Voici une sélection, ce 14 juillet 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [14 juillet] À tous nos militaires, à tous ceux qui s’engagent pour nous
protéger, nous soigner, prendre soin des uns et des autres, au nom de tous les
Français : merci infiniment. Vive la République, vive la France !
> [14 juillet] Fier de voir les militaires ukrainiens défiler aux côtés de nos forces. Un symbole de fraternité, de courage et de destin partagé. Pensées au peuple ukrainien qui lutte pour sa liberté et, avec elle, pour celle de tous les Européens.
> [14 juillet] Bienvenue à nos partenaires de la Coalition des volontaires. Honneur et fierté de vous avoir à nos côtés.
> [14 juillet] Une pensée particulière à tous nos pompiers et forces de secours qui luttent ce jour face aux incendies. La reconnaissance de la Nation.
> [14 juillet] Joyeux anniversaire à notre Marine nationale. Bon vent et bonne mer pour les 400 prochaines années !
> [14 juillet] Respect, confiance et profonde fierté envers nos armées, garantes de notre sécurité et de notre liberté.
> [Discours aux armées] Je suis particulièrement
heureux et fier de vous retrouver aujourd'hui ici, à l'hôtel de Brienne, dans
ce lieu chargé d'histoire où, dans le bruit des canons de la guerre, Clemenceau
organisa la victoire et où siègera plus tard le général de Gaulle comme chef du
gouvernement provisoire. C'est la 10ème fois que j'ai l'honneur, ici, de me
tenir devant vous. Il y a 9 ans, sitôt élu par les Français, je vous annonçais
un tournant historique pour nos Armées, tournant auquel beaucoup avaient cessé
de croire, habitués aux coupes budgétaires successives. Avec vous, j'entendais
ainsi renouer avec l'esprit des volontaires de l'an II, esprit de liberté
exigeant de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace. Je vous
annonçais que le budget de la défense serait augmenté, que les engagements
seraient tenus et que la France et ses armées seraient à la hauteur de leurs
devoirs et responsabilités. Je fixais pour cela un objectif clair,
vérifiable : atteindre dès 2025 un effort de défense à hauteur de 2 % de
la richesse du pays. J'en prenais ici l'engagement solennel. J'en prenais
l'engagement parce que j'étais alors convaincu que les périls du monde
imposaient de redresser nos armées.
Parce que la nation a toujours su se rassembler pour défendre sa liberté par
les armes quand il faut, héritière en cela des soldats de Valmy, des héros de
Camerone, des Poilus de Verdun et des Braves de Bir Hakeim. L'engagement a été
tenu et nous avons bien fait. Avant même que le Sahel ne sombre dans le chaos,
avant même que le Proche et Moyen-Orient ne s'enflamment, avant même que la
guerre n'arrive sur le sol européen, nous avions amorcé notre réarmement. Avant
même le lancement de cette guerre insensée que mène la Russie contre la nation
et la terre d'Ukraine, avant toutes les turbulences que nous traversons
aujourd'hui, nous prônions l'autonomie stratégique de la France et de l'Europe.
L'autonomie stratégique, cette indépendance dans l'analyse, dans la décision et
dans l'action, cette liberté au fond, cette ambition pour notre pays et qui
fait la grandeur de la France et sa singularité dans le concert des nations. La
France qui refuse l'esprit de ce que fut l'Étrange Défaite, la France qui parle
au monde, la France libre. L'engagement a été tenu, les faits sont là. Et l'an
dernier, à cette même place, je demandais d'aller plus vite, d'aller plus fort,
être libre, être craint, être puissant, non par plaisir, mais par nécessité. «
On n'agit pas par goût, mais parce que le devoir l'impose. » comme l'écrivait
Marc Bloch. Je demandais donc d'accélérer encore cet effort de défense et
fixais pour objectif d'avancer à 2027 l'ambition initialement prévue pour 2030
d'atteindre un budget de 64 milliards d'euros pour nos Armées. 64 milliards
d'euros, en 2027, c'est, en 10 ans, un doublement du budget des Armées. Nous
l'avons chaque année tenu à l'euro près et ce sera fait. Oui, l'engagement a
été tenu, les faits sont là et l'histoire jugera. Et je veux ici saluer le
sérieux du travail accompli par la ministre des Armées et des Anciens
combattants, Madame Catherine Vautrin, et par la représentation nationale qui a
massivement voté ce texte d'actualisation et la loi de programmation militaire
il y a quelques jours dans un esprit de concorde et de responsabilité. Et ce
faisant, je veux remercier l'ensemble de vos prédécesseurs qui, durant ces 10
dernières années, ont permis ces votes successifs et ont permis de tenir ces
budgets à l'euro près.
Un effort supplémentaire de 36 milliards d'euros est donc prévu pour la période
2026-2030 avec, vous le savez, trois grandes priorités. D'abord, l'augmentation
de nos stocks de munitions et le renforcement de la préparation opérationnelle.
Ensuite, des moyens supplémentaires pour garantir notre souveraineté :
alerte avancée, espace, feu dans la très grande profondeur, défense sol-air et
aussi le rehaussement de notre dissuasion nucléaire en cohérence avec le virage
stratégique que nous avons annoncé au mois de mars dernier avec la mise en
place de la dissuasion avancée. Enfin, l'amélioration de la capacité des armées
à mener les combats qui pourraient s'imposer dès demain, défense surface-air,
lutte anti-drones, guerre dans le champ électromagnétique, drones de tous
types, quantiques, intelligence artificielle, en plus de ce qui avait déjà été
acté en 2023, avec le cyber, le spatial et le maritime. Cette actualisation
doit produire des effets visibles avec des commandes et des premières
livraisons dès 2026. Cette actualisation entend aussi renforcer la résilience
de la nation avec le nouveau régime d'état d'alerte, avec le service national
qui commencera dès septembre et permet au fond de consolider cette force d'âme
dont je parlais ici en 2024.
C'était une nécessité. On en mesure la nécessité en mer d'Arabie, où notre
Marine nationale est engagée depuis de longs mois. Et quelle belle preuve de
vigueur de nos forces navales après 4 siècles au service de la France ! Je
veux ici féliciter nos marins déployés depuis de longs mois et leur chef,
l'amiral Nicolas Vaujour, qui transmettra à son successeur, après 37 années de
guerre des mers, une Marine opérationnelle dont il peut être fier. Merci,
amiral, et bonne mer à votre successeur, l'amiral Christophe Cluzel ! On
en mesure la nécessité avec la Coalition des Volontaires qui se réunira cet
après-midi aux Invalides pour prendre les décisions qui s'imposent et continuer
à soutenir l'Ukraine qui défend son territoire, qui défend sa souveraineté, qui
défend sa liberté et, par voie de conséquence, notre sécurité en Europe. Je
remercie le chef d'État-major des armées, le général Fabien Mandon, pour tout
ce qui a été fait depuis 18 mois maintenant à cet égard. Et je salue nos
soldats déployés en Roumanie. Notre armée de Terre, une fois encore et là
aussi, a été au rendez-vous. Et notre armée de Terre dont vous rendez cet été
le commandement, cher général Pierre Schill, après avoir œuvré pour sa
transformation et sa préparation à la haute intensité, avec un sens du
commandement marqué par la subsidiarité et la confiance. Merci, mon général, et
bon vent à votre successeur, le général Jacques Langlade de Montgros. On en
mesure la nécessité quand nos partenaires, je pense aux Émirats arabes unis, au
Qatar, à la Jordanie, constatent dans les faits, notamment grâce à notre armée
de l'Air et de l'Espace, la force qui est la nôtre. Et je veux ici remercier
l'ensemble de nos pilotes, de nos mécaniciens, sous votre commandement, général
Bellanger. Oui, chacun dans cette région a pu mesurer, comme ailleurs, la
fiabilité des engagements pris par la France pour leur sécurité.
La France est un partenaire fiable, stable, qui tient ses engagements et qui
tient une ligne dure : la ligne de la non-belligérance dans les conflits
qu'elle n'a pas choisis, la ligne du respect du droit international, de la
liberté, y compris la liberté de navigation qu'elle comptait aider à faire
respecter dans le détroit d'Ormuz. Et c'est la même volonté de respect de la
souveraineté et de la liberté de navigation qui a présidé depuis 8 années à
notre stratégie Indo-Pacifique et qui a expliqué beaucoup de nos réussites dans
cette région, la ligne de la défense de nos intérêts et de nos amis partout
dans le monde lorsque c'est nécessaire. Et je pense à nos déploiements récents
et ponctuels comme en Finlande, mais aussi à nos engagements plus pérennes en Estonie,
en Lituanie, au Liban, en Irak. On en mesure la nécessité dans tous les
théâtres où nos services extérieurs opèrent, et je veux ici remercier la DGSE,
l'ensemble de ses agents, et nous n'en oublions aucun, ainsi que leurs
directeurs, qui agissent dans la confidentialité requise pour la sécurité et
les intérêts de la nation. Et nous en mesurons la nécessité aussi sur le
territoire national à travers l'opération Sentinelle qui se poursuit et
mobilise nos forces et à travers la présence partout sur le territoire de notre
gendarmerie. Merci, mon général.
Dans ce brouillard de la guerre, la France n'est pas seule. Bien au contraire.
Ancrée dans son socle européen, mais apte aussi au plus grand large, elle sait
proposer des initiatives et fédérer des coalitions. Cela, nous l'avons montré
il y a quelques années, dès Takouba, en étant nation cadre et en commençant à
agréger au cœur de l'Afrique les forces de tant de pays. Et nous l'avons montré
il y a 18 mois en bâtissant cette Coalition des Volontaires, avec nos amis
britanniques. Et nous serons honorés, et je les remercie de leur présence parmi
nous ce midi, quand en tête des troupes défilent demain nos partenaires de la
Coalition des Volontaires, éléments avancés qui incarnent en particulier la
capacité des Européens à saisir leur destin et à prendre leur sécurité en main,
associant tant de nations européennes et à leurs côtés le Canada, et les
démocraties de l'Indo-Pacifique. Là aussi, en quelques années, nous aurons bâti
des capacités nouvelles en Europe et orchestré un réveil stratégique.
L'Europe est en train de devenir une puissance s'appuyant sur les États qui la
constituent, respectueuse de leurs décisions souveraines, mais assumant de se
défendre et d'agir unie, une Europe qui ne sera pas celle des nationalismes qui
l'ont longtemps consumée, mais qui, en conjuguant les patriotismes de leurs
membres, en agissant unis, nous rend tous plus forts. Le message que nous
envoyons au monde est le suivant : oui, la paix est notre but, oui, nous
chérissons la liberté et le droit, et oui, nous nous tenons prêts à combattre
pour les défendre, toujours, et au prix du sang s'il le faut.
Ce prix du sang, payé par nos soldats français morts pour la France, blessés
dans leur chair ou leur âme. Et je veux redire le respect de la Nation pour ces
soldats morts pour la France. Notre affection aux familles endeuillées auprès
desquelles j'étais il y a un instant avant de vous rejoindre, à nos blessés, à
toutes leurs familles. Et notre attachement aux pensionnaires de l'Institution
nationale des Invalides. La reconnaissance de la Nation, notre soutien et ma
compassion aux familles sont là pour signifier que la France n'oublie, et
n'oubliera jamais leur nom. De même que nous n'oublions jamais nos anciens
combattants qui portent tant de nos combats, notre mémoire, nos engagements, et
dont je remercie ici les grandes fédérations et les associations. Je salue
également le travail accompli par la ministre déléguée, Madame Alice Rufo, pour
améliorer, entre autres choses, l'accompagnement des blessés avec une prise en
charge plus coordonnée et plus humaine ; là encore, l'engagement a été
tenu. J'apporte, vous le savez, la plus grande attention à la condition
militaire. Chef des armées, j'en suis l'ultime garant.
À cet égard, j'entends que les efforts consentis ces dernières années pour les
militaires et leurs familles ne soient pas remis en cause, en particulier par
des mesures d'économies portées à l'aveugle qui ont tant abîmé nos armées il y
a quelques années. Oui, la Nation sait ce qu'elle doit à ses soldats et à leurs
familles. Oui, pour nous défendre, nous avons besoin des meilleurs de nos
concitoyens dans tous les métiers, du combat comme du soutien, pour continuer à
disposer d'un modèle d'armée complet. Oui, nous devons attirer, oui, nous
devons fidéliser, oui, nous devons compenser justement les suggestions. Et je
remercie à ce titre le Haut Comité d'évaluation de la condition militaire pour
son travail et sa vigilance chaque année, mais également le secrétariat général
des armées, le CEMA et l'ensemble des chefs et des ministres pour leur grande
vigilance. C'est l'ambition que je porte pour les soldats de la France depuis
que je suis président de la République. Je veux ici saluer l'engagement
exigeant de celles et ceux qui font ce choix de servir la France et de défendre
ses intérêts et ses valeurs partout dans le monde. Ce choix de l'engagement, de
la disponibilité en tout temps et en tout lieu, de la patrouille sur terre,
dans les airs, sur mer et sous les mers, du courage et de la bataille, cette
ouverture volontaire au sacrifice, cette exigence fondamentale de l'efficacité
pour réaliser la mission, quel qu'en soit le prix des mutations et des
déménagements qui ont tant d'impacts sur la vie personnelle et sur toutes les
familles. La condition militaire est au fond le corollaire du réarmement. Les
deux notions sont indissociables. C'est une question de cohérence, de
crédibilité et un enjeu d'efficacité. Voilà pourquoi j'ai veillé à améliorer
les rémunérations des militaires, la situation des familles, des blessés. Voilà
pourquoi je resterai vigilant jusqu'à la dernière seconde à ce que les
conditions de vie des militaires, de leurs familles, y compris leur logement,
soient améliorées. Voilà pourquoi je m'y suis engagé comme je m'y suis engagé
dans d'autres cénacles.
En 2027, une part des primes viendra intégrer le calcul des pensions
militaires. Je sais combien cette mesure est attendue et je sais pouvoir
compter, sur ce sujet comme sur tout le reste, sur la mobilisation et la
vigilance du Premier ministre, cher Sébastien Lecornu, tant attaché aussi à nos
armées. Voilà pourquoi je serai attentif à ce que la trajectoire des effectifs
fixée par la loi de programmation militaire soit respectée. Ils sont une pièce
essentielle de notre réarmement.
Notre réarmement, ce sont aussi les efforts que fait la direction générale de
l'armement —et merci au délégué général pour ses efforts, son travail— et nos
industriels, animés par elle, pour innover là où d'autres continuent encore à
entretenir des rentes de situation. Compte tenu des menaces, toute notre
industrie de défense doit se mobiliser pour gagner en agilité, répondre aux
enjeux et continuer d'être compétitive, innover, se positionner, savoir quand
se recentrer sur la rusticité et pouvoir produire en volume certaines armes
quand les besoins l'exigent. La guerre en Ukraine et les risques identifiés par
la Revue nationale stratégique montrent bien qu'aujourd'hui, ce n'est plus
seulement le stock, mais le flux qui détermine la stabilité stratégique en
Europe. Ce ne sont plus les arsenaux existants, mais la capacité d'en produire
qui sauront décourager les adversaires. L'Ukraine nous donne à cet égard une
leçon spectaculaire. Et soyons lucides, nous avons pris de nombreuses
initiatives, lancé beaucoup de choses, réinvesti comme jamais. Nous avons, il y
a un peu plus de 4 ans, lancé l'économie de guerre. Mais est-ce que c'est
suffisant ? Non. Face à la concurrence internationale, à l'accélération
dans tous les domaines du jeu, à l'émergence de nouveaux compétiteurs, y
compris insoupçonnés parfois il y a quelques mois, nous devons continuer
d'investir davantage, tant des fonds publics européens que des fonds publics
nationaux, mais aussi des fonds privés. Nous devons innover. Nos entreprises du
secteur doivent s'habituer à prendre davantage de risques. À s'habituer à
prendre des risques sans forcément sécuriser toutes les commandes, comme on le
fait dans beaucoup de secteurs, à produire aussi plus vite, à mobiliser les
programmes et les financements européens que nous avons très souvent inspirés
nous-mêmes, à tout faire pour bâtir des standards européens et une vraie
préférence européenne. Ceci doit être vrai dans le domaine spatial, comme l'a
très bien montré la revue stratégique coordonnée par le SGDSN, et je l'en
remercie. Le sommet que nous organiserons en septembre prochain permettra
d'avancer, je l'espère, dans ce domaine. Mais il nous faut continuer
d'accélérer.
L'opération BROMO est, à cet égard, soutenue par le Gouvernement, l'ensemble de
l'État français comme de nos partenaires pour, là aussi, créer plus de
synergies, rapprocher nos grands opérateurs, mais nous devons aller plus loin
sur les projets européens de constellations communes d'innovation en commun, de
standards européens. C'est la même chose dans les autres domaines. Malgré
l'échec du SCAF, que je regrette profondément, nous aurions tort de nous
arrêter là, et nous aurions tort de penser que les réalités d'aujourd'hui sont
vraies dans 10 ans, 15 ans ou 20 ans, et qu'il n'y aurait pas des compétiteurs
qui vont émerger. Alors avançons sur le SAMP/T nouvelle génération, sur
l'alerte avancée avec JEWEL, sur le tir dans la profondeur où nous devons bâtir
nos propres solutions en cohérence complète avec la dissuasion avancée que nous
avons décidée. Avançons sur le char de combat avec KNDS. Avançons sur des
projets multiples qui nous permettent de faire de l'Europe une réalité
industrielle et en acte. Partout où on crée de la dyssynergie, on se fait
plaisir sur le moment, mais on crée les retards de demain.
Partout où on flatte les nationalismes, en France ou ailleurs, on se trompe sur
l'histoire qui est la nôtre. Le patriotisme, oui, le nationalisme, jamais. Et
au moment où l'Europe se réarme, penser qu'accumuler chacun séparément des
capacités est le sens de l'histoire, c'est une absurdité. Nous devons bâtir en
Européens et garder nos spécificités propres, nos modes de décision, nos forces
d'intervention, notre crédibilité. Mais ne faisons pas bégayer l'histoire. Il
nous faut aussi reconnaître que dans les drones, les intercepteurs, les
missiles ou les munitions, nous ne produisons pas assez vite, nous ne
produisons pas assez fort et nous devons nous adapter pour nos propres besoins,
là où je vois nos armées attendre parfois des mois, si ce n'est des années, les
capacités qu'on leur promet, mais aussi pour être compétitifs à
l'international. Nous ne vendrons pas des solutions si nous expliquons aux
clients qui veulent se protéger aujourd'hui que nous leur livrerons les
munitions, les missiles qui vont avec dans 5 ans, 6 ans, 7 ans. Des
compétiteurs arrivent qui leur proposent pour demain. Et donc nous devons, là
aussi, investir, prendre des risques. Je compte sur nos industriels pour le
faire et réaliser ce nouvel ordre, mais aussi pour mobiliser nos PME, nos
start-ups, l'ensemble de nos écosystèmes pour produire partout mieux sur le
territoire français. Les commandes historiques des dernières années et nos
succès à l'export nous obligent et doivent nous conduire à une exigence
redoublée.
Enfin, je veux saluer l'engagement de la jeunesse de France, qui a répondu
présente à l'appel et qui rejoindra dès septembre nos rangs en effectuant dans
les armées son service national. J'irai à la rencontre des appelés du service
national à la rentrée en chef des Armées pour les féliciter. Et je veux
remercier le chef d'État-major des Armées et ses équipes pour la mise en œuvre
de ce projet que j'avais annoncé en novembre dernier à Varces. Il est essentiel
pour consolider cette force d'âme. Il est essentiel pour continuer à recruter
les meilleurs. Il est essentiel pour continuer aussi à accroître notre réserve.
Et nous savons que dans les enjeux aussi de la mobilisation nationale, il y a
les objectifs que nous nous sommes fixés pour doubler les effectifs de
celle-ci.
Mes chers compatriotes, soldats, aviateurs, marins, nous avons beaucoup fait
pour redresser nos armées et nous continuerons à le faire parce qu'une armée
statique serait une armée défaite. Et dans ce monde en bascule, nous devons
conserver un temps d'avance, anticiper les chocs et les besoins. Nous devons
être stratèges et nourrir une vision prospective. Cette vision de la défense à
10 ans, je la livrerai prochainement à l'occasion des 150 ans de l'École de
guerre qui forme les officiers supérieurs dont la France a besoin demain pour
tenir son rang. Oui, nous devons préparer les guerres à venir, mais ne nous
trompons pas, notre capacité à les mener dépendra de notre crédibilité
aujourd'hui. Ce sont les guerres d'aujourd'hui que nous devons gagner. C'est notre
force à tenir sur le front ukrainien, c'est notre capacité à être là où nos
partenaires nous attendent, au Proche et Moyen-Orient, c'est notre capacité à
continuer à être des partenaires tels que nous l'avons reconçu en Afrique,
c'est notre capacité à nous tenir dans l'Indo-Pacifique qui déterminera notre
capacité à tenir les enjeux de 2030.
Tout se joue aujourd'hui, ici, encore. Tout ce qui a été fait depuis 10 ans
nous a rendus plus forts, mais soyons humbles, exigeants, il nous reste
beaucoup à faire. Alors, aujourd'hui, à la veille de notre fête nationale, à
l'occasion de laquelle la nation se rassemblera Place de la Concorde pour
rendre hommage à ces soldats, je veux ici en ce jour vous redire ma
détermination, ma reconnaissance et ma fierté d'être à vos côtés depuis 2017.
C'est ma plus grande fierté. Vous avez ma confiance.
Vive la République ! Et vive la France !
> La Coalition des volontaires est réunie à Paris. Nous accélérons notre soutien à l’Ukraine. Renforcer sa défense, accroître la pression sur la Russie et bâtir les garanties de sécurité de demain : notre unité est notre force, notre détermination, notre crédibilité.
> La forêt de Fontainebleau est frappée par un incendie d’une ampleur exceptionnelle. Aux habitants de Seine-et-Marne, je veux dire notre solidarité. Aux sapeurs-pompiers et forces de secours engagés sans relâche, notre profonde gratitude. Tous les moyens sont mobilisés.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> En ce 14 juillet, nos pensées vont aux victimes de l’attentat islamiste de
Nice, à leurs proches et à tous ceux dont la vie a été bouleversée par cette
tragédie. Dix ans après, la douleur demeure. Le souvenir reste intact. Nous
n’oublierons jamais. Face au terrorisme islamiste, la République restera
toujours debout, unie et déterminée à protéger les Français.
> Je me suis rendu ce matin auprès des sapeurs-pompiers et de l’ensemble des forces mobilisées sur le feu de forêt de Noisy-sur-École en Seine et Marne. Cet incendie a déjà parcouru 800 hectares de la forêt de Fontainebleau, un peu moins de 5% de la surface du massif. Près de 600 sapeurs-pompiers sont engagés, épaulés par des renforts venus de toute la France, notamment des zones Sud et Sud-Est de la France. C’est une illustration forte de la solidarité nationale : des territoires habituellement confrontés aux grands feux de forêt viennent aujourd’hui prêter main-forte à l’Île-de-France. Dès ce matin, après une forte mobilisation hier soir jusqu'à la nuit aéronautique, un dispositif aérien exceptionnel était déployé avec 2 Canadair, 2 Dash, un hélicoptère bombardier d’eau lourd et deux hélicoptères bombardiers d’eau légers, en appui des équipes au sol. Depuis le début de la saison, près de 10 000 départs de feux de végétation ont été recensés en France, détruisant près de 32 000 hectares. Je salue le courage, le professionnalisme et l’engagement de tous ceux qui sont mobilisés pour protéger les populations, les habitations et notre patrimoine naturel.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> [Crise au Moyen-Orient] Notre volonté, c'est de tout faire pour le
cessez-le feu et la liberté de navigation
> Nous ne sommes pas là pour entraîner la France dans la guerre en Ukraine.
> L'Europe rassemblée est en capacité de parler avec les pays continents, je pense à la Russie, à la Chine ou aux États-Unis.
> La Russie est une menace pour l'Ukraine d'abord, puis pour l'Europe.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> L'Europe est réunie aujourd'hui à Paris à l'invitation du président de la
République pour célébrer son réveil stratégique et notre fête nationale.
> Aujourd’hui, le Quai d’Orsay a accueilli le président de la République, le président Zelensky, les dirigeants du Danemark, l'Espagne, la Suède, la Norvège, les Pays-Bas, ainsi que le président du Conseil européen et la présidente de la Commission européenne. Tous déterminés à soutenir l’Ukraine contre les attaques balistiques de la Russie. Tous résolus à agir pour la paix.
> [Propos racistes de Rayo] La France n'a pas de couleur de peau. Toute affirmation contraire relève de la bêtise, du racisme ou d'une combinaison des deux. Cette équipe exceptionnelle montre le plus beau visage de la France.
> [Crise au Moyen-Orient] L'Iran, les États-Unis, doivent se tenir aux engagements qu'ils ont pris.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> En ce 14 Juillet, je veux adresser une pensée particulière à toutes celles
et tous ceux qui sont mobilisés aujourd'hui au service des Français. Merci aux
armées, aux professionnels de santé qui assurent, chaque jour comme les jours
fériés, une continuité avec un engagement exemplaire. Bonne fête nationale à
toutes et à tous.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> En ce 14 juillet, nos cœurs sont tournés vers Nice et les Niçois, 10 ans
après l'attentat islamiste qui prit la vie de 86 personnes et en blessa 400.
Jamais nous n'oublierons. Nissa la Bella.
> Le 14 juillet n'est pas seulement une date. C'est une promesse. Une promesse renouvelée depuis plus de deux siècles selon laquelle des femmes et des hommes venus d'horizons différents peuvent choisir de former un même peuple, une même nation. Vive la République Vive la France !
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Dix ans après l’attentat du 14 juillet à Nice, je m’associe à la
douleur des proches des 86 victimes et à tous ceux dont la vie a été
bouleversée par cette tragédie. Leur mémoire continuera d’être portée. Nous
n’oublierons jamais. Face au terrorisme islamiste, la République restera
toujours debout et unie, fidèle à ses valeurs de liberté, d’égalité et de
fraternité.
> Belle fête nationale ! Hommage, honneur et reconnaissance à toutes celles et ceux qui, jour et nuit, veillent sur nous et nous protègent. Sur les Champs-Élysées et dans les airs, la France célèbre aujourd’hui ses armées, l’unité de la Nation et la solidarité de ses partenaires aux côtés de l’Ukraine.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Les établissements médico-sociaux pleinement mobilisés pendant les
épisodes de fortes chaleurs.
Les personnes âgées et les personnes en situation de handicap sont les
premières exposées lors des épisodes de fortes chaleurs.
Le Gouvernement agit concrètement :
- Déploiement du plan ORSEC Chaleurs extrêmes par les préfets dans chaque
département.
- Suivi quotidien des 34 000 établissements et services médico-sociaux.
- 100 M€ mobilisés pour accélérer le rafraîchissement des établissements (50 M€
en décembre 2025 et 50 M€ en juillet 2026).
- Plus de 8 000 climatiseurs mobiles livrés aux établissements de santé et aux
établissements médico-sociaux
Aujourd’hui, déplacement au FAM Iris à Villejuif et à l’EHPAD de la Fondation
Gourlet Bontemps au Perreux-sur-Marne pour remercier les équipes mobilisées qui
veillent chaque jour sur les résidents avec un engagement exemplaire. Mais
aussi pour échanger sur l’application concrètes des mesures et actions mises en
œuvre dans cette période de canicule.
Des retours de terrain indispensables pour guider mon action au service des
personnes âgées et personnes en situation de handicap.
● Autres ministres
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> Le 14 juillet ne célèbre pas seulement un événement. Il célèbre un choix.
Celui d’un peuple qui a décidé, un jour de 1789, que son destin lui
appartenait, avant de sceller son unité un an plus tard, lors de la fête de la
Fédération. Être Français, ce n’est pas seulement partager un territoire ou une
langue. C’est hériter d’une promesse et accepter de la tenir. La liberté,
l’égalité, la fraternité ne sont pas des mots gravés dans la pierre. Ce sont
des exigences que chaque génération doit faire vivre à son tour. C’est là que
l’École trouve son sens le plus profond. Chaque matin, dans chaque classe de
France, des professeurs transmettent bien plus que des savoirs. Ils
transmettent ce qui nous unit. Une langue, une histoire, une manière d’être
ensemble qui ne doit rien à la naissance et tout à la volonté. En ce jour de
fête nationale, je pense à celles et ceux qui incarnent cette fraternité
jusqu’au péril de leur vie. Aux sapeurs-pompiers, aux personnels de la sécurité
civile, à tous ceux qui luttent en ce moment même contre les flammes pour
protéger nos concitoyens. Ils sont le visage de la Nation qui se tient debout.
Bon 14 juillet à toutes et à tous. Vive la République, vive la France !
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Nous avons refusé la fatalité, la passivité, et pris notre sécurité en
main avec la coalition des volontaires. Aujourd’hui l’aide à l’Ukraine est
assurée par l’Europe, et les Russes accusent des difficultés sur le terrain et
chez eux.
> Nous ne serons pas intimidés par la rhétorique du Kremlin ou les habituelles inversions accusatoires de sa propagande.
> L’Europe de la défense est en marche. La France en est le fer de lance. La coalition des volontaires pour l’Ukraine a démontré notre capacité à prendre en main notre destin. Les pays européens augmentent leurs budgets de défense. Accélérons maintenant les projets de coopération.
> Le Rassemblement National, qui maintenant nous dit qu’il soutient l’Ukraine, s’est opposé depuis quatre ans à toutes les mesures de soutien, que ce soient les sanctions contre la Russie ou l’aide économique et militaire.
> La Russie recule, l’aide à l’Ukraine est assurée par l’Europe, les Américains reconvergent vers nous. Sous l’impulsion de notre pays, les Européens ont pris en main leur sécurité. La coalition des volontaires en est la preuve.
> L’armée russe s’enlise en Ukraine, le mécontentement grandit en Russie. Le Kremlin multiplie alors les ingérences pour tenter de nous déstabiliser. C’est un énième échec. Face à ces attaques cyber, l’ambassadeur russe en France sera convoqué dans les prochains jours. Nous le laisserons rien passer.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> La France du 14 juillet. Une France qui honore ses armées. Une France qui
protège sa liberté. Une France qui reste maîtresse de son destin. Parce que
nous savons le prix de la paix, nous n'oublions pas ceux qui, aujourd'hui
encore, se battent pour leur liberté, en Ukraine. Nous sommes à leurs côtés.
> Aujourd’hui, la France célèbre ce qui l’unit. Une histoire, des valeurs, une ambition commune : celle d’une République qui protège et fait vivre la liberté, l’égalité et la fraternité. Soyons fiers de ce que nous partageons. Bon 14 juillet à tous !
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> 14 juillet 2016, 14 juillet 2026. Dix ans. Il y a dix ans, la Promenade
des Anglais devenait le théâtre de l’horreur : 86 vies fauchées, des centaines
de blessés, des familles brisées à jamais, en plein soir de fête nationale. Dix
ans après, notre mémoire ne faiblit pas. Nous pensons à chaque victime, à Nice,
à ses habitants, à toutes les familles qui vivent depuis dix ans avec cette
blessure. La Nation tout entière se souvient et je veux saluer l’engagement
sans relâche des associations de victimes depuis dix ans. Ce dixième
anniversaire nous oblige. Face au terrorisme, il n’y a pas de place pour
l’oubli ni pour le renoncement. C’est un combat à mener sans relâche, pour que
plus jamais la France ne baisse la garde.
> En ce 14 juillet, célébrons ce qui vient unir le peuple français. Bonne fête nationale à toutes et à tous. Et vive la France !
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Ces derniers jours, j'étais en Vendée, dans la Sarthe et en Saône-et-Loire
à la rencontre des militants de notre Mouvement. De Paris au plus petit village
de France, vous trouverez toujours des adhérents MoDem sur le terrain, au plus
près des préoccupations de nos concitoyens. C'est l'une des forces de notre
parti. Et la relève arrive : de plus en plus de jeunes s'engagent à nos côtés.
Bien souvent, ils sont élus locaux, membres d'associations, étudiants, etc.
Merci à toutes et tous pour votre accueil, votre mobilisation et votre énergie.
Je continuerai à venir à votre rencontre partout en France !
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Merci à la ministre Catherine Vautrin de nous avoir reçus pour ce 14
juillet avec Renew Europe. Bâtissons ensemble cette Europe puissance, y compris
militaire, indispensable à notre sécurité et notre indépendance.
> Un défilé du 14 juillet sous le signe de la solidarité internationale. Une présence historique des dirigeants de la coalition des volontaires pour l’Ukraine, autour des présidents Macron et Zelensky. Nous y étions avec Renew Europe. Avec un message clair : notre sécurité collective s’appuie aussi sur un partenariat entre Européens, sur une Europe de la défense.
> Pensées émues pour les victimes de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016, il y a dix ans. La République est plus forte que le terrorisme islamiste, plus forte que la haine.
Pascal Canfin (député)
> Sans l’équipe d’Europe, l’Ukraine serait tombée. La liberté des
Ukrainiens, c’est notre liberté, car si Vladimir Poutine gagnait en Ukraine,
c’est notre liberté qui serait attaquée.
> Le RN, en s’opposant aux énergies renouvelables, contribue à ce que nous restions dépendants des énergies fossiles. (…) Le RN s’est opposé au principe même qu’il y ait une loi, une action climatique en Europe.
> Le financement de l'innovation accélère en
Europe, et c'est une excellente nouvelle.
Trois annonces marquantes ces derniers jours :
- La BEI, les 27 États membres et plusieurs grands investisseurs
institutionnels ont lancé la deuxième phase de l'European Tech Champions
Initiative (ETCI 2.0), avec l'ambition de mobiliser jusqu'à 80 milliards
d'euros pour les scale-ups technologiques européennes. Pour rappel, l'ETCI
c'est un fonds-de-fonds opéré par la BEI avec le soutien des Etats membres. La
première phase avait déjà permis de soutenir 15 méga-fonds et l'émergence de 12
licornes.
- Le Scale-Up Europe Fund confirme sa dynamique : ce fonds de 5 milliards
d'euros, récemment attribué au fonds suédois EQT et soutenu par des
investisseurs de premier plan (Novo Holdings, Allianz, APG, Santander,
CriteriaCaixa mais également la Commission européenne), s'apprête à réaliser
ses premiers investissements dès cet automne dans l'IA, le quantique, la
biotech et les technologies de souveraineté. EQT a récemment annoncé dans le
Financial Times que l'objectif de 5 milliards d'investissement devrait être
dépassé.
- En France, Roland Lescure a
annoncé le lancement de la troisième phase de l'initiative Tibi, avec 13
milliards d'euros supplémentaires mobilisés, portant à près de 31 milliards
d'euros les montants orientés vers l'innovation depuis 2020. Ce dispositif, qui
en a inspiré tant d'autres en Europe, permet de mettre en lien les fonds de
capital-risque et les investisseurs institutionnels. Cette nouvelle phase
renforce aussi l'ambition européenne du dispositif, avec un rapprochement
franco-allemand en préparation.
L'Europe prend enfin des mesures fortes pour accélérer l'investissement dans
l'innovation. Les sommes restent loin de celles déployées outre-Atlantique,
mais elles permettront, couplées à d'autres mesures comme EU Inc., la réforme
de la commande publique et l'Union pour l'Epargne et l'Investissement, à nos
entreprises de grandir sur notre continent.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Penser la défense de demain, c’est préparer l’avenir de la France. J’ai
présenté les dernières publications du Plan au Chef d’état-major des armées
Fabien Mandon. À la veille du 14 Juillet, soyons fiers de nos armées,
conscients de la nécessité de renforcer notre effort de défense, lucides sur
l’impératif d’une coopération européenne plus forte.
> Il faut faire émerger une véritable culture de l’adaptation aux grandes chaleurs : services publics, conditions de travail, vie quotidienne. Pour une « France du frais », le Plan fait des propositions ambitieuses, concrètes, peu coûteuses
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Il y a 10 ans, Nice était frappée en plein cœur. Pensées pour les victimes
et leurs proches, en particulier les enfants qui portent encore les cicatrices
de cette nuit. À l’âge de l’insouciance, ils ont connu l’indicible. Leur
reconstruction est notre responsabilité collective.
> Nous connaissons une baisse démographique majeure, les
proportions de population s’inversent. Et, c’est un fait, moins il y a
d’enfants, moins on les supporte. Autre effet, le décrochage des salaires
intervient souvent dès la naissance du premier enfant, révélant un modèle qui
n’a pas su articuler travail et parentalité. Les écueils sont nombreux, en
termes de niveaux de salaires, de solutions de garde et de leurs coûts, la
difficulté d’obtenir un temps partiel, etc. Pourtant, le désir d’enfant demeure
chez les jeunes générations. Ce sont avant tout le manque d’adaptation de la
société et du monde du travail qui freinent le passage à l’acte. (...)
Notre pacte social, basé sur la solidarité entre les générations,
ne pourra bientôt plus tenir si on ne se place pas en soutien des jeunes
parents, dans le cadre du travail, et plus globalement.
> Nous sommes face à une question de choix. Au-delà de sa carte et de son positionnement tarifaire, au-delà de la clientèle cible, il s’agit de déterminer comment son établissement se positionne vis-à-vis de l’accueil des enfants et quel message se diffuse à travers cela. À ce stade, il n’est pas question d’investissements. Il peut s’agir simplement d’installer une table à langer, d’enlever une table pour pouvoir mettre une poussette ou proposer un set à colorier. Il est davantage question d’état d’esprit que de business.
> La loi qui lutte contre les discriminations intègre la discrimination par l’âge. Un établissement qui refuse une catégorie de personnes ou qui communique dans ce sens peut se voir condamner. J’ai alerté les représentants de la profession à ce sujet. Les sanctions peuvent être d’ordre pécuniaire ou administratif par un retrait de licence par exemple. Pour autant, la réalité est plus subtile car la plupart jouent sur les mots et contournent les termes de la loi en « réservant aux adultes ». Mais la loi prévoit déjà des règles s’agissant des lieux interdits aux enfants en raison des risques, notamment les casinos ou les établissements de nuit. Ce n’est par ailleurs pas illégal d’organiser des tranches horaires dédiées aux adultes dans son établissement, pour gérer malgré tout les besoins des clients mais sans refuser aucune prestation.
> Les offres « no-kids » bénéficient aujourd’hui de l’absence de jurisprudence claire. Une procédure engagée récemment par une famille pourrait faire évoluer l’interprétation du droit.
> Les enfants ne génèrent pas le ticket moyen d’un restaurant, mais ils représentent un enjeu de long terme. Attirer un client se joue souvent dès le plus jeune âge, et si les enfants ne sont pas les bienvenus, les parents ne viennent pas non plus. Face à la facilité de la livraison, les restaurants peuvent être à l’origine de ces madeleines de Proust, de ces environnements qui marquent l’enfance. Un positionnement favorable aux enfants est un levier de fidélisation et d’acquisition plus durable que les ajustements d’offres et de tarifs. Compte tenu de la multiplicité de l’offre, c’est une erreur de rester focalisé sur le produit. Il faut trouver d’autres verticales, plus directes, plus incarnées, pour acquérir des clients. Je suis persuadée que dans les années à venir, cet aspect pourra entrer en ligne de compte dans la valorisation des fonds de commerce.
Dans un moment où il y a de l’exigence et une question de pouvoir d’achat, l’acquisition client va coûter de plus en plus cher. Et, ce n’est pas la présence d’un menu enfant qui changera la donne, c’est l’état d’esprit. Je suis convaincue que l’inclusion des enfants est notre prochain grand combat socio-économique. Les entreprises s’impliquent désormais largement en termes de responsabilité sociale et environnementale. Pour le moment, l’environnement occupe la majeure partie du débat, car les répercussions des actions sont mesurables et opposables. Le social, au sens de la vie en société, est presque un muscle atrophié de cette dynamique. Il est vu essentiellement sous le prisme de la marque employeur et du recrutement, mais il n’est pas pensé au-delà des obligations légales d’accessibilité. Il faut désormais considérer cette dimension sociale de l’accueil des enfants comme un actif stratégique pour l’entreprise.

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