dimanche 6 novembre 2022

Propos centristes. France – COP27 / La dissolution de l’Assemblée n’est pas d’actualité / Budget 2023 / De l’utilité du plan / Être centriste selon Bayrou / Guerre de Poutine contre l’Ukraine / Défense des consommateurs…

Voici une sélection, ce 6 novembre 2022, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Tribune co-écrite avec Macky Sall, président de la République du Sénégal et Mark Rutte, Premier ministre du Royaume des Pays-Bas : «Un nouveau pacte pour l’Afrique lors de la COP 27»]
Nous avons été témoins cette année d’ouragans, de typhons et d’inondations catastrophiques. L’Amérique et l’Australie ont été la proie des flammes. L’Europe a suffoqué sous le coup d’une longue canicule. La pénurie de denrées alimentaires causée par la sécheresse et des inondations en Afrique orientale a frappé de nombreux foyers. Les pluies torrentielles de la mousson ont submergé un tiers du Pakistan, faisant un demi-million de sans-abri.
Notre planète entière est touchée, mais l’Afrique est le continent le plus vulnérable face à cette crise mondiale. Tous les effets négatifs du réchauffement climatique semblent y être amplifiés : le PIB africain est amputé de 15 % de croissance par an en raison des conséquences destructrices du changement climatique, et les conditions météorologiques extrêmes et erratiques menacent vie humaine, approvisionnement alimentaire, sécurité hydrique et jusqu’aux fondements mêmes du développement économique. Sur le continent, 250 millions de personnes ont de plus en plus de difficultés à vivre de leur travail de la terre.
Les Nations unies nous alertent sur le fait que la trajectoire actuelle nous mène vers une hausse de la température mondiale de 1,5 °C en 2030 par rapport aux niveaux préindustriels. En Afrique, le changement climatique est une réalité irréversible. Il est trop tard pour revenir en arrière. Nous pouvons encore mettre en place des mécanismes d’atténuation, mais le temps presse. C’est pour cette raison que nous avons deux priorités pour le Sommet sur le climat qui se tiendra cette année en Égypte : non seulement maintenir l’objectif de 1,5 °C à notre portée, pour éviter que les conséquences du changement climatique ne s’aggravent davantage encore, mais aussi accélérer radicalement l’adaptation au dérèglement climatique en Afrique et dans les pays vulnérables du monde entier.
Ce travail d’adaptation est aussi porteur de croissance. Il s’agit de maîtriser la nature pour restaurer les écosystèmes dégradés, de développer des cultures résistantes à la sécheresse, des services numériques accessibles pour les petits agriculteurs et des infrastructures résistantes aux intempéries, et de créer de nouveaux emplois verts pour les jeunes. Si l’atténuation des changements climatiques est un passage obligé pour que notre planète reste vivable, l’adaptation à ces changements est l’occasion de forger un nouveau modèle de développement pour l’Afrique qui réunisse résilience au changement climatique, ingéniosité, efficacité et productivité.
L’Afrique possède tous les atouts pour y parvenir. Elle a la population la plus jeune de tous les continents, elle a su relever de nombreux défis, notamment tout récemment la covid19, et elle est déterminée à tirer tout le parti possible de la crise climatique.
Mais pour mettre en œuvre ce programme d’adaptation, chacun devra y mettre du sien, en Afrique mais aussi dans le reste du monde. Lors de la COP26 de Glasgow l’année dernière, les pays développés sont convenus de doubler le financement de l’adaptation à concurrence d’au moins 40 milliards de dollars par an d’ici 2025. Les flux financiers internationaux en provenance des pays développés sont nécessaires pour aider les pays en développement, dans le cadre de la mobilisation, essentielle, de toutes les sources de financement de l’action climatique, qu’elles soient internationales, nationales, publiques ou privées. On estime que, rien que pour l’Afrique, 52 milliards de dollars par an sont nécessaires ; l’augmentation du soutien financier des pays développés doit contribuer à mobiliser toutes les autres sources de financement.
La France et les Pays-Bas sont les principaux contributeurs du soutien à l’adaptation dans les pays en développement, notamment en Afrique. La France s’engage à fournir 6 milliards d’euros par an en faveur de l’action climatique dans les pays en développement jusqu’en 2025, dont un tiers pour l’adaptation. Les Pays-Bas ont récemment décidé d’accroître leur financement annuel de l’action climatique à hauteur d’au moins 1,8 milliard d’euros en 2025 et de doubler leur aide publique à l’adaptation aux changements climatiques. En outre, les Pays-Bas continueront de consacrer plus de la moitié de leur financement public de l’action climatique à l’adaptation, en particulier en Afrique, et feront progresser ces questions lors de la Conférence des Nations unies sur l’eau de 2023, dont ils seront coorganisateurs.
Tous les pays doivent honorer le plus vite possible leurs engagements relatifs au financement de l’action climatique et verser des fonds pour des projets sur le terrain, tels que l’initiative de la Grande muraille verte, qui lutte contre la désertification via la régénération de millions d’hectares de terre dégradée, accroît la sécurité alimentaire, améliore la nutrition et la productivité agricole et soutient les emplois ruraux dans 11 pays au Sahel. Cette initiative a remis au goût du jour des principes traditionnels de gestion des terres qui avaient failli disparaître ; elle est la preuve que l’Afrique trouve des solutions à la crise climatique. Rien qu’au Sénégal, plus de 11 millions d’arbres ont ainsi été plantés.
Dans le prolongement de cette initiative, le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique est un projet d’envergure continental conçu et dirigé par les Africains visant à donner la priorité au renforcement de l’adaptation dans le domaine de l’agriculture, des services numériques, des infrastructures, de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes. La Banque africaine de développement a mobilisé jusqu’à présent la moitié des 25 milliards de dollars dont elle a besoin pour l’adaptation aux changements climatiques d’ici 2025, et ces efforts portent déjà leurs fruits. Cette COP27 « africaine » est l’occasion pour tous les pays qui en sont capables d’accroître leur action afin d’assurer le financement complet du Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique par l’intermédiaire du guichet de financement consacré à l’action climatique du Fonds africain de développement, ainsi que des 250 millions de dollars de la Facilité de financement en amont de ce Programme. Grâce au soutien du Centre mondial pour l’adaptation, ce Programme a déjà redirigé plus de 3,5 milliards de dollars d’investissements en amont dans 19 pays, chaque dollar investi ayant un impact sur 100 autres en aval.
L’adaptation, ce sont aussi des investissements massifs dans la révolution agricole rendue nécessaire par les changements climatiques. La Mission internationale de résilience alimentaire et agricole (FARM), lancée par la France et par ses partenaires européens et internationaux, fournit déjà une gamme complète d’investissements pour accroître la solidité des chaînes de valeurs agricoles africaines, notamment en libérant le potentiel des protéines végétales et des engrais décarbonés ou organiques. Nous appelons tous nos partenaires à intensifier leur soutien à cette initiative décisive.
La COP27 est l’occasion idéale pour tous les pays de soutenir l’Afrique afin qu’elle puisse faire face aux conséquences du changement climatique et ouvrir la voie vers la résilience. C’est aussi le moment de relancer et renouveler le partenariat entre les pays du Nord et le continent le plus jeune et le plus prometteur du monde. Pour ce faire, la conférence doit représenter une avancée majeure dans le domaine du financement de l’adaptation au changement climatique et conduire à des actions concrètes sur le terrain.
L’Afrique ne se contente pas d’attendre passivement. Elle agit, pleinement soutenue par des pays européens comme la France et les Pays-Bas, mais elle a besoin de l’appui de tous les bailleurs de fonds, qu’ils soient donateurs, investisseurs privés ou philanthropes. La réussite de l’Afrique, à savoir le développement d’un continent plus fort, plus vert, plus prospère, durable et résilient, sera notre succès à tous.

 

Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Elisabeth Borne (Première ministre)
> Le Budget 2023 est adopté en première lecture ! Un budget qui protège le pouvoir d'achat. Un budget pour le plein-emploi, qui accélère notre transition écologique et défend notre souveraineté. Un budget fidèle à notre engagement : améliorer le quotidien des Français.

> Le projet de loi sur les énergies renouvelables est adopté au Sénat à la quasi unanimité. Cet accord est un bon signal pour notre projet : accélérer le développement des énergies renouvelables et sortir des énergies fossiles. Continuons à trouver des compromis dans l’intérêt des Français.

 

Bruno Le Maire (ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et Numérique)
> Impôt minimum sur les sociétés et meilleure répartition de la richesse dans l’entreprise: avec Emmanuel Macron, nous sommes déterminés à faire bouger les lignes.

> Il n’y a pas eu de profiteurs de l’inflation dans l’alimentaire. Ni les agriculteurs, ni les distributeurs, ni l’industrie agroalimentaire n’ont pris au passage de rémunération excessive. 

> Quand une entreprise a de quoi verser des dividendes à ses actionnaires, elle doit récompenser ses salariés.

> Les entreprises qui le peuvent doivent augmenter les salaires mais une grande conférence salariale ne pourrait que conduire à l'indexation des salaires sur l'inflation ce qui provoquerait selon lui"une spirale inflationniste. (…) Laissons les entreprises négocier.

> Subventionner les énergies fossiles sur une longue période serait contradictoire avec nos objectifs climatiques et dangereux pour nos finances publiques.

 

Gérald Darmanin (ministre de l’Intérieur et des Outre-mer)
> La France, ce n’est pas une couleur, ce sont des valeurs.

> C’est dans les quartiers populaires que le besoin de protection est le plus fort.

> Je constate une violence très forte dans notre pays.

> Il faut améliorer les services publics qu'on peut rendre aux Français.

> [Propos racistes d’un député RN] Ce qui est incroyable, c’est qu’on aurait tous cru que Madame Le Pen aurait tiré les conclusions immédiates de ce qui s'est passé dans l'hémicycle et aurait elle-même tancé son parlementaire, voire l'aurait exclu pour montrer qu'en effet elle n'était pas dans la filiation de son père et du Front National. Elle ne l'a pas fait. Elle a commis une erreur énorme. (…)
La stratégie de Madame Le Pen d’essayer de se modérer s’est fracassée vendredi sur la personnalité de ce parlementaire. (…)
Combien y a-t-il d’autres Monsieur de Fournas parmi les 80 parlementaires RN ? Je pense que dans les semaines et les mois qui viendront, nous le constateront.

> Quelles sont nos capacités d'intégration aujourd'hui? (…) Aujourd'hui, ce qui est obligatoire, c'est de prendre des cours de français quand on migre. Demain, avec notre réforme, il faudra réussir l'examen de français pour avoir son titre de séjour. Sinon, il n'y aura pas de titre de séjour. (…) Aujourd'hui "qu'un quart des personnes en situation régulière sur le territoire, ne parlent pas bien français. (…) Nous ne proposons pas de régularisation avec cette réforme, c'est même tout le contraire"

 

Catherine Colonna (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Déclaration des ministres des Affaires Étrangères du G7 / Münster, 4 novembre]
1. Préambule
Nous, ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni, et haut Représentant de l’Union européenne, soulignons notre volonté inébranlable de demeurer unis et notre attachement indéfectible à l’ordre international fondé sur des règles de droit afin de protéger les droits de tous, notamment des personnes les plus vulnérables.
Tous les États membres des Nations unies doivent s’abstenir, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre la souveraineté et l’intégrité territoriale d’un État, quel qu’il soit, conformément à la Charte des Nations unies. Toute violation des principes fondamentaux juridiquement contraignants et agréés par tous, tels que la coopération pacifique, la souveraineté, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et l’intégrité territoriale, est inacceptable. Nous sommes fermement déterminés à demander des comptes aux auteurs de violations flagrantes de ces principes fondamentaux du droit international.
2. La guerre menée par la Russie contre l’Ukraine
Nous appelons une nouvelle fois la Russie à cesser immédiatement sa guerre d’agression contre l’Ukraine et à retirer toutes ses forces et ses équipements militaires. Nous condamnons, avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, la récente escalade russe, notamment les attaques menées par la Russie contre des civils et des infrastructures civiles dans l’ensemble de l’Ukraine, visant en particulier les installations en énergie et en eau, à l’aide de missiles et de drones et formateurs iraniens. Avec ces attaques, la Russie cherche à terroriser la population civile. Les attaques indiscriminées contre des populations et des infrastructures civiles constituent des crimes de guerre. Nous réaffirmons notre détermination à ce que les auteurs de ces crimes et de crimes contre l’humanité rendent pleinement compte de leurs actes. Nous condamnons également la violation de l’espace aérien moldave.
La rhétorique nucléaire irresponsable de la Russie est inacceptable. Tout emploi d’armes chimiques, biologiques ou nucléaires par la Russie aurait de graves conséquences. Nous rejetons aussi les fausses allégations russes, selon lesquelles l’Ukraine préparerait une bombe « sale » radiologique. Les inspections menées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont confirmé que ces allégations sont sans fondement et nous félicitons l’Ukraine pour sa transparence.
Nous condamnons également la poursuite par la Russie de l’occupation et de la militarisation de la centrale nucléaire de Zaporijjia, l’enlèvement de membres du personnel ukrainien et les mauvais traitements qui ont été signalés, ainsi que la déstabilisation intentionnelle de son fonctionnement. Nous soutenons les efforts menés par l’AIEA pour mettre en place une zone de protection pour la sûreté et la sécurité nucléaires.
Nous continuerons à imposer des coûts économiques à la Russie et à d’autres pays, personne ou entité apportant un soutien militaire à la guerre d’agression menée par la Russie, comme plusieurs d’entre nous l’avons déjà fait s’agissant de la fourniture par l’Iran de drones à la Russie.
Nous réitérons nos appels aux autorités biélorusses pour qu’elles cessent de faciliter la guerre d’agression menée par la Russie, notamment en autorisant les forces armées russes à utiliser leur territoire pour lancer des missiles contre l’Ukraine. Si les autorités biélorusses s’engagent de manière plus directe dans la guerre menée par la Russie, le G7 imposera au régime de ce pays des coûts supplémentaires écrasants.
Nous réaffirmons notre détermination sans faille à continuer d’apporter le soutien financier, humanitaire, politique, technique, juridique et en matière de défense dont l’Ukraine a besoin pour atténuer les souffrances de sa population et défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale dans ses frontières internationalement reconnues. Nous saluons le courage et la résilience du peuple ukrainien face à l’agression russe qui ne fait suite à aucune provocation et nous sommes déterminés à aider l’Ukraine à faire face à ses besoins en préparation de l’hiver.
Nous créons aujourd’hui un mécanisme de coordination du G7 pour aider l’Ukraine à réparer, remettre en état et défendre ses infrastructures essentielles d’énergie et d’eau. Nous nous félicitons de la conférence internationale du 13 décembre prochain à Paris visant à soutenir la résilience civile de l’Ukraine, organisée conjointement par la France et l’Ukraine. Nous nous félicitons des résultats de la conférence internationale d’experts qui s’est tenue à Berlin le 25 octobre dernier et nous soulignons notre volonté de contribuer à la reconstruction, à la relance et à la modernisation de l’Ukraine. Nous nous tiendrons résolument aux côtés de l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra.
Nous réaffirmons notre soutien à la liberté de la presse et à l’accès à des informations fiables partout dans le monde. Nous continuerons à contrer la désinformation menée par la Russie, notamment ses fausses allégations concernant les armes biologiques. Nous renforçons les capacités du mécanisme de réaction rapide du G7 pour mener une réponse concertée.
Rappelant la déclaration des chefs d’État et de gouvernement du G7 du 11 octobre dernier, nous saluons la disposition du Président Zelensky à parvenir à une paix juste fondée sur le respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Ukraine et son droit légitime à se défendre contre toute agression. Les appels de la Russie en faveur de négociations ne sont pas crédibles, lorsque dans le même temps cette dernière mène une escalade dans sa guerre, profère de nouvelles menaces et continue de propager sa désinformation.
3. Les conséquences mondiales de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine
La guerre d’agression menée par la Russie a engendré les crises énergétiques et alimentaires mondiales les plus graves de l’histoire récente. Nous condamnons les tentatives de la Russie d’utiliser les exportations énergétiques et alimentaires comme un outil de coercition géopolitique. Les crises qui en résultent frappent particulièrement durement les pays et les groupes vulnérables, en aggravant une situation déjà précaire du fait de la crise climatique, de la pandémie de covid19 et des autres conflits en cours. Nous continuerons à coordonner nos efforts au sein du G7 et au-delà pour contribuer à atténuer les répercussions de la guerre d’agression de la Russie sur la stabilité économique et la sécurité alimentaire, nutritionnelle et énergétique mondiales, en répondant aux besoins les plus pressants, comme en investissant à moyen et long terme dans des systèmes résilients.
Nous soutenons fermement l’appel du Secrétaire général des Nations unies à prolonger l’Initiative sur les céréales en mer Noire, qui a permis de faire baisser les prix des denrées alimentaires dans le monde. Nous demandons instamment à la Russie de suivre cet appel du Secrétaire général. Le G7 conduit également d’autres initiatives internationales essentielles, telles que l’Alliance mondiale pour la sécurité alimentaire (GAFS) et les corridors de solidarité de l’UE. Nous intensifions aussi notre action pour veiller à ce que les plus vulnérables soient approvisionnés en engrais. Nous sommes déterminés à promouvoir partout dans le monde des systèmes alimentaires durables, résilients et solidaires, et nous demandons au G20 de soutenir ces efforts.
Nous continuons d’encourager les pays producteurs de pétrole à accroître leur production, ce qui permettra de réduire la volatilité sur les marchés de l’énergie. Nous achèverons la mise en œuvre du plafonnement du prix du pétrole russe acheminé par voie maritime dans les semaines à venir.
4. Enjeux globaux
Nous réaffirmons la nécessité de renforcer et de moderniser les Nations Unies afin d’accroître leur efficacité face aux défis mondiaux croissants, et nous exprimons notre soutien à l’approche du rapport du Secrétaire général des Nations Unies « Notre programme commun ».
Nous sommes déterminés à renforcer les efforts en matière de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération en faveur d’un monde plus sûr et plus stable. renforçons le contrôle des exportations, notamment grâce à des régimes internationaux de contrôle des exportations, portant sur les matériaux, les technologies et la recherche susceptibles d’être utilisés pour mettre au point des armes de destruction massive et leurs vecteurs. Dans ce contexte, nous soutenons l’entrée rapide de l’Inde dans le groupe des fournisseurs nucléaires.
Nous poursuivrons par ailleurs notre coopération et la coordination de nos efforts, dans le cadre du G7 et au-delà, notamment pour faire face aux défis en matière de sécurité économique, et nous résisterons aux actes de coercition économique.
Nous réaffirmons notre intention d’accroître la transparence de la dette et de trouver des solutions aux vulnérabilités liées à la dette, en particulier par l’obtention rapide de résultats grâce au Cadre commun pour le traitement de la dette au-delà de l’Initiative de suspension du service de la dette.
Soulignant notre approche mondiale et géostratégique en matière de connectivité, nous réitérons notre engagement de mettre en œuvre le Partenariat du G7 pour les infrastructures mondiales et l’investissement, notamment l’objectif de mobiliser ensemble jusqu’à 600 milliards de dollars américains d’investissements publics et privés au cours des cinq prochaines années.
5. Iran
Nous, membres du G7, exprimons notre soutien à l’aspiration fondamentale du peuple iranien à un avenir dans lequel sa sécurité humaine et ses droits de l’Homme universels soient respectés et protégés. Nous condamnons la mort violente de la jeune Iranienne « Jina » Mahsa Amini après son arrestation par la « police des mœurs » iranienne. Par ailleurs, nous condamnons l’emploi brutal et disproportionné de la force contre des manifestants pacifiques et des enfants. Nous demandons instamment aux autorités iraniennes d’honorer leurs obligations internationales en vertu du droit international, et notamment du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Nous défendons le droit de tous les Iraniens à avoir accès à l’information, et nous déplorons le fait que le gouvernement iranien réduise l’espace civique et le journalisme indépendant, prenne pour cible les défenseurs des droits de l’Homme, notamment en interdisant l’accès à l’internet et aux réseaux sociaux. Nous demandons instamment aux autorités iraniennes de traiter les femmes sur un pied d’égalité, dans le respect des droits universels que leur accordent les conventions internationales pertinentes en matière de droits de l’Homme. Nous demandons également aux autorités iraniennes de libérer les prisonniers détenus injustement, en particulier les manifestants, les enfants, les journalistes et les défenseurs des droits de l’Homme arrêtés récemment, et de veiller à ce que les auteurs de violations des droits de l’Homme rendent des comptes. Nous continuerons à mettre en œuvre toutes les mesures diplomatiques à notre disposition pour demander des comptes aux autorités iraniennes. Nous demandons à l’Iran d’autoriser les titulaires de mandat au titre des procédures spéciales des Nations unies en matière de droits de l’Homme à se rendre dans ce pays.
Nous condamnons fermement la détention arbitraire de citoyens étrangers ou binationaux pratiquée par l’Iran, et nous appelons l’Iran à mettre fin à la pratique inadmissible de ces détentions arbitraires visant à obtenir des bénéfices politiques.
Nous apportons notre soutien ferme aux efforts internationaux visant à demander des comptes à l’Iran pour l’abattage du vol PS752 qui a entrainé la mort de 176 civils innocents. Nous demandons à l’Iran de mettre en œuvre ses obligations internationales sans délai.
Nous condamnons fermement la poursuite par l’Iran de ses activités déstabilisatrices au Moyen-Orient et dans la région. Il s’agit en particulier des activités concernant les missiles balistiques et de croisière et les drones, ainsi que des transferts de ces armes sophistiquées à des acteurs étatiques et non étatiques. Cette prolifération est déstabilisante pour la région et aggrave des tensions déjà fortes. Nous demandons instamment à l’Iran de cesser de soutenir des acteurs étatiques comme non étatiques et des groupes supplétifs violents et de se conformer totalement à l’ensemble des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, y compris la résolution 2231. Nous soutenons également les efforts déployés aux Nations unies afin que la Russie et l’Iran rendent des comptes pour leurs violations flagrantes de la résolution 2231 du Conseil de sécurité.
Nous réaffirmons notre détermination sans faille à faire en sorte que l’Iran ne puisse jamais développer une arme nucléaire. Les membres du G7 continueront de travailler ensemble et avec d’autres partenaires internationaux pour faire face à l’escalade nucléaire iranienne et à son manque de coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) concernant son accord de garanties dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Nous demeurons extrêmement préoccupés par le développement toujours aussi soutenu du programme nucléaire iranien, qui n’a pas de justification civile crédible. Nous appelons instamment l’Iran à changer de cap et à respecter ses obligations juridiques et ses engagements politiques en matière de non-prolifération nucléaire sans plus tarder. Nous notons qu’en dépit de nombreux mois de négociations intenses pour un retour au JCPoA, l’Iran n’a pas pris les décisions nécessaires.
6. République populaire démocratique de Corée (RPDC)
Nous, membres du G7, condamnons fermement les séries sans précédent de tirs illicites de missiles balistiques effectués par la RPDC en 2022, notamment de multiples missiles balistiques intercontinentaux, ainsi que le tir du 4 octobre 2022 d’un missile balistique à portée intermédiaire tiré de manière irresponsable au-dessus du Japon. Ces tirs démontrent les efforts constants déployés par la RPDC pour accroître ses capacités balistiques, et sont des violations flagrantes de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Nous renouvelons notre demande pressante que la RPDC renonce à ses armes nucléaires, à ses programmes nucléaires existants ainsi qu’aux autres armes de destruction massive et programmes balistiques d’une manière complète, vérifiable et irréversible conformément à toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Nous exhortons la RPDC à cesser immédiatement ses activités déstabilisatrices, à respecter pleinement l’ensemble des obligations juridiques découlant des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et à se conformer totalement au TNP ainsi qu’aux garanties de l’AIEA.
Tout essai nucléaire ou à tout autre acte irresponsable devra faire l’objet d’une réponse internationale rapide, unie et forte. Nous appelons tous les États à mettre en œuvre pleinement et efficacement l’ensemble des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et à surveiller attentivement, prévenir et sanctionner les activités visant à contourner les sanctions. Nous demandons instamment à la RPDC de cesser toute escalade et de s’engager véritablement sur la voie de la diplomatie quant à ses programmes nucléaires et balistiques illicites. Nous restons déterminés à travailler avec tous les partenaires concernés pour concrétiser l’objectif d’une paix durable dans la péninsule de Corée et à défendre l’ordre international fondé sur des règles de droit.
Nous saluons les travaux du Comité 1718 du Conseil de sécurité qui a approuvé rapidement toutes les demandes de dérogation aux sanctions pour apporter à la RPDC l’aide humanitaire en lien avec la covid19. Nous appelons la RPDC à permettre le rétablissement de l’accès des Nations Unies et de l’accès diplomatique, conformément aux réglementations appropriées et raisonnables en lien avec la covid19. Nous continuons de condamner les violations systématiques, généralisées et flagrantes des droits de l’Homme par la RPDC et nous appelons ce pays à coopérer avec tous les organes compétents des Nations Unies et à régler immédiatement le problème des enlèvements. Nous restons très inquiets au sujet de la situation humanitaire en RPDC, qui résulte du choix qu’elle a fait d’accorder la priorité à ses programmes illégaux d’armes de destruction massive et de missiles balistiques, aux dépens du bien-être de sa propre population.
7. Indopacifique
Nous, membres du G7, réaffirmons qu’il est important de préserver une région indopacifique libre et ouverte, inclusive et reposant sur l’état de droit, la protection des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, les principes démocratiques, la transparence, l’intégrité territoriale et le règlement pacifique et ouvert des différends. Nous sommes déterminés à préserver et à promouvoir l’ordre international fondé sur des règles de droit, à améliorer la connectivité régionale, à renforcer le libre-échange et le commerce équitable ainsi que la résilience nationale, à soutenir une croissance économique solidaire ainsi que la sécurité sanitaire mondiale et à lutter contre les changements climatiques et la perte de biodiversité. Nous réaffirmons notre intention de travailler de concert avec les pays de la région ainsi que notre soutien au caractère unifié et central de l’ASEAN, et nous nous engageons à étudier les possibilités concrètes de coopérer conformément à la Vision de l’ASEAN pour la région indopacifique.
8. Mer de Chine orientale et mer de Chine méridionale
Nous demeurons fortement préoccupés par la situation en mer de Chine orientale et en mer de Chine méridionale ainsi que dans la région. Nous sommes fermement opposés à toute action qui accroisse les tensions et mette en péril la stabilité régionale ainsi que l’ordre international fondé sur des règles de droit. Nous soulignons le caractère universel et unifié de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et nous réaffirmons que cette Convention joue un rôle important dans la définition du cadre juridique qui régit toutes les activités dans les océans et les mers. Nous considérons que la sentence rendue le 12 juillet 2016 par le tribunal arbitral est une étape importante juridiquement contraignante et une base utile pour régler pacifiquement les différends. Nous réaffirmons la nécessité de garantir le respect du principe du règlement pacifique des différends inscrit dans la Charte des Nations Unies.
9. Chine
Nous, membres du G7, nous efforçons d’entretenir une coopération constructive avec la Chine, lorsque cela est possible et dans notre intérêt, notamment s’agissant des enjeux mondiaux tels que la paix et la sécurité, la santé mondiale, les crises du climat et de la biodiversité et la préservation des ressources naturelles. Ces enjeux ne peuvent être traités avec succès que par la coopération dans le cadre de l’ordre international fondé sur des règles de droit.
Nous rappelons à la Chine la nécessité de respecter les principes de la Charte des Nations unies sur le règlement pacifique des différends et de s’abstenir de toute menace, contrainte, intimidation ou de tout emploi de la force. Nous nous opposons fermement aux modifications unilatérales du statu quo dans la région.
Nous réaffirmons l’importance de la paix et de la stabilité de part et d’autre du détroit de Taïwan et nous appelons de nos vœux un règlement pacifique des questions intéressant les deux rives du détroit. Il n’y a aucun changement dans les positions fondamentales des membres du G7 sur Taïwan, y compris concernant les politiques affichées d’une seule Chine.
Nous continuerons à faire part de nos inquiétudes à la Chine s’agissant de ses violations présumées des droits de l’Homme, notamment au Xinjiang et au Tibet. Nous réitérons nos préoccupations au sujet de l’érosion rapide des droits, des libertés et de l’autonomie de Hong Kong et nous demandons à la Chine d’agir conformément à ses engagements internationaux et à ses obligations juridiques.
Nous appelons également la Chine à traiter les diplomates étrangers conformément à ses obligations découlant de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et de la Convention de Vienne sur les relations consulaires.
10. Asie centrale
Nous, membres du G7, avons abordé les multiples enjeux auxquels font face les cinq pays d’Asie centrale, des conséquences économiques et géopolitiques de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine aux problèmes et différends en matière de sécurité régionale, en passant par les changements climatiques. Nous sommes déterminés à renforcer notre coopération avec les pays d’Asie centrale et à travailler avec leurs gouvernements et leurs populations sur le développement socioéconomique, le respect des droits de l’Homme, la mise en œuvre de réformes nationales et institutionnelles ainsi que la sécurité régionale. Nous œuvrerons également de concert pour promouvoir la connectivité, le transport et les liens commerciaux.
11. Afrique
Nous, membres du G7, soulignons l’importance géopolitique et stratégique du continent africain Une coopération étroite avec nos partenaires africains reste vitale. L’Afrique est particulièrement touchée par plusieurs crises mondiales telles que la crise climatique, la pandémie actuelle de COVID-19, l’insécurité alimentaire et la malnutrition, l’insécurité énergétique, les conséquences socioéconomiques de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, le recul de la démocratie et les fluctuations considérables de l’économie mondiale. Notre coopération avec l’Afrique et notre soutien à son égard s’appuient sur les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de l’Accord de Paris, et sur les principes de la Charte des Nations unies. Nous continuerons à travailler avec nos partenaires africains pour bâtir des systèmes agroalimentaires et énergétiques résilients et durables, atténuer les changements climatiques et lutter contre la désinformation.
Nous demeurons déterminés à investir dans des infrastructures de qualité en Afrique reposant sur les Principes du G20 en matière d’investissements dans les infrastructures de qualité, ainsi que dans le cadre du Partenariat du G7 pour les infrastructures mondiales et l’investissement. Nous continuerons à appuyer les capacités régionales de fabrication de vaccins et d’autres produits médicaux essentiels soutenues par des marchés durables.
Nous sommes profondément préoccupés par la détérioration persistante de la situation au Sahel dans les domaines politique, humanitaire, y compris de l’accès humanitaire, et de la sécurité. Nous sommes consternés par les violations des droits de l’Homme commises contre des populations civiles, notamment celles perpétrées au Mali par des groupes terroristes et par les forces du groupe Wagner affilié à la Russie. Nous exigeons que les responsables de violations des droits de l’Homme rendent des comptes. Nous exprimons notre préoccupation au sujet de la présence grandissante de forces associées à la Russie au Mali et ailleurs sur le continent, et de leurs effets potentiellement déstabilisateurs. Nous appelons de nos vœux la préparation rapide d’élections libres et régulières ainsi que la mise en œuvre complète des chartes de transition au Mali, au Burkina Faso et en Guinée et nous réaffirmons notre soutien à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et à l’Union africaine à cet égard. Nous condamnons les violences commises contre des manifestants au Tchad et le non-respect par le gouvernement de transition des principes et des communiqués de l’Union africaine. Nous réaffirmons notre ferme détermination à soutenir les populations des pays du Sahel, notamment les jeunes, et nous soulignons qu’il importe d’œuvrer avec les populations et les gouvernements des États riverains du golfe de Guinée pour renforcer leur résilience face à la menace terroriste de manière globale.
Nous demeurons préoccupés au sujet de la paix et de la sécurité dans la Corne de l’Afrique et des besoins humanitaires pressants, notamment du fait de la famine en Somalie, les femmes et les filles étant touchées de manière disproportionnée. Nous travaillerons avec les pays, les institutions et la société civile de la région pour répondre à ces défis. Nous saluons l’annonce de l’accord conclu entre le gouvernement éthiopien et le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) grâce aux efforts de médiation de l’Union africaine, de l’Afrique du Sud et du Kenya pour résoudre le conflit dans le Nord de l’Éthiopie. Nous demandons instamment au gouvernement éthiopien et au FLPT de respecter et de mettre en œuvre cet engagement de manière pleine et entière. Les violations des droits de l’Homme, les atrocités et les exactions doivent cesser. Les auteurs de ces violations doivent répondre de leurs actes ; justice doit être rendue aux survivants et aux victimes.
Nous félicitons la Somalie de l’élection de son nouveau gouvernement et nous appelons de nos vœux une action internationale concertée pour soutenir les priorités de réforme du président Hassan Cheikh Mohamoud et sa lutte contre le mouvement des Chabab. Nous condamnons fermement l’attaque odieuse perpétrée par le mouvement des Chabab contre des civils le 29 octobre et nous présentons nos condoléances les plus sincères aux familles des victimes. Un an après le coup d’État militaire au Soudan, nous continuons d’enjoindre à l’armée de respecter son engagement de se retirer de la vie politique et nous renouvelons notre appel en faveur du retour d’un gouvernement dirigé par des civils soutenu largement par le peuple soudanais.
Nous sommes de plus en plus préoccupés par la poursuite de l’escalade de la violence et des conflits dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) ainsi que par les tensions régionales dans la région des Grands Lacs. Nous exhortons le Mouvement du 23 mars à faire preuve de retenue et nous lui demandons de cesser son offensive actuelle. Nous saluons les mesures prises récemment en faveur d’une plus grande stabilité dans la région, notamment au moyen de négociations avec des groupes armés dans le cadre du Processus de paix de la Communauté de l’Afrique de l’Est et de la RDC et de la médiation régionale de l’Angola. Nous invitons toutes les parties prenantes à participer de bonne foi à ces efforts et à agir conformément au droit international. Nous sommes convaincus que seule une large coopération multisectorielle et transfrontalière peut conduire à une stabilité durable dans la région.
12. Haïti
Nous exprimons notre vive préoccupation au sujet de la dégradation de la situation humanitaire en Haïti, en particulier du fait de la résurgence de l’épidémie de choléra et de l’aggravation de la crise alimentaire et énergétique. Nous condamnons la violence exercée par des groupes armés et par ceux qui les soutiennent. Ils terrorisent et prennent la population en otage. Nous réitérons notre engagement à soutenir tous les efforts visant à remédier rapidement à la crise humanitaire et sécuritaire. Nous appelons toutes les parties prenantes en Haïti à rétablir l’ordre et la sécurité et à permettre la livraison de l’aide nécessaire pour répondre aux besoins urgents de la population. Nous nous félicitons de l’adoption d’un régime de sanctions par le Conseil de sécurité des Nations unies le 21 octobre. Nous réitérons l’importance de créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres et régulières.

> Égalité professionnelle, participation aux processus de paix, accès à l'éducation, tolérance zéro face à la violence, droit à l'avortement : la France mène tous ces combats dans le cadre d'une diplomatie féministe déterminée.

> La France œuvre pour l'égalité entre les hommes et les femmes dans le cadre d'une politique féministe résolue aux côtés de partenaires de qualité.

 

Sylvie Retailleau (ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche)
> Acquérir les connaissances et compétences nécessaires, dès l'école et tout au long de la vie, en particulier dans l'Enseignement supérieur : voilà notre engagement.
Nous avons tenu un comité de pilotage ministériel consacré à la formation et à l'enseignement. Envisager la formation comme un fil conducteur dans nos vies est déterminant pour notre avenir.

 

Marc Fesneau (ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire)
> [Budget de l’agriculture] Le texte adopté par l'Assemblée prévoit de doter le ministère de l’Agriculture de 5,997 Md€ en 2023 soit une hausse de 20% et ce, dans le respect d’un équilibre essentiel : donner au ministère les moyens d’agir dans un esprit de responsabilité budgétaire plein et entier.
En 2023, la sécurité sanitaire de notre alimentation bénéficiera d’un budget de 655 M€, en augmentation de 7%, notamment pour garantir la mise en œuvre de la Loi de santé animale et de la politique unique de sécurité sanitaire.
Le financement de la formation sera également renforcé de 4% pour amplifier la dynamique remarquable constatée dans l’enseignement agricole et préparer l’avenir.

> Aide alimentaire pour les personnes précaires: un nouveau dispositif pour permettre aux plus fragiles d’entre nous d’accéder à une alimentation de qualité et diverse.

> Nous l’avions dit, nous le faisons. Les pratiques abusives n’ont pas leur place dans les relations commerciales. Plus encore quand la crise est si forte. Nous avons besoin de responsabilité et de coopération pas de déloyauté.

> Globalement, ce que vous voyez à l'Assemblée nationale, de part et d'autre des extrêmes de l'hémicycle, ce sont des gens qui n'ont qu'une idée en tête: profiter de la crise, au sens électoral du terme. Ce sont des profiteurs électoraux de crise. Cette posture, qui est la posture permanente de la critique, sans avoir des solutions sur la table qui soient tenables, c'est une posture un peu facile. [Le RN et LFI ont des] comportements de l'ordre de nourrir le chaos ou de s'en féliciter et de ne jamais essayer de trouver des solutions

> [Gestion de l’eau] Le Giec dit que la quantité d'eau qui va tomber en France va rester la même mais la difficulté est que la pluie est beaucoup plus arythmique, c'est-à-dire qu'on aura des périodes avec beaucoup d'eau et d'autres non. Les pistes sont de donner la capacité aux agriculteurs de réduire leur nécessité d'eau avec une évolution des pratiques, des systèmes plus économes en eau et de constituer des réserves
Dans le protocole qui a été signé [à Sainte Soline], il y a des engagements sur les volumes d'eau prélevée, sur le contrôle des volumes, la réduction des pesticides, sur le développement de tout un système de préservation de surfaces. (…) Les agriculteurs sont engagés dans cette démarche et c'est pour cela qu'ils le vivent comme un sentiment de découragement parce qu'il y a vraiment des efforts qui sont faits.

> [Ecoterrorisme] Ce mot-là ne me gêne pas dès lors qu'on voit bien qu'il y a des actes de menaces sur des biens mais aussi des personnes. Des agriculteurs craignaient pour leur sécurité. Vous aviez des gens armés de barres de fer, de cailloux, de fusées, pour s'en prendre aux policiers et aux gendarmes. C'est une minorité mais elle existe.

 

Christophe Béchu (ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires)
> [Budget 2023] En s’opposant inlassablement au gouvernement, LFI et RN s’opposent à des moyens considérables pour l’environnement. Ce budget présente 500 millions d’€ supplémentaires, issus des nouveaux amendements pour mener transition écologique. L’ambivalence des oppositions se poursuit.

 

Olivier Véran (ministre délégué chargé du Renouveau démocratique, porte-parole du Gouvernement)
> [Dissolution de l’Assemblée]  Je pense que les Français ne le souhaitent pas. Je pense que les Français nous ont accordé une majorité relative pour nous pousser à avoir des démarches d'accords transpartisans, à être capable de sortir un peu des postures.

> Depuis 5 ans, la France engage les réformes nécessaires pour atteindre la neutralité carbone en 2050 : rénovation thermique des bâtiments, développement des énergies renouvelables, fin des voitures thermiques en 2035.

> Il n'y a pas de volonté politique de fermer des lits à l'hôpital.

> [Twitter] Je considère que c'est un outil de communication important, c'est une façon de s'informer et d'informer, de communiquer. (…) Je les invite à décertifier mon compte sans délai s'ils estiment que c'est quelque chose qui doit devenir payant. Le fait que cet outil majeur appartienne à un homme qui affiche des ambitions qui m'inquiètent, fait que je reste vigilant et que si nécessaire, je prendrai mes responsabilités.

 

Franck Riester (ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement)
> Le compromis au Parlement au service des Français, ça marche ! Le projet de loi sur les énergies renouvelables a été adopté à la quasi unanimité des Sénateurs, de droite comme de gauche.

> [Propos racistes d’un député RN dans l’Assemblée] Je salue les mots clairs et forts de Yaël Braun-Pivet: «Cette sanction, la plus sévère, n'a été prononcée qu'une seule fois depuis 1958. Le débat démocratique ne saurait permettre, ni l'invective, ni l'insulte, ni le racisme, négation des valeurs républicaines de notre Assemblée.»

 

Olivia Grégoire (ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme)
> Informer le consommateur sur la durée de vie de son produit, c’est bien. L’informer sur la possibilité d’effectuer des réparations en cas de souci, c’est mieux. Plusieurs nouveaux produits devront désormais afficher un indice de réparabilité.

> Quatre enseignes de la grande distribution appliqueraient des pénalités logistiques abusives qui peuvent mettre en danger nos PME. Mises en demeure, elles devront se mettre en conformité, sous peine d'importantes sanctions financières.

> Dès que cela sera nécessaire, nous ferons tout ce qui est possible pour faire cesser toute pratique commerciale abusive susceptible de tromper le consommateur. A chaque fois, nous agirons rapidement et efficacement en utilisant tous les moyens juridiques à notre disposition.

> Les apprentis d’aujourd’hui sont les artisans de demain. Investir dans ces formations, c’est investir pour l’avenir. En 5 ans, nous avons fait de l’apprentissage une réussite qui doit se poursuivre. Pour 2022, 2 Mds€ supplémentaires y seront alloués.

> Chaque année, 10M de tonnes d’aliments sont jetés, souvent par manque d’explication sur la date affichée. Certains produits restent consommables après cette date. Il est nécessaire de mieux informer sur cette possibilité. Un décret le précisera dans les prochains jours.

 

Clément Beaune (ministre délégué chargé des Transports)
> L'ennemi politique numéro un, c'est le Rassemblement national et l'extrême droite.

> À mon homologue ukrainien, j'ai redit toute la solidarité de la France. Soutien aux infrastructures et à la sortie du blé de l'Ukraine, mobilisation européenne et livraison d’équipements portuaires à la Roumanie: notre engagement se renforce.

> Le transport de marchandises par le train consomme six fois moins d’énergie que par la route. Pour accélérer cette transition, nous ouvrons le dispositif de certificats d’économies d’énergie au report du fret routier vers le fret ferroviaire !

> J'ai demandé à la SNCF de travailler en matière de prix des billets sur un bouclier tarifaire et que la hausse des billets soit inférieure à l'inflation (...) et surtout que ceux qui ont besoin du train au quotidien comme les plus modestes et les jeunes soient protégés

> Il va y avoir une augmentation des péages en 2023. Il y a un risque d'augmentation forte (...) En 2022, cela a été de 2% et c'est très inférieur à l'inflation actuelle (...) Il n'y aura pas d'augmentation de 7%.

> Les voitures électriques sont beaucoup trop chères (...) en moyenne c'est presque 50.000€ avant les aides.

> Est-ce que c'est utile de lancer de la soupe sur un Van Gogh ? (...) On ne peut pas tout justifier.

 

Marlène Schiappa (secrétaire d’Etat chargée de l’Economie sociale et solidaire et de la Vie associative)
> Les jeunes étudiants en économie sociale et solidaire veulent des métiers qui ont du sens: j’organise la 1ère édition des Talents de l’ESS, rencontres jeunes talents - entreprises - personnalités pour coopérer et agir ensemble ! 

 

Sonia Backès (secrétaire d’Etat chargée de la Citoyenneté)
> [Tribune: «La désobéissance civile, ou l'antichambre sournoise d’un authentique séparatisme»]
« Les exactions commises le week-end dernier dans les Deux-Sèvres à la faveur d’une manifestation émaillée de débordements violents ont eu pour effet de braquer à nouveau les projecteurs sur le concept de désobéissance civile. Cette formule est aujourd’hui brandie par des extrémistes soucieux de donner un vernis universaliste, voire humaniste, à des exactions toujours plus radicales. Ceux qui les défendent évoquent souvent, sans sourciller, Mahatma Gandhi ou Martin Luther King, figures tutélaires de la désobéissance civile et de la défense des droits humains. Dans leur entreprise de légitimation, ils oublient que ces derniers formaient leurs partisans à la non-violence, en toutes circonstances.
Aujourd’hui le verbiage approximatif d’une « nouvelle radicalité », défendue le plus souvent depuis le confort des salons parisiens, s’efforce de justifier des actions de terrain ultra-violentes sous couvert de cette formule. Elle mérite donc que l’on s’y arrête, dans le contexte qui est le nôtre. Car ici, comme partout, le choix des mots a son importance. Et des conséquences.
La désobéissance d’abord : inutile de tourner autour du pot, on ne parle pas ici de déroger à une norme de nature morale dans le cadre d’un régime attentatoire aux droits et aux libertés. Il s’agit bien du non-respect délibéré des lois de la République, qui encadrent de grands principes démocratiques comme la propriété privée ou la liberté d’aller et venir. L’inobservation de ces textes est passible de sanctions, a fortiori lorsqu’elle est délibérée et organisée.
L’adjectif civil ensuite : accolé au terme « désobéissance », il en atténue la force, en neutralise le contenu pour rendre cette désobéissance tolérable, excusable, voire souhaitable. « Civil » renvoie en effet à la notion de civilisation, à ce qui doit rendre possible la vie en commun. C’est bien dans cet improbable oxymore que réside – dans un pays où les lois garantissent l’égalité des droits, la liberté d’expression, la liberté d’opinion, la liberté de manifester – l’escroquerie intellectuelle que sous-tend l’utilisation du concept de désobéissance civile.
Secrétaire d’Etat chargée de la Citoyenneté, je répète sans relâche que la citoyenneté, loin d’être un concept fumeux et théorique, se matérialise au contraire de manière très concrète par des droits et des devoirs. Au premier rang de ces devoirs figure le respect des lois qui ne saurait être relatif : il n’y a pas les interdits acceptables, et ceux auxquels il serait admis de se soustraire.
Je rappelle à ceux qui trouvent excusables, voire justifiés, les débordements du week-end dernier, qu’au premier rang des droits figure le droit de vote : lorsqu’on est en désaccord avec la politique menée par des élus, saboter des bassines de rétention d’eau ou jeter de la soupe sur des toiles de maîtres ne changera… rien. S’engager oui. Voter oui.
Certains élus, défenseurs de cette violence, s’efforcent de la justifier par le manque de légitimité d’un président de la République « mal élu » avec 58,5 % des voix face à une candidate d’extrême droite, grâce aux voix de la gauche, du centre et de la droite. Les mêmes saluaient ce week-end avec émotion la victoire historique, populaire et légitime du président brésilien, élu avec 51 % des voix, face à un candidat d’extrême droite avec les voix de la gauche, du centre et de la droite…
On n’agit pas en citoyen, et encore moins en être « civilisé » lorsque l’on prend des policiers et des gendarmes pour cibles avec des tirs de mortiers, lorsque l’on détruit, que l’on saccage le travail d’agriculteurs qui nous nourrissent. Les violences inadmissibles de Sainte-Soline font enfin apparaître ce qu’est la désobéissance civile des partisans d’une nouvelle radicalité performative : l’antichambre sournoise d’un authentique séparatisme. »

 

Chrysoula Zacharopoulou (secrétaire d’Etat chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux)
> Avant le début de la COP27 en Égypte, rappelons cet engagement d'Emmanuel Macron devant les Nations Unies : «La solidarité financière et technologique des pays riches doit être renforcée sur le plan climatique à l'égard des pays les plus pauvres».

> La France fait de l’éducation une priorité dans sa diplomatie féministe : 333 millions d’euros dans les cinq prochaines années pour l’éducation dont 50% soutiendra l’éducation des filles dans le monde.

 

Sarah El Haïry (secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et du Service national universel)
> Le mentorat c’est le réseau de ceux qui n’en ont pas ! Parfois, il suffit d’une personne pour changer la vie d’un jeune. C’est l’objectif d’1jeune1mentor, briser les plafonds de verre et favoriser l’émancipation des jeunes par l’entraide.

> Plus que jamais, les jeunes ont soif d’engagement. Grâce au Service civique, ils peuvent s’engager pour une cause qui leur est chère, au service de la société. Il existe un engagement pour chacun !

Haut-commissariat au Plan
François Bayrou (Commissaire, président du Mouvement démocrate)
> Le Plan a changé. En tout cas, l’idée que l'on se fait du Plan. L’idée du Plan après la guerre, c’était un peu un Plan à la soviétique, c’est-à-dire un Etat tout puissant qui était chargé de reconstruire la France, avec l’aide des Etats-Unis. Il ne faut pas oublier que c’est le Plan Marshall, c’est-à-dire ces milliards de dollars apportés par les Etats-Unis, pas à fonds perdu, parce que quand vous donniez de l’argent aux agriculteurs français pour acheter des machines agricoles, et que les seuls fournisseurs de machines agricoles étaient les Etats-Unis, vous ne perdiez pas tout. Loin de là.
C’était l’idée qu’un pouvoir central pouvait définir l’avenir du pays, sa reconstruction, et ses étapes. Et on s’est aperçu évidemment que chaque fois que l'on centralisait, il y avait des erreurs et puis la mode a profondément changé. Et nous en sommes arrivés au fil du temps à l’idée qu’il ne fallait pas planifier, que la vie, les affaires, les investissements privés, définiraient mieux l’avenir qu’une vision plus centralisée. (…)
[On produite] des notes stratégiques. Et c’est ça le but. Problème par problème. Alors évidemment, ça n’a plus du tout la portée que cela avait à l’époque. Cependant, j’ai toujours été persuadé que cela avait du sens et j’ai fait tout ce que j’ai pu pour convaincre le Président de la République qu’on devait reconstruire quelque chose de cet ordre. J’ai toujours été persuadé qu’à avoir trop « le nez sur le guidon » comme on dit pour les cyclistes, ou dans une autre manière de s’exprimer « ne voir que l’arbre qui cache la forêt », l’arbre de l’immédiat, l’arbre de l’urgence, on se trompait. Et on s’est trompés à de nombreuses reprises en raison de cette courte vue en France. Je vais prendre un exemple simple : l’établissement du numerus clausus en médecine, le fait qu’on a décidé qu’il fallait limiter, contingenter le nombre de médecins en France. Nous en payons le prix aujourd’hui, et le prix le plus cher. Un grand pays médical comme la France, réputé dans le monde entier, et qui se trouve tout à coup, face à une pénurie de médecins, incapable de fournir des soignants à la propre société française, c’est une erreur majuscule et une erreur qui est due à l’absence de planification. (…)
Evidemment, on ne peut plus décider à la place de la société française parce que la France est un pays ouvert. Mais il y a des sujets stratégiques que l'on doit prendre et nous l’avons fait de la manière la plus honnête possible, en proposant sur chacun de ces sujets une stratégie lisible par tout le monde, ça n’est pas des tableaux excel multipliés, des statistiques à perte de vue, c’est un constat et une vision stratégique, pour chacun des sujets. (…)

Pour l’électricité, c’est très simple. Je crois que la note stratégique que nous avons publiée sur l’électricité a joué un grand rôle dans le changement de perspective qui a été celui de l’exécutif en France. 
Jusqu’à cette note, le nucléaire, c’était banni. Tout le monde disait qu’on allait vers la suppression du nucléaire. Et puis, nous avons conduit une analyse qui est assez simple et que je vais refaire devant vous en quelques phrases. Si le but c’est la confrontation entre énergie et climat, les engagements que nous avons pris à juste titre, c’est de baisser la quantité de gaz à effet de serre que nous envoyons dans l’atmosphère et notamment du CO2. S’il faut baisser le CO2, alors il faut exclure l’électricité produite avec du gaz, du pétrole ou du charbon. Donc il faut aller vers du renouvelable. Or, il se trouve qu’en raison de la situation géographique de la France en particulier, renouvelable, que ce soit de hydro électricité, éolien, photo voltaïque, ce renouvelable-là – en tout cas pour éolien et photo voltaïque – il a une caractéristique : c’est qu’il est intermittent car il n’y a pas tout le temps du soleil ou du vent. Et donc s’il est intermittent, il faut un complément. Ce complément on l’appelle « pilotable ». Quand il n’y a pas d’électricité produite par le vent ou le soleil, on injecte de l’électricité et il faut une autre source. La seule source qui n’émette pas de gaz à effet de serre disponible en dehors de l’hydro électricité, c’est le nucléaire. Au lieu d’opposer nucléaire et renouvelable, on a compris – et je crois que la note du Plan a joué un très grand rôle – que le pilotable était le complément nécessaire du renouvelable. Cela a changé la vision et ça a permis de reprendre tard - après 15 ans ou 20 ans d’ignorance du sujet – un programme électro nucléaire qui nous permettra, avec la crise énergétique que nous vivons, d’être un jour plus autonome.

> [Haut(commissariat au plan] Une de nos forces, c’est que nous ne sommes pas partie prenante des combats souvent de clans qu’il y a autour de la décision politique. Je plaide pour l’impartialité.
J’ai beaucoup insisté pour être rattaché directement au Président de la République parce que je considère que la fonction dans nos institutions, qui est celle du long terme, c’est la fonction présidentielle. Et cela permet d’être plus libre vis-à-vis des décisions gouvernementales. Le gouvernement, les ministres sont toujours pris dans un entrelacs de pressions et il est plus intéressant pour moi d’être un peu en retrait de ces pressions-là. Je transmets évidemment nos notes stratégiques, mais je ne les soumets qu’au Président de la République. (…)
Je me suis entouré de précautions. La première de ces précautions c’est que je ne rends compte qu’au président de la République, et pas au gouvernement, parce que cet affrontement entre Alain Etchegoyen - que j’aimais beaucoup - et Dominique de Villepin s’est déjà produit. Jean Monnet raconte tout le temps dans ses mémoires le conflit qu’il y avait avec le gouvernement. Les gouvernements, les ministres, n’aiment pas que quelqu’un interfère avec les décisions exécutives. Ils n’aiment pas que quelqu’un pose les pieds sur le pré carré qu’ils considèrent être le leur. Je crois qu’ils se trompent. Je pense qu’on apprend beaucoup quand d’autres viennent précisément sur le champ qui est le vôtre pour apporter des idées ou un regard critique, ce que je ne fais pas. Donc oui, je suis sûr que je ne suis pas exposé à ce risque. J’ajoute que j’ai pris une autre précaution : j’ai décidé d’exercer cette fonction bénévolement. Intégralement bénévolement, ce qui me donne une certaine liberté.

> Je n’ai jamais écarté l’engagement dans l’action. Je pense qu’au contraire, c’est ce qui donne sa dignité à l’action politique. Mais comme, par ailleurs, j’ai une fonction exécutive locale dans la ville, la région, le pays qui est le mien, ça fait une vie assez équilibrée.

> [Sens du positionnement d’un centriste] Ça veut dire deux choses, qui sont pour moi capitales. Première chose : il n’est pas vrai que la vie, la vie d’une société ou la vie des personnes, se divise en deux parties : gauche et droite. Cette bipolarisation est une manière de tromper les électeurs et de tromper la vie de la nation. Ça c'est la première chose. Et donc, le centre c’est le choix de refuser le simplisme de la bipolarisation. Il y a une deuxième chose, c’est que le centre garantit le pluralisme. Si on refuse la bipolarisation, alors on entre dans un autre univers qui est le pluralisme. Et on a droit à des opinions ou à avoir le kaléidoscope des opinions. En France, je dirais, il y a six grands courants d’opinion. Certains se divisent entre eux mais il y a six grands courants d’opinion : l'extrême gauche, le Parti socialiste, les Verts, le centre, LR - disons la droite de gouvernement - et l’extrême droite. Six grands courants d’opinion. On a droit aux six, et peut-être d’autres viendront, parce qu’ils apporteront un regard différent sur les choses.

> On peut être précurseur, puis après d’autres viennent et on peut continuer à se battre ou à partager le combat. C’est [la démarche d’Emmanuel Macron] la même idée. Elle n’a pas été exprimée de la même manière et surtout, peut-être, les temps étaient mieux et la personnalité même du président de la République a rendu possible ce succès que l’on avait effleuré dix ans avant. Mais, sur le fond, je vous fais une confidence. J’ai très souvent parlé avec le président de la République. Je n’ai jamais eu de divergence stratégique avec lui. Je n’ai jamais eu de différence d’analyse avec son regard sur la société française. On n’en a pas toujours tiré les mêmes conclusions. On peut avoir des nuances. Mais, je dirais que sur le fond, celui des présidents de la République que j’ai vu qui est le plus proche de cette aspiration, c’est lui. Il en est même, si j’ose dire, un peu plus proche que Giscard ne l’était. Giscard venait de la droite, et même assez à droite dans le parcours personnel qui était le sien : Algérie française, ou en tout cas l’attachement à l’Algérie française. Emmanuel Macron est plus stabilisé au centre.

> L’Histoire a son rythme. Et le rythme de notre histoire collective, de l’histoire de notre société n’étaient pas encore prêts à ça. C’est l’inconvénient d’être précurseur, d’être en avance, Edgar Faure qui avait sa personnalité a écrit des mémoires et le premier tome de ses mémoires s’intitule « Avoir toujours raison, c’est un grand tort » et avoir raison en avance, ce n’est pas un avantage, ce n’est pas un avantage pour exercer le pouvoir, après vous avez des satisfactions, c’est à dire que quelques années ou décennies après vos copains, vous disent : tu avais bien raison. J’aurais naturellement, comme tout le monde, préféré que cette justesse d’analyse entraîne les foules pour qu’on puisse aussi exercer le pouvoir directement.

> Il n’y a pas un seul des problèmes cruciaux qui se posent dans les sociétés contemporaines spécialement aujourd'hui où nos pays qui sont pris dans le retour de la guerre, de la guerre physique sur le continent européen, le retour de la guerre commercial, le retour de la question des grandes influences sur le choix des pays de dimension moyenne par le nombre... 
Il n’y pas un seul de ces problèmes qui ne peut se régler si nous ne continuons pas dans le sens de cette création absolument unique, qui est l’Union européenne. Volontaire, forcée par personne, elle n’est pas le fruit d’une victoire militaire, pas le fruit d’une soumission, elle est la libre volonté des peuples qui décident ensemble de se rapprocher et de s’unir pour faire face aux grandes tempêtes du temps.

> Je pense que, y compris les courants politiques que j’ai combattus toute ma vie, sans aucune exception, ont droit de cité. C’est ce que je décrivais tout à l’heure à votre micro. Je pense qu’il est légitime que la démocratie respecte et cultive le pluralisme. C’est d’ailleurs désormais inscrit dans la Constitution. Et nous avons joué un rôle important, en tout cas certains de mes amis ont joué un rôle important pour que ce soit inscrit dans la Constitution. (…)
Qu’est-ce que ça aurait eu comme signification, une élection présidentielle dont un des protagonistes majeurs aurait été exclu ? Est-ce que les Français s’y seraient reconnus ? Elle a été au deuxième tour deux élections de suite. Pour moi, et ayant combattu toute ma vie ses idées ou ses arrière-pensées, je soutiens néanmoins qu’il est nécessaire que ces courants politiques soient représentés. Je ne veux pas d’une démocratie qui soit confisquée, y compris par ceux que je respecte ou que j’aime bien. La démocratie, c’est fait pour que tous les courants politiques puissent se faire entendre. Après, c’est le combat qui commence. Ce combat doit mobiliser en effet toutes les forces, toutes les sensibilités, toute l’intelligence nécessaires.

 

Partis politiques

● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]
Stéphane Séjourné (Secrétaire général & président du groupe Renew Europe au Parlement européen)
> 50 sites émettent la moitié des gaz à effet de serre de l'industrie française. Nos territoires n’ont besoin ni de « greenwashing », ni d’« industrie-bashing » mais d'une grande stratégie de décarbonation.

 

● MoDem
Jean-Paul Matteï (président du groupe à l’Assemblée nationale)
> À nos collègues de la Nupes, nous n'en serions pas là si vous n'aviez pas annoncé dès septembre que vous ne voteriez pas le budget de la Nation. Il faudra bien que vous sortiez de vos propres incohérences.

 

Bruno Millienne (député)

> - La majorité sort renforcée de l'enchaînement des motions
- La Nupes explose dès lors qu'un groupe refuse en bloc de voter la motion de son «allié»
- LFI s'attache à rendre ses motions votables par le RN là où il suffirait d'une phrase pour l'empêcher. Irresponsable!

> L'Assemblée nationale a prononcé à l'égard du député RN coupable de propos racistes la plus lourde des sanctions prévues dans son règlement. Je m'en félicite, même si cette sanction reste bien peu face à la gravité des propos proférés. De Fournas doit démissionner !

> [Zones à faible émission de carbone] Dans notre rapport, on a voulu alerter les pouvoirs publics à un instant t, on se réjouit que le ministre ait déjà repris un certain nombre de nos propositions.
État et collectivités doivent travailler ensemble pour mieux informer les citoyens. Je suis pour des contrôles pédagogiques dans un premier temps.
On préconisait dans le rapport un carnet d'usage pour permettre un certain nombre d'entrées exceptionnelles autorisées par an dans les ZFE pour les véhicules non admis. Du fait du système de contrôle qui sera mis en place, on réfléchit à une forfaitisation.
On continue de travailler, notamment sur la partie aides. On veut arriver à un système de leasing d'une voiture propre à 100 €, du premier au dernier loyer.
Il n'y a pas que le changement de véhicule, il faut aussi travailler sur le développement des transports publics, notamment pour les gens qui sont à l'extérieur des ZFE!

 

Autres

● Organisations centristes
♦ Renaissance
(Députés français du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen)
Nathalie Loiseau
> Dis-moi, Twitter, je t’offre du contenu, tu exploites mes données et tu voudrais que je te paye ? En général on paye pour recevoir quelque chose en retour. Si c’est un réseau social où la modération des contenus est en berne, où la sécurité est négligée, où qui paye compte, non !

> [Dmitry Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, s'est fendu d'un post sur Telegram. Il a déclaré que la Russie était en guerre contre un «monde mourant» aux «habitudes lubriques», son objectif étant d'arrêter le «chef suprême de l'enfer, Satan ou Lucifer». Verbatim!] Je souhaite bien du plaisir aux propagandistes français de Vladimir Poutine pour nous expliquer que l’Occident porte une responsabilité dans la guerre d’Ukraine et que nous avons « perdu la Russie ». Ils tentent de nous en persuader, mais ils sont chaque jour moins crédibles.

 

 

1 commentaire:

  1. La dissolution serait une très bonne chose car elle permettrait, aux législatives qui suivraient, de donner encore moins de députés à Macron et ainsi de le discréditer pour que d’autres modérés puisent émerger, mais aussi de permettre aux électeurs de voter à nouveau pour des candidats PS, car un paysage politique sans social-démocratie n’est pas vraiment une chose concevable, de voter davantage pour des candidats LR, qui sont les seuls à vouloir résoudre le problème de l’immigration d’une manière efficace et raisonnable et de voter beaucoup moins pour La France Insoumise et pour le RN car je crois que la France ne doit pas ressembler au Brésil où l’extrême droite et l’extrême gauche sont les 2 grands partis qui s’affrontent.

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