Pologne sait pouvoir compter sur la France, comme elle l’a montré en
septembre dernier en faisant décoller des Rafale lorsque des drones ont franchi
l’espace aérien polonais.
Et la France sait pouvoir compter sur la Pologne. Notre coopération est
exemplaire dans de nombreux domaines.
Je pense bien sûr au soutien à l’Ukraine. La Pologne est en première ligne et
la France mesure toute l’importance de l’engagement de la Pologne, comme l’a
encore montré la conférence sur la reconstruction de Gdańsk il y a quelques
semaines. La prochaine réunion de la Coalition des volontaires, à Paris, le
lundi 13 juillet, lundi prochain, sera l’occasion d’avancer encore plus loin
dans le soutien à l’Ukraine, dans la lutte contre la flotte fantôme russe, dans
le renforcement de la pression sur Moscou. Et avec, nous l’espérons, l’adoption
lundi prochain d’un 21e paquet de sanctions contre la Russie.
Coopération exemplaire aussi en matière de lutte contre les menaces hybrides,
contre les tentatives d’ingérence.
Coopération enfin dans le cadre du Triangle de Weimar, avec nos amis allemands,
par exemple à travers l’alliance entre France Media Monde, Deutsche Welle et la
télévision publique polonaise pour mettre en œuvre le bouclier pour
l’information.
Sur tous ces sujets, la France et la Pologne peuvent
s’appuyer sur leurs diplomates, en première ligne, aux quatre coins du monde :
- Première ligne face aux conflits – je pense notamment à nos ambassades à
Kyïv.
- Première ligne de la solidarité, comme avec le Venezuela éprouvé par le
séisme du 24 juin.
- En première ligne de la guerre informationnelle que mènent les nouveaux
empires pour servir leur projet géopolitique.
C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de monter le son, changer de
ton, de nous engager résolument dans la bataille des récits. Avec les armes de
l’esprit, mais sans jamais céder au mensonge. Car la liberté, ce n’est jamais
la Pravda.
Victor Hugo qualifiait la France et la Pologne de « deux sœurs qui ont lutté
ensemble pour la civilisation européenne ». Et c’est parce que nous croyons à
ce combat, à la force de la culture, que nous avons décidé d’organiser en 2027
une saison culturelle franco-polonaise. Cher Radek, votre présence à Paris, le
18 mai, pour la réouverture de l’Institut polonais était un premier jalon.
Permettez-moi d’en annoncer un second, dans quelques semaines : l’Institut
français de Pologne aura le plaisir, à partir de septembre, de s’installer dans
de nouveaux locaux au cœur de Varsovie, pour faire mieux faire connaître la
culture française et renforcer encore les liens entre nos peuples.
« Pour notre liberté et la vôtre », comme le dit cette si belle devise de la
Pologne. Vous pouvez compter sur Radek et sur moi-même pour continuer à agir
ensemble en faveur d’une Europe forte et souveraine.
> La France et la Pologne sont depuis bientôt
quatre ans dans la ligne de mire de la Russie qui démontre une très forte
agressivité dans ce qu’on appelle le champ hybride : cyberattaques, campagnes
de désinformation, sabotages en tous genres. Plus Vladimir Poutine est en
difficulté sur le front, plus il est en échec et plus il multiplie ce type de
provocations.
Et donc lorsque nous observons un surcroît de provocations on peut quasiment en
déduire ce que par ailleurs nous savons, c’est-à-dire que Vladimir Poutine est
en échec. La résistance ukrainienne le fait reculer sur la ligne de front. Elle
parvient désormais à le frapper dans toute la profondeur du territoire russe et
elle est parvenue récemment à juguler de manière très impressionnante les voies
d’approvisionnement des armées de Vladimir Poutine sur le flanc sud. Donc, sans
surprises, nous voyons un certain nombre de tentatives d’intimidation ou de
provocations. Comment y réagir ? Avec beaucoup de sang-froid et sans dévier de
la stratégie qui est la nôtre depuis bientôt quatre ans – soutien à l’Ukraine,
pression sur la Russie, préparation de la paix. Soutien à l’Ukraine sur le plan
financier, militaire, pression sur la Russie avec des sanctions, avec
l'arraisonnement des navires de la flotte fantôme notamment, préparation de la
paix avec cette Coalition des volontaires, cet exercice de planification militaire
qui vise à assurer, une fois la paix conclue, et puis cette garantie durable.
Et s’agissant de la relation plus particulière entre la France et la Pologne,
je vous invite, pour répondre à votre question, à regarder ce qui a été fait au
mois de septembre dernier lorsque des drones russes ont fait l’incursion sur le
territoire, dans l’espace aérien polonais. Trois Rafale ont décollé pour
contribuer à la défense, trois Rafale français ont décollé pour contribuer à la
défense du territoire polonais.
Mais notre action conjointe va au-delà si l’on peut dire de ce déploiement des
capacités militaires à ce moment-là où la Russie provoquait la Pologne et donc
l’OTAN et l’Union européenne. Nous avons depuis bientôt deux ans au sein du
Triangle de Weimar qui nous rassemble avec l’Allemagne et la Pologne construit
des capacités de détection, de dénonciation et de réponse à l’agressivité russe
dont nous faisons l’objet dans le champ hybride. D’abord au niveau des
ministres, et désormais ce sont nos équipes qui travaillent ensemble non
seulement pour protéger notre espace démocratique, mais aussi pour
contre-attaquer le cas échéant.
[Intervention de M. Radosław Sikorski, ministre des Affaires étrangères et Vice-président du Conseil des ministres de Pologne]
> Nous sommes reconnaissants à la Pologne, au
Premier-ministre Tusk d’avoir saisi la proposition qui a été faite par le
Président de la République d’avoir ce dialogue stratégique avec un certains de
nos partenaires proches sur la dissuasion avancée, c’est-à-dire
l’opérationnalisation de la dimension européenne de la dissuasion française
reconnue comme telle par tous les Présidents de la République qui ont précédé
Emmanuel Macron, mais qui prend aujourd’hui un tour plus concret. Et ce sont
donc des discussions qui sont menées dans de canaux appropriés avec leur propre
temporalité.
> Nous devons nous tenir à cette stratégie de soutien à la résistance
ukrainienne, pression à la Russie, préparation de la paix. Le soutien à
l’Ukraine, nous en portons désormais l’essentiel entre Européens, avec ce prêt
de 90 milliards d’euros dont une partie, 30 milliards est consacrée à des
efforts de défense et l’autre, 60 milliards, consacrée au financement de la vie
économique et sociale de la nation ukrainienne. Notre vision – et je crois
qu’elle n’est pas très éloignée de celle de la Pologne – c’est que nous avons
besoin pour l’avenir et pour nous-mêmes d’une base industrielle et
technologique de défense qui soit innovante, qui soit forte et qui soit en
capacité de répondre non seulement à nos propres besoins mais aussi aux besoins
de nos partenaires, à commencer par les États-Unis d’Amérique dont on a pu voir
ce dernier temps combien l’intensité de la guerre qu’ils ont décidé de mener au
Proche et Moyen-Orient avait eu un impact sur leur propre stock d’armes et de
munitions. Pour développer cette base industrielle et technologique de défense,
il y a, à mes yeux, deux exigences auxquelles nous devons nous tenir, la
première c’est que le financement européen soit destiné à la production sur le
territoire européen pour donner une forme de visibilité et d’impulsion à nos
industries de défense, que ce soit en Pologne, en France ou dans beaucoup
d’autres pays européens qui disposent de ces capacités et de ces savoir-faire.
Et de l’autre, nous devons pousser nos industriels à aller plus vite, à
augmenter la cadence pour être en mesure de répondre aujourd’hui aux besoins de
l’Ukraine mais aussi aux besoins de la Pologne et de la France au moment où
nous consacrons une partie la plus importante de nos richesses nationales à
notre effort de défense.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Promesse tenue. 7 500 climatiseurs ont déjà été livrés dans les
établissements sanitaires et médico-sociaux. 15 000 le seront d’ici au 15
juillet, puis 30 000 au plus tard début août. Grâce à une enveloppe
exceptionnelle de 100 M€, nous agissons pour mieux protéger les patients, les
résidents et les soignants face aux épisodes de chaleur extrême. Avec
l’activation du plan ORSEC Chaleurs extrêmes, nous renforçons encore la
coordination de l’État pour protéger les plus fragiles, partout sur le
territoire.
> Depuis le début de cet épisode de canicule, j'ai réuni pour la troisième fois les acteurs de santé de la ville et de l'hôpital. Je veux saluer leur mobilisation exceptionnelle. Grâce à leur engagement, le système de santé tient et la situation reste globalement maîtrisée, même si des tensions persistent dans plusieurs territoires. Nous maintenons le plan ORSAN EPI-CLIM en phase 3 et poursuivons le renforcement des moyens sur le terrain pour protéger les soignants et garantir la continuité des soins. À l'approche des prochaines semaines d'été, nous restons pleinement mobilisés et vigilants.
> Ce soir, j’ai réuni les représentants des radiologues pour échanger sur le renforcement du dépistage organisé du cancer du sein. Trop de femmes passent encore à côté de ce rendez-vous de prévention pourtant essentiel. Nous devons lever les freins, faciliter la prise de rendez-vous et mieux mobiliser tous les acteurs pour augmenter l’offre. J’ai souhaité engager un dialogue constructif afin de bâtir des solutions concrètes. Des mesures seront proposées a l’automne pour rendre ce dépistage plus accessible, plus efficace et pour permettre à davantage de femmes de bénéficier d’un diagnostic précoce.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> On ne joue pas avec la vérité historique. On ne conteste pas l'existence
d'un crime contre l'humanité. On ne débat pas du racisme ou de l'antisémitisme,
on les combat. Ce que la loi de cohésion républicaine va changer.
> [Projet de loi contre l'antisémitisme et le racisme] Certains se sont illustrés en cherchant à se soustraire à la justice française en allant à l'étranger. Il n'y avait pas de possibilité de mandat d'arrêt international.
> Aujourd’hui, j’ai présenté en Conseil des ministres le projet de loi de cohésion républicaine par la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Un texte pour mieux protéger les victimes. Un texte pour mieux sanctionner les auteurs. Un texte pour ne plus jamais transiger avec la haine. 1 320 actes antisémites en 2025. 3 homicides racistes. 97 % des victimes qui n'osent pas porter plainte. On ne trie pas les haines. On les combat toutes. Un seul objectif : la cohésion républicaine.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> [Projet de loi Justice criminelle / Intervention au Sénat] Le projet de
loi Justice criminelle, issu de larges concertations ayant débuté il y a un an,
marque une étape forte et attendue, tant par les magistrats que par les
victimes. Il visait à améliorer l'audiencement criminel et à sécuriser les
procédures criminelles, tout en garantissant les droits de la défense et le
respect dû aux victimes.
Le texte de la CMP est équilibré. Je salue les rapporteurs, mais aussi les
orateurs de tous les groupes politiques.
Dans nos démocraties contemporaines, la justice occupe une place centrale,
comme garante de la cohésion nationale, de la paix publique et de la confiance
dans l'État de droit. Les attentes des Français nous obligent.
Les apports de ce projet de loi sont décisifs : redonner du souffle à la
justice criminelle, accélérer le temps judiciaire, réorganiser la justice
criminelle.
Nous voulons mettre fin à des délais d'audiencement qui pouvaient attendre
huit ans ! Alors qu'il y a 164 tribunaux judiciaires, nous
n'avons que 100 cours d'assises et 99 CCD, hors Mayotte : ce
différentiel sera comblé par la création de 64 nouvelles CCD.
La loi corrigera une inconstitutionnalité du code de la justice pénale des
mineurs, sur la détention provisoire des mineurs de plus de 16 ans.
Elle donnera force obligatoire à la réunion préparatoire criminelle, avec le
principe de non-modification de la liste des témoins.
Elle diversifiera les assesseurs non professionnels.
Sur l'initiative du Sénat, ces améliorations bénéficieront aussi à
Saint-Pierre-et-Miquelon - je m'en félicite.
L'article 3 améliorera la résolution des cold cases, grâce à
la légalisation de l'utilisation de la généalogie génétique, à l'élargissement
du fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) et à
l'habilitation générale des OPJ et APJ à accéder à certains fichiers.
Les proches seront informés d'une autopsie ou de prélèvements biologiques avant
la délivrance du permis d'inhumer - c'est une mesure d'humanité.
Le texte crée un statut de psychologue judiciaire. Ces professionnels pourront
assister les enquêteurs au cours des investigations et des auditions.
Les intérêts civils des victimes seront mieux assurés, grâce à l'octroi
d'outils de procédure civile au juge pénal.
Le texte donne de nouveaux droits aux victimes. À l'article 1er,
le Sénat a permis que certaines victimes bénéficient de l'aide juridictionnelle
et se voient proposer une mesure de justice restaurative.
La CMP a amélioré l'écriture de l'article 7 sur l'encadrement des
nullités, en stabilisant le point de départ du délai de quatre mois.
Cet équilibre, fruit d'un travail parlementaire abouti, est le bon. Redonner du
sens et de l'utilité sociale à la justice criminelle, tel était le cap des
concertations menées par le garde des sceaux. Vous avez saisi l'occasion de
réparer la dette de la justice envers les victimes.
Nous voulons garantir aux Français une justice criminelle plus rapide, plus
efficace - ils y ont droit. En votant ce texte, vous ferez œuvre utile.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Préserver nos ressources en eau exige d'anticiper. Ce bilan du BRGM
montre une situation de nos nappes qui nécessite toute notre vigilance.
C'est tout l'enjeu de notre échange hier avec la direction : s’appuyer sur la
science comme outil d'aide à la décision pour nos territoires.
> La fracture climatique est aussi une fracture sociale. Ce double défi, l’Etat n’y répondra pas seul. Mais avec ceux qui font, comme les entreprises de France, le Medef et Action logement.
> La baisse du nombre d’accidents mortels cette saison est le fruit concret des actions menées par les chasseurs et par le gouvernement pour renforcer la sécurité à la chasse. Je tiens à saluer le travail des agents de l’OFB, dont les contrôles rigoureux et la pédagogie menée sur le terrain contribuent directement à ces résultats, ainsi que les chasseurs pour leur sérieux et leur respect des règles. Je forme le vœu que cette dynamique se poursuive pour que chaque saison soit plus sûre que la précédente.
> La loi contre l’ultra fast-fashion est officiellement promulguée ce jour au Journal officiel ! Merci à l’ensemble des parlementaires mobilisés pour leur travail exigeant sur ce texte historique. Face au dumping social et environnemental de l'ultra fast-fashion, cette loi permettra notamment la mise en place d’un malus financier incitatif qui concilie ambition écologique, souveraineté industrielle et préservation de l'emploi français. Ce texte constitue une étape majeure pour la protection de notre environnement et le soutien de nos filières responsables. La France ouvre la voie !
> Le plan plastique ne se fera ni contre, ni sans les collectivités locales. Mais le statu quo n’est pas possible quand le retard pris dans l’atteinte de nos objectifs nous coûte 1,5 milliard d’euros par an. Cet argent trouverait mieux à être employé dans le désendettement du pays ou dans la transition écologique !
> La refondation de la filière pollueur-payeur pour le textile franchit une nouvelle étape avec la mise en consultation publique de son nouveau cahier des charges. Ce texte est le fruit d’un long travail de concertation de plusieurs mois pour bâtir une véritable industrie circulaire sur le territoire national. Performance écologique et économique à la fois
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> [Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord multilatéral entre
autorités compétentes portant sur l'échange des informations GloBE /
Intervention au Sénat] Ce texte important en matière de coopération et de
justice fiscale est un exemple concret de ce que peut apporter le
multilatéralisme, qui est remis en question.
La France demeure un pays pionnier en matière de promotion de la transparence
et de la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales. Elle a joué un rôle
moteur dans l'élaboration des normes fiscales internationales, notamment la
mise en place du projet Beps (Base Erosion and Profit Shifting), adopté
en 2013 pour lutter contre l'érosion de la base d'imposition et le
transfert des bénéfices.
Le cadre inclusif OCDE G20, mis en place pour accompagner sa mise en oeuvre et
réunissant 148 États et territoires, a approuvé en 2021 une solution
reposant sur deux piliers.
L'incontournable pilier 2 permet de prélever un impôt complémentaire sur
les bénéfices réalisés dans un État lorsque le taux d'imposition effectif est
inférieur à 15 %. Il s'applique à toutes les entreprises membres d'un
groupe ayant réalisé un chiffre d'affaires égal ou supérieur à
750 millions d'euros sur deux des quatre exercices précédents.
C'est une révolution en matière de fiscalité internationale. Quoique complexe,
le dispositif est ambitieux et novateur.
Pour fonctionner, il requiert des échanges automatiques d'informations
standardisées, contenus dans une déclaration, dite GloBE (Global Anti-Base
Erosion), entre administrations fiscales. C'est l'objet du présent accord
multilatéral, que la France a signé le 9 juillet 2025 ;
trente-cinq autres juridictions nous ont rejoints. Une cinquantaine
d'États et territoires ont déjà mis en place les règles GloBE.
Si vous l'approuvez, l'accord permettra de franchir une étape clé pour
l'application d'un impôt minimum mondial. Les groupes pourront déclarer en
France l'ensemble des informations relatives à leurs activités mondiales ;
charge à notre administration de transmettre les informations pertinentes à ses
homologues. Les dépôts locaux ne seront plus nécessaires dès lors que l'entité
mère effectuera un dépôt centralisé. C'est une avancée favorable à nos
entreprises.
Leurs attentes sont fortes, alors que la première campagne déclarative a
commencé : plusieurs centaines de groupes français entrent dans le champ
de l'accord, pour 3 000 groupes étrangers.
La directive Pilier 2 de 2022 puis la directive DAC9 de 2025 ont
été transposées dans notre droit interne par la loi de finances pour 2024.
Chaque État reste libre de déterminer la liste des États avec lesquels il
souhaite échanger ces données. L'accord GloBE prévoit en outre d'importantes
garanties en matière de protection des données.
L'échange d'informations à des fins fiscales est l'une des avancées majeures de
la coopération internationale de ces dernières années.
De nombreux défis nous attendent. Il nous reste à progresser pour mieux
répartir la base taxable entre les États, dans un contexte de numérisation de
l'économie - c'est le sens des travaux autour du pilier 1 du projet
Beps.
Merci aux services du ministère de l'Europe et des affaires étrangères et à
ceux du ministère de l'économie et des finances, qui ont effectué un travail au
long cours pour vous présenter ce texte.
● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature
> Il y a 50 ans, le 10 juillet 1976, la France a fait un choix majeur :
reconnaître que la protection de la nature n’était pas seulement une question
de préserver des paysages remarquables, mais un véritable enjeu d’intérêt
général.
Depuis, des avancées majeures ont été rendues possibles : protection des
espèces, création et développement des réserves naturelles, prise en compte de
l’environnement dans les grands projets.
Cinquante ans après, l’héritage de cette loi nous oblige. Nous devons
poursuivre nos efforts pour protéger nos espèces et nos espaces naturels.
Parce que protéger la nature, ce n’est pas seulement protéger ce qui est beau.
C’est protéger ce qui est vital.
> Hier à l'Hôtel de Roquelaure, nous avons dévoilé
les 28 lauréats de la 4ᵉ édition de Mission Nature.
Ces projets, répartis sur l'ensemble du territoire, des coteaux secs du
Dauphiné à la forêt tropicale de Guadeloupe, illustrent toute la richesse de
notre patrimoine naturel. Ils rappellent aussi sa fragilité face au changement
climatique, au recul du trait de côte, aux pressions exercées sur les
écosystèmes ou encore aux pollutions.
Ils démontrent surtout qu'il existe des solutions concrètes pour protéger le
vivant : restaurer les milieux naturels, mieux gérer l'eau, accompagner
l'adaptation au changement climatique, sensibiliser les citoyens ou encore
renforcer la résilience de nos territoires.
À l'approche du cinquantième anniversaire de la loi du 10 juillet 1976 pour la
protection de la nature, ces initiatives nous rappellent une conviction simple
: protéger la nature, ce n'est pas seulement préserver ce qui est beau, c'est
protéger ce qui est vital.
La nature est notre meilleure alliée. Elle séquestre le carbone, limite les
risques d'inondation, soutient une agriculture plus résiliente et fournit les
ressources dont nos sociétés ont besoin. Les projets lauréats en apportent
chaque jour la démonstration.
Je tiens à saluer l'engagement des collectivités, associations, établissements
publics, conservatoires d'espaces naturels et parcs nationaux qui portent ces
initiatives. Grâce à Mission Nature, financée par la participation des Français
au loto et aux jeux de grattage dédiés, 10 millions d'euros ont été mobilisés
cette année pour soutenir ces projets.
Je remercie l'Office français de la biodiversité et FDJ united pour leur engagement,
ainsi que l'ensemble des partenaires qui contribuent au succès de ce
dispositif, désormais prolongé jusqu'en 2027.
Ces projets donnent une traduction concrète à nos ambitions pour la
biodiversité. Ils participent à la mise en œuvre de la Stratégie nationale
biodiversité, de la Stratégie nationale des aires protégées, des plans d'action
en faveur des espèces menacées et, demain, du futur plan national de
restauration de la nature.
Pour réussir, nous devrons être cohérents : restaurer la nature, mais aussi
cesser de la détruire là où elle est encore présente. C'est le sens du combat
que nous menons pour préserver nos zones humides, nos espèces protégées et,
plus largement, notre patrimoine naturel.
Parce que protéger le vivant, c'est protéger notre avenir.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Porter attention aux vulnérabilités, agir en faveur de la santé mentale.
C'est le thème du rapport annuel qui m'a été remis ce matin par la médiatrice
de l'éducation nationale, Catherine Becchetti Bizot.
La médiation de l'éducation nationale est essentielle. Menée en toute
indépendance, portée par 100 médiateurs académiques, la médiation écoute,
explique, aide, rapproche, concilie, trouve des solutions. L'année dernière,
elle a reçu 28 450 saisines, soit une hausse de 22 % en un an et de 60% en cinq
ans. Une augmentation qui doit nous conduire à travailler sur l'amélioration de
la qualité des relations au sein de la communauté éducative : aussi bien entre
le ministère et ses personnels, qu'entre les parents, les élèves et les
personnels.
Le rapport 2025 est plus spécifiquement dédié à la santé mentale. Il révèle les
fragilités de notre système éducatif et apporte des recommandations pour y
répondre.
Merci à la Médiatrice pour ce travail précieux, essentiel à l'amélioration
continue de notre institution.
> Par la réforme de la formation des enseignants,
nous avons fait le choix de former nos futurs professeurs plus tôt et plus
longtemps. Pour la première fois, ils sont aussi rémunérés pendant leurs
études.
Cela porte ses fruits :
- Tous les taux de postes pourvus sont en augmentation, avec + 6,4 points pour
le premier degré et + 5,6 points pour le second degré ;
- 98,5 % des postes dans le premier degré seront pourvus au niveau national
pour la session 2026, alors que ce chiffre était de 92,1 % en 2025 ;
- Au CAPES, 97 % des postes sont pourvus toutes voies confondues contre
89,1 % l’an dernier ;
- Un exemple: en physique chimie, près de 98% des postes sont pourvus contre
74% l'année dernière.
En cette année de transition où coexistent deux concours, les "doubles
admis" aux concours L3 et M2 ne représentent qu'1% des admis. Autrement
dit, le vivier de candidats s'est élargi.
Enfin, nous constatons aujourd’hui un regain d’attractivité dès la fin du lycée
avec la nouvelle licence de professorat des écoles, pour laquelle il y a en
moyenne 10 voeux confirmés dans Parcoursup par place disponible.
Il reste bien sûr du chemin à parcourir, mais l'Ecole commence à retrouver,
grâce à toutes celles et tous ceux qui y travaillent, de l'attractivité !
> Concours de recrutement du ministère de
l'Éducation nationale : l'attractivité du métier de professeur s’améliore
fortement : c’est une bonne nouvelle pour l’École.
Plus de 24 000 candidats ont été admis aux concours enseignants externes cette
année, contre 16 000 l'année dernière. Cela représente une hausse de 50 % du
nombre de lauréats, pour une hausse de 40% des postes ouverts.
Des académies comme Créteil ou Mayotte pourvoient l’ensemble de leurs postes
pour la première fois depuis longtemps. Bravo et bienvenue à tous ceux qui
rejoignent le service public de l’éducation !
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> Nous déclencherons aujourd'hui, sur tous les départements placés en
vigilance rouge canicule, le plan Orsec-Chaleurs extrêmes. (...) Nous allons
ouvrir des centres de rafraîchissement pour mettre à l'abri les plus
vulnérables.
> 6000 climatiseurs ont déjà été livrés et installés dans les hôpitaux. Le reste arrive au fur et à mesure en fonction de leurs besoins.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> [Aide au développement / Intervention au Sénat] L'aide au développement,
c'est un outil de rayonnement de notre pays, de défense de nos intérêts, de
notre souveraineté. Et nous avons toujours aussi mené un travail de
modernisation de nos outils pour les rendre les plus efficaces possibles. Et
c'est ainsi que nous sommes parvenus, vous l'avez dit, à l'issue d'un travail
entre l'AFD et ses ministères de tutelle, à finaliser le contrat d'objectifs et
de moyens de l'AFD pour la période 2027-2029. C'est bien sûr un instrument
indispensable pour assurer le pilotage de l'agence par l'État, pour avoir une
vision stratégique et politique de long terme et dans un objectif de
redevabilité et de lisibilité.
Ce projet, et je tiens à saluer le travail qui a été effectué par les équipes
de nos institutions, sera transmis aux commissions des Affaires étrangères très
prochainement. Je le dis, son adoption est d'autant plus urgente que nous
faisons face à un contexte de pression, de pression internationale bien sûr,
avec une remise en cause par certains acteurs majeurs de l'investissement
solidaire et durable. Ce contrat prend en compte la nécessité de maîtriser nos
dépenses publiques et de faire face au contexte budgétaire que nous
connaissons, mais il donne de la prévisibilité à l'AFD sur ses moyens. C'est
nécessaire pour qu'elle poursuive son action et ses procédures d'instruction
dans des conditions raisonnables et anticipables.
Nous avons fixé trois grands objectifs. D'abord, prioriser l'action de l'AFD
pour améliorer sa visibilité dans les pays et les secteurs où elle est la plus
nécessaire, avec une attention particulière aux pays les plus vulnérables,
notamment en Afrique. Je voudrais saluer d'ailleurs le succès du sommet Africa
Forward récemment à Nairobi. Renforcer la prise en compte par l'agence de nos
intérêts économiques. C'est indispensable car c'est un outil qui doit servir
les intérêts de la France et des Français et leurs préoccupations directes. Et
enfin, améliorer son efficacité opérationnelle et sa résilience avec une
meilleure maîtrise des coûts, notamment en renforçant les synergies
intra-groupe. Je vous remercie, Monsieur le sénateur, et encore merci pour le
soutien et l'engagement que vous avez prouvé au cours de ces années pour notre
aide au développement et pour l'AFD.
> [BRIDGE for EU / Intervention au Sénat] Le
règlement de mai 2025, BRIDGE for EU, auquel vous avez fait référence, c'est un
texte majeur pour améliorer les services publics, pour renforcer le marché
intérieur, pour faciliter les échanges entre nos pays. La France a été un des
tout premiers États à porter cette ambition à Bruxelles et nous serons le
premier à la mettre en œuvre. Je l'ai annoncé, vous l'avez dit, il y a quelques
semaines, nous allons mettre en place un dispositif simple, à chaque frontière
de l'Hexagone, sous l'autorité des préfets de région, nous allons mettre en
place un guichet unique, une porte d'entrée avec un principe simple : un
problème, un point de contact, une réponse. Et si rien ne peut être réglé au
niveau local, on fait remonter au niveau national.
Je suis très heureux de dire qu'en tant que pays précurseur, la France vient de
gagner un projet pilote qui sera financé par la Commission européenne. Et donc
nous allons déployer ce mécanisme dès le mois de septembre, d'abord à la
frontière franco-allemande, avant de l'étendre aux autres frontières.
Ce dispositif ne part pas de rien. Il accélère le travail que nous avons mené
sur toutes les frontières, que ce soit les infrastructures de mobilité, que ce
soit les échanges étudiants, et je pense en particulier à nos apprentis, ou
encore les corridors de soins. Ce sujet sera au cœur du Conseil des ministres
franco-allemand qui se tiendra le 17 juillet prochain. Il s'agit, en plus,
d'intégrer dans toutes les législations, au niveau national comme au niveau
européen, un réflexe transfrontalier, c'est-à-dire étudier l'impact sur la vie
de nos frontaliers. Simplifier la vie de nos frontaliers, c'est défendre
l'Europe dans ce qu'elle a de plus concret, de plus quotidien. Vous pouvez
compter sur l'engagement du Gouvernement.
> En complément du plan européen, la France lance son plan pour assurer sa souveraineté dans le domaine des engrais azotés. Une nécessité pour protéger nos agriculteurs dans un contexte international où nos dépendances deviennent des armes géopolitiques.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Je suis plus indulgente que vous sur la présence des
parlementaires. Ils sont présents sur les sujets importants, quand il y a de
l’enjeu, y compris les week-ends.
> Je suis pour la proportionnelle car les citoyens votent pour leur famille politique, et ça donne une assemblée pluraliste qui conduit à la construction de coalitions, et de majorités, ce qui marche dans d’autres pays. (…) Mais LR et Horizons ne sont pas pour. Voilà pourquoi il faut qu’on parle de fond, ensemble!
> J’ai toujours été libre (…), chaque chef de parti est légitime à briguer une fonction, moi je ne suis pas dans une écurie, je dois œuvrer au rassemblement.
> Des débats politiques à l’Assemblée, de la confrontation d’idées, c’est fait pour ça! Mais des textes sur parcoursup, sur le quotidien des transports pourront montrer qu’on sait travailler pour l’intérêt général.
> Je suis pour ne pas revenir sur le non-cumul qui a permis de faire venir des jeunes et des femmes, et je suis pour ajouter le non-cumul dans le temps.
> Je suis pour la consultation des citoyens mais ce n’est pas sain pour la démocratie que les choses s’entrechoquent (avec le débat législatif.
> Ce n’est pas une présomption de légitime défense des policiers qui a été votée, c’est une présomption de légitime intervention pour non réitération d’un meurtre. Ça me gêne, car personne n’y comprend rien.
> Avec cette représentation proportionnelle au bureau de l’Assemblée, c’est une vraie avancée. (…) C’est la première fois qu’une telle réforme du règlement est autant concertée. C’est une réforme de compromis. On voulait chacun aller plus loin, moi sur les sanctions, d’autres sur les pétitions, tous on fait des concessions. (…) J’ai besoin des présidents de groupe pour faire cette réforme, et jusqu’à maintenant, tous ont joué le jeu et je les en remercie.
> Le nouveau président de la République doit avoir l’entièreté des prérogatives du président de la République, y compris celui de dissoudre.
> J’ai eu le parcours qui est le mien, qui montre que la société civile en politique, ça marche ! D’autres comme Sandrine Le Feur présidente de la CDDAT sont dans ce cas.
> Mais il est vrai qu’on n’a pas su aller au-delà dans le dépassement des clivages, notamment quand nous étions majoritaires. Mais le transpartisan, ça fonctionne, trouver des compromis, c’est ce que font tous les pays d’Europe.
> Pour être cohérent et crédible, il faut parler, pas seulement de personne, mais de projet, du fond, savoir si on partage une vision sur l’économie, la politique pénale, l’écologie. Sinon, ça ne marchera pas!
> [Présidentielle] Prendre en janvier le meilleur dans les sondages ne fonctionnera pas, ça ne convaincra pas les Français ! Il faut se mettre d’accord sur un projet, à l’automne probablement.
> Un binôme est intéressant s’il a un sens politique, s’il élargit le spectre et donne une nouvelle façon d’exercer le pouvoir.
> J’ai plaidé pendant des années qu’on vote un texte constitutionnel sur l’indépendance du parquet. C’est un texte important.
> Je serai candidate à l’élection législative. Nous avions promis le non cumul dans le temps à 15 ans, donc je serai candidate.
> Ce n’est pas tant la place que le fait de continuer à agir qui m’importe.
> Pour faire face au populisme, il faut que notre famille politique, modérée, centrale, puisse présenter une vision positive et collective pour la France.
> La semaine dernière, j’ai eu un bureau, et depuis quatre ans, le budget de l’Assemblée est adopté à l’unanimité.
> J’ai une place particulière et une mission, confiée par les parlementaires, de faire fonctionner l’Assemblée, et de respecter tous les députés, quels qu’ils soient.
> Je n’ai jamais changé d’avis. Je suis pour la même justice pour tout le monde, les mêmes délais.
> [Le Pen candidate] Il est savoureux que ce soit
grâce à l’exécution provisoire qu’elle puisse aujourd’hui être candidate. Si
elle devait faire campagne avec un bracelet, je serais choquée par cette
situation. (…)
C’est pour ça qu’on a renforcé l’obligation d’exemplarité. J’étais pour qu’on
exige des candidats qu’ils aient un casier judiciaire vierge. Je dois expliquer
que c’était une difficulté constitutionnelle et qu’on a renforcé
l’inéligibilité.
> [Budget 2027] Que chacun prenne sa responsabilité
pour doter la France d’un budget et ne pas obérer l’année à venir du prochain
président de la République et de son gouvernement. (…)
Je suis plutôt opposée au 49-3, mais les circonstances particulières de l’année
pré-présidentielle le justifient, et ça libérera du temps parlementaire pour
faire de cette année parlementaire une année utile.
> J’ai beaucoup consulté, je pense qu’il faut réformer profondément la
façon d’examiner le budget et donc la loi organique et la Constitution.
> J'ai présidé de nombreux débats sur l'aide à mourir. Je suis fière de la manière dont l'Assemblée nationale a su avoir des échanges sereins, approfondis et respectueux des convictions de chacun. Mercredi prochain, nous voterons ce texte.
> L’histoire d’Élio et le courage de ses parents m’ont profondément bouleversée. Derrière chaque enfant gravement malade, il y a une famille entière qui se bat : les soins, la fratrie, le travail, le quotidien. Nous avons progressé. Nous pouvons encore mieux accompagner les familles.
> Marine Le Pen a été condamnée en première instance puis en appel pour détournement de fonds publics. Les Français sont attachés à la probité de leurs élus. Ils voteront en connaissance de cause.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> L’enjeu n'est pas d'opposer écologie et économie, mais de faire de
l'une un levier pour renforcer l'autre.
Marc Ferracci (député)
> Les Echos révèlent que le nombre d'interventions de "rôles
modèles" de l'association Elles bougent dans les établissements scolaires
a bondi de 45 % en un an, passant de 45.000 à 65.000 ateliers. Sur le chantier
de la ligne 18 du métro, à Massy, des lycéennes découvrent le métier
d'ingénieure aux côtés d'entreprises comme EDF, Dalkia ou la SNCF. 250 stages
proposés cette année, pour que les jeunes filles "se projettent dans
l'ingénierie". C'est le combat que j'ai porté comme ministre chargé de
l'Industrie : la réindustrialisation de la France a besoin de tous les talents.
Nous devons former des dizaines de milliers d'ingénieurs et de techniciens dans
les prochaines années. Nous ne pouvons pas nous priver de la moitié d'entre
eux. Aujourd'hui, seules 34 % des filles suivent la spécialité mathématiques en
terminale, contre 59 % des garçons. Ce n'est pas une fatalité. C'est le
résultat de stéréotypes qu'il faut combattre dès le collège et le lycée. Ouvrir
le champ des possibles aux jeunes filles, c'est renforcer notre souveraineté
industrielle. Le cap est clair : une industrie forte, innovante et paritaire.
> En juin 2026, plus de 30 % des immatriculations en France sont désormais électriques. Le leasing social est un bon outil. Il permet à des ménages modestes d'accéder à un véhicule électrique. Mais, à lui seul, il ne permettra pas de massifier durablement cette transition. Un autre levier plus puissant doit être mobilisé : celui du marché de l'occasion. Pour cela il faut accélérer l'électrification des flottes d'entreprises. C’est pourquoi j’ai fortement soutenu l’électrification des flottes quand j’étais ministre chargé de l'Industrie et de l'Énergie. Grâce à de fortes incitations fiscales, et un régime d’avantage en nature ciblant l’électrique, les comportements évoluent désormais rapidement ! Aujourd'hui, c’est près de 40 % des véhicules achetés par les entreprises qui sont électriques, contre 20 % il y a un an. Ces véhicules alimenteront demain le marché de l'occasion, avec une décote qui les rendra accessibles à des millions de Français.
> Marine le Pen n’en est pas à sa première malversation puisque son micro-parti « Jeanne » a été définitivement condamné pour escroquerie en 2024. Délinquante récidiviste, donc.
● MoDem
Bruno Fuchs (député)
> Merci au Premier ministre de nous avoir reçus, avec les parlementaires
alsaciens mobilisés pour la création d’une région Alsace. Heureux de constater
son écoute attentive et bienveillante. La priorité est désormais l’inscription
de ce texte à l’ordre du jour du Sénat dès octobre.
● Parti radical
> Feux de forêt : Quand la norme met en péril la sécurité des
citoyens
Alors que l’été ne fait que commencer,
nos sapeurs-papiers affrontent déjà des incendies particulièrement violents.
Un jeune sapeur-pompier volontaire, âgé
de 22 ans, est tragiquement décédé en Savoie au cours d’une intervention. Le
Parti radical adresse toutes ses
condoléances à sa famille et à ses proches.
Comme l’a indiqué la sénatrice Nathalie Delattre, présidente du Parti radical,
lors d’une question d’actualité au Gouvernement, il est urgent de garantir à
nos sapeurs-pompiers ainsi qu’aux services d’incendie et de secours les
effectifs, les moyens et les conditions d’intervention face au fléau des feux
de forêts.
Le Parti radical dénonce notamment les obligations pesant sur nos sapeurs-pompiers
contraints d’interrompre leur lutte contre les feux de forêt pour ravitailler
leurs camions en AdBlue afin de respecter les normes environnementales. Si la
transition écologique est un impératif, jamais une norme ne peut se placer
au-dessus de la vie humaine.
« Nos pompiers ne sont pas des
techniciens de la norme, ce sont des soldats du feu. Ne bridons pas leur
efficacité opérationnelle au nom d’une bureaucratie aveugle. Face à l’urgence,
la réalité du terrain doit reprendre ses droits sur le dogme administratif. »,
déclare Pierre Perpillou, secrétaire national à la Sécurité.
Le Parti radical demande au Gouvernement de prendre une mesure immédiate et
pragmatique pour libérer nos forces de secours :
- Instauration d’une « Clause
d’urgence régalienne » : Permettre aux véhicules de secours et
d’intervention d’urgence d’être exemptés de certaines normes environnementales
contraignantes (notamment sur les dispositifs de filtration exigeant des arrêts
fréquents) lorsqu’ils sont engagés sur des opérations de lutte contre des
sinistres majeurs.
- Audit de souveraineté opérationnelle :
Réaliser un inventaire complet des équipements régaliens (pompiers, police,
gendarmerie) dont l’efficacité opérationnelle est entravée par des normes
inadaptées ou trop rigide, afin d’adapter les cahiers des charges des futurs
matériels à la réalité du terrain et non aux standards du commerce automobile
civil.
- Priorité au terrain : Sanctuariser le
temps opérationnel des forces de secours. L’État ne doit pas être le frein de
ceux qu’il emploie pour nous protéger.
« Nous appelons le ministre de l’Intérieur à agir dès aujourd’hui pour accorder cette dérogation et garantir que nos sapeurs-pompiers puissent se concentrer sur l’essentiel : éteindre les feux et protéger nos territoires. N’entravons pas l’action de ceux qui risquent leur vie pour sauver la nôtre » précise Nathalie Delattre.
> Justice criminelle : au-delà de la loi votée, le Parti radical
en appelle à une refonte globale de la justice
Le Parlement vient d’adopter définitivement une loi très fortement réduite
dans ses ambitions.
À l’origine, cette réforme du plaider coupable criminel avait vocation à
concerner une part importante des crimes, y compris certains viols et crimes
sexuels. C’est précisément cette extension qui a suscité les critiques les plus
fortes, tant sur le plan juridique que sur le plan éthique et institutionnel.
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, avait dès lors annoncé vouloir
exclure l’ensemble des crimes sexuels, les viols, et plus largement les crimes
relevant traditionnellement de la cour d’assises.
Le périmètre résiduel du dispositif serait ainsi principalement limité :
- aux violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner,
- à certains braquages,
- et plus généralement aux crimes aujourd’hui jugés par les cours criminelles
départementales plutôt que par les cours d’assises avec jury populaire.
Cette évolution constitue un tournant majeur.
En pratique, le gouvernement est passé d’une réforme structurelle de la
justice criminelle à un mécanisme présenté comme expérimental et à portée
désormais marginale. La Chancellerie reconnaît elle-même que ce dispositif ne
concernerait plus que « quelques dizaines de dossiers par an ».
Le texte définitif contient plusieurs apports substantiels : l’extension de
la compétence des cours criminelles départementales aux crimes commis en
récidive, un appel criminel limité mais resserré aux seules peines
complémentaires, l’encadrement de la généalogie génétique d’investigation, les
garanties nouvelles en matière d’autopsies judiciaires, ainsi qu’un compromis
sur les nullités et la détention provisoire.
Le Parti radical rappelle que toute réforme de la justice criminelle doit
préserver les principes fondamentaux de notre procédure pénale, garantir les
droits de la défense, assurer la place des victimes dans le procès pénal et
maintenir la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire.
Nathalie Delattre (présidente)
> Face aux grandes transitions que traverse notre pays, nous avons
besoin de davantage de dialogue entre les institutions, les corps
intermédiaires, la société civile et les élus pour construire des politiques
publiques plus solides et plus efficaces.
> Désormais, il existe un cadre légal pour contrôler l’alcoolémie et les stupéfiants en mer. Il faut maintenant aller plus loin, je soutiendrai la proposition de loi sur la création d’un homicide en mer.
> Notre sécurité civile repose sur un modèle
remarquable, fondé sur l’engagement de 201 000 sapeurs-pompiers volontaires,
qui assurent 66 % des interventions. De 43 000 professionnels et 13 000
militaires.
Cela suppose de :
- renforcer durablement l’attractivité du volontariat ;
- faciliter la disponibilité des volontaires auprès des employeurs publics et
privés ;
- moderniser les moyens terrestres des SDIS.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Pascal Canfin (député)
> La canicule s'installe à nouveau sur la France : la troisième en moins de
deux mois. Ce qui était exceptionnel devient notre quotidien, et chaque épisode
nous rappelle que le réchauffement climatique est déjà là. Nous entrons dans un
nouveau monde, qui peut encore le nier!
Les Français en souffrent individuellement chez eux. Certaines activités
économiques sont particulièrement exposées : les agriculteurs sont en première
ligne car une agriculture non adaptée, ce sont des rendements qui chutent et
des productions perdues ; les éleveurs de volailles bretons mais aussi les
producteurs de maïs en font l'amère expérience ces jours-ci. Dans le seul
Finistère, 561 tonnes d'animaux morts ont dû être enfouis, et selon la filière,
entre 2,5 et 3 millions de volailles sont mortes dans l'Ouest de la France. Et
dans les champs, la récolte de maïs s'annonce historiquement basse jusqu'à −30
% en volume, du jamais vu depuis 40 ans.
Mais cette souffrance est ausi collective, car notre économie en pâtit
directement. Les travaux de la BCE montrent qu'une canicule ne provoque pas un
simple creux suivi d'un rattrapage. Non, au niveau régional où la canicule a eu
lieu, l'activité recule de 1 %, et la perte s'aggrave encore pour atteindre 1,5
% deux ans après. Le choc s'installe. Et selon une étude de l’assureur Allianz,
un enchaînement d'étés extrêmes coûterait à la France jusqu'à 240 milliards de
dollars de PIB cumulés d'ici 2030 ! Le titre de l’étude est particulièrement
explicite : Too hot to grow.
Autrement dit, notre économie ne peut pas croître dans un monde en souffrance
climatique. Il est donc urgent d'investir massivement dans l'adaptation au
changement climatique car c'est la condition de notre prospérité. Et ce sont
ceux qui s’opposent aux politiques climatiques qui sont en train d’organiser la
décroissance et la paupérisation de notre pays.
> Alors qu'une nouvelle canicule démarre, il est
plus que temps que les responsables politiques prennent conscience des
conséquences du changement climatique sur les sols qui impactent les maisons de
millions de Français.
400 000 euros hier. Moins de 150 000 euros aujourd’hui. C'est ce qu'il reste de
la valeur d'une maison familiale, fissurée par les mouvements des sols
argileux.
Sous l'effet des épisodes de chaleur extrême, les sols argileux se rétractent.
Lorsque les pluies reviennent, parfois de manière très abondantes, ils
regonflent. Ce mouvement fragilise les fondations, fissure les murs et dégrade
progressivement les maisons. C'est le phénomène de retrait-gonflement des
argiles (RGA).
Comme le documente Le Monde dans son article publié lundi, le
retrait-gonflement des argiles est aujourd'hui le premier risque naturel pesant
sur l'habitat individuel. Il concerne près de 12 millions de maisons, sur les
20,9 millions que compte notre pays, et expose près de 20 millions de Français.
Ce phénomène s'aggrave avec le changement climatique, qui rend les sécheresses
plus intenses et les épisodes de fortes précipitations plus fréquents,
entraînant une perte massive de patrimoine pour des milliers de ménages. Selon
la cartographie du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), 55 % du
territoire français est désormais classé en zone d'exposition moyenne ou forte.
C'est 7 points de plus qu'il y a sept ans et 31 points de plus qu'il y a seize
ans. Les canicules que nous venons de traverser illustrent une nouvelle fois
que ce phénomène n'est plus exceptionnel, mais qu'il est appelé à devenir une
menace durable pour le bâti.
Cette évolution doit nous conduire à renforcer nos politiques d'adaptation au
changement climatique.
Comme nous avons su nous doter d'une politique ambitieuse face au risque
d'inondation, nous devons aujourd'hui faire preuve de la même ambition pour
prévenir et lutter contre le retrait-gonflement des argiles. Cela implique
d'adapter les règles de construction aux nouvelles réalités climatiques,
d'accompagner davantage les collectivités les plus exposées, de mieux informer
les propriétaires et les locataires sur ce phénomène, et de faire évoluer notre
régime d'assurance afin qu'il réponde à un risque qui n'est plus exceptionnel,
mais structurel.
Protéger les maisons des fissures liées au changement climatique, c'est
préserver le patrimoine que des millions de Français ont construit tout au long
de leur vie et qu'ils espèrent transmettre à leurs enfants.
> S’affranchir de nos dépendances envers les
services de paiement américain, voilà le rôle de l’Euro numérique.
Ce jeudi, le Parlement européen a adopté sa position sur l'euro numérique. Une
monnaie directement émise par la Banque centrale européenne, qui vous
appartient.
Il ne remplace pas le cash — il reste et restera d'usage dans toute l'UE. Il
vient s'ajouter à notre boîte à outils monétaire, pour que l'Europe garde la
main sur son propre système de paiement.
Il permet, alors que les paiements en espèces diminuent, de réduire notre
dépendance à des solutions américaines : Visa et Mastercard régissent une
grande majorité des paiements par carte en Europe.
C'est un problème, notamment lorsque les Etats-Unis prennent des mesures de
sanctions à l'encontre de concitoyens européens. On l'a vu très récemment, avec
Nicolas Guillou, juge français de la Cour pénale internationale. Ce dernier,
après avoir été placé sous sanctions américaines par l'administration de Donald
Trump, ne peut plus payer par Visa ou Mastercard en Europe et se trouve
quasiment sans moyen de paiement sur notre continent.
Imaginez cette logique appliquée à plus grande échelle, à des citoyens ou des
entreprises européennes. C'est précisément le risque que l'euro numérique
permet d'éviter.
Le texte prévoit notamment :
- Un mode hors-ligne, pour une confidentialité proche de celle des espèces — ni
la BCE ni votre banque n'auront accès au détail de vos transactions.
- Un fonctionnement possible même sans réseau ou en cas de coupure de courant,
comme celle qui a touché l'Espagne et le Portugal en avril 2025.
- Des frais nettement inférieurs à ceux de Visa/Mastercard.
- Un distributeur public dans chaque État membre, pour que les personnes sans
compte bancaire puissent avoir accès à l'euro numérique.
Ce vote ouvre les négociations avec le Conseil de l'UE. Objectif : un accord
d'ici la fin de l'année, pour une émission possible en 2029 et une étape de
plus vers notre souveraineté financière.
Grégory Allione (député)
> Le climat s'accélère, mais notre réponse reste trop lente. On ne
demande pas aux pompiers de choisir entre combattre les flammes et sauver des
vies. Nous ne pouvons pas davantage choisir entre l'atténuation et
l'adaptation. Nous devons faire les deux. La préparation ne peut plus être une
politique d'urgence. Elle doit devenir une politique permanente d'anticipation,
dans laquelle l'État, les collectivités locales, les entreprises et les
citoyens assument chacun leur part de responsabilité, et où celles et ceux qui
risquent leur vie pour protéger la nôtre reçoivent enfin les moyens, la
reconnaissance et le statut qu'ils méritent.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Les piscines Tournesol ont marqué le paysage français. Elles étaient une
réaction au manque de piscines et de « savoir nager ». Elles ne sont
plus adaptées. Mais l’accès au frais, à la baignade est essentiel ! Une
ambition des années 1970 peut-elle inspirer la France de 2030 ? Face aux
canicules, il faut penser une « France du frais ». Rendez-vous demain
pour découvrir un « Point de vue » sur l’adaptation aux vagues de
chaleur !
> [Plan canicule] Il s’inscrit dans l’actualité,
mais ce n’est pas une nouveauté dans nos travaux : on n’a pas attendu ces
derniers jours pour traiter d’écologie, tout notre programme de l’année en a
fait un axe prioritaire. Il ne faut surtout pas que ce soit un effet de mode.
On parle beaucoup, et c’est nécessaire, de l’adaptation avec du
« macro » — rénover les écoles, adapter les logements, ajuster les
infrastructures — moins de changements rapides, efficaces, qui relèvent du
comportement collectif : l’adaptation de nos modes de vie, ce que nous
appelons « la France du frais ». Car la canicule ne sera plus une
exception, mais un problème récurrent. Personne ne sait quand, ni combien, mais
ce sera hélas la norme. On peut faire le dos rond en attendant, ou se dire que
ce n’est qu’une affaire de l’État. Pour nous, c’est aussi une question d’organisation
collective. C’est notre message. (…)
Nous insistons sur trois axes complémentaires : l’adaptation de nos
services publics, de la vie professionnelle et de la vie quotidienne. Sur les
services publics, nous proposons un régime canicule avec des horaires d’été
prédéfinis, comme le font les Espagnols. Plutôt que d’obliger une personne âgée
à aller à la poste à 15 h, l’heure la plus chaude, on ouvre plus tôt le
matin, plus tard le soir. L’école et les transports doivent aussi s’adapter.
Nous proposons une conférence des services publics pour organiser et anticiper
cela. Sur la vie professionnelle, nous proposons une négociation obligatoire,
branche par branche. On ne peut pas avoir la même règle pour l’ouvrier de
chantier et pour le cadre bancaire dans un bureau climatisé. Sur la vie
quotidienne, la mise en place d’un réseau de « refuges climatiques »,
situés à moins de 10 minutes de chaque habitant dans les villes. À
Barcelone, une carte en ligne recense les lieux publics et privés — pharmacies,
commerces volontaires — offrant une halte fraîche. (…)
Les « armatures vertes » seraient des parcours de fraîcheur jalonnés
de points d’eau et de repos, implantés dans les villes, oui. Mais nous
recommandons aussi de constituer une « armature bleue », consistant à
assurer un accès à l’eau à tous, en période de canicule, en rendant des
rivières et des points d’eau « baignables », comme on l’a fait pour
la Seine à Paris, et en mobilisant les piscines. Notre parc de piscines est
abondant mais vieillissant, et souvent un gouffre financier. Nous proposons un
appel à projets — je les ai appelées des « piscines succulentes »,
d’après la plante qui retient l’eau et consomme le moins d’énergie — pour
rénover l’existant et construire moins cher en fonctionnement, dans l’esprit de
ce qui avait été fait avec les piscines Tournesol des années 1970. Et ouvrir
des « piscines solidaires » en plus, en période de très fortes
chaleurs. Sur la base du volontariat, un camping ou un hôtel qui a une piscine
peut accepter d’ouvrir son bassin à tous, quelques heures. En contrepartie, la
mairie pourrait mobiliser un maître-nageur pour assurer la surveillance. (…)
Toutes ces mesures sont concrètes — on ne parle pas de grands investissements
sur cinq ou dix ans — relativement peu coûteuses et relativement rapides à
mettre en œuvre. La clé de tout cela, c’est d’en faire une ambition nationale
tout en laissant une liberté locale totale aux acteurs de proximité.
Donner l’impulsion, pas imposer à telle ou telle pharmacie, de Toulouse ou de
Nantes, de devenir « refuge climatique ». Ambition, liberté et
pragmatisme. Pour les horaires des services publics et les négociations de
branche concernant le monde du travail, on peut engager le dialogue avec les
partenaires sociaux dès maintenant. N’attendons pas la prochaine canicule pour
faire pareil, ou juste un peu mieux. C’est dès l’automne prochain qu’on doit
anticiper la canicule d’après. (…)
Ce sont, encore une fois, des mesures relativement peu coûteuses, sans commune
mesure avec les grands chantiers d’investissement. L’État peut porter des
cofinancements sur certains sujets. L’appel à projets est la bonne
articulation : l’État le lance, les ingénieurs, les entreprises, les
innovateurs apportent leurs idées — c’est plus visible qu’à l’échelle d’une
ville, et ensuite chacun décide. Pour les investissements plus lourds, comme la
baignabilité des cours d’eau, l’État a cofinancé à Paris. Ailleurs, cela peut
passer par un contrat de transition écologique ou un contrat de plan
État-Région associant plusieurs collectivités. Et on peut mobiliser une partie
du Fonds Vert pour aider les collectivités à rénover leurs piscines. À Paris,
l’argent investi dans la Seine et la Marne, ce ne sont pas trois sites de
baignade mais une trentaine : cela dépasse la capitale et profite à la
biodiversité, donc à notre environnement, dans la durée. (…)
Chacun peut s’en emparer. Nos travaux sont publics, c’est une obligation, ils
sont donc à la disposition des parlementaires, des élus, du gouvernement et des
citoyens. Nous sommes rattachés au gouvernement, mais nous sommes aussi une
boîte à idées à son service et celui du Parlement.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> L’inceste détruit et marque des vies entières.
Le rapport de la commission d’enquête met en lumière des dysfonctionnements que
nous connaissions, mais aussi l’ampleur du fléau que constitue l’inceste et les
conséquences durables qu’il laisse sur la vie des enfants victimes.
Je salue le travail remarquable de Maud Petit et Christian Baptiste, ainsi que
celui de l’ensemble de la commission : 43 auditions, plus de 100 heures
d’échanges et 132 personnes entendues.
Lors de mon audition, j’ai rappelé une conviction simple : face à l’inceste,
nous n’avons pas le droit de détourner le regard.
Ce constat nous oblige. Le Premier ministre a engagé un travail transpartisan
sur cette question, parce que la protection des enfants dépasse tous les
clivages. De nombreuses recommandations rejoignent les miennes:
imprescriptibilité, motivation des classements sans suite de manière
circonstanciée, création d'un statut de l'administrateur ad hoc et sa
désignation systématique d'un ad hoc, renforcement des moyens dédiés aux
CRIAVS, et généralisation du parcours mineurs victimes.
Je pense également qu'intégrer la notion de contrôle coercitif dans la loi pour
mieux définir certaines situations de violences serait une vraie avancée dans
la protection de nos enfants.
Pour ma part, j'ai rendu mes conclusions pour un Conseil des personnes victimes
de violences durant l’enfance. Parce que celles et ceux qui ont vécu ces
violences doivent pouvoir participer durablement à la définition et à la mise
en œuvre de nos politiques publiques. Leur expérience est une expertise
indispensable pour mieux prévenir, mieux protéger et mieux réparer.
> Retour de coco : coup de filet ! La traque
continue contre les prédateurs.
Près de 200 interpellations liées à la diffusion de contenus pédocriminels :
bravo aux enquêteurs.
J’étais la première à alerter sur la renaissance de Coco, repaire de
pédocriminels. Il faut fermer définitivement ce site et poursuivre sans relâche
la traque.
> Hier s’est ouvert le procès des streamers Naruto
et Safine. Deux hommes jugés pour des faits d’une extrême gravité.
Mais ce procès interroge aussi notre responsabilité collective. Car lorsque la
violence est diffusée, amplifiée et parfois monétisée, les plateformes ne
peuvent plus détourner le regard.
Nos enfants ne doivent pas grandir avec ces violences comme horizon numérique.
Protéger les enfants, c’est aussi protéger leurs écrans. Et les protéger de ces
violences, c’est un devoir collectif.
La justice dira le droit, mais cette affaire nous oblige.
- Les auteurs devront répondre de leurs actes.
- Les plateformes devront répondre de leurs responsabilités.
- Les enfants, eux, doivent enfin être protégés.
● Propos collectifs
> [Tribune : «Sans
véritable politique de préservation des ressources en eau, il ne peut y avoir
d’agriculture viable»]
Alors que les canicules successives frappent durement notre pays depuis
la fin du printemps, c’est désormais la sécheresse qui s’installe sur une large
partie du territoire. 36 départements sont en situation de crise et 76 font
l’objet de mesures de restrictions d’usage de l’eau. Pour les agriculteurs,
cette réalité est quotidienne : elle se traduit par des sols asséchés, des
pertes de productivité, des
récoltes entières anéanties, des troupeaux plus difficiles à abreuver et à
nourrir et une inquiétude croissante pour la pérennité de leurs exploitations.
On voit partout sur le territoire
français cette détresse agricole. Les agriculteurs sont les premières victimes
du dérèglement climatique. Leur capacité à produire dépend de conditions
météorologiques qui ne cessent de se détraquer ; ils sont en première ligne et
ne peuvent faire face, seuls, aux changements qui viennent.
Oui, l’agriculture a besoin d’eau. Dans de nombreux territoires,
les ouvrages de stockage apportent une partie de la réponse en valorisant les
précipitations, en particulier lorsqu’elles sont brutales et volumineuses. Mais
laisser croire que ces ouvrages créeraient une eau nouvelle, disponible sans
limite, et régleraient toutes les questions serait mentir aux agriculteurs. Le
stockage ne fabrique pas d’eau : le volume de cette ressource dépend du
climat, de l’état des sols, des nappes
et des rivières. Les zones humides
contribuent à la protéger. Promettre des volumes d’eau qu’aucun agriculteur ne
verrait in fine conduirait leurs exploitations dans une impasse.
Les zones humides permettent de mieux
résister aux aléas climatiques et que les détruire créera à moyen terme de
nouveaux problèmes pour eux comme pour tous les Français.
S’ils veulent continuer à produire, les
agriculteurs savent qu’ils vont aussi devoir faire évoluer leurs
pratiques : agro-écologie, agriculture de conservation ou développement de
systèmes de polyculture-élevage, plantation de variétés plus résilientes, moins
gourmandes en eau, et structuration des filières adaptées au climat qui vient.
Ils savent qu’autoriser des pesticides interdits n’est pas une solution
durable. Ils savent que des cultures diversifiées sont moins vulnérables aux
ravageurs. Ils savent que des sols vivants, riches en matière organique,
retiendront davantage l’eau, ralentiront le ruissellement et protégeront leurs
productions contre la sécheresse. Ils savent que les zones humides permettent
de mieux résister aux aléas climatiques et que les détruire créera à moyen
terme de nouveaux problèmes pour eux comme pour tous les Français.
L’agriculture n’a pas à choisir entre les
ouvrages de stockage et la préservation des zones humides : elle a besoin
des deux. Elle n’a pas non plus besoin d’une nouvelle guerre de l’eau. Depuis
des décennies, la gouvernance par bassin et la hiérarchisation des usages, au
plus près des réalités du terrain, a permis aux agriculteurs, aux élus, aux
usagers et aux autres acteurs économiques de regarder en face la réalité de la
ressource et de construire des compromis. Ce système n’est pas parfait et peut
être amélioré, mais il a fait ses preuves : il ajuste les décisions au
terrain et donne à chaque partie prenante de la visibilité. Supprimer cette
gouvernance ne supprimera pas les conflits entre usagers face à une ressource
qui se raréfie sous l’effet du changement
climatique. Elle ne fera que déplacer le problème et nourrir de nouvelles
tensions.
Sans véritable politique de préservation
de cette ressource de plus en plus précieuse, il n’y aura demain ni irrigation,
ni élevage, ni agriculture viable. Or, les dispositions votées cette semaine au
Sénat lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole vont à l’encontre de
cette ligne d’équilibre.
Sur ce sujet comme sur d’autres, dans ce
texte, nous n’avons pas besoin de solutions simplistes et court-termistes qui
se retourneront contre les agriculteurs et ne feront qu’accentuer leurs
difficultés et l’incompréhension mutuelle. À la veille de la commission mixte
paritaire, les parlementaires ont entre leurs mains une grande
responsabilité : celle de défendre l’avenir de notre agriculture et de
notre souveraineté alimentaire
en refusant le simplisme et la
caricature.
[Cosignataires centristes: Marc Fesneau
(MoDem), Agnès Pannier-Runacher
(Renaissance), Stéphane Travert
(Renaissance)]

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