A priori, l’immigration actuelle est une solution simple à une chute démographique dans les pays développés qui menace leur système économique et leur régime de protection sociale et à un trop plein de population dans les pays pauvres ou émergents.
Tout le monde y trouverait donc son compte.
Sauf que cette simplicité devient une équation extrêmement compliquée où toutes les opinions semblent légitimes dès qu’on l’aborde.
Ainsi, du côté des pays développés, la crainte d’une immigration non-contrôlée n’est pas sans fondement.
En laissant de côté la stratégie de l’angoisse développée sans cesse par l’extrême-droite dont c’est le fonds de commerce, le racisme et la xénophobie basés uniquement sur la couleur de la peau et l’hostilité envers l’«étranger», les populations européennes et américaines expriment des inquiétudes dans les domaines économique, social et sociétales.
Les immigrés sont vus comme des personnes qui vont prendre le travail des nationaux et pour un prix moindre, qui vont profiter des régimes sociaux en crise et qui ont une manière de vivre parfois très différentes sans oublier les adeptes de religions ou de cultures qui rejettent les valeurs occidentales notamment celles de la démocratie républicaine libérale.
L’immigration serait alors une menace à l’encontre des fondations de nos sociétés et de leur existence même sachant, qu’in fine, il leur est impossible matériellement parlant, d’accueillir tous ceux qui veulent venir sans risquer l’effondrement.
Reste que les mouvements de populations ont eu lieu depuis que l’humain existe et que ceux-ci ont toujours eu comme objectif d’aller chercher un endroit meilleur que celui où on résidait, voire d’échapper à la mort.
La crise de Ceuta en est une nouvel exemple.
Et cette immigration actuelle n’est pas différente de celles qui existent depuis des millénaires, sachant que peu ou prou nous avons tous été des migrants…
C’est pourquoi les migrants d’aujourd’hui ne renoncent pas, voire ne peuvent pas renoncer s’ils veulent rester en vie, et ne comprennent pas l’hostilité qui existe contre eux.
Pour autant, beaucoup d’entre eux ne souhaitent pas s’intégrer dans les sociétés où ils souhaitent s’établir pour une meilleure existence, leur seule préoccupation étant économique.
Tout cela empêche de mettre sur pied des politiques équilibrées à court terme qui permettraient aux sociétés occidentales de profiter de l’immigration et aux migrants de trouver une terre d’accueil dans l’espoir d’une vie meilleure.
On peut toujours échafauder des politiques à moyen et long terme basés sur le développement des pays pauvres et la mise en place d’une immigration régulée.
Mais l’émotion et les passions tristes empêchent un vrai débat, donc, un consensus sur cette question.
D’où l’insolubilité de son règlement qui n’est pas que de la faute des pays dits «riches».
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